‹ Après moi; pièce en trois actesChapitre 74 sur 116 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

FRIEDIGER.

Oui, mais...

Eh bien, la vie, je ne peux pas la garder. Entends-tu? Je ne peux pas!

FRIEDIGER.

Guillaume, je t'appartiens! Demande-moi...

GUILLAUME

Je te demande... Je te demande la sérénité. J'ai besoin de sérénité pour... pour la chose de tout a l'heure!... Je veux claquer tranquille! Là!... M'aimes-tu, oui ou non?

FRIEDIGER.

Tu me tueras aussi!... Bien, bien, j'exécuterai tes ordres.

GUILLAUME

Enfin!... Terminons. Tu m'épuises !... Que reste-t-il encore?... Ah! oui... cette grande enveloppe que j'ai laissée dans ta chambre...

164 APRÙS MOI

Elle contient des titres au porteur : trois cent mille francs de titres. (Non sans Umidiié.j C'est à Irène. C'est le chiffre de sa petite dot d'autrefois... Je n'ai jamais voulu toucher à cette réserve... J'ai considéré toujours que cet argent lui appartenait. . . Tu comprends ?. . . Et il faut que j 'épargne à ma femme la pauvreté, la détresse... N'est-co

pas, il le faut? (Presque suppliant.) AlorS, Sois le

dépositaire de sa pauvre fortune. Veux-tu?...

(De la têle. Friediger fait signe que oui.) Bravo!... Tu es

gentil. Ainsi, je reçois tous mes apaisements... Je sais que tu imagineras un moyen de tourner les scrupules d'Irène, de lui faire tenir sinon le capital, les intérêts... Enfin, je suis tranquille. Voyons... je crois que c'est tout... Oui, c'est tout. Eh bien, on va se dire le grand adieu, mon vieil Etienne, et puis tu t'en iras.

FRII'DIGEn.

Un mot... Oh! rassure-toi! Je ne me débats plus... Et toute ta volonté sera faite fidèlement... Mais je ne peux pas m'expliquer ton impatience affreuse !... A part madame Aloy, tout le monde ignore... Accorde-toi deux jours de plus, trois jours...

Page 1