ACTE II, SCÈNK II
GUILLAUME, avec douceur.
Dois-je poursuivre ces aveux? Vraiment, vous sentez-vous la force de les supporter?
MADAME ALOY, âpre.
iMais oui! Vous le voyez bien. Parlez, parlez! Au nom du ciel !...
GUILLAUME
Alors écoutez et redoutez le pire. Voici la situation. En somme, je gère votre fortune, puisqu'elle est, comme la mienne, entièrement placée dans les Raffineries Aloy-Bourgade, et que j'administre cette Société en maître, sans aucun contrôle elTcctif.
MADAME ALOY
Oui...
GUILLAUME
Eh bien, j'ai mal administré. Je suis un administrateur malhonnôtc. Depuis des années, je spécule, et, abusivement, frauduleusement, je fais
participer les Raffineries à ces spéculations, dont le résultat désastreux ne peut plus être dissimulé.
Guillaume, Guillaume, ne me dites pas que mes enfants...
GUILLAUME
La voici, la minute difficile. Soyez égale à votre parole. Germaine, avant deux mois, les actions des Raffineries seront tombées à rien.
MADAME ALOY
Non, non!
GUILLAUME
Elles vaudront, oui, moins que rien.
MADAME ALOY
Ce n'est pas vrai! Vous n'avez pas ruiné mon fils et ma fille!