LA VIE SUPÉRIEURE
soucis de la vie terrestre. L'Esprit élevé est appelé à renaître sur des globes mieux partagés que le nôtre. L'échelle grandiose des mondes comporte d'innombrables degrés, disposés pour l'ascension graduée des âmes ; chacune la gravit à son tour.
Sur les sphères supérieures à la terre, la matière a moins d'empire. Les maux que celle-ci engendre s'atténuent à mesure que l'être s'élève, et finissent par disparaître. Là, l'homme ne rampe pas péniblement sur le sol, accablé sous le poids d'une pesante atmosphère ; il se déplace avec facilité. Les besoins corporels y sont presque nuls, et les rudes travaux inconnus. L'existence, plus longue que la nôtre, s'écoule dans l'élude, dans la participation aux œuvres d'une civilisation perfectionnée, qui a pour base la morale la plus pure, le respect des droits de tous, l'amitié et la fraternité. Les horreurs de la guerre, les épidémies, les fléaux n'y ont point accès et les grossiers intérêts, cause de tant de convoitises ici-bas, n'y divisent pas les esprits.
Ces données sur les conditions d'habitabilité des mondes sont confirmées par la science. Au moyen de la spectroscopie, elle est parvenue à analyser leurs éléments constitutifs ; elle a pesé leur masse en calculant leur puissance d'attraction. L'astronomie nous montre les saisons variant de durée et d'intensité suivant l'inclinai-
son des globes sur leur orbite. Elle nous enseigne que Saturne a la densité du bois d'érable, Jupiter à peu près celle de l'eau, que sur Mars la pesanteur des corps est moitié moindre que sur la Terre. Or, l'organisation des êtres vivants étant la résultante des forces en action sur chaque monde, nous voyons quelles variétés de formes découlent de ces faits, quelles diflFérences peuvent se produire dans les manifestations de la vie sur les innombrables terres de l'espace!
Un jour vient enfin oii PEsprit, après avoir parcouru le cycle de ses existences terrestres, après s'être purifié par ses renaissances et ses migrations à travers les mondefs, voit se clore la série de ses incarnations et s'ouvrir la vie spirituelle, définitive, la véritable vie de Pâme, d'oii le mal, Pombre et Perreur sont bannis. Là, les dernières influences matérielles se sont évanouies. Le calme, la sérénité, la sécurité profonde ont remplacé les chagrins, les inquiétudes d'autrefois. L'âme a touché le terme de ses maux; elle est assurée de ne plus souffrir. Avec quel sentiment ému elle se remémore les faits de sa vie, épars dans la succession des temps, sa longue ascension, la conquête de ses mérites et de ses grades ! Quel enseignement dans cette marche grandissante, au cours de laquelle se constitue et s'affirme l'unité de sa nature, de sa personnalité immortelle !
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Da souvenir des lointaines alarmes, des soucis, des douleurs, elle se reporte aux félicités du présent et elle les savoure à longs traits. Quelle ivresse de se sentir vivre au milieu d'Esprits éclairés, patients et doux; de s'unir à eux par les liens d'une affection que rien ne trouble 5 de partager leurs aspirations, leurs occupations, leurs goûts; de se savoir compris, soutenu, aimé, délivré des besoins et de la mort, jeune d'une jeunesse sur laquelle les siècles n'ont plus de prise ! Puis, étudier, admirer, glorifier l'œuvre infinie, en pénétrer plus profondément les divins mystères - reconnaître partout la justice, la beauté, la bonté céleste; s'identifier avec elles, s'en abreuver, s'en nourrir; suivre les génies supérieurs dans leur tâche, dans leurs missions ; comprendre qu'on arrivera h les égaler, qu'on montera encore plus haut, que toujours, toujours, de nouvelles joies, de nouveaux travaux, de nouveaux progrès nous attendent : telle est la vie éternelle, magnifique, débordante, la vie de l'Esprit purifié par la souffrance.
Les cieux élevés sont la patrie de la beauté idéale et parfaite dont tous les arts s'inspirent. Les Esprits supérieurs possèdent, à un degré éminent, le sens du beau. Il est la source de leurs plus pures jouissances et tous savent le réaliser
dans des œuvres près desquelles pâlissent les chefs-d'œuvre de la terre. Chaque fois qu'une nouvelle manifestation du génie s'est produite sur notre monde, chaque fois que l'art s'est révélé sous une forme perfectionnée, on peut croire qu'un Esprit, descendu des hautes splières, s'incarnait sur terre pour initier les hommes aux splendeurs de Péternelle beauté. Pour Pâme supérieure, l'art, sous ses multiples aspects, est une prière, un hommage rendu au Principe étemel.
L'Esprit, être fluidique lui-même, agit sur les fluides de l'espace. Par la puissance de sa volonté, il les combine, les dispose à sa guise, leur prête les couleurs et les formes qui répondent à son but. C'est par le moyen de ces fluides que s'exécutent des œuvres qui défient toute comparaison et toute analyse. Constructions aériennes, aux couleurs éclatantes, aux dômes et incelants ; cirques immenses, où s'assemblent et tiennent conseil les délégués des univers ; temples aux vastes proportions, que remplissent les flots d'une harmonie divine; tableaux changeants, lumineux; reproductions de v^ies humaines, vies de foi et de sacrifice, apostolats douloureux, drames de l'infini, comment décrire des magnificences que les Esprits eux-mêmes se déclarent impuissants à exprimer dans le vocabulaire humain ?
C'est dans ces demeures fluidiques, que se déploient les pompes des fêtes spirituelles. Les Es-