HOLOCNEMUS BIVULATU8 Sav. et Aud
Pholcus impressus Ch. Koch., Arach., t. IV (1838).
Pholcus barbarus Lucas, Expi. Alg. (1842).
Pholcus ruralis Blackwall, Ann. and Mag. (1858).
J’ai comparé avec le plus grand soin des exemplaires venant d’Egypte, d’Algérie et de divers points des côtes européennes de la Méditerranée, sans pouvoir découvrir la moindre différence.
Le tubercule sternal chez la femelle, que M. IL Lucas croyait particulier au Ph. barbarus existe chez toutes les espèces du genre Holocnemus.
72. HOLOCNEMUS CAUDATUS L. Dufour, Ann. sc. phys ., t. V, p. 53, pl. 76. (sub : Pholcus )
Pholcus caudatus- E. Simon, loc. cit p. 123.
o* Long. 5 mm . — 1° p. 3i mm . '
Les chélicères sont armées en dessus, vers leur extrémité, d’une pointe oblique très-aiguë. La patte-mâchoire est fort volu-
mineuse : le fémur est court et globuleux, le tibia est très-convexe en forme de demi-sphère garni de crins très-longs (*); le tarse est court et arrondi, sa base présente, de chaque côté, un petit condyle brillant; la lamelle aussi longue que le tibia est grêle et droite, elle est dépourvue depinesfjgur les côtés, son extrémité est légèrement élargie et creusée; le bulbe est globuleux à la base, mais un peu déprimé et presque carré à l'extrémité.
Ce curieux Pholcus est commun dans le midi de l’Espagne et au Maroc. Il se trouve aussi en Sicile.
3° Genus SPERMOPIIORA Hentz (1841), Thorell (1870).
Pholcus Lucas, Simon [ad. part.)
Racuus Walcknear (1847).
Oopuora Hentz (1850).
Quelques années avant la fondation du genre Rachus, de Walcknear, le D r Hentz de Boston avait séparé des Pholcus véritables, une petite espèce à six yeux (S. meridionalis) très-voisine de notre Senoculatus Dugès, type du genre Rachus.
Cette nouvelle coupe reçut successivement de son auteur les noms de Spermophora (1847) et de Oophora (1830) qui rappellent tous les deux l'habitude qu’ont les Pholciclae de porter leurs œufs dans leurs chélicères.
Le type du genre en Europe est la Spermophora senoculala Dugès. Il faut ajouter :
73 SPEKMOPIiOUxl ELEVA I A, sp. nov.
o* Long. 2 n ‘ m . — 1° p. 15 mm . — $ Long. 2 { ram . — 1° p, 10““.
o* Le céphalothorax est un peu plus long que large; ses côtés sont parallèles, il ne se rétrécit pas en arrière, ou il est tronqué carrément; la surface du thorax est fort convexe et très -peu découpée par les stries; le front est large et médiocrement élevé.
( ! ) Chez //. rivuJatus, cet article présente en outre de petits spiculés
espacés.
Le bandeau a le tiers de la longueur du corselet, il est incliné en avant et bien visible en dessus; au-dessous du front il est sensiblement creusé, en avant il est rétréci et son bord antérieur est arrondi.
Les yeux sont relativement gros et forment un groupe trèslarge : les latéraux sont à peine séparés des bords du corselet et leur intervalle est presque-aussi large que le diamètre de chacun des groupes; tous les yeux sont ovales : les internes sont très-légèrement obliques et paraissent un peu tronqués du côté externe; les antérieurs sont de même taille, les supérieurs sont plus petits, ils touchent aux antérieurs et sont inclinés obliquement en sens inverse; en arrière ils dépassent un peu les internes.
Le tégument est d'un fauve testacé brillant; le bandeau est noir et les yeux sont entourés de minces cercles noirs du côté interne seulement; le thorax est orné d’une bande longitudinale noirâtre, un peu bifurquéeen avant pour se joindre aux groupes oculaires et dilatée d avant en arrière; sur les bords du thorax se voient trois paires de tachettes grises qui figurent une bordure irrégulière.
Le plastron est très-grand, aussi large que long et presque arrondi; sa surface est légèrement convexe et un peu renflée à la base de chaque patte; elle s’enfonce cependant un peu entre les hanches postérieures; son tégument est noir et finement granulé.
Les chélicères sont petites, verticales et dépassent à peine le bord des mâchoires; la tige est armée en dessus, vers le milieu , d’une petite pointe oblique, aiguë, dirigée obliquement en bas.
L’abdomen est court, mais très-élevé, d’un tiers plus haut que long et conique de sorte que son sommet est beaucoup plus éloigné du pédicule que les filières; il rappelle par sa forme celui du Pholcus borbonicus ; son tégument, d’un gris testacé, est orné de points noirs : en dessus il présente d’abord une ligne noire médiane promptement bifurquée et interrompue, suivie de deux gros points écartés, puis de deux points plus petits et plus rapprochés; près du sommet se voient d’autres points plus gros et presque réunis; sur la pente postérieure et verticale s’étendent deux bandes noires longitudinales et parallèles, dont l’intervalle d’un
blanc pur, est souvent coupé de petites lignes transverses; les parties latérales sont aussi marquées de deux tachettes noires.
Le ventre est brunâtre, il est bordé de deux fins traits noirs, qui, partant du pédicule, se recourbent en dessus, avant d’avoir atteint les filières; celles-ci sont testacées et entourées de noir.
Les pattes sont fines et longues, comme chez tous les Pholcidae ; cependant les fémurs paraissent un peu plus épais, surtout à la base; elles sont d’un jaune tesfacé clair, les antérieures ont une teinte olivâtre; à l’extrémité des fémurs, à la base et à l’extrémité des tibias se voient des anneaux bruns peu marqués.
La patte-mâchoire est d’un fauve testacé : le fémur est armé d’une pointe divergente du côté externe; le tibia, assez épais, s’élargit de la base â l’extrémité où il est tronqué; les deux articles suivants sont un peu renflés en dessus; le tarse est plus long, un peu courbe, et armé à l’extrémité, au-dessous de l’articulation, d’une lanière brunâtre, qui descend parallèlement au tibia et qui est presque aussi longue: cet appendice, d’abord assez grêle, s’élargit à l’extrémité; le bulbe est globuleux, comme chez S . senoculata , la pointe qui le surmonte est très-petite, aiguë et recourbée.
9 Le céphalothorax s’éloigne sensiblement de celui du mâle; la partie thoracique, beaucoup plus convexe, s’abaisse plus en avant vers les yeux, ses côtés sont arrondis; le bandeau, beaucoup plus court, n’est pas ou est à peine visible en dessus; la bande médiane est plus large et découpée sur les côtés.
Les pattes-mâchoires sont petites, grêles et entièrement noires.
L’abdomen et les pattes ne diffèrent pas.
Cette espece se trouve en Corse où elle habite sous les pierres et quelquefois sur les buissons.
La Spermophora elevata est à la Senoculata , presque ce que les Holocnemus sont aux Pholcus ; elle a de commun avec le premier de ces deux genres ses yeux plus écartés, ses téguments colorés et ornés de figures noires, tandis que la Senoculata ne diffère guère des vrais Pholcus que par le nombre de ses yeux et la simplicité de sa patte-mâchoire.
Famille des ENYOIDAE.
Dans ma monographie des Enyoidae d’Espagne (voy. Rev. de Zool, fév. 1870) j’ai indiqué les limites de cette famille naturelle dont les principaux types sont : Enyo , Lachesis et Storena, mais je n’ai pas insisté sur les caractères essentiels qui la séparent des familles voisines : Therididae , Drassidae et surtout Agelenidae dont elle ne devrait peut-être former qu’une subdivision ou tribu.
M. Thorell a défini la famille uniquement d’après le genre Enyo (voy. on Europ Spid. p. 72) et sa diagnose ne peut guère s’appliquer aux autres types; en effet M. Thorell place les Enyoidae dans son sous-ordre des Retitelariae à cause de leurs pattes fines à tarses filiformes : cependant la plupart des Lachese et des Storena ne les cèdent en rien aux Drassidae par la force et la brièveté de leurs membres. Les Enyoidae se distinguent tout d’abord des Drassidae par leurs grilles qui sont au nombre de trois comme chez les Agelenidae (*) et par leur corselet dont la tète est séparée du thorax par des stries obliques plus ou moins marquées; leurs téguments, toujours dépourvus de pubescence, comme chez les Therididae , les séparent également des Drassidae et des Agelenidae .
Les Enyo véritables sont des araignées essentiellement Heterophthalmes ; les deux yeux diurnes sont beaucoup plus gros que les autres et d’aspect tout différent, tandis que chez les Lachese (Lachesis) la distinction des yeux est très-difficile, ces araignées différant peu par leur yeux du genre Agelena .
Les chélicères dont les crochets extrêmement petits sont à peine aussi longs que la troncature de la lige qui est robuste, et
(') Il ne faut pas attacher plus d’importance qu’il ne mérite au caractère des griffes, qui varie quelquefois dans les types les plus voisins ; ainsi dans le genre Dysdera : YErythrina a deux griffes et Vllombergi en a trois.
les mâchoires qui sont très- inclinées sur la lèvre, qu’elles entourent complètement, n’ont d’analogues que chez les Scytodidae et les Hersilidae, pour lesquelles Dugès avait proposé le nom de Micrognaihes ; un caractère singulier rapproche encore les Enyoidae de ces deux types : c’est la division du tarse des pattes en trois articles, dont le dernier, appelé unguifère, est très-petit (sauf dans le genre Hersilia).
Chez la femelle le tarse de la patte-mâchoire se termine par une griffe très-forte visiblement pcctinée, qui existe souvent aussi chez le male, caractère également commun à la famille des Hcr silidae.
Les filières diffèrent de celles des Agelenidae , les longues filières supérieures biartieulées faisant défaut; mais elles ressemblent considérablement à celles des Drassidae à filières inégales comme, par exemple, quelques Pythonissa (Lentiginosa, Aussereri) à cela près qu’elles sont toujours au nombre de quatre et que les deux plus grosses sont placées en dessous et non sur les côtés des petites; les grandes filières qui se touchent sur la ligne médiane sont quelquefois (chez les vraies Enyo) soudées à leur base, elles se composent d’un seul article tubulaire dont la troncature est un peu renflée; dans quelques espèces (Selamia uni color ), les quatre filières sont presque égales et disposées en rosace.
Le genre Miltia , que j’ai fondé en 1870 pour ÏEnyo amaranthina de M. Lucas, ne peut rester dans la famille des Enyoidae : par leur position, les yeux rappellent cependant ceux des Enyo , mais tous les autres caractères indiquent un type différent : la bouche, par exemple, dont les chélicères ont un long et puissant crochet, presque comme chez les Dysderidae, et les mâchoires carrées, non inclinées sur la lèvre; le corselet est revêtu d’une pubescence lanugineuse qui n’existe jamais chez les Enyoidae; de plus, les griffes tarsales ne sont qu’au nombre de deux et sont dépourvues de denticulalions; cependant il n’y a que deux paires de filières, mais ses organes ne sont pas disposés comme chez les Enyo , puisque la paire supérieure est la plus développée et recouvre l’inférieure d’une sorte de bouclier; M. O.-P. Cambridge
a depuis proposé de rapprocher le genre Miltia des Filistata , niais il me semble plutôt appartenir à la famille des Drassidae où sa place naturelle est à côté des Phrurolilhus , Ch. Koch.
Genus ENYO, Sav. (<).
Le genre Zodorium , maintenu par M. Thorell, repôse sur une erreur d’observation, que ce savant auteur eût corrigée s’il avait vu les espèces qu’il cite comme type d’après Walckenear et Ch. Koch; en effet toutes les Enyo ont la ligne antérieure des yeux droite ou presque droite.
Leurs pattes sont fines et remarquables par la longueur des tarses relativement à celles des autres articles.
Les Enyo vivent aux dépens des fourmies et s’établissent dans leur voisinage; elles ne construisent ni filet ni toile pour arrêter leur proie qui est toujours plus forte et plus grosse qu’eux-mèmes, mais aux heures de chasse ils rôdent autour des fourmilières et se mêlent aux longues files des fourmis, allant de l’une à l’autre en saisissant ù l’improviste les individus faibles, blessés ou gênés par un trop lourd fardeau; pour m’assurer de ce fait curieux et nouveau , il m’est arrivé plusieurs fois de blesser une fourmi , aussitôt j’ai vu plusieurs Enyo se précipiter sur elle et la tirailler en sens contraire, chacune par une patte. Quand Y Enyo a saisi sa proie, elle l’entraîne à l’écart, pour la manger à son aise; aussi sa demeure est-elle toujours entourée de débris qui ne laissent point de doute sur son genre de nourriture. Leur nombre est souvent considérable, une seule fourmilière de YAtta cephalotes , m’a fourni plus de cent cinquante individus de Y Enyo elegans , d’autres en sont, au contraire, dépourvus pour des raisons que je ne connais pas. (*)
(*) Cette partie de mon travail sert de complément à la monographie des Enyoidae d’ Espagne et du. Maroc que j’ai publiée en 4870 dans la Revue de zoologie; les espèces décrites dans ce mémoire sont : Lachese reticulata , Enyo afgerica , E. fusca , E. affinis , E. slilifera , E. isabellina y E. modesta , E. alacris , E. maculai a et Miltia amaranthina .
Leur coque est petite et formée de fils gluants qui agglutinent les petites pierres et les corps étrangers; la femelle y pond ses œufs qui sont peu nombreux et enveloppés d’une toile serrée.