DES ILES DE U
Il y a soixante ans environ, Bory de Saint- Vincent, arrêté aux îles de France et de Bourbon dans l’expédition scientifique du commandant Baudin sur les corvettes le Géographe et le Naturaliste, disait en parlant de l’entomologie de ces îles : « Les Araignées surtout sont extrêmement variées, et si j’eusse eu plus de temps, je les aurais étudiées (1).»
Depuis cette époque, quelques Aranéides ont été recueillies à Fîle de France, et placées dans des collections, à cause de
(i)BoRY DE SAINT-VI^'CENT. — Yoyage aux quatre principales îles d’Afrique. Tome I, page 225.
leur grandeur et de leur beauté; ou envoyées par des naturalistes, comme Gatoire de Bioncourt, Julien Desjardins; mais aucune monographie, comprenant toutes les espèces non encore connues de ces îles, n’avait été faite.
Ce travail, indiqué comme desiderata par un homme vraiment ami de la science
et qui devint un membre actif de l’Institut, a été l’objet de mes études assidues pendant plusieurs années, en dépit des obligations d’une clientèle lourde et trop honorable pour en décliner la charge et les devoirs.
De plus, j’avais conçu l’ambition ou plutôt la témérité de vouloir faire ce travail avec un grand détail et un soin toujours nécessaire dans ce genre d’études. J’ai tenté de faire l’histoire complète des Aranéides de l’île de la Réunion et de l’île Maurice ;
celle des grandes espèces, et celle où la micrographie devient une nécessité. J’ai étudié ces insectes suivant leurs sexes, leurs variétés, suivant leur âge, leurs mœurs et le mode de disposer leurs toiles et de tisser leurs cocons. Souvent après la description à l’œil nu, je l’ai refaite avec le secours du microscope.
C’est en étudiant les mœurs de ces Aptères intéressants, que je suis arrivé à surprendre plusieurs secrets de leur existence, et à reconnaître qu’il fallait aussi voir en eux des nocturnes et des diurnes.
J’ai donné plus loin les caractères de cette division naturelle. Ce fait nouveau est basé sur l’étude des mœurs qui doit peser aussi d’un grand poids dans la balance des considérations zoologiques.
J’avais terminé mon travail sur les Aranéides des îles de la Réunion et Maurice,
lorsqu’une occasion unique vint s’offrir à moi et me permit d’étendre encore le cadre de mes observations. La reine de Madagascar, qui avait toujours fermé son royaume aux étrangers, venait de mourir, et son fils Radama II, né avec un esprit civilisateur et l’amour des arts, appelait à lui ceux qu’avaient jusque-là proscrits les lois barbares de son pays. J’eus le bonheur de faire partie de l’ambassade destinée à représenter la France au couronnement de cet excellent prince J’allais enfin voir cette grande île, l’objet constant de mes rêves, et ces richesses naturelles qui avaient tant de fois excité mon envie!
Pendant le temps que j’ai passé à Madagascar aucun de mes moments n’a été perdu: je marchai avec un intérêt toujours croissant sur une terre où tout était nou-
veau pour moi et souvent aussi pour la science. Je découvris un Indri d’une espèce inconnue que j’ai décrit sous le nom d’/ndrîs alhus dans un Mémoire envoyé à l’Institut (I). Porté vers une branche de l’histoire naturelle, où j’avais fait quelques découvertes à l’île de la Réunion, je ne
négligeai rien pour recueillir, dessiner et
décrire de beaux Lépidoptères, dont la forêt d’Alanamasoatrao(prononcezAlanamazote), l’une des grandes de l’île de Madagascar, renferme tant d’espèces splendides et inédites : je pus m’enquérir de la sériciculture indigène de la province d’Imérina, en étudier les éléments et fixer scientifiquement l’espèce de ver qui produit la soie de Madagascar (2). Je recueillis d’autres collections
(1) Voir les Comptes rendus de l'Académie des sciences. {Séance du 8 décembre 1862,)
(2) — Ibid. Note sur le ver à soie de l'Ambrevate, Borocera Cajani, Vinson. {Séance du 23 mars 1863.)
— Ibid. M. Blanchard, Rapport sur une nouvelle matière textile produite par un ver à soie originaire de Madagascar, {Séance du 7 avril 1863.)
d’insectes et des spécimens d’oiseaux, de plantes, de conchyliologie et de géologie, et des graines susceptibles de naturaliser à l’île de la Réunion plusieurs végétaux utiles. Mais la partie de l’histoire naturelle qui pour moi devait avoir le plus d’attrait fut nécessairement l’étude de l’Araclmologie :
je m’y livrai complètement.
C’est ainsi que j’ai pu réunir à l’histoire des Aranéides des îles de la Réunion et Maurice celle de Madagascar. Non-seulement je fis une collection de tout ce qui s’offrit dans cet ordre, mais je décrivis et dessinai les sujets sur les lieux mêmes.
En entomologie, les collections renferment des moyens puissants de représentation : elles réunissent et conservent les sujets presque à l’état naturel. Seules, les Aranéides font exception : elles échappent à cette ressource précieuse. La mort ap-
porte promptement dans leur aspect des changements profonds de couleur et de forme qui mettent les descriptions en défaut, lorsqu’elles n’ont point été faites sur le sujet vivant. Les divers modes de pré- " paration employés jusqu’à ce jour n’empêchent pas de notables altérations : le dépouillement intérieur de l’ahdomen, opération difficile, enlève le duvet dont ces insectes délicats sont revêtus; l’alcool brunit ou détruit leurs couleurs éclatantes, et la dessiccation modifie étrangement leurs formes naturelles. J’ai donc cru devoir obvier à ces inconvénients en dessinant et en peignant moi-même d’après nature et avec soin presque toutes les espèces décrites.
Je me suis efforcé de faire aussi complète que possible l’histoire que j’ai entreprise de ces Aptères intéressants, qui.
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dans la classe de ces animaux, s’éloignent des insectes ordinaires, et se rapprochent des êtres plus perfectionnés par leur mode de respiration. Dans cette tâche, j’ai rencontré nécessairement, puisqu’elle n’avait jamais été tentée, un certain nombre d’espèces nouvelles, inconnues, non dénommées et que j’ai dû décrire et nommer.
J’ai dû même faire pour une véritable Aranéide de la famille des Araignées, et qui représente la forme des Scorpionides , un genre nouveau (1). Je l’ai fait, non sans quelque regret, je l’avoue; car multiplier les genres, encombrer les abords de la science, quand la simplicité doit la rendre accessible pour tous, m’a toujours semblé un malheur.
Linné, dont je salue le nom avec la véné-
(1) Voir dans cet ouvi'age le genre Ârachnoure (àpa^vifl, araignée, oûpà, queue), araignée qui porte une queue.
ration que lui doivent tous ceux qui entrent dans le domaine de l’iiistoire naturelle, s’est attaché d’après sa classification à réunir par les ressemblances. En cherchant les différences, ses successeurs ont désagrégé et désagrégeront bientôt à l’infini les groupes naturels créés par lui, au point que ce grand homme apparaissant aujourd’hui resterait confondu de tant de changements I
J’ai profité de quelques Aranéides qui sont d’une grande dimension et très-fréquentes à l’île de la Réunion, pour étudier sur elles des détails d’organisation anatomique, et pour vérifier les faits avancés par des Aptéristes d’un haut mérite.
Ces travaux répétés pour ma propre instruction ont peu d’attraits pour ceux qui demandent du nouveau, et je les passerai sous silence. Cependant, comme le sys-
tème sétifère des Aranéides et quelques détails sur l’appareil sexuel sont des questions intéressantes , j’en dirai ■ quelques mots.
Placé sous le ventre, à sa partie antérieure ou basilaire, l’organe générateur, chez l’Aranéide femelle, est logé dans un pli opposé à la situation des filières : ce pli transversal, ainsi placé, divise la partie sous-abdominale en deux portions, une antérieure courte qui se lie au thorax; l’autre postérieure, plus étendue et qui est libre. C’est à l’extrémité de celle-ci que sont assemblées les filières : c’est aussi contre cette dernière, à sa naissance, que se trouve attaché l’organe générateur de la femelle. Chez notre belle Épéire noire (Epeira nigra, Vinson), ce sillon est d’un beau rose qui tranche avec la couleur noire et veloutée du reste de l’Aranéide. Petit,
comparativement à la dimension colossale de cette Épéire, cet organe paraît être en proportion de rexigiiïté du mâle.
Les filières situées chez la plupart à l’extrémité postérieure et libre de l’abdomen, à la pointe de celle-ci, en dessous du ventre, sont au nombre de cinq : trois postérieures plus petites et plus brunes; deux antérieures plus claires et plus charnues; les premières sont très-velues, les deux antérieures le sont moins : chez la belle Épéire dont j’ai parlé, ces dernières sont d’une belle couleur carnée. Au fond, entre les pointes des filières, on voit un orifice à double lèvre; c’est l’orifice anal par où l’insecte projette des excréments d’une couleur blanche et d’une odeur fétide. Ainsi donc la vulve, distincte des cônes sétifères au sein desquels on trouve l’orifice anal, est placée à leur opposite.
J’ai parlé du système sétifère des Aranéides, c’est le point le plus intéressant de l’histoire de ces savantes fdeuses : celui par lequel, un jour peut-être mieux appréciées, elles peuvent rendre à notre industrie des services dont il n’est pas permis aujourd’hui de prévoir l’importance. Les Aranéides tisseuses ont une variété de fabrication sur laquelle on ne s’est pas assez arrêté. Suivant leur destination diverse, ces fils ont des couleurs différentes. De cette manière, des Aranéides tendent dans leur toile des fils diversement disposés ou fabriqués : chez certaines Épéires, — les Décorées, — il existe dans la trame tendue pour la chasse un fil couleur d’argent, ou de soie blanche, éclatante, disposé transversalement en zigzag, au milieu de la toile, au-dessus et au-dessous de l’Aranéide. Ce fil, seulement indiqué dans les auteurs.
et dont l’usage inconnu est resté sans explication, a été le sujet de mes études et d’une curiosité persévérante de ma part.
On me pardonnera de raconter avec quelque détail, à càuse de sa singularité, ce fait qui se rattache à l’objet que nous traitons. Il concerne la belle et riche Aranéide à bandes d’argent, une des plus rares que nous ayons (Epewa Mcmritia, Walckenaer), si près dans sa beauté de l’Araignée fastueuse.
Cette Épéire ne se trouve que dans les lieux humides, au milieu des herbes fines et argentées par la rosée : c’est là, au sein de ces rêts déliés, qu’elle étale ce fil blanc de soie, disposé en zigzag ou en V, qui exerça vainement la sagacité du naturaliste Dumont, et dont un heureux hasard me fit connaître le singulier emploi et la logique prévoyance. J’avais lu dans le manuscrit de J.-B. Dumont le passage suivant :
« Ce qu’il y a de plus remarquable dans la toile de cette Araignée, c’est un fil qui a la blancheur de la soie, posé verticalement dans le milieu du réseau, en forme de zigzag dans une étendue d’environ deux pouces; je n’ai pu découvrir à quel usage, dit-il, sert ce fil d’une couleur différente des autres parties de la trame, et posé d’une manière aussi particulière. » J’avais rencontré dans une touffe d’asperges une de ces belles Épéires, suspendue au centre de sa toile avec son invariable fd blanc; je ne me lassais pas de venir l’observer chaque jour durant de longues heures : je faisais tomber des mouches, de petits insectes que l’Araignée s’empressait de dévorer, après les avoir habillés comme d’un linceul blanc avec les fils déliés qu’elle faisait pleuvoir de ses filières : ces fils sortaient avec tant de vitesse et paraissaient si serrés
entre eux qu’ils ressemblaient à un jet de vapeur ou de fumée blanche. J’étais déjà loin du premier jour de mes observations, et le mystérieux fil en était toujours là, comme un secret pour moi, lorsqu’enfin pendant que je regardais ma splendide Araignée, une sauterelle que je n’aurais osé lui offrir à cause de sa force, vint donner dans sa toile qui en fut ébranlée :
l’Araignée ne fit qu’un bond sur sa proie.
Je crus qu’elle n’en viendrait pas à bout :
mais elle l’enveloppa dans ce fil blanc, vrai cable de réserve dont les petites proies que je lui avais jetées précédemment n’avaient point nécessité la puissante intervention. — L’usage de ce fil me fut donc révélé. La chasseuse le replaça de nouveau dans sa toile; le lendemain je revins avec une sauterelle de même force, et me promis de contrôler mon observation de la veille.
Le succès de ma prévision fut complet!
On comprendra facilement la joie que j’éprouvai de cette découverte, après les longues heures de patience que j’avais mises à la poursuivre. — Aussi cette Araignée, moyenne de grandeur et cependant débile, a besoin de se prémunir à l’avance de fils plus solides que ceux qu’elle fournit spontanément pour arrêter un insecte un peu fort. J’ai vu cette même espèce, attirant à son secours avec l’extrémité d’une de ses pattes cette trame singulière, la couper d’un trait avec ses mandibules, et en enrouler comme d’un ruban l’insecte palpitant qui cherchait à lui échapper : en même temps des fils nombreux sortaient comme une vapeur légère; distribués avec soin et rapidité, ils achevaient de former autour de la proie expirante un vrai linceul de neige. La toile entière d’où l’Épéire
a enlevé ce fil reste vide et endommagée un moment; mais l’habile ouvrière la répare aussitôt avec des rêts nouveaux :
et bientôt elle se replace au centre avec un nouveau fil en zigzag, qu’elle a rétabli avec son adresse merveilleuse.
D’autres espèces, les Gastéracanthes de l’île de la Réunion, apportent dans les fils diversement tendus, au milieu desquels elles établissent leurs réseaux réguliers, une confection toute spéciale : comme ces fils sont isolés, assez éloignés les uns des autres, ils sont fabriqués autrement que ceux du réseau intérieur, et présentent à de courts intervalles de petits renflements cotonneux, qui les font apparaître comme interrompus de distance en distance. Ces renflements donnent à la trame au besoin une force et une élasticité plus grandes. Les Gastéracanthes de Madagascar,
plus volumineuses et plus fortes, ne suivent pas cette loi : elles tissent verticalement leurs fils, tout à fait comme les toiles des Épéires.
Il est difficile de s’imaginer la force que certaines Araignées empruntent de leurs fils : j’ai vu un des Pholques qui habitent nos demeures, et dont les pattes longues et fines paraissent ne témoigner que de la faiblesse, se rendre maître d’un Scolopendre énorme, par l’adresse et la multiplicité de ses fils. Celui-ci fut absorbé, sucé, et il ne resta plus que son enveloppe desséchée. Qui eût jamais pensé qu’un si mince agresseur eut réduit un si rude ennemi!
A Madagascar, l’Épéire tuberculeuse jette d’une rive à l’autre, sur des cours d’eau assez considérables, des fils d’une prodigieuse étendue, dans lesquels s’arrêtent des
Libellules nombreuses et de forts Agrions.
J’ai observé ce fait sur les eaux courantes des forêts intérieures : on dirait de vrais ponts aériens. A l’ile de la Réunion, c’est aux stipes ridés de nos grands Pandanus qui s’élèvent vers le ciel en ouvrant leurs feuilles gladiformes, imbriquées en bélice, que nos gigantesques Épéires attachent leurs fils longs et soyeux, et les établissent d’un arbre à l’autre à la distance de plusieurs mètres. Dans ces réseaux forts, multipliés et très-étendus, on les compte par centaines, vivant en famille et en bonne harmonie. On en trouve de tous les âges, de toutes les grosseurs; ce sont l’Épéire noire et l’Épéire dorée, commensales si bonnes, que des Linyphies viennent s’établir sur leurs grandes toiles pour y glaner les petites proies. Ces faits me parurent si étranges, que je les signalai
au vénérable et savant M. Léon Dufour, dans une longue lettre que je lui écrivis de l’île de la Réunion, en lui retraçant les mœurs et les dessins de ces humbles mais brillantes Aranéoles : «Merci, mille fois merci, me répondait l’illustre savant, de votre communication descriptive et iconographique. Votre travail sur les Araignées de l’île de la Réunion, conçu surtout d’après le plan de la description des figures et de l’étude de l’industrie, des mœurs et du genre de vie : c’est là la véritable histoire des insectes, la science des Réaumur, des Geer, etc... L’étude de la bouche, le nombre et la position des ocelles, la structure des griffes plus ou moins pectinées, forment sans contredit les traits les plus essentiels pour l’établissement des genres, et vous êtes parfaitement dans cette voie de la bonne observation.
» Vos détails sur le singulier parasitisme de vos petites Araignées^ vivant en bonne intelligence avec les fabricants légitimes de la grande toile usurpée, ont pour moi et pour la science le plus baut intérêt. » (Lettre à M. le docteur Auguste Vinson. Saint - Séver. (^Landes . 14 sept.
Dans ces grandes toiles à fils jaunes, ces Aranéoles semblent surtout rechercher instinctivement la protection des grosses Épéires sans lesquelles elles seraient complètement détruites. Là, ces petites Aranéides parasites se suspendent en quantités innombrables, et en les y cherchant, les oiseaux se font prendre par les fds de la grande Araignée. Que de fois, enfant et courant parmi nos beaux gérofliers, j’ai rencontré ces oiseaux, et en particulier notre jolie Mousserolle, le Muscij)eta Bor-
honica de Cuvier, enlacés dans les toiles gigantesques de notre grosse Épéirel Que de fois allant, après le coup de fusil, vers le gibier tombé, j’étais dans le nuage de fumée, contrarié moi-même par la toile du monstrueux insecte, au milieu de laquelle je donnais en plein visage. Alors détachant son fil amer et résineux collé à mes lèvres, je ne me doutais pas que la médecine trouverait un jour dans l’emploi de ce tissu, en en formant des pilules, un succédané au sulfate de quinine contre les fièvres intermittentes, et dans l’application de ces mêmes fils amassés et posés en topiques sur les plaies ou sur les piqûres, un remède aux hémorrhagies (1)!
(l) Des travaux ont été entrepris dans ces derniers temps à ^lexico et publiés en espagnol par MM. Baphaël hiicio et Jgnalio Alvarado sur le venin des Arachnides et son emploi en thérapeutique. Suivant ces auteurs, ce serait un des plus puissants sudorifiques connus, et un siccatif des plaies les plus rebelles, telles qu’en présentent la syphilis, la lèpre, etc.
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Si jamais l’industrie tourne ses regards vers l’exploitation utile des fils de nos Aranéides, c’est assurément à ces Épéires géantes, l’Épéire noire, l’Épéire dorée et à la grosse Épéire de Madagascar, qu’elle devra s’adresser. Jean-Baptiste Dumont et Walckenaer ont déjà fait remarquer à la suite de leur description, que cette dernière espèce donne des fils jaunes asuscejitibles d’être tissés. » Ces fils, très-forts, très-longs, ressemblent à la plus riche soie couleur orange ou or, que la Chine nous envoie.
11 suffit de prendre entre les doigts le volumineux abdomen, ovoïde, allongé, de l’Aranéide et de tourner ce fil sur un fuseau ou sur un dévidoir : la source en semble intarissable. Après avoir ainsi tiré de cet insecte une abondante quantité de soie, il paraît n’en point souffrir, et peut être remis en liberté. C’est avec les fils de cette