ACTE II, SCÈNE III
GUILLAUMF.
Tais-toi, tais-toi. Ces choses-là veulent du silence. D'ailleurs, tu ignores le plus cruel de ta corvée. Le plus cruel sera d'informer les autres. Commence par les hommes, naturellement. Envoie une automobile à Dieppe, pour quelle ramène James. Il se chargera de sa mère, d'Henriette... Et à toi, mon ami, je confie Irène... Tu es très bon, eh bien !... sois meilleur. Enfin, je te la confie. 11 n'est pas de recommandation qui puisse valoir ce mot-là... Et plus tard, bien plus tard, tu expliqueras à ma femme toute cette malheureuse afl'aire, son engrenage, ses fatalités... Je veux que tu lui dises que je n'étais pas une canaille. J'y tiens beaucoup, Etienne. C'est à quoi je tiens le plus... Fais en sorte qu'elle ne méprise pas ma mémoire. Tu promets?
FRIIiiDIGER.
Je ne promets rien! Et je ne te quitte pas, je ne me prêterai pas à cette abomination!...
GUILLAl'MK.
C'est donc que tu m'as toujours menti !
162 APHÈS MOI
FRIEDIGER.
Menti ?
GUILLAUME
Puisque tu me lâches! Si! vilainement, salement, à la minute redoutable!...
FRIEDIGER, d'un ton de reproche.
Tu oses...
GUILLAUME
Grois-ti! que tes résistances me touchent? Mais un étranger aurait la même prière, les mêmes cris! De toi, j'attendais un autre mouvement. J'attendais que tu materais pour me servir cette banale révolte de l'instinct !
FlUEDIGEH.
Tu ne sens donc pas...
GUILLAUME
J'ai cru qu'entre nous deux, c'était vraiment à la vie à la mort...