‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 61 sur 75 · XLVI. — L'Egoïsme · texte numérisé non relu

XLVI. — L'Egoïsme

j'égoïsme est frère de l'orgueil et procède des mes causes. C'est une des plus terribles malas de l'âme, le plus grand obstacle aux amélioions sociales. A lui seul, il neutralise, il rend riles presque tous les efforts de l'homme vers )ien. Aussi, le combattre doit être la préoccu- ;ion constante de tous les amis du progrès, de s les serviteurs de la justice.

j'égoïsme est la persistance en nous de cet ioidualisme féroce qui caractérise l'animal , ame un vestige de cet état d'infériorité que is avons tous subi. Mais l'homme est, avant t, un être sociable. Il est destiné h vivre avec

semblables et né peut rien sans eux. Abaniné k lui-même, il serait Impuissant k satise ses besoins, à développer ses qualités. i-près Dieu, c'est à la société qu'il doit tous bienfaits de l'existence, tous les avantages de civilisation. Il en jouit, mais précisément te jouissance, cette participation aux fruits de uvre commune, lui impose le devoir de cooer à l'œuvre elle-même. Une étroite solidarité ie k cette société ; il se doit à elle, comme elle ioit k lui. Rester inactif, improductif, inutile, milieu du travail de tous, serait un outrage à oi morale, presque un vol; ce serait profiter

labeurs d'autrui, accepter un prêt que l'on se ïse à restituer, faisant partie intégrante de la société, tout ce

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qai l'atteint nous atteint. C'est à cette compréhension du lien social, de la loi de solidarité, que se mesure la dose d'égoïsme qui est en nous. Celui qui sait vivre en ses semblables et pour ses semblables, n'a pas à craindre les atteintes de ce fléau. Il possède un critérium infaillible pour ju ■ ger sa conduite. Il ne fait rien sans rechercher si ce qu'il projette est bon ou mauvais pour ceux qui l'entourent, sans se demander si ses actes sont nuisibles ou profitables à cette société dont il est membre. S'ils ne paraissent avantageux que pour lui seul et préjudiciables aux autres, il sait qu'en réalité ils sont mauvais pour tous, et il s'en abstient scrupuleusement.

L'avarice est une des formes les plus hideuses de Végoisme. Elle montre la bassesse de l'àme qui, en accaparant des richesses utilisables pour le bien commun, ne sait pas même en profiter. L'avare, dans son amour de l'or, dans son âpreté à l'acquérir, appauvrit ses semblables et reste indigent lui-même, car c'est encore la pauvreté que cette prospérité apparente qui accumule sans profit pour personne, une pauvreté relative, aussi à plaindre que celle des malheureux et le juste objet de la réprobation de tous.

Aucun sentiment élevé, rien de ce qui constitue la noblesse de l'être ne peut germer dans rame d'un avare. L'envie, la cupidité qui le tourmentent, le condamnent à une pénible existence et

un avenir plus misérable encore. Rien n'égale [j désespoir, lorsque, par delà la tombe, il voit ! trésors partagés ou dispersés.

Vous qui cherchez la paii du cœur, fuyez ce :e bas et méprisable. Mais ne tombez pas dans xcèa contraire. Ne gaspillez rien. Sachez user vos ressources avec sagesse et modération. L'égoïsme porte en lui son propre châtiment. ïgoïste ne voit que sa personne au monde ; itce qui lui est étranger lui est indifférent. Bsi les heures de sa vie sont semées d'ennui. trouve partout le vide, dans l'existence terres- : comme après la mort, car, hommes ou Esita, tous le fuient.

Au contraire, celui qui coopère dans la mesure ses forces à l'œuvre sociale, qui vit en commion avec ses semblables, les faisant profiter ses facultés et de ses biens, comme il profite 3 leurs, répandant an dehors ce qu'il y a de D eu lui, celui-là se sent plus heureux. lia iscience d'obéir à la Loi, d'être un membre le de la société. Tout ce qui s'accomplit dans monde l'intéresse, tout ce qui est grand et iu le touche et l'émeut; son âme vibre à l'u- !Son de tontes les âmeséclairéeset généreuses, .'ennui, le dés:enchantement, n'ont pas de prise r lui.

Notre rOle n'est donc pas de nous abstenir, lis de combattre sans relâche pour la cause du

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bien et de la vérité . Ce n'est pas assis ou couché qu'il faut contempler le spectacle de la vie humaine en ses perpétuels enfantements ; c'est debout, en pionnier, en soldat, prêt à participer à toutes les grandes tâches, à frayer les voies nouvelles, à féconder le patrimoine commun de l'humanité.

Quoique l'égoïsme se rencontre dans tous les rangs de la société, ce vice est plutôt Papanage du riche que du pauvre. Trop souvent la prospérité dessèche le cœur, tandis que Pinfortune, en nous faisant connaître le poids de la douleur, nous apprend à compatir à celle des autres. Le riche sait-il seulement au prix de quelle peine, de quels durs labeurs se créent les milles choses dont se compose son luxe.

Ne nous asseyons jamais à une table bien servie sans penser à ceux qui souffrent de la faim. Cette pensée nous rendra sobres, mesurés dans nos appétits et nos goûts. Songeons aux millions d'hommes courbés sous les ardeurs de l'été ou sous les dures intempéries et qui, au prix d'un maigre salaire, retirent du sol les produits qui alimentent nos festins et ornent nos demeures. Rappelons- nous que, pour éclairer nos logis d'une resplendissante lumière ou faire jaillir de nos foyers la flamme bienfaisante., des hommes, nos semblables, capables comme nous d'aimer, de sentir, travaillent sous la terre, loin du ciel

bleu et du gai soleil, et, le picenmain, perforent toute leur vie les entrailles du globe. Sachons que, pour orner nos salons de glaces, de cristaux étincelants, pour produire la foule des objets dont se forme notre bien-être, d'autres hommes, par milliers, semblables à des damnés dans la fournaise, passent leur existence à la chaleur dévorante des hauts fournaux et des fonderies, privés d'air, usés, brisés avant l'âge, n'ayant pour perspective qu'une vieillesse souffreteuse et dénuée. Oui, sachons-le, tout ce confort dont nous jouissons avec indifférence est acheté par le supplice des humbles et Fécrasement des petits. Que cette pensée se grave en nous, qu'elle nous suive et nous obsède; comme une épée de feu, elle chassera l'égoïsme de nos cœurset nous forcera à consacrer à l'amélioration du sort des faibles nos biens, nos loisirs, nos facultés.

Car il n'y aura de paix entre les hommes, il n'y aura de sécurité, de bonheur social, que lorsque l'égoïsme sera vaincu, lorsque les privilèges, les inégalités choquantes disparaîtront et que chacun participera, dans la mesure de son travail et de ses mérites, au bien-être de tous. Il ne peut y avoir ni paix, ni harmonie sans la justice. Tant que l'égoïsme des uns se nourrira des souffrances et des larmes des autres, tant que les exigences du Moi étoufferont la voix du devoir, la haine se perpétuera sur terre, les luttes

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d'intérêt diviseront les esprits, des tempêtes couveront au sein des sociétés.

Mais, grâce à la connaissance de notre avenir, ridée de solidarité finira par prévaloir. La loi du retour dans la chair, la nécessité de renaître dans des conditions modestes, seront autant d'aiguillons qui stimulerons Tégoïste. Devant ces perspectives, le sentiment outré de la personnalité s'atténuera pour faire place à une notion plus exacte de notre place et de notre rôle dans l'univers. Nous sachant reliés à toutes les âmes, solidaires de leur avancement et de leur bonheur, nous nous intéresserons davantage à leur situation, à leurs progrès, à leurs travaux. Et, à mesure que ce sentiment se répandra sur le monde, les institutions, les rapports sociaux s'amélioreront -, la fraternité, ce mot banal répété par tant de bouches, descendra dans les cœurs et deviendra une réalité. Nous nous sentirons vivre dans les autres, jouir de leurs joies, souffrir de leurs maux. Il n'y aura plus alors une seule plainte sans écho, une seule douleur sans consolation. La grande famille humaine, forte, paisible, unie, s'avancera d'un pas plus rapide vers ses magnifiques destinées.

A rencontre des religions exclusives qui ont prîs'pour précepte «Hors de l'Église point de

salut », comme si leur point de vue purement humain pouvait décider du sort des êtres dans la vie future, Allan Kardec place ces paroles en tête de ses œuvres : Hors la Charité^ point de salut. Les Esprits nous enseignent, en effet, que la charité est la vertu par excellence, qu'elle seule donne la clef des cieux élevés.

<K II faut aimer les hommes », répètent-ils après le Christ, qui avait résumé en ces mots tous les commandements de la loi mosaïque.

Mais les hommes ne sont point aimables, objecte-t-on. Trop de méchanceté couve en eux, et la charité est bien difficile à pratiquer à leur égard.

Si nous les jugeons ainsi, n'est-ce pas parce que nous nous plaisons à considérer uniquement les mauvais côtés de leur caractère, leurs défauts, leurs passions, leurs faiblesses, oubliant trop souvent que nous n'en sommes pas exempts nous-mêmes, et que, s'ils ont besoin de notre charité, nous n'avons pas moins besoin de leur indulgence ?

Cependant, le mal ne règne pas seul en ce monde. Il y a aussi du bien en l'homme, desqualités, des vertus. Il y a surtout des souffrances. Si nous voulons être charitables, et nous le devons, dans notre propre intérêt comme dans celui de l'ordre social, ne nous attachons donc pas, dans nos jugements sur nos semblables, à ce qui

peut nousporter à la médisance, au dénigrement, mais voyons surtout en l'homme un compagnon d'épreuves, un frère d'armes dans la lutte de la vie. Voyons les maux qu'il endure dans tous les rangs de la société. Quel est celui qui ne cache une plaie, un ver rongeur au fond de son âme ; qui ne supporte le poids de chagrins, d'amertumes ! Si nous nous placions à ce point de vue pour considérer le prochain, notre malveillance se changerait vite en sympathie.

Par exemple, l'on entend souvent récriminer contre la grossièreté et les passions brutales des classes ouvrières, contre les convoitises et les revendications de certains hommes du peuple. Réfléchit-on assez à la triste éducation reçue, aux mauvais exemples qui les ont entourés dès l'enfance ? Les nécessités de la vie, les besoins impérieux de chaque jour leur imposent une tâche nouvelle et absorbante. Aucun loisir, aucun répit pour éclairer leur intelligence. Les douceurs de l'étude, les jouissances de l'art leur sont inconnues. Que savent-ils des lois morales, de leur destinée, des ressorts de l'univers ? Peu de rayons consolateurs se glissent dans ces ténèbres. Pour eux, la lutte farouche contre la nécessité est de tous les instants. Le chômage, la maladie, la noire misère, les menacent, les harcèlent sans cesse. Quel est le caractère qui ne s'aigrirait au milieu de tant de maux ? Pour les supporter avec

résignation, il faut un véritable stoïcisme, une force d'âme d'autant plus admirable qu'elle est plutôt instinctive que raisonnée. Au lieu de jeter la pierre à ces infortunés, attachons-nous à soulager leurs maux, à essuyer leurs larmes, à travailler de toutes nos forces à amener sur terre une répartition plus équitable des biens matériels et des trésors de la pensée. On ne sait pas assez ce que peuvent sur ces âmes aigries une bonne parole, une marque d'intérêt, un cordial serrement de raain. Les vices du pauvre nous rebutent, et, cependant, quelle excuse n'y a-til pas au fond de sa misère I Mais nous vouions ignorer ses vertus, qui sont bien plus étonnantes, s'épanouissant dans le bourbier.

Que de dévouements obscurs parmi ces humbles ! que de luttes héroïques et tenaces contre l'adversité ! Songeons aux innombrables familles qui végètent sans appui, sans secours, à tant d'enfants privés du nécessaire, à tous ces êtres qui grelottent de froid et de faim au fond de réduits humides et sombres, ou dans des mansardes désolées. Quel rôle est celui de la femme du peuple, de la mère de famille dans de tels roilieux, lorsque l'hiver s'abat sur la terre, que le foyer est sans feu, la table sans aliments, que sur le lit glacé des haillons remplacent la couverture vendue ou engagée pour îtvoir du pain ! Son sacrifice n'est-il pas de tous les instants ? Et

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comme son pauvre cœur se brise à la vue des douleurs des siens! L'oisif opulent ne devrait-il pas rougir d'étaler sa richesse parmi tant de souffrances? Quelle responsabilité écrasante pour lui, si, au sein de son abondance, il oublie ceux que le besoin accable !

Sans doute, bien des choses répugnantes, beaucoup de fanges se mêlent aux scènes de la vie des petits. Plaintes et blasphèmes, ivrognerie et proxénétisme, enfants sans cœur et parents sans entrailles, toutes les laideurs s'y confondent; mais, même sous ces dehors repoussants, c'est toujours l'âme humaine qui souffre, l'âme notre sœur, encore digne d'intérêt et d'affection. L'arracher à la boue du cloaque, la réchauffer, l'éclairer, lui faire gravir degré à degré l'échelle de réhabilitation, quelle grande tâche ! Tout se purifie au feu de la charité. C'est ce feu qui embrasait les Christ, les Vincent de Paul, les Fénélon. C'est dans leur immense amour pour les faibles et les déchus qu'ils trouvaient le principe de leur abnégation sublime.

Il en est de même de tous ceux qui ont la faculté de beaucoup aimer et de beaucoup souffrir. La douleur est pour eux comme une initiation à l'art de consoler et de soulager les. autres. Ils savent s'élever au-dessus de leurs propres maux pour ne voir que les maux de leurs semblables et en rechercher le remède. De là, les grands

exemples donnés par ces âmes d'élite qui, au fond de leur déchirement, de leur agonie douloureuse, trouvent encore le secret de guérir les blessures des vaincus de la vie.

Mais la charité a d'autres formes que la sollicitude pour les malheureux. La charité matérielle, ou bienfaisance, peut s'appliquer à un certain nombre de nos semblables, sous forme de secours, de soutien, d'encouragements. La charité morale doit s'étendre à tous ceux qui partagent notre vie en ce monde. Elle ne consiste plus en aumôrfes, mais en une bienveillance qui doit envelopper tous les hommes, du plus vertueux au plus ciiminel, et régler nosrelations avec eux. Celle-là, nous pouvons tous la pratiquer, si modeste que soit notre condition.

La vraie charité est patiente et indulgente. Elle ne froisse, ne dédaigne personne ; elle est tolérante, et si elle cherche à dissuader, c'est avec douceur, sans heurter ni brusquer les idées acquises.

Mais cette vertu est rare. Un certain fond d'égoïsme nous porte plutôt à observer, à critiquer les défauts du prochain, tandis que nous nous aveuglons sur nous-mêmes. Alors qu'il est en nous tant de pourriture, nous exerçons volontiers notre sagacité à faire ressortir les travers de nos semblables. Aussi, la vraie supériorité morale ne va pas sans la charité et sans la modestie. Nous n'avons pas le droit de condamner chez

autrui des fautes que nous sommes exposés à commettre; et, quand même notre élévation morale nous en aurait affranchis pour jamais, nous ne devons pas oublier qu'un temps fut oii nous nous débattions contre la passion et le vice.

Il est peu d'hommes qui n'aient de mauvaises habitudes à corriger, de fâcheux penchants à réformer. Rappelons-nous que nous serons jugés avec la même mesure qui nous aura servi à juger nos semblables. Les opinions que nous nous formons sur eux sont presque toujours un reflet de notre propre nature. Soyons plusprompts à excuser qu'à blâmer. On regrette souvent un jugement trop précipité. Évitons surtout de considérer les choses sous un mauvais jour.

Rien n'est plus funeste pour l'avenir de l'âme que les mauvais propos, que cette médisance incessante qui alimente la plupart des conversations. L'écho de nos paroles retentit dans la vie future, la fumée de nos pensées malveillantes forme comme une épaisse nuée dont l'esprit est enveloppé et obscurci. Jardons-nous de ces critiques, de ces appréciations malignes, de ces paroles railleuses qui empoisonnent l'avenir. Fuyons la médisance comme une peste -, retenons sur nos lèvres tout propos amer prêt à s'en échapper. Notre bonheur est à ce prix.

L'homme charitable fait le bien dans l'ombre;

il dissimule ses bonnes actions, tandis que le vaniteux proclame le peu qu'il fait. « La main gauche doit ignorer ce que donne la main droite >, a dit Jésus. « Celui qui fait le bien avec ostentation a déjà reçu sa récompense. »

Donner en cachette, être indifférent aux louanges- des hommes, c'est montrer une vérita-ble élévation de caractère, c'est se placer au-dessus des jugements d'un monde passager et chercher la justification de ses actes dans la vie qui ne finit pas.

Dans ces conditions, l'ingratitude, l'injustice ne peuvent atteindre l'homme charitable. Il fait le bien parce que c'est son devoir et sans en attendre aucun avantage. Il necherche pas de récompense; il laisse à la loi éternelle le soin de faire découler les conséquences de ses acte**, ou plutôt il n'y songe même pas. Il est généreux sans calcul. Pour obliger les autres, il sait se priver lui-même, pénétré de l'idée qu'il n'y a nul mérite à donner son superflu.

C'est pourquoi l'obole du pauvre, le denier de la veuve, le morceau de pain que le prolétaire partage avec son compagnon d'infortune, ont plus de prix que les largesses du riche. Il est mille manières de se rendre utile, de venir au secours de ses frères. Le pauvre, dans son dénuement, peut encore secourir plus pauvre que lui. Ce n'est pas avec de l'or que l'on tarit toutes les larmes,

que Ton panse toutes les plaies. Il est des maux pour lesquels une amitié sincère, une ardente sympathie, une effusion de Tâme feront plus que toutes les richesses.

Soyons généreux pour ceux qui ont succombé dans la lutte contre leurs passions et ont été entraînés dans le mal, généreux pour les pécheurs, les criminels, les endurcis. Savcns-nous par quelles phases cruelles ces âmes ont passé, quelles souffrances elles ont endurées avant de faillir? Avaient-elles cette connaissance des lois supérieures qui soutient à l'heure du péril? Ignorantes, incertaines, agitées par tous les souflles du dehors, pouvaient elles résister et vaincre? Souvenonsnous que la responsabilité est proportionnelle au savoir, et qu'il sera beaucoup demandé à celui qui possède la vérité. Soyons pitoyables pour les petits, les débiles, les affligés, pour tous ceux qui saignent des blessures de Pâme ou du corps. Rechei chons les milieux où les douleurs abondent, où les cœurs se brisent, où les existences se dessèchent dans le désespoir et l'oubli. Descendons dans ces abîmes de misère, afin d'y porter les consolations qui relèvent, les bonnes paroles qui réconfortent, les exhortations qui vivifient, afin d'y faire luire Tespérance, ce soleil des malheureux. Efforçons-nous d'en arracher quelque victime, de la purifier, de la sauver du mal, de lui ouvrir la voie honorable. C'est seulement par le

dévouement et l'affection que nous rapprocherons les distances, que nous préviendrons les cataclysmes sociaux, en éteignant la haine qui couve au cœur des déshérités.

Tout ce que Thomnie fait pour son frère se grave dans le grand livre fluidique dont les pages se déroulent à travers l'espace, pages lumineuses oii s'inscrivent nos actes, nos sentiments, nos pensées. Et ces dettes nous seront payées amplement dans les existences futures.

Rien n'est perdu ni oublié. Les liens qui unissent les âmes à travers les temps sont tissés des bienfaits du passé. La sagesse éternelle a tout réglé pour le bien des êtres. Les bonnes œuvres accomplies ici-bas deviennent pour leur auteur la source d'infinies jouissances dans l'avenir.

La perfection de l'homme se résume en deux mots : Charité, Vérité, La charité est la vertu par excellence; elle est d'essence divine. Elle rayonne sur les mondes, elle réchauffe les âmes comme un regard, comme un sourire de l'Éternel. Elle surpasse en résultats le savoir, le génie. Ceux-ci ne vont pas sans quelque orgueil. Ils sont contestés, parfois méconnus, mais la charité, toujours douce et bienveillante, attendrit les cœurs les plus durs, désarme les esprits les plus méchants, en les inondant d'amour.

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