ACTE II, SCÈNE III
GUILLAUME
J'ai trompé la confiance de mes intimes, j'ai truqué les comptes de ma Société, j'ai détourné le fonds déroulement... enfin, je suis capable de tout, — la preuve! — sauf... sauf de suivre le conseil de ton ministre. Impossible ! Perds tout espoir.
Misère de misère !
GUILLAUME
Mon bon ami, je te le répète, je ne saurais pas. Je suis peut-être un très vilain monsieur, mais tout de même, malgré tout, je suis... un monsieur.
FRIEDIGER.
Tu te grises de mots... tu me terrifies.
GUILLAUME
Tu me comprends à merveille. Et puisque tu exiges les plus grandes lumières, sache enfin que je ne veux pas échapper ma punition. Vois-tu,
je n'ai aucune hypocrisie : mon allure, mon intransigeance ne furent jamais affectées, non, même pas au cœur des pires tripotages ! C'est drôle, c'est subtil... C'est ainsi. Je n'ai cessé de croire à mes belles théories. De tout moi-même j'y crois! Et depuis cinq années, je considère avec un dégoût grandissant, ce Guillaume Bourgade, seconde manière... C'est un malhonnête homme maladroit. (Une pause.) Etienne, Etienne, ah! que je regrette... que je regrette mon honneur !.., C'est un regret que les mots ne peuvent pas dire... Ah! oui, je vais me terrer et pour longtemps!
FRIEDIGER.
Et ceux que tu laisseras?... Ta femme? Pour elle, tu n'as pas la plus petite pensée!
GUILLAUME
Nigaud !
FRIEDIGEU.
Enfin...
GUILLAUME
Nigaud!... Irène... Irène, c'est le nom lui-