LA POLOGNE
O VOUS tous qui passez au chemin de la vie, Avez-vous entendu l'aigle de Varsovie Jeter un cri d'alarme aux généreux échos?
« Peuples^ accourez tous des deux bouts de la terre; « Aux armes ! Dieu le veut, au nom du Christ en guerre ! Au secours des héros !
Tout se tait ! A quoi donc est T Europe occupée ? N'est-il pas un canon, une hache, une cpée, Une lance, un drapeau qui batte et Hotte au vent? N'est-il pas un soldat, un vaillant capitaine? A qui reste le cœur, le courage et Thaleine Pour crier : En avant (
N'en est-il plus un seul? Quoi I dans la France entière, Sont-ils tous endormis dans la froide poussière? Où trouver le clairon qui les réveillera ?
Allons I sus ! des tombeaux il faut briser les portes !
Levez-vouh, et marchez, ô vous nos gloires mortes I On vous reconnaîtra I
Ils ne sont plus vos fils les vivants qui nous restent! Leur œil indilférent et leurs bras vous l'attestent 1 Vous avez tous le temps de sortir du linceul Et de vous avancer comme un flot de tempête, Avant qu'un seul d'entre eux ait retourné la tcte; Entendez- vous, un seul,
Au cri de la Pologne éperdue, haletante, Sublime de douleur en sa robe sanglante!
Elle vous tend les bras : « Frères, à mon secours I
«i Et je triompherai; donnez-moi vite une arme , « Voyez ! je me relève et je n'ai plus de larme I >» Elle appelle toujours I
Son front paie un instant renaît à l'espérance; Elle invoque à la fois et le ciel et la France I Va-t-elle succomber sous l'inSUne oppresseur?
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Ëatendrons-nous un jour le juge redoutable Dire à chacun de nous, de sa voix formidable : « Qu'as-tu Êdt de ta sœur? »
La voyant au tombeau, sanglante et violée, Nous fera-t-il asseoir sur la pierre scellée, Ce Dieu qui nous appelle et nous commande en vain ? Tomberons-nous aussi le front dans la poussière , Quand elle renaîtra brillante de lumière Sous le souffle divini