Arabes pasteurs et guerriers, peuplades voisines du désert
Il y iï un peuple auquel k stérilité de la terre qu'il est contraîtit d'habiter n'a puiais arrache une plainte , qui vit où personne ne voudrait vivre » qui se plaît où personne n'ose aller. Il compare luimême le paj^s , où son i^euie errautreu— traîne , au dos étineelânl d'un honclier , et cependant il ne demande rien au désert que sa liherté. Quand une source bienfaisante le désaltère lui et ses troupeaux , il est heureux; quaud il soufifre une soif ardente , il dit que la résignation est le premier des hîenlaits de Dieu» Le contente ni eut intérieur qui lui est Labituclj rien ne Tait este que ce leui repoâ où il
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reste habituel leuicnt enseveli ; mais il suffit d'une pensée guerrière pour le réveiller j et alors il fatigue toutes les créatures vivantes de son activité. Sou plaisir, c'est la guerre ; sou désespoir j ce serait i'escliivage, La liberté est tout pour lui, et quelques vojageurs ont prétendu cependant qu'il n'y avait pas de nom dans sa laïigue pour Fex primer. Il ne permet qu*à la nature de le tenir asservi et rebelle devant toutes les puissances , c'est à elle seule qu'il obéit, car il reste au milieu de ses sables. Tel est l'Arabe, Tour à tour magnanime et féroee , plein de naïveté ou de grandeur ^ plongé dans rindolence ou dominé par ime ardeur prodigieuse. Pour le rendre heureux, l*ignoranix» lui fait un éternel mensonge :
la nature lui a tout refusé > et ri se croit le plus chéri de ses enfans. Dans son orgueil , il vous demandera si vous avez la terre comme Un , et si le solerl daigne vous éclairer. Quelques iribiîs vont jusqu'à penser que r Européen est né sur les flots.
Ce qui peint mieux que tout ce que nous pourrions dire l'attachement de TArabe pour sa triste patrie , ce sont ses discours, comme sa poésie est un aveu naïf et quelquefois terrible de ses pas^ sions. î^û cherelieï pas pourquoi il aime ses sables éternels, les lacs trompeurs qui se forment à rhorizon et ce brûlant soleil qui ne féconde que de tristes pal*miers ; qui ne fait naître une rare verdure
que pour la «dessécher ; Il va tous le dire luî-^niême, et vous vous sentirez tout émues de cet amour de la pairie qui fait trouver tant de joies paisibles au désert.
Toutefois , ce ne sont point ces pasteurs pwissaus de FArabie qui rappelieut le téms des palriarcbes que je vous citerai ici* îïons visiterons ces liergers innocens qu'on nomme les Ahahdeh , et que leur pauvreté seule déienJ. !ls errent dans l*Egjpte, et l'on marche quelquefois deux jours sur leur territoire sans rencontrer un seul arbre* Un peu de séné, des herbes épineuses , qtielques coloquintes ^ voila tout ce qu'ils possèdent, et ïoiià ce que l'avarice des coiiqoérans voudrait ent^ore leur ravir , puisqu'ils prièrent le voyageur qui les visitait naguère de ne point \eé trabir , et de ne pas faire connaître les produits de leurs ebaraps de sable.
Ces pauvres Arabes voyaient souvent un infatigable voyageur dont la curiosité ne pouvait être satisfaite, et qui , par amour de la science , osait embrasser un genre d'exi^ïtence si différent de celui auquel TavaU accoutumé sa patrie ; ils Taimèrent , parce qu'il aimait leur désert et qu'il parlait leur langage. Un jour, un des âcbeicks s'adressa en ces termes à M. Caillaud,
« A tout autre Européen , nous dirions combien de cbarmes et de déïices nous attachent à ce désert et a b vie errante; mais toi , tu les connais, et comme nous tu en sens le prix. Nous te voyons content, ce n*csi pas seulement de briser des pierres comme tu le fais tout le jour , niaii d*ètre sous ta lente , de vivre au milieu de nous , des montagnes qui sont Touvrage du ciel 3 des troupeaux qui font notre ricbcssc , de ces sables qui assurent notre indépendance. Que ne restes -tu avec nous? Tu ne penses plus sans doute à ton pays 5 et le notre doit te sembler prefrrable- Demeure avec tes«amis les Ababdeb, eJt renvoie les soldats turcs à leur maître.
Tu es babitué aux mêmes fati^es que
nous; tu dors sur le sable; tes travaux , dans les montagnes, sont plus pénibles que les nôtres ■ nous te donnerons une jeune fille qui ne connaît que le désert où elle est née ; la gazeli'e ne peut égaler sou innocence et sa douceur. Le désert de Zabarab nous appartient; il doit contenir des trésors que nons ne conTtaissons pas ; puisque tu es venu pour les cbercber ^ ils sont à loi ; tu nous commanderas, nous
j travaillerons tous avec toi ■ nos moutons et nos chameaux sont les liens (i). ^» Le voyageur avoue que le souvenir des jouissances de TEurope s'évanouit un moment devant cet aveu d'affection naïve, et que cette peinture de la vie des AbabdcK rappela à son imagination tous les troubles auxquels i eût pu écbapper.
On pçin souvent le désert^ et toujours on décrit les scènes terribles qui dé^ soient son étendue j on dit les poétiques
I mensonges du mirage ( 2) ; on rappelle
(ij ^ ajflg^e h l'Oasis de Thèhès et dans les déserts situes à Toiient et h T occident de la Tt^t.'bai*lc, tW^int les aniït^ i8i5, 1816, iBi7et t8i8, par M, F, CaïUaiid de Nantes , rédigé et pulillt; par M. Jt<tmard*
(2) Qimnd la luuïîtîre est réfléchie par les exhalaisons dii àol j Tappai-eince tî^un lac couvre de ses vaijms jmagmiiirestoute Ftlentiue de lastïliladc, mais ces vagues s\-ioïgnent h mesure qu'on s'avance^ et dispaialàijant bientôt aux yeux du voyageur, il fie reste plus ile ces eaux ti ompcuses qu^un sou^ venir accablant. LtL plupart des auteurs orientaux pcigtient avec énergie les cflets de cette illusion si imposante* Je pounaisen offrir pins d'un exemple , je me contentei ai de citer khalili dans son invocatiou à la Divinité ; t< Cet univers si grand , si magnifique , ce n'est qu\iu jeu de sa main puissanté , ces |îlobes lumineux qui décorent le firmament , qui 10 nient si majestueusement sur nos télf s ; louT éclat , leur iHîHuté et cette harmonie si constante qui règne dans ses mouvement , tant de merveilles, grand Dieu, s'éclipsent et disparaissent devant ta majesté et ton pouvoir. Ainsi voit-on (îuna des dt'sexls arides ces fauîE lacs, formi-â des rayons du sokil sur un sable brûlant, tromper Tceil avirie du voyageur altéré , disparaître à ses yeux à mesure qu'il approche, et ne lui laisser que son désespoir, n (Voyez Ccirdonwf ^Imgc de Ittlmtiiie orientale )
tes colonnes de sable que les rayons du soleil rendent lumineuses et dont la splendeur jelie l'effro! parmi les caravanes ^ ou a tracé des dc^ivri pitons admirables de ce sémonn dont k sou fTle donne k mort^ et qnî roule des mfmtagn*'S mouvantes comme la ternpcte soulève les Ilots de YOcéiiu; mais les îicènes gracieuses du tiésert , bien rarement on les a racontées. Celte pâture terrible se calme i-epeudîiut quelquefois j et alors elle paraît convier à nue féte inattendue tous les botes de la création. Fins ce repos est éphémère, plus il semble doux. Hier c'était le kanisin cpai grondait, maintenant cVst le îépbir qui glisse doucement sur les sables dorés , qui care-ise les petites plantes croissant entre les rocbers. Souvent, aux premiers rayons du jour, comme le raconte un voyageur, des volées d'oiseaux s'abattent ^aînieut aux pieds du cbamelier, La perdrix et k ramier ne fuient point, car rarement ils ont éprouvé la crainte , et puis , dans le rague de Thoriston , vous apercevez le eh OUI eau qui marche de sou pas grave au milieu des pigeons qui volligent. Satisfait de voir un instant des êtres joyeux, le chamelier ne cherche pas à les éloigner, à inquiéter leur confiance ; le soir peut-être il sera soblaire.
Quelquefois une antilope paraît au loin , plus craintive que les oiseaux , les pas de rhomme la troublent ; mais elle connaît les voies ignorées du désert ; elle s'arrête, elle écoute, elle fuît , el le voyageur peut suivre les bondissemens capricieux aui la déroberont bientôt k ses regards.
Mais ce sont les scènes de Foasis , les scènes des rives fleuries qui bordent cet océan de sable, qu'il faut eoutemplcr, Suivez avec moi Clapperton, au milieu du récit de ses fnti^ies et de ses graves Iravaux , il ne dédaigne pas de nous retracer des scènes, dignes des premiers âges du monde. S'il entre dans le Fczzan , tantôt ce mnl des vieillards qui ne l'ont vu qu^unc fois et qui F accueillent comme
un fils qy'on attjend après im long voyage ; une autre fois, c'est une jeune fille di^— pée gracieusement d'une longue pièce de coton bleu , qui se tient près de sa tente et qui porte un vase rempli de lait qu'elle a apporté pour le lui oITrir au passage.
Elle lui dira ;
u Qne ce jour soit beureux pour vous !
Voire amie vous a apporté du lait. Vous lui avez donné hier de si jolies choses !
Elle ne Ta pas oublié ! Ab î comme ses yeux seraient cbarmés de voir ce que vous tenez enfermé dans celle maison de bois !
(un coffre) Nous n'avons plus peur de vous , à présent , nous savons que voui êtes bon , et nos yeux vous chercbent maintenant j au lieu qu'auparavant ils se détournaient avec frayeur, vous nous paraissiez méchant , bien méchant; mais à présent, nous vous connaissons mieux.
Quel dommage que vous soyez blanc !
Si les Fe7zanois ont des paroles pleines de douceur et de naïveté , leurs poètes ^ itifluencés par le génie arabt* , expriment aussi avec énergie la douleur. Lorsque Bou-Kaloum, l'un de leurs derniers cbefs^ péril dans utie entreprise contre les Fcl— latab, voici comine ses compagnons d'armes déplorèrent son trépas :
u Oh! ne comptez point sur vos mousquets et sur vos épéen ; le trait d'un infidèle triomphe de ces armes ! Bou-Kaîoum, le bon, le brave; Bou-Kaloum a.
succombé. Qui pourrait se croire en sûreté? La tète des hommes s'incline sous le poids de la douleur , tandis que les femmes se tordant les mains , font retentir partout leurs cris décbirans. Ce que sont les soins du berger pour sou troupeau, voilà ce qu'était pour le Fezzan la sollicitude de Eou— Kaloum* Que nos cbanU lui soient consacrés^ que nos inst rumens de musique résonnent pour lui ! Son coeur était immense comme le désert ; ses trésors , toujours ouverts , répandaient autour de lui raboudance et la vie, comme le lait nourrissant de la cbamelle. Son corps , est gissant sur la terre de» païens; la flé-
privés de notre chef (i),
Avunqons-nous niiviitle[i?iut vers U'aH— trcs Ij EU îles, voyons d'autres pcupks pasteurs et guerriers intlaeaeés par le génie arabe.
Vous ue savejt peut-être pas, me^deamiselles, qu'avant d'ijller portpr ladésolalion dans la Grèce , les Egyplieus prirent le parti d*iiâservir les hordes ignorées de la SuLie ; là iU trouvèrent des lion nues qui couna lisaient à peine la puissance des armes de VEurope, mais cjni les reudaiejit inutiles parce tju'iU les bravaient. Leur Inncait-on des fusées i no eiidi aires pour les eflrayer, ds s'et- riaient ; « Ils sont venus pour faire la guerre au cîcL Et ils n'en devenaient que plus hardis.
Allaîent^ils au combat ^ on les entendait répéler à rennemi i Sulam Alei— koum^ la paix soit avec vous! et en achevant cette ironie sanglante j ils marchaient au-devant des coupsi.
Cependant CCS hommes si braves tairent un moment d'effroi , mais alors une idée religieuse se mêla à leur terreur. On les vit un jour contempler nue bombe jusqu'à ee qu'elle éclatât, et on les entendit répé— ter en tumulte que les dietix infernaux s'étaient 1 issues contre eux- Malgré cet appareil guerrier on ne put les soumeltre, et iîs furent massacr ('S plulùlque vaincus.
Durant celle guerre d extermiriulion , les fêtes, on le pense bien, étaient réservées pour le camp des vainqueurs, ku sortir du carnage, Maiek-lljrabmij le chef des Egyptiens, se plai^^ait à entendre des chants de gloire et d'amour. Ou buvait alors uuc espèce de sorbet dont le nom poétique fait assez connaître la vertu, c'était Volm helbtl ou la liqueur des rossî-
(i) NouYi^lles iIl'COUvci t»2ii fiiUes uii centre de l'A.friq!iir pondant 1*-$ années iSi3 et î8j4- Lfs Feïzan4>is appartiennent \\ lUie ractî mt'Iangec que nos lectrices ne doivent pas confond il» avce ïejs Aralxî* , ninîs ils parUgfint leurs idcçs poétiques «t kuv Tfiigioi .
giïols* Souvent un jeune ménestrel se fai* sait entendre, presque toujours ses rera étaient improvisés ; il chantait a« sou d'une harpe nubienne , le mode qu*il avait adopté était doux et agréable, il sentait qu'il fallait calmer les vainqueurs et non les exciter» jour des voj^ageurs anglais à la suile du pacha s^étaient égares \ à leur retour^ le ménestrel prit sa barpe et jEnptt)visa ces paroles :
<( Les soldats parcourent la contrée cherchant les voyageurs. L'aga a tremblé pour ses amis ; il a tiré du fourreau son glaive toujours victorieux» Le roi était inquiet sur le sort de ses botes ; le pacha et même le grand pacha , s'd en eut été instruil, n'aurait piïs été moins tourmenté. Mais rélranger, de quoi aurait- il pu sVlFjayer?
quel est le Sheiga qui oserait regarder fixement son fusil qu^ioiment deux ames [ij? m
Maïs retournons vers T Arabe proprement dit, rentrons dans le désert. On se tromperait singulièrement si Ton croyait que les tribus nomades sont privées de toute instrueliou. La belle langue arabe s'est conservée daus toute sa pureté au deserl ; et selon <|uelqnes voyageurs, ces grands poèmes, qu'on peut comparer à ce qïie le génie primitif des peuples orientaux a produit de plus imposant, les sept MohalLca , antérieurs à Mahomet, sont récites encore dans les assemblées solennelles que tiennent plusieurs tribus.
Le poète bédouin jouit du respect de ses compalrîoles ; dispensateur de la gloire , il unit ses souvenirs à ceux des guerriers qui Teiivironnent^ guerrier luimême, souvent il ne chante qu'après avoir combattu » Les voyageurs nous le représentent entoure d'une foule nombreuse ; assis les jambes croisées sur le sable, il se fait apporter une espèce de mandoline; les yeux tournés vers le riel, il commence
('} Wçwidinghton Toyage dans <judcpies parties de rÉthiopic*
à tirer quelques accords, et mille regards ardeîis cherchent à lire dans son iitne; on vt'ut deviner rïnspinition. Le barde, ton te fais, ne chantera ps avant de sY-trc péndiré dn speetaule imposait qsu Tenvirontie. Si tes rayons monta os du crépuscnle glissent dnns Tcspace et dorent encore rextremitc du dt^'Sert; si ïes chamcanx immnbilts, couoljés palienmieol sur leurs •jenoux , doonf ot ooe attstérito tranr|ui]lc 3 la plaine qiic les ombres vont cjivaliir, il rappellera dans son chant mélancolicpie qiîeiquc pastorale sublime des lems antiques , il s'écriera avec Lcbid : «Ne nous liif rons pas à la douleur , le tems sépare les hommes, mais quel moHel u'est pas frappé par la main du tems? Les hommes ressemblent à ces campeniens que Ton habite quelques jours , et qui, après le départ de leur hote , deviennent de vastes solitudes. Mais qu'un hennissement prolonge traverse l'espace, que le poêle reconnaisse la voijc de son noble compagnon de guerre , son imagination changera capricieusemenl de sujet; il se rappellera ce qui a été dit de la création du cheval , que Mahomet fil jaillir du soufBle conilensé des vents, et il entonnera la bi41e mohallaca , dans laquelle le poète Amriaikaïs célèbre la beauté de son coursier ; il dira :
*i Je monte un cheval de chasse aux crins doux et courts, dans ï*âge de la forée, et si rapide, qu^il devance les bétes de la forêt; audacieux quand îî avance, ferme quand il recule, tournant avec agilité , prompt à poursuivre l'ennemi ; il exécute à la fois tous ecs mouvemens avec la rapidité d'un roeber énorme que le torrent arrache de sa base aérienne i le ha mois glisse sur son dos d'iin brun poli, comme les ffoutles d^cau glissent sur le marbre qui brille aux veux ; même dans sa fatigïie , sa course est encore bouillante; le son qu'il fait entendre dans sa rage ressemble à celui d*un vase d'airain qui ecume^ Quand d'autres coursiers langviiisent, quand, m Ueu de feudre en na-
geant les ondes de lair , ils soulèvent lâ
poussière de leur pied fatîg^ué, mon coursier se précipite comme un torrent, îl frappe de sa corne solide la terre qu'il touche à peine ; il fait glisser l'adolescent àr k selle, il agite avec violence un cavalier de plus haute stature; il est rapide comme le jouet que Tenfant fait tournoyer au moyen d-unc corde étroitement liée à un bois vide et troué. Ses rein^^ sont ceux de Tan I il ope et ses cuisses celles de Uautruche; il trotle comme le loup et galope comme le jeune renard, et quand il se retourne, il montre une queue longue, épaisse et droite qui ne balaie point U terre. «
Si le barde vient à contempler quelque ruine, îl aura encore des paroles magni-* fiques pour rappeler leur désolation.
« ÏLs ont disparu des lieux où les tribus avaient placé leurs tenîes, vestiges de leur passagère demeure. Mina, qu'ils habitèrent long- tems, e:st le domaine d'une horrible solitude, ainsi que Goul, Ridjam et les hauteurs de la montagne de Rejyan* Découvertes par les torrens qui ont entraîné la poussière, les traces de leurs habitations ont reparu semblables aux caractères confiés au roc. Ces lieux ont perdu leurs habitans; plusieurs années se soût écoulées ; plusieurs fois les mois de îa guerre ont succédé aux mois de la paix, les constellations du printems ont répandu leur féconde rosée sur ces campagnes désertes ; les nuées oraj^euses d'été les ont rafraîchies de leurs douces ondées j elles ont reçu le tribut des nuage* nocturnes, de ceux qui, au lever de Vaurore obscurcissent le soleil , et de ceux qui, lorsque le jour va buir, vont répélanl au loin l'écho de la foudre, ïcï, la roquette sauvage se couvre de rameaux longs et vigoureux ; sur les deux rïves du lit des torrens, la gazelle devient mère, et l'autruche vient déposer ses œufs; les antilopes aux grands jeux s'y reposent en paix, auprès d'elles sont leuri petit A k peine st^rlîf de leurs âantji, et é»m^
les troupeiux DomWeux couvriront bientôt ces vastes plaines . » . , , , , .
w Pourquoi interroger ces pierres s our-des et immobiles, leur écho ne me rendra que des sons confus (i), »
L'Arabe ne s'en tiendra pas à ces peintures mélancoliques ou animées, il suivra dans leurs élans poétiques Lebid et T:<rafa, Harett et Zobair^ il rappellera tour k tour la haine énergique des tribus, les douceurs infinies de rhospitalîlé, puis ses regards se reporteront encore sur les Iroupeaux de gazelles qui errent aux bords des oasis 5 il fera quelque récit plein de charme du repos inattendu qu'on trouve sous les palnuLTS, et Ton comprendra peut-être que le désert sufEt au cœur du poète comme la tente aux besoins du pasteur.