‹ Aranéides nouveaux ou peu connus du midi de l'EuropeChapitre 2 sur 73 · SOUS-ORDRES · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRES

A. Cliélicères horizontales a crochets articulés longitudinalement en dessous; pattes-

mâchoires pédiformes dans les deux sexes; quatre stigmates

pulmonaires. 1. Theraphosae.

B. Chélicères verticales à crochets articulés du côté interne; pattes-

mâchoires palpiformes; deux stigmates pulmonaires.

a) . Yeux six, nocturnes; tarse de la patte-mâchoire du mâle n’enve-

loppant jamais le crochet de copulation . . . 2. Gnaphoscic.

b) . Yeux huit, rarement six, quatre ou deux; tarse de la patte-

mâchoire du mâle élargi et creusé pour contenir le crochet de copulation.

(+). Yeux égaux ou presque égaux, souvent hétérogènes, formant

un groupe plus large que long 3. Araneae.

(++). Yeux inégaux, toujours homogènes, formant un groupe plus

long que large 1 4. Üculatae.

1° Sous-ordre Theraphosae : Los chélicères sont articulées horizontalement, .leurs tiges prolongent le front, dont le bord est tronqué; le crochet, inséré à l’extrémité de la tige, se replie en dessous longitudinalement et non sur le côté interne; les yeux sont au nombre de huit; ils forment sur le bord frontal un » groupe plus ou moins resserré qui, rarement ( Priodon, Actinopus), occupe toute la largeur du front; l’article basilaire de la patte-mâchoire n'est pas élargi et maxilliforme (excepté : Atypus, Calommala , Fi lis lata) , mais étroit et en tout point semblable aux hanches des autres pattes; son bord interne est néanmoins garni de crins très-épais qui remplissent le même usage que la dilatation niîtxilliforme; la pièce labiale est petite, presque nulle (excepté : Eriodon, Actinopus); les pattes-mâchoires sont trèslongues dans les deux sexes et servent à la marche; chez la femelle le dernier article se termine par une griffe aussi forte que celles des pattes; chez le mâle cet article, est plus court, mais

non plus large que chez la femelle; en dessous ou à l’extrémité est inséré le crochet de copulation, qui est entièrement a découvert et d’une simplicité extrême. En dessous la base de l’abdomen présente quatre stigmates qui correspondent à quatre sacs respiratoires ou pulmonaires (excepté : Katadisas Hentz, Filistata ); chez la femelle l’ouverture de la vulve est une fente simple, transverse, qui n’est jamais entourée de plis'coriacés ni prolongée par une épigyne apparente.

Les Therapkosae se distinguent des autres Araignées par des caractères tellement importants et tellement exclusifs qu’il est absolument nécessaire de les isoler soit a la lin, soit au commencement de la série : on conçdit facilement que Walekenaer en ait formé une tribu, et ce n’est pas l’un des moindres défauts du système de M. Thorell de les avoir intercalées entre les Dysderidae et les Thomisidae.

Plusieurs points de leur structuré les rapprochent des Scorpionides; le genre Liphistm Schiott établit même un passage réel entre les deux ordres; celte Araignée est dépourvue de filières et son abdomen est revêtu de pièces eoriacées annulaires.

2° Sons-ordre Gnaphosae : Les chélicères, comme dans les deux sous-ordres suivants, sont articulées verticalement, en avant du front, qui forme un angle, présentant au-dessous des yeux et au-dessus des chélicères un espace plus ou moins vertical appelé bandeau (clypeus); le crochet se replie du côté interne de la tige; les yeux sont au nombre de six, ils sont tous du type nocturne, c’est-à-dire plats et d’un blanc brillant, ils forment un groupe plus ou moins large, qui, le plus souvent, n’occupe pas toute la largeur du front.

Les hanches des pattes-mâchoires sont élargies et maxilliformes; les autres articles sont plus courts, mais semblables à ceux du premier sous-ordre , c’est-à-dire que chez le mâle le tarse n’est pas élargi et que le bulbe inséré en dessous est d’une grande simplicité.

Il n’y a que deux sacs pulmonaires, mais aussi deux stigmates trachéens, situés en dessous des stigmates pulmonaires; chez la femelle la vulve est dépourvue depigyne; celte disposition

parait être en rapport, comme chez les Theraphosae, avec la simplicité dcForgane male.

Ce sous-ordre, extrêmement naturel, tient au premier par les organes externes de la reproduction et aux suivants par ses autres caractères essentiels.

5° Sous-ordre Auaneae. Les chélicères sont articulées verticalement, leur crochet se replie du côté interne; les yeux, généralement au nombre de huit, forment sur le devant du iront un groupe transverse, beaucoup plus large que long (excepté : Zora, E resus) et qui, le plus souvent, occupe toute la largeur du front; à peu d’exceptions près, ces yeux sont de deux sortes : les deux yeux médians du premier rang sont diurnes, c’est-à-dire colorés et convexes (*), tous les autres sont nocturnes, c’est-à-dire vitreux et plats; dans les quelques genres qui n’ont que six yeux (Thym, Spermophora , Leptoneta), ce sont les yeux diurnes qui disparaissent comme dans le sous-ordre précédent. Dans quelques groupes exclusivement diurnes ( Gasleraçantha , Thomisus ), les yeux sont tous homogènes et diurnes; dans d’autres (Agelcna), la distinction des deux sortes d’yeux est difficile; dans d’autres enfin (U roctèidae , Hersilidaé), les yeux diurnes paraissent être au nombre de quatre. La patte-mâchoire est courte et palpiforme dans les deux sexes (excepté : quelques mâles : Gcilena). L’article basilaire est dilaté en forme de mâchoire; chez le mâle l’article terminal est élargi, creusé en dessous en manière de cupule et enveloppant le bulbe qui est plus ou moins complexe et le plus souvent

( 1 ) Walckenacr avait bien observé que les yeux des Araignées sc présentent sous deux aspects : « -les yeux des Aranéides, dit-il, d’après les caractères extérieurs, sont de deux sortes : les uns ont une surface homogène et opaque, analogue aux veux lisses des insectes; les autres ont une cornée transparente laissant apercevoir un cristallin et une sorte de pupille, etc. » Il résulte de nos observations que les yeux de la première sorte sont, nocturnes ou organisés pour voir la nuit, ils sont plus nombreux, plus développés ou existent meme seuls chez les espèces tout à fait luci luges, tandis que les autres sont diurnes; M. Vinson a observé qu’il y a des Araignées diurnes et des Araignées nocturnes, mais il n’a pas songé à faire la comparaison de leurs yeux.

pourvu d’appendices supplémentaires; cet organe ne peut être considéré comme une griffe modifiée, quelquefois les griffes existant simultanément avec le bulbe ( Enyo , Hersilia).

Les stigmates pulmonaires sont au nombre de deux, mais il s’y joint parfois des stigmates trachéens, très-rarement placés comme ceux des Dysderidae (Argvroncta), mais le plus souvent situés à l’extrémité de l’abdomen entre les filières, sous un petit tubercule désigné dans les descriptions sous le nom d’organe infra-mamillaire^); quand la femelle est adulte, la vulve est toujours entourée de plis coriacés qui augmentent probablement sa sensibilité, son ouverture est surmontée d’un petit tubercule (JÊpigyne ou Samm Menge), tantôt lisse, très-court ne présentant aucune saillie quand on considère l’abdomen de profil ( Dras sidae , Thomisülae) , tantôt prolongé à l’extérieur sous forme d’un petit appendice replié sur lui-mème ( Epeiridae , quelques Therididae ) et désigné sous le nom de Crochet de Vèpigyne .

4° Sous-ordre Oculatae : Les caractères essentiels de ce sousordre sont les mêmes que ceux du précédent ; il se distingue uniquement par ses yeux, qui, toujours au nombre de huit, ne forment pas un groupe transverse sur le front, mais sont disposés en plusieurs rangs plus ou moins écartés entre eux et qui occupent toute la’ longueur de la tète, figurant par leur ensemble un groupe beaucoup plus long que large; ces yeux sont trèsinégaux en grandeur, mais tous semblables par leur nature et du type diurne, bien que la couleur de leur cornée soit très-variable.

C’est l’ancienne division des Araignées chasseuses de Walckenaer, mais définie avec plus de précision et reposant sur un caractère anatomique et non sur une vague indication de mœurs. (*)

(*) L’organe infra-mamillaire, appelé aussi Cribellum 7 se montre toujours simultanément avec le Calamistrum (des métatarses, postérieurs) dans les quatre familles des Dictynidae , Uloboridae } Eresidac , Filistatidac , à part quelques exceptions. Ces organes sont particuliers au sexe femelle.

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