XLIII. — Le Devoir
Le devoir est Fensemble des prescriptions de la loi morale, la règle de conduite de l'homme dans ses rapports avec ses semblables et avec Punivers entier. Noble et sainte figure, il plane audessus de l'humanité, inspire les grands sacrifices, les purs dévouements, les saints enthousiasmes. Souriant aux uns, redoutable aux autres, toujours inflexible, il se dresse devant nous et nous montre cette échelle du progrès dont les degrés se perdent à des hauteurs incommensurables.
Le devoir n'est pas identique pour tous. Il varie suivant notre condition et notre savoir. Plus nous nous élevons, plus il acquiert à nos yeux de grandeur, de majesté, d'étendue. Mais toujours son culte est doux au sage, et la soumission à ses lois, fertile en joies intimes que rien ne peut égaler.
Si obscure que soit la condition de l'homme, si humble que soit son sort, le devoir domine et ennoblit sa vie, éclaire sa raison, fortifie son
âme. De lui seul nous viennent ce calme intérieur, cette sérénité d'esprit, plus précieux que tous les biens de la terre et que nous pouvons goûter jusqu'au sein des épreuves et des revers. Nous ne sommes pas maîtres de changer les événements et notre destinée doit suivre sa ligne rigoureuse, mais nous pouvons toujours, même au milieu des orages, nous assurer cette paix de la conscience, ce contentement de nous-mêmes que procure l'accomplissement du devoir.
Le sentiment du devoir jette des racines profondes dans tout Esprit élevé. C'est sans efforts que celui-ci parcourt sa voie. C'est par une tendance naturelle, résultat des progrès acquis, qu'il s'écarte des choses viles, qu'il oriente vers le bien les élans de son être. Le devoir devient alors une obligation de tous les instants, la condition même de l'existence, une puissance à laquelle on se sent indissolublement lié, dans la vie comme dans la mort.
Le devoir a des formes multiples. Il y a le devoir envers nous-mêmes, qui consiste à nous respecter, à nous gouverner avec sagesse, à ne vouloir, à ne réaliser que ce qui est digne, utile et beau. Il y a le devoir professionnel, qui exige que nous remplissions avec conscience les obligations de notre charge. Il y a le devoir social, qui nous convie à aimer les hommes, à travailler pour eux, à servir fidèlement notre pays et l'hu-
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