L'ORATEUR
Superbe, magnifique improvisation I Et là foule passait dans l'admiration. . .
Ils étaient restés seuls !... Elle disait des choses Qui semblaient l'enivrer, comme l'odeur des roses Que baisent le soleill... Suivre dans votre voix L'élan de la pensée, et sentir à la fois L'âme qui se dilate et frémit sous ses ailes Pour atteindre avec vous les puissances nouvelles Qui vont la compléter, Tagrandir^ voyez-vous, C'est vivre, c'est aimer 1 Que ces instants sont doux 1 Fermer les yeux, vous voir tout au fond de mon âme, Vivre par votre souille, en respirer la ilarame, Ce serait le bonheur le plus intense, hélas 1 Si j'i^orais à qui vous parliez tout bas 1
Peut-être en ce moment de ia voir il vous tarde; Toujours, quand vous passez, elle est là qui regarde, Cette femme l... Ohl pardon, je suis à vos genoux 1 Mais enfin, dîtes-moi, pourquoi donc l'aimez-vous f
Et d'une voix qui rompt à peine le silence, Tant il est oppressé, il lui parle bas,
Il répond ce seul mot : « Moi, je ne l'aime pas! »
Ciel et terre!. Elle entend, d'un cri perçant s'élance;
Tout entière on la voit se lever d'un seul bond.
Elle hésite, chancelle, et son coeur interrompt
Ses fiévreux battements. Elle tombe affaissée
Sous les ll(^ts débordés d'une seule pensée.
Et, lui, croit la voir morte en sa sombre stupeur!
Non, c'était un efîet foudroyant du bonheur I • *