ACTE II, SCtNE II
GUILLAUME
Oui, et je vous tiens pour un être de grande vaillance morale. Et pourtant, jhésite.
MADAME ALOY
C'est donc une chose... terrible? (Un bref silence.) Guillaume, souvenez-vous, j'adorais mon frère. Eh bien, lorsqu'il a été tué en automobile, un
I gamin m'a appris l'horrible malheur, sans une parole de préparation. Et je n'ai pas faibli... Guillaume, quoi que vous ayez à m'apprendrc, je vous jure de montrer aujourd'hui la même fer-
1 meté. Je vous le jure. Ainsi, ne me ménagez plus !
GUILLAUME
Soit!... Germaine, vous m'avez tenu jusqu'à cette heure pour un honnête homme, n'est-ce pas ?
MADAME ALOY
Vous êtes l'honnêteté et l'honneur en personne !
GUILLAUME
Vous VOUS trompez. Je suis un coquin.
MADAME ALOY
Guillaume !
Ca ILLAUME.
Je suis un coquin. Dans quelques jours, demain, si vous le jugez bon, un mandat darrèt sera décerné contre moi. Je me suis rendu coupable des plus graves abus de coniiance.
MADAME ALOY
Guillaume, qu'est-ce que vous me dites ?
CUILLAUME.
J'exécute votre volonté! Je vous livre en termes précis, le fait précis.
C'est impossible ! C'est insensé...