‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 59 sur 75 · LE DEVOIR · texte numérisé non relu

LE DEVOIR

manité. Il y a le devoir envers Dieu. Le devoir n'a pas de limites. On peut toujours faire mieux, et c'est dans l'immolation de soi-même que Têtre trouve le plus sur moyen de s'agrandir et de s'épurer.

L'honnêteté est l'essence même de l'homme moral. Dès qu'il en sort, il est malheureux. L 'honnête homme fait le bien pour le bien, sans chercher ni approbation, ni récompense. Ignorant la haine, la vengeance, il oublie les offenses et pardonne à ses ennemis. Il est bienveillant pour tous , secourable aux petits . En chaque homme il voit un frère, quel que soit son pays, quelle que soit sa foi. Plein de tolérance, il respecte les croyances sincères, excuse les défauts des autres, fait ressortir leurs qualités et ne médit jamais. Il use avec modération des biens que la vie lui accorde, les consacre à l'amélioration sociale et, dans la pauvreté, n'envie ni ne jalouse personne.

L'honnêteté devant le monde n'est pas toujours l'honnêteté selon les lois divines. L'opinion publique a son prix -, elle rend plus douce la pratique du bien, mais on ne saurait la considérer comme infaillible. Le sage ne la dédaigne pas, sans doute; mais, quand elle est injuste ou insuffisante, il passe outre et mesure son devoir à une règle plus sûre. Le mérite, la vertu, sont parfois méconnus sur terre et les jugements de

la foule sont souvent influencés par ses passions et ses intérêts matériels. Avant tout, l'honnête homme recherche sa propre estime et Pacquiescement de sa conscience.

Celui qui a su comprendre toute la portée morale de renseignement des Esprits a du devoir une conception encore plus haute. Il sait que la responsabilité est corrélative au savoir, que la possession des secretis d'outre-tombe lui impose Pobligation de travailler avec plus d'énergie à son amélioration et à celle de ses frères. Les voix d'en haut ont fait vibrer en lui des échos, éveillé des forces qui sommeillent, chez la plupart des hommes ; elles le sollicitent puissamment dans sa marche ascensionnelle. Un noble idéal le réchauffe et le tourmente à la fois, en fait la risée des méchants, mais il ne le changerait pas pour tous les trésors d'un empire. La pratique dé la charité lui est devenue facile. Elle lui a appris à développer sa sensibilité et ses qualités affectives. Compatissant et bon, il souffre de tous les maux de l'humanité ; il veut répandre sur ses compagnons d'infortune les espérances qui le soutiennent; il voudrait essuyer toutes les larmes, panser toutes les plaies, effacer toutes les douleurs.

La pratique constante du devoir nous mène au perfectionnement. Pour hâter celui-ci, il convient

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d'abord de s'étudier soi-même avec attention, de soumettre ses actes à un contrôle scrupuleux. On ne saurait remédier au mal sans le connaître.

Nous pouvons même nous étudier dans les autres hommes. Si quelque vice, quelque fâcheux défaut nous choque en eux, recherchons avec soin s'il n'existe pas en nous un germe identique, et si nous l'y découvrons, appliquons-nous à Ten arracher.

Considérons notre âme pour ce qu'elle est réellement, c'est à dire une œuvre admirable, mais très imparfaite, que notre devoir est d'embellir et d'orner sans cesse. Cette pensée de notre imperfection nous rendra plus modestes, éloignera de nous la présomption, la sotte vanité.

Soumettons-nous à une discipline rigoureuse. Comme on donne à l'arbuste la forme et la direction convenables, nous pouvons régler les tendances de notre être moral. L'habitude du bien en rend la pratique aisée. Seuls, les premiers efforts sont pénibles . Apprenons avant tout à nous dominer. Les impressions sont fugitives et changeantes ; la volonté est le fond solide de l'a-

me. Sachons gouverner cette volonté, maîtriser nos impressions, ne jamais nous laisser dominer par elles.

L'homme ne doit pas s'isoler de ses semblables. Il importe cependant de choisir ses relations, ses

amis, de s'attacher à vivre dans un miliea honnête et pur, où ne régnent que de bonnes influences, où ne rayonnent que des fluides calmes et bienfaisants.

Évitons les conversations frivoles, les propos oiseux, qui conduisent à la médisance. Quel qu'en puisse être le résultat, disons toujours la vérité. Retrempons-nous souvent dans l'étude et le recueillement. L'âme y trouve de nouvelles forces, de nouvelles lumières. Puissions-nous nous dire à la fin de chaque jour : J'ai fait œuvre utile, j'ai remporté quelque succès sur moi-même, secouru, consolé des malheureux, éclairé mes frères, travaillé à les rendre meilleurs ; j'ai rempli mon devoir !

La foi, c'est la confiance de l'homme en ses destinées, c'est le sentiment qui le porte vers la Puissance infinie, c'est la certitude d'être sur la voie qui conduit à la vérité. La foi aveugle est comme un fanal dont la rouge lueur ne peut percer le brouillard ; la foi éclairée est un foyer électrique qui illumine d'une vive clarté la route à parcourir.

On n'acquiert pas cette foi sans avoir passé par les épreuves du doute, par toutes les angoisses qui sèment la voie des chercheurs. Il en est qui n'aboutissent qu'à une accablante incertitude et

ottent longtemps entre des courants contraires. Heureux celui qui croit, sait, voit et marclie à coup sur. Sa foi est profonde, inébranlable. Elle le rend capable de surmonter les grands obstacles. C'est dans ce sens qu'on a pu dire que la foi soulève les montagnes, ce qui doit évidemment être pris au figuré, les montagnes représentant ici les difficultés accumulées sur le chemin des novateurs, les passions, l'ignorance, les préjugés et l'intérêt matériel.

On ne voit communément dans la foi que la croyance en certains dogmes religieux acceptés sans examen. Mais la foi peut se dire de la conviction qui anime Thomme et Pentraîne vers d'autres buts. Il y a la foi en soi-même, en une œuvre matérielle quelconque, la foi politique, la foi en la patrie. Pour l'artiste, le poète, le penseur, la foi c'est le sentiment de Tidéal, c'est la vue de ce foyer sublime, allumé par la main divine aux sommets éternels, pour guider l'humanité vers le Beau et le Vrai.

La foi religieuse, qui fait abstraction de la raison et s'en rapporte au jugement des autres, qui accepte un corps de doctrine, vrai ou faux, et s y soumet sans contrôle, c'est la foi aveugle. Dans son impatience, dans ses excès, elle recourt aisément à la perfidie, à la contrainte, et conduit au fanatisme. Envisagée sous cet aspect, la foi est encore un mobile puissant. Elle a ap-

IX hommes à s'humilier et à souffrir. Perpar l'esprit de domination, elle a été la le bien des crimes, mais dans ses cooséîs funestes, elle nous montre encore l'é- ! des ressources qui sont en elle.

BÎ la foi aveugle peut produire de tels efae ne fera pas la foi appuyée surla raison, lui jage, discerne et comprend ? Certains çiens nous convient à mépriser la raison, inier, à la fouler aux pieds. Devons-nous i renier, même quand elle nous révèle ce , bien et beau? On objecte toutes les erlans lesquelles est tombée la raison, et on i oublier que c'est la raison elle-même qui , fait découvrir ces erreurs et nous a aidés orriger.

■aisoo est une faculté sopérieure, destinée à clairer sur toutes choses, et qui se déve- 3t s'augmente par l'exercice, comme tou- ) facultés. La raison humaine est un reflet Eaison éternelle : « C'est Dieu en nous », aint Paul. Méconnaître sa valeur, son utiest méconnaître la nature humaine et oula Divinité même. Vouloir remplacer la par la foi, c'est ignorer que toutes deux ilidaires, inséparables, qu'elles s'affermisse vivifient l'une l'autre. Leur union ouvre usée un plus vaste champ ; elle harmonise ;ultés et nous procure la paix intérieure.

La foi est mère des nobles sentiments et des grandes actions. L'homme profondément convaincu reste inébranlable devant le péril comme au milieu des épreuves. Mi-dessus des séductions, des flatteries, des menaces, plus haut que les voix de la passion, il entend une voix qui reteutit dans les profondeurs de sa conscience et dont les accents Pexcitent dans la lutte, le soutiennent aux heures dangereuses.

Pour produire de tels résultats, la foi doit reposer sur le fond solide que lui offrent le libre examen et la liberté de penser. Au lieu de dogmes et de mystères, elle ne doit reconnaître que des principes découlant de l'observation directe, de rétude des lois naturelles. Tel est le caractère de la foi spirite.

La philosophie des Esprits vient nous offrir une foi qui, pour être rationnelle, n'en est que plus robuste. La connaissance du monde invisible, la confiance en une loi supérieure de justice et de progrès, tout cela imprime à cette foi un double caractère de calme et de sûreté.

Que peut-on craindre, en effet, lorsqu'on sait qu'aucune âme ne peut périr, qu'après les tempêtes et les déchirements de la vie, par delà la sombre nuit où tout semble s'abîmer, on verra poindre la lueur enchantée des jours qui ne doivent pas finir?

Pénétrés de l'idée que cette vie n'est qu'un

instant dans l'ensemble de notre existence immortelle, nous prendrons en patience les manx. inévitables qu'elle engendre. La perspective des temps qui nous sont ouverts nous donnera le pouvoir de dominer les misères présentes et de nous placer au-dessus des fluctuations de la fortune. Nous nous sentirons plas libres, mieux armés pour la lutte.

Le spirite connaît la cause de ses maux; il en comprend la nécessité. Il sait que la souffrance est légitime et il l'accepte sans murmure. 11 sait que la moit ne tranche rien, que nos sentiments persistent dans la vie d'outre-tombe, et que tous ceux qui se sont aimés ici-bas se retrouvent, affranchis des misfires terrestres, loin de ce dur séjour; qu'il n'y a de séparation que pour les méchants. De ces convictions résultent pour lui des consolations inconnues aux indifférents et aux sceptiques. Si, d'une extrémité à l'autre du globe, toutes les âmes communiaient dans cette foi puissante, on assisterait à la plus grande transformation morale que l'histoire ait jamais enregistrée.

Mais cette foi, trop peu la possèdent encore, L'Esprit de Vérité a parlé à la Terre, mais la Terre n'a pas prêté une oreille attentive à ses accents. Ce ne sont pas les puissants parmi les" enfants des hommes qui l'ont écouté, ce sont les humbles, les petits, les déshérités, tous ceux qui

ont soif d'espérance. Les heureux, les puissants l'ont repoussé, comme il y a dix-neuf siècles ils repoussèrent le Christ lui-même. Les membres des clergés et des corps savants se sont ligués contre ce trouble-fête qui venait compromettre leurs intérêts, leur quiétude ou ruiner leurs affirmations. C'est que peu d'hommes ont le courage de revenir sur leurs dires et d'avouer qu'ils se sont trompés. L'orgueil est leur maître; ils préfèrent combattre durant toute une vie cette vérité menaçante qui va bouleverser leurs œuvres éphémères. D'autres, dans le secret, reconnaissent la beauté, la grandeur de cette doctrine, mais ses exigences morales les effrayent. Attachés à leurs plaisirs, voulant vivre à leur guise, sans souci de l'au-delà, ils éloignent de leurs pensées tout ce qui les porterait à rompre avec des habitudes pernicieuses et chères. Ces agissements seront pour eux, dans la suite, la source d'amers regrets.

Notre société, tout enfiévrée de spéculation, se soucie médiocrement d'un enseignement moral. Trop d'opinions contradictoires se heurtent, s'entre-choquent ; au milieu de cet état confus, emporté par le tourbillon de la vie matérielle, l'homme s'arrête et réfléchit peu.

Mais tout esprit sincère, qui cherche la foi et la vérité, les trouvera dans la révélation nouvelle. Une influence d'en haut se répandra sur lui et le guidera vers ce soleil levant qui, un jour, éclairera l'humanité entière.

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