TÉMOIGNAGES SCIENTIFIQUES
tact humain, écriture directe, apparitions de mains en pleine lumière, apparitions de formes et de figures, etc. Pendant trois ans, l'Esprit d'une jeune et gracieuse femme, nommée Katie King, apparut tous les soirs aux yeux des investigateurs, revêtant pour quelques instants toutes les apparences d'un corps humain pourvu d'organes et de sens, s'entretenant avec M. et M°*' Crookes et les assistants, se soumettant à toutes les expériences exigées, après quoi elle s'évanouissait comme un brouillard léger. Ces curieuses manifestations sont relatées longuement dans l'ouvrage de W. Crookes, qu'a traduit en français M. Alidel.
En Allemagne, les mêmes témoignages de l'existence des Esprits et de leurs manifestations découlent des travaux de Pastronome Zollner, des professeurs Ulrici, Weber, Fechner, de Puniversite de Leipzig, Cari du Prel, de Munich. Ces savants, tous sceptiques à l'origine, et également animés du désir de démasquer ce qu'ils considéraient comme de vulgaires fourberies, furent contraints, par respect pour la vérité, à proclamer la réalité des faits observés (1).
XX. — Le Spiritisme en France La France ne pourrait comme l'Angleterre nous montrer trois académiciens spirites. Les
(1) Voir Wissenschaftliche Abandlungen^ de Zôllner.
savants de notre pays, plus que partout ailleurs peut-être, ont témoigné de rindiflférence ou une réserve de parti pris à l'endroit des manifestations psychiques. Il est cependant de brillantes exceptions. Signalons seulement l'astronome Camille Flammarion, dont le style enchanteur a popularisé la science des mondes, et Babinét, de l'Institut. Ces deux savants ont fait acte d'adhésion au spiritisme, le premier par soa discours prononcé sur la tombe d'Allan Kardec, le second par sa lettre au docteur Feytaud (1867), lettre rendue publique et dans laquelle il fait connaître son intention « d'exposer au public les incroyables phénomènes dont il a été témoin et dont il pense pouvoir démontrer la réalité, décidé quHl est à aller de Pavant ». La mort empêcha l'exécution de ces projets.
Plus récemment, un jeune savant, de grand avenir, M. le docteur Paul Gibier, élève favori de Pasteur et professeur au Muséum, a publié deux ouvrages : Le Spiritisme ou Fakirisme occfcJen^a^ (Paris, 1887), eX Analyse des choses (1889), dans lesquels il étudie avec conscience et affirme avec courage l'existence des mêmes faits .
Mais c'est plutôt dans le monde des lettres et des arts que nous rencontrerons en nombre, partisans et défenseurs des phénomènes spirites et des doctrines qui s'y rattachent. Citons entre
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antres écrivains qui se sont prononcés dans ce sens : Eugène Nus, l'auteur des Grands mystères et de Choses de Vautre monde ; Vacquerie, qui exposa ses vues sur ce point dans les Miettes de V histoire; Victor Hugo, Meurice, Lachàtre, Théophile Gautier, Victorien Sardou, C. Fauvety, Ch. Lomon, Eug. Bonnemère, etc.
Presque toujours, c'est en dehors des académies que les expériences spirites ont été tentées en France, et de là vient sans doute le peu d'attention soutenue qu'on leur a prêté. De 1850 à 1860, les tables tournantes étaient en faveur, l'engouement était général, et pas une fête, pas une réunion intime ne se terminait sans quelques exercices de ce genre . Mais parmi la foule de ceux qui prenaient part à ces réunions et se divertissaient du phénomène, combien en est-il qui aient entrevu ses conséquences au point de vue scientifique et moral et l'importance des solutions qu'il apportait à Thumanité? On se lassa de poser des questions banales aux Esprits. La mode des tables tournantes passa comme passent toutes les modes, et, après certain procès retentissant, le spiritisme tomba en discrédit.
Mais, à défaut de savants officiels, observateurs des phénomènes, la France possédait un homme qui devait jouer un rôle considérable, universel, dans l'avènement du spiritisme.
Allan Kardec, après avoir étudié pendant dix
ans par la méthode positive, avec une raison éclairée et une patience infatigable, les expériences faites à Paris ; après avoir recueilli les attestations et les renseignements qui lui parvinrent de tous les points du globe, coordonna cet ensemble de faits, en déduisit les principes généraux et en composa tout un corps de doctrine, contenu dans cinq volumes dont le succès fut tel, que certains d'entre eux dépassent aujourd'hui leur trentième édition. Ce sont : le Livre des Esprits (partie philosophique), le Livre des Me-diums (partie scientifique), VÉvangile selon le Spiritisme (partie morale), le Ciel et VEnfer selon le Spiritisme^ la Genèse.
A. Kardec fonda la Revue spirite^ qui devint l'organe, le trait d^inion des spirites du monde entier, et dans laquelle on peut suivre l'évolution lente, progressive, de cette révélation morale et scientifique.
L'œuvre d' AUan Kardec est donc le résumé des enseignements communiqués aux hommes par les Esprits, dans un nombre considérable de groupes répartis sur tous les points de la terre, durant une période de vingt ans.
Ces communications n'ont rien de surnaturel, puisque les Esprits sont des êtres semblables à nous, qui ont vécu sur la terre et y reviendront pour la plupart, soumis comme nous aux lois de la nature, et, comme nous, revêtus d'un
corps, plus subtil, il est vrai, plus éthéré que le nôtre, et ne tombant sous nos sens que dans des conditions déterminées.
A. Kardec, comme écrivain, s'est montré d'une clarté parfaite et d'une rigoureuse logique . Toutes ses déductions reposent sur des faits acquis, attestés par des milliers de témoins. A son appel , la philosophie descend des hauteurs abstraites oii elle trônait, se fait simple, populaire, accessible à tous. Dépouillée de ses formes vieillies, mise à la portée des plus humbles intelligences, elle apporte espérance, consolation et lumière à ceux qui cherchent et à ceux qui souffrent, en démontrant la persistance de la vie au delà du tombeau.
La doctrine d'Allan Kardec, née, on ne saurait trop le dire, de l'observation méthodique, de l'expérience rigoureuse, ne peut devenir un système définitif, immuable, en dehors et audes&us des conquêtes futures de la science. Résultat combiné des connaissances de deux mondes, de deux humanités se pénétrant l'une l'autre, mais qui sont toutes deux imparfaites et toutes deux en marche vers la vérité et vers l'inconnu, la doctrine des Esprits se transforme sans cesse par le travail et le progrès, et, quoique supérieure à tous les systèmes, à toutes les philosophies du passé, reste ouverte aux rectifications, aux éclaircissements de l'avenir.
Depuis la mort d'A. Kardec, le spiritisme a accompli une évolution considérable en s 'assimilant le fruit des travaux de vingt- cinq années. La découverte de la matière radiante, les subtiles analysés des savants anglais et américains sur les corps fluidiques, sur les enveloppes périspritales ou formes revêtues par les Esprits dans leurs apparitions, tous ces progrès ont ouvert au spiritisme un horizon nouveau. Il s'y est lancé sans crainte ; il a, grâce à ces études minutieuses, pénétré la nature intime du monde fluidique, et peut lutter désormais à armes égales contre ses adversaires sur ce terrain de la science qui lui est devenu fa^milier.
Le Congrès spirite et spiritualiste , réuni à Paris en septembre 1889, a démontré toute la vitalité d'une doctrine que l'on croyait ensevelie sous les sarcasmes et la raillerie. Cinq cents délégués, venus de tous les points du monde, ont assisté à ses séances ; 95 revues et journaux y étaient représentés. Des hommes de grand savoir et de haute position, médecins, magistrats, professeurs, hommes d'église même, appartenant aux nations les plus diverses. Français, Espagnols, Italiens, Belges, Suisses, Russes, Allemands, Suédois, etc., ont pris part aux débats.
Les membres des écoles représentées à ce Congrès, spirites, théosophes, kabbalistes, swedenborgiens, dans une union parfaite, ont affirmé,
à l'unanimité des voix, les deux principes suivants :
1® Persistance du Moi conscient après la niort, autrement dit immortalité de l'â^ne ;
^'^ Rapports entre les vivants et lesmorts{\).