‹ Après la guerre; comment placer sa fortuneChapitre 24 sur 29 · ACTIOS3 DES BANQUES ET DES SOCIÉTÉS DE CRÉDIT · texte numérisé non relu

ACTIOS3 DES BANQUES ET DES SOCIÉTÉS DE CRÉDIT

Caractère dungereux de ces valeurs. — Absence de contrûle des actionnaires sur la marche des affaires sociales. — Différentes sorles de banques. — Les banques d'cmission i privilège. — Les grands établissemcnls de crédit ; le système dont ils ont ïécu paraît usé. — Les banques d'affaires. — Les Crédits fonciers et les sociétés immobilières : leurs sciions et lears obliga-

L'industrie de la banque est foi^ complexe et elle a toujours été très aléatoire. Des krachs célèbres, comme celui de l'Union générale, en sont la preuve. Trop d'éléments entrent en jeu dans la prospérité et la déconfiture de ces affeires, depuis la situation économique générale jusqu'à l'habileté et la probité des directeurs. Ces valeurs conviennent m.al, surtout dans les circonstances actuelles, aux personnes qui se contentent de toiicher paisiblement leurs 'dividendes.

Nous avons connu le chef d'une des plus importantes sociétés anonymes de crédit, à qui sa direction valait des émoluments considérables. Cependant, pour sa part, il ne possédait, de sa maison,

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que juste le nombre d'actions nécessaire, d'après !es statuts, pour appartenir au conseil d'adminis- It-ation. Ce cuisinier, pourtant particulièrement expert et adroit, se méfiait de sa prop're cuisine. Combien le public ne doit-il pas se méBer davantage, lui qui ne tient pas la queue de la poêle I

Le contrôle des actionnaires sur l'activité et les résultats des banques est inexistant. Nuls bilans, nuls comptes rendus ne sont plus sommaires que ceux de ces entreprises. Soua prétexte que des renseignements fournis en Assemblée générale profiteraient aux concurrents et nuiraient à la société, les administrateurs s'enferment dans le mystère. Pour les suivre, ii faut donc avoir la foi et les aiTaires d'argent veillent autre chose qu'une foi aveugle.

On sait que les Banques so spécialisent dans les diverses manières de pratiquer le commerce de l'argent. Il n'existe que d'assez lointains rapports, par exemple, entre la Banque de France qui émet du papier-monnaie avec privilège de l'Etat et les établissements de crédit qui, eux-mêmes, ont divers genres d'activité.

Les actions de la Banque de France constituent un des placements autorisés pour les remplois dotaux, ce qui ne veut pas dire qu'elles soient à l'abri des fluctuations. Leurs cours ne se sont pas fait foule de varier avec les bénéfices, eux-mêmes très variables, de la société. La guerre a été favorable à la Banque qui, de son côté, a rendu d'imutenses services à l'État, peutr-être trop, car elle

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en est devenue, à tous les égards, surtout à celui du crédit, une dépendance. Elle y a gagné le renouvellement de son privilège, ce qui la met à l'abri des attaques dirigées contre elle dans le Parlement et dans la presse. Aussi les cours sontila élevés. Le propre de la Banque de France est de gagner plus d'argent en temps de crise, où le taux de l'intérêt est élevé, que dans les temps calmes et prospères. On peut se régler là-dessus pour acheter et vendre ses actions qui ont d'ailleurs l'inconvénient d'être nominatives.

La Banque ({Algérie, qui joue dans notre grande possession africaine le même rôle que la Banque de France dans la métropole, a enrichi assez rapidement ses actionnaires au cours des dernières années. Avec le développement de notre Afrique du Nord, elle peut avoir encore des perspectives. Pourtant les personnes qui entreraientaujourd'hui dans cette valeur ne doivent pas, semble-t-il, compter que les cours seront en perpétuelle ascension. On peut en dire autant de la Banque de l' Afrique Occidentale qui a pourtant des chances de se développer avec cette colonie d'avenir. Quant à la Banque d' Indo-Chine elle a à compter avec les crises monétaires si fréquentes en Extrême-Orient et avec l'instabilité des choses asiatiques.

Les grands établissements de crédit, qui sont comme le Louvre et le Bon Marché de la finance, se livrent à des opérations bien différentes. Ils se règlent sur le modèle du Crédit Lyonnais dont

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la principale industrie consiste d'abord à attirer les déposants par des commodités comparables à celles des grands magasins, ensuite à ne leur servir qu'un intérêt très faible, et à employer ces dépôts d'une manière sûre et plus fructueuse, la cEifTérence formant le bénéfice de l'établissement. D'autre part, ces maisons aux succursales multiples placent dans leur large clientèle des titres sur lesquels elles touchent des commissions souvent considérables, mais dont l'actionnaire ne connaît jamais le montant, qui fait partie du secret de la direction.

C'est pourquoi nous conseillons fermement de ne pas accepter les yeux fermés les titres recommandés par les agences des établissements de crédit, peu regardants sur la qualité du papier qu'ils placent pourvu qu'ils touchent -la commission. Le public a fait cette expérience à ses dépens sur une large échelle et il a appris que les magasins de valeurs écoulaient, comme le plus vulgaire épicier, des marchandises avariées sans égard pour leur clientèle. Bien que la foule des gogos soit innombrable et se renouvelle sans cesse, on peut penser que les établissements de crédit auront quelque difficulté à continuer, ce genre de commerce. D'autre part, il n'est pas certain qu'ils puissent persister à faire fructifier leurs dépôts de la même façon que par le passé et à appliquer la maxime : « Les aifaires. c'est l'argent des autre». i> A tous les points de vue, les établissements de crédit ont abusé du public. En se désin-

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téressant de l'induetrie française, iU n'ont pas acquÎB la gratitude de la collectivilé. La formule grâce à laquelle iU réalisaient des béné6ces semble bien périmée. En trouveront-ils. une autre qui aoil s6re et productive P Les signes n'en paraissent pas encore. Enfin la situation de certaines de ces maisons est pénible ; c'est le moins qu'on en puisse dire. Leurs actions oITrent donc peu d'attraits.

11 y a un troisième genre de banques, dont la Banque de Paris etdet Pays-Bas Gii le type, qui ont pour spécialité de lancer des affaires et de gérer un vaale portefeuille de fonds d'Etats" et de valeurs industrielles et autres. L'actionnaire de ces banques s'en remet à la compétence de la direction. On a dit que c'était un moyen, pour le rentier paisible et privé de connaissances particulières, de participer à un patrimoine administré par des hommes du métier et do s'intéresser sans risque à l'industrie. C'est vrai. Seulement on ne voit guère que ces banques enricbissent leurs actionnaires, ce qui est ta preuve de ce que nous avons dit plus haut des valeurs industrielles qui, l'une dans l'autre, les bonnes compensant les mauvaises, finissent par laisser leur possesseur Grosjean comme devant. La variété même ^ies entreprises auxquelles s'intéressent les banques de ce genre, si elle constitue d'une part une assurance, leur interdit d'autre part d'espérer de notables plusvalues.

•* Quant aux banques étrangères, d'une façon générale, il convient de les laisser de côté. Aux

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aléas propres au commerce de l'argent, elles joignent trop d'inconnu. Ne peuvent toucher à ce domaine que des personnes très bien renseignées.

Restent enfin les crédits fonciers et les sociétés immobilières. Ces établissements ont eu une grande vogue et des jours heureux durant les années qui ont précédé la guerre. Il n'en a pas toujours été ainsi. Le Crédit foncier de France, (aujourd'hui si solide qu'en 1914 il a refusé de se prévaloir du moratorium et qu'il a payé à guichets ouverts) a connu autrefois de bien tristes moments. Heureusement l'expérience lui a profité. Le sort cruel de la société des Immeubles de France ne doit pas être oublié non plus.

Les résultats de ces établissements dépendent pour une part du sérieux de leur gestion et, pour l'autre, de la valeur de la propriété rurale et urbaine. Quand cette valeur est stable ou en ascension, quand les prêts ne sont consentis qu'avec des garanties sérieuses, quand la direction ne se livre pas à des spéculations téméraires, les résultats sont satisfaisants. Mais il faut que ces conditions soient réunies.

Dans les pays neufs, les crédits fonciers ont un vaste champ d activité. C'est le cas des crédits fonciers du Canada et de la République Argentine où des capitaux français sont intéressés. Il ne faut pas oublier pourtant que les pays neufs sont sujets à des crises profondes.

Il est plus sage d'ailleurs d'acquérir des obligations plutôt que des actions des crédits fonciers.

ai8 COMMENT PLACER SA FORTUNE.

Les obligations du Crédit foncier de France ont une répulation de solidité très méritée. En dehors des sociétés que nous venons de citer, il existe en Egypte et dans les pays Scandinaves des Banques hypothécaires dont les obligations, cotées à ia Bourse de Paris, sont convenablement garanties. C'est un bon élément de diversité dans les porte^ feuilles.

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