‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 63 sur 75 · DOUCEUR, PATIENCE. BONTÉ · texte numérisé non relu

DOUCEUR, PATIENCE. BONTÉ

outragés, spoliés, et subissons l'injure comme une réparation. Ne perdons pas de vue le but de Pexistence, que ces accidents nous feraient oublier. Ne quittons pas la voie droite et sûre ; ne nous laissons pas entraîner par la passion sur les pentes dangereuses qui nous ramèneraient à la bestialité; gravissons- les plutôt avec un redoublement de courage. La vengeance est une folie qui nous ferait perdre le fruit de bien des progrès, reculer sur le chemin parcouru. Un jour, lorsque nous aurons quitté la terre, peut-être bénirons-nous ceux qui auront été durs, impitoyables envers nous*, qui nous auront dépouillés, abreuvés d'amertume; nous les bénirons, car de leurs iniquités sera sorti notre bonheur spirituel. Ils croyaient nous faire du mal et ils auront facilité notre avancement, notre élévation, en nous donnant l'occasion de souflFrir sans murmure, de pardonner et d'oublier.

La patience est cette qualité qui nous apprend à supporter avec calme tous les ennuis. Elle ne consiste pas à éteindre en nous toute sensation, à nous rendre indiflFérents , inertes, mais à rechercher au delà des horizons du présent les consolations qui nous font considérer comme futiles et secondaires les tribulations de la vie matérielle.

La patience mène à la bienveillance. Comme autant de miroirs, les âmes nous renvoient le

reflet des sentiments qu'elles nous inspirent. La sympathie appelle la sympathie et rindiflference engendre souvent Taigreur.

Apprenons quand c'est nécessaire à réprimander avec douceur, à discuter sans emportement, à juger toutes choses avec bienveillance et modération. Recherchons les entretiens utiles, les questions sérieuses, élevées; fuyons les dissertations frivoles, et aussi tout ce qui passionne et surexcite.

Gardons-nous de la colère, qui est le réveil de tous les instincts sauvages amortis en nous par le progrès et la civilisation, une réminiscence de nos vies obscures. En chaque homme, la bête subsiste encore par certains côtés, la bête, que nous devons dompter à force d'énergie, si nous ne voulons être dominés, asservis par elle. Dans la colère, ses instincts assoupis se réveillent, et de l'homme font un fauve. Alors s'évanouissent toute dignité, toute raison, tout respect de soimême. La colère nous aveugle, nous fait perdre la conscience de nos actes et, dans ses fureurs, peut nous conduire jusqu'au crime.

Il est dans la nature du sage de se posséder toujours, et la colère est l'indice d'un caractère peu sociable et fort arriéré. Celui qui y est enclin devra veiller avec soin sur ses impressions, étouffer en lui le sentiment de la personnalité, éviter de rien faire, de rien résoudre, tant qu'il

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