‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 36 sur 75 · XXXI. — Le Jugement · texte numérisé non relu

XXXI. — Le Jugement

Une loi, aussi simple dans son principe qu'admirable dans ses effets, préside au classement des âmes dans l'espace.

Plus les molécules constituantes du périsprit sont subtiles et raréfiées, plus la désincarnation est rapide et plus larges aussi sont les horizons ouverts à Tesprit. En raison même de sa pesanteur fluidique et de ses affinités, il s'élève vers les groupes spirituels qui lui sont similaires. C'est sa nature même, c'est son degré d'épuration qui détermine son niveau et le classe dans le milieu qui lui est propre. On a comparé avec quelque justesse la situation des Esprits dans les cieux à celle de ballons gonflés de gaz de densités différentes qui, en raison de leur pesanteur spécifique, s'élèveraient à des hauteurs variées. Mais il faut s'empresser d'ajouter que l'Esprit est doué de liberté, qu'il n'est pas immobilisé sur un point, qu'il peut dans certaines limites se déplacer et parcourir les plaines éthérées. Il peut toujours modifier ses tendances, se transformer par le travail et l'épreuve, et, en conséquence, s'élever à son gré dans l'échelle des êtres.

C'est donc une loi naturelle, analogue aux lois d'attraction et de pesanteur, qui fixe le sort des âmes après la mort. L'Esprit impur, alourdi par ses fluides matériels, reste confiné dans les couches inférieures de l'atmosphère terrestre, tandis que Tâme vertueuse, à l'enveloppe épurée et subtile, s'élance joyeuse, rapide comme la pensée et plane dans l'azur infini.

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C'est aussi en lui-même et non hors de lui, c'est dans sa propre conscience, que PEsprit trouve sa récompense ou son châtiment. 11 est son propre juge. Le vêtement de chair étant tombé, la lumière le pénètre, son âme apparaît nue, laissant voir en elle le vivant tableau de ses actes, de ses volontés, de ses désirs. Instant solennel, examen plein d'angoisse et souvent de désillusion. Les souvenirs s'éveillent en foule et la vie tout entière se déploie, avec son cortège de fautes, de faiblesses, de misères. De l'enfance à la mort, tout, pensées, paroles, actions, tout sort de l'ombre, reparaît au jour, s'anime et revit. L'être se contemple lui-même, revoit une à une à travers les temps ses existences'évanouies, ses chutes, ses ascensions, ses stations innombrables. Il compte les étapes franchies, mesure le chemin parcouru, compare le bien et le mal réalisés. Du fond du passé obscur, surgissent à son appel, comme autant de fantômes, les formes que son âme revêtit à travers les vies successives. Dans une vision saisissante, son souvenir embrasse les longues perspectives des âges écoulés -, il en évoque les scènes sanglantes, passionnées, douloureuses, les dévouements et les crimes ; il y reconnaît la cause des progrès accomplis, des expiations subies, la raison de sa situation présente. Il voit la corrélation qui réunit ses vies passées comme les anneaux d'une

pni. uiie Heure ue ventauie luiiure muiiiic. ijcilc évocation du passé lui apporte la sentence redoutable, le jugrement de sa propre conscience, sorte de jugement de Dieu. Quelque déchirant qu'il soit, cet examen est nécessaire, car il peut être le point de départ des résolutions salutaires et du relèvemeut.

Le degré d'épuration de l'Esprit, la situation qu'il occupe dans l'espace, représentent la somme de ses progrès et donnent la mesure de sa valeur. C'est là l'arrêt infaillible, qui décide de son sort sans appel. Harmonie profonde ! simplicité merveilleuse, que les institutions humaines ne sauraient reproduire ; le principe d'affinité règle tout dans les cieui, y fixe à chacun sa place. Ni jugement, ni tribunal, rien que la Loi immuable, s'exécutant d'elle-même, par le jeu naturel des forces spirituelles et selon l'emploi qu'en fait l'àme libre et responsable.

Ainsi que nous l'expliquerons plus loin, toute pensée a une forme, et cette forme, créée par la volonté, se photographie en nous comme dans un miroir oU les images se graveraient d'ellesmêmes . Notre enveloppe fluidique reflète et garde comme un registre tous les faits de notre existence. Ce registre est fermé pendant la vie. La

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