‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 11 sur 75 · LES ÉPREUVES ET LA MORT · texte numérisé non relu

LES ÉPREUVES ET LA MORT

pu acquérir sur terre le savoir et la vertu néces- . saires pour monter plus haut. Un reste de matérialité arrêtant encore leur essor, elles reviennent •achever par la souffrance leur complète épuration.

Ne maudissons pas la douleur. Elle seule nous arrache à Pindifférence, à la volupté. Elle sculpte notre âme, lui donne sa forme la plus pure, sa plus parfaite beauté.

L'épreuve est un remède infaillible à notre inexpérience. La Providence procède envers nous comme une mère prévoyante envers son enfant indocile. Quand nous résistons à ses appels, quand nous refusons de suivre ses avis, elle nous laisse subir déceptions et revers, sachant que l'adversité est la meilleure école où s'apprenne la sagesse.

Tel est le destin du plus grand nombre ici-bas. Sous un ciel parfois sillonné d'éclairs, il faut suivre le chemin ardu, les pieds déchirés par les pierres et les ronces. Un esprit vêtu de noir guide nos pas: c'est la douleur, douleur sainte que nous devons bénir, car elle seule, en secouant notre être, le dégage des vains hochets dont il aime à se parer, le rend apte à sentir ce qui est vraiment noble et beau.

Sous l'effet de ces enseignements, que devient ridée de la mort ? Elle perd tout caractère ef-

frayant. La mort n'est plus qu'une transformation nécessaire et un renouvellement. En réalité, rien ne meurt. La mort n'est qu'apparente. La forme extérieure seule changée ; le principe de la* vie, l'âme, demeure en son unité permanente, indestructible. Elle se retrouve au-delà du tombeau dans la plénitude de ses facultés, avec toutes les acquisitions: lumières, aspirations, vertus, puissances, dont elle s'est enrichie durant ses existences terrestres. Voilà les biens impérissables dont parle l'Évangile, lorsqu'il nous dit : « Ni les vers ni la rouille ne les rongent, et les voleurs ne les dérobent point. » Ce sont les seules richesses qu'il nous soit posssible d'emporter avec nous, d'utiliser dans la vie à venir.

La mort, et la réincarnation qui la suit dans un temps donné, sont deux formes essentielles du progrès. En rompant les habitudes étroites que nous avions contractées, elles nous replacent dans des milieux différents ; elles nous obligent à adapter notre esprit aux mille faces de l'ordre social et universel.

Lorsque le soir de la vie est venu, lorsque notre existence, semblable à la page d'un livre, va se tourner pour faire place à une page blanche, à une page nouvelle, le sag-e consulte son passé et passe en revue ses actes. Heureux celui qui, à cette heure, peut se dire : Mes jours ont été bien remplis ! Heureux celui qui a accepté

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avec résignation, supporté avec courage ses épreuves ! Celles-ci, en broyant son âme, ont laissé s'épancher au dehors tout ce qu'il y avait en elle d'amertume et de fiel. Repassant dans sa pensée cette vie difficile, le sage bénira les souffrances endurées. Sa conscience étant en paix, il verra sans crainte s'approcher l'instant du départ.

Disons adieu aux théories qui font de la' mort le soupirail du néant ou le prélude de châtiments sans fin. Adieu, sombres fantômes de la théologie, dogmes effrayants, sentences inexorables, supplices infernaux 1 Place à l'espérance 1 Place à l'éternelle vie I Ce ne sont pas d'obscures ténèbres, c'est une lumière éblouissante qui sort des tombeaux .

Avez-vous vu le papillon aux ailes diaprées dépouiller son informe chrysalide, cette enveloppe répugnante de la chenille, dans laquelle l'insecte rampait sur le sol ? L'avez-vous vu. libre, affranchi, voltiger dans l'air ensoleillé, au milieu du parfum des fleurs ? 11 n'est pas de plus fidèle image du phénomène de la mort. L'homme aussi est une chrysalide que la mort décompose. Le corps humain, vêtement de chair, retourne à la grande voirie ; notre dépouille misérable ren tre au laboratoire de la nature ; mais l'esprit, après avoir accompli son œuvre, s'élance vers une vie plus haute, vers cette vie spirituelle qui

succède à la vie corporelle, comme le jour succède à la nuit, et sépare chacune de nos incarnations.

Pénétrés de ces vues, nous ne redouterons plus la mort. Comme nos pères les G-aulois, nous oserons ^la regarder en face, sans terreur. Plus de crainte, plus de larmes, plus d'appareil sinistre ni chants lugubres. Nos funérailles deviendront une fête, par laquelle nous célébrerons la délivrance de Tâme, son retour à la véritable patrie.

La mort est la grande révélatrice. Aux heures d'épreuves, quand il fait sombre autour de nous, parfois nous nons sommes demandé : Pourquoi suis-je né ? Pourquoi ne suis-je pas demeuré dans la profonde nuit, là où l'on ne sent pas, oii l'on ne sourfre pas, oîi Ton dort de l'éternel sommeil ? Et à ces heures de doute et d'angoisse, une voix s'élevait et montait jusqu'à nous, et cette voix disait : Souffre pour t'agrandir et pour t'épurer ! Sache que ta destinée est grande. Cette froide terre ne sera pas ton sépulcre. Les mondes qui brillent au fond des cieux sont tes demeures à venir, l'héritage que Dieu te réserve. Tu es pour jamais citoyen de l'Univers ; tu appartiens aux siècles passés comme aux siècles futurs, et à l'heure présente tu prépares ton élévation. Supporte donc avec calme les maux par toi-même choisis. Sème dans la dou-

ra dans autres, tre imsentier t'appa- , et la aais du ière, tu érité et

!lle des DUS ont en loin r nous, dent et ! ! elles disent :

lez. Un mira !

restées -ésolues formi-

leamce tteologique : le mai, la douleur, l'inégalité des mérites et des conditions humaines,

Pinjustice apparente du sort, toutes ces difficultés s'évanouissent pour la philosophie des Esprits.

Cependant une difficulté subsiste, une objection se redresse avec force contre elle. Si nous avons déjà vécu dans le passé, peut-on dire, si d'autres vies ont précédé la naissance, pourquoi en avons nous perdu le souvenir ?

Cet obstacle, d'apparence redoutable, est facile à écarter.

La mémoire des choses vécues, des actes accomplis n'est pas la condition nécessaire de l'existence .

Aucun de nous ne se souvient du temps passé dans le sein de sa mère ou même au berceau . Peu d'hommes conservent la mémoire des impressions et des actes de la première enfance. Ce sont pourtant là des parties intégrantes de notre existence actuelle. Chaque matin, au réveil, nous perdons le souvenir de la plupart de nos rêves, quoique ces rêves nous aient semblé, dans le moment, autant de réalités. Il ne nous reste que les sensations grossières et confuses éprouvées par l'esprit retombé sous l'influence matérielle.

Nos jours et nos nuits sont comme nos vies terrestres et spirituelles, et le sommeil paraît aussi inexplicable que la mort. Le sommeil et la mort nous transportent alternativement dans des milieux distincts et dans des conditions différentes, ce qui n'empêche pas notre identité de

se maintenir et de persister à travers ces états variés.

Dans le sommeil magnétique, Tesprit, dégagé du corps, se souvient de choses qu'il oubliera à son retour dans la chair, mais dont il ressaisira Tenchaînement en je venant à l'état lucide. Cet état de sommeil provoqué développe chez lessomnambules des aptitudes spéciales qui disparaissent à l'état de veille, étouffées, annihilées par l'enveloppe corporelle.

Dans ces diverses conditions, l'être psychique paraît posséder deux états de conscience, deux phases alternées de l'existence qui s'enchaînent et s'enroulent Tune autour de l'autre. L'oubli, ainsi qu'un épais rideau, sépare le sommeil de l'état de veille, comme il sépare chaque vie terrestre des existences antérieures et de la vie des cieux.

Si les impressions ressenties par l'âme dans le cours de la vie actuelle, à l'état de dégagement complet, soit par le sommeil naturel, soit par le sommeil provoqué, ne peuvent être transmises au cerveau, on doit comprendre que les souvenirs d'une vie antérieure le seraient plus difficilement encore. Le cerveau ne peut recevoir et emmagasiner que les impressions communiquées par l'âme à l'état de captivité dans la matière. Rentrée dans la chair, celle-ci perd la mémoire de tout ce qu'elle a vu et accompli à l'état libre, et

elle ne la retrouvera qu'en abandonnant de nouveau sa prison temporaire.

L'oubli du passé doit être la condition indispensable de toute épreuve et de tout progrès. Ce passé de chacun de nous a ses taches et ses souillures. En parcourant la série des temps évanouis, en traversant les âges de brutalité, nous avons dû accumuler bien des fautes, bien des iniquités. Échappés d'hier à la barbarie, le fardeau de ces souvenirs serait accablant pour nous. La vie terrestre est parfois lourde à supporter. Elle|le serait bien plus encore si, au cortège de nos maux présents, venait s'ajouter la mémoire des souffrances ou des hontes passées.

Le souvenir de nos vies antérieures ne serait-il pas également lié au souvenir du passé des autres ? En remontant la chaîne de nos existences, la trame de notre propre histoire, nous retrouverions la trace des actions de nos semblables . Les inimitiés se perpétueraient; les rivalités, les hainés, la discorde se raviveraient de vies en vies, de siècle en siècle. Nos ennemis, nos victimes d'autrefois nous reconnaîtraient et nous poursuivraient de leur vengeance.

Il est bon que le voile de l'oubli nous cache les uns aux autres, et, en effaçant momentanément de notre mémoire de pénibles souvenirs, nous délivre d'un incessant remords, La connaissance de nos fautes et des conséquences qu'elles en-

traînent, se dressant devant noas comme une effrayante et perpétuelle menace, paralyserait nos efforts et rendrait notre vie insupportable et stérile.

Sans l'oabli, les grands coupables, les criminels célèbres seraient marqués au fer rouge pour l'éternité. Nous voyons les condamnés de la justice humaine, leur punition subie, poursuivis par la défiance universelle, repoussés avec horreur par une société qui leur refuse une place dans son sein et les rejette par là même dans l'armée da mal. Que serait-ce si les crimes du passé lointain se retraçaient & la vue de tous ?

Presque tous nous avons besoin de pardon et d'oubli. L'ombre qui cache nos faiblesses et U(îs misères soulage notre esprit en nous rendant la réparation moine pénible. Après avoir bu les eaux du Léthé, noua renaissons plus allègrement à une vie nouvelle. Les fantômes dii passé s'évanouissent. Transportés dans un milieu différent, notre être s'éveille à d'autres sensations, s'ouvre à d'autres influences, abandonne avec plus de facilité les errements et les habitudes qui avaient jadis retardé sa marche. L'âme du coupable, renaissant sous la forme d'un petit enfant, trouve autour d'elle l'aide et la tendresse nécessaires à son relèvement. Dans cet être faible et charmant, nul ne songe à reconnaître l'esprit vicieux qui vient racheter un passé souillé.

Pour certains hommes, ce passé n'est cependant pas absolument effacé. Un sentiment confus de ce qu'ils ont été couve au fond de leur conscience. C'est la source des intuitions, des idées innées, des vagues souvenirs et des mystérieux pressentiments, comme un écho affaibli des temps écoulés. En consultant ces impressions, en s'étudiant soi-même avec attention, il ne serait pas impossible de reconstituer ce passé, sinon dans ses détails, au moins dans ses traits principaux.

Mais à l'issue de chaque existence, ces souvenirs lointains ressuscitent en foule et sortent de l'ombre. Chaque âme, rendue à la vie spirituelle, recouvre la plénitude de ses facultés. Alors commence pour elle une période d'examen , de repos, de recueillement, pendant laquelle elle se juge et mesure le chemin parcouru. Elle reçoit les avis, les conseils d'Esprits plus avancés. Guidée par eux, elle prendra des résolutions viriles et, le temps venu, choisissant un milieu favorable, elle redescendra dans un nouveau corps, afin de s'y améliorer par le travail et la souffrance.

Revenue dans la chair, l'âme perdra encore la mémoire des vies passées, en même temps que le souvenir de cette vie spirituelle, la seule vraiment libre et complète, près de laquelle le séjour terrestre lui paraîtrait affreux. Longue sera la

latte, pénibles les efforts nécessaires pour reprendre conscience d'elle-même et recouvrer ses puissances cachées; mais toujours elle conservera l'intuition, le vague sentiment des résolutions prises avant de renaître.

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