‹ Apres l'amourChapitre 52 sur 67 · I N QU IL T U DE · texte numérisé non relu

I N QU IL T U DE

Le cœur tremblant d'effroi, les larmes dans les yeux,

Elle vient s'informer des dernières nouvelles,

Et quelqu'un lui répoxKl : « Le mal est dangereux I »

Sans deviner, hélas I ses angoisses mortelles.

Pauvre femme ! il lui faut passer sans s'arrêter,

Sans le voir un instant, lui! le maître! l'idole! ■

Passer sous sa fenêtre en craignant d'écouter...

Passer sans prononcer une seule parole 1

Qui lui donne des Soins? qui donc est près de lui !

Des étrangers, peut-être, ou bien !.. Mais, que m'importe !

Je ne redoute plus que son mal aujourd'hui.

Et cependant mes yeux sont tixés sur la porte

Et voudraient percer rom^bre i Étrange sentiment 1

Je pleure malgré moi, mais )e suis plus tranquille

Lorsque je la crois là. Seigneur, un seul moment Conduiser-moî vers lui 1 Dans un rêve fébrile

Je l'ai vu cette nuit; il m'appelait, et moi J'accourais en tremblant. Je soulevais sa tête Dans mes bras; il disait : »< J'avais besoin de toil •c Qui donc te retenait ? » Mon coeup était en fête; Je sentais sur les miens son regard arrêté, C'était le ciel ! Eh non, mon Dieu! c'était un rêve! # Mais un rêve peut-être est la réalité,

Puisque songe devient ce que le temps enlève. Croyons au rêve, entrons! Mais un ordre fatal L* enchaîne sur le seuil. Est-ce lut qui m'appelle f On disuit : «< N'entrez pas, il est encore plus mal! » Elle reste immobile, et puis pllit, chancelle! Que ne puis-je pour lui souffrir i pour lui mourir Ellè invoque les saints, les anges, la madone, Et le sol sous ses pas semble trembler et fuir. Mourir en le sauvant! et que Dieu me pardonne!

Puis son esprit s*égare et sa téte est en feu I... Comme Tesquif perdu tournoie au fond du gouffre, ' On l'entend demander à Tombre si son Dieu Est celui qu'elle prie, ou bien celui qui souffre 1

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