IM
■ r-'j ' J,' vy : L *■■, -•• - " ' ,-.-; A '. f.- r ■■ •■ , \
' 'r/r-^V .'.^ruj:.. '
I ■ ;. :in :?4 / ;r^-
’ .,^Cl :r'U'>--f^-'^'^'îVi.’:,.^V;' . ''v.*.-./
^i^lr :>. :■
-mo
■■ ‘ i . =:. i ; -i' : ik -I -k^lSÛi,
^ T;' vi ‘r‘'v viî't.'rr-^-^-: -
■■ :" " '‘.-i- v .'^ j> î* VV.*»-^.*
■ K'..’ 7 ■';/.- /ij y -
,.T! -> '< iK'-ÿ t
'Vj;î4 : ^ ■.^' Vî ■ ■ ■'
^ , ■ ■■^'•.. ' '■-; -ti’'’ ■•'••' ' ,:j-‘^-;-‘7 i'4: .^ .* ■ • ‘...‘ - '.v \
GENRE : TÉTRAGNATHE. {Tetragnatka , La-
treille.)
Ce genre créé par Latreille offre les caractères suivants :
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, sur deux lignes; les yeux du milieu, intermédiaires, figurant un quadrilatère ; les latéraux s’écartant du quadrilatère intermédiaire, plus rapprochés entre eux que ne le sont entre elles les lignes intermédiaires .
Lèvre large, arrondie, petite et courte.
Mâchoires allongées, cylindriques, dilatées à l’extrémité de leur côté externe, divergentes.
Pattes allongées, fines ; la première paire est la plus longue, la deuxième ensuite ; la troisième est la plus courte.
Aranéide sédentaire , formant une toile à réseaux réguliers , composée tVune spirale croisée par des
rayons droits , qui partent d’un centre où elle se tient immobile (I).
J’avais souvent remarqué, à l’île de la Réunion, une Araignée qui se tient sur une toile étendue sur les eaux, soit sur leur cours horizontal, soit au-devant des petites cascades, qui pendent verticalement, et sur le premier plan desquelles cette Aranéide étend son réseau léger.
J’avais observé depuis longtemps à son égard un fait digne de fixer l’attention : sa toile est jetée d’une rive à l’autre comme un pont dont les plantes verdoyantes sur les bords forment les piliers naturels. C’est en général sur les petits ruisseaux que l’Aranéide en choisit l’emplacement. Or, dès que le temps devient sombre et qu’il menace de grossir le cours d’eau, l’Araignée ramasse habilement ses fils, et monte vers un niveau plus élevé établir, audessus de la surface liquide, son pont de fil et son réseau fragile. Il n’y a pas de nautonnier si prévoyant, et jamais elle ne se laisse surprendre par l’orage : notre Aranéide semble douée à cet égaixl d’un instinct merveilleux de prévision. Voilà donc
(1) Walckenaer, HüL nai, de& Ins. Aptères, t. Il, page 203.
clans un petit insecte un phénomène C{ui décèle par avance presque la quantité d’eau cpii devra tomber ^ comme un baromètre, le temps qu’il devra faire ! La nature, qui n’a pu tout nous donner, a souvent mis pour l’homme dans l’instinct des animaux les moyens de s’éclairer encore.
Walckenaer a classé cette Aranéide dans sa famille des DISJOINTES, à cause des yeux latéraux qui sont disjoints. Les deux autres caractères de cette famille sont d’avoir les mandibules allongées et divergentes et l’abdomen très-allongé.
Tétragnathe prolongée. (Tetragnatha protensa, Walckenaer.)
(PL XII, fig. 4, 4, a.)
Long. : 13”“. Femelle.
Mâchoires étroites, allongées, renflées en massue vers le bout.
Mandibules fort longues, étalées horizontalement, s’écartant à leur extrémité, dentées en scie sur leur boi’d interne, et terminées par une longue épine rougeâtre, courbe, qui se replie en dedans vers la gaine de chaque mandibule. (PI. XII, fig. 4, h.')
Corselet brun rougeâtre avec une dépression au centre. Tête distincte, portant deux rangées d’yeux noirs bien apparents, quati’e formant un quadrilatère au milieu, et les quatre autres disposés par paire sur les côtés.
L’abdomen est noir avec deux bandes longitudinales blanches sur les côtés. Bombé en dessus et en avant, allongé, cylindrique, il se termine insensiblement en pointe prolongée.
Les pattes, très-allongées, sont fines, déliées avec des piquants. La première paire a 34 à 35““ de long :
elles sont de couleur brun marron, plus foncée aux articulations. Les palpes, de la même couleur que les pattes, sont très-effilés.
Cette Tétragnathe, la même que celle décrite par Walckenaer, et qui, venant de l’île de France, faisait partie de la collection de Lamarck, est très-commune à l’île de la Réunion, et subit des variations de couleur suivant son état ou son âge.
Parmi ces variétés, une a l’abdomen d’un noir verdâtre avec un l’éticule blanchâtre au centre, et une bande blanche festonnée sur les côtés. Le ventre est noir et montre deux raies longitudinales d’un jaune d’or. Les mandibules sont brun es; les pa,ttes sont annelées de taches blanches et de brun, ainsi que les palpes. Celle qui a servi à la description de Walckenaer était dn nombre de ces variétés.
Quelquefois les bandes latérales de l’abdomen, un peu festonnées, sont d’un blanc argentin et légèrement rosé, comme chez les individus qui ont servi à mes dessins.
D’antres fois, le noir est remplacé par une couleur marron. Enfin, il y a des Tétragnathes qni sont d’un marron fauve si clair, qu’elles sont d’une couleur de rouille uniforme. A peine si quelques lignes longitudinales brunes se font apercevoir sur l’abdomen.
Les foi’mes toutefois ne varient jamais. On reconnaîtra presque toujours cette Aranéide à la disposition horizontale de ses mandibules (c’est la seule Araignée du littoral qui les porte ainsi dans la généralité des individus ; car, dans les régions élevées de l’île, nous trouvons la Cluhione et la Doloniède avec cette même disposition horizontale des mandibules)^ on la distinguera également à sa forme allongée; à sa manière de s’étendre dans le repos [protensct), les deux paires antérieures des pattes l’assemblées en avant; la quatrième paire eu arrière; et la troisième en travers, de manière à former une croix. A ces caractères il faut joindre aussi sa prédilection exclusive pour le voisinage des ruisseaux, ou pour les lieux humides, quels qu’ils soient. C’est ce qui la rend commune à Salazie, et très-commune aussi à Madagascar; car je l’ai retrouvée en abondance dans la province d’Imérina, et même dans la ville de Tananarive.
Le mâle de la Tétragnathe prolongée est un peu moins gros que la femelle. Ses palpes sont très-longs, dirigés en avant, de couleur jaune rougeâtre. Les articles, qui les composent, sont d’abord fins et déliés ; puis, tout à coup, leur extrémité se renfle sous la foi’me d’une olive ou d’un cône.
— Habite les îles de la Réunion, Maurice et Madagascar.
J. -B. Dumont décrit cette Aranéide dans les termes suivants :
— « Araignée tendeuse cylindrique. 6 lignes de long. Toutes les parties très-allongées ^ yeux noirs 5 quatre en carré dans le milieu, les deux antéi’ieurs plus rapprochés -, les deux latéraux distants et posés l’un devant l’autre en ligne. Mandibules fortes, longues, de couleur pâle ; une rangée d’épines brunes au côté interne ; les crochets qui les terminent, minces, longs et aigus, d’un brun foncé. — Pattes minces ; les antérieures très-longues, dirigées horizontalement eu avant, ainsi que les secondes 5 d’un gris jaunâtre, plus foncé à l’extrémité. — Corselet de la même couleur que les mandibules. La masse qui termine les palpes dans les mâles, d’un jaune tirant sur le bi’un clair. — Abdomen mince, long, cylindrique 5 jaune doré, obscur : une ligne médiane en dessus d’un brun pâle, qui donne naissance de chaque côté à de petites lignes de même couleur, dirigées en arrière.
» Cette Araignée sera facile à reconnaître, à la direction des rpiatre pattes antérieures qui sont étendues horizontalement en devant, et à la longueur
des deux premières paires. La couleur des pattes, des mandibules et du corselet est très-pale. L’abdomen est d’un jaune doré, plus vif en dessous 5 les mamelons sont à l’extrémité. — Elle file une toile sur les sommités des herbes au bord des ruisseaux, dans les jai'dins humides. Elle place ses œufs dans des cocons sur une feuille voisine de sa toile et elle les recouvre d’une enveloppe grise (1). «
Walckenaer la représente ainsi : « Long. : 5 lignes. FemeUe. Mâchoires étroites, très-allongées, renflées vers le bout en massue. Mandibules très-longues, terminées par une petite épine rougeâtre. Abdomen noir avec des taches blanches, longitudinales, formées par des touffes de poils blancs. Corselet brun rougeâtre, bordé de blanc. Pattes tx’ès-allongées. Palpes annelés de blanc et de brun. Pattes brunes avec des taches blanches, ne formant pas des anneaux aussi réguliers cpie dans les palpes.
)) Ancien monde. — IMer des Indes. — Ile de France. Collection du professeur Laniarck (2). » Tétragnathe prolongée. {Tetragnatha protensa, Walckenaer. N“ 3.)
(1) J.-B. Dumont. jVa?mJcn7,
(2j Walckenaer. ü\ü. naU des Im, ÂpièreSj t. II, page 209.
GENRE : ULOBORE. {Uloborus, La treille.)
Ce genre créé par Latreille offre les caractères suivants :
Yeux au nombre de huit, presque égaux entre eux, sur deux lignes opposées ou écartées. Les yeux latéraux plus écartés entre eux que ne le sont entre eux les yeux antérieurs et postérieurs du carré intermédiaire. Ligne antérieure des yeux occupant le rebord antérieur du corselet, et bandeau presque nul.
Lèvre large, arrondie, semi-circulaire ou semi-omlaire. Mâchoires plus hautes que larges, resserrées à leur base, arrondies et dilatées à leur extrémité droite.
Pattes cdlongées, fortes : la première paire, la plus longue , la quatrième ensuite ; la troisième est la plus courte.
Aranéides construisant une toile horizontale, à réseaux réguliers, en spirale croisée par des rayons et ci
mailles très-lâches, L’ Aranéide se tient au milieu, renversée, les pattes étendues ; cocon allongé, anguleux (1).
Ce genre présente, à l’île de la Réunion et à l’île Maurice, une espèce qui est fort commune dans tous les endroits couverts, habitations abandonnées ou fréquentées. L’Ulobore de l’île Bodrbon est fort bien caractérisé par sa couleur gris de plomb, et quelquefois gris pâle ou gris rose, mais le plus souvent cendré. — Sa toile, à orbes concentriques, est lâche et flottante. Jamais on ne la rencontre en plein air, mais toujours dans les lieux abrités, ce qui la distingue surtout de I’Ulobore de Walcrenaer, qui fait sa toile entre les roseaux à ciel découvert.
L’existence de notre Ulobore, et d’autres espèces du même genre à l’île de la Réunion, est la preuve que cette Aranéide se trouve en Afrique, ce qu’un moment Walckenaer avait révoqué en doute.
Les œufs de I’Ulobobe, dans nos îles, comme ceux du genre, sont renfermés dans un petit sachet de soie lilas, à tissu bien fin et délicat, découpé à six, ou plusieurs pointes ou angles d’inégale grandeur. J’ai trouvé quelquefois deux sachets dans une toile oc-
(1) Walcken*ver. Uni, naU des Ins. A^ières^ l. II, page 227.
cupée par une seule Aranéicle. C’est au milieu de ces réseaux que TUlobore tisse à üls lins et rapprochés un petit hamac blanc sur lequel il se tient, les pattes antérieures étendues eu avant, et les postérieures dirigées en arrière. On le reconnaît à ces caractèi’es, ainsi qu’à sa présence dans les habitations, à son aspect mêlé de gris, de blanc et de brun. Sa toile est si légère que le moindre vent la fait onduler. — J’ai rencontré, en outre, deux espèces d'UroBORE : une espèce jaune et l’autre d’un fauve terreux.
1° Ulobore de l’ile Bourbon. {Uloborus Borhonicus,
Viiison.)
(PI. I, fig. 3, 3, a.)
Long. : 8 — Femelle.
L’aBclomen est allongé, ovale et gibbeux vers son milieu, qui est surmonté d’un tubercule noir, conique. A partir de ce point, l’abdomen suit une double inclinaison 5 une en avant ^ une en arrière, ou il se termine en pointe. Sa coideur est d’un gris brun, plus ou moins foncé, et quelquefois cendré, plus brun postérieurement vers les filières.
En avant de l’abdomen une ligne blancliàtre , pâle, transverse, va en serpentant se ramifier sur les côtés avec les bandes dorsales de même couleur. — En avant et au-dessus, séparée par une ligne brune, s’offre une seconde bande plus large et plus courte, terminée en pointe de chaque côté, interrompue au milieu par un trait brun qui va jusqu’au tubercule noir.
Sur la partie de l’abdomen, inclinée postérieurement, quatre à six points blancs, comme perlés, sont disposés par paires sur deux rangées parallèles.
Du centre de l’abdomen partent trois lignes blanchâtres, mal indiquées d’abord, vagues , comme elTacées, mais qui, plus prononcées et s’élargissant à mesure qu’elles descendent sur les côtés, circonscrivent des anneaux allongés en se ramifiant avec la ligne blanchâtre qui vient de la'partie antérieure, et qui semble servir de limite entre le ventre et l’abdomen.
Ventre brun foncé avec un carré long, noir, encadré d’un fin liséré blanc, régulier.
Corselet allongé, rétréci en avant, dilaté ensuite : brun avec une bande transparente de chaque côté 5 traversé par une ligne blanche qui s’élargit postérieurement en demi-cercle et qui, en avant, communique avec un petit carré blanc cpii porte les yeux postérieurs, qui sont noirs.
Les mandibules sont rougeâti’es. Les pattes et les palpes sont annelés de blanc et de noir.
La paire antérieure est la plus longue et la plus forte, puis la quatrième paire. L’Araignée les tient, deux en avant et deux en arrière, étendues sur sa toile. Son cocon anguleux est de la couleur d’un sac de soie lilas ou rosée.
Mâle. — Plus petit que la femelle ; l’abdomen plus brun et moins gibbeux, plus cylindrique; ses palpes sont enflés en forme d’olive.
Cet Ulobore est très-commun clans les caves, clans les habitations, clans les lieux sombres. — Quoique nocturne, cette Aranëicle n’est pas ti’ès-velue. Elle habite également les îles de la Réunion, Maurice et Madagascar (Tamatave).
J. -B. Dumont ne devait pas omettre de décrire une Aranéide aussi répandue.
Voici cette description:
— K Araignée tendeuse, petit deuil ou à pattes étendues. 3 ou 4 lignes. — Noire, tachée de blanc. Corselet petit, allongé, un peu élargi ^ une bande blanche peu apparente en dessus^ bordé de même couleur. Yeux uoirs, posés sur deux lignes ; palpes annelés de noir.
» Abdomen gros, ovale, un peu allongé, prescpie cylindrique. Noir : quatre points blancs en dessus, onclé de même couleur sur les côtés. La base est saillante, arrondie, tournée en haut, nuancée de blanc, surmontée d’un petit mamelon noir. — Mamelons gros, noirs, placés à l’extrémité de l’abdomen. — Pattes assez grosses, irrégulièrement annelées de blanc ^ les cpiatre antérieures étendues horizontalement en devant, comme Y Araignée pattes étendues de rEncyclopédie. — Elle file une toile lâche et se tient dans le centre , sur une partie de la toile plus blanche et plus fournie. Cette Araignée enferme ses œufs dans une
coque d’environ quatre lignes de diamètre, d’un violet pâle, opaque, très-convexe d’un côté, presque plane de l’autre. Son contour est entoui’é d’angles aigus, qui lui donnent la forme étoilée. J’ai trouvé ces coques au nombre de deux, placées verticalement sur le bord d’une toile. Très-commune dans les maisons (1). »
2° Ulobore jaune doré. (JJlohorus aureus, Vinson.)
Plus petit que le précédent , il s’en rapproche par des formes analogues ^ il a la couleur générale de l’Araclinoura (Voir à la fin de cette monographie), ou de l’Épéire isabelle.
Long. : 5“” 1/2. — Femelle.
Corselet jaune isabelle, avec de longs poils, d’un jaune plus clair, blanchâtres. Yeux noirs, gros; la rangée postérieure formant une courbe postérieurement concave, de façon que les latéraux des deux lignes sont très-écartés.
L’abdomen,- d’un jaune isabelle doré, est gibbeux sur le dos, pointu postérieurement ; sur la partie la plus élevée se détachent deux tubercules coniques d’un jaune orangé vers le sommet. Une ligne médiane d’un brun cendré, plus avancée en avant, sépare ces tubercules.
(I) «T. -B. Dumont. ^ïanmcrü.
Les côtés et le ventre sont du même jaune que le reste, ainsi que les pattes. La première paire extérieure, plus longue que les autres, est forte, arquée \ V extrémité antérieure de chaque tibial est chargée de poils nombreux sous forme de pinceaux, raides et hérissés, plus fournis et noirâtres en dessons.
Les mandibules sont dhm brun rougeâtre.
Les palpes courts sont jaune Isabelle 5 les mâchoires et la lèvre d’un jaune un peu verdâtre.
J’ai trouvé celte Aranéide en octobre, dans un jardin, près de sa toile qu’elle avait dressée entre les feuilles sèches d’un Vangueria edulis , sous l’une desquelles elle se tenait. — Elle est assez rare et me paraît se rapprocher un peu de I’Ulobore jaune (Uloborus jlavus , Savigny), qui appartient également à l’Afrique et que Savigny a rencontré dans les jardins du Caii’e (1).
3“ Ulobore des vanilliers. ( Uloborus 'vanillarum ,
Vinson.)
Cet Ulobore est la plus petite des trois espèces qu’on trouve à l’île de la Réunion.
(1) Savigny. Description de l’Egypte. HisL nat. Arachnides^ explication des pl., page 117, pl. Il, fig. 1 et 2, t. XXII, page 322, édit. in-8°. — Walckenaer. Hist. des Ins, Altères , t. II, page 229.
Long. : 4'""’.
La couleur uniforme est d’un fauve terreux trèssombre.
Abdomen relevé en avant, incliné en arrière, surmonté de deux tubercules latéraux sur le tiers antérieur : il est fauve noii’àtre avec quelques poils d’un roux doré, et de petites tacbes noires au centre, au nombre de deux ou trois en long, sur l’abdomen. L’extrémité postérieure est légèrement bifide.
Le corselet est rond, de la même couleur que l’abdomen j couvert de poils fauves.
La première paire de pattes est remarquablement plus forte et plus longue’ que les autres : son fémoral est renflé dans le milieu, le cubital est très-fort et hérissé de poils nombreux et épais sous forme de houppes, dans son tiers inférieur; elle est de la couleur de l’abdomen et du corselet; mais l’extrémité, d’un jaune blanchâtre, est transparente et très-déliée.
Cette petite Aranéide a les yeux très-noirs et luisants; la rangée postérieure est composée d’ocelles plus grosses ; celles de la rangée antérieure sont plus petites. Elle fait une toile fine et lâche entre les gousses ou les feuilles des vanilliers.
GENRE : LINYPHIE. {Linyphia, Latreille.)
Ce genre, établi par Latreille, a pour étymologie iwov, lin, ûçaivu, je file. Les Linyphies présentent les caractères suivants :
Yeux, au nombre de huit, presque égaux entre eux, les intermédiaires postérieurs plus écartés entre eux que ne le sont entre eux les intermédiaires antérieurs. Les yeux latéraux soiü rapprochés ou connicents .
J^èvre triangidaire, large à sa hase.
Mâchoires droites, carrées, écartées entre elles ou s’inclinant léaèreme/it sur la lèvre.
Pattes cdlongées , fines; la première jyaire est la plus longue, la seconde ensuite, la troisième est la plus courte.
Ces Aranéides sédentaires fiont une toile à tissu serré, horizontale , surmontée d’une autre toile à réseaux irréguliers, fiormés par des fils tendus sur plusieurs plans différents , et qui se croisent en tous sens; se tenant le
plus souvent sous la toile horizontale dans une position renversée, les pattes allongées en avant et en arrière (1).
Les îles de la Réunion et Maurice renferment plusieurs espèces dans ce genre. Ces Aranéides, du moins pour celles qui habitent nos îles, offrent les plus grandes affinités avec les Épéires, dont elles ont la forme allongée et gracieuse, la disposition des yeux, les couleurs variées et brillantes. Ce sont les miniatures des Epéires.
Avant même de connaître le lieu où les classait Walckenaer, en les étudiant ex professo, je les avais considérées comme de petites Épéires, qui devaient prendre place près de ce genre si nombreux.
Aussi je n’hésite pas à comprendre toutes mes Li- NYPHiEs dans la famille des LINYPHIES EPÉIRIDES, formée à si juste titre par Walckenaer : seulement, comme je tiens un grand compte de l’étude et de l’observation des mœurs, comme un perfectionnement des classifications, je subdiviserai la famille des LINYPHIES ÉPÉIRIDES en PARASITES et en INDÉPENDANTES.
(1) Walckenaer. Hisi. nat. des Ins, Altères, T, II, page 2 33.
Je suis autorisé, par Texemple de Walckenaer luiméme, à ranger mes Linyphies parmi les ÉPEIRIDES, car deux d’entre elles, nommées et décrites par cet auteur, sont ainsi classées, ce sont : la Linyphie zo- NÉE et la Linyphie augyrode, pour lesquelles cependant on aurait pu former, je crois, un genre nouveau.
FAMILLE : LES ÉPÉIRIDES. (Walckenaer.)
1" RACE : LES PARASITES. {Parasitée,.^ Vinson.)
Ces Aranéides se distinguent et se séparent de tontes les autres par leur caractère éminemment pai’asitaire. Ou ne les rencontre jamais isolées : c’est toujours sur les extrémités et même au sein des grandes toiles des grosses Aranéides qu’elles tissent leurs petits réseaux. C’est entre les fds des Épélres dorées, des Épéires noires et des Gastéracantlies qu’elles liahitent. Celles-ci ne paraissent nullement les inquiéter et vivent avec elles en parfaite intelligence : leur nombre est souvent très - multiplié sur une même et grande toile d’Épéii’e. Ces Aranéides singulières sont d’ime petite taille, présentent les yeux disposés à peu près comme ceux des Épéires elles-mêmes, ont de belles couleurs d’or et d’argent, que leur présence habituelle à la lumière développe avec éclat. Ces rapproche-
ments, qui justifient le nom de famille ajoute à leur genre, m’avait conduit, à priori, à les confondre avec les Épéires.
La présence de ces Aranéides parasitaires , comme on devait le penser , n’est pas tout à fait désintéressée : nous l’avons dit en montrant combien l’instinct les poussait à recliercber dans les grandes toiles un abri protecteur contre les oiseaux et leurs ravages. Mais aussi cette présence est loin d’être innocente. Ayant rencontré sur la toile d’une jolie Epeira opuniiæ, qui avait déjà pondu un cocon, trois petites Linyphies parasitaires, j’enlevai, sans rien déranger, la propriétaire légitime. Le lendemain , une des Argyrodes avait troué le cocon de l’Épéire absente et en dévorait les petits à peine éclos.
Cette race comprend trois espèces :
1“ Linyphie parasite {Linjphia parasita, Vinson). (PI. XI, fig. 2.)
Long. : 5 à 7"""; le mâle un peu plus petit.
Corselet rouge, brillant, glabre. Une dépression centrale et des l'ayons très-distincts. La tête est comme surmontée d’un rostre noir, proéminent, qni porte les quatre yeux qui forment le carré intermédiaire, deux
en avant , deux en arrière, plus écartés ^ chaque œil situé aux quatre coins d’un carré noir (Il faut examiner ces détails au microscope, sans quoi il y a confusion). Les yeux latéraux sont accolés : on les dirait sur les deux faces d’un petit cône, et se touchant par leur extrémité supérieure.
Abdomen très -allongé, ellipsoïde vu en dessus, triangulaire vu de profil à cause du renflement ventral à l’extrémité duquel se trouve la saillie des filières. — Couleur rouge vermillon avec deux raies obliques d’un beau jaune d’or sur les côtés, recourbées en haut et se réunissant sur le dos.
Ventre rouge vermillon ^ une bande transversale noire en dessous au-devant des filières : plus en arrière, trois points noirs disposés en triangle.
Pattes noires, fines, allongées; les antérieures plus longues avec le deuxième article jaune marron; les autres entièrement noires. Les mandibules sont allongées, rouges, avec les palpes rouges terminés en brun , renflés en olive irrégulière, en forme de trompe évasée à l’extrémité, et qvii rentre et sort par la pression du l’enflement olivaire de chaque palpe.
2“ Linyphie zonée {Lbiyplùa, zonata, Walckenaer). (PL XI, fig. 1, 1, a.)
Long : 5 à 7“” (1). — Femelle.
Abdomen ovale, allongé, renflé dans son milieu, graduellement évidé à sa partie postérieure, cpii est relevée verticalement, et qui présente la figure d’une pyramide conique allongée. Le ventre forme un angle dont la pointe est dirigée en bas, et dont la forme est triangulaire. Le fond de l’abdomen d’un rouge brun, qu’un léger duvet fait quelquefois paraître jaune grisâtre.
Les côtés ont six raies qui alternent en noir foncé et en couleur blanche argentée, avec un petit reflet jaunâtre ou doré sur le bord des raies blanches. Une demi-raie, entre la deuxième et la dernière, s’arrête court sur le dos. La raie ou bande qui est dans le milieu de l’abdomen , se recourbe jusqu’aux filières, qui sont sous le ventre plus rapprochées du corselet que de l’extrémité de l’abdomen. — La raie de couleur métallique qui est proche du corselet est courte j elle se termine en pointe, et n’atteint pas celle du milieu, qui va jusqu’aux filières. — Le
(l) La plus forte Linyphie zonée que j'aie rencontrée avait 7 ™“- la hauteur de l'abdomen, des filières au dos, 5™*".
dos est d’un rouge brun dans le milieu (la présence de petit duvet court , blanchâtre , peut donner à cette partie de l’Ai’anéide conservée la couleur gris sale indiquée dans la description de Walckenaer). Sur les côtés sont des traits (ou des points) argentés formés par des raies latérales dont l’extrémité commence à côté du dos. (De ce nombre la demi-raie qui existe entre la deuxième et la troisième raie argentée, l’ouge en dessous du ventre.) Les raies ou bandes latérales noires se réunissent sous la forme d’un V. Les filières sont rougeâtres avec les extrémités brunes.
Le corselet est petit, glabre, allongé, rougeâtre, bombé vers la tête, qui est noire et proéminente. Le bandeau est grand et rougeâtre comme dans la Lixy- PHiE PARASITE. Le sternuiii est rouge brun ou noirâtre.
Les mandibules sont droites et tombent perpendiculairement 5 elles sont d’un rouge pâle. — Les mâchoires sont droites, écartées, à côtés droits et parallèles, mais s’élargissant vers leur extrémité, qui est large et carrée. — Ces mâchoires sont rougeâtres ainsi que la lèvre, qui est grande , triangulaire, large à sa base, émoussée ou arrondie à son extrémité. Les pattes sont allongées, fines. La première paire surpasse de moitié la seconde en longueur : celle-ci est ensuite la plus longue, la troisième est la plus courte. Ces pattes sont brunes.
mais le tibial de la première paire est d’un jaune pâle. Cette pi’emière paire a 14““ de longueur.
Walckenaer, qui donne la description de cette Liny- PHiE dans son Histoire des Ins. Hpt.^ p. 282, tom. II, dit que cette Aranëide a été envoyée de File de France par Desjardins, et qu’il a dû la classer dans les Liny- PHiES, à cause de la conformation des mâchoires et de la lèvre.
Parmi les Linyphies zonées, il y a beaucoup de variétés pour les couleurs de rouge, d’or et d’argent : on en rencontre même qui sont jaunes(l): J. -B. Dumont décrit celle-ci de la manière suivante : — « Araignée tendeuse conoïdale : 4 lignes de long. Corselet très-petit, d’un jaune d’ambre un peu rougeâtre. Yeux noirs trèsrapprocbés; les palpes de la même couleur que le corselet. Abdomen gros, formant nn cône circnlaire dont la base arrondie est tournée en avant ^ l’extrémité pointue et d’un jaune vif. Le dessus d’un brun jaune ^ le dessous d’un beau noir. Les côtés marqués de bandes blanches argentines qui s’étendent jusqu’en dessus ^ mamelons noirs placés sous la base. J’ai trouvé, dit-il, cette Araignée sur la toile de l’Araignée tendeuse géante {Epeira inourata). Les deux yeux latéraux confondus (2). »
{1) Toutes ces zones argentées ont souvent un reflet doré , surtout sur leur contour. — (2) J. -B Dumont. Jl/anuscrù,
3“ Linyphie argyrode. {Linyphia argyrodes, Walckenaer.)
(PL XI, fig. 3.)
Long. : 5 à 6'""'.
« Abdomen ovale allongé, renflé dans son milieu, graduellement évidé à sa partie postérieure, perpendiculaire, c’est-à-dire, qu’il est relevé verticalement, et qu’il présente la figure d’une pyramide conique allongée •, le ventre forme un angle dont la pointe est dirigée en bas. Cet abdomen est de couleur métallique d’argent le plus brillant, et vu à la loupe il est semblable à l’écaille de certains poissons. Il y a une raie noire longitudinale dans le milieu du dos, croisée par une petite bande de même couleur, à la partie postérieure. Toute la partie qui touche au corselet est brune ou noire, et en dessous des filières ce noir se siibdivise en une sorte de patte d’oie qui par sa couleur tranche avec la couleur d’argent métallique. Le corselet est allongé, étroit et comme cylindrique ', il se rétrécit graduellement vers la partie postérieure et s’arrondit vers la tête (1). » Il est brun et luisant, glabre avec quelques dépressions. J’ai trouvé
(1) WALCKENAEn I/isl. fiat, des /fis, Aptdrrs, lom. II, p. 282.
des Linyphies argyrodes chez lesquelles le corselet et les pattes étaient rougeâtres ou d’un brun rougi et la tache d’argent postérieure denticulée en haut. — Lèvre et mâchoires brunâtres; les mâchoires sont légèrement inclinées sur la lèvre : celle-ci est arrondie, bombée ainsi que les mâchoires qui sont allongées, non dilatées et à côtes parallèles, jusqu’tà moitié de leur hauteur, et évidées vers leur extrémité. — Le bandeau est gi’and. Les yeux sont placés en dessus du corselet. Les quatre intermédiaires sur les côtés d’une élévation brune et luisante: les latéraux sont rapprochés et au niveau des intermédiaires d’en haut (même un peu en arrière), sur une élévation, mais séparés des quatre intermédiaires par un intervalle (qui est creusé comme le bas d’un sillon). Ces yeux latéraux sont sur le côté et non de face (un peu obliquement) et sur une ligne un peu divergente de la ligne intermédiaire.
Walckenaer, à qui j’emprunte encore le reste de cette description qui se rapporte parfaitement à nos Linyphies d’argent et d’ébène, avec de très-légères nuances que j’ai dû corriger parce qu’elles paraissent être l’effet de l’altération qui suit toujours les conservations, avait cette Aranéide dans sa collection et contenue dans une bouteille qui renfermait plusieurs
Arailéides de France. Cependant il pensait qu’il était possible qu’elle lui fût venue de la Guadeloupe ou de l’Algérie. Il était incertain. Comme il venait de décrire la Linyphie zonée, qui lui avait été envoyée de l’île de France, il est bien plus probable que celle-ci en pi'ovenait aussi. Du reste la Linyphie zonée et la Linyphie argyrode se trouvent souvent ensemble sur la même toile des grandes Épéires, et il arrive que le collecteur les recueille en même temps.
plus pâle encore : les antérieures sont de moitié plus longues que les secondes : la troisième paire est la plus courte.
Les yeux sont noirs : quatre en carré, les latéraux unis.
Le dessous, les palpes, les mâchoires, la lèvre son l de la même couleur que le reste* et représentent les caractères des Linyphies.
J’ai trouvé cette délicate et très-petite Aranéide dans les feuilles d’un rosier Laniarck à Saint-Denis : à diverses fois je m’en suis procuré plusieurs exempl-aii'es. Elle jette de petits fils irréguliers, se tient étendue, les pattes allongées dans la feuille ou sous son revers. — Le mâle, un peu plus petit que la femelle, et lui ressemblant en tout, ne s’en distingue que par sou moindre volume, et ses palpes renflés à leur extrémité. Je les ai presque toujours trouvés non loin l’un de l’autre.
2° Linyphie dorée. {Linjphia inaurata, Vinson.)
Long. : 5“”. Femelle.
Foi’ine gibbeuse de l’Ulobore dont elle a le volume, mais elle en diffère par les yeux dont les latéraux sont conjoints au lieu d’être écartés. Puis la quatrième paire des pattes est la troisième en longueur, tandis que
dans l’Ulobore elle est la deuxième paire plus longue : comme elle cependant, cette Aranéide présente deux petits tubercules sur la gibbosité abdominale.
Abdomen ovoïde bombé en dessus, gibbeux, avec deux petits cônes ou tiibercules. Sa couleur est un fond d’or avec éclat métallique argentin, comme le drap d’or. Sur ce fond règne une série infinie de lignes fines, brun-marron, qui descendent de chaque côté de l’abdomen en se réticulant avec des lignes transversales moins marquées, de sorte que cet ensemble, vu au microscope, présente le dessin d’une charmante résille marron-vif entrecoupant un fond d’or brillant.
Le corselet est pi’esque piriforme, d’un jaune marron très-clair, bordé de chaque côté d’une ligne brune : au centre du corselet deux lignes pareilles marchent parallèlement vers les yeux intermédiaires.
Sur les côtés de l’abdomen quelques taches allongées brun-marron.
Sous le ventre une bande noire insérée entre deux traits d’or vif et parallèles. Pattes fines, allongées, marron clair : les antérieures plus longues, puis la deuxième paire, puis la quatrième. — La troisième est la plus courte. Les yeux sont noirs, bien distincts : les intermédiaires (antérieurs et postérieurs) forment un carré parfait : les latéraux sont très-rapprochés.
GENRE : THÉRIDION. {TJieridion, Walckenaer.)
Ce genre d’Aranéides a été établi par Walckenaer. Ses caractères distinctifs sont :
Yeux, au nombre de huit presque égaux entre eux, sur deux lignes plus ou moins convergentes ; les quatre intermédiaires placés en carré ; les latéraux séparés ou rapprochés entre eux.
Lèvre courte, plus large à la hase, triangulaire ou semicirculaire ,
Mâchoires allongées, étroites , inclinées sur la lèvre, convergentes a leur extrémité.
Pattes allongées, fines; la première paire est le plus souvent la plus longue, la quatrième ensuite, qui surpasse souvent la première en longueur., la troisième est la plus courte.
Aranéides sédentaires , formant une toile à réseaux irréguliers composés de fils qui se croisent en tous sens sur plusieurs plans différents (1).
(1) Walckenaer. Uni, nal* des Ins, Aptères, t, IT, page 285.
Ce genre renferme pour l’île de la Réunion deux espèces' intéressantes : l’une qui se range parmi les Aranéides nocturnes : elle se tient dans les vieux paquets, à l’ombre , et dans les recoins obscurs en compagnie des Scytodes^ l’autre, au contraire, qui est diurne, et qu’on trouve sous le revers des feuilles •, elle étale d’un bord du limbe à l’autre de petits fils trèsfins et irréguliers, au milieu desquels elle place son petit cocon globuleux. La première est un peu plus forte que la seconde, qui est très-petite. Toutes deux se rencontrent assez fréquemment.
1®Théridion de l’ile Bourbon {Theridion Borhonicum^ Vinson).
(PI. XlVjfig. 6.)
Long. : 5""".
Aspect général. — Coi'selet et pattes d’un jaune rougeâtre; abdomen d’un gris brun.
Céphalothorax ovoïde, en forme de cœur; tête petite, portant à son extrémité antérieure, sur deux rangées, les yeux dont les latéraux sont connivents ; leur couleur est d’un vert glauque avec des reflets violâtres par incidence, ils paraissent être d’égale grandeur, surtout le carré intermédiaire. (PI. XIV, fig. 6, a.)
Le corselet est arrondi sur les côtés et postérieurement, bombé en dessus, d’un jaune d’ambre rougeâtre.
Les pattes fines et allongées sont de la même couleur jaune rougeâtre, sétacées ou bien armées de petits poils raides, fauves et nombreux. La première paire est la plus longue ; la quatrième, moins ; la troisième est la plus courte.
L’abdomen est ovoïde, recourbé en arrière, bombé en dessus, terminé en pointe en bas ; sa coxdeur, différente du thorax et des pattes , est d’un gris blanchâtre
ardoisé, avec des stries, des marbrures ou des taches brunes foncées. Il est recouvert de petits poils soyeux. Le ventre est d’un gris fauve ; les filières coniques et allongées occupent en dessous l’extrémité de l’abdomen ; elles sont entourées d’un cercle brun qui se prolonge sous le ventre.
La poitrine a la forme d’un écusson triangulaire de la même couleur que le dessus du thorax.
Les mâchoires sont longues, éti’oites en bas, trèsdilatées à leur extrémité supérieure ^ elles sont rouges et terminées en brun.
Les palpes sont allongés et très- velus
On trouve cette Aranéide dei'rière les vieux meubles dans l’ombre en compagnie de la Scytode thoracique ; elle a les mêmes mœurs, la démarche égale; elle jette des fils irréguliers et très-fins, et forme un cocon globuleux terminé en pointe supérieurement et de couleur marron.
Cette Araignée, dont les mœurs sont essentiellement nocturnes, habite l’île de la Réunion
2“ Théridion diurne {Theridion diurnum, Vinson).
Corselet petit, arrondi, de couleur jaunâtre.
Abdomen ovoïde, jaunâtre, avec des bandes longi-
ludinales formées par de petites taches brunes carrées, séparées les unes des autres ; il est recouvert de petits poils d’un jaune hlaiichâtre et nombreux.
Les yeux rangés sur deux lignes sont disposés de la manière suivante : quatre eu carré intermédiaire et deux de chaque côté, conjoints.
Cette petite Aranéide se tient entre le limbe des feuilles, sous leur revers , où elle tisse des fils irréguliers et très-fius; sou cocon est petit, fauve et globuleux.
Il sera toujours facile de reconnaître cette Aranéide, qui est une des plus petites que possède l’île de la Réunion, parles bandes abdominales fermées de petits carrés bruns et longs rangés eu ligne à la suite les uns des autres.
-■ "" -r ^"■■■■^'■-;' , -.:--i-J-“ -- v-^i.ii-' .- lis'A -ppf:,- -i\:^pA-
-a' .‘-VkV îV-,. ^ :;■ V''^^^^•.^^ -
-pti. lÿ'piip ■
îÇt .'•avH • ■-
-f ;T--i --''■■- r ‘ .^---4^,: \. ' :■ -, -rs r
GENRE : ARACHNOURE. {Arachnoura, àpay^wi, araignée 5 oùpà, queue, Vinson.)
J’ai cru devoir former un genre nouveau avec l’Aranéide que je reproduis ici dans ses détails et avec la plus scrupuleuse vérité. Je l’ai rencontrée pour la première fois dans mon jardin à l’île de la Réunion (Saint-Denis). Elle s’éloigne tellement des autres Araignées par sa conformation si singulière et dont je n’ai trouvé d’exemple nulle part, que je me crois vraiment autorisé à fonder le genre Arachnoure des mots grecs si simples : âpayj/i, araignée, o’jpà, queue. — Araignée-queue.
Caractères :
Yeux au nombre de huit : quatre formant un carré intermédiaire, dont les deux postérieurs sont très-rapprochés ; quatre yeux latéraux, dont deux pour chaque coté, sont bien séparés entre eux et distants de ceux du carré intermédiaire, quoique placés comme eux sur deux
Lignes, les antérieurs correspondants aux postérieurs.
Mâchoires courtes, petites, triangulaires, écartées entre elles, émoussées a leur extrémité.
Lèvre large et arrondie.
Maiidiljules effilées.
Palpes longs et recourbés en crochets dans le repos. Pattes moyennes ou peu allongées : la deuxieme paire parait la plus longue ; la première et la quatrième à peu près de même longueur que la deuxième ; la troisième paire est la plus courte. f /abdomen est mou {comme chez les Epeira), et nest pas revêtu d’une surface résistante ou test {comme chez les Plectana).
(Quelle membraneuse, longue et formant l’extrémité postérieure de l’abdomen; cette queue est composée de segments transversaux.
Aranéide filant une toile horizontale, et se tenant au-dessous , suspendue le dos tourné en bas.
Affinités du genre Arachnoura. Ce genre, jusqu’ici composé de l’espèce que je décris, se distingue des Kpéires par son abdomen qui présente un prolongement caudal, par les yeux postérieurs du carré in-
termécliaire qui sont très-rapprochés et posés ainsi : o o. Le reste du système oculaire subit la même disposition que pour les Épéires : Les yeux latéraux paraissent plus écartés entre eux qu’on ne les rencontre dans le grand genre Epeira.
Rapprochée des Gastéracanthes par ses deux épines antérieures, par ses pattes dont la quatrième paire est longue, l’Aranéide qui compose ce genre s’en éloigne par le prolongement caudal qui la caractérise et qui est formé non par un appendice coi’né, mais par un prolongement membraneux de l’abdomen susceptible de mouvements divers.
Elle diffère également de ce genre par son abdomen qui n’est pas résistant, comme pour les Plectanes, et en forme de test, mais qui est rond et mou, comme dans les autres genres.
Les mandibules ne sont point bombées et courtes, mais sont minces et effdées.
Cette Ai’anéide ressemble par la forme aux Scorpionides. Ce serait un des éléments de transition des Arachnides fileuses aux Pédipalpes {les Scorpionides). C’est ainsi que l’on trouve dans tous les grands genres ou dans les familles, ces liens naturels qui font penser que la chaîne des êtres forme une ligne non interrompue.
J’avais donc eu l’idëe, pour me résumer, de classer cette Aranéide parmi les Épéires, mais elle s’en éloigne, ainsi que je l’ai dit, et paraît également différer des Plectanes, où j’étais tenté de la ranger. C’est entre ces deux routes que j’ai cru devoir en suivre une troisième et former un genre nouveau, en tenant compte de la forme de l’abdomen et m’appuyant de l’opinion de Blainville qui semble penser que les yeux et la bouche ne peuvent uniquement constituer des caractères de classilication chez les Araignées (1).
(1) «Le tableau présenté par M. Walckcnaer, dît de Blainville, est réellement bien ordonné et très-facile à saisir, mais nous pensons que lorsque l’étude des Araignées sera plus avancée sous le rapport des organes externes et internes, on en viendra à prendre en considération certains caractères qui jusqu'ici ont été négligés. » {DicU universel d'hisU nat., t. II, p. 66, art. Araignées.)
Arachnoure scoRPiONiDE. {Aroclmoura scorpionides ,
Vinson.)
(PL XIll,fig. 1, 1, a.)
Long. : 13““ mesurée de la tête à l’extrémité de la queue. La queue prend un tiers environ de la longueur totale de l’Aranéide.
Cette Aranéide singulière ressemble parfaitement à un petit scorpion de couleur cliamois : elle est munie d’une queue membraneuse susceptible d’abaissement et d’élévation, et qui se recourbe également vers le dos ou vers le ventre. N’était-ce l’existence des filières qui occupent le dessous du ventre et font saillie, l’absence des palpes terminés en pinces ou en griffes et la toile horizontale qu’elle file et sous laquelle elle se tient renversée, le dos tourné en bas, on la prendrait véritablement pour un scorpion jaune d’une espèce nouvelle.
Abdomen long, irrégulier, liasté, bifide en avant par deux pointes conicpies, très-aiguës et un peu dirigées en avant et en dehors. Entre ces deux pointes une échancrure profonde en foi’me de V. Le dos est plane, l’ab-
domen se renfle doucement sur les côtés. — (Sa largeur est de 4””" dans sa plus grande étendue ti’ansversale.) — Il se rétrécit ensuite et se prolonge en une queue membraneuse longue d’uu tiers de la totalité de l’Aranéide.
Cette queue se compose, vue au microscope simj>]e, de petits segments transversaux qui se voient même sur une partie de la face inférieure et postérieure de l’abdomen jusqu’aux filières. On y remarque un point brun et enfoncé, et la démarcation de la fin du ventre et du commencement de la queue (Voir fig. e). La queue se tei’mine par uu renflement quinquéfide, formé de quatre petits cônes courts, arrondis, dont deux sont placés en dessus et en arrière, et deux autres posés en dessous et plus en avant. (Voir la même figure.) Entre ces quatre saillies sort, à son tour, un cône plus fort qui termine l’extrémité caudale. Toutes ces parties sont recouvertes de poils à partir de la base de la queue jusqu’aux filières ; le ventre en dessous est évidé graduellement.
La couleur de l’abdomen est d’un jaune cbamois plus clair, et couleur d’ocre blanchâtre, au centre de l’abdomen et vers les deux pointes antérieures. La queue est plus foncée à partir de sa formation jusqu'à
son extrémité qui est jaune orangé rougeâtre. — La pointe extrême du cône est blanchâtre (V. pi. XIII, lig. 1, f/). — Sur le dos sont deux lignes jaune rougeâtre qui de chaque côté de la queue marchent parallèlement sur l’abdomen et s’écartent en V pour se diriger vers la pointe des épines antérieures.
Quatre points enfoncés sur chaque côté de l’abdomen : au milieu et entre eux sont disposés quatre autres points enfoncés plus petits.
Le ventre en dessous est d’un jaune verdâtre (vert pistache uniforme) : le cône des filières est trèssaillant et jaune.
Sur les côtés de la queue quelques taches d’un brun rougeâtre.
Corselet jaune et grisâtre : une ligne rougeâtre le divise en deux, d’avant en arrière, et s’arrête près des yeux. — Ceux-ci sont rougeâtres. Palpes et mandibules jaunes.
Les pattes, de longueur médiocre et proportionnelle, sont jaunes, avec le digital plus foncé. — Le premier article de la deuxième paire est marqué sur sa face externe d’un trait longitudinal rouge. La queue de l’Aranéide est d’un jaune rougeâtre plus foncé en dessous.
J’ai conservé cette Aranéide assez longtemps dans
un flacon où elle faisait une toile horizontale sous laquelle elle se tenait. Je n’ai pu savoir à quel usage servait sa queue qui m’a paru inoffensive. Par la diète, son coi’ps se rétrécissant dans toutes ses parties, je l’ai mise dans l’alcool pour la conserver. — Cette Aranéide est fort rare; je l’ai montrée vivante à plusieurs personnes qui l’ont trouvée fort curieuse, et notamment à M. Morel, président de la commission administrative du Muséum d’histoire naturelle de l’île de la Réunion.
ARANEÆ
BORBONIOÆ, MAURITtANÆ
ET