CINQUIÈME PARTIE
Le Droit Chemin
XL II. — La Vie Morale
Tout être humain porte, gravés en lui, dans sa conscience, dans sa raison, les rudiments de la loi morale. Cette loi reçoit dans ce monde même un commpncement de sanction. Une bonne action procure à son auteur une satisfaction intime, une sorte de dilatation, d'épanouissement de l'âme; nos fautes, par contre, amènent souventà leur suite amertumes et regrets. Mais cette sanction, si variable suivant les individus, est trop vague, trop insuffisante, au point de vue de Tabsolue justice. C'est pourquoi les religions ont placé dans la vie future, dans les peines et les récompenses qu'elle nous réserve, la sanction ca-
pitale de nos actes. Or, ces données, manquant de base positive, étant mises en doute par le plus grand nombre, après avoir exercé une influence sérieuse sur les sociétés da moyen âge, ne suffisent plus désormais à écarter Thomme des voies de la sensualité.
Avant le drame du Golgotha, Jésus avait annoncé aux hommes un autre consolateur, l'Esprit de Vérité, qui doit rétablir et compléter son enseignement. Cet Esprit de vérité est venu et a parlé à la terre ; il a fait entendre partout sa voix.
Dix-huit siècles après la mort du Christ, la liberté de parole et de pensée s'étant répandue sur le monde, la science ayant sondé les cieux, rintelligence humaine s'étant développée, Theure a été jugée favorable. Les Esprits sont venus en foule enseigner à leurs frères de la terre la loi du progrés infini et réaliser la promesse de Jésus en relevant sa doctrine, en commentant ses paraboles.
Le spiritisme nous donne la clef de FÉvangile. Il en explique le sens obscur ou caché. Plus encore, il nous apporte la morale supérieure, la morale définitive, dont la grandeur et la beauté révèlent l'origine surhumaine.
Afin que la vérité se répande à la fois sur tous le« peuples, afin que nul ne puisse la dénaturer, la détruire, ce n'est plus un homme, ce n'est
18 APRES LA MOET
— i groupe d'apôtres qui est chargé de la innaître à l'humanité. Les voix des Espritô lament sur tous les points do monde civi-
grâce àce caractère universel, permanent, ivélati on défie toutes les hostilités, toutes iiisitions. On peut détruire l'enseignement imme, falsifier, annihiler ses œuvres, mais it atteindre et repousser les habitants de e? Ils savent déjouer tous les mauvais •s et porter la précieuse semence jusque :s régions les plus reculées. De là vient la lee, la rapidité d'extension du spiritisme, Priorité sur toutes les doctrines qui l'ont ; et qui ont préparé son avènement.
, donc sur les témoignages de millions , venant en tous lieux, par l'intermédiaire diums, décrire la vie d'outre-tombe, déj leurs propres sensations, leurs joies, oulenrs, que s'édifie la morale spirite. lorale indépendante, celle queles matériant tenté d'édifier, vacille à tous les vents, e base solide. La morale des religions,
mobile, s'inspire surtout de la peur, de ite des châtiments infernaux ; sentiment ,ui ne peut que nous abaisser et nous Irir, La philosophie des Espritsvient offrir lanité une sanction morale autrement éle- 1 idéal autrement noble et généreux. Plus
de supplices éternels, mais la juste conséquence des actes retombant sur leur auteur.
L'Esprit se retrouve en tous lieux ce quUl s'est fait. S'il viole la loi morale, il enténèbre sa conscience et ses facultés, il se matérialise, s'enchaîne de ses propres mains. Mais en pratiquant la loi du bien, en dominant les passions brutales, il s'allège et se rapproche de plus en plus des mondes heureux.
Envisagée sous ces aspects, la vie morale s'impose comme une obligation rigoureuse à tous ceux qui ont quelque souci de leurs destinées. De là, la nécessité d'une hygiène de l'àme, s'appliquant h tous nos actes, maintenant nos forces spirituelles en état d'équilibre et d'harmonie. S'il convient de sdumettre le corps, cette enveloppe mortelle, cet instrument périssable, aux prescriptions de la loi physique qui assure son entretien et son fonctionnement, il importe bien plus encore de veiller au perfectionnement de cette âme qui est notre impérissable Moi, et à l'état de laquelle est attaché notre sort à venir. Cette hygiène de l'âme, le Spiritisme nous en fournit les éléments.
La connaissance du but réel de l'existence a des conséquences incalculables pour l'amélioration et l'élévation de l'homme. Savoir oii l'on va a pour résultat immédiat d'affermir nos pas,
d'imprimer à nos actes une impulsi(»n vigoureuse "vers l'idéal conçu.
Les doctrines du néant font de cette vie une impasse et aboutissent logiquement au sensualisme et au désordre. Les religions, en faisant de l'existence une œuvre de salut personnel, très problématique, la considèrent à un point de vue égoïste et fort étroit.
Avec la philosophie des Esprits, ce point de vue change, la perspective s'élargit. Ce que nous devons rechercher, ce n est plus le bonheur terrestre — le bonheur ici-bas n'est qu'une chimère, — c'est une amélioration continue, et le moyen de la réaliser, c'est l'observation de la loi morale sous toutes ses formes.
Avec un tel idéal, une société est indestructible ; elle défie toutes les vicissitudes, tous les événements. Elle grandit dans le malheur, elle trouve dans l'adversité les moyens de s'éleveraudessus d'elle-même. Dépourvue d'idéal, bercée par les sophismes des sensualistes, une société ne peut que se corrompre et s'affaiblir ; sa foi au progrès, à la justice, s'éteint avec sa virilité ; elle n'est bientôt plus qu'un corps sans âme et devient fatalement la proie de ses ennemis.
Heureux l'homme qui, dans cette vie pleine d'obscurité et d'embûches, marche constamment vers un but élevé, vers un but qu'il discerne, qu'il connaît, dont il est certain. Heureux celui
qu^un souffle d'en haut inspire dans ses œuvres et porte en avant. Les plaisirs le laissent indiflférent; les tentations de la chair, les mirages trompeurs de la fortune n'ont pas de prise sur lui. Voyageur en marche, ce but l'appelle ; il se précipite vers lui.