SCÈNE PREMIÈRE
HENRIETTE, seule.
(iu lever du rideau, Henriette, en toilette de bat, couronne de fleurs sur la tète, est endormie dans un fauteuil placé près de la table.)
Non... éloignez-vous... Augustine!... Augus... (se réveillant.) tii! mor» Dieu! quel rêve!... Je dormais... je vois ce que d’est... la fatigue m’aura gagnée... et je me suis endormie avant d’avoir appelé Augustine... (se levant.) Sonnons-la bien vite!... (Yoyaut la pendule placée sur la cheminée.) Quatre heures! C’est impossible!... Quatre heures!... Et mon bal a Uni à une heure ! Comment!... voilà trois heures que je dors sur ce fauteuil... et, sans ce maudit rêve... Conçoit-on cela?... Rêver de M. de Mérinville, ce voisin d’en face... dont j’ai refusé de devenir la femme... et qui, hier encore, m’a écrit, en me menaçant de me compromettre... d’empêcher à tout prix mou mariage avec Gaston!... Le vilain homme!...
s Air de Lauzun.
Être persécutée ainsi...
A quoi donc en suis-je réduile ?
Soif à la promenade, ici.
Partout il est à ma poursuite.
Sans cesse... le jour ou la nuit...
Pour moi plus de repos, ni trêves ;
Enfin cet homme me poursuit,
Me poursuit jusques dans mes rêves!
Rien que d’y penser... Sonnons Augustine!... (Bile sonne àu chemiuée.) La pauvre fille sera sans doute venue pendant mon sommeil... et elle n’aura pas osé me réveiller... Personne... Ni elle, ni Joseph!... Ils se sont sans doute endormis dans l’antichambre... ils ont fait comme moi... Allons les réveiller... et renvoyons-les bien vite dans leurs chambres!...
(Elle prend la bougie qui était sur la table et sort par 1a porte du fond. U scène reste éclairée par les lampes de la cheminée.)