JUSTICE, SOLIDARITÉ
des services rendus, par des épreuves supportées en commun, ils font éclore en eux ces sentiments de fraternité et d'amour, qui sont une des conditions de la vie supérieure, une des formes de la vie heureuse.
Les liens qui nous rattachent à nos frères de Pespace nous unissent plus étroitement encore aux habitants delà terre. Tous les hommes, du plus sauvage au plus civilisé, sont des Esprits semblables à nous par Torigine et les fins. Dans leur ensemble, ils constituent une société, dont tous les membres sont solidaires, et oii chacun, en travaillant à son progrès personnel, doit participer au progrès et au bien de tous. La loi de justice n'étant que la résultante des actes, Tenchaînement des effets et des causes, nous explique pourquoi tant de maux affligent l'humanité. L'histoire de la terre n'est guère qu'un tissu de meurtres et d'iniquités. Or, tous ces siècles ensanglantés, toutes ces existences de désordre se réunissent dans le présent comme des affluents dans le lit d'un fleuve. Les Esprits qui composent la société actuelle ne sont que les hommes d'autrefois, revenant subir les conséquences de leurs vies antérieures, avec les responsabilités qu'elles entraînent. Formée de tels éléments, comment l'humanité pourrait-elle vivre heureuse ? Les générations sont solidaires à travers les temps ; les fumées de leurs passions les enveloppent et
les suivent jusqu'à épuration complète. Cette considération nous fait sentir plus vivement encore la nécessité d'améliorer le milieu social, en éclairant nos semblables sur la cause de nos maux communs.
L'homme doit enfin apprendre à mesurer la portée de ses actes, l'étendue de ses responsabilités, à secouer cette indifférence qui creuse le gouffre des misères sociales et empoisonne moralement cette terre, oii il lui faudra renaître peut-être bien des fois encore. Il faut qu'un souffle nouveau passe sur les peuples et alluoie en eux ces convictions, d'oii sortent les volontés fermes, inébranlables. Il faut que tous le sachent enfin : le règne du mal n'est pas éternel, la justice n'est pas un vain mot, elle seule gouverne les mondes, et sous son niveau puissant, toutes les âmes se courbent dans la vie future, toutes les résistances, toutes les rébellions se brisent.
De l'idée supérieure de justice découlent donc l'égalité, la solidarité et la responsabilité des êtres. Ces principes s'unissent et se fondent en un tout, en une loi unique, laquelle domine et régit l'univers : le progrès dans la liberté. Cette harmonie, cette coordination puissante des lois et des choses ne donne-t-elle pas une idée autrement grande et consolante de la vie et des destinées humaines, que les conceptions néantistes ? Dans cette immensité oii tout est réglé par des