‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 72 sur 75 · LIV. — L'Éducation · texte numérisé non relu

LIV. — L'Éducation

C'est par Pédacation qae les générations se transforment et s'améliorent. Pour avoir une société nouvelle, il faut faire des hommes nouveaux. Aussi, réducation de Penfance est-elle d^une importance capitale.

Il ne suffit pas d'apprendre à l'enfant les éléments de la science. Ce qui est aussi essentiel que de savoir lire, écrire, calculer, c'est d'apprendre à se gouverner, à se conduire en être raisonnable et conscient ; c'est d'entrer dans la vie, armé non seulement pour la lutte matérielle, mais surtout pour la lutte morale. Or, c'est là ce dont on s'occupe le moins. On s'attache à développer les facultés et les côtés btillants de l'enfant, mais non ses vertus. A l'école, comme dans la famille, on néglige trop de l'éclairer sur ses devoirs et sur sa destinée. Aussi, dépourvu de principes élevés, ignorant du but de l'existence, le jour où il entre dans la vie publique, il se trouve livré à tous les pièges, à tous les entraînements de la passion, dans un milieu sensuel et corrompu.

Même dans l'enseignement secondaire, on s'applique à bourrer le cerveau des écoliers d'un amas indigeste de notions et de faits, de dates et de noms, le tout au détriment de l'enseignement moral. La morale de l'école, dépourvue de sanction eflFective, sans but d'ordre universel, n'est qu'une morale stérile, incapable de réformer la société.

Plus puérile encore est l'éducation donnée par les établissements religieux, oii l'enfant devient la proie du fanatisme et de la superstition et n'acquiert que des idées fausses sur la vie présente et l'au delà.

Une bonne éducation morale est rarement l'œuvre d'un maître. Pour éveiller chez l'enfant les premières aspirations au bien, pour redresser un caractère difficile, il faut à la fois de la persévérance, de la fermeté, une tendresse dont le cœur d'un père et d'une mère sont seuls susceptibles. Si des parents ne réussissent pas à corriger leurs enfants, comment celui qui en a un graod nombre à diriger pourrait-il y parvenir?

Cette. tâche n'est pourtant pas aussi difficile qu'on pourrait le croire. Elle n'exige pas une science profonde . Petits et grands peuvent la remplir, s'ils se pénètrent du but élevé et des conséquences de l'éducation. 11 faut toujours se rappeler une chose, c'est que ces Esprits sont venus vers nous afin que nous les aidions à vaincre leurs défauts et les préparions aux devoirs de la vie. Nous acceptons, avec le mariage, la mission de les diriger ; accomplissons-la avec jiraour, mais avec un amour exempt de faiblesse, far l'affection outrée est pleine de dangers, Étus dès le berceau les tendances apportées, par J'enfant, de ses existences antérieures, appli- ■juons-nous h développer les bonnes, à étouffer

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les mauvaises. Ne leur donnons pas trop de joies, afin qu'habitués de bonne heure au désenchantement, ces jeunes âmes comprennent que la vie terrestre est ardue, qu'il n'y faut compter que sur soi-même, sur son travail, seule chose qui procure l'indépendance et la dignité. Ne tentons pas de détourner d'eux l'action des lois éternelles. Il y a des pierres dans le chemin de chacun de nous ; la sagesse seule nous apprend à les éviter.

Ne confiez vos enfants à d'autres que si vous y êtes absolument contraints. L'éducation ne doit pas être mercenaire. Qu'importe à une nourrice qu'un enfant parle ou marche avant tel autre ? Elle n'a ni la fierté, ni l'amour maternels. Mais quelle joie pour la mère aux premiers pas. de son chérubin ! Aucune fatigue, aucune. peine ne l'arrête. Elle aime ! Faites de même pour l'àme de vos enfants. Ayez encore plus de sollicitude pour elle que pour le corps. Celui-ci s'usera vite et sera jeté au charnier, tandis que Tâme immortelle, rayonnant des soins dont elle aura été entourée, des mérites acquis, des progrès réalisés, vivra à travers les temps pour vous bénir et vous aimer.

L'éducation, basée sur une conception exacte de la vie, changerait la face dû monde. Supposons chaque famille initiée aux croyances spiritualistes sanctionnées par les faits, les iricul-

quant aux enfants, en même temps que l'école laïque leur enseignerait les principes delà science et les merveilles de Tunivers, une rapide transformation sociale se produirait sous l'action de ce double courant.

Toutes les plaies morales découlent de la mauvaise éducation. La réformer, la placer sur de nouvelles bases, aurait pour Thumanité des conséquences incalculables. Instruisons la jeunesse, éclairons son intelligence, mais, avant tout, parlons à son cœur, apprenons-lui à se dépouiller de ses imperfections. Souvenons-nous que la science par excellence consiste à devenir meilleur.

Les questions sociales préoccupent vivement notre époque. On s'aperçoit, non sans épouvante, que les progrès de la civilisation, Paccroissement énorme de la puissance productive et de la richesse, le développement de l'instruction, n'ont pu éteindre le paupérisme, ni guérir les maux du plus grand nombre. Pourtant, les sentiments généreux et humanitaires ne sont pas éteints. On comprend généralement qu'une répartition plus équitable des biens de la vie est nécessaire. De là mille théories, mille systèmes divers tendant à améliorer la situation des classes pauvres, à assurer à chacun au moins le strict nécessaire.

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Mais l'application de ces systèmes exige delà part des uns beaucoup de patience et d'habileté, de la part des autres un esprit d'abnégation qui fait complètement défaut. Au lieu de cette mutuelle bienveillance qui, en rapprochant les hommes, leur permettrait d'étudier en commun et de résoudre les plus graves problèmes, c'est avec violence et la menace à la bouche que le prolétaire réclame sa place au banquet social ; c'est avec aigreur que le riche se confine dans son égoïsme et refuse d'abandonner aux aflFamés les moindres bribes de sa fortune. Aussi le fossé se creuse et les malentendus, les convoitises, les fureurs s'accumulent de jour en jour.

L'état de guerre ou de paix armée qui pèse sur le monde entretient ces sentiments hostiles. Les gouvernements, les États, donnent de funestes exemples et assument de lourdes responsabilités, en développant les instincts belliqueux, au détriment des œuvres pacifiques et fécondes. L'amour de la guerre amène autant de ruines morales que de ruines matérielles. Il réveille, attise les passions brutales et inspire le mépris de la vie. Après chacune des grandes luttes qui ont ensanglanté la terre, on a pu constater un abaissement sensible du niveau moral, un recul vers la barbarie. Comment pourrait-on réconcilier les classes entre elles, apaiser les passions mauvaises, résoudre les difficiles problèmes

de la vie commune, quand tout nous convie à la lutte, et que les forces vives des nations sont portées vers la destruction ? Cette politique homicide est une honte pour la civilisation, et les peuples doivent avant tout s'efforcer d'y mettre un terme, en réclamant hautement le droit de vivre dans la paix et le travail.

Parmi les systèmes préconisés par les socialistes pour amener une organisation pratique du travail et une sage répartition des biens matériels, les plus connus sont la coopération, l'association ouvrière; il en est même qui vont jusqu'au communisme. Mais jusqu'ici l'application partielle de ces systèmes n'a produit chez nous que de maigres résultats. Il est vrai que, pour vivre associés, pour participer à une œuvre dans laquelle des intérêts nombreux s'unissent et se fondent, il faudrait des qualités devenues rares.

La cause du mal et le remède ne sont pas oii on les cherche le plus souvent. C'est en vain qu'on s'évertue à créer des combinaisons ingénieuses. Les systèmes succèdent aux systèmes, les institutions font place aux institutions, mais l'homme reste malheureux, parce qu'il reste mauvais. La cause du mal est en nous, dans nos passions et nos erreurs. C'est là ce qu'il faut changer. Pour améliorer la société, il faut améliorer l'individu. Pour cela, la connaissance des lois supérieures de progrès et de solidarité, la

révélation de notre nature et de nos destinées sont nécessaire?, et ces connaissances, la philosophie des Esprits peut seule les donner.

On se récriera peut-être à cette pensée. Croire que ce spiritisme si méprisé peut influer sur la vie des peuples, faciliter la solution des problèmes sociaux, cela est si loin des vues du jour! Mais, pour peu qu'on y réfléchisse, on sera forcé de reconnaître que les opinions et les croyances ont une influence considérable sur la forme des sociétés.

La société du Moyen Age était Timage fidèle des conceptions catholiques. La société moderne, sous rinspiration du matérialisme, ne voit guère dans Punivers que la concurrence vitale, que la lutte des êtres, lutte ardente, dans laquelle tous les appétits, tous les instincts sont déchaînés. Elle tend à faire du monde actuel la formidable et aveugle machine qui broie les existences et où l'individu n'est qu'un rouage iiifimeet passager, sorti du néant pour y bientôt rentrer. Avec cette notion de la vie, tout sentiment de véritable solidarité disparaît.

Mais, comme le point de vue change, dès que l'idéal nouveau vient éclairer notre esprit, régler notre conduite 1 Convaincus que cette vie n'est qu'un anneau isolé de la chaîne de nos existences, un moyen d'épuration et de progrès, riches ou pauvres, nous attacherons moins d'impor-

tance aux intérêts du présent. Dès qu'il sera établi que chaque être humain doit renaître bien des fois en ce monde, passer par toutes les conditions sociales, — les existences obscures et douloureuses étant de beaucoup les plus nombreuses, et la richesse mal employée entraînant d'accablantes responsabilités, — tout homme comprendra qu'en travaillant à Tamélioration du sort des humbles, des petits, des déshérités, il travaille pour lui-même, puisqu'il lui faudra revenir sur terre et qu'il a neuf chances sur dix d'y renaître pauvre.

Grâce à cette révélation, la fraternité et la solidarité s'imposent ; les privilèges, les faveurs, les titres perdent toute raison d'être. La noblesse des actes et des pensées remplace celle des parchemins.

Ainsi envisagée, la question sociale changerait d'aspect; les concessions entre classes deviendraient faciles, et l'on verrait cesser tout antagonisme entre le capital et le travail. La vérité étant connue, on comprendrait que les intérêts des uns sont les intérêts de tous, et que nul ne doit être la proie des autres. De là, la justice dans la répartition, et, avec la justice, plus de haine, plus de rivalité sauvage, mais une mutuelle confiance, l'estime et l'affection réciproques, en un mot la réalisation de la loi de fraternité, devenue la seule règle entre les hommes.

Tel est le remède que renseignement des Esprits apporte aux maux de la société. Si quelques parcelles de la vérité, cachées sous des dogmes obscurs et incompréhensibles, ont pu dans le passé, susciter tant d'actions généreuses, que ne peut-ron attendre d'une conception du monde et de la vie, appuyée sur des faits, par laquelle l'homme se sent relié à tous les êtres, destiné comme eux à s'élever par le progrès vers la perfection, sous l'action de lois sages et profondes.

Un tel idéal saura réchauffer les âmes, les porter par la foi jusqu'à Tenthousiasme et faire naître de toutes parts des œuvres de dévouement, de solidarité, d'amour, qui, en contribuant à l'édification d'une société nouvelle, feront pâlir les actes les plus sublimes de l'antiquité.

La question sociale n'embrasse pas seulement les rapports des classes entre elles, elle concerne aussi la femme de tous rangs, la femme, cette grande sacrifiée, à laquelle il serait équitable de rendre ses droits naturels, une situation digne d'elle, si on veut voir la famille plus forte, plus morale et plus unie. La femme est l'âme du foyer, c'est elle qui représente les éléments de douceur et de paix dans l'humanité. Délivrée du joug de la superstition, si elle pouvait faire entendre sa voix dans les conseils des peuples, si

sa part d'influence pouvait se faire sentir, on verrait bientôt disparaître le fléau de la guerre.

La philosophie des Esprits, en enseignant que le corps est une forme d'emprunt, que le principe de la vie est dans Pâme et que Pâme n'a pas de sexe, établit Tégalité absolue de Vhomme et de la femme, au point de vue des mérites et des droits. Les spirites font à la femme une large place dans leurs réunions et leurs travaux. Elle y occupe même une situation prépondérante, car c'est elle qui fournit les meilleurs médiums, la délicatesse de son système nerveux la rendant plus apte à remplir ce rôle .

Les Esprits affirment qu'en s'incarnant de

préférence dans le sexe féminin, l'esprit s'élève

plus rapidement de vies en vies vers la perfection.

C'est que la femme acquiert plus facilement ces vertus souveraines : la patience, la douceur, la bonté. Si la raison paraît dominer chez l'homme, chez elle le cœur est plus vaste et plus profond.

La situation de la femme dans la société est généi'alement plus eflacée ; elle est souvent esclave; aussi, n'en est-elle que plus grande dans la vie spirituelle, car plus un être est humilié, sacrifié ici-bas, plus il a de mérite devant l'éternelle justice.

Cet argument, toutefois, ne saurait être invo-

que par ceux qui prétendent maintenir la femme en tutelle. Il serait absurde de tirer prétexte des jouissances futures pour perpétuer les iniquités sociales. Notre devoir est de travailler dans la mesure de nos forces à la réalisation sur terre des vues providentielles. Or, l'éducation et le relèvement de la femme, l'extinction du paupérisme, de l'ignorance et de la guerre, la fusion des classes dans la solidarité, l'appropriation du globe, toutes ces réformes font partie du plan divin, qui n'est autre que la loi même du Progrès.

Cependant, ne perdons pas de vue une chose : Tinéluctable loi ne peut assurer à l'être humain que le bonheur personnellement mérité. La pauvreté, sur les mondes comme le nôtre, ne saurait entièrement disparaître, car elle est la condition nécessaire de l'Esprit qui doit se purifier par le travail et la souffrance. La pauvreté est l'école de la patience et de la résignation, comme la richesse est l'épreuve de la charité et de l'abnégation.

Nos institutions peuvent changer de forme, elles ne nous délivreront pas des maux inhérents à notre nature arriérée. Le bonheur des hommes ne dépend pas des changements politiques, des révolutions, ni d'aucune modification extérieure de la société. Tant que celle-ci sera corrompue, ses institutions le seront également, quels que soient les changements que les événements y ap-

portent. Le seul remède consiste en cette transformation morale dont les enseignements supérieurs nous fournissent les moyens. Que Thumanité conisacre à cette tâche un peu de Pardeur passionnée qu'elle apporte à la politique ; qu'elle arrache de son cœur le principe même de son mal, et les grands problèmes sociaux seront bien vite résolus.

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