CONVALESCENCE ET JALOUSIE
Tu souffres, je le sens I tes frissons et tes fièvres Brisent aussi mon cœur. Ohî sais-tu, dis-le moi Que je baise en esprit chaque mot sur tes lèvres Mais tu ne m'entends pas, je suis si loin de toi 1
A ton chevet pourtant une femme est assise; En la voyant ainsi, ne penses-tu jamais Que si ]e pouvais être exaucée ou comprise,
Tombant à ses genoux je lui demanderais De pouvoir te soigner un instant à sa place ! m Laissez-moi l'approcher et ma vie est à vous I m Ne me refuses pas, oh ! par pitiël par grâce ! « Je vous aimerai tant 1 il me serait si doux
« De reposer ma lèvre à sa coupe brûlante, « Et de laisser mon souffle attiédir par degrés
« Le breuvage calmant... puis de ma main tremblante, « Approcher les coussins de ses pieds adorés 1 « Oh ! pour sentir son front sur mon épaule heureuse, . « Lorsque j'efTacerai les plis de Toreiller, « Que me demandez-vous? » Sa bouche dédaigneuse Me répond : Vous rêvez, il faut vous réveiller !
LETTRES BRULEES
En avez-vous brûlé quelquefois de ces lettres^ Qui jadis avaient mis un rayon dans vos yeux. Lorsque vous attendiez des heures aux fenêtres,
I^e passage furtif du messager heureux I
Pourquoi l'avez-vous fait? Penché sur cette flamme,
Vous regardiez rêveur disparaître les mots,
Et les derniers parfums, s'exhalant de cette âme.
Des rives du passé vous ramenaient les flots.
Pauvres pages d'amour, si fiévreuses, si tendres I
On dirait que le feu les baise et les connaît 1...
Que venez^vous chercher au milieu de leurs cendres?
Est-ce qu'avec l'oubli la jeunesse renaît ?
Arrêtez ! la dernière, oui^ la dernière lettre, Celle qui vous donna tant de jours de bonheur 1 Dire qu'on fut heureux, hélas ! ce n*est plus Tétrel Éteindfez>vous la flamme, ô larmes de son cœur ?
Non, qu*il n'en reste plus de vestige, de trace!
L'homme ne voii ici que riiorizon d'un jour; Avant qu'un souvenir ou s'cUcuille ou s'ellace, 11 faut toujours brûler une lettre d'amour 1