‹ Aranéides des îles de la Réunion, Maurice et Madagascar (volume 2)Chapitre 20 sur 32 · FAMILLE : LES ALLONGÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE : LES ALLONGÉES

Race : LES TUBERCULÉES.

Celte race, formée par Walckenaer dans la famille des ALLONGÉES en raison des deux tubercules saillants, ressemblant à deux gros yeux supportés par deux pédicules noirs et brillants, renferme pour les îles de la Réunion et Maurice les belles espèces dont l’une est nommée par Walckenaer Épéire bore'e {Epeim inaiirata') et Fauti’e par nous Épéire noire {Epeira iiigra').

N ous allons figurer et donner la description de ces deux belles Ai’anéides, en représentant, et en faisant connaître en même temps les mâles qui, eux, n’ont été jusqu’ici ni décrits, ni figurés.

Nous joindrons à cette race I’Épéire de Madagascar {Epeira Madagascariensis), la plus grande Aranéide de cette île.

1'' Épéire DOREE. (^Epeira iriaicrata, Walckenaer) (1).

(PL V, fig. 1.)

Long. : 39 à 43““. — Femelle.

« Les pattes antérieures ont 68““ de longueur. La tête est grosse et convexe, d’un noir brillant, ainsi que les mandibules qui sont très-fortes ; les yeux sont petits et noirs : deux mamelons saillants à l’union de la tête avec le corselet : celui-ci est convexe sur ses bords, noir, recouvert d’un duvet argentin en ai’rière et dans son milieu qui est déprimé: Pattes longues, noires, le second article rouge marron clair, et recouvertes de poils assez raides et courts. — Abdomen gros, allongé, elliptique, plus étroit postérieurement j noir, recouvert d’un duvet argentin sur la base et les côtés j le dessus d’un jaune vif et marqué de deux rangées de points noirs. Convexe. Le dessous également convexe, noir ; une bande transversale d’un jaune très-pâle vers la base ; quelques traits disposés en long de la même couleur : mamelons très-saillants ; palpes noirs avec le deuxième article marron.

w Sur les arbres et sur les arbustes où elle file une grande toile à réseau vertical : il part de différents points

(1) Walcke>’aer. Hist. nal. des Ins. Aptères, t. II, page 94.

de sa circonférence de longs fils très-forts qui servent à rattacher aux arbres voisins. Ces fils sont très-forts et susceptibles d’être filés (1). »

Walckenaer a décrit la même Aranéide dans les termes suivants : — « Longueur ; un ponce trois lignes.

» Corselet brun à sa partie antérieure, argenté à sa partie postérieure avec des raies veianiculaires plus brillantes. Les deux tubercules coniques sont noirs ou d’un rouge clair, dans les jeunes, et ressemblent à des yeux très-saillants. La tête est arrondie et les yeux du carré du milieu sont sensiblement plus petits que les latéraux ; les yeux antérieurs de ce carré sont plus gros que les postérieurs. Le corselet a des taches argentées sur le devant et à la naissance des pattes. Les mandibules sont noires, les mâchoires d’un brun noir à extrémité rouge.

» Abdomen d’un jaune doré, brillant, uniforme, avec • des poils argentés à la partie antérieui’e. Le dos de couleur plus claire dans le milieu, avec des raies fines, allongées.

» Ventre jaunâtre, d’un brun noir dans son milieu. — Cuisses et jambes rougeâtres, avec les extrémités bru-

(1) J. -B. Dumont. Ma?iuscnL An VIII.

nés, chargées de poils \ le dernier article entièrement noir.

n La première paire de pattes a deux pouces huit lignes, la seconde deux pouces trois lignes, la quatrième deux pouces deux lignes, et la troisième un pouce cinq lignes — Ancien monde. Océan Indien. Ile de France.

» Le corselet a six lignes de long, l’abdomen a neuf lignes; lorsqu’elle est jeune, fauve (I), et les raies allongées sur le milieu du dos sont alors plus visibles.

» Très-commune àl’îledeFrance, où elle fait des toiles fortes susceptibles d’être filées. — Collection de Bosc, Catoire et autres. »

J’ai cru devoir donner la description de J. -B. Dumont, qui est très-exacte et faite sur les individus vivants, et celle de Walckenaer, à cause de l’autorité de ce naturaliste. Quand l’abdomen est d’un jaune bien pur, on y distingue parfaitement huit points noii’S enfoncés : les deux antérieurs, placés près de la base, sont isolés ; les six autres points, posés plus loin, sont reliés entre eux par des lignes noires et déliées qui simulent assez bien le dessin d’un M.

Cette Aranéide, magnifique ainsi cpxe la suivante, dé-

(1) Cette Aranéide n*est jamais fauve^ mais toujours d'un beau noir gros bleu. Ces altérations de couleur qui influent souvent sur les descriptions qui ne sont point faites sur l’insecte vivant, viennent des changements qui se produisent après la mort.

pose un très-beau cocon très-grand, et d’un beau jaune orange, non dans sa toile, mais contre quelque rainure voisine, ou dans un endroi t abrité près d’elle ou à quelque distance f elle l’enveloppe d’une bourre plus pâle.

Mâle de l’Epeira inaurata. (PL V, fig. 2.)

Long. : 7 à 9'"".

Corselet petit, allongé, fauve clair, semi-transparent, bordé de brun. Abdomen ellipsoïde, allongé, étroit, arrondi à la base et à son extrémité postérieure, où il est un peu plus gros. Il est noir et représente sur sa face supérieure le dessin d’une croix noire renversée et circonscrite par des lignes blanches souvent mêlées de jaune vif. Les deux lignes qui forment le pied de cette croix, du côté de la base abdominale, sont plus apparentes et plus largement indiquées. Quelques points blancs dans le centre noir de la croix elle-même.

Cette Aranéide est remarcpiable en raison de ses dimensions si restreintes relativement au volume énorme de la femelle, qui est une de nos deux plus volumineuses Araignées. Elle est aussi remarquable par la conformation de ses palpes, qui sont renflés en spbère transparente, couleur de talc un peu verdâtre ou jaunâtre, et qui se terminent par un long conjoncteur, appendice charnu, recourbé en bas et un peu en dehors sous le corselet, près de l’origine des premières pattes. Cel-

les-ci sont transparentes à leur insertion, d’un brun verdâtre dans le reste, quand l’Araiiéide est jeune : chez les adultes le fémoi’al, le tibial, et même le cubital sont jaune orangé avec les extrémités articulaii’es noires.

Les yeux sont petits et noirs, disposés comme chez les espèces du genre. Il n’y a point ici sur le corselet les tubercules coniques qu’on renconti'e chez les femelles; la lèvre est large et les mâchoires sont très-dilatées à leur extrémité. Le dessous du corps est noir avec deux ligues parallèles d’un blanc jaunâtre dirigées dans le sens longitudinal.

UEpcira inaurata mâle se tient sur la toile de la femelle à l’une des extrémités ; ou se bâtit 'une toile plus petite près d’elle.

UEpeira inaurata femelle porte dans son jeune âge une livrée exactement semblable à celle du mâle et n’en diffère que par l’absence des palpes renflés. Elle ne la quitte que parvenue à un certain accroissement. Le blanc et le noir s’absorbent peu à peu pour faire place à la couleur jaune d’or.

8“ Épéire noire. {Epeira nigra, Vinson.)

(PI. VI, fig. 1.)

Long. : 45““. — Femelle.

C’est la plus grosse Araignée de l’île de la Réunion :

je ne l’ai point rencontrée à Madagascar, elle mesure 42 à 45“” (1).

Pour la tête, le corselet et les pattes, elle représente exactement, sous des dimensions plus fortes et plus robustes, I’Épéire dorée {Epeira iiiaurata), avec laqiielle elle paraît avoir été jusqu’à ce jour confondue à tort. Elle est, comme cette JÉpéire, fortement tuberculée. L’abdomen est gros, ellipsoïde, arrondi et bombé audevant 5 il est d’un beau noir bleuâtre (couleur qui est constante et ne vai'ie jamais), avec un duvet argentin en dessus, en avant et sur les côtés.

L’absence totale de la couleur jaune d’or, qui distingue VEpeira inaurata, et son plus fort volume, malgré la ressemblance de ses fonnes et l’identité de ses pattes, me font séparer cette belle Épéire de sa congénère.

Cette séparation d’espèce est confirmée encore par la différence profonde des deux mâles, qui n’ont aucun rapport.

U Epeira nigra paraît se rapprocher peut-être, parmi les TUBERCÜLÉES , de I’Épéire mangeable {Epeira edulis, Walck.) de Labillardière, et que je ne connais que par la description de Walckenaer.

(1) VEpeira Madagascariensis est d’un aussi beau volume.

— Mâle de l’Epeira nigm. (PL VI, fig. 2.) Le mâle d’une si grosse Araignée n’a que 4 à 5”“ de long, il est effdé avec les pattes longues. Dans son petit volume, il représente les formes de la femelle : il n’a pas les tubercules sur le corselet : sa tête se détache du thorax, qui même est plus foncé. Toute l’Araignée est d’un rouge marron uniforme avec une bande longitudinale plus brune sur l’abdomen. Cette bande n’atteint pas son extrémité. Ses palpes, terminés par un renflement sphérique, portent à l’extrémité un conjoncteur long, légèrement courbe, terminé en pointe. (PI. VI, lig. 2, a; 2, b.) Dans l’état de repos, ce conjoncteur est ramené en dehors, le long des palpes. L’animal le redresse et lui donne une direction verticale, en bas, dans Lexcitation amoureuse. Ce renflement sphérique et ce conjoncteur ressemblent à ce que nous avons déjà vu chez le mâle de VEpeira inaurata. Rien de plus disparate que de voir la petitesse du mâle de I’Épéire noire, auprès du volume énoi'me de la femelle ^ il se promène sur elle, marche sur ses côtés, fuit rapidement en se laissant glisser le long de ses longues pattes comme le long d’un câble, lorsqu’il redoute sa colère. — Il se réfugie sur le milieu de son dos pour échapper à son atteinte. Lorsque la femelle paraît paisible, ou captive, il se glisse doucement sous son abdomen, se met ventre

à ventre avec elle, en se portant près de l’insertion du corselet; là il redresse l’appendice pilifornie d’un de ses palpes, et il l’enfonce dans la femelle près de la ceinture en s'agitant d’un mouvement voluptueux et désordonné de l’abdomen. Le mâle se tient cramponné à cet endroit pendant fort longtemps, cpielquefois même pendant plus d’une heure; mais il reste de longs instants inactif. Est-ce un pi’élude? Est-ce un véritable accouplement? C’est sur les grandes espèces, comme celle-ci, que ces phénomènes peuvent le mieux être étudiés. — Malgré l’autorité de de Blainville, je n’ai jamais vu l’approche de cette Araignée se produire autrement. Ce n’est donc pas un prélude, mais l’acte luimême de la copulation.

La nature a pi’évu les dangers que peut courir le mâle, en dotant chaque toile et chaque femelle de la présence de deux males. Ils sont très-lascifs et profitent même de la stupeur où se trouve la femelle lorsqu’on vient de l’arracher à sa toile, pour se livrer aux manœuvres que je viens de décrire. Le plus faible des mâles se tient éloigné du plus fort; s’ils se rencontrent, ils se livrent un combat acharné. Ayant renfermé dans un grand bocal deux mâles avec une femelle, je les ai vus s’aborder avec furie et l’un d’eux tomber sur le carreau, expirant. L’autre alla incontinent se placer

SOUS la femelle, ventre à ventre, et se livrer à sa manœuvre amoureuse. Celle-ci , immobile, et peut-être aussi terrifiée par son récent emprisonnement, laissait faire paisiblement.

UEpeira nigra file une toile très-forte, susceptible (l’être tissée : ses fils sont jaune d’or^ son cocon, qu’elle attache à l’écorce des arbiœs ou dans quelque recoin, est d’un beau jaune, entouré d’une bourre de même couleur.

9“ Epéire de Madagascar. {Epeira Maclagascariensis , Vinson.) (PI. VIT.)

Long. : 45““^. — Femelle.

Aspect général. — Grande, tuberculée; corselet noir avec du duvet d’argent. L’abdomen allongé et cylindri(jue, noir, argenté; des points et des dessins jaunes d’or, au centre, sur un fond noir ; l’un, placé sur le sommet de cet organe, représente une couronne. Pattes d’un beau rouge de feu, — avec le voisinage des articulations et les extrémités noirs.

La tête est grosse, arrondie, bombée et plus élevée que le thorax : à sa base, elle porte deux petits tubercules pointus. Le corselet noir, ovale, étalé, plus rétréci en arrière, est déprimé au centre, rayonné vers les côtés etboi’dé à sa circonférence. Le tout est recou-

vert d’un duvet d’argent qui se change en un noir brillant sur la tête. Les yeux sont portés sur des éminences l’espectives : un carré élevé supporte ceux du milieu ; les latéraux, qui en sont très-éloignés, ont un support commun et proéminent qui les relie par paires.

L’abdomen est ovoïde, elliptique, allongé ; vers sa base, il est arrondi en avant, bombé et incliné en arrière, où ibse termine en une pointe émoussée. Il a 30 à 32 millim. de longueur. Il offre les couleurs de l’ébène, de l’argent et de l’or, magnifiquement disposées : — d’abord en avant une bande noire qui va s’étendre sous l’abdomen, traversée par des mai'brures argentées', puis un cercle d’un blanc d’argent doidilé en dedans d’un fond noir sur lequel ressort vers le haut une tache d’un beau jaune d’or surmontée de points de même couleur et offrant l’image d’un diadème. Au-dessus et successivement, des petites taches et des points jaunes sont disposés par groupes de six, de quatre et de deux, d’une manière régulière, ou d’autres fois mêlés à des stries de même couleur.

Les flancs sont traversés obliquement par des veines blanches argentées, ondulées, qui partent du cercle blanc principal pour revenir ou se perdre sous le ventre, qui est noir. Ces veinules, blanches en dessous, se colorent souvent en jaune. Le ventre est traversé

par deux Laudes étroites d’uii blanc jaunâtre. La poitrine est noire.

Les yeux sont l’ougeàtres, les palpes noirs.

Les pattes sont très-foi’tes et très-allongées : elles ressemblent à celles de VEpeira nigra, mais ne sont point velues et chargées de poils en pinceaux à l’extrémité du second article : elles sont d’un rouge de leu, et noires près des articulations et à leur extrémité.

Cette Épéire est la plus grande Aranéide de Madagascar : elle figure assurément au nombre des plus belles de la famille des ALLONGÉES et de la race des TU- BERCULÉES. Elle se rencontre à Manambounitra, puis dans la province d’Ankove, au pied du Mandrabody. Les indigènes la nomment .fèu/u-Z'é (ce qui veut dire Araignée grande), et la mangent cuite avec du saindoux. Ses fils sont très-longs et très-forts, et sont susceptibles d’être travaillés : la soie en est jaune et belle, comme celle de VEpeira nigra et de VEpeira inaurata, près desquelles cette Araignée vient se ranger.

FAMILLE : LES DÉCORÉES. (Walckenaer.) '

race: les ellipsoïdes.

10“ Épéire Latreille. {Epeira Walckenaer.)

« Abdomen ovalaire, avec quatre ou cinq bandes transversales de couleur carmélite, séparées par autant de bandes brunes, sur lesquelles se détachent des points argentés disposés régulièrement. {Muséum.')

)) Walckenaer, Hist. not. des Aranéides, fascic. Il, lig. 4 (à toi't indiquée comme venant du Bengale). Latreille, Dictionnaire d’hist. nat. T. X, p. 309.

J) Ancien monde. — De l’île de France, suivant Latreille (1). ))

1 1“ Épéire de l’ile Maurice. {^Epeira Mauritin, Walckenaer.)

(PI. VIII, lig. 2; 2, a.)

Cette jolie Épéire, qui porte le nom de l’île Maurice,

(1) Walckexaer. Hist. des Ins. AplereSi l. II, page 108.

existe egalement à l’île de la Re'union, où elle a été l’objet de plusieurs observations de ma part. Elle n’y est pas extrêmement commune. Cependant, le 25 mai 1861, je l’ai rencontrée au sein même de la ville de Saint-Denis, dans un jardin, près d’un petit bassin C’est celle qui a servi à mes dessins. J’ai pu à diverses reprises répéter sur elle l’expérience qui se rattache au fil blanc disposé en zigzag, qu’elle place dans sa toile.

Dans son manuscrit, Dumont l’a décrite d’une manière fort exacte : il la nomme Araignée tendeuse à bandes d’argent. « 9 à 10 lignes. Corselet circulaire , bordé , aplati , recouvert d’un duvet soyeux couleur d’argent. J^a tête séparée du corselet par des lignes bien prononcées; abdomen ovale, recouvert par des bandes de couleur d’argent et d’or pâle, séparées par des lignes noires. Huit yeux; quatre formant un cari’é dans le milieu; les deux postérieurs plus gros et plus écartés, les latéraux posés sur une ligne oblique, et réunis. Pattes longues, annelées de jaune orangé et de noir foncé, l’extrémité noire : elles sont légèrement velues et recouvertes de quelcpies poils noirs, épineux (1). Palpes pâles; deux

(1) Quelquefois ces pattes sont entièrement noires: elles sont annelèes, chez les jeunes femelles, surtout lorsqu’elles n’ont pas pris tout leur développement.

anneaux noirs sur le second article; le dessous de l’abdomen d’un beau noir de veloui'S piqueté de jaune sur les côtés. Deux bandes jaunes, longitudinales dans le milieu, comme ramifiées et interrompues devant les mamelons; cinq points couleur d’argent entre ces bandes; mamelons saillants, couleur de chair ou d’un brun rouge.

« L’on trouve cette belle Araignée dans les savanes humides, le long des ruisseaux ou sur le bord des bassins; elle construit une toile verticale, au milieu de laquelle elle se tient dans une position horizontale ou la tête en bas. Ce qu’il y a de plus remarquable dans la toile de cette Araignée c’est un fil, qui a la blancheur de la soie, posé verticalement, dans le milieu de sa toile en forme de zigzag, dans une étendue d’environ deux pouces ; je n’ai pu découvrir à cpiel usage sert ce fil d’une couleur différente des auli’es parties de la toile et posé d’une manière aussi particulière.

» Cette Araignée se rapproche beaucoup de l’Araignée fastueuse décrite par M. Badier (1) à la Guade-

(1) M. Badier était, en 1778, voyer cl habitant de la Guadeloupe. II paraîtqu'il s’intéressait à toutes les branches de rhistoire naturelle, car Dazile nous apprend que ce fut M. Badier qui envoya le premier en France, à un médecin de la Faculté de Paris, des feuilles, des fleurs, des fruits, et une certaine quantité d’écorce de quinquina Piton, qui semrent h un travail lu en séance publique de la faculté de Paris, an. 1778. (Dazile. Maladies des pays chauds, pagti 201.)

loupe. Cependant l’Araignée à bandes d’argent en diffère par plusieurs caractères ^ les bandes d’or paille cpiï recouvrent l’abdomen ne sont point toujours terminées par des lignes transversales d’un ronge d’ocre (1). Les anneaux des pattes de l’Araignée à bandes d’argent sont constamment noirs; ils sont bruns sur l’Araignée fastueuse. Ce qui me fait croire aussi qu’il n’y a point d’identité d’espèce, c’est que 31. Badier ne parle point du fil blanc disposé en zigzag dans le milieu de la toile (2), ce qu’il aurait sans doute observé si la toile de l’Araignée dont il donne la description avait eu cette disposition particulière (3). »

J’ai dû conserver, sans y toucber, la description et les raisons de Dumont, bien que quelques-unes de ces dernières aient été éclairées depuis. 3Iais cependant, et comme l’avait pensé ce naturaliste, l’espèce fastueuse {Epeirafastuosa, Olivier) de la Guadeloupe et l’espèce de l’ile 3Iaurice sont deux espèces distinctes de la même famille, cbacune ayant sa beauté particrdière.

J’ai dit sur les considérations générales qui précè-

(1) Quelquefois cependant on trouve des femelles ayant une ligne d’un rouge d’ocre sur les bandes jaunes près du bord antérieur. Les bandes transversales jaunes ont un reflet lilas.

(2) Ce fd en zigzag est indiqué pour VEpéire fasciée dans Walckenaer, mais il n’en dit pas l’usage.

(3) J.-B. Dumont. Manuscrit»

déni sur les Épéires des îles de la Réunion el Maurice, ce qu’une observation attentive et répétée m’avait fait connaître sur l’emploi de ce fil blanc ^ que c’était un fil plus fort, disposé en zigzag, pour doubler sou étendue, et placé comme un fil de réserve, pour arrêter une proie un peu forte et capable de se dessaisir, en les brisant, des fils ordinaires de la toile. J’ai même rencontré deux de ces fils, un supérieurement disposé eu V, et l’autre placé en bas, et l’Araignée se tenait au milieu, les pattes étendues, sous la foi’ine d’un X. Les deux paires antérieures relevées et écartées en haut, les deux postéi’ieures écartées et ramenées en bas.

Cette Ai’anéide, observée en juin, poixl sur l’une des extrémités de sa toile des œufs enfermés dans un cocon, gros comme une noisette, un peu bombé, blanc, cotonneux et recouvert de fils verts.

Mâle. — Le mâle, plus petit que la femelle, a deux lignes el demie de long. Le corselet est circulaire, un peu plus grand que l’abdomen qui est ovale, presque elliptique. Ces deux parties sont recouvertes d’un duvet argentin. L’abdomen n’a pas de bandes transversales aussi trancbées que cbez la femelle. Palpes courts , terminés par un renflement gi'os, un peu velu. Les pattes sont d’un beau rouge, les derniers anneaux de

l’abdomeii forment un petit triangle d’un rouge pourpre, dont la pointe est tournée vers sa base, et qui est comme implanté dans le duvet argentin qui forme la partie antérieure de l’abdomen. — Très-rare.

J’ai rencontré YEpeira Mauritia aussi à l’intérieur de Madagascar, deux jours avant d’ai’river à Tanana-

l’ive.

•famille: les festonnées. (Walckenaer.)

« Mâchoires courtes, arrondies, aussi larges que hautes.

» Corselet très-plat, le plus souvent couvert de poils argentés.

» Abdomen découpé ou festonné.

)) Aranéides formant un cocon ovoïde tronqué (1). »

12“ Épéire australe. {Epeira australis, Valckenaer.)

« Corselet argenté, abdomen festonné à huit lobes, dos avec des bandes transversales carmélite claire et des bandes argentées. — Les bandes carmélites ou rougeâtres sont interrompues par des lignes argentées,

(J) Walckenaer. Jlisl, des Ins. Aptères j i. II, page 115. — Le tyjîe de cette famille est VEpeîi^a argenlaia dont Walckenaer donne un dessin colorié (pl. XVIIIj üg. 3). — C’est également à cette famille qu’appartient VEpeira sericea d’Olivier, de laquelle M. Léon Dufour donne, dans les Annales de la Société entomologique de Erance^ une très-belle figure avec des détails intéressants à l’occasion d'un exemplaire trouvé par son fils en passant à l’île Saint- Vincent. — Il semble que les Festonnées soient échues en apanage aux îles Africaines , car M. Ch. Coquerel, chirurgien de la marine impériale, m’a communiqué un très-joli dessin d’une Festonnée trouvée par lui à Nossi-Bé [Madagascar).

longituclinales, de manière à former une suite de taches rougeâtres sur trois lignes. Les pattes sont annelées de jaune-rougeàtre et de noir.

)) Epeire australe, Walckenaer, Tab. des Aranéides, p. 56, n° 10. — Arg^-opes clathratus, Koch^ Die Arachniden, T. V, p. xl, pl. 155, fîg. 362.

» Ancien monde. — Ile de France (1) et Cap de Bonne-Espérance.

» Rapportée par Péron et Le Sueur.

1 ) Conférez pour cette espèce avec VAraneus Capensis de Petiver, Gazopliilac. Tab. 10, fig. 1 1 (2). n

13° Épéire de Coquerel. {Epeira Coquerelii,Wn&.) (Pl. VIII, fig. 1.)

Long. : 21 à 29“™. — Femelle.

Aspect général. — Corselet blanc, abdomen festonné noir et jaune ; son extrémité postérieure terminée par une pointe aiguë et noire.

Le corselet est presque carré à sa base ; il se rétrécit près de son insertion avec la tête : il est plus long que large et d’un blanc argenté.

L’abdomen est ovale, allongé, très-irrégulier sur les

(1) 11 serait utile de s’assurer de nouveau si celte Épeire existe à Maurice, ou si elle n’est pas venue du Gap de Bonne-Espérance par cette île.

(2) Walckenaer. lîisL des Ins. Aptères, U II, page 116.

bords, plus large vers sa partie moyenne, et plus étroit en arrière qu’en avant : il est échancré profondément sur les côtés, ou festonné par onze lobes, dont deux, moins prononcés et sous la forme de petits tubercules, sont à la partie antérieure près du corselet j quatre de chaque côté de l’abdomen, et le dernier, isolé et fort pointu, à son exti'émité postérieui’e. — De cette manière , l’abdomen est formé par quatre segments transversaux et terminé postérieurement par une pointe aiguë et noire. Le premier segment en avant est d’un jaune pâle ; le deuxième segment est divisé transversalement en deux parties dont l’antérieure est noire et la partie postérieure d’un jaune vif, avec deux points noirs au centre ^ le troisième segment et le quatrième, qui vont en diminuant, sont d’un beau noir au milieu, avec le côté postéro-inférieur de chaque tubercule d’un beau jaune.

Les palpes sont rougeâtres. — Les pattes, longues et fortes, sont aimelées de bleuâtre et de brun.

Les mandibules sont éti'oites et allongées, dentées sur leur bord interne avec de forts crochets : les mâchoires et la lèvre sont arrondies et larges.

Les yeux latéraux sont portés sur des éminences ; ceux du milieu de la ligne antérieure paraissent les plus gros.

Celle curieuse Épéike aélé clécouverleàrîle Nossi-Bé par M. Charles Cocpierel , qui en a fail un excellenl dessin qu’il a Bien voulu me communiquer el que je reproduis ici en donnai! l son nom à celle belle Aranéide.

Page 1