LVI. — La Loi morale
Dans les pages qui précèdent, nous avons exposé tout ce que l'enseignement des Esprits nous dit de la loi morale . C'est dans cette révélation que réside la véritable grandeur du Spiritisme. Les phénomènes n'en sont que la préface, et, par rapport à elle, à peu près ce que Técorce est au fruit, inséparables dans leur gestation, mais de valeur si différente !
L'étude scientifique doit conduire à l'étude philosophique, et celle-ci est couronnée par la connaissance de cette morale, en laquelle se complètent, s'éclairent et se fondent toutes les morales du passé, pour devenir la morale unique, supérieure, universelle, source de toute sagesse et de toute vertu, mais dont l'expérience et la pratique ne s'acquièrent qu'à la suite d'existences nombreuses.
La possession, la compréhension de la loi morale est ce qu'il y a de plus nécessaire et de
plus précieux pour Fâme. Elle nous permet de mesurer nos ressources intérieures, d'en régler l'exercice, de les disposer en vue de notre plus grand bien. Nos passions sont des forces, dangereuses lorsque nous en sommes esclaves, utiles et bienfaisantes quand nous savons les diriger -, les dominer, c'est être grand ; se laisser dominer par elles, c'est être petit et misérable.
Lecteur, si tu veux t'aflfranchir des maux terrestres, échapper aux réincarnations douloureuses, grave en toi cette loi morale, et mets-la en pratique. Que la grande voix du devoir domine les murmures de tes penchants. Ne donne que l'indispensable à l'homme matériel, être éphémère qui s'évanouira à la mort. Cultive avec soin l'être spirituel, qui vivra à jamais. Détache-toi des choses périssables ; honneurs, richesses, plaisirs mondains, tout cela n'est que fumée ; le bien, le beau, le vrai, seuls, sont éternels!
Garde ton âme sans tache, ta conscience sans reproches. Toute pensée, tout acte mauvais attire à toi les impuretés du dehors ; tout élan, tout effort vers le bien centuple tes forces et te fait communier avec les puissances supérieures . Développe en toi la vie intérieure qui nous fait entrer en relation avec le monde invisible et la nature entière. Là est la source de notre véritable puissance, et, en même temps, celle de jouissances, de sensations] exquises, qui iront grandis-
sant à mesure que les sensations de la vie extérieure s'affaibliront avec l'âge et le détachement des choses terrestres. Aux heures de recueillement, écoute l'harmonie qui s'élève des profondeurs de ton être, comme un écho des mondes rêvés, entrevus, et qui parle de grandes luttes morales et de nobles actions. Dans ces sensations intimes, dans ces inspirations inconnues des sensuels et des méchants, reconnais le prélude de la vie libre des espaces, comme un avantgoût des félicités réservées à l'esprit juste, bon et valeureux.