XXI. — Le PÉRispRiT ou Corps spirituel
Dans leur négation de l'existence de l'âme, les matérialistes ont souvent argué de la difficulté de concevoir un être privé de forme. Les spiritualistes, eux-mêmes, ne s'expliquaient pas comment Pâme, immatérielle, impondérable, pouvait s'unir étroitement et commander au corps matériel, de nature essentiellement différente. Ces difficultés ont trouvé leur solution dans les expériences du Spiritisme.
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'âme, pendant la vie corporelle comme après la mort, est constamment revêtue d'une enveloppe fluidique, plus ou moins subtile ou éthérée, qa'Allan Kardec a nommée périsprit, ou corps spirituel. Participant à la fois de l'âme et du corps matériel, le périsprit leur sert de médiateur ; il transmet à l'âme les impressions des sens et communique au corps les volontés de l'esprit. Au moment de la mort, il se détache de
(1) Voir le résumé des travaux du Congrès spirite et spiritualiste de PariSy Discours et Mémoires^ un volume in-8 de 500 pages. Librairie des sciences psychologiques, rue Chabanais, 1. Paris, 1890.
la matière tangible, abandonne le corps aux décompositions de la tombe, mais, inséparable de l'âme, il demeure la forme extérieure de sa personnalité.
Le périsprit est donc un organisme âuidique ; c'est la forme préexistante et survivante de l'être bumain, sur laquelle se modèle l'enveloppe charnelle, comme un double vêtement invisible, formé d'une matière quintessenciée. qui pénètre tous les corps, quelque impénétrables qu'ils nous paraissent.
La matière grossière, incessamment renouvelée par la circulation vitale, n'est pas la partie stable et permanente de l'homme. C'est le périsprit qui assure le maintien de la structure humaine et des traits de la physionomie, et cela à toutes les époques de la vie, de la naissance à la mort. Il joue ainsi le rôle d'un canevas, d'un moule compressible et expansible, sur lequel les molécules viennent s'incorporer.
Ce corps fluidique n'est cependant pas .immuable ; il s'épure et s'ennoblit avec l'âme ; il la suit à. travers ses incarnations sans nombre, monte comme elle les degrés de l'échelle hiérarchique, devient de plus en plus diaphane et brillant, pour resplendir un jour de cette lumière éclatante dont parlent les Bibles antiques et les témoignages de l'histoire touchant certaines apparitions.