AVANTAGES DE L ENNUI. Ï
(le dessert qui servirent au mariage du duc d'Orléans sous Louis-Philippe. C. La cour des Adieux qui pue l'odeur des vieilles bottes de Bonaparte à son déclin. 73. Des individus à bicorne et à gilet rouge qui persécutent le visiteur, sous prétexte de lui inculquer « des notions historiques » ;
a" Le parc dont les fleurs, obtenues à grand renfort de terreau, languissent sans parvenir à prendre un air officiel et dont les statues s'effritent sous une lèpre de lichen et de mousse;
3" L'étang des carpes, bordé de feuillages admirables. Les carpes datent de 1816. Avant la Restauration, il en existait de très vieilles qui eurent l'honneur d'être nourries successivement par M"" d'Étampes, M"" de Maintenon et Joséphine. Mais, en i8i4, nos chers maîtres les Russes ayant occupé Fontainebleau, après la banqueroute du Corse adoré par MM. Déroulède, Barrés et Coppée? mirent l'étang à sec, péchèrent les poissons et les accommodèrent en matelote. — Je signale cette infamie aux « vrais patriotes » que l'alliance ne satisfait point;
4° Les rues, pleines de bicyclistes et pullulantes d'officiers dont la physionomie offre, comme partout, ce mélange d'arrogance et de stupidité propre aux professionnels du meurtre patronné*
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par les gouvernements. — Puis des hôtels dont les enseignes sont rédigées en anglais. Je mentionne cette autre abomination pour les « bons citoyens » que les agissements de la Grande-Bretagne, dans cette Afrique où nous voudrions être les seuls à massacrer des nègres, jettent hors d'euxmêmes. — Enfin, une synagogue que je me hâte de dénoncer au Drumont-de-Pecci.
Le seul endroit qui soit attirant en cette ville de tourisme et de soldatesque, c'est un jardin situé près de l'étang des carpes et dans lequel prospèrent des chênes, des hêtres, des trembles et surtout des pins sylvestres d'une élégance parfaite. L'herbe pousse dans les allées, — ce dont je me garderai bien de me plaindre. Les bassins songent sous un vert manteau de lentilles. On n'y rencontre personne, hormis quelques vieillards écroulés qui sommeillent, un journal à la main, sur des bancs vermoulus. Les lointains sont pleins de silence. Il a plu, et l'atmosphère, imprégnée d'humidité, sent le bois pourri. Le vent semble craindre d'émouvoir les feuilles; une brume bleuâtre baigne les massifs ; le gazon descend en pentes molles vers l'étang où voguent des cygnes indolents ; les heures, que tinte mélancoliquement l'horloge du palais abandonné, s'attardent dans