IS INDUSTRIELLES
2e genre de placement pcuL être fort recommandable. — Il est de Irèi tronnea obligations industrielle;, mais toutes ne sont pas bonnes. — Comment les distinguer, — Néceasilé de les divei^ sifier et de ne pas te cantonner dam une seule branche d'industrie. — Les bons 6 p. loo et les prochaines émissions de l'in* dustrie française. — Des titresde premier ordre et peu connus ; les obligations des services iDuoicipaux américains. — Leurs avantages et leurs garanties. — Comment les choisir et comment les acheter.
Les obligations des grandes sociétés industrielles, quand elles sont gagées sur l'actif d'en-" treprises prospères, peuvent être des valeurs excellentes. La cote de la Bourse de Paris, de Lyon et de Marseille en présente une grande variété. U s'agit seulement de savoir choisir.
Les observations qtio nous avons faites au sujet des actions industrielles s'appliquent encore ici, mais avec moins de force et plus de largeur. Des sociétés capables de réserver des mécomptes à leurs actionnaires peuvent offrir des garanties de premier ordre à leurs obligataires.
ao6 COUMENT PLACER SK FORTUNE.
L'ancienne Compagnie des Omnihus, dans les années pénibles de sa fin de concession, a tenu fidèlement tous ses engagements. C'est que, si son exploitation était devenue difficile, ses gages, représentés parle terrain de ses dépôts, restaient sûrs. Actuellement, les actions du Métropolitain ne constituent pas un placement recommandai) le. Mais les obligations de la même société oQrent de bonnes garanties.
Les obligations industrielles judicieusement choisies sont un élément digne de composer la fortune des personnes prudentes. Il faut se «ouvenir cependant que le nom d'obligation n'est pas par lui-même une assurance contre tous les risques. En cas de faillite, les obligataires viennent à leur rang parmi les créanciers, à moins qu'ils n'aient reçu une hypothèque spéciale. Il va sans dire que les obligations munies ^d'une première hypothèque doivent toujours être préférées à celles de la seconde ou de la troisième série h moins qu'il ne s'agisse, par exemple, du Canal de Suez, dont les obligations ont toutes la même sécurité quelle que soit leur série, •
Les obligations industrielles participant aux vicissitudes de l' indus trie, il importe donc de ne rechercher que les titres de sociétés connues pour leur prospérité et leur bonne gestion. Il est fréquent d'ailleurs que ces sociétés, lorsqu'elles empruntent de l'argent, s'adressent d'abord h. leurs propres actionnaires et leur réservent le droit de souscrire. Il est clair que les obligations d'affaires
LES OBLIGATIONS INBUSTRIELLES . ÎO?
comme les Aciéries de la Afarine ou le Creusot sont des titres de premier ordre. Leurs pareils pourraient se compter assez vite.
'11 est à conseillei' surtout aux personnes qui afiectionnent ce genre de placements, de, les diversifier et de ne pas s'exposer à suivre le sort d'une seule branche d'industrie qui peut, à un moment donné, être atteinte par une crise. Nous en avons un exemple avec les sociétés d'éclairage et de chauffage par le gaz qui sont presque toutes frappées. La même remarque peut s'appHqueraux compagnies françaises de transports maritimes, dont l'avenir est encore obscur, et qui ont passé pardes jours si difficilcsavant leur faveur récente. Les sociétés industrielles, pendant la guerre, ont fait au créditdes appels tentants sous la forme de bons à 6 p. loo nets d'impôts qui ont procuré, en général, un bénéfice aux souscripteurs. Il est probable que, dans la période de reconstitution économique qui se prolongera après la guerre, ces appels au crédit vont se multiplier. II ne faudrait pas croire que toutes les obligations à gros rendement qui seront offertes présenteront autant d'avantages et il ne faudra pas les prendre les yeux fermés avec une égale coAfiance, ni se fier à la réclame. Un prospectus a tôt fait de présenter comme des garanties de premier ordre des terrains nus ou des installations hors d'usage. En outre, les conditions de l'industrie française après la guerre resteront fort incertaines, et il est fort possible que, pendant une période de transition,
io8 cohheut placer sa fortune.
les entreprises qui ne reposent pas sur des bases très solides soient dangereusement secouées.
Il existe d'excellentes obligations industrielles étrangères, mais la surveillance et le choix en sont encore plus malaisés que pour celles de notre pays. Il y faut des connaissances spéciales qui ne sont à la portée que d'un très petit nombre de personnes, à qui leur situation ou leurs relations permettent d'être renseignées de première main.
Nous voulons cependant attirer l'attention sur une catégorie de valeurs fort sûres et d'un très bon rendement. A part quelques capitalistes bien guidés ou très informés, elles sont à peu près ignorées du public français. Nous voulons parler des obligations des services municipaux aux Etats- Unis.
Les sociétés d'eau, de lumière, de traction, de téléphones des grandes villes des Etats-Unis sont des entreprises extrêmement prospères, parce qu'elles ont pour clientèle une population toujours croissante. Pendant ces quarante ou cinquante dernières années, elles ont résisté à toutes les crises économiques dont les chemins de fer et les autres industries ressentaient les répercussions, parfois jusqu'à y succomber.
« Les obligations de services municipaux émises par des sociétés bien organisées et bien dirigées, écrit un auteur qui en a fait une étude
LSa OBUOAttONS I^DUSTBIBtlKi. 30g
particulière ', sont conaidérées aux Etats-Unis comme le placement idéal pour des rentiers, pour des veuves ou mineurs, autrement dit pour toutes les personnes éloignées des affaires . Le fait que beaucoup de ces obligations sont classées parmi les placements légaux que peuvent faire les banques d'épargne et les (ras(ces(curateurB)est significatif, quand on se rappelle que seules les obligations de chemins de fer de la première classe (rapport maximum 4 p. loo), sont rangées dans ces placements autorisés par la loi. Rappelons à ce sujet que les lois qui limitent ces placements sont très sévères, que les obligations ainsi autorisées portent le timbre spécial de l'État et qu'un trustée ne peut être tenu responsable s'il survient une perte dans le capital confié à ses soins et placé de cette façon . » Les obligations des grands services municipaux américains appartenant à cette catégorie pour ainsi dire légale, méritent vraiment le nom déplacement idéal si l'on considère qu'elles oflrent avec la sécurité du capital, un rendement élevé (5 à 5 i/a p. loo). Mais la sécurité du capital est bien, en ce moment, et sera pour longtemps ce qui intéresse le plus le capitaliste. Les obligations de services municipaux ont l'avantage que les sociétés émettrices possèdent et entretiennent un fonds d'amortissement (ce dont se dispensent le» compagnies de chemins de fer des Etats-Unis.) Le remboursement des obligations se fait à date
I. Lei obligations âmirîcaiites et le portefiuitU françaïa, pir LionEL DE MonTEsqujoti (chsE Marcel Rivière).
fixe et, en cas de remboursement anticipé, avec une prime stipulée sur le titre et qui peut aller de 5 à lo p. loo.
Un patrimoine contenant une certaine quantité de ces obligations, qui répondent aux besoins et aux principes que nous avons exposés, posséderait donc aussi quelques-unes des garanties les plus solides dont puissent jouir humainement des capitaux dans le monde contemporain. La diversité de ces titres, les dates multiples de leur remboursement plus ou moins rapproché, permettent en outre aux capitalistes de rentrer dans leurs fonds à des époques prévues d'avance. Quant à la solvabilité des sociétés, l'objection tirée de la concurrence illimitée et de l'absence de monopoles en Amérique n'est pas valable, étant donné que, de même que pour les chemins de fer, il s'est établi pour les services municipaux des monopoles de fait.
Mais comment choisir et se procurer ces valeurs incomparables? Elles sont extrêmement nombreuses et il n'en peut être donné une hste limitative. L'auteur que nous avons cité plus haut prend, par exemple, pour types de son étude économique ï Edison Electric lllaminating Cy of Boston , la Philadelphia Electric, la Toronto Electric Light, XÀmerican Telegraph and Téléphone, l'American Light and Traction, 'etc.. Il va sans dire que les services municipaux de première classe sont infiniment plus nombreux.
Leurs obligations ne sont pas négociées dans les Bourses américaines. Elles ne sont cotées
LEB OBLIGATIONS IKDUSTRJELLEB . 311
qii'en banque, parce que, très bien classées , elles changent de main moins souvent que d'autres valeurs. Pour les acquérir (ce qui ne sera possible que quand l'exportation des capitaux français sera redevenue libre) il faut donc s'adresser à des banquiers américains. Bien entendu, faute d'une connaissance intime des -choses américaines qui permelle au capitaliste français un choix personnel et un contrôle direct, ii importe de ne s'adresser qu'à des banques dont l'honorabilité soit notoirement au-dessus de tout soupçon, et de bien définir le genre, de valeurs qu'on veut acheter, selon les indications que nous avons données plus haut, c'est-à-dire les obligations autorisées revêtues du timbre spécial.
A cet égard aussi, les grandes fortunes, qui ont déjà la faculté de diversifier leurs placements, sont bien plus favorisées que les petites et les moyennes, dont les détenteurs n'ont pas les mêmes moyens d'information. Cependant cetui qui possède un capital, qui veut le conserver et le léguer autant que possible intact à ses enfants doit se donner de la peine, s'instruire et se renseigner sans cesse. C'est la conclusion qu'on doit tirer de ce chapitre.