‹ Apres l'amourChapitre 50 sur 67 · LE CŒUR · texte numérisé non relu

LE CŒUR

Vois ce chêne isolé dans les arides plaines, OCi la flamme du chaume a vivement monté, Abandonnant sa vie aux puissantes haleines De ce souille du ciel par Dieu seul arrêté!... La flamme bondissant de la branche à la branche, Entoure, en l'entamant, son tronc large et noueux, Puis, après les brandons, après les cendres blanches, On voit croître et monter des spirales de feu, Comme des bras ardents qu'on verrait dans l'espace Tendus avec effort, encor, toujours plus loin. Et tombant sans trouver cette divine trace Dont tout être ressent Tindicible besoin ! C'est l'image du cœur s'élançant à se rompre Vers cet immense amour révé dans l'infini.

Le soir vient, le temps fuit, rien ne peut interrompre Sa fièvre et ses transports. Comme un divin l)anni) Quand il retombe enfin épuisé sur la terre.

Les ailes de la mort lui dérobent le jour.

Il respire un instant, s'enivre de mystère.

Et s'endort pour jamais dans un espoir d'amour 1

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