‹ Aranéides nouveaux ou peu connus du midi de l'EuropeChapitre 21 sur 73 · OGM>I»S LOÏUCATÜS, sp. nov · texte numérisé non relu

OGM>I»S LOÏUCATÜS, sp. nov

Long. 1

Ç Le céphalothorax est pyriforme, parfaitement arrondi sur les côtés, il est légèrement tronqué au-dessus du pédicule, en avant il se rétrécit assez brusquement au niveau de la première paire de pattes; l’avance frontale est assez longue et fort étroite, son bord antérieur est arrondi; il n’y a pas trace de strie médiane, mais quelques stries rayonnantes très-faibles sont visibles sur les côtés; considéré de profil, ce corselet est élevé, mais nullement gibbeux, il s’abaisse à peine en avant et en arrière; son tégument , qui est d’un fauve rouge vif, est finement et régulièrement chagriné sur les côtés, mais il devient tout à fait lisse dans le milieu.

Les yeux sont moins gros et moins serrés que ceux de YOonops pulcher, le groupe oculaire occupe néanmoins toute la largeur du front. Les yeux médians forment, avec les latéraux supérieurs, une ligne légèrement courbée en avant; les médians sont au moins d’un tiers plus petits que les latéraux ; les yeux latéraux antérieurs, qui sont les plus gros, sont placés immédiatement au-des-

sous des supérieurs; ils sont un peu ovales, obliques et convergent en avant. Le bandeau est convexe , nullement déprimé et un peu moins large que le groupe oculaire. Les chélicères sont grêles, courtes et rentrantes.

Le plastron est très-développé et les hanches , qui sont presque globuleuses, sont rejetées très-en dehors ; il est cordiforme,à peine plus long que large, et sa surface est plane, sans aucune impression.

Les pattes sont médiocrement longues, dans le rapport 4, 1,2,5. Les fémurs sont comprimés et assez élevés, surtout à la base, les autres articles sont plus grêles et plus cylindriques; à la première paire le tarse et le métatarse sont de même longueur que le tibia , mais aux pattes postérieures ils sont plus longs.

L’abdomen, qui est ovale et un peu déprimé, est très-remarquable, il est recouvert en dessus d’une grande plaque ovale, dont le tégument est très-épais, très-lisse et pourvu de loin en loin de quelques crins blancs; la (ace ventrale est recouverte d’une plaque semblable; un peu plus petite, moins convexe et légèrement échancrée en arrière au niveau des filières; en avant cette plaque ventrale se rétrécit beaucoup et enveloppe le pédicule d’une sorte de fourreau, qui en dessus est indépendant de la plaque dorsale.

L’intervalle de ces deux boucliers est membraneux et de couleur claire; les filières, qui sont très-petites et égales, se trouvent au milieu de cette partie membraneuse. L’araignée a la faculté de rapprocher ses deux boucliers et d’enfermer ainsi ses filières dans unje sorte de boite.

Cette espèce si remarquable par la structure de son abdomen a été prise sur le rocher de Vaucluse; le male n’est pas connu. M. O.-P. Cambridge a décrit tout dernièrement le mâle d’une espèce : Oonops punctatus qui parait très-voisine de celle-ci. (Voy. G en. list. ofSpiders of Palestine and Syria , p. 225.)

Famille des PHOLCIDAE.

En 1866, j’ai fait paraître, dans les A nnales de la Société Eniomologxquc de France, une petite révision des Pholcus européens; ce travail, composé à une époque où je connaissais très-imparfaitement la faune méditerranéenne, est nécessairement incomplet et demande à être revu presque entièrement.

Les quelques pages que je publie aujourd’hui sur le même sujet peuvent être considérées comme une seconde édition.

1° Genus PHOLCUS Walck. (1805).

D’après M. T. Thorell (voy. Rem . on synonyms of Eur. spid ., n° 2), deux espèces très-différentes, tant par leurs caractères anatomiques que par leur manière de vivre, sont confondues par les auteurs sous les noms de Phalangioides et Opilionoides; voici les synonymies qu’il convient de leur assigner d’après cet auteur.

68. PHOLCUS PHALANGIOIDES Fuesslin, Verzeichn. Schweilz (1775).

Aranea meticulosa Fourcroy, Entom. Par. (178o).

— Piîuchii Rossi, 1790 (non Scopoli).

Pholcus phalangioides Walekenaer. — Dugès. — Blackwall.

— nemastoides Ch. Koch, Arachti. (1888). — Canest. et Pav. (1869).

— opilionoides Westring, Aran. Suec., E. Simon, Monog.

C’est l'espèce répandue dans toute l’Europe et habitant nos maisons; elle est tout aussi commune dans le Midi que dans le Nord; on peut lui laisser le nom de Phalangioides , puisque, dès l’année 1795, Fuesslin l’avait désignée sous ce nom. A l’époque de la publication de ma Monographie, je n’avais pas connaissance de cette synonymie.

69. PHOLCUS O PI LION 01 DES (Schranck). Ch. Koch , Aran t. IV (1838).

(?) Pholcus phalancoides Hahn. Ar., II (1834). .

Pholcüs grossipalpüs E. Simon, Manog. 1860.

L'Aranea opilionoides de Schranck me parait être l’espèce précédente; VAranea Pluchii de Scopoli, que j’avais d’abord rapportée au Pholcus rivulatus Sav. (voy. Monog.), est décrite trop vaguement pour qu’il soit possible de rien décider à son égard; cependant, M. Thorell l’admet avec doute comme synonyme de Y Opilionoides Koch.

En Corse, cette espèce est assez commune; elle se trouve dans les interstices des tas de pierres et jamais dans les habitations; les jeunes individus, que j’ai pris en même temps que les adultes, sont en tout point semblables à mon Pholcus grossipalpüs .

Le Pholcus opilionoides se distingue du Phalangiotdes par sa taille plus petite, la coloration de son corselet qui, au lieu d’une tache postérieure, porte deux lignes parallèles, et par la conformation de la patte-mâchoire du mâle : le tibia est encore plus élargi; il est presque globuleux; la lamelle tarsale est très-longue et plus grêle; vers le milieu de sa longueur, son bord externe présente une petite dent; sa troncature terminale est divisée en deux lobes inégaux; le premier crochet du bulbe est plus développé et malléiforme, le second est grêle et élargi en forme de T à l’extrémité.

70. PHOLCUS BORBONICUS Vinson, Aran. des îles de la Réun., Maur. et Madagasc ., p. 132, pl. III, fig. 4 (1864).

Le seul exemplaire que j-e possède de cette espèce, découverte à nie de la Réunion par M. Vinson, a été pris au Caire par mon ami M. Ch. de la Brûlerie.

Ce Pholcus se distingue par des caractères tout à fait spéciaux ; son céphalothorax est coupé longitudinalement, dans la portion thoracique, par une strie extrêmement profonde; la tête est moins élevée que chez le P. phalangioides, mais plus avancée; les yeux rnppelfent ceux du genre suivant : les latéraux ne sont

pas complètement réunis, les médians surtout sont bien distincts et l’espace qui les sépare est un peu plus grand que leur diamètre, les yeux supérieurs sont égaux et ovales; les antérieurs sont plus gros et arrondis, ils forment une ligne parfaitement droite; les médians antérieurs sont beaucoup moins réduits que chez les deux espèces typiques. Le plastron est légèrement déprimé dans le milieu. La patte-mâchoire de la femelle est plus courte et plus robuste, mais le tarse, qui se termine en pointe, est relativement plus développé, il est aussi long que les deux articles précédents. 11 est regrettable que M. Vinson ne nous ait pas donné une description de la patte-mâchoire du mâle; il se contente de dire : « le mâle diffère de la femelle par ses palpes qui sont globuleux et luisants. »

Cet auteur décrit avec soin la forme singulière en la coloration de l’abdomen qui est caractéristique.

2° Genus HOLOCNEMUS, nov. gen.

Pholcus, omnes auctores.

Les yeux au nombre de huit sont plus séparés entre eux que chez les Pholcus et jamais élevés sur un tubercule commun. — La' pièce antérieure du sternum est complètement soudée avec la seconde; celle-ci est marquée chez la femelle d’un fort tubercule, conique et obtus.

La patte-mâchoire du mâle a l’article fémoral petit et pyriforme; le tibia est très-développé et très-renflé, en forme de massue; le tarse court, mais prolongé par une longue pointe terminée par deux petits lobes; le bulbe est sphérique et terminal; il est prolongé en avant par une apophyse robuste, plus courte que celle du tarse, et ordinairement bifide.

Chez la femelle, les articles terminaux de la patte-mâchoire sont dilatés et ovales.

Les pattes sont très -longues et filiformes comme chez les Pholcus , mais chez le mâle le fémur et le tibia de la première paire sont pourvus d’une rangée continue d’épines acérées (de

trente à trente-six pour chaque article). Les téguments ne sont pas incolores, comme dans le genre typique; la face dorsale est ornée de figures plus ou moins compliquées et le ventre est toujours noir.

Les mœurs et l'industrie des Holocnemus les éloignent encore plus des Pholcus véritables que les caractères organiques que je viens d’énumérer.

Dans les trous des vieux murs, ou entre les feuilles épaisses des cactus et des agaves, ils filent une grande toile horizontale à tissu serré, sous laquelle ils sc tiennent dans une position renversée tout à fait comme les Linyphia; cette toile est également soutenue en dessus et en dessous par un grand nombre de fils irréguliers et divergents ; à l’époque de l’amour, la femelle construit à l’extrémité de sa toile une chambre soyeuse en forme de dôme pour recevoir le male.

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