‹ Après moi; pièce en trois actesChapitre 71 sur 116 · ACTE H, SCENE MI · texte numérisé non relu

ACTE H, SCENE MI

même de mon remords... Mauvais argument que tu as heurté là ! Pauvre noble Irène, parmi tant d'implacables raisons de finir, elle m'apparaît comme la raison.

FRIEDIGER.

Parce que?

GUILLAUME

Parce que, vivant, je la déshonore. Absolument! J'éloigne cette grande compassion respectueuse dont elle sera entourée dès demain.

FRIEDIGER.

Oh!...

GUILLAUME

Et puis... il y a autre chose... J'ai réfléchi... Irène est jeune encore, elle est belle, elle est admirée... Qui sait?... Peut-être n'aurai-je pas saccagé toute sa vie... Peut-être... peut-être qu'après moi...

Tu divagues! Mais..,

GUILLAUME

Mon petit Etienne, ne me tourmente pas davantage ! A quoi bon ? Puisqu'il faut et que tu

sais qu'il faut!... (Une proteslation de Friediger.) Tiens,

à mon tour, une question ! Tu es un honnête homme, toi, un solide, un vrai. Eh bien, admettons que mon aventure soit la tienne, que ton existence qui s'en va si droit, je ne sais quelle aberration l'ait fait tout à coup tituber. A l'heure où me voici, quelle conduite tiendrais-tu?

FRIEDIGER.

Ah ! Je te jure...

GUILLAUME

Attends! Tu détalerais comme un pickpocket devant la police?...

FRIEDIGER.

Mais...

GUILLAUME

Attends donc ! Tu t'en irais dans quelque banlieue américaine, être l'étranger suspect ? Et

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