‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 68 sur 75 · RÉSIGNATION DANS L*ADVERSITE · texte numérisé non relu

RÉSIGNATION DANS L*ADVERSITE

à la félicité. C'est à vous, c'est aux obstacles, aux humiliations dont vous êtes semées qu'elle doit sa pureté, sa force, sa grandeur. Vous seules, en effet, dans les angoisses de chaque jour, dans les ijumolations que vous lui imposez, vous lui apprenez la patience, la résolution, la constance, toute la sublimité de la vertu, et elle vous devra cette couronne, cette auréole splendide, promise dans l'espace au front de ceux qui ont souffert, lutté et vaincu I

S'il est une cruelle épreuve, c'est la perte des êtres aimés ; c'est quand, l'un après l'autre, on les voit disparaître, enlevés par la mort, et que la solitude se fait peu à peu autour de nous, pleine de silence et de nuit. C'est quand la vieillesse, glacée, muette, s'avance, mettant son stigmate sur notre front, éteignant nos yeux, raidissant nos membres, nous courbant sous son poids, et qu'avec elle vient la tristesse, le dégoût de tout et la grande sensation de fatigue, un besoin de repos, comme une soif du néant. Oh ! à cette heure de trouble, à ce crépuscule de la vie, comme elle réjouit et réconforte, la petite lumière qui brille dans l'âme du croyant, la foi en l'avenir infini, aux nouvelles vies renaissantes, la foi à la Justice, à la suprême Bonté.

Ces départs successifs de tous ceux qui nous furent chers sont autant d'avertissements solen

nels ; ils nous arrachent à notre égoïsme, ils^ montrent la puérilité de nos préoccupations matérielles, de nos ambitions terrestres, et nous invitent à nous préparer à ce grand voyage.

La perte d'une mère est irréparable.. Quel vide en nous, autour de nous, lorsque cette amie, la meilleure, la plus ancienne et la plus sûre de toutes, descend au tombeau ; que ces yeux qui nous contemplèrent avec amour se ferment à jamais ; que ces lèvres qui se reposèrent si souvent sur notre front se refroidissent ! L'amour d'une mère, n'est-ce pas ce qu'il y a de plus pur, de plus désintéressé ? n'est-ce pas comme un reflet de la bonté de Dieu ?

La mort de nos enfants est aussi une source d'amers chagrins. Un père, une mère ne sauraient sans déchirement voir disparaître l'objet de leur affection. C'est à ces heures désolées que la philosophie des Esprits nous est d'un grand secours. A nos regrets, à notre douleur de voir ces existences pleines de promesses sitôt brisées, elle répond qu'une mort prématurée est souvent un bien pour l'Esprit qui s'en va et se trouve affranchi des périls et des séductions de la terre. Cette vie si courte, — pour nous inexplicable mystère — avait sa raison d'être. L'âme confiée à nos soins, à nos tendresses, y venait parfaire ce qu'avait eu d'insuffisant pour elle une incarnation précédente. Nous ne voyons ces choses qu'au

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point de vue humain et do là viennent nos erreni Le séjour de ces enfants sur terre nous aura é utile. 11 aura fait naître dans notre cœur c saintes émotions de la paternité, ces sentimer délicats, jusqu'alors inconnus de nous, qui s tendrissent et rendent meilleur. Il aura formé nous à eus des liens asRez puissants pour no attacher à ce monde invisible qui noua réuni tous. Car c'est là qu'est la beauté de la doctrii des Esprits. Avec elle, ces êtres ne sont pas pe dns pour nous. Us nous quittent an instaE mais nous sommes destinés à les rejoindre.

Que dis-je, notre séparation n'est qu'apparent Ces âmes, ces enfants, cette mère bien-aim sont près de nous. Leurs fluides, leurs pensée nous enveloppent; leur amour nous protèg Nous pouvons parfois même communiquer av eus, recevoir leurs encouragements, leurs co: seils. Leur affection pour nous n'est pas év nouie. La mort l'a rendue plus profonde et pi éclairée. Ils nous exhortent à chasser loin de no cette vaine tristesse, ces chagrins stériles du le spectacle les rend malheureux. Ils nous su plient de travailler avec courage et persévéran à notre amélioration, afin de les retrouver, nous réunir à. eus dans la vie spirituelle.

C'est un devoir de lutter contre l'adversil S'abandonner, se laisser aller à la paresse, sul

sans réagir les maux de la vie, serait une lâcheté. Les difficultés que nous avons à vaincre exercent et développent notre intelligence. Mais lorsque nos efforts restent superflus, lorsque l'inévitable se dresse, Pheure est venue de faire appel à la résignation. Nulle puissance ne saurait détourner de nous les conséquences du passé. Se révolter contre la loi morale serait aussi insensé que de vouloir résister aux lois de la distance et de la pesanteur. Un fou peut chercher à lutter contre la nature immuable des choses, mais l'esprit sensé trouve dans l'épreuve un moyen de se retremper, de fortifier ses qualités viriles. L'âme intrépide accepte les maux de la destinée, mais, par la pensée, elle s'élève audessus d'eux et s'en fait un marchepied pour atteindre à la vertu.

Les afflictions les plus cruelles, les plus profondes, quand elles sont acceptées avec cette soumir^sion qui est le consentement de la raison et du cœur, indiquent généralement le terme de nos maux, l'acquittement de la dernière fraction de notre dette. C'est l'instant décisif oii il importe de rester ferme, de faire appel à toute notre résolution, à toute notre énergie morale, afin de sortir victorieux de l'épreuve et d'en recueillir les avantages.

Souvent, aux heures difficiles, la pensée de la mort vient nous visiter. Il n'est pas répréhen-

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sible de demander la mort, mais elle n'est vraiment désirable que lorsqu'on a triomphé de tontes ses passions. A quoi bon désirer la mort, si, n'étant pas guéris de nos vices, il nous faut revenir encore nous purifier par de pénibles incarnations ? Nos fautes sont comme une tuniqut de Nessus, collée à notre être et dont le repentit et l'expiation peuvent seuls nous débarrasser.

La douleur règne toujours en sonveraine sui le monde, et pourtant, uu examen attentif nous montrerait avec quelle sagesse et quelle prévoyance la volonté divine en a gradué les effets, D'étapes en étapes, la nature s'achemine vers un ordre de choses moins farouche, moins violent Aux premiers âges de notre planète, la douleui était la seule école, le seul aiguillon pour les êtres. Mais peu à peu la souffrance s'atténue des maux effroyables, la peste, la lèpre, la famine, disparaissent. Déjà, les tempe oii nous vivons sont moins âpres que le passé. L'horamt a dompté les éléments, rapproché les distances conquis la terre. L'esclavagen'estplus.Tout évo lue, tout progresse. Lentement, mais sûrement le monde et la nature elle-même s'améliorent Ayons confiance en la Puissance directrice d( l'univers. Notre esprit borné ne saurait juge: l'ensemble de ses moyens. Dieu seul ala notior exacte decattecadencerythmée, de cette alternanci nécessaire de la vie et de la mort, de la nuit et di

jour, de la joie et de la douleur, d'où se dégagent finalement le bonheur et l'élévation des êtres. Laissons-lui donc le soin de fixer l'heure de notre départ et attendons-la, sans la désirer, ni la craindre.

Enfin, la voie d'épreuves est parcourue», le juste sent que le terme est proche . Les choses de la terre pâlissent de jour en jour à ses yeux. Le soleil lui semble terne, les fleurs incolores, le chemin plus rocailleux. Plein de confiance, il voit s'approcher la mort. Ne sera-t-elle pas le calme après la tempête j le port après une traversée orageuse ?

Qu'il est grand le spectacle offert par l'àme résignée, s'apprêtant à quitter la terre après une vie douloureuse ! Elle jette un dernier regard sur son passé ; elle revoit, dans une sorte de pénombre, les mépris endurés, les larmes refoulées, les gémissements étouffés, les souffrances bravement supportées. Doucement, elle sent se détacher les entraves qui l'enchaînaient à ce monde. Elle va abandonner son corps de boue, laisser bien loin derrière elle toutes les servitudes matérielles. Que pourrait-elle craindre ? N'a-t-elle pas fait preuve d'abnégation, sacrifié ses intérêts à la vérité, au devoir ? N'a-t-elle pas bu jusqu'à la lie le calice purificateur ?

Elle voit aussi ce qui l'attend. Les images

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fluidiques de ses actes de sacrifice et de renoni ment, ses pensées générenses l'ont devancée, s mant comme des jalons brillants la voie de s ascension . Ce sont les trésors de sa vie no velle.

Elle distingue tout cela et son regard s'élè encore plus haut, là où l'on n'aborde qu'avec lumière an front, l'amour et la foi au cieur .

A ce spectacle, une joie céleste la pénètre ; e regrette presque de ne pas avoir assez souffei Une dernière prière, comme un cri d'allégrest jaillit des profondeurs de son être et monte v( son Père, vers son Maître bien-aimé. Les éct de l'espace répètent ce cri de délivrance, auqi se joignent les accents des Esprits heureux c se pressent en foule pour la recevoir.

LI, — La Prière

La prière doit être un épanchement intime l'âme à Dieu, un entretien golitaire, une raédH tion toujours utile, souvent féconde. C'est le : fuge par excellence des affligés, des cœurs met tris. Aux heures d'accablement, de déchireme intérieur et de désespoir, qui n'a trouvé dans prière le calme, le réconfort, l'adoucissement ses maux ? Un dialogue mystérieux s'établit « tre l'âme souffrante et la puissance évoqui L'une expose ses angoisses, ses défaillance elle implore secours, appui, indulgence. Et alo:

dans le sanctaaire de la conscience, une voix se- '•'•^*« répond, la voix de Celai d'où provient toute :e pour les lattes de ce monde, tout baume r nos blessures, toute lumière pour nos incer- .des. Et cette voix console, relève, persuade ; fait descendre en nons le courage, la soumis- 1, la résignation stoïque. Et nous nous rele- 18 moins tristes, moins accablés : un rayon du ;il divin a lui en notre âme, y a fait éclore pérance.

1 est des hommes qui médisent de la prière, la trouvent banale, ridicule. Ceux-là n'ont lais prié ou n'ont jamais su prier. Ah! sans ite, s'il ne s'agit que des patenôtres débitées is conviction, de ces récitations aussi vaines interminables, de toutes ces oraisons classées lumérotées, que les lèvres balbutient et oii le ir n'a point de part, on peut comprendre leurs jques ; mais ce n'est pas là la prière. La prière une élévation au-dessus des choses terresi, un ardent appel aux puissances supérieures, élan, un coup d'aile vers des régions que ne ablent pas les raurmuniS, les agitations d'un nde matériel et oU l'être puise les inspirations lui sont nécessaires. Et plus son élan est ssant, plus son appel est sincère, plus disctes, plus claires se révèlent à lui les harmo- 3, les voix, les beautés des mondes supérieurs. st comme une fenêtre qui s'ouvre sur l'invi-

sible, sur Tinfini, et par où il perçoit mille impressions consolantes et sublimes. Ces impressions, il s'en imprègne, il s'en enivre, il s'y retrempe comme dans un bain fluidique, régénérateur.

Dans ces entretiens de Pâme avec la Puissance supérieure, le langage ne doit être rien moins que préparé, noté d'avance ; il ne doit pas être une formule, dont on mesure la longueur à la somme qu'elle rapporte, ce qui devient une profanation, presque un sacrilège. Le langage de la prière doit varier selon les besoins, l'état d'esprit de l'être humain. C'est un cri, une plainte, une effusion ou un chant d'amour, un acte d'adoration ou un examen de ses actes, un inventaire moral fait sous l'œil de Dieu, ou encore une simple pensée, un souvenir, un regard levé vers les cieux.

Il n'est pas d'heure pour la prière. 11 est bon, sans doute, d'élever son cœur à Dieu au début et à la fin de la journée. Mais, si vous vous sentez mal disposé, ne priez pas* mieux vaut ne pas prier que de prier du bout des lèvres. En revanche, lorsque vous sentez votre âme attendrie, remuée par un sentiment profond, par le spectacle de l'infini, que ce soit au bord des océans, sous la clarté du jour ou sous la coupole étincelante des nuits, au milieu des champs et des bois ombreux, dans le silence des forêts, peu importe ; toute cause est bonne et grande qui mouille nos

yeux de larmes, fait ployer nos genoux et jaillir de notre cœur un hymne d'amour, un cri d'adoration vers la Puissance éternelle qui guide nos pas au bord des abîmes.

Ce serait une erreur de croire que nous pouvons tout obtenir par la prière, que son efficacité est assez grande pour détourner de nous les épreuves inhérentes à la vie. La loi d'immuable justice ne saurait se plier à nos caprices. Les maux que nous voudrions éloigner de nous sont parfois la condition nécessaire de nos progrès. Les supprimer aurait pour effet de rendre notre vie stérile. D'autre part, comment Dieu pourraitil accéder à tous les désirs que les hommes expriment dans leurs prières ? La plupart d'entre eux sont incapables de discerner ce qui leur convient, ce qui leur serait le plus profitable. Certains demandent la fortune, ignorant qu'elle serait un malheur pour eux, en donnant un libre essor à leurs passions.

Dans la prière qu'il adresse chaque jour à l'Éternel, le sage ne demande pas que sa destinée soit heureuse -, il ne demande pas que la douleur, les déceptions, les revers soient écartés de lui. Nonl ce qu'il désire, c'est connaître la loi pour mieux l'accomplir • ce qu'il implore, c'est l'aide d'en haut, le secours des Esprits bienveillants, afin de supporter dignement les mauvais jours. Et les bons Esprits répondent à son appel. Ils ne

cherchent "pas h détourner le cours de la jastîce, à entraverl-exécution des divins décrets. Sensibles aux souffrances humaines, qu'ils ont cû~ Dues, endurées, ils apportent à leurs frères de terre l'inspiration qui soutient contre les influe ces matérielles ; ils favorisent ces nobles et sal taires pensées, ces élans du cœur qui, en lespc tant vers les hautes régions, les délivrent des te tations et des pièges de la chair. La prière i sage, faite dans un recueillement profond, • dehors de toute préoccupation égoïste, éveille i lui cette intuition du devoir, ce sentiment sup rieur du Frai, du bien et du juste, qui le guide: à travers les difficultés de l'existence et le mai; tiennent en communion intime avec la gram harmonie universelle.

Mais la puissance souveraine ne représen pas seulement la justice, elle est aussi la bont immense, infinie, secourable. Or, pourquoi n'ol tiendrions-nous pas dans nos prières tout ce qi la bonté peut concilier avec la justice ? Nous poi vons toujours demander appui et secours ai heures de détresse. Dieu seul sait ce qui est plus convenable pour nous et, à défaut de l'obj de nos demandes, il nous enverra soutien fiu dique et résignation.

Lorsqu'urie pierre vient frapper les eaux, c en voit vibrer la surface en ondulations concei

triques. Ainsi le fluide universel est mis en vibration par nos prières et nos pensées, avec cette différence que les vibrations des eaux sont limitées, alors que celles du fluide universel se succèdent à rinfini. Tous les êtres, tous les mondes sont baignés dans cet élément, comme nous le sommes nous-mêmes dans l'atmosphère terrestre. Il en résulte que notre pensée, lorsqu'elle est mue par une force d Impulsion, par une volonté suffisante, va impressionner les âmes à des distances incalculables. Un courant fluidique s'établit des une» aux autres et permet aux Esprits élevés de nous influencer, de répondre à nos appels des profondeurs de Pespace.

Il en est de même pour les âmes souffrantes. La prière opère sur elles comme une magnéti • sation à distance. Elle pénètre à travers les fluides épais et sombres qui enveloppent les Esprits malheureux ; elle atténue leurs soucis, leurs tristesses. C'est la flèche lumineuse, la flèche d'or perçant les ténèbres. Quelle consolation pour ces Esprits de sentir qu'ils ne sont pas abandonnés ; qu'il est des êtres qui s'intéressent à eux ! Cette pensée leur rend le courage et Tespoir. Si nous pouvions mesurer Teffet produit par une prière ardente, par une volonté généreuse et énergique sur ces malheureux, nos vœux s'élèveraient souvent vers les déshérités, les délaissés de l'espace, vers ceux à qui nul ne songe

et qui sont plongés dans un morne découragement.

Prier pour les Esprits malheureux, prier avec compassion, avec amour, est une des formes les plus efficaces de la charité. Tous peuvent l'exercer, tous peuvent faciliter le dégagement des âmes, abréger la durée du trouble qu'elles ressentent après la mort, par un élan chaleureux de la pensée, par un souvenir bienveillant et affectueux. La prière facilite la désagrégation corporelle, aide l'Esprit à se dégager des fluides grossiers qui Penchaînent à la matière. Sous l'influence des ondes magnétiques que projette une volonté puissante, la torpeur cesse, l'Esprit se reconnaît, reprend possession de lui-même.

La prière pour autrui, pour nos proches, pour les infortunés et les malades, quand elle est faite avec un cœur droit et une foi ardente, peut aussi produire de salutaires effets. Même lorsque les lois dé la destinée lui font obstacle, lorsque Tépreuve doit être accomplie jusqu'au bout, la prière n'est pas inutile. Les fluides bienfaisants qu'elle porte en elle s'accumulent pour se déverser à la mort dans le périsprit de l'être aimé.

« Réunissez-vous pour prier », a dit l'apôtre (1). La prière faite en commun est un faisceau de volontés, de pensées, rayons et parfums, qui

(1) Actes 12, V. 12.

se dirige avec plus . de puissance vers son but. Elle peut acquérir une force irrésistible, une force capable de soulever, d'ébranler les masses fluidiques. Quel levier pour Pâme ardente, qui met dans cet élan tout ce qu'il y a de grand, de pur, d'élevé en elle ! Dans cet état, ses pensées jaillissent comme un courant impétueux, en larges et puissants effluves. Quelquefois, on a vu l'âme en prière se dégager du corps et, ravie en extase, suivre elle-même la pensée bouillonnante qu'elle projetait en avant coureur vers l'infini. L'homme porte en lui un moteur incomparable, dont il ne sait tirer qu'un médiocre parti. Pour le mettre en œuvre, deux choses suffisent cependant : la foi et la volonté.

Considérée sous ces aspects, la prière perd tout caractère mystique. Elle n'a plus pour but l'obtention d'une grâce, d'une faveur, mais rélévation de l'âme et son entrée en rapport avec les puissances supérieures, fluidiques et morales. La prière, c'est la pensée tendue vers le bien, c'est le fil lumineux qui rattache les mondes obscurs aux mondes divins, les Esprits incarnés aux âmes libres et rayonnantes. La dédaigner , c'est dédaigner la seule force qui nous arrache au conflit des passions et des intérêts, qui nous transporte au-dessus des choses changeantes et nous unit à ce qui est fixe, permanent, immuable dans l'univers. Au

lieu de repousser la prière, en raison des abus ricules ou odieux dont elle a été l'objet , ne vautil pas mieux l'utiliser avec sagesse et mesure? C'est d'une âme recueillie et sincère, c'est avec son cœur qu'il faut prier. Évitons les formules banales en usage dans certains milieux. Dans ces sortes d'exercices spirituels, notre bouche seule a remué, notre âme est restée muette. A la fin de chaque jour, avant de nous livrer au repos, descendons en nous-mêmes , examinons avec soin nos actions. Sachons condamner les mauvaises, afin d'en éviter le retour, et applaudissons à ce que nous avons fait d'utile et de bon. Demandons à la suprême Sagesse de nous aider à réaliser en nous et autour de nous la beauté morale et parfaite. Loin de la terre, élevons nos pensées. Que notre âme s'élance, joyeuse et aimante, vers l'Éternel. Elle redescendra de ces hauteurs avec des trésors de patience et de courage, qui lui rendront facile l'accomplissement de ses devoirs, de sa tâche de perfectionnement.

Et si, dans notre impuissance à exprimer nos sentiments, il nous faut absolument un texte, une formule, disons :

« Mon Dieu, toi qui es grand, toi qui es tout, laisse tomber sur moi, petit, sur moi qui ne suis que parce que tu l'as voulu, un rayon de ta lumière. Fais que, pénétré de ton amour, je trouve le bien facile, le mal odieux ; qu'animé du désir de te

plaire, mon esprit surmonte les obstacles qui s'opposent au triomphe de la vérité sur Terreur, de la fraternité sur Tégoïsme ; fais que, dans chaque compagnon d'épreuves, je voie un frère, comme tu vois un fils en chacun des êtres qui émanent de toi et doivent retourner vers toi. Donne-moi Tamour du travail, qui est le devoir de tous sui* la terre, et, avec Taide du flambeau que tu as mis à ma portée, éclaire-moi sur les imperfections qui retardent mon avancement en cette vie et dans l'autre (1). »

Unissons nos voix aux voix de l'infini. Tout prie, tout célèbre la joie de vivre, depuis l'atome qui s'ag'ite dans la lumière, jusqu'à l'astre immense qui nage dans Téther. L'adoration des êtres forme un prodig'ieux concert qui remplit l'espace et monte à Dieu. C'est le salut des enfants à leur Père, l'hommage rendu par les créatures au Créateur. Interrogez la nature dans la splendeur des jours ensoleillés, dans le calme des nuits étoilées. Écoutez la grande voix des océans, les murmures qui s'élèvent du sein des déserts et de la profondeur des bois, les accents mystérieux qui bruissent dans le feuillage, retentissent dans les gorges solitaires, montent des plaines, des vallons, franchissent les hauteurs, remplissent l'univers. Partout, entons lieux, en vous recueillant, vous entendrez l'admirahle cantique que la

(1) Prière inédite dictée au moyen de la table, par l'esprit de Jérôme de Prague à un groupe d'ouvriers .

Terre adresse à la grande Ame. Plus solennelle encore est la prière des mondes, le chant grave et profond qui fait vibrer l'immensité et dont les Esprits seuls comprennent le sens sublime,

LU. — Travail, Sobriété, Continence

Le travail est une loi pour les humanités planétaires comme pour les sociétés de l'espace. Depuis rètre le plus rudimentaire jusqu'aux esprits angéliquesqui veillent aux destinées des mondes, chacun fait son œuvre, sa partie dans le grand concert universel.

Pénible et grossier pour les êtres inférieurs, le travail s'adoucit à mesure que la vie s'afflne. Il devient une source de jouissances pour Pesprit avancé, insensible aux attractions matérielles, exclusivement occupé d'études élevées.

C'est par le travail que l'homme dompte les forces aveugles de la nature et se garantit de la misère ; c'est par lui que les civilisations se fondent, que le bien-être et la science se répandent.

Le travail est l'honneur et la dignité de l'être humain. L'oisif qui profite sans rien produire du travail des autres, n'est qu'un parasite. Tant que riomme est occupé de sa tâche, ses passions se taisent. L'oisiveté, au contraire, les déchaîne, leur ouvre un vaste champ d'action. Le travail est aussi un grand consolateur, un dérivatif salu-

taire à nos soucis, à nos tristesses. Il calme les angoisses de notre esprit et féconde notre intelligence. Il n'est pas de douleur morale, pas de déceptions, de revers, qui ne tnmvent en lui unadoucissement; pas de vicissitudes qui résistent à son action prolongée. Le travailleur a toujours un refuge assuré dans répreuve, un véritable ami dans la détresse. U ne saurait prendre la vie en dégoCit. Mais combien est digne de pitié la situation de celui que les infirmités condamnent à Pimmobilité, à l'inaction ! Et quand cet homme a senti la grandeur, la sainteté du travail, que, par delà son intérêt propre, il voit Pintérêt général, le bien de tous et voudrait les servir, c'est là une des épreuves les plus cruelles qui soient réservées à un être vivant.

Telle est, dans l'espace, la situation de PEsprit qui a manqué à ses devoirs et gaspillé sa vie. Comprenant trop tard la noblesse du travail et la vilenie de Foisiveté, il souffre de ne plus pouvoir réaliser ce que son âme conçoit et désire.

Le travail est la communion des êtres. Par lui, nous nous rapprochons les uns des autres, nous apprenons à nous aider, à nous unir ; de là à la fraternité il n^y a qu'un pas. L'antiquité romaine avait déshonoré le travail en faisant de lui le lot de l'esclave. De là sa stérilité morale, sa corruption, ses sèches et froides doctrines.

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