ACTE II, SCÈNE III
FRIEblGER.
Je te l'ai raconté très mal...
GUILLAUME
Pfff !
FRIEDIGER.
Très mal. Je me le reproche amèrement! Je croyais que nous reviendrions là-dessus... Je ne t'ai pas dit à quel point Aubrun s'était montré catégorique.
GUILLAUME
Mais si! Et qu'importe!
FRIEDIGER.
Guillaume, c'est capital! Il y a trois jours, à ma première visite, il avait été plus que réservé, — extrêmement froid...
GUILLAUME
Oui ! connu !
FRIEDIGER.
Laisse-moi parler!... Hier, l'accueil fut tout autre. Aubrun avait pris des informations, il savait que des vingt-huit mille actions des Raffineries, quatre mille et quatre mille seulement, se promènent dans le public...
GUILLAUME
Connu! connu!...
FRIEDIGER.
Oh! ne me coupe pas la parole sans cesse! Tu ne me feras pas taire!... Eh bien, après des phrases à ton sujet, de regret, de surprise, le ministre m'a déclaré ceci, textuellement : « Noiis ne désirons en aucune manière un éclat, qui atteindrait, en même temps que votre ami, d'autres personnalités considérables. Si donc, la famille Aloy, principale intéressée et victime, garde le silence, nous... négligerons les petites plaintes. Et alors, que Bourgade disparaisse au plus vite, et il ne sera pas sérieusement recherché. » Sur le seuil de son cabinet, il a ajouté à mi-voix : « Par exemple, ne nous rendez pas