‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 46 sur 75 · LA VIE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

LA VIE SUPÉRIEURE

prits purs, éblouissants de lumière, s'y groupent par familles. Leur éclat, les nuances variées de leurs enveloppes, permettent de mesurer leur élévation, de déterminer leurs attributs. De suaves concerts, près desquels ceux de la terre ne sont que bruits discordants, les enchantent, et pour cadre, ils ont l'espace infini, le spectacle merveilleux des mondes roulant dans l'étendue et unissant leurs notes aux voix célestes, à l'hymne universel qui monte vers Dieu.

Tous ces Esprits, en foule innombrable, se connaissent, se chérissent. Les liens de famille, les affections qui les unissaient dans la vie matérielle, brisés par la mort, se sont reconstitués pour jamais. Ils viennent des divers points de l'espace et des mondes supérieurs, se communiquer le résultat de leurs missions, de leurs travaux, se féliciter de leurs succès, s'entr^aider dans les œuvres difficiles. Aucune arrière-pensée, aucun sentiment de jalousie ne se glisse dans ces âmes délicates. L'amour, la confiance, la sincérité, président à ces réunions, oii Ton recueille les instructions des messagers divins, où l'on accepte de nouvelles tâches qui contribuent à vous élever encore. Les uns consentent à veiller au progrès et au développement des nations et des globes ; les autres s'incarnent sur les terres de l'espace pour y accomplir des missions de dévouement, pour instruire les hoimnes dans la

morale et dans la science; d'autres encoie, les Esprits guides ou protecteurs, s'attachent à quelque âme incarnée, la soutiennent dans l'âpre chemin de l'existence, la conduisent de la naissance à la mort, durant plusieurs vies successives, Taccueillant à l'issue de chacune d'elles au seuil du monde invisible. A tous les degrés de la hiérarchie spirituelle, l'Esprit a son rôle dans l'œuvre immense du progrès et concourt à la réalisation des lois supérieures.

Et plus l'Esprit se purifie, plus intense, plus ardent devient en lui le besoin d'aimer, d'attirer dans sa lumière et son bonheur, dans le séjour oii la douleur est inconnue, tout ce qui souffre, tout ce qui lutte et s'agite dans les basfonds de l'existence immortelle. Lorsqu'un de de ces Esprits adopte un de ses frères inférieurs, devient son protecteur et son guide, avec quelle sollicitude affectueuse il soutient ses pas, avec quelle joie il voit ses progrès, avec quelle amertume il constate les chutes qu'il n'a pu prévenir ! Tel l'enfant, descendu du berceau, essaye ses premiers pas sous le regard attendri de sa mère, tel l'Esprit assisté s'essaye aux combats de la vie sous l'égide invisible de son père spirituel.

Nous avons tous un de ces génies tutélaires, qui nous inspire aux heures difficiles et nous dirige dans le droit sentier. De là, la poétique légende chrétienne de l'ange gardien. Il n'est pas

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de pensée plus donceetplus consolante. Savoir qu'un ami fidèle nous est acquis, toujours disposé à nous secourir, de près comme de loin, à nous influencer à de grandes distances, comme à se tenir près de nous dans Tépreuve, nous conseillant par Pintuition, nous réchauffant de son amour, c'est là une source inappréciable de force morale. La pensée que des témoins bienveillants et invisibles voient toutes nos actions, s'en attristent ou s'en réjouissent, est bien faite aussi pour nous inspirer plus de sagesse et de circonspection. C'est par cette protection occulte que se fortifient les liens de solidarité qui unissent le monde céleste à la terre, l'Esprit affranchi à l'homme. Esprit prisonnier dans la chair. C'est par cette assistance continue que se créent, de part et d'autre, les sympathies profondes, les amitiés durables et désintéressées. L'amour qui anime l'Esprit élevé s'étend de proche en proche à tous les êtres, tout en se reportant sans cesse vers Dieu, père des âmes, foyer de toutes les puissances affectives.

Nous avons parlé de hiérarchie. Il est en effet une hiérarchie des Esprits, mais la vertu, les qualités acquises par le travail et la souffrance en sont la seule base et la raison d'être. Nous savons que tous les Esprits sont égaux en prin-

cipe, différents seulement au point de vue de l'avancement et destinés aux mêmes fins. Les degrés de la hiérarchie spirituelle commencent au sein délia vie animale et se prolongent vers des hauteurs inaccessibles à nos conceptions actuelles. C'est un échelonnement inénarrable de puissances, de lumières, de vertus, grandissant de la base au sommet — s'il est un sommet. — C'est la spirale formidable du progrès, se déroulant à Tinfini. Trois grandes phases la partagent : vie matérielle, vie spirituelle, vie céleste, se reflétant, réagissant l'une sur l'autre, et formant un tout qui constitue le champ d'évolution des êtres, l'échelle de Jacob de la légende. Et sur cette échelle immense, tous les êtres sont unis par des liens invisibles. Chacun est soutenu, attiré par un plus élevé que lui. Les âmes supérieures qui se manifestent aux humains, nous semblent douées de qualités sublimes, et cependant elles affirment l'existence d'êtres placés aussi haut au-dessus d'elles qu'elles sont au-dessus de nous. Les innombrables degrés se succèdent et se perdent dans des profondeurs pleines de mystère.

La supériorité de l'Esprit se reconnaît à son vêtement fluidique. C'est comme une enveloppe tissée avec les mérites et les qualités acquises dans la succession de ses existences. Terne et sombre pour l'âme inférieure, sa blancheur aug-

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.mente dans la proportion des progrès réalisés, et devient de plus en plus pure. Déjà brillante chez TEsprit élevé, elle donne aux âmes supérieures un éclat insoutenable.

Tout Esprit est un foyer de lumière, d'une lumière longtemps voilée, comprimée, invisible, qui se développe avec la valeur morale, s'accroît lentement, augmente d'étendue et d'intensité. C'est d'abord comme un feu caché sous la cendre et qui se révèle par de faibles étincelles, puis par une flamme timide, vacillante. Un jour, elle devient auréole, puis s'active, s'étend, embrase l'Esprit tout entier, qui resplendit comme un soleil, ou comme ces astres errants qui parcourent les abîmes célestes en laissant derrière eux une traînée lumineuse. Pour obtenir ce degré de splendeur, il faut un ensemble de travaux, d'œuvres fécondes, une accumulation d'existences qui, à nous humains, semblerait l'éternité.

En s'élevant plus haut, vers des sommets que la pensée ne peut mesurer sans vertige, n'arriverait-on pas à entrevoir par l'intuition ce qu'est Dieu, âme de l'univers, centre prodigieux de lumière ? La vue directe de Dieu, nous dit-on, n'est soutenable que pour les plus grands Esprits. La lumière divine exprime la gloire, la puissance, la majesté de l'Éternel ; elle est la vision même de la vérité. Mais peu d'âmes peuvent la con-

templer sans voiles. Ponr en supporter Técrasant éclat, il faut jouir d'une pureté absolue.

La "vie terrestre suspend les propriétés radiantes de Pesprit. Durant son cours, la lumière de l'âme est cachée sous la chair, semblable à un flambeau brûlant solitaire au fond d'un sépulcre. Cependant nous en pouvons constater l'existence en nous. Nos bonnes actions, nos élans généreux, l'entretiennent et l'avivent. Une foule entière peut ressentir la chaleur communicative d'une âme enthousiaste. Dans nos moments d'expansion, de charité, d'amour, nous sentons en nous mêmes comme une flamme, comme un rayon émaner de notre être. C'est cette lumière intérieure qui fait les orateurs, les héros, les apôtres. C'est elle qui réchauffe les auditoires, entraîne les peuples, leur fait réaliser de grandes choses. Les forces spirituelles se révèlent alors aux yeux de tous et montrent ce qu'on peut obtenir des puissances psychiques, mises en action par la passion du bien et du juste. La force de l'âme est supérieure à toutes les puissances matérielles. Elle pourrait soulever un monde. Et cette force est lumière.

0 petit foyer qui couve en notre cœur, puissions-nous t'alimenter de nos bonnes œuvres, aviver ta flamme, faire de toi un brasier qui éclaire et réchauffe tout ce qui l'approche, un

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fanal qui guide les Esprits sceptiques et errants dans leurs ténèbres !

Nous avons tenté de donner une idée de ce qu'est la vie céleste, définitive, conformément à l'enseignement des Esprits. C'est le but vers lequel évoluent toutes les âmes, le milieu où tous les rêves, toutes les espérances se réalisent, où les nobles aspirations sont satisfaites. Là, les sympathies, les tendresses, les pures attractions se rejoignent, s'unissent et se fondent en un immense amour qui embrase tous les Esprits et les fait vivre dans une communion perpétuelle, au sein de la grande harmonie.

Mais pour atteindre ces hauteurs presque divines, il faut avoir abandonné, sur les pentes qui y conduisent, les appétits, les passions, les désirs ; il faut avoir été déchiré par les ronces, purifié par Peau descendue des glaciers. Il faut avoir conquis la douceur, la résignation, la foi, appris à souffrir sans murmures, à pleurer en silence, à dédaigner les biens et les joies éphémères du monde, à mettre tout son cœur dans les biens qui ne passent jamais. Il faut avoir laissé dans les sépultures terrestres bien des dépouilles déformées par la douleur, avoir enduré bien des privations, supporté sans se plaindre l'humiliation, le mépris, senti la morsure du mal, le poids de l'isolement et de la tristesse. Il faut avoir vidé bien des fois le calice profond et amer. Car, seule,

la souffrance, en développant les forces viriles de Pâme, la trempe pour la lutte et l'ascension, répure, la mûrit, Pélève, lui ouvre les portes de la vie bienheureuse.

Esprit immortel, Esprit incarné ou libre, si ta veux gravir rapidement Téchelle ardue et magnifique des mondes, gagner les régions éthérées, rejette loin de toi tout ce qui alourdit tes pas et entrave ton essor. Rends à la terre tout ce qui vient de la terre et aspire aux trésors éternels ; travaille, prie, console, soutiens, aime, oh! aime jusqu'à l'immolation, accomplis le devoir au prix de tout, au prix du sacrifice et de la mort. Ainsi tu sèmeras le germe de ta félicité à venir.

L'Esprit pur porte en lui sa lumière et son bonheur; ils le suivent partout; ils font partie intégrante de son être. De même, l'Esprit coupable traîne avec lui sa nuit, son châtiment, son opprobre. Les souffrances des âmes perverses, pour n'être pas matérielles, n'en sont pas moins vives. L'enfer n'est qu'un lieu chimérique, ua produit de l'imagination, un épouvantail peutêtre nécessaire pour en imposer aux peuples enfants, mais qui, en tous cas, n'a rien de réel. Tout autre est l'enseignement des Esprits au su-.

jet des tourments de la vie future ; Phypothèse n'y a aucune part.

Ces souffrances, en effet, ceux-là mêmes qui les endurent viennent nous les décrire, comme d'autres viennent nous dépeindre leur ravissement. Elles ne sont pas imposées par une volonté arbitraire. Nulle sentence n'est prononcée. L'Esprit subit les conséquences naturelles de ses actes, qui retombent sur lui, le glorifient ou l'accablent. L'être souffre dans la vie d'outre-tombe, non seulement du mal qu'il a fait, mais aussi de son inaction et de sa faiblesse. En un mot, cette vie est son œuvre ; elle est telle qu'il l'a façonnée de ses propres mains. La souflFrance est inhérente à Tétat d'imperfection ; elle s'atténue avec le progrès et disparaît quand l'Esprit a vaincu la matière.

Le châtiment de l'Esprit mauvais se poursuit, non seulement dans la vie spirituelle, mai^ aussi dans les incarnations successives qui l'entraînent sur des mondes inférieurs, oîi l'existence est précaire, oii la douleur règne en souveraine. Ce sont ces mondes que l'on peut qualifier d'enfers. La terre, à certains points de vue, doit être rangée parmi eux. Autour de ces globes, bagnes roulant dans l'étendue, flottent les sombres . légions des Esprits imparfaits, attendant l'heure de la réincarnation.

Nous avons vu combien est pénible, prolon-

gée, pleine de trouble et d'angoisse, la phase du dégagement corporel pour l'Esprit livré aux passions. L'illusion de la vie terrestre se poursuit pour lui pendant des années. Incapable de se rendre compte de son état et de rompre les liens qui Penchaînent, n'ayant jamais élevé son intelligence et son cœur au delà du cercle étroit de son existence, il continue à vivre comme il le faisait avant la mort, asservi à ses habitudes, à ses penchants, s 'indignant de ce que ses proches ne semblent plus le voir ni l'entendre, errant, triste, sans but, sans espoir, dans les lieux qui lui sont familiers. Ce sont là les âmes en peine j dont on a soupçonné longtemps la présence en certaines demeures, et dont la réalité est établie chaque jour par de nombreuses et bruyantes manifestations.

La situation de l'Esprit après la mort résulte uniquement des aspirations et des goûts qu'il a entretenus en lui. Celui qui a mis toutes ses joies, tout son bonheur, dans les choses de ce monde, dans les biens de la terre, souffre cruellement dès qu'il en est privé.

Chaque passion porte sa punition en ellemême. Poignante est la désolation de l'avare qui voit se disperser l'or et les biens amassés par ses soins. 11 y reste attaché malgré tout, en proie à une terrible anxiété, livré aux transports d'une fureur indicible.

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Aussi digne de pitié est la situation des puis* sants orgueilleux, de ceux qui ont abusé de leur fortune et de leurs titres, ne songeant qu'à la gloire et au bien-être, méprisant les petits, opprimant les faibles. Pour eux, il n'est plus de courtisans serviles, plus de serviteurs empressés, ni demeures, ni costumes somptueux. Dépouillés de tout ce qui faisait leur grandeur terrestre, la solitude et le dénuement les attendent dans l'espace. Si la foule s'attache à eux, c'est pour confondre leur superbe et les accabler de railleries.

Plus effrayante encore est la condition des Esprits cruels et rapaces, des criminels de tout rang, de ceux qui ont fait couler le sang ou foulé aux pieds la justice. Les plaintes de leurs victimes, les malédictions des veuves et des orphelins, retentissent à leurs oreilles pendant un temps qui leur semble l'éternité. Des ombres ironiques et menaçantes les entourent, les poursuivent sans relâche. Il n'est pas pour eux de retraite assez profonde, assez cachée, et c'est en vain qu'ils cherchent le repos et l'oubli. L'entrée dans une vie obscure, la misère, l'abaissement, l'esclavage, peuvent seuls atténuer leurs maux.

Rien n'égale la honte, la terreur de l'âme qui voit se dresser sans cesse devant elle des existences coupables, des scènes de meurtre et de spoliation ; elle se sent comme mise à nu, percée à jour par une lumière qui fait revivre ses sou-

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nirs les plas secrets. Le souvenir, cet ardent juillon, la brûle et la déchire. Quand on conlît cette souffrance, on comprend et on bénit la évoyance divine qui nous l'épargne pendant la e terrestre et nous donne ainsi, avec le calme îsprit, une plus grande liberté d'action pour ivailler à notre perfectionnement.

Lee égoïstes, les hommes exclusivement préocpés de leurs plaisirs et de leurs intérêts, se préirent aussi un pénible avenir. N'ayant aimé ['eux-mêmes, n'ayant aidé, consolé, soulagé irsonne, ils ne trouvent à leur tour ni sjmpaie, ni aide, ni secours dans cette vie nouvelle. olés, délaissés, le temps s'écoule pour eux. unirme, monotone et lent. Un morne ennui, upe certitude pleine d'angoisse les étreint. Le reret des heures perdues, de l'existence gaspillée,

haine des intérêts misérables qui les absorlient, tout cela les ronge, les dévore. Ils soufînt, ils errent, jusqu'à ce qu'une pensée charible vienne à eux et luise dans leur nuit comme 1 rayon d'espérance; jusqu'à ce que, sur les nseils d'un Esprit bienveillant et éclairé, ils mpent par leur volonté le réseau fluidique qui s enserre et se décident à entrer dans une voie eilleure.

La situation des suicidés a beaucoup d'anagîe avec celle des criminels; elle est parfois ua mauvaise encore. Le suicide est une lâcheté.

un crime, et les conséquences en sont terribles. Selon l'expression d'un Esprit, le suicidé ne fuit la souffrance que pour trouver la torture. Chacun de nous a des devoirs, une mission à remplir sur terre, des épreuves à supporter pour son propre bien et son élévation. Chercher à s'y soustraire, à se libérer des maux terrestres avant le terme marqué, c'est violer la loi naturelle, et chaque violation de cette loi amène, pour le coupable, une réaction violente. Le suicide ne délivre pas des souffrances physiques. L'Esprit reste lié à ce corps charnel qu'il croyait détruire ; il subit lentement toutes les phases de la décomposition et les sensations douloureuses se multiplient en lui au lieu de diminuer. Loin d'abréger son épreuve, il la prolonge indéfiniment -, son malaise, son trouble persistent longtemps après la destruction de l'enveloppe charnelle. Il lui faudra de nouveau affronter les épreuves auxquelles il croyait échapper par la mort et que son passé avait fait naître. Il devra les affronter dans de pires conditions, refaire pas à pas le chemin parsemé d'obstacles et pour cela, subir une incarnation plus pénible encore que celle qu'il a voulu fuir.

Les souffrances des suppliciés après leur exécution sont épouvantables, et les descriptions qu'en donnent certains meurtriers célèbres pourraient émouvoir les cœurs les plus fermes, en

leurs victimes, qui semblent les poursuivre et les transpercer comme un glaive, des hallucinations et des rêves affreux, tel est le sort qui les attend. La plupart, pour ouvrir un dérivatif à leurs maux, se rejettent sur les incarnés aux tendances similaires et les poussent dans la voie du crime. D'autres, dévorés par le remords comme par un feu inextinguible, cherchent sans trêve, sans repos, un refuge introuvable. Sous leurs pas, autour d'eux, partout, ils croient voir des cadavres, des âgures menaçantes et des mares de sang.

Les Esprits mauvais, sur lesquels retombe lourdement le poids de leurs fautes, sont dans l'impossibilité de prévoir l'avenir. Ils ne savent rien des lois supérieures. Les fluides dont ils sont enveloppés s'opposent à toute relation avec les Esprits élevés, qui voudraient les arracher à leur inertie, à leurs penchants, mais ne le peuvent, en raison de la nature grossière, presque matérielle de ces Esprits, et du champ restreint de leurs perceptions. Il en résulte une ignorance complète de leur sort et une tendance à croire éternelles les souffrances qu'ils endurent. Aussi,

certains d'entre eux, encore imbus de préjugés catholiques, se croient et se disent en enfer. Dévorés par la jalousie et la haine, afin de se distraire de leurs soucis, beaucoup recherchent les hommes faibles et portés au mal. Ils s'acharnent après eux, leur soufflent de funestes inspirations. Mais peu à peu, de ces nouveaux excès découlent de nouvelles souffrances. La réaction du mal causé les enserre dans un réseau de fluides plus sombres. Les ténèbres se font plus complètes ; un cercle étroit se forme, et la réincarnation pénible, douloureuse, se dresse devant eux.

Plus calmes sont ceux que le repentir a touchés, qui, résignés, voient venir le temps des épreuves et sont résolus à satisfaire à Téternelle justice. Le remords, comme une pâle lueur, éclaire leur âme d'un jour vague, permet aux bons Esprits de se glisser jusqu'à leur entendement, de leur prodiguer des encouragements et des conseils.

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