INTRODUCTION
aménagé de façon à lui faciliter son mode d'existence.
Une des premières choses qui vous frappera est l'absence de tête distincte, sans que cette conformation toute particulière enfaidisse en quoi que ce Soit l'aspect de l’Araignée.
Or, si vous vous demandez le pourquoi de cette suppression, il vous sera facile de vous rendre compte qu'une tête libre, par suite plus où moins détachée du thorax, n'aurait eu vraisemblablement pour effet que de gèner considérablement l’Araignée dans le milieu très spécial où elle est appelée à vivre et à se mouvoir avec la plus grande agilité.
Mais, direz-vous, le thorax et l'abdomen sont cependant distincts et ne sont même reliés l’un à l’autre que par un pédicule somme toute assez étroit; sans doute, mais vous remarquerez aussi que ce pédicule court et pour ainsi dire invisible est disposé de telle
sorte que les mouvements résultant de sa présence ne
peuvent avoir que fort peu détendue; ajoutez à cela que l'abdomen le recouvre presque toujours et le protège en tout cas si bien qu'il ne court aucune chance d'être enchevêtré dans la trame de l’Araignée. La tête, au reste, n'est pas absente, mais bien intimement soudée au prothorax et comme, de ce fait, les organes de la vue sont condamnés à l’immobilité, ils sont au nombre de six ou huit et disposés, tout au moins chez
les espèces chasseresses, de façon à ne une
vaste partie de l'espace.
Quant aux appendices céphaliques et aux pièces de la bouche, nous verrons que ces organes ont subi les modifications nécessaires pour permettre à l’Araignée
de maintenir sa proie avec la plus grande solidité pen-
dant qu’elle la dévore.
Il convient enfin de parler du mode de coétatios de ces animaux ; appelés à vivre dans des endroits plus ou moins obscurs, ils revêtent des teintes habituelle-
4 ARACHNIDES DE FRANCE ment sombres et, cependant agréablement nuancées;. d'autres, arboricoles ou demeurant sous les écorces,. possèdent des couleurs qui rappellent celles des végétaux ou des lichens qui les recouvrent; quelques autres, enfin, qui passentleur existence sur des feuilles ou parmi les fleurs, ont des nuances gaies, délicates, en harmonie parfaite avec la teinte générale du milieu environnant. |
Mais une des choses les plus surprenantes que l'on constate chez ces petits êtres est, à coup sûr, la faculté toute spéciale qui leur a été accordée de ne pas être. victimes eux-mêmes de ces trames savantes, de ces réseaux ténus et résistants à la fois, au milieu desquels des insectes, en apparence si semblables à eux, si voi-! sins comme organisation, souvent même beaucoup. moins velus, se trouvent arrêtés au moindre contact.
Comme on le voit par ce court essai, la répulsion. produite sur l’homme par les Arachnides n’est, à vrai, dire, pas justifiée et doit plutôt laisser place à une réelle admiration. |
Je n'ai pas la prétention d’ amener le lecteur à trou-. ver qu'une araignée, si belle soit-elle, est un être comparable à un Goliathide ou à une de ces Vanesses qui. font l'admiration des personnes les plus étrangères aux choses de la nature; ce serait évidemment prècher. dans le désert, mais il est bon de constater une fois de. plus que là aussi cette parole est éternellement vraie qui recommande de ne pas juger sur l'apparence, car ces petits êtres, pour si bas qu'ils soient placés. dans l’ordre de la Création, apparaissent, eux aussi, empreints de cette beauté vraie, sans aucune trace de convenu, qui se retrouve à des degrés divers, cela va sans dire, mais toujours et à coup sûr, dans les ouvrages qui ne sont pas sortis de la main de r homme.
Louis PLANET.
TS