RACE : LES CAPTIEUSES
1“ Olios captieux. {Olios captiosus, Walckeiiaer.) (PI. II,fig. 1.),
Long. : 21™“.
Ai’aignée grande, velue. — Corselet presque en coeur, recouvert d’un duvet Blanc grisâtre. L’aBdomen est petit, gloBuleux, déprimé sur les côtés vers sa Base. Sa face supérieure est d’un fauve orange ou chamois, recouverte de poils cotonneux, fins, présentant dans le milieu une gouttière ou raie longitudinale ouverte qui se termine postérieurement par une ligne noii’e et Bien nette. Les côtés de celte gouttière, en avant, sont marqués d’une tache noire et d’une autre tache jaunâtre continue à la première, et quelques autres taches moins sensibles situées plus en arrière et moins apparentes. Pattes très-grandes, d’un gris Blanchâtre, recouvertes d’un duvet cotonneux. Plusieurs taches
noires en dessous : la première, sous la base de la première phalange^ la deuxième, sous la seconde articulation; la troisième, sous la troisième articulation. La face inférieure du dernier article et de son digital est d’un noir terne. Palpes noirs. La poitrine est d’un beau noir de velours entre l’insertion des pattes. Le ventre est de couleur chamois rosé avec une bande longitudinale d’un noir velouté. Au coté externe de chaque mandibule un petit écusson triangidaire, à pointe reiaversée, d’un rouge vif.
Cette Aranéide, telle que je l’ai peinte et décrite, a été trouvée dans une feuille de Badamier (Terminadéjà jaunie. Elle en avait réuni les bords et avait placé son cocon au centre parmi cp.ielques fils grossiers. Ce cocon est plane d’un côté et conique de l’autre : il a le diamètre d’une pièce de 25 centimes. — J. -B. Dumont a décrit cette Araignée dans son manuscrit, sous le wovci di Araignée- Crabe. Je lui ai emprunté quelques passages de cette description. Ce naturaliste dit avoir trouvé une Araignée de cette espèce cachée entre tx’ois ou quatre gousses de Brésillet qu’elle avait réunies par le moyen de quelques fils de sole très-blanche. L’Araignée se tenait au milieu de cette esjxèce de nid avec son cocon déformé sphérique, inégal et villeux à sa surface, d’un blanc de neige :
il adhérait à l’enveloppe extérieure par quelques fils (1).
La même espèce est ainsi décrite par Walckenaer : « Long, de 9 lignes. Abdomen ovale, fauve orangé, avec deux taches noires souvent réunies en une seule, proche le corselet ; et une raie longitudinale dans le milieu du dos, légèrement dentée, étroite et diminuant de largeur à sa partie postérieure. Ventre d’un noir velouté dans le milieu, fauve orangé sur les côtés. IMâchoires et lèvres brunes à leur hase, fauves ou rouges à leur extrémité. Pattes fortes avec le métatarse elle tarse légèrement dilatés, ainsi que le digital des palpes. Cuisses renflées, palpes velus. — De l’île de France. Selon Catoire de Bioncourt, cette espèce habite dans les bois et se cache dans les troncs pourris des gros arbres (2). »
Habite les îles de la Réunion et Maurice.
2“ Olios Imerina ÇOlios Imerinensis, Vinson).
Long. : 13""" 1/2. Femelle.
Aspect général. Corselet rouge brun, abdomen cor-
(1) J.-B. Domont. Manuscrit.
(2) Walckenaer. lîist. des Ins. Aptères., 1. 1, page 565,
dilorme, d’un rouge brun plus foncé, garni de petits poils dorés. — Pattes de même couleur : dernier article et le digital plumeux. —
— Lé corselet est large et plat, arrondi, uniformément bombé dans toutes ses parties : il est circulaire, plus étalé dans sa partie moyenne. La tête est large, aplatie, carrée et voûtée sur les cotés, où il y a une petite dent qui se recourbe et s’applique sur la face externe des mandibules Le corselet est d’un rouge bi’uu, recouvert en partie d’un duvet fin, ras et soyeux, d’un blond doré. ■
L’abdomen est en cœur, terminé en pointe, un peu moins lai’gc que le corselet : il est d’un brun rougeâtre bien plus foncé que le corselet, et tirant sur la couleur marron foncé : il est revêtu uniformément d’un duvet fauve doré, fin, abondant, ras et soyeux.
Les pattes sont fortes, étalées, recouvertes d’un duvet grisâtre, prescpie blanc, avec des reflets soyeux ou argentés. Elles sont d’un rouge noirâtre, surtout près des articulations : elles sont très-noires à leur extrémité ^ le dernier article et le digital sont dilatés et ornés latéralement d’un duvet plumeux, roux et épais en forme de brosse. La poitrine et l’insertion des pattes sont d’un l’ouge bi'un : les pattes sont noires en dessous : ])alpes brun rougeâtre foncé.
Le ventre est fauve avec une dépression large de la vulve ou des plaques pulmonaii’es aux filières, situées à l’extrémité du corps de l’Aranéide.
Les mandibules sont noires, luisantes, bombées, larges supérieurement, étroites inférieurement, évidées en dedans, où elles sont hérissées d’une double rangée de poils courts, raides et rouges.
Les yeux sont noirs : les médians de la ligne antérieure sont sensiblement plus gros que les autres.
Mesures. Longueur du corselet .
Largeur. —
Longueur de l’abdomen.
Largeur. —
Première paire de pattes.
Deuxième. —
Troisième. —
7mm 1/4^
Ce bel Olios se trouve à Tananarive et dans les environs de la capitale de Madagascar : il se tient dans les feuilles qu’il enroule, et habite les jardins. Il a les mêmes mœurs que l’O/iW captiosus ; son cocon est orbiculaire : ses petits en naissant sont d’un beau vert bleuâtre ou vert glauque. — Pris dans le jardin de M. Laborde, au pied de Tananarive.
RACE : LES CHASSEUSES.
3“ Olios leucosie. {^Olios leucosius, Walckenaer.) (PL II, fig. 3.)
Synonymie : Thomisus venatorius, Latreille. — Araneus venatorius , Linné (1).
Long. : 28““ et quelquefois 30“”. Eemelle.
« Abdomen ovale, allongé, plus étroit que le corselet, d’un brun fauve, uniforme, avec des points enfoncés sur le dos. Ventre de couleur plus pâle. Corselet, boncbe, sternum d’un fauve doré uniforme. Le corselet a une raie longitudinale et des sillons en rayons, aboutissant aux pattes, marqués par des poils bruns; une tache brune » en long sur l’abdomen, près de sa partie antérieure. Le bandeau est blanc.
Les mandibules sont rougeâtres, rayées longitudinalement de noir.
(1) Bibliographie de l'Olios leucosius: — Walckenaer, //isi. /îaf, des 1ns. Aptères J 1. 1, pages 56G-G8. — Ibid. Tableau des AranêîdeSt page 28, pl. 4, üg. 33. — Thomisus voiatoriuSj Latreille, Gener. Insect. t. I, page 114, spec, 7, — Sloane, Hisl. of Jamaica^ page 185, t. II, page 235, fig. 1 et 2. — Araneus venatoriuSj Linn. Systjnat..page 1035, 33,
Mâle. Le mâle a le corselet d’un brun marron à sa partie postérieure, et est entouré d’une bande blanchâtre « qui rejoint celle du bandeau. Il est plus petit. La cupule de sou digital est ovale, allongée, pointue à sou extrémité, et recouvre un conjoncteur globiforme aniié d’un crochet recourbé. — Très-commune à l’île de France, dit Walckenaer, d’où je l’ai reçue en grand
nombre L’individu le plus grand avait 14 lignes,
et la deuxième paire de pattes avait 27 lignes. La plupart des individus n’avaient que 8 à 10 ligues (1). »
La conservation apportant des modifications de coideur, nous avons dû rectifier, dans les endroits indiqués, la description faite par Walckenaer. Ainsi rien de jaune sur nature ; le corselet est bordé de blanc sale, il est vrai, et cette bordure est plus large en arrière; elle se l’étrécit de chaque côté en rejoignant le bandeau, qui est d’un blanc fauve.
Sur l’abdomen il y a une raie marron foncé qui s’arrête au milieu, entre deux points noirs. Plusieurs petits points après ceux-ci, et souvent de chaque côté une ligne plus foncée en zigzag. Les mandibules, sur le sujet vivant, sont d’un noir rougeâtre. Les raies longitudinales ne se voient que sur l’Araignée conservée.
(1) Walckenaer, IHst, nal, des Ins. Aptères, page 566.
Cette Aranéide a un gros cocon, de la circonférence d’une pièce d’un franc au moins, aplati comme un disque et de l’épaisseur d’une ligne ; elle le tient avec ses palpes et ses mandibules. Ce cocon s’ouvre, par la circonférence, en deux disques égaux, pour donner passage aux petits éclos. Vers cette époque , l’insecte frappe à petits coups redoublés contre les meubles ou les cloisons son cocon, qui finit par se fendre en deux, et qui rend un son particulier dans cette percussion répétée.
\JOlios leucosius habite la Réunion, Maurice et Madagascar.
4° Olios de Madagascar. {Olios Madagascariensis,
Vinson.)
Long. : 18'”“. Mâle.
Aspect général. Allongé, fauve doi’é avec deux bandes allongées, brun fauve, sur les côtés du corselet ; une bande médiane moins prononcée sur l’abdomen. Pattes plus grêles que chez V Olios leucosius.
Le corselet est plus long que large, ovoïde et comprimé sur les côtés comme celui des Lycoses; la tête est proéminente, bombée, surbaissée vers les yeux, élargie sur les côtés, coupée carrément en avant. Le
corselet est velu, de couleur fauve doré, avec une double bande marron fonce qui forme un fer-à-cbeval ouvert du côté de la tête.
L’abdomen est petit, ovoïde, dilaté postérieurement 5 il est fauve doré, avec une raie brune et longitudinale au centre et qui va en se fondant sur ses bords.
Pattes très-grandes, fortes et très-allongées, trèsrobustes dans les deux premiers articles ; très-amincies et très-velues dans les deux derniers, le tibial et le digital.
Palpes longs, articles ovoïdes, digital énorme et cordiforme.
Le dessous du thorax et de l’abdomen est fauve clair. La première paire de pattes et la quatrième sont les plus longues.
Les yeux sont jaunes d’ambre. Les latéraux paraissent un peu plus gros que les intermédiaires et sont enchâssés sur de petites éminences qui les dirigent obliquement, les postérieurs en dehors et les antérieurs en avant.
Mesures. Longueur du corselet. . . S™'".
Longueur de l’abdomen . . 10““.
Première paire de pattes. . 36""" 1/2.
Deuxième — . 37““ 1/2.
J ’ai trouvé ce grand Olios le soir dans ma cliamLre à Tauanarive. Il a de grands rapports, surtout dans la couleur, avec V Olios leucosius dont il paraît avoir les mœurs', mais il s’en distingue comme espèce différente parles caractères physiques énumérés ci-dessus. — Habite Madagascar.
FAMILLE : LES DELENOIDES.
5° Olios vert. [Olios viridis, Vinson.)
(PL II, fig. 2.)
Long. : 12““.
Aspect général. — Plus petite que les Olios ordinaires : formes délicates, couleur uniforme d’uu vert pâle, extrêmement tendre, tirant sur le jaune.
Le corselet est grand, large, aplati; il a la forme d’un cœur renversé, dont la pointe, tournée en avant, est tronquée. Il est d’un jaune verdàti’e pâle, et présente sur la tête cinq lignes fines, courbes, d’un brun rougeâtre, qui se dirigent en avant, une vers chaque œil de la ligne postérieure, et la cinquième au centre, entre les deux yeux intermédiaires de la même série. Toutes ces lignes paraissent ponctuées.
L’abdomen, plus étroit que le corselet, est ovoïde, oblong, d’un jaune verdâtre plus marqué, garni de petits poils.
Les pattes sont d’un vert clair, avec le dernier article et le tarse soulignés de noir. Cet effet est produit
par les poils qui s’appliquent à leur surface. Des poils raides et forts sont dissémine's sur les pattes.
De petites raies longitudinales fixes régnent sur les mandibules en avant 5 les crochets sont rougeâtres. Les mâchoires sont dilatées à leur extrémité et inclinées sur la lèvre, cpii est basse, large et ronde.
Les yeux sont rougeâtres. Ceux de la ligne antérieure sont plus rapprochés; ceux de la ligne postérieure sont plus étalés : les yeux postérieurs externes sont les plus gros; les intermédiaires de la meme ligne sont les plus petits : tous sont de la même couleur.
Longueur du corselet.
^mm
Largeur. — ...
Longueur de l’abdomen.
gmm
Largeur. — ...
gmm
Première paire de pattes.
Deuxième —
Troisième — . .
Ce petit Olios se trouve abondamment à Madagascar, au village de Maraombi, non loin de la rivière d’Iarouka; il se cache entre les feuilles des orangers. — Par la conservation, même dans l’alcool, il perd de suite sa jolie couleur naturelle et devient d’un jaune sale qui le rend méconnaissable.
Je viens de décrire et d’ënumérer cinq espèces differentes du genre Olios, dont deux se trouvent aux îles de la Réunion et Maurice (OZi'oi' captiosus et Olios leucosius) , et dont quatre existent dans l’île Madagascar — Olios 'viridis ; — Olios Imeri-
neiisis et Olios Madagascariensis^. — J’aurais voulu suivre, dans ce classement et cette description, l’ordre qui, par le genre de vie, semble établir un lien commun entre ces espèces^ ainsi j’aurais décrit les uns à la suite des autres les Olios qui vivent dans les jai’dins, qui se font des retraites entre les feuilles pour se cacher le jour ; tels que Y Olios captiosus, Y Olios Iinerinensis, et Y Olios viridis. — J’aurais mis, d’une autre part, l’un auprès de l’autre les deux Olios qu’on trouve le soir dans les appartements et dont la couleur et les mœurs sont semblables, tels que Y Olios leucosius et Y Olios Madagascariensi's . Cet ordre m’eût semblé plus vrai et plus naturel 5 j’ai dû soumettre les Olios dont il s’agit à la classification des familles de Walckenaer, qui par l’étude que j’en ai faite ne me paraît pas d’une application tout à fait certaine et facile.
GENRE ; CLUBIONE. {Clubiona, Latreille.)
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, occupant le devant du céphalothorax, placés sur deux lignes rapprochées.
Lèvre allongée, ovalcdre, dilatée dans son milieu, terminée en ligne droite, ou creusée a son extrémité.
Mâchoires droites, allongées, dilatées vers leur extrémité.
Pattes fortes, allongées, propres à la course, de longueur variable.
J’ai renconti’é à l’île de la Réunion deux individus que je crois, en raison des caractères précédents, devoir rapporter à ce genre. Je les ai ti’ouvés à Salazie, c’est-à-dire dans la région froide de File, et je puis affirmer qu’aucune espèce de ce genre n’existe sur le littoral. Un de ces individus (le plus grand) était contre la paroi d’une caverne humide^ l’autre était enfermé dans une feuille avec ses petits au milieu d’une
soie blanche (c’est le plus petit des deux individus), et m’a rappelé ce que l’on raconte de la Clubione NOURRICE. Ce dernier était une femelle ; le premier rencontré dans la grotte, un mâle. Malgré la différence de leur volume et de leur habitat, tous deux étaient jaunes et d’une ressemblance parfaite, au point que je ne crois pas devoir en former deux espèces diflérentes.
Clubione créole. {Clubiona insularis, Vinson.) (PI. III, fig. 2.)
Long. : 16““. Femelle.
Aspect général. Grande, jaune orange, pattes allongées; l’abdomen couleur d’ambre jaune verdâtre.
Le céphalothorax est jaune orangé, glabre et luisant. Le corselet est bombé et légèrement rayonné.
Tête grosse, arrondie; de même couleur en dessous le corselet.
L’abdomen est ovoïde, allongé, de conleur d’ambre ou jaune tirant sur le vert clair ; de la même couleur en dessous et sur les cotés, et terminé par des filières-tentacules ; il est peu velu.
Les pattes sont très-longues : la première paire mesure 39““; la deuxième et la quatrième ont 28““; la troisième est la plus courte. Toutes sont d’une couleur jaune orangé, avec les tarses bruns.
Les mandibules très-allongées, inclinées eir avant, écartées à leur extrémité, qui est un peu brunâtre ou rouge brun, sont armées de crochets très-aigus dans le genre de ceux de la TétragnatJie prolongée.
— no —
Les yeux, posés sur deux lignes, sont rapprochés : les intermédiaires postérieurs sont plus écartés entre eux que les intermédiaires antérieurs : les latéraux sont plus rapprochés entre eux que les yeux qui forment les paires intermédiaires.
Les mâchoires sont hautes, étroites à leur hase, dilatées à leur extrémité : la lèvi’e est longue, ovalaire, échancrée et creusée à son extrémité : ces parties sont couvertes de longs poils, de couleur jaune orangé terminé de rouge hrun. — Palpes renflés et terminés eu pointe rouge hrun ou noirâtre.
Cette Aranéide, par sa couleur jaune, sa forme, ses mandibules, se rapproche exti’êmement de la Clu- BiONE NOURRICE qul cst figurée dans les planches du règne animal de Cuvier.
Je l’ai trouvée dansune caverne de Salazie, sans toile, sur le rocher humide et sombre.
J^e deuxième individu (femelle) surpris dans une feuille au milieu de ses petits et dans une soie blanche, n’avait que 1 1“™. — L’abdomen avait la même couleur jaune orangé que le corselet. Les mandibules étaient différentes de celles de l’espèce que nous venons de décrii’e : elles tombaient verticalement j étaient droites, peu écartées. — On pourrait en faire une deuxième espèce en raison de ces différences de volume, de forme
dans les mandibules, et d’habitat ; — car, pour tout le reste, cette Aranéide est semblable à celle cpie .nous décrivons ici sous le nom de Clubione créole. — Dans les deux Individus, les yeux sont d’un vert pistache ^ leurs mœurs paraissent être nocturnes.
GENRE : DRASSE, [Drassu^, Walckenaer.)
Yeux au nombre de huit, presque inégaux entre eux y sur deux lignes, occupant le devant du corselet. Lèvre allongée, ovalaire, pointue ou légèrement arrondie à son extrémité.
Mâclioires allongées, inclinées ou courbées sur la lèvre, quelles entourent.
Pattes renflées, propres cl la course.
Aranéides se renfermant dans des cellules formées de soie très-blanche, sous les pierres, dans les cavités des murs et dans l’intérieur des feuilles ou sur leur surface (1).
Cette Aranéide, telle qu’on la rencontre à l’île de la Réunion, dans l’espèce que nous figurons et décrivons ici, se renferme dans une cellule formée de soie trèsblanche, dans les cavités des pierres. Elle appartient à la famille des SPÉOPHILES ((jTTÉo;, cavitéj caverne;
(ï) Walckenaer. Hisi, naL des îns. Aptères j t, I, page 612.
(ptXo;, ami). On la trouve aussi cachée sous les pierres, etc. ; ce qui vient confirmer encore sa place clans cette famille, c’est cpie chez elle la cjuatrième paire est la plus longue et les yeux latéraux sont rapprochés.
FAMILLE: LES SPÉOPHILES.
Drasse de Maillard. {^Drassus Maillardii, Vinson.) (PL II, fig. 4.)
Long. : 9 à lO'"”. Femelle.
Aspect général. Cette Aranéicle a un éclat satiné, comme métallique; sa couleui’ est d’un brun violacé, uniforme et soyeux.
Le céphalothorax est allongé et arrondi ; le corselet est bombé, aussi large et même quelquefois plus évasé que l’abdomen ; il est incliné sur les côtés et en arrière : sa couleur est d’un brun violacé. Les yeux postérieurs, sui'montant le céphalothorax, sont d’un vert glauque ou d’un gi’is bleuâtre. Les deux intermédiaires postérieurs plus gros, de forme ellipticpie, présentent surtout cette couleur d’une manière plus manifeste. Les yeux de la ligne antérieure paraissent ronds, noirs
et implantés en avant, de façon que les latéraux de la ligne postérieure se courbent sur les côtés pour aller la rejoindre.
Tj’abdomen est long, ovoïde, terminé par des filières tentacules; sa couleur est brun violacé plus foncé que le corselet. Le duvet qui le recouvre a un éclat gris rose et argenté. Cette partie paraît surtout soyeuse.
En dessous, le sternum est ovalaire, brun violacé, comme aussi les pattes : le ventre , en dessous, est de couleur gris souris foncé : les plaques pulmonaires sont jaune orangé.
Les pattes sont propres à la course, médiocrement longues, mais fortes et renflées; de la même couleur et seulement plus claire que le corselet. La quatrième paire est la plus longue ; la première ensuite : la deuxième et la troisième paraissent à peu pi’ès de la même longueur.
Les filières tentacules, très-prononcées, forment trois cônes réunis par la base; mais celui du milieu paraît plus court.
Cette Aranéide se tient cachée sous les feuilles humides, sous les pierres, souvent en compagnie de notre Scorpion (^Scorpio Guiiicensis, Lucas.), qui ne paraît pas lui faire de mal. Quelquefois elle se loge dans les cavités latérales et petites des grosses pierres : dans
ce cas elle étale à l’ouverture une toile fine à tissu serré, mince comme du papier de soie : elle se ménage une ou deux ouvertures en arc sur les côtés. On la trouve encore dans les lieux peu frécpieutés, sous les vieilles écoi’ces ou dans leurs fentes.
Si on la place dans un flacon, elle se bâtit une retraite soyeuse, sorte de manchon d’un tissu fin et léger ayant deux ouvertures, une à chaque extrémité; elle se tient immobile au milieu. Cachée ainsi le jour, cette Arauéide, petite et brillante quoicpie de couleur brune, erre la nuit, a des yeux coloi’és et affecte des mœurs nocturnes par excellence. Le premier individu que je vis me fut donné par notre ami M. Maillard. Je suis heureux de dédier, comme un souvenir, cette unique espèce à l’auteur des Notes sur Vile de la Réunion
En envoyant à ]M. Léon Dufour une dizaine d’exemplaires du Scorpio Guineensis, conservés dans un flacon d’alcool, j’y ai joint plusieurs Aranéides de
(I) Sous ce titre modeste, M. Maillard, ex-ingénieur à l’ile de la Réunion, a publié un excellent livre, dédié à M™® Sand, l’illustre auteur ù.'Indiana. Cette œuvre encyclopédique et de patient labeur, pleine de renseignements utiles et de faits nouveaux, est venue combler une foule de lacunes scientifiques sur l’histoire de notre charmante colonie. M. Maillaud a bien mérité de la science et de la reconnaissance de tous les créoles de mon île natale, et il serait à désirer que son exemple fût suivi pour chacun de nos établissements coloniaux, et surtout pour nos possessions insulaires de l’Amérique et de l’Océanie.
cette espèce rencontrées avec eux sous les mêmes pierres (1).
J’ai surpris plusieurs fois, la nuit, cette Aranéide errant, ce qui ne s’observe jamais durant le jour.
(1) «Les deux Aranéides du flacon des Scorpions appartiennent effectivement au genre Drassus. Je n’en connais pas l’espèce. » [Lettre de M. Léon Dufour à M. le docteur Auguste Vinson.)
GENRE : LATRODECTE. {Latrodectus, Walckenaer.)
Ce genre a été établi par Walckenaer, qui lui assigne pour caractères :
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, sur deux lignes écartées et légèrement divergentes ; les yeux latéraux étant un peu plus écartés entre eux que ne le sont les intermédiaires, et portés sur des éminences de la tête.
Lèvre triangulaire, grande et dilatée à sa hase. Mâchoires inclinées sur la lèvre, allongées, cylindriques, arrondies vers leur extrémité externe, terminées par une pointe interne, et coupées en ligne droite à leur côté interne.
Pattes allongées, inégales entre elles. La première paire plus longue que la quatrième ; celle-ci sensiblement plus allongée que les deux intermédiaires ; la troisième paire est la plus courte.
Aranéides filant dans les sillons, sous les pierres.
des fils en nœuds ou en filets, où les plus gros insectes se troment arretés. — Cocon sphéroïde pointu par son bout (1).
Aucune Aranéide de ce genre n’existe aux îles de la Réunion et Maurice, mais l’île Madagascar en possède deux espèces noires et fort curieuses. L’une d’elles est le fameux Vancoho dont parle de Flacourt, ou XoMénavodi des Malgaches de Tamalave et de la province d’Imérina, c’est-à-dire, la terrible Araignée noire et rouge qui, suivant leur croyance, donne si rapidement la mort. Je me suis étendu déjà sur ce Latrodecte dans les préliminairesde cet ouvrage pour être dispensé d’en dire davantage. Je suis le premier qui assigne sa véritable classification à cette Aranéide qu’« priori et sans examen, d’après le récit des voyageurs, on avait cru être une Lycose Tarentulienne. Une simple inspection de l’ Aranéide, le jour où je l’ai eue sous les yeux, m’a fixé sur sa natui’e, et j’avoue que je n’al pas été peu surpris en la voyant appartenir au genre Latrodectus. En retrouvant l’habitat d’une espèce de ce genre, aussi redoutée à Madagascar, je me suis souvenu de ce qu’écrivait Walckenaer, au commencement de son
(IJ Walckenaer. Hist, des Ins. Aptères^ t. I, page 642,
ouvrage, sur la géographie des Aranéides : « Le genre » Latrodecte , dit-il , cpii se distingue par ses cou- )) leurs noires avec ses taches couleur de sang, et n par les effets désastreux de sa morsure, se trouve » en Europe, eu Afrifpie et eu Amérique, et dans )> toutes ces contrées il est également redouté (1). »
(l) Wàlckenaer. //is/oire des /ns. Aplè/rSj t. I, page 166. « Des lieux et des climats les plus favorables à la propagation des Aranéides, et considérations géographiques et topographiques auxquelles ces insectes donnent lieu. »
[. Latrodecte Ménavoude. {Latrodectus Menavodi,
Vinson.)
(PI. VIII, fig. 5.)
Long. : 12““. Femelle.
Aspect général. D’un beau noir avec deux taches de couleur de sang, une triangulaire à la partie postérieure, l’autre transversale sur la partie antérieure de l’abdomen, entre les deux neuf petits points blancs rangés symétriquement.
Le corselet noir, glabre, est petit, circulaire avec une dépression au centre : la tête est bien séparée du thorax par deux lignes qui en tracent la démarcation. Les yeux, presque d’égale grosseur, sont portés chacun sur une petite éminence, les médians mieux rassemblés que les latéraux. L’étendue du corselet est de 4“” .
L’abdomen est rond, ovoïde, et d’une belle couleur noire : il est développé, bombé en dessus et terminé en pointe postérieurement \ il a 8'"“ de longueur, et présente en arrière une tache d’un rouge cinabre, triangulaire et dont l’extrémité, plus aiguë, est dirigée en
avant.
Une tache rouge, transversale, éclatante comme celle (le la partie postérieure, existe sur le devant de l’abdomen : cette bande divise par moitié la hauteur profilée de cet organe (V. PI. VIII, fig. 5, a). Entre ces deux taches, neuf petits points, blancs, ronds, se monti’ent sur le dos, où ils sont disposés trois sur trois rangs, symétricpiement.
En dessous, la poitrine est bombée, noire et revêtue d’un duvet roux et très-fin. — La lèvre est triangulaire, large à sa base. Les mâchoires sont inclinées sur elle.
Le ventre est arrondi -, au-dessous de l’organe vulvaire il existe un amas de duvet roux. Les filières sont saillantes.
Les pattes fines, allongées sont également noires. La première paire a 20”“ de long; la deuxième paii’e 18““ ; la troisième, (pii est la plus courte, a 10“”.
Cette Aranéide est surtout abondante dans la forêt d’Alanamasoatrao, à Madagascar : elle se trouve dans toute l’étendue de cette île, où on la désigne sous le nom de ^ %ncoho dans la partie sud, et Ménovodi qui veut dire cul-rouge dans l’est et à l’intérieur, chez les Hovas. La morsure de ce Latrodecte produit, dit-on, la mort chez l’homme et même chez les animaux. — Sa toile est établie dans les herbes, et les indigènes évitent de toucher à cette Ai’anéide, car ils la regardent
comme fctcly, c’esl-à-dire chose sacrée, défendue, interdite, à laquelle on ne peut pas toucher. Aussi, me trouvant clans le village cl’Alanamasoatrao, au milieu de l’immense forêt de ce nom, un de mes porteurs m’ayant recueilli deux de ces insectes que je désirais, et que je ne cessais de leur demander depuis longtemps, fut accablé des reproches de tous ses compagnons. Pour se justifier il fut obligé de dire que j’étais un blanc, vasa, ce qui équivaut à un titre sacré, et C{ue par conséquent ce qui leur était prohibé pouvait bien m’être permis. — Je n’ai pas eu occasion d’observer les effets redoutables cju’on attribue à la morsure de ce Latrodecte ; dans toutes mes investigations à ce sujet auprès même des Européens les plus éclairés, j’ai trouvé un accord unanime sur un danger réel.
2“ Latrodecte érèbe. ÇLatrodectus Erehus , Walckenaer) (1).
Long. : 13 à 14““. Femelle.
Aspect général. Cette Aranéide est un peu plus grosse que la précédente et lui ressemble beaucoup par la
(1) Bibliographie du Iatrodecte érèbe {Latrodeclm erehus ; Savigny,
Arachnides^ p. 3, fîg. 9, — Théridion lugubre j Léon Dufour . Descrip~ lion de six Arachnides nouvelles, extrait du t. XV des Annales des sciences na~ lureîleSj p, 1 , pl. lxix, fig, 1. Walckenaer. Hist, des hu. Aptères, 1. 1, page 646.
forme et la couleur noire, moins les taches rouges sur Fahclomen, et les points blancs qu’elle n’offre pas.
Le corselet est petit, noir, circulaire, avec une petite dépression au centre. La ligne antérieure des yeux et la ligne postérieure sont un peu écartées l’une de l’autre à leurs extrémités.
L’abdomen est arrondi, ovoïde, bombé en dessus, d’un noir profond et uniforme, entièrement dépourvu de taches et de points.
Les pattes allongées sont fines et d’une couleur fauve à leurs extrémités : le troisième article porte un anneau fauve dans les deux premiers tiers supérieurs. La première paire de pattes a 27“”, et la deuxième paire
Le dessous du corps est noir : je remarque sur fpielques-unes une tache jaune rougeâtre sôus le ventre entre les filières et la ^adve.
Cette Aranéide paraît ne pas différer de l’espèce figurée par Savigny. Sa couleur uniforme, d’un noir profond, sa physionomie, ses pattes légèrement éclaircies vers leurs extrémités, c’est là vraiment la diagnose du Lotrodectus Erehus de Walckenaer et du Thérulion lugubre de M. Léon Dufour. En examinant l’atlas de Savigny, j’ai été frappé, du reste, de la ressemblance de la figure qu’il donne (PI. in, fig. 9) avec le Latro-
DECTE Erèbe de Madagascar. Seulement, les formes de son Latrodectus sont plus grandes que celles que nous trouvons dans celui de Madagascar ^ mais ceci est une question d’habitat et d’âge, qui n’a pas une grande valeur, quand on voit les mêmes Aranéides varier de volume suivant les milieux j ainsi YEpeira opimtiæ, qui est d’un si fort volume à l’ile de la Réunion, est le plus souvent chétive à Madagascar, sans cesser pour cela de constituer une seule et même espèce.
Ce Latrodecte se trouve aux environs de Tananarive, dans la province d’Imérina (Madagascar). Les Ho vas me l’ont souvent apporté enfermé dans des tentes, sortes de paniers ou de corbeilles faits avec des roseaux ou des feuilles de monocotylés. Bien qu’il se rapproche beaucoup du Latrodectus Menavodi , ils ne le redoutent pas.
Voici quelques renseignements extraits de Walckenaer sur le Latrodectus Erehus.
(( Long. : 7 lignes. — Femelle.
J) Coi’ps d’un noir profond, sans taches, légèrement éclairci vers l’extrémité des pattes.
» Ancien monde — Afrique — en Égypte, des environs de Salayeh ; et en Espagne, dans la Catalogne, aux environs de Mora et de Villafranca. Très-rai’e selon M. Léon Dufour.
)) L’epigyne a ses deiix principaux orifices, cpii s’ouvrent à l’extérieur dans une cavité commune, dont le bord antérieur est garni d’un rang de cils très-propres à en défendre l’entrée. Savigny a figuré un tarse antérieur de cette espèce qui est pectiné. M. Léon Dufour a figuré un tarse de l’individu qu’il a décrit, qui n’est point pectiné.... Ces caractères tirés des griffes, variables dans les mêmes individus, ne peuvent servir de base pour les grandes subdivisions de la méthode, ni même être considérés comme génériques.
» Savigny a pris cette espèce avec son cocon, qui est sphéroïde, dont un des pôles est en pointe, comme celui de la Malmignatte. M. Léon Dufour nous apprend que cette espèce construit sous les pierres une petite toile qui lui sert de retraite. Lorsqu’on la surprend dans son l’éduit, loin de prendre la fuite, elle contrefait le mort, en abritant son corps sous ses pattes repliées. Le plus petit diamètre du cocon de cette espèce qu’a figuré Savigny, a 6 lignes (14““) 5 et le plus grand 8 lignes (18““). Dans cette espèce, les deux lignes d’yeux divergent à leur extrémité d’une manière marquée (1). »
(1) Walckenaer. Hist, des Ins, Aptères^ 1. 1, page 646.
GENRE : PHOLQUE. (^Pholcus, Walckenaer.)
Ce genre, de l’ordre des Aranéides et de la tribu des Araignées, a été Ibndé par Walckenaer. Il a pour caractères :
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, groupés sur une éminence antérieure du céphalothorax par deux ou par trois, grande, resserrée à sa base, dilatée dans son milieu, arrondie à son extrémité.
Mâclioires étroites, allongées, cylindriques, légèrement accusées et amincies a leur extrémité externe, inclinées sur la lèvre et contiguës.
Pattes très-allongées, grêles ; la première paire est la plus allongée, la deuxième ensuite; la troisième est la plus courte.
Ces Aranéides , presque sédentaires , forment une
sorte de réseau très-lâche, eomposé de fis fottants
ou très-écartés, très-fns , tendus sur plusieurs plans
différents ; leurs œufs sont agglutinés en une masse
ronde et nue {V) qu aucun tissu ne recouvre, et elles les transportent ainsi entre leurs mandibules (2).
Les îles de la Réunion et Maurice possèdent deux espèces dans le genre Pholcus; elles figurent parmi les Aranéides les plus communes. On les rencontre partout dans nos habitations, toujours dans les lieux abrités et sombres et dans l’intérieur des maisons ^ elles recherchent surtout les greniei's, les dépendances, les endi’oits délaissés, et servent de compagnes assidues à l’Ulobore, en garnissant les plafonds de leurs toiles lâches et flottantes. On les reconnaît à leurs longues pattes (3), dont la première paire mesure environ .54""”. Lorsqu’on touche les Pholques de nos îles, elles sont prises, comme le Pholque fhalaxgide, d’un mouvement convulsif et se balancent sur leur toile ou contre l’objet où elles sont appuyées. Cette trépidation dure longtemps et se calme enfin par degrés. Quoique tégénaires, elles tiennent entre leurs palpes leurs œufs agglomérés.
(1) D’où leur vient sans doute leur nom nu.
(2) Walckenaer. üüL de8 Im, Aptères, t. I, page 651, et H, Lucas, Dict. «nîü. d*Msi, nat, t. IX, page 754.
(3) J.-B. Dumont a décrit dans son manuscrit sous le nom à.' Araignée iendense à longues pattes des mn/sons, l’espèce que je représente sous le nom de Pholcus Borbonkus,
Ce qu’il y a de singulier dans l’une d’elles, le PholcusBorhonicus, c’est son abdomen, qui, par une courbe exagérée , présente une face supérieure et une inférieure.
1" Pholque de l’île Bourbon. (^Pliolcus Borhonicus,
Vinson.)
(PL III, lig. 4.)
Long. : 12'""'. Femelle.
l^e corselet est rond et borde; de coidenr gris clair, transparent; il offre nue dépression, sous la forme d’un trait noir enfoncé, à son centre, verslecpiel aboutissent trois faisceaux de rayons pour chaque côté.
La tête est ])lus élevée, petite, bien dessinée.
Les yeux sont noirs, presque égaux; placés sur deux lignes, ils sont disposés par groupes : deux groupes de trois et un groupe de deux en avant. (V. PI. III, lig. 4, a.)
L’abdomen forme une courbe si grande, que, vu de profil, la ligne qui le circonscrit vient se terminer en dessous, près de l’insertion avec le corselet, de sorte que le ventre est réduit à presque rien. Sa couleur est brun fauve, ou fauve clair; sa surface est sillonnée de bandes blanchâtres longitudinales qui émanent d’une ligne médiane, et qui, après s’être réunies en rond, en formant des cercles plus ou moins parfaits.
s’écartent de nouveau pour en former une deuxième rangée, puis courent obliquement et en ondulant vers les filières, où elles se confondent.
Tout l’abdomen est couvert de poils longs, fauves ou blanchâtres.
Les palpes sont minces; les mandibules longues, étroites et l’ougeâtres.
Les mâchoires sont étroites et allongées.
Les pattes, très-longues, déliées. Unes et velues, sont fauves, avec des taches noires, allongées, ainsi disposées : une sur le fémoral, à l’extrémité ; une deuxième tache noire sur l’articulation fémoro-tibiale ; enfin, la troisième à l’extrémité du tibia.
Le mâle ne diffère de la femelle que par ses palpes qui sont globuleux et luisants. Il a la même dimension qu’elle.
Cette espèce, comme toutes celles du genre, porte ses œufs avec ses mandibules et ses palpes, sous son abdomen, comme l’Olios leucosie; ils sont agglomérés par une substance intersticielle , mais nus. — Ses caractères et ses mœurs la font ranger parmi les Aranéides nocturnes. Le jour même elle se tient dans l’ombre; sa couleur est sombre et son corps très-velu.
J. -B. Dumont donne de ce Pholcus la [description suivante, qui est d’une grande exactitude et bien faite :
— « Araignée tendeuse à longues pattes des maisons : 5 lignes de long.
» Corselet circulaire, aplati, bordé; gi’is très-pâle; une bande noire enfoncée dans le milieu. L’extrémité antérieure plus large, demi-circulaire et inégale.
Abdomen ovoïde, comprimé, gris obscur. Une bande longitudinale d’un brun pâle en dessus ; recouvert de taches plus ou .moins allongées brunes ; avec des poils bruns et fauves. Les mamelons saillants, noirs, placés en dessous très-avant près de la base : l’anus est placé sur la base au-devant des mamelons, rouge brun, entouré de poils noirs. — Pattes minces, sétacées, extrêmement longues ; d’un gris pâle transparent ; deux taches noires : une vers la première articulation ; l’autre à la seconde ; recouvertes de poils giâs. — Mandibules rougeâtres.
» Les yeux sont bruns et égaux : les deux antérieurs se touchent ; les trois latéraux de chaque côté sont trèsrapprochés et foi’ment un triangle ; ou plutôt les deux latéraux sont sur une ligne et l’intermédiaire en est très-rapproché.
» Cette Araignée, si remai’quable par la finesse et la longueur de ses pattes , se tient dans tous les coins des appartements, où elle file une toile très-lâche et peu appai’ente. (Je crois me rappeler lui avoir vu porter
ses œufs dans un sac gris comme les Araignées-loups). Posée sur une carte à jouer , les pattes antérieures arquées, et dirigées en avant, posent sur les angles -, étendues, elles dépassent les bords de chaque côté , de six lignes (1). »
2“ Pholque allongé. (^Pholcus elongatus, Vinson.) (PL III, lig. 5.)
Cette dernière espèce de Pholcus que possède File de la Réunion, est tout à fait diftérente du Pholcus Borhonicus cpie nous venons de décrire.
Long. : 7““. Femelle.
L’abdomen a la foi'me d’un cylindre allongé, il est mince, un peu comprimé sur les flancs, plus étroit près de son insertion. Le dessus représente une feuille dont le fond est formé de taches noires allongées, opposées, ovales, obliquement dirigées, et dont les nervures sont indiquées par des lignes d’un blanc grisâtre. Ces lignes se contimient sur les côtés pour cercler encore trois taches latérales rondes, plus pâles, et dont la dernière, placée près de l’extrémité de l’abdomen, est plus allongée et plus brune : ces derniers s’efïa-
(1) J. B. Dumont. Manmcrü .
cent sous le ventre, qui est d’un gris blanchâtre, avec une bande noire cpii s’étend longitudinalement du corselet au cône sétifère.
Le corselet, bombé sur les côtés, circulaire, déprimé au centre et en long, est d’un gris plombé avec un peu de brun sur les côtés et une ligne noire trèsmarquée cpii le traverse d’avant en arrière par le milieu. Cette bande noire est rétrécie au centre, et dilatée à ses extrémités, dont l’une s’étale sur la tête.
Les pattes sont extrêmement fines, ténues comme des fils, noires et ornées pour cbacune d’un cercle d’un blanc de perle cpri entoure les deux articulations fémoro-tibiale et tibio-tarsienne.
La première paire de pattes, la plus longue, a 44 mm fi’etendue ; la quatrième, qui vient après en longueur, a 28“”. La deuxième paire est un peu moins longue. Le mâle, qui est du même volume que la femelle, u’en diffère que par son appareil génital, cp,ii, sous une dimension proportionnée, est le même que celui des Pholcus.
Chez cette Aranéide, mâle ou femelle, on remarque les faits suivants :
Pris isolément, le dessin du dos représente assez bien une feuille de Mimosa dont les folioles sont
formées par les taches noii’es, ovales, opposées et obliques.
Si le Pholcus eloiigatus a séjourné longtemps dans un lieu très-obscur, il est très-brun, et les dessins que j’ai décrits ci-dessus se confondent dans la couleur générale, qui est devenue très-foncée.
Parallèle des deux espèces de Pholcus.
1 ° Cbez le PholcusBorbonicus, l’abdomen est globuleux et décrit une courbe prononcée qui rend prescpie nul l’espace qui sépare le cône des fdières de l’appareil vulvaire. Chez le Pholcus elongatus, au contraire, l’abdomen est cylindrique, allongé (V. PI. III, lig. .5, a), et l’espace qui sépare le cône sétifère de l’appareil génital est très-long et occupé par une raie longitudinale brune. Ce seul caractère suffit pour distinguer les deux espèces.
2° Le Pholcus Borhoiiicus est toujours plus volumineux, plus pâle, d’un fond plus clair. — Le Pholcus elongatus est plus mince, plus délicat, plus brun.
3° La première paire de pattes est la plus longue chez les deux ; mais les pattes du Pholcus elongatus sont plus fines, plus déliées, filiformes.
4° Le Pholcus Borhonicus présente trois anneaux
noirs pour chaque patte. Le premier et le second anneau noir allongé sont suivis d’un anneau blanc sale. Dans \e Pliolcus elongatus, les pattes sont toutes noires, avec deux anneaux d’un blanc pur qui ressemblent à des perles.
5“ Les taches dorsales, fauves ou brimes, sont opposées chez les deux, mais elles sont presque carrées chez le Pholcus Borboiiicus ; et ovales, obliques, allongées, chez \q Pholcus elonsratus.
6“ Le cocon du Pholcus elongatus est plus brun.
7° Le Pholcus Borhonicus est plus commun que le Pholcus elongatus : tous les deux habitent les mêmes lieux, mais le dernier semble rechercher les endroits les plus obscurs.
GENRE : ARTÈME. {Artema, Walckenaer.)
Ce genre, formé par Walckenaer pour deux Aranéides bizarres, offre les caractères suivants :
Yeux au nombre de huit, disposés sur deux lignes courbées en arrière. ; les intermédiaires postérieurs sont plus écartés entre eux que les intermédiaires antérieurs , et plus rapprochés des latéraux qu’ils ne le sont entre eux.
Lèvre grande, large à sa base, diminuant vers son extrémité, qui est arrondie ou tronquée.
Mâchoires longues, étroites, inclinées sur la lè\>rc, grossissant un peu xers son extrémité ; les cotés internes et supérieurs sont coupés perpendiculairement.
Pattes très-grêles et très-longues. La première paire est la plus longue, puis la quatrième ; la troisième est la plus courte (1).
(1) Walckenaer. Uni, des Im, Â'plèreSj t. I, page 656. Caractères du genre Artema, — Blainville. Dicl, tmiu, dliist. naturelle de Ch. d’Orbigny, art, Artème (apTYifjua, tout ce qui est suspendu).
Par une singularité des plus remarquables, sur les deux espèces uniques qui composent ce genre, l’île Maurice a le privilège d’en posséder une 5 et ce qui rend encore ce fait plus curieux, c’est que l’île de la Réunion, sa sceur, distante seulement d’une trentaine de lieues, ne présente pas d’AuTÈME.
Cette exclusion si tranchée, qu’on voit se reproduire pour d’autres êtres, et qui est en opposition flagrante avec les rapports si intimes qui existent dans l’htstoire naturelle des deux îles, est un fait remarrpiable.
Walckenaer, dans le tome P'', page 657, de son Histoire naturelle des Insectes Aptères, a fait une étude trop consciencieuse de I’Artème Mauricienine pour cpxe nous songions à faire mieux que de reproduire sa propre description. Il a de plus figuré dans son Atlas, avec un grand détail, cette espèce et ses particularités anatomiques.
Artème Mauricienne. {Arlema Mauritia, Walckenaer.) Long. : 8 à 9”“’.
« Abdomen globuleux, pointu vers l’anus, à fond pâle, avec des stries ou bandes formant des losanges; stries plus régulières sur les côtes.
» Corselet rond, aplati, très-enfoncé dans son milieu; fauve rougeâtre. Bandeau courbé en avant, trèsallongé.
» Pattes très-longues, d’un rouge pâle, avec des anneaux bruns aux articulations. Mandibules courtes, coniques, réunies’à leur base par une petite arête.
» Le mâle : abdomen globuleux, petit, gris souris. Mandibules excessivement renflées sur le dos, bifides et terminéespar une pointe acérée, dont le dos est armé d’une petite tige cylindrique droite, où est l’onglet, qui est très-petit. L’intérieur est creusé en cuiller, comme celle de certains Scarabées. Brun rougeâtre. Digital des palpes d’une grosseur énorme, vésiculeux et se terminant par un conjoncteur en spirale.
n De l’ile de France. Dans l’intérieur des maisons.
» Cette singulière Aranéide a des yeux placés au-
dessus d’un Lautieaa moitié aussi long que le corselet, eu croissant ou sur deux lignes courbes en arrière. — TiCs pattes sont extrêmement allongées. La première paire du mâle que j’ai décrit, avait 4 pouces G lignes. Elles sont un peu plus fortes et moins fines que dans le Pholcus, d’un rouge pâle. Les yeux sont luisants et couleur d’ambre jaune. L’onglet des mandibules est très-court et reployé à l’extrémité du prolongement interne, sans aucune dent sur les bords de la rainure (1). »
Cette Aranéide est, comme le Pholcus, une nocturne : les yeux, qui sont de couleur d’ambre et sa livrée indiquent cbez elle ce cai’actère dans ses riiceurs.
(1) Walckenaer. Hisl. des Ins, Aptères^ t. I, page 667.
GENRE : AGÉLÈNE. [Agclena^ Walckenaer.)
Ce geni’e, établi pai’ Walckenaer, est très-voisin du genre Tegenaria, cependant il en différé par des caractères essentiels qui sont tirés des yeux et de la bouche. Le genre Agelena est un démembrement du genre Araignée {Aranea, de Latreille). C’est le même que Savigny, dans la Commission d’Égypte, désigne sous le nom éCAraclmé (1).
Walckenaer lui assigne les caractères suivants :
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, sur deux lignes tres-courhées en avant; les latéraux antérieurs beaucoup plus rapprochés des mandibules cpie les intermédiaires de la même ligne. Lèvre large, quadriforme ou ovalaire, tronquée à son extrémité .
Mâchoires larges, courtes, ovalaires ou quadriformes , légèrement dilatées à leur coté interne.
Pattes de longueur médiocre ; la quatrième paire sensi-
(1) Guérin. DicL pitlor. d'IIist. naL T. T, page 61.
— iU —
hlerneiH plus longue que la première, laquelle surpasse la seconde; la troisième est la plus courte.
Ce sont des Aranéides sédentaires , formant sur les herbes, les buissons, les plantes « et dans Les maisons » une grande toile horizontale à tissu serré, à la partie supérieure de laquelle est un tube, où elles se tiennent immobiles (1).
Ce genre ne renferme qu’une seule espèce pour File de la Réunion ; elle n’hahite pas le littoral et se tient dans les régions hautes et froides (Salazie, le Brûlé, la plaine des Palmistes). On la rencontre dans les maisons, dans les lieux couverts. Elle forme, avec VEpeira Borbonica, les deux Aranéides les plus communes de l’intérieur de l’île.
Lorsqu’on voyage dans les plaines élevées de Madagascar, et qu’on se met en route de grand matin, au moment du lever du soleil, on voit les herhes basses couvertes de petits réseaux blancs que la rosée de la nuit argente comme des amas de neige : au centre se trouve une Araignée de moyenne gi’osseur, d’un gris blanchâtre, rayée de brun. Dès qu’on veut la toucher, elle se précipite dans un tube situé plus bas, et quelque-
(l) Walcke.naer. Ilisl. des Ins. Apleres, t. II, page 19.
fois même près du sol. Sa toile est suspendue sur l’herbe à la façon d’un petit hamac. Je n’ai pu la conserver pour l’êtudier, mais tout me fait présumer que c’est une Agélène, bien que les espèces qui composent ce genre paraissent peu nombreuses.
Agélène de l’ile Bourbon. {Agelena Borhonica,
Vinson.)
(PL XIV, fig. 5.)
Long. : 11 à 12""". Femelle.
Âspeet général. — Aranéicle fauve pâle, jaunâtre ou légèrement rougeâtre. On la prendrait à la première vue, hors de sa toile, pour une Lycose, dont elle a la forme généi-ale.
La tête est large, surbaissée et arrondie sur les côtés.
Le corselet est piriforme, évasé inférieurement, puis rétréci, bombé en dessus comme celui des Lycoses. Il est fauve pâle avec deux bandes latérales brunes cpii laissent entre elles un intervalle pâle, semblable à la couleur générale.
L’abdomen est allongé, ovale, légèrement bombé, fauve pâle, rougeâtre et grisâtre pour le fond, mais présentant de petites taches brunes, triangulaires, disposées en accents circonflexes et symétricpiement en trois séries : une rangée au milieu et une de cbacpie côté. Ces points angtdeux sont complétés sur les côtés de l’abdomen par de petites raies, courtes, brunes, ran-
gées obliquement les unes sur les autres comme des hachures de dessin. Les filières tentacules sont médiocrement prononcées. Les pattes sont fauve clair ou jaunâtres, annelées de biam pâle. La quatrième paire , la plus longue, mesure 25™"'; la première cpii vient ensuite a 22'"™. La troisième est la plus courte.
Les mâchoires sont droites; la lèvre est quadriforme, c’est-à-dire allongée et coupée carrément en dessus.
Les yeux, rangés sur deux lignes, sont d’égale grosseur.
Cette Aranéide, qu’on ne trouve que dans les localités centrales et élevées, en même temps que froides, de l’île de la Réunion, forme dans l’intérieur des maisons ou dans les angles des appartements une toile horizontale, concave, à tissu sez’ré, à la partie supérieure et au fond de laquelle elle ménage un tube cylindrique à deux issues, une au-dessus, l’autre au-dessous de la toile. Elle se tient, le jour, immobile dans ce tube. Son cocon est globuleux.
Savigny cite izne espèce de ce genre, à pen près semblable pour ses mœurs et sa couleur, mais de beaucoup plus petite {Araclme familiaris, Savigjiy^, qui se trouve dans les maisons de Piosette (1).
(1) Savigny. Egypte^ L. XXII. page 315, de l’édition in-1 8 . Arachnides-, pl. I, fig. 6.
GENRE : ÉPÉIRE. (£/>eira, Walckenaer.)
Ce beau genre, de l’oixlre des Aranéides et de la famille des Araignées, établi par Walckenaer, offre les caractères suivants :
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, sur deux lignes , les yeux intermédiaires figurant un quadrilatère, les latéraux écartés sur le coté, ef rapprochés par paires.
Lèvre large à sa hase, arrondie ou omlaire a son extrémité.
Mâchoires larges, courtes, arrondies à leur extrémité, étroites à leur insertion.
Pattes allongées , la première paire la plus longue, ensuite la seconde; la troisième paire plus courte que la quatrième .
Toutes les Aranéides enfermées dans ce genre sont sédentaires , forment une toile à réseaux réguliers, composés de spirales ou cercles eoncentriques , croisés par
des ra^'ons droits qui partent du centre où V Araignée se tient immobile (1).
Ce genre est représenté aux îles de la Réunion, Maurice et Madagascar par vingt Arauéides parmi lesquelles on compte un assez grand nombre de belles et de jolies espèces que j’ai dû ranger en deux groupes : les ÉPÉIRES NOCTURNES et les ÉPÉIRES DIURNES.
Bien que j’aie renoncé à ma classification générale des Aranéides en nocturnes et en diurnes, pour suivre celle de Walckenaer, j’ai cru devoir la maintenir ici dans le. genre des Épéires.
Je dois rappeler que cette partie de l’entomologie de l’île de la Réunion n’a jamais été faite; que si quelques espèces existant dans cette colonie sont signalées par les auteurs, c’est uniquement parce qu’elles ont été trouvées à l’île de France (Maurice), qui les possède aussi. On ne s’étonnera donc pas que j’aie rencontré ici, comme en d’autres genres, des espèces non décrites et cpii constituent de nouvelles à ajouter à cette coupe déjà si féconde. Je me suis appliqué à décrire et à représenter fidèlement moi -même la plus grande partie de ces Aranéides remar(p.iables, dont quelquesunes sont particulières à l’île de la Réunion. D’autres,
(IJ Walckenaer. Hisi. des Ins, Âplères^ t. II, page 29.
au contraire, sont spéciales à l’île Maurice, telles que V Epeira assidua, elV Epeira Latreilla. Cette dernière, que je n’ai pu me procurer, me semble n’être cpa’un spécimen altéré ou varié de VEpeira Mauritia. D’autres enfin sont propres à ]Madagascar , telles que VEpeira Madagascariensis , VEpeira Mitralis, VEpeira tuherculosa.
Dans l’histoire générale des Aranéides du globe, ainsi que l’a tentée Walckenaer, ce genre Epeira occupe une place immense, et les divisions en familles et en races faites par l’auteur ont été plus heureuses ici que dans bien d’autres genres. En effet , on trouve dans les Épéires des groupes naturels avec des caractères très-distincts, qui résultent de la forme de l’Aranéide, de particularités spéciales, de la manière de disposer sa toile, de tisser son cocon, etc.
Dans la famille des ALLONGÉES, la race des TUBERCULÉES forme un groupe très-naturel.
Dans la familles des DÉCORÉES, dont le corps ovoïde est à bandes, les Aranéides placent un fil en zigzag dans leur réseau ; leur cocon est en cône tronqué et non en chapelet, comme celui de VEpeira opiintise et de VEpeira Sancti Benedicti.
Dans la famille des IRRÉGULIÈRES, les espèces qui forment la race des CONIQUES BIFIDES se
l’essemblent par la disposition de leur toile, la façon dont le cocon est fait, et leurs pattes peu allongées et trapues 5 elles semblent toutes graviter par leurs caractères autour de VEpeira opwitiæ, que j’ai prise pour type d’une race : celle des OPUNTIÉES. Avec leur bifurcation abdominale en andère, les vestiges tuberculeux qui sillonnent la face dorsale ou latérale de leur abdomen, ne semblent -elles pas être des intermédiaires entre les espèces du genre Epeira et celles du genre Gasteracantha , qui ne sont après tout que des bifides exagérées? Bientôt ces caractères, simplement indiqués d’abord dans ces espèces,
se révèlent plus complètement dans les EPEIRES PLECTANOIDES, qui deviennent le lien naturel des deux genres.
J’ai cz’u devoir néanmoins dans la classification de mes Épéires faire quelques modifications trèslégères, tout en adoptant pour subdivisions celles mêmes de Walckenaer. Ainsi j’ai fait une race des CORDI FORMES avec des Aranéides nocturnes qui se ressemblent par leur abdomen en cœur, large et aplati, arrondi en avant; par leur corselet long, étroit, comprimé sur les côtés comme pour servir de gouttière aux pattes repliées, etc.
J’ai dit que les Épéires des îles de la Réunion ,
Maurice et Madagascar étaient belles et jolies : les premières se trouvent justifiées par VEpeira inaurata et sa congénère, que j’ai cru devoir séparer d’elle sous le nom à^Epeira nigra; elle est souvent plus grande et d’un beau noir bleuâtre à duvet argentin. — Les secondes le sont également par la présence de \Epeira Mauritia cpie possède aussi l’île de la Réunion; par VEpeira opuntiæ de M. Léon Dufour, qui est fort commune dans nos îles, et qui y présente tant d’espèces voisines ou des variétés dans VEpeira purpurea^ VEpeira fiava^ etc. : les unes sont d’un beau noir ou fauve avec des taches ou des lignes blanches en zigzag; les autres sont d’un blond rosé, d’un jaune orange, d’un jaune citron plus clair ou d’une couleur fauve. Toutes sont enfin remarquables par leur abdomen bifide , bombé et en quadrilatère , et par leur corps velouté , quelle que soit leur couleur.
Première subdivision des Épéires.