‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 22.26 (volume 2)Chapitre 14 sur 22 · Etjl dit : Je [suis) serviteur d'Abraham · texte numérisé non relu

Etjl dit : Je [suis) serviteur d'Abraham

35. Et Jéhovah a béni mon seigneur abondamment, et il l'a rendu grand, et il lui a donné du menu bétail et du gros bétail, et de l'argent, etderor,et des serviteurs, et des servantes, et des chameaux, et des ânes.

36. Et Sarah épouse de mon seigneur a enfanté un fils à mon • seigneur après sa vieillesse, et il lui a donné tout ce qu'il a.

37. Et mon seigneur m'a adjuré, en disant : Tu ne prendras point une femme pour mon fils des filles du Ganaanite, dans la terre duquel j'habite.

38. Tu n'iras que vers la maison de mon père, et vers ma famille, et tu (y) prendras une femme pour mon fils.

30. Et je dis à mon seigneur : Peut-être la femme n'ira-t-elle pas après moi ?

40. Et il me dit : Jéhovah devant Lequel j'ai marché, enverra son ange avec toi, et il rendra prospère ton chemin, et prends une femme pour mon fils de ma famille et de la maison de mon père.

H. Alors tu seras dégagé de mon serment, en ce que tu seras veuu vers ma famille ; et s'ils ne te (/// donnent point , et tu seras dégagé de mon serment.

42. Et je suis venu aujourd'hui vers la fontaine, et j'ai dit : Jéhov ah, Dieu de mon seigneur Abraham, s'il Te convient, je te prie de faire prospérer mon chemin sur lequel je marche.

A3. Voici, moi je me tiens près de la fontaine des eaux; et qu'il arrive que l'adolescente qui sortira pour puiser, et à laquelle je dirai: Fais-moi boire, je te prie, un peu d'eau de ta cruche.

44. Et qui me dira : même toi bois, et même pour tes chameaux je puiserai, celle-là (toit) la femme que Jéhovah a destinée au fds de mon seigneur !

45. A peine moi eos-je achevé de parler en mon cœnr, et voici, Rébecca sortait, et sa cruche sur son épaule, et elle descendit à la fontaine, et elle puisa ; et je lui dis : Fais-moi boire, je te prie.

46. Et elle se hâtait, et elle abaissait sa cruche de dessus elle, et elle disait : Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux. Et je bus, et elle abreuva aussi les chameaux.

47. Et je l'interrogeais, et je disais : La fille de qui (es-tu) toi? Et elle dit : La fille de Béthuel, fils de Nachor, que lui a enfanté Milckah ; et je mis la boucle sur son nez et les bracelets sur ses mains.

48. Et je m'inclinai et me prosternai devant Jéhovah, et je bénis Jéhovah, Dieu de mon seigneur Abraham, qui m'a conduit dans le chemin de la vérité pour prendre la fille de mon seigneur pour son fils.

49. Et maintenant si vous êtes, vous, pour user de miséricorde et de vérité avec mon seigneur, déclarez-le moi, et sinon, déclarez-le moi, et.je regarderai a droite ou a gauche.

GENÈSE. CHAP. VINGT-QUATRIEME. l!»5

50. Et Laban répondit. etBéthuel, et ils dirent: De Jéhovah est sortie la Parole, nous ne pouvons#te parler ni mal ni bien.

51. Voici Rébecca devant toi, prends-(là) et pars, et qu'elle soit la femme du fils de ton seigneur, ainsi qu'a parlé Jéhovah.

52. Et il arriva, lorsque le serviteur d'Abraham eut entendu leurs paroles, et il se prosterna à terre devant Jéhovah.

53. Et le serviteur sortit des vases d'argent, et des vases d'or, et des vêtements, et il (tes) donna à Rébecca, et if donna des choses précieuses à spn frère et à sa mère.

54. Et ils mangèrent et ils burent, lui et les hommes qui (étaient) avec lui, et ils passèrent la nuit, et ils se levèrent au matin, et il dit: Envoie-moi à mon seigneur.

55. Et son frère dit, et .sa mère : Que la jeune tille reste avec nous des jours, soit dix, après tu t'en iras.

56. Et il leur dit : Ne me retardez pas, et Jéhovah a rendu prospère mon chemin ; envoie-moi et que j'aille à mon seigneur.

57. Et ils disent': Appelons la jeune fille, et interrogeons sa bouche.

58. Et ils appelèrent Rébecca, et ils lui dirent : T'en vas-tu avec cet homme? Et elle dit : J'irai.

59. Et ils envoyèrent Rébecca leur sœur, et sa nourrice, et le serviteur d'Abraham et ses hommes.

60. Et ils bénirent Rébecca, et ils lui dirent : Notre sœur! que tu sois en milliers de myriade, et que ta semence hérite la porte de ceux qui te haïssent !

61. Et Rébecca se leva, et ses jeunes filles, et elles étalent montées sur les chameaux, et elles allaient après l'homme ; et le serviteur reçut Rébecca, et il's'en alla.

62. Et Iischak venait en venant de Béer-lachaï-roï, et lui habitait dans la terre du midi.

63. Et Iischak sortit pour méditer dans le champ vers le soir, et il leva ses yeux, et il vit, et voici, des chameaux venaient.

64. Et Rébecca leva ses yeux et vil Iischak, et elle tomba de dessus le chameau. ,

65. Et elle dit au serviteur : Qui (est) cet homme marchant là dans le champ au-devant de nous? Et le serviteur dit : Celui-ci (est) mon seigneur ; et elle prit le voile et se couvrit.

06. El le serviteur raconta à lischak toutes les choses qu'il avait

faites. •

67. Et lischak la conduisit dans la tente de Sarah sa mère ; et il prit Rébecca, et elle lui était pour femme, et il l'aima ; et lischak fut consolé après sa mère.

CONTENU

3012. Dans le sens interne est décrite Jpute la progression de la conjonction du Vrai avec le Bien dans le Divin Rationnel du Seigneur : dans ce Chapitre, la progression de l'initiation qui précède la conjonction : lischak est le Bien du Rationnel ; Rébecca ici est le Vrai qui doit être initié au Bien ; Laban est l'affection du bien dans l'homme naturel.

3013. La progression de l'initiation est ainsi décrite dans le sens interne : lorsqu'elle fut déterminée, et que toutes choses eurent été ramenées dans l'ordre Divin céleste par le Seigneur, atin qu'au Divin Bien de son Rationnel fût conjoint le Divin Vrai, et cela par la voie commune d'après l'homme naturel, savoir, d'après les scientifiques, les connaissances et les doctrinaux . qui sont en lui; alors les vrais tirés de là par l'influx Divin du Seigneur furent initiés au Bien dans le Rationnel, et furent faits Divins ; ainsi, le Rationnel fut fait Divin par le Seigneur de même que quant au Bien, aussi quant au Vrai.

3014. Par ce Chapitre, et par ceux qui suivent , on peut voir quels arcanes sont contenus dans le sens interne de la Parole.

SENS INTERNE

3016. Vers. 1. Et Abraham , vieux, venait dans tes jours, et

Jéhovah avait béni Abraham en toutes choses. — Abraham, vieux, venait dans les jours, signifie que guand l'état avançait, l'Humain du Seigneur devenait Divin : et -féhorah avait béni Abraham en toutes choses, signifie lorsque toutes choses eurent été disposées par le Seigneur dans l'ordre Divin.

3016. Abraham, vieux, venait (tans /es jours, signifie que quand l'état avançait, l' tlumaindu Seigneur (L venait Divin : on le voit par la représentation. A' A braliam , en ce qu'il est le Seigneur, comme il a été dit N"1893, 1965, 1989. 2011. 2172, 2198, 2501, 2833, 2836, et ailleurs bien des fois ; par la signification de Vieux ou de vieillesse, en ce que c'est dépouiller ce qui est humain et revêtir ce qui est céleste, N0,1854, 2198, et quand il s'agit du Seigneur, en ce que c'est revêtir le Divin ; et par la signification du jour, en ce qu'il est l'état, N" 23, 487, 488, 493, 893, 2788; ainsi venir dans tes jours, c'est lorsque l'état avançait. Si vieux et venir dans les jours ont ces significations, c'est parce que chez les Anges il n'y a aucune idée de la vieillesse, ni de l'avancement de l'âge, qui est venir (Lins les jours, mais il y a l'idée de l'état quant a la vie dans laquelle ils sont, c'est pourquoi quand l'avancement d'âge et la vieillesse sont nommés dans la Parole, les Anges, qui sout chez l'homme, ne peuvent avoir d'autre idée que celle de l'état de la vie dans laquelle ils sont, et dans laquelle sont les hommes quand ils parcourent les âges jusqu'au dernier, savoir,- en ce qu'ils dépouillent ainsi successivement l'humain et revêtent le céleste, car la vie humaine depuis l'enfance jusqu'à l'extrême vieillesse n'est autre chose qu'un avancement du monde vers le ciel, et le dernier instant, qui est la mort, est le passage même, aussi la sépulture est-elle la résurrection parce que c'est l'entier dépouillement, N"* 2916, 2917. Comme les Anges sont dans une telle idée , il ne peut pas être signifié autre chose par venir dans les jours et par la vieillesse dans le sens interne, qui est principalement pour les Anges, et pour les hommes qui sont des Mentais angéliques.

3017. Et Jéhovah avait béni Abraham en toutes choses, signifie lorsque toutes choses eurent été disposées par te Seigneur dans l'ordre Divin, ou, ce qui est la même chose, quand le Seigneur disposa toutes choses dans l'ordre Divin : cela résulte de ce qu<« Jéhovah est le Seigneur quant au Divin même, N*" 1343. 1736.

1815, 2004, 2005, 2018, 2025, 2921, et qu'alors Abraham représentait le Seigneur quant au Divin Humain. N°' 2833, 2836 ; c'est pourquoi, lorsqu'il est dit que Jéhovah avait béni AbraJiam en toutes elioses, il est entendu, dans le sens interne, que le Seigneur d'après le Divin même avait disposé toutes choses dans son Humain en ordre Divin ; car bénir, quand il se dit de l'Humain du Seigneur a cette signification ; en effet, être béni, quand il se dit de l'homme, c'est être enrichi du bien spirituel et céleste, IV" 981, 1096, 1420. 1422, et l'homme est enrichi de ce bien , quand les choses qui sont chez lui sont disposées par le Seigneur dans l'ordre spirituel et céleste, par conséquent dans l'image et la ressemblance de l'Ordre Divin, IN° 2475 ; la régénération de l'homme n'est pas autre chose. Mais qu'est-ce que c'est que cette disposition de toutes choses en ordre Divin faite par le Seigneur dans son Humain, c'est ce qu'on voit par ce qui suit dans ce Chapitre, savoir, en ce que son Divin Ra- . tionnel représenté par Iisçhak, conçu du Divin Bien représenté par Abraham, et né du Divin .Vrai représenté par Sarah, a maintenant ê té disposé dans cet ordre Divin, afin que les Divins Vrais d'après l'Humain même pussent Lui être conjoints : voilà les Arcanes que contient ce Chapitre dans le sens interne ; les Anges en ont par le Seigneur une claire himière, car ces arcanes se manifestent dans la lumière du ciel comme dans un jour clair*; mais dans la lumière du monde, dans laquelle est l'homme, à peine en est-il aperçu quelque chose, si ce n'est d'une manière obscure, chez le régénéré, car celui-ci est aussi dans quelque lumière du ciel.

3018. Vers. 2. Et Abraham dit ù son serritcur te plus aneien de sa maison, qui administrait tout ce qui (était) à lui: Mets, je te prie y ta main sous ma cuisse. — Abraham dit a son serviteur (e plus ancien de sa maison, signifie I. 'ordination, et l'influx dû Seigneur dans son Naturel, qui est le serviteur le plus ancien de la maison : qui administrait tout ce qui (était) *> tut, signifie les devoirs de l'homme Naturel : mets, je te prie, ta main sous ma cuisse, signifie son engagement quant à la puissance pour le bien de l'amour conjugal.

3019. Abra/uim dit à son serviteur le plus ancien de sa maison, signifie r ordination, et t influx du Seigneur dans son Naturel, qui est le serviteur te plus ancien de la maison . on le voit par la

signification tic dire ici, en ce que c'est commander parce qu'il s'adresse a un serviteur ; et comme il s'agit de la disposition des choses qui sont dans l'homme Naturel pn; le Divin, c'est mettre en ordre et influer, car tout ce qui se fait <!;ms le Naturel, ou dans l'homme Externe, est mis en ordre par I homme Rationnel ou Interne, et effectué par l'influx : que le serviteur le plus ancien de la maison soit le Naturel ou l'homme Naturel, on peut le voir par la signification du serviteur, en ce qu'il désigne ce qui est inférieur et est au service du supérieur, ou, ce qui est la même chose, ce qui est extérieur et est au service de l'intérieur, Voir N°* 2541, 2567; toutes les choses qui appartiennent a l'homme Naturel, comme les scientifiques de tout genre, ne sont autres que des servitudes, car elles servent à l'homme Rationnel pour qu'il puisse penser avec équité et vouloir avec justice: que le plus ancien de la maison soit l'homme naturel, on peut le voir par ce qui suit.

3020. Qui administrait tout ce gui était à lui, signifie les devoirs de l'homme Naturel: cela est évident par la signification d'administrer et même par celle d'administrer tout, en ce que c'est remplir les oflîces ou les fonctions. Qu'il en soit de l'homme Naturel par rapport a l'homme Rationnel, ou, ce qui est la même chose, qu'il en soit de l'homme Externe par rapport à l'homme Interne, comme d'un intendant dans une maison, on le voit, N" 1795 ; il en est de tout ce qui est dans l'homme comme d'une maison, c'est-à-dire, comme d'une famille, en ce qu'il y a celui qui remplit la fonction de Père de famille , et ceux qui remplissent celles des serviteurs ; le Mental Rationnel est lui-même celui qui dispose toutes choses comme Père de famille, et qui les met en ordre par l'influx dans le mental naturel , tandis que le Mental naturel est celui qui sert et qui administre; comme le Mental naturel est distinct du Mental Rationnel et dans un degré au-dessous de ce mental, et qu'il agit même par une sorte de propre, il est appelé relativement le Serviteur le plus ancien de la maison et l'administrateur de tout ce qui y est ; que le mental naturel soit un mental distinct du mental Rationnel et dans un degré inférieur, et qu'il y ait une sorte de propre, c'est ce qu'on peut voir par les choses qu'il renferme et par ses offices; les choses qu'il renferme sont tous les scientifiques, pnr conséquent aussi toutes les connaissances de quelque genre

qu'elles soient, en un mot tputes les choses en général et en particulier appartenant à la Mémoire extérieure ou corporelle, N°' 2471. 2480 ; il renferme aussi tout imaginatif, qui esl le sensuel intérieur chez rhomme et est principalement en vigueur chez les enfants et dans le premier âge de l'adolescence; il renferme encore toutes les aliénions naturelles qui sont communes à l'homme et aux animaux brutes; de là on voit clairement quels sont ses offices. Mais le Mental Rationnel est intérieur ; les cognitifs qui y sont ne se montrent pas devant l'homme, mais, tant qu'il vit dans le corps, ils sont imperceptibles, ce sont toutes les choses en général et en particulier appartenant à la Mémoire intérieure, N°* 2470, 2471, 2472, 2473, 2474, 2439, 2490; tout cogitalif, qui est perceptif de l'équitable et du juste, ainsi que du vrai et du bien, est aussi de son ressort ; toutes les affections spirituelles, qui proprement sont humaines, et par lesquelles l'homme est distingué des animaux brutes, sont encore de son ressort ; ce mental influe par ces choses dans le mental naturel, et il excite celles qui y sont, et les considère par une sorte de vue, et ainsi juge et conclut. Que ces deux Mentais soient distincts, c'est ce qui résulte clairement de ce que chez plusieurs le Mental naturel domine sur le Mental Rationnel, .ou, ce qui est la même chose, l'homme Externe domine sur l'homme Interne; et qu'il ne domine point mais es\ serviteur chez ceux-là seulement qui sont dans le bien de la charité, c'est-à-dire, qui se laissent conduire par le Seigneur.

3021 . Mets Je te prie, ta main sous nia euisse, signifie son engay mentquant à la puissance pour le bien de l'amour conjugal : ou le voit parla signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N° 878; et par la signification de la cuisse, en ce qu'elle est le bien de l'amour conjugal , ainsi qu'il va être expliqué. Que ce soit un engagement quant à cette puissance, on le voit, en ce que ceux qui s'engageaient à quelque chose qui concernait l'amour conjugal, mettaient, d'après un rite ancien, la main sous la cuisse de celui avec qui ils prenaient rengagement, et qui alors les adjurait, et cela, parce que la cuisse signifiait l'amour conjugal, et la main, la puissance ou autant qu'on pouvait ; car toutes les parties du corps humain correspondent aux spirituels e! aux célestes daus le Très Grand Homme, qui esl le Ciel, comme il a été montré. N 299fi.

GENÈSE, CHAP. VINGT QUATRIÈME. 20i

'2998, ot comme dans la suite, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera montré plus amplement: les cuisses elles-mêmes avec les Lombes correspondent à l'Amour Conjugal; ces correspondances avaient été connues des Très-Anciens, c'est pourquoi il en était résulté chez eux plusieurs rites religieux, parmi lesquels était aussi celui de mettre la main sous la cuisse, lorsqu'on s'engageait à quelque bien de l'amour conjugal ; la connaissance de ces rites, qui était très-estimée des Anciens, et qu'ils plaçaient au rang des choses les plus importantes de leur science et de leur intelligence, est aujourd'hui entièrement perdue, au point qu'on ignore même qu'il existe quelque Correspondance, et peut-être, par suite de cette ignorance, sera-t-on étonné que de telles choses soient signifiées par ce rite : ici, comme il s'agit des fiançailles de Iischak fils d'Abraham avec quelque fille de sa famille, et qu'il est dit au serviteur le plus ancien de s'acquitter de ce devoir, c'est pour cela que ce rite est observé. Que la cuisse signifie l'Amour conjugal, d'après la Correspondance, ainsi qu'il vient d'être dit, c'est ce qu'on peut voir aussi par d'autres passages dans la Parole, par exemple, par la procédure prescrit** dans Moïse, quand une femme était accusée d'adultère par son mari : a Le prêtre adjurera la femme par un ser- » ment de malédiction, et le prêtre dira à la femme: Jéhovah te

• donnera toi-même en malédiction et en adjuration au milieu de » ton peuple, en ca que Jéhovah rendra ta Cuisse tombante et ton » ventre enflé. Quand il lui aura douné h boire les eaux, et il arri- » vera que si elle est souillée etaprévariqué de prévarication envers

• son mari, et les eaux maudites viendront en elle en amertumes, » et son ventre enflera, et sa Cuisse tombera, et la femme sera en » exécration au milieu de son peuple. » — Nomb. V. 21, 27; — la cuisse qui devait tomber signifiait le mal de l'amour conjugal ou l'adultère; les autres actes de cette procédure signifiaient, chacun en particulier, des spécialités de l'affaire même, de sorte qu'il n'y a pas le moindre détail qui ne renferme quelque chose, tellement que l'homme qui lit la Parole, sans l'idée du saint, doit s'étonner d'y rencontrer de tels détails. Par suite de la signification de la cuisse, r j 1 1 î est le bien de l'amour conjugal, il est dit quelquefois: sortis de ta cuisse, par cxomplc, au sujet de Jacob : « Fructifie et mul- » tiplic ! Une nation et une assemblée de nations seront suscitées

AKCANKS CÉLESTES

» de toi, et des rois sortiront de tes cuisses, » — Gen. XXXV. 11 ; — et ailleurs : « Toute âme qui vint avec Jacob en Ègypte, ceux gui » étaient sortis de sa cuisse. » — Gen. XLVI. 26. Exod. L 5 ; — et au sujet de Gidéon : « Gidéon avait soixante-dix fils sortis de sa » cuisse. » — Jug. VIII. 30. — Et comme les cuisses, le dedans des cuisses et les lombes signifient les choses qui appartiennent à l'amour conjugal, ils signifient aussi celles qui appartiennent à l'amour et à la charité, et cela, parce que l'amour conjugal est l'amour fondamental de tous les amours, Voir N°* 686, 2733, 2737, 2733, 2739, car ils viennent de la même origine, savoir, du Mariage céleste, qui est le mariage du bien et du vrai, Voir N°* 2727 à 2759 ; que la cuisse signifie le bien de l'amour céleste et le bien de l'amour spirituel , on peut le voir par ces passages , dans Jean : « Celui qui était monté sur le Cheval blanc avait sur son vêtement » et sur sa cuisse ce nom écrit : le Roi des rois et le Seigneur des » Seigneurs. » — Apoc. XIX. 16 ; — celui qui était monté sur le cheval blanc est la Parole, ainsi le Seigneur qui est la Parole, Voir N" 2760, 2761, 2762 ; le Vêtement est le Divin Vrai, N* 2576 ; c'est pour cela qu'il est appelé le Roi des rois, N° 3009 ; de là on voit clairement ce que c'est que la cuisse, savoir, le Divin Bien qui appartient à son amour, ce qui fait aussi qu'il est appelé le Seigneur des Seigneurs, N"* 300A à 3011 ; comme cela est la qualité du Seigneur, il est dit qu'il avait ce nom écrit sur son vêtement et sur sa cuisse, car le nom signifie la qualité, N°' 1896, 2009, 2724, 3006. Dans David : /Ceins ton épée sur la cuisse, ô puissant par ta gloire » et par ton honneur! »— Ps. XLV. h ;— là, il s'agit du Seigneur ? l'épée est le vrai qui combat, N° 2799; la cuisse est le bien de l'amour; ceindre l'épée sur la cuisse signifie que le vrai par lequel il combattrait procédrait du bien de l'amour. Dans Ésaïe : « La justice * sera ta ceinture de ses reins, et la vérité la ceinture de ses cuisses, » — XI. 5 ; — là, il s'agit aussi du Seigneur ; la justice, parce qu'elle se dit du bien de l'amour, N' 2235, est nommée ceinture des reins; la vérité, parce qu'elle procède du bien, est appelée ceinture des cuisses ; ainsi les reins se disent de l'amour du bien, et les cuisses, de l'amour du vrai. Dans le Même : « Il n'est point fatigué ni abattu » en Lui-même, il ne sommeillera point et ne dormira point, et la » ceinture de ses cuisses n'a point été déliée, et la courroie de ses

» souliers n'a point été rompue. » — V. 27 ; — il s'agit du Seigneur; la ceiuture de ses cuisses, c'est l'amour du vrai, comme ci-dessus. Dans Jérémie, « Jéliovah lui ordouna d'acheter une ceinture de lin, et de la mettre sur ses reins, mais de ne pas la passer par l'eau ; et de s'en aller vers l'Euphrate, et de la cacher dans un trou de rocher ; cela étant fait, lorsqu'il y retourna et qu'il la retira du lieu, elle était pourrie. » — XIII. 1 à 7; — la ceinture de lin, c'est le vrai ; il était représenté que le vrai procédait du bien, en ce qu'il la mettait sur ses reins ; chacun peut voir que ce sont là des représentatifs et qu'on ne peut savoir ce qu'ils signifient que par les Correspondances, dont il sera traité , d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, à la fin de quelques Chapitres ; on ne comprendrait pas autrement non plus les choses qui furent vues par Ézéchiel, par Daniel et par Nébuchadnézar : par tizéchiel : « Au-dessus de l'étendue, qui » {était) sur la tête des Chérubins, (i7 y avait) comme l'aspect

• d'une pierre de Saphir une ressemblance de trône, et sur la res- » semblance du trône une ressemblance comme l'aspect d'un

• Homme sur lui , au-dessus : et je vis comme une apparence

• de braise ardente, comme un aspect de feu au dedans d'elle (et)

• tout autour ; depuis l'aspect de ses Reins et au-dessus, et depuis

• l'aspect de ses Reins et au-dessous, je vis comme unaspectde feu,

■ et ça splendeur tout autour comme l'aspect de Parc-en-ciel, qui

• est dans une nuée en un jour de pluie; ainsi (était) l'aspect de la

• splendeur tout autour, ainsi (était) l'aspect de la ressemblance de d la gloire de Jéliovah. » — I. 26, 27, 28 ; — que ce soit là un représentatif du Seigneur et de son Royaume, c'est ce qu'on peut voir; et que l'aspect des reins en dessus et des reins en dessous soit le représentatif de son amour, cela est évident par la signification du feu. en ce qu'il est l'amour, N° 934, et par la signification de la splendeur et de Parc-en-ciel, en ce qu'ils désignent la sagesse et l'intelligence qui procèdent de l'amour, Nn* 1042, 1043,. 1053: par Daniel : t L'homme qu'il vit était vêtu de lin, et ses Reins étaient » ceints d'or d'Uphaz, et son corps (était) comme une Tharschisch,

■ et ses faces comme l'aspect de l'éclair, et ses yeux comme des 9 lampes de feu, et ses bras et ses pieds comme la splendeur de » l'airain poli. » — * X. 5, 6 ; — personne ne peut comprendre ce que signifient toutes ers choses, siuon par les représentations et

leurs correspondances, ce que signifient par exemple les reins, le corps, les faces, les yeux, les bras, les pieds; d'après les représentations et les correspondances, on voit que c'est le Royaume céleste du Seigneur, qui a été ainsi représenté; les reins sont le l>i\in amour; l'or d'iiphaz dont ils étaient ceints est le bien de la sages^qui procède de l'amour, N0> 113, 1551, 1552 : par Nébuchadnézar. dans Daniel : « La tête de la statue était d'or fin ; sa Poitrine et ses » Bras, d'argent ; son Ventre et ses Cuisses, d'airain ; ses Pieds en » partie de fer et en partie d'argille. » — IL 32, 33; — par cette statue ont été représentés les États successifs de l'Église ; par la Tète qui était d'or, le premier état qui fut céleste, parce qu'il appartenait à l'amour pour le Seigneur ; par la poitrine et les bras qui étaient d'argent, le second état qui fut spirituel, parce qu'il appartenait à la charité envers le prochain ; par le ventre et les cuisses qui étaient d'airain, le troisième état qui fut celui du bien naturel, lequel est l'airain, N°* 425, 1551 ; le bien naturel appartient à Painour ou à la charité envers le prochain dans un degré au-dessous du bien spirituel; par les pieds qui étaient de fer et d'argille, le quatrième état qui fut celui du vrai naturel, lequel est le fer. N0' 425, 426, et aussi celui de nulle cohérence avec le bien , qui est Pargille. D'après tout ce qui vient d'être dit, on peut voir ce que signifient les cuisses et les reins, savoir, l'amour conjugal principalement, et par suite tout amour réel, comme on le voit d'après les passages cités, et aussi d'après Gen. XXXII. 26, 32, 33. Ésaïe, XX. 2, 3, 4. Nahum, II. 2. Psaum. LXIX. 24. Exod. Ml. 11. Luc, XII. 35, 36 ; — et même, dans le sens opposé, les amoui -s contraires, savoir, les amours de soi et du monde, — L Rois, II. 5, 6. .Ésaïe, XXXII. 10, 11. Jérém. XXX. 6. XLV1II. 37. Ezech. XXIX. 7. Amos, VIII. 10.

3022. Vers. 3, 4. Et je t'adjurerai par Jéhovah , Dieu du ciel et Dieu de la terre, que tu ne prennes point une femme pour mon fits des fit/es du Canuanite, au milieu duquel j'Imbite ; mais que tu ailles vers ma terre et vers ma nativité, et que tu prennes um femme pour mon fils lischak. — Et je t'adjurerai par JéhovaJi, 'Dieu du ciel et Dieu de fa terre, signifie l'engagement très-saint devant le Divin qui est dans les suprêmes et dans les choses qui en procèdent : que tu ne prennes point une femme pour mon fils dès

fille* du Canaanite , siguifie que le Rationnel Divin ue serait conjoint à aucune affection qui n'est pas d'accord avec le vrai : au milita duquel j'habite, signifie les choses discordantes daus l'humain maternel qui font une enceinte : mais que tu ailles vers ma terre et vers ma nativité , signifie vers les célestes Divins et vers les spirituels Divins que le Seigneur s'est acquis a Lui-Même : et que tu prennes une femme pour mon fils Iisehak, signifie que de là procéderait l'affection du vrai, laquelle serait conjointe à l'affection du bien Rationnel*.

3023. Je t'adjurerai par Jéhovah, Dieu du eiel et Dieu de la terre, signifie l'engagement trés-saint devant le Divin qui est dans les suprêmes et dans tes choses qui en procèdent : on le voit par la signification d'adjurer, en ce que c'est engager par serment, car l'adjuration n'est autre chose qu'un engagement, et c'est l'engagement le plus saint quand il est par Jéliovah, Dieu du eiel et Dieu de ta terre, c'est-à-dire, devant le Divin qui est au-dessus et qui est au-dessous, ou, ce qui est la même chose, devant le Divin qui est dans les suprêmes et dans les choses qui en procèdent : puisque ceci est dit du Seigneur, Jéhovah Dieu du eiel est Jéhovah Lui-Même qui est appelé le Père, de qui il a été conçu, qui est ainsi sa Divine Essence, car la conception même a donné l'Essence même d'après laquelle il fut ; Jéhovah Dieu de la terre est alors Jéhovah qui est appelé le Fils, ainsi son Humaine Essence, celle Essence a existé par l'Essence Divine, quand le Seigneur l'eut faite aussi Diviue ; ainsi Jéhovah Dieu du ciel signifie le Divin qui est dans les suprêmes, et Jéhovah Dieu de la terre, le Divin dans les choses qui procèdent des suprêmes. Mais le Seigneur est appelé Jéhovah Dieu du ciel d'après son Divin qui «st dans les deux, et Dieu de la terre d'après son Divin qui est dans les terres; le Divin dans les cieux est aussi ce qui est chez l'homme dans ses internes, et le Divin sur la terre, ce qui est dans ses externes ; en effet, les internes de l'homme sont son ciel, parce que par eux il a été conjoint aux anges, tandis que ses externes sont sa terre, car par eux il a été conjoint aux hommes, \ 82, 913, 1A11, 1733; quand l'homme a été régénéré, les internes influent dans les externes, et les externes sont par les internes : de là, on peut aussi savoir ce qife c'est que les Internes de l'Église, et ce que c'est que les Externes de l'Église.

3024. Que tu ne prennes point une femme pour mon fils des filles du ( timninitt . signifie que le Rationnel Divin ne serait conjoint à aucune affection qui n'est pas d'accord avec le vrai : on le voit par la signification de prendre une femme, en ce que c'est être conjoint par l'alliance du mariage ; par la signification de mon fils, savoir, de Iischak , en ce qu'il est le Rationnel Divin du Seigneur, N- 1803, 2066, 2083, 2630; par la signification des filles, en ce qu'elles sont les affections, N0,489, 490, 491, 568, 2362 ; et par la signification du Canaanite, en ce qu'il est le mal, Not 1444, 1573, 1574 ; c'est de là que les filles du Canaanite sont les affections qui ne sont pas d'accord avec le vrai. Il s'agit ici du Vrai Divin qui doit être adjoint au Bien Divin du Rationnel du Seigneur, comme on peut le voir par le Contenu, N° 3013: par la femme qui doit être associée par l'alliance du mariage on entend ce Vrai môme qui doit, par la voie commune, être tiré de l'homme Naturel ; par mon fils on entend le Rationnel du Seigneur quant an bien, auquel Rationnel ce vrai doit être adjoint ou associé ; d'où l'on peut savoir que par ne pas prendre une femme pour mon fils des filles du Canaanite, il est signffié qu'il ne serait conjoint à aucune affection qui n'est pas d'accord avec le vrai ; toute conjonction du vrai avec le bien est faite par l'affection, jamais en effet aucun vrai n'entre dans le Rationnel de l'homme et n'y est conjoint, si ce n'est par l'affection, car dans l'affection est le bien de l'amour, et c'est la seule chose qui conjoigne, N° 1895, ce qui peut même être connu de quiconque réfléchit. Que les filles du Canaanite signifient les affections qui sont en discord avec le vrai, c'est-à-dire, les affections du faux, on peut le voir par la signification des filles; car, dans la Parole, les filles sont nommées dans bien des endroits, et chacun peut y voir que ce n'est point de filles qu'il s'agit; ainsi dans des passages ci-dessus rapportés , il a été montré que la Fille de Siou, la Fille de Jérusalem, la Fille de Tharschisch , la Fille de mon peuple, sont des affections du bien et du vrai ; et puisqu'elles sont des affections du bien et du vrai, elles sont aussi des Eglises . car les K«îlises sont Eglises d'après ces affections ; c'est de là que par la Sion est signifiée l'Eglise céleste, et cela, d'après l'affection du bien; mais par la Fillr de Jérusalem est signifiée l'Eglise spirituelle d'après l'affection du vrai, N" 2362; cette Fgliseesl aussi signifiée par

Digitizec

la fille de mon peuple,— Esaïe, XXII, 4. Jérém., VI, 14 . 20. V III, 10, 21, 22, 23. XIV, 17. Lament. II, 11. IV, 6. Ezéch. XIII, 17. — On voit, d'après cela, cequi est signifié par les Filles des Nations, par exemple, par les Filles des Philistins , les tilles de l'Egypte , les filles de Tyr et de Sidon, les filles d'Edom , les filles de Moab , les filles des Chaldéens et de Babel , les filles de Sodome, ce sont les affections du mal et du faux dont se composent leurs Religiosités, par conséquent les Religiosités elles-mêmes. Que ce soit là la signification des filles, on peut le voir par ces passages : Dans Ezéchicl : « Les Filles des dations se lamenteront sur l'Egypte. Gémis sur la » multitude de l'Egypte , et fais-la descendre , elle et les Filles des

• Nations nui g ni figues , vers la terre des inférieurs avec ceux qui > descendent dans la fosse. » — XXXII, 16, 18; — les fdles des nations magnifiques , ce sont les affections du mal. Dans Samuel : « N'annoncez point dans Gath , n'évangélisez point dans les places

• d'Askalon, pnut-étre se réjouissent-elles les Filles des P/iitisfins, » peut-être tn'ssaillent-ellcs d'allégresse les filles des ineireoncis^» — II. Sam. I, 20. — Dans Ezéchiel : «Tu t'es livrée à la scortation » avec les fils de l'Egypte ; je t'ai livrée à la volonté de celles qui te i haïssaient, des Filles des Philistins; avant que ton mal fut révélé, » comme au temps de l'ignominie des Filles de la Syrie et de tous ses

• environs, des Filles des Philistins qui te méprisent de tout côté.» — XVI, 26, 27 , 57. — Ghacun peut voir que ce ne sont point des fdles qui sont ici désignées, mais que ce sont les religiosités de ceux qui sont signifiés par les Philistins, religiosités qui sont telles, qu'on y parle beaucoup de la foi, et qu'on n'y mène nullement la vie de la foi, voir N°* 1197, 1198 ; aussi est-ce de là qu'ils sont dits incirconcis, c'est-à-dire sans charité. Dans Jérémie : « Monte à Giléad , et » prends du baume. Vierge Fille de l'Egypte. Fais-toi un bagage » d'émigration , Fille habitante de t Egypte. Elle est dans la coufu- » sion la Fille de l'Egypte, elle a été livrée dans la main du peuple t du septentrion. » — XLVI, 11, 19, 24 ; — la fille de l'Egypte, c'est l'affection de raisonner d'après les scientifiques, sur les vrais de la foi pour découvrir si telle chose est ainsi; c'est par conséquent la religiosité qui surgit de cette affection et qui est telle, qu'on ne croit que ce qu'on saisit par les sens, qu'ainsi l'on ne croit rien du vrai de la foi, voir N°* 215, 232, 233, 116A. 1165, 1186, 1385, 2196,

2203, 2209, 2568, 2588. Dans Esaïe : « Il a dit : Tu ne continue- » ras plus à ^enorgueillir , vierge oppressée, Fille de Sidon.k*± XXIII, 12. — Dans David : « La Fille de Tyr t'offrira un présent, » les riches du peuple prieront tes faees. »— Ps. XLV, 13 ;-r-ce que c'est que la fille de Sidon et la fille de Tyr, on le voit par la signification de Sidon et de Tyr, N° 1201. Dans Jérémie : « Sois dans » la joie et dans l'allégresse, Fille d'Edom ; ton iniquité est con- » sommée, Fille de Sion, il ne continuera plus de te faire émigrer ; « ton iniquité sera visitée, Fille d'Edom. » — Lament. IV, 21, 22. — Dans Esaïe : « Comme un oiseau qui vole çà et là, (comme) une » nichée qui s'échappe, (ainsi) seront les Filles de Moab. » — XVI, 2 ;— dans le Même : « Descends, assteds-toi sur la poussière, Vierge » Fille de Babel: assieds- toi à terre, point de trône, Fille des **C/ialdéem. Sieds-toi silencieuse et entre dans les ténèbres, Fille » des Chaldéens, parce que tu ne continueras plus à te faire appe- » 1er la dominatrice des royaumes. » — XLVII, 1,5. — Dans Jérémie : « Un peuple vient du septentrion, rangé comme l'homme pour » to guerre , contre toi , Fille de Babel. » — L, 41, 42 ; — dans le Même : a La Fille de Babel (est) comme une aire, (il est) temps » qu'on la foule. » — LI, 33. — Dans Zacharie: o Hélas! Sion, » sauve-toi, toi qui habites avec la Fille de Babel. » — II, 11. — Dans David : « LaFille de Babel a été dévastée. »— Ps. CXXXVIÏ, 8.— Dans Ezéchiel : « Tes sœurs, Sodome etscs Filles, reviendront » à leur ancien état ; et Samarie et ses Filles reviendront à leur » ancien état » — XVI, 55. — Chacun peut voir que dans ces passages par les filles on entend non des filles , mais des affections qui sont en disoprd avec le vrai , par conséquent des religiosités qui proviennent de ces affections; mais, quelles sont ces religiosités, c'est ce qu'on découvre par la signification de ces peuples, ainsi par celle d'Edom, de Moab, des Chaldéens, de Babel, de Sodome, de Samarie, dont il a été parlé çà et là dans les explications des Chapitres antérieurs de la Genèse : de là maintenant on voit ce qui est signifié ici par les filles du Canaanite. Ne pas contracter mariage avec les filles des Canaanites concernait aussi ces spirituels, en ce que le bien et le faux, ainsi que le mal et le vrai ne devaient pas être conjoints , car c'est de là que vient la profanation : la défense en était aussi le représentatif, il en est parlé dans le Dcutéronome,

— VII, S, — et dans Malachie : « Judaa profané la sainteté de Jého-

» vah, en ce qu'il a aimé et a épousé la Fille d'un dieu étranger. » —II, 11.

3025. Aumilieu duquel j'habite, signifie les choses discordantes dans l'humain maternel qui font une enceinte : on le voit par la signification d'fiabiter au milieu, savoir, du Canaanite , en ce que ce sont les choses qui sont tout autour, ou qui font une enceinte; que ce soient les choses qui sont discordantes avec le vrai, on le voit d'après ce qui vient d'être dit sur la signification des filles du Canaanite ; que ces choses soient celles que le Seigneur a reçues de l'humain maternel par l'héréditaire , et qu'il a ensuite chassées quaud il a fait Divin son Humain, on peut le voir par ce qui a déjà été dit et expliqué sur le même sujet, N°* 1414 , 1444, 1573, 2159, 2574, 2649.

3026. Mais que tu ailles vers ma terre et vers ma nativité, signific vers les célestes Divins et par les spirituels Divins que- te Seigneur s'est acquis à Lui-Même: on le voit par la signification de la terre, en ce qu'elle est le céleste de l'amour, N°* 1413 , 1607 ; et par la signification de la nativité, en ce qu'elle est le spirituel de l'amour, N"* 1145, 1255; ici ce sont les célestes Divins et les spirituels Divins, parce qu'il s'agit du Seigneur; qu'il se les soit acquis par sa propre puissance, on le voit N0' 1815, 1921, 2025, 2026, 2083, 2500. '

3027. Que tu {y) prennes une femme pour mon fils Iischak, signifie que de là procéderait l'affection du vrai, laquelle serait conjoint à C affection du bien du Rationnel : cela est évident d'après ce qui vient d'être dit, N-3024.

3028. Vers. 5, 6. Et le serviteur lui dit : Peut-être la femme ne voudra-t- elle pas aller après moi vers cette terre-ci, est-ce que ramenant je ramènerai ton fils vers la terre d'où tu es sorti? Et Abraham lui dit : Garde-toi d'y ramener mon fils. — Le serviteur lui dit, signifie la perception du Seigneur sur l'homme Naturel ; peut-être la femme ne voudra- t-elle pas aller après moi vers cette terre-ci, signifie l'incertitude de l'homme Naturel au sujet de cette affection, si elle serait séparable: est-ce que ramenant je ramènerai ton fils vers la terre d'où tu es sorti? signifie pourrait-elle néanmoins être conjointe au Bien Divin du Rationnel ; Abraham

tuidit, signifie la perception du Seigneur d'après le Divin ; gardetoi d'y ramener mon fils, signifie qu'elle ne pourrait jamais être conjointe.

3029. Le serviteur lui dit, signifie la perception du Seigneur sur l'homme Naturel : on le voit par la signification de dire, en ce que c'est percevoir, N0' 1791 , 1815, 1819, 1822, 1898, 1919, 2080, 2506, 2515, 2552; et par la signification du serviteur ici, en ce qu'il est l'homme Naturel , N°' 3019, 3020 ; tout ce qui se passe dans l'homme Naturel, et quel est l'homme naturel , cela est perçu dans l'homme Rationnel , car dans l'homme ce qui est inférieur est perçu par ce qui est supérieur , voir N" 2654 ; c'est de là que ces mots le serviteur lui dit, signifient la perception du Seigneur au sujet de l'homme Naturel.

3030. Peut-être la femme ncvoudra-t-etlepas aller après moi vers cette terre-ci, signifie l'incertitude de l'homme Naturel au sujet de cette affection si elle serait sèparablc : on le voit par la signification de la femme, en ce qu'elle est le vrai, ici le vrai d'après le naturel , qui doit être conjoint au Bien Divin du Rationnel , et comme toute conjonction est faite par l'affection . ainsi qu'il a été dit, N* 3024* la femme signifie donc l'affection de ce vrai ; et par la signification (['aller après moi ou de me suivre vers cette terre, en ce que c'est être séparé du Naturel, et être conjoint au Rationnel , car la terre, ici comme ci-dessus, N° 3026, est le bien de l'amour , qui appartient au Rationnel ; qu'il y ait incertitude , on le voit en ce qu'il est dit: Peut-être ne voudra-t-elle pas. D'après ce qui a été dit ci-dessus, on voit ce que signifient ces paroles et celles qui suivent jusqu'au Vers. 8 et même au-delà; afin qu'elles soient mieux comprises, il va encore être donné quelques explications. Le Rationnel réel est d'après le bien et existe d'après le vrai ; le bien influe par la voie interne , mais le vrai influe par la voie externe ; le bien se conjoint ainsi au vrai dans le Rationnel, et ils font qu'il y a le Rationnel ; si le bien n'y est pas conjoint au vrai, il n'y a pas de Rationnel, quoiqu'il paraisse y en avoir, en ce que l'homme peut raisonner, N° 194A ; telle est la voie commune par laquelle le Rationnel est formé chez l'homme** le Seigneur, étant né comme un autre homme , et ayant voulu être instruit comme un autre homme, a voulu de même aussi pareillement faire Divin son Rationnel, savoir, quant au Bien au

GENÈSE, CHAP. VINGT-QUATRIÈME. 211 moyen de l'influx d'après son Divin par la voie interne, et quant au vrai au moyen de l'influx par la voie externe; lors donc que le Rationnel quant au Bien eut été formé, au point d'être en élal de recevoir le vrai, ce qui a été exprimé par ces paroles du commencement de ce Chapitre : « Abraham , vieux, venait dans les jours, et » Jéhovah avait béni Abraham en toutes choses, > paroles qui siunifient que l'Humain du Seigneur devenait Divin, lorsque l'état avançait, et que toutes choses eussent été disposées dans l'ordre Divin, voir N- 301(5, 3017, il en résulta dès-lors que le vrai devait fitre conjoiutau Bien du Rationnel, et cela, comme il a été dit, par la voie commune, c'est-à-dire par les scientifiques et les connaissances venant de l'homme naturel : le Bien même du Rationnel, qui est formé par la voie interne, est l'humus même, mais le Vrai est la semence qui doit être ensemencée dans cet humus ; le Rationnel réel ne naît jamais d'une autre manière : alin qu'il existât pareillement dans le Seigneur, et qu'il fût fait Divin par la propre puissance, le Seigneur vint dans le monde et voulut naître comme un autre homme; autrement, il aurait pu sans nativité prendre l'Humain, comme il l'avait pris bien des fois dans les temps anciens quand il apparaissait aux hommes. Voilà ce qui est contenu dans ce Chapitre, savoir, comment le Vrai tiré de l'homme Naturel serait conjoint au Bien du Rationnel , et comment , de môme que le Bien y fut Divin, le \ rai y deviendrait aussi Divin ; aux yeux de l'homme, surtout de celui qui ne sait pas que le Rationnel est quelque chose de distinct du Naturel, et qui par conséquent sait encore moins que le Rationnel est formé successivement, et cela par les connaissances, ces choses sont très obscures . au point qu'elles ne sont pas comprises; mais toujours est-il qu'elles sont au nombre des plus faciles à comprendre pour ceux qui ont quelque connaissance de l'homme Rationnel et de l'homme Naturel et qui sont dans l'illustration, les Anges les voient toutes comme dans un jour clair. Afin d'en acquérir une idée, on peut voir ce qui en a été dit et expliqué ci-dessus , savoir, que le Rationnel quant au vrai est formé par l'influx dans les sciences et dans les connaissances, N°* 1495, 1563, 1900, 1964 ; qu'il naît non des sciences ni des connaissances, mais de leur affection, N"' 1895, 1900; que les sciences et les connaissances sont seulement les vases du bien, N0' 1469, 1496; que les scientifiques

inutile» doivent être détruits, N9' 1489, 1492, 1499, 1500; que dans le Rationnel l'affection du bien est comme l'âme dans l'affection du vrai, N* 2072; ce que c'est que l'affection du vrai rationnel et du vrai scientifique, N° 2503 ; que par les connaissances l'homme Externe est conjoint à l'bomme Interne, ou l'homme Naturel à l'homme Rationnel, quand les connaissances sont implantées dans les célestes qui appartiennent à l'amour et à la charité, NM450, 1451, 1453, 1616.

3031. Est-ce que ramenant je ramènerai ton fils vers la terre d'où tu es sorti? signifie pourrait-elle néanmoins être conjointe au Bien Divin du Rationnel : cela est évident d'après ce qui a été dit précédemment d'Abram,etde la terre d'où il est sorti, voir N- 1353, 1356, 1992, 2559; il y est montré que la terre d'où sortait Abram était la Syrie, où exista la seconde Église Ancienne, nommée Hébraïque, d'Eber son fondateur, N" 1238 , 1241 , 1327, 1343 ; mais, vers le temps d'Abraham, cette Église s'était aussi écartée du vrai , et certaines maisons s'en étaient écartées au point qu'elles n'avaient aucune connaissance de Jéhovah et qu'elles adoraient d'autres dieux ; cette terre est celle qui est ici désignée, au sujet de laquelle le serviteur demanda s'il ramènerait le fils vers la terre d'où le père était sorti ; delà vient qu'ici la terre signifie l'affection qui n'est pas d'accord avec le vrai ; et d'après cela, ramener le fils, ou, ce qui est la même chose, y prendre pour lui une femme, et y demeurer avec elle , signifie conjoindre au Bien Divin du Rationnel une affection qui n'est pas d'accord avec le vrai ; mais la réponse que fait Abraham, et dont il va être question, montre que cela ne pouvait pas être fait.

3032. Abraham lui dit, signifie la perception du Seigneur d'après le Divin : on le voit par la signification dédire, en ce que c'est percevoir, N* 3029; et par la représentation d'Abraham, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Humain dont procède cette perception.

3033. Garde-toi d'y ramener mon fils, signifie qu'elle ne pourrait jamais être conjointe : on le voit par ce qui vient d'être dit, N* 3031, où a été expliqué ce que c'est, dans le sens interne, que de ramener le fils vers la terre d'où Abraham était sorti. Que l'affection qui n'est pas d'accord avec le vrai ne puisse être conjointe

au bien du Rationnel , on peut le voir par ce qui a déjà été dit sur

la conjonction du bien et du vrai, ou, ce qui est la même chose, sur le mariage céleste, N°* 2173, 2507, 2727 à 2759; que les Anciens aient en conséquence institué un mariage entre l'affection du bien et l'affection du vrai, on le voit N° 1004 : on voit en outre que le faux ne peut jamais être conjoint avec le bien , ni le vrai avec le mal, parce qu'ils sont d'un caractère opposé, 2388, 2429, 2531 ; et que le bien est insinué dans les connaissances du vrai, comme dans ses vases récipients, et qu'ainsi se fait la conjonction. N~ 1469, 1496, 1832, 1900, 1950,2063,2189, 2261, 2269,2428, 2434, 2697. Qu'il ne puisse y avoir aucune conjonction du faux avec le bien, ni du vrai avec le mal, mais qu'il y ait seulement conjonction du faux avec le mal et du vrai avec le bien , c'est ce qu'il m'a été donné de percevoir ad vivum ; et j'ai perçu que cela se passe ainsi : quand l'homme a l'affection du bien, c'est-à-dire quand il veut le bien de tout son cœur, dès qu'il lui faut penser quelque chose qu'il doit vouloir et faire, son bon vouloir influe alors dans son penser, et là il s'applique et s'adjoint aux pensées qui y sont, comme à ses vases récipients , et par cette conjonction il l'excite à penser, à vouloir et à agir ainsi ; c'est comme une greffe du bien dans les vrais ou dans les connaissances du vrai ; mais quand l'homme a, non pas l'affection du bien mais l'affection du mal, c'està-dire quand il veut le mal, par exemple, quand il croit bien tout ce qui est pour soi, pour devenir grand et riche, ainsi pour jouir de l'honneur et des richesses, et que c'est là sa lin, dès qu'il lui faut penser quelque chose qu'il doit vouloir et faire , alors pareillement son vouloir influe dans son penser , et y excite des connaissances qui paraissent comme le vrai, et le pousse ainsi à penser, à vouloir et à faire ; et cela, en appliquant en mauvaise part les connaissances et en considérant certaines choses communes, qu'il a tirées du sens littéral de la Parole ou d'une autre science , comme applicables en tout sens; c'est ainsi que le mal est accouplé au faux , car alors le vrai qui s'y trouve est privé de toute essence du vrai : de tels gens dans l'autre vie, quoique dans la vie du corps ils aient paru plus instruits que les autres, sont plus stupides que les autres, et autant ils sont dans la persuasion d'être dans le vrai, autant ils introduisent de ténèbres chez les autres ; de tels esprits ont été pendant quelque

temps chez moi, mais ils n'étaient susceptibles d'aucune affection du bien d'après le vrai , de quelque manière qu'on leur rappelât dans le mental les vrais qu'ils avaient connus dans la vie du corps, car il y avait chez eux le mal avec lequel les vrais n'ont pu être conjoints : ceux-ci ne peuvent pas non plus se trouver dans la compagnie des bons, mais s'il y a chez eux quelque chose du bien naturel, ils sont dévastés jusqu'à ce qu'ils ne sachent plus rien du vrai, et alors dans le bien qui reste il est insinué quelque chose du vrai, autant que la petite quantité de bien qui reste peut en contenir. Ceux, au contraire, qui ont été de tout cœur dans l'affection du bien sont susceptibles de recevoir tout vrai , selon la quantité et la qualité du bien qui a été chez eux.

3034. Vers. 7. Jéhovah, Dieu du ciel, qui m* a pris de la maison de mon père, et de la terre de ma nativité, et qui m'a parlé, et qui m'a juré, en disant : A ta semence je donnerai cette terre ; Lui- Même enverra son Ange devant toi, et tu prendras de là une femme pour mon fils. — Jéhovah , Dieu du ciel, signifie le Divin même du Seigneur : qui m'a pris de la maison de mon père et de la terre de ma nativité, signifie d'après Lequel le Seigneur s'est délivré Lui-Môme des maternels quant aux maux et quant aux faux : et qui m'a parlé , et qui m'a juré, en disant, signifie Duquel procèdent son Divin vouloir et son Divin comprendre : à ta semence je donnerai cette terre, signifie le Divin vrai qui est à l'Humain du Seigneur : Lui-Hiême enverra son Ange devant toi, signifie la Divine Providence : et tu prendras de là une femme pour mon fils, signifie que l'affecion du vrai vient à la vérité de la , mais d'après une origine nouvelle.

3035. Jéhovah, Dieu du ciel, signifie te Divin même du Seigneur : on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 3023, savoir, que Jéhovah Dieu du ciel est le Divin même du Seigneur ; en effet, par Jéhovah qui est nommé tant de fois dans la Parole de l'Ancien Testament, est entendu le Seigneur Seul, car tout ce que renferme cette Parole en général et en particulier, traite de Lui dans le sens interne, et tous les rites de l'Église, en général et en particulier, Le représentaient, voir N" 1736, 2921; et les Très-Anciens, qui étaient de l'Église céleste, n'ont point par Jéhovah compris d'autre Dieu que le Seigneur . N° 13A3. Dans le sens de la lettre, ici et ail—

leurs, il semble que par Jéhovah on en entend un autre qui est supérieur ; mais, tel est le sens de la lettre, il distingue ce que le sens interne unit ; et cela, parce que l'homme , qui doit être instruit par le sens de la lettre, ne peut avoir l'idée d'un, à moins qu'il n'ait eu auparavant l'idée de plusieurs ; car un, chez l'homme, est formé de plusieurs, ou , ce qui est la même ci:<;se, ce qui constitue un ensemble est formé de successifs ; il y a plusieurs successifs dans le Seigneur et tous sont Jéhovah : de là v ient que le sens de la lettre distingue; le ciel, au contraire , ne distingue jamais, mais il reconnaît par une idée simple un seul Dieu, et il n'en reconnaît point d'autre que le Seigneur.

3036. Qui m'a pris de la maison de mon père, et de lu terre de ma nativité, signifie d'après Lequel le Seigneur s'est délivré Lui- Mêmc des maternels quant aux maux et quant aux faux : cela est évident d'après la signification de la maison du père et de la terre de la nativité, en ce que c'est ici le maternel ou l'héréditaire provenant de la mère, d'où vient le mal et le faux contre lesquels le Seigneur combattit et les chassa , et ainsi par sa propre puissance il lit Divin son Humain; voir ce qui a été dit ci-dessus, sur la maison et la terre d'où Abram était sorti, N" 3031 , et ce qui a été dit auparavant sur l'héréditaire du Seigneur, en ce que du côté de Jéhovah c'était le Divin, et, du côté de la mère, le mal, N°* 1414, 1444 ; on peut voir qu'il a combattu contre le mal héréditaire provenant de la mère, mais qu'il n'y eut en Lui aucun mal actuel, Noi 1444, 1573 ; et que le Seigneur s'est dépouillé de tout l'héréditaire provenant de la mère, au point qu'enfin il n'était pas son fils, NM 2159, 2574, 2649. Cet héréditaire, savoir, celui qui provenait de la mère, est ce qui, dans le sens interne, est signifié par la maison du père et la terre de la nativité; la maison du père est l'héréditaire maternel quant au mal, et la terre de la nativité l'héréditaire maternel quant aux faux ; car où est le mal, les faux y sont, ils sont conjoints ensemble : que le Seigneur les ait chassés par sa propre puissance, on le voit N" 1616, 1813, 1921, 2025, 2026, 2083, 2523.

3037. Et qui m'a parlé, et qui m'a juré, en disant, signifie Duquel procèdent son Divin vouloir et son Divin comprendre : on le voit par la signification de parler, en ce que c'est percevoir, N° 3029, et aussi vouloir, N° 2626 ; et par la signification de jurer,

en ce que c'est une confirmation par le Divin, et en ce qu'il se dit des vrais qui appartiennent à l'entendement , N° 2842; lorsqu'il est dit de Jéhovah qu'il parle, on entend dans le sens interne qu'il veut, car tout ce que Jéhovah prononce, il le veut; et lorsqu'il est dit de Jéhovah qu'il jure, on entend dans le sens interne qu'il comprend que c'est le vrai ; ainsi jurer, quand cela se dit de Jéhovah, signifie comprendre, comme on peut aussi le voir par les passages de la Parole rapportés dans le Ntt 2842. ^

3038. A ta semence je donnerai cette terre, signifie le Divin Vrai qui est à C Humain du Seigneur : on le voit par la signification de la semence, en ce qu'elle est la foi de la charité , et aussi ceux qui sont dans la foi de la charité, N" 1025, 1447, 1610, 2848; et comme tout bien et tout vrai de la foi procèdent du Seigneur, c'est le Divin Vrai même qu'on entend par la Semence dans le sens suprême ; et par la signification de cette terre, savoir, de la terre de Canaan, en ce qu'elle est le ciel ou le Royaume du Seigneur, N- 1413, 1437, 1607; et comme elle signifie le ciel ou le Royaume du Seigneur, c'est le Divin Humain même du Seigneur qu'on entend par la terre de Canaan dans le sens suprême ; en effet, le Divin même ne peut influer dans le ciel que par le Divin Humain du Seigneur ; c'est ce que le Seigneur a aussi manifesté dans Matthieu : « Toutes choses M'ont été données par mon Père, » et nul ne connaît le Fils que le Père , et nul ne connaît le Père > que le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler. » — XJ. 27 ; — et dans Jean : a Personne ne vit jamais Dieu; le Fils Unique, • qui est dans le sein du Père, Lui L'a exposé. » — I. 18. — Le Fils est le Divin Humain du Seigneur : celui qui croit que dans le ciel on adore un autre Père que le Seigneur, se trompe beaucoup.

3039. Lui-Même enverra son Ange devant toi, signifie ta Divine Providence : on le voit par la signification de Y Ange dans la Parole, en ce qu'il est le Seigneur ; mais quel est l'essentiel du Seigneur qui est signifié, c'est ce que montre la série, ainsi qu'il a été dit, N# 1925 ; ici, il est évident que c'est la Divine Providence. Si, dans la Parole, par les Anges on entend le Seigneur, c'est parce que tout ce qui a été prononcé dans la Parole par les prophètes et par d'autres personnages, sous la dictée des Anges, vient du Seigneur, c'est-à-dire , appartient au Seigneur Lui-Même; les Anges dans le

ciel reconnaissent aussi et perçoivent que rien du bien ni du vrai ne vient d'eux-mêmes et que tout procède du Seigneur, et c'est au point qu'ils ont en aversion tout ce qui introduit une autre idée ; de là vient que par les Anges, savoir, par les bons, on entend le Seigneur, mais c'est la série qui montre quel est l'essentiel du Seigneur qu'on entend.

3040. Tu prendras de là une femme pour mon fils, signifie que l'affection du vrai vient à la vérité de là, mais d'après une origine nouvelle : on le voit par la signification de la femme, en ce qu'elle est l'affection du vrai, ainsi qu'il a été montré ci-dessus; en effet Kébecca , dont il s'agit dans ce Chapitre, représente le Divin Vrai qui doit être conjoint au Divin Bien du Rationnel, qui est Iischak ; que l'affection du vrai vienne de là , savoir, des choses qui sont signiliées par la maison du père et par la terre de la nativité, mais d'après une origine nouvelle, c'est ce qui ne peut pas encore être eipliqué ; dans la suite il en est question en beaucoup d'endroits ; pour en dire seulement quelques mots : Toute affection du vrai, dans l'homme Naturel, existe par l'influx procédant de l'affection du bien d'après le rationnel, ou par le rationnel procédant du Divin ; l'affection du vrai qui par cet influx existe dans l'homme naturel n'est pas, au commencement, l'affection du vrai réel; car le vrai réel vient successivement, et il est successivement substitué à la place des vrais précédents qui étaient, non des vrais en euxmêmes, mais seulement des intermédiaires qui conduisent au vrai réel ; par ce peu de mots on peut voir ce qu'on entend par : l'affection du vrai vient à la vérité de là, mais d'après une origine nouvelle.

3041 . Vers. 8, 9. Et si la femme ne veut pas aller après toi, et tu es dégagé de ce mien serment ; seulement ne ramène pas là mon fils. — Et le serviteur mit sa main sous la cuisse d'Abraham son Seigneur, et il lui jura sur cette parole là. — Si la femme ne veut pas aller après toi, signifie, ici comme précédemment, si l'affection du vrai n'était pas séparée : et tu es dégagé de ce mien serment, signifie la liberté qui est à l'homme naturel : seulement ne ramène pas là mon fils, signifie, ici comme ci-dessus, qu'il n'y aurait de là aucune conjonction : et le serviteur mit sa main sous la cuisse d'Abraham son Seigneur, signifie, ici comme précédemment, l'en-

gageraient de l'homme Naturel quant à la puissance pour le bien de l'amour conjugal : et il lui jura sur cette parole là, signifie le serment.

3042. Si ta femme ne veut pas aller après toi, signifie si C affection du vrai n'était pas séparée : cela est évident par la signification de la femme, en ce qu'elle est l'affection du vrai ; et par la signification à'cUler après toi, ou de te suivre, vers cette terre, en ce que c'est être séparé du naturel et être conjoint au Rationnel ; Voir cidessus N' 3030, où sont les mêmes paroles.

3043. Et tu es dégagé de ce mien serment, signifie la liberté qui est à C homme naturel: on le voit par la signification du serviteur, au sujet duquel ces paroles sont dites, en ce qu'il est l'homme naturel, N* 3019; et par la signification d'être dégagé, si la femme ne veut pas le suivre, en ce que, dans le sens le plus proche, cela désigne que l'homme naturel ne serait dans aucun engagement , si l'affection du vrai n'était pas séparée ; que ces paroles renferment la liberté qui est à l'homme naturel, cela est évident, car l'affection du vrai, de laquelle il s'agit ici, ainsi que la séparation, se dit, dans le sens interne, de l'homme Naturel ; à la vérité, dans le sens bistorique, il y a une autre liaison, mais dans le sens interne elle est telle. Sur la Liberté de l'homme on peut voir ce qui a été dit et expliqué N" 892, 905, 1937, 1947, 2744, 2870 à 2893, ce qui montre clairement comment la chose se passe au sujet de la Liberté ; la Liberté se dit de l'homme naturel, mais non de même de l'homme Rationnel, car c'est par le Rationnel qu'influe dans le Naturel le bien dans la Liberté céleste par le Seigneur ; l'homme Naturel est celui qui doit le recevoir, et pour qu'il le reçoive et soit ainsi conjoint à la céleste Liberté qui influe par le Rationnel, l'homme Naturel est laissé dans la Liberté ; car la Liberté appartient à l'amour ou à l'affection, si l'homme Naturel ne reçoit pas l'affection du vrai d'après l'affection influente du bien, il n'est jamais conjoint à l'homme Rationnel ; voilà ce qui se passe chez l'homme qui est réformé par le Seigneur au moyen de la Liberté , ainsi qu'on le voit N- 1937, 1947, 2876, 2877, 2878, 2881. Quant à ce qui concerne le Seigneur, il a aussi Lui-Même laissé le Naturel dans la Liberté, lorsqu'il a fait Divin son Rationnel quant au Vrai, c'est-à-dire, lorsqu'il a adjoint le Divin Vrai au Divin Bien du Rationnel, car c'est

par la voie commune qu'il a voulu faire Divin son Humain ; la voie commune est la voie telle qu'elle est chez l'homme qui est réformé et régénéré; la réformation et la régénération de l'homme sont elles-mêmes par cette raison une sorte d'image ; l'homme devient aussi nouveau par la réformation et par la régénération , aussi l'appelle-t-on engendré de nouveau et créé de nouveau , et autant il a été réformé, autant il a en lui un quasi-Divin ; mais il y a cette différence que le Seigneur s'est fait Lui-Même Divin par sa propre puissance, tandis que l'homme ne peut faire la moindre chose par sa propre puissance, mais il peut par le Seigneur ; il est dit un quasi-Divin, parce que l'homme est seulement le récipient de la vie, mais le Seigneur quant à l'une et à l'autre Essence est la vie elle-même, Voir N°" 1954, 2021, 2658, 2706, 3001 .

3044. Seulement ne ramène pas là mon fils , signifie qu'il n'y aurait de là aucune conjonction : on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N°* 3Ô31, 3033, où sont les mêmes paroles.

3045. Et le serviteur mit sa main sous la cuisse d'Abrafiam son Seigneur, signifie l'engagement de l'homme naturel quant à la puissance pour le bien de l'amour conjugal : on le voit d'après ce qui a été ci-dessus N° 3021, où sont aussi les mêmes paroles.

3046. Et il lui jura sur cette parole là, signifie le serment : on le voit par la signification de jurery en ce que c'est prendre un engagement, et même Irès-saint, puisqu'il a juré par Jéhovah Dieu du ciel et Dieu de la terre, N° 3023, ainsi c'est un serment, car le serment n'est autre chose qu'un engagement.

3047. Vers. 10. Et le serviteur prit dix chameaux des chameaux de son Seigneur, et il s'en alla ; et tout le bien de son Seigneur (était) en sa main ; et il se leva, et il s*en alla vers Aram Naharaim, vers ta ville de Nachor. — Le serviteur prit dix chameaux des chameaux de son Seigneur, et il s'en alla, signifie les scientifiques communs Divins dans l'homme naturel : et tout le bien de son Seigneur (était) eh sa main, signifie les biens et les vrais de ces scientifiques chez lui : et il se leva, signifie l'élévation : et il s'en alla vers Aram Naharaim, signifie les connaissances du vrai qui en proviennent : ver* la ville de Nachor, signifie les doctrinaux en parenté.

3048. 1a serviteur prit dû chameaux des chameaux de son

Seigneur, et U s'en alla, signifie tes scientifiques communs dans l'homme naturel: on le voit par la signification du serviteur ici, en ce qu'il est l'homme naturel, N" 3019, 3020 ; par la signification de dix, en ce que ce sont les reliquia?, qui sont les biens et les vrais renfermés chez l'homme par le Seigneur, voir NM 468, 530, 500, 561, 660, 661, 1050, 1906, 2284, et lorsque dix ou les reliquiae se disent du Seigneur, ce sont les Divins que le Seigneur s'est acquis Lui -Même, N°' 1738, 1906 ; et par la signif ication des Chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, et comme ces scientifiques furent Divins ou furent acquis par le Seigneur, il est dit qu'il y .en avait dix, et que c'étaient dix chameaux des chameaux de son Seigneur; les mots il s'en alla signifient l'initiation par ces scientifiques, initiation dont il est question dans ce Chapitre : il s'agit de la progression de la conjonction du Vrai avec le Bien dans le Divin Rationnel du Seigneur, d'abord de la progression de l'initiation, 3012, 3013; cette progression est décrite daris la série telle qu'elle a été ; elle l'est ici en ce que le Seigneur dans l'homme Naturel a séparé les choses qui venaient de Lui-Môme, c'est-à-dire, qui étaient Divines, d'avec celles qui venaient du maternel ; les choses qui venaient de Lui ou qui étaient Divines, sont celles par lesquelles l'initiation a été faite, et sont ici les dix chameaux des chameaux de son Seigneur : de là vient que dans ce qui suit il est souvent parlé des ehameaux; ainsi il est dit que le serviteur fil agenouiller les chameaux, hors de la ville, Vers. 11; que Rébecca abreuva aussi les chameaux, Vers. 14, 19, 20 ; qu'ils furent conduits dans la maison et qu'on leur donna de la paille et du fourrage, Vers. 31, 32 ; et de plus, que Rébecca et ses jeunes filles montèrent sur les chameaux, Vers. 61 ; que lischak vit les Chameaux qui venaient, et que Rébecca, quand elle vit lischak, tomba de dessus le chameau,Vers. 63, 64 ; si les chameaux sont si souvent nommés, c'est à cause du sens interne, dans lequel ils signifient les scientifiques communs, qui sont dans l'homme naturel, desquels provient l'affection du vrai qui doit être initiée à l'affection du bien dans le Rationnel ; et cela, selon la voie commune, comme il a été montré ci-dessus ; car le Rationnel quant au vrai ne peut jamais naître ni être perfectionné sans les scientifiques et sans les connaissances Que les Chameaux signifient les Scientifiques communs, on le voit

par d'autres passages de la Parole, où ils sont nommés, comme, dans Ésaïe : « Prophétie des bêtes du midi : Dans la terre de

• détresse et d'angoisse , le jeune lion et le vieux lion d'entre » eux, la vipère et le dipsade volant, portent sur l'épaule des ânons » leurs richesses, et sur le dos des Chameaux leurs trésors, vers un » peuple (auquel) ils ne sont pas utiles ; et les Égyptiens donneront » vainement et inutilement du secours. • — XXX. 6, 7; — les bêtes du midi désignent ceux qui sont dans la lumière des connaissances, ou dans les connaissances, mais dans la vie du mal ; porter sur l'épaule des ânons leurs richesses, ce sont les connaissances qui appartiennent à leur rationnel , l'ànon est le vrai rationnel, Voir N" 2781 ; sur le dos des chameaux leurs trésors, ce sont les connaissances qui appartiennent à leur naturel, le dos des chameaux est le naturel, les chameaux eux-mêmes désignent les scientifiques communs qui y sont, les trésors sont les connaissances qu'ils regardent comme précieuses ; les Égyptiens qui donneront vainement et inutilement du secours, ce sont les sciences qui ne leur seront d'aucun usage, PÉgypte est la science, Voir N" 116A, 1165, 1186, 1462, 2588 f. ; il est évident qu'ici les chameaux ne sont pas des chameaux, car il est dit que le jeune lion et le vieux lion portent sur le dos des chameaux leurs trésors ; chacun peut voir que par ces paroles il est signifié quelque arcane de l'Église. Dans le Même : « Prophétie du désert de la mer : Ainsi a dit le Seigneur : » Va, pose la sentinelle , elle déclarera ce qu'elle verra ; et elle vit » un chariot, une couple de cavaliers, un chariot à âne, un chariot i à chameau, et elle écouta avec attention ; elle répondit et dit :

• Elle est tombée, elle est tombée Babel. » — XXI. 6, 7, 9 ; — le désert de la mer, c'est la vanké des sciences qu'on n'acquiert pas pour l'usage ; le chariot à Ane, c'est l'amas des scientifiques particuliers ; le chariot à chameau, c'est l'amas des scientifiques communs qui sont dans l'homme naturel ; ce sont les vains raisonnements de ceux qui sont signifiés par Babel, ces raisonnements sont ainsi décrits. Dans le Même: « Ton cœur se dilatera, de ce que » vers toi se tournera la multitude de la mer, les richesses des nai tions viendront à toi ; une foule de chameaux te couvrira, les » dromadaires de Midian et de Epha, eux tous viendront de Sché-

• ba ; ils porteront l'or et l'encens, et annonceront les louanges

» de Jéhovah. » — LX. 5, 6 ; — il s'agit du Seigneur et des Divins célestes et spirituels dans sou naturel ; la multitude de la mer, c'est l'immense abondauce du vrai naturel ; les richesses des nations sont l'immense abondance du bien naturel ; la foule de chameaux, c'est l'abondance des scientiGques communs ; l'or et l'encens, ce sont les biens et les vrais, qui sont les louanges de Jéhovah; de Schéba , c'est ce qui procède des célestes de l'amour et de la foi, Voir N°f 113, 117, 1171 : quand « la reiue de Schéba vint vers Salomon à Jérusalem avec de très-grandes richesses, avec des Chameaux qui portaient des aromates et une très-grande quantité d'or et de pierres précieuses. » — I. Rois, X. 1, 2; — elle représentait la sagesse et l'intelligence , lesquelles s'approchèrent du Seigneur, qui ici dans le sens interne est Salomon ; les Chameaux qui portaient les aromates, l'or et les pierres précieuses , sont les choses qui appartiennent à la sagesse et à l'intelligence dans l'homme naturel. Dans Jérémie : a Contre l'Arabie et contre les Royaumes de Chazor » qu'a frappés Nébuchadnezar roi de Babel : Levez-vous et montez » vers l'Arabie, et dévastez les fds de l'Orient ; ils s'empareront de p leurs tentes, de leurs rideaux et de tous leurs vases, et ifs enlève-' » ront leurs chameaux ; et leurs chameaux seront au pillage, et je » les disperserai à tout vent. » — XLIX. 28, 29, 32 ; — ici l'Arabie et les royaumes de Chazor sont pris, dans le sens opposé, pour ceux qui sont dans les connaissances des célestes et des spirituels, sans avoir pour Un aucun autre usage, que de passer à leurs propres yeux et aux yeux du monde pour sages et intelligents ; les chameaux qu'on leur enlèvera, qui seront au pillage et dispersés à tout vent, sont dans le commun les scientifiques et les connaissances du bien et du vrai, qui leur sont aussi enlevés, dans la vie du corps en ce qu'ils croient les opposés, et dans l'autre vie entièrement Dans Zacharie: « Ce sera ici la plaie dont Jéhovah frappera tous les » peuples qui combatteront contre Jérusalem : ainsi il y aura la » plaie du Cheval, du Mulet, du Cliameau, et de l'Ane, et de toute » bôte. » — XIV. 12, 15 ; — la plaie du cheval, du mulet, du chameau, de l'âne, c'est la privation des intellectuels qui se succèdent ainsi en ordre depuis les rationnels jusqu'aux naturels; Voir ce que c'est que le cheval, N0' 2761, 2762 ; ce que c'est que le mulet, N« 2781 ; ce que c'est que l'âne, N° 2781 ; les chameaux sont 1rs

scientifiques communs dans l'homme naturel. La peste en Égypte qui était « sur le troupeau dans le champ , sur les Chevaux , sur les Anes, sur les Chameaux, sur le gros bétail et sur le menu bétail. > — Kxod. IX. 2, 3, — signifiait des choses semblables. D'après ce qui vient d'être dit on peut voir que les Chameaux, dans le sens interne de la Parole, signifient les Scientifiques communs qui appartiennent à l'homme naturel. Les Scientifiques communs sont ceux qui renferment en eux plusieurs scientifiques particuliers, 'lesquels en renferment de singuliers, et ils forment dans le commun l'homme naturel quant à sa partie intellectuelle.

3049. Et tout le bien de son Seigneur (était) dans sa main, signifie tes biens et tes vrais de ces scientifiques chez lui : on le voit par la signification de tout le bien de son Seigneur, en ce que c'est et le bien et le vrai, car le vrai en soi est le bien, parce qu'il vient du bien , le vrai est la forme du bien, c'est-à-dire que quand le bien est formé pour qu'il soit perçu intellectuellement, il est alors appelé le vrai ; par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance , NA 878, ainsi celle qui fut chez lui : les scientifiques communs ne sont point des biens en eux-mêmes, et ne sont point vivants, mais leur affection fait qu'ils sont des biens et qu'ils vivent, car alors ils ont en vue l'usage ; personne n'est affecté par quelque scientifique ou par quelque vrai , si 'ce n'est en vue de l'usage ; l'usage fait que cela est un bien ; mais tel est l'usage, tel est le bien.

3050. El il se leva, signifie l'élévation : on le voit par la signification de se lever, en ce que ce mot renferme quelque chose de l'élévation quand il est nommé, N" 2401, 2785, 2912, 2027, ici c'est que le Divin Vrai serait, d'après les scientifiques, initié dans le Divin Bien du Rationnel.

3051 . Et il s'en alla vers Aram Naharaim, signifie les connaissances du vrai qui en proviennent : on le voit par la signification ù'Aram ou de la Syrie, en ce que ce sont les connaissances du bien, N°" 1232, 1234 ; mais Aram Naharaim ou la Syrie des fleuves signifie les connaissances du vrai, à cause de Naharaim ou des fleuves, parce que les fleuves signifient l'intelligence, qui appartient aux connaissances du vrai, comme on peut le voir par les passages de la Parole rapportés, N°' 108, 109, 2702, ét par plusieurs autres qui , d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, seront rapportés ailleurs.

3052. Vers la ville de Nàchor, signifie les doctrinaux en parenté : on le voit par la signification de la ville, en ce qu'elle est le doctrinal, N" 402, 2449; et par la représentation de Nachor, en ce que c'est une parenté ; Nachor, en effet, était frère d'Abram, et de lui était né Béthuel père de Rébecca : les scientifiques et les doctrinaux sont distincts entre eux , en ce que les doctrinaux proviennent des scientifiques; les doctrinaux ont en vue l'usage et sont acquis par réflexion d'après les scientifiques : ici ils sont dits en parenté d'après leur dérivation des Divins.

3053'. Vers. 11. Et il fit agenouiller les chameaux, audehors de la ville, près du puits des eaux, vers le temps ' du soir, vers le temps de la sortie de celles gui puisent. — // fit agenouiller les chameaux, signifie la disposition sainte des scientifiques communs : au dehors de la ville, signifie l'éloignement d'avec les doctrinaux : près du puits des eaux, signifie pour recevoir les vrais de la foi : vers le temps du soir, signifie l'état alors plus obscur : vers le temps de la sortie de celles qui puisent, signifie l'état d'instruction.

3054. // fit agenouiller les chameaux, signifie la disposition sainte des scientifiques communs : on le voit par la signification de faire agenouiller, en ce que c'est se disposer à ce qui est saint ; et par la signification des chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, ainsi qu'il vient d*€tre dit, N* 3048.

3055. Au dehors de la ville, signifie l'éloignement d'avec les doctrinaux : on le voit par la signification de la ville , en ce qu'elle est le doctrinal, N°* 402, 2449 ; qu'au dehors de la ville, ce soit hors des doctrinaux, ainsi l'éloignement d'avec eux, cela est évident

3055 bis. (Près du puits des eaux, signifie pour recevoir les vrais de la foi : on le voit par la signification du puits des eaux, en ce que c'est la Parole, puis la doctrine tirée de la Parole, par conséquent aussi le Vrai lui-même, Ns 2702 ; ici, en ce que ce sont les vrais de la foi.) (1). > gnjÉafc

3056. Vers le temps du soir, signifie Cétat alors plus obscur : on le voit par la signification du temps, en ce qu'il est l'état, N" 2625, 2788, 2887 ; et par la signification du soir, en ce que c'est l'obscur;

(i) Le N' 3056 bis, omis par l'Auteur, a été suppléé dans les notes de l'Edition Tafel, au moyen du N* 3053 et du If° 2702, Ug..3, û.

en effet , dans la Parole, le soir signifie l'état avant le dernier état d'une Église qui finit, lequel est nommé nuit, et il signifie aussi le premier état d'une Église qui commence, lequel est nommé matin. Voir N° 2323 ; dans l'un et l'autre sens, c'est l'obscur qui est signifié par le soir ; mais ici c'est l'obscur qui précède le matin.

3057. Vers le temps de ta sortie de celtes qui puisent, signifie l'état d'instruction : on le voit par la signification du temps, en ce qu'il est l'état ; comme il vient d'être dit , N° 3056 ; et par la signification de celles qui puisent ou qui tirent, savoir, de l'eau , en ce que c'est être instruit, ainsi qu'il va être expliqué. Ce qui a été dit, depuis le N" 3054 jusqu'ici, contient ce qui est signifié dans le sens interne par les faits qui sont historiquement rapportés dans ce Verset ; mais ce que ces paroles renferment en une seule série ne se manifeste pas facilement à quiconque n'a pas été instruit, touchant l'homme Naturel, et les scientifiques et doctrinaux qui sont en lui, ni de la manière dont les vrais sont élevés de la dans le Rationnel, et deviennent des Rationnels; et cela se manifeste encore moins facilement, s'il ne sait pas quel est le Rationnel relativement au Naturel, ou quelles sont les choses qui sont dans le Rationnel relativement à celles qui sont dans le Naturel ; celles qui sont dans le Rationnel ne se montrent pas devant l'homme tant qu'il vit dans le corps ; ce sont, en effet, celles qui existent dans le Naturel qui viennent à la perception, et rarement celles qui sont dans le Rationnel, sinon par une certaine apparence de lumière qui éclaire celles du Naturel ; ou comme une faculté qui influe et par laquelle ce qui appartient à la pensée est disposé dans l'ordre, et comme un perceptif de la chose que le mental considère; si ces choses et plusieurs autres ne sont pas connues, celles qui sont dans ce Verset peuvent difficilement être exposées de manière à être saisies; par exemple, qu'il y a une disposition sainte des scientifiques communs , et alors ^loignement d'avec les doctrinaux, pour recevoir les vrais de la foi. ft que, quand cela arrive, il y a un étal obscur . et qu'un tel état est un état d'instruction : toutefois il faut l'exposer on peu de mots, en tant que cela peut êtro saisi , mais cette explication concernera la manière dont la chose se passe chez l'homme quand il est réformé par le Seigneur , parce que la réformation de l'homme est une certaine image des choses qui se sont passées chez le Seigneur quand V. 15

226 AKCANES CÉLESTES.

il était dans le monde, comme il a été dit ci-dessus, IV 30 A 3. Quand

l'homme est réformé, les communs, qui sont dans son homme Naturel, sont disposés par le Seigneur selon la correspondance de ceux qui sont dans le ciel ;— on a vu, N" 2087, 2989, 2990, 2991, 3002, ce que c'est que la correspondance, et qu'il y a correspondance entre les spirituels et les naturels; — les communs sont d'abord disposés, afin que les particuliers puissent y être successivement insinués par le Seigneur, et que les singuliers puissent être insinués dans les particuliers ; en effet, s'il n'y a pas d'ordre dans les communs, il ne peut pas exister d'ordre dans les particuliers, parce que ceux-ci entrent dans ceux-là et les confirment ; il ne peut pas à plus forte raison exister d'ordre dans les singuliers, parce que les singuliers entrent dans les particuliers comme dans leurs communs et les éclairent; voilà ce qui est eutendu par la disposition sainte des scientiiiques communs, et ce qui est signifié dans le sens interne par il fit agenouiller les chameaux; car ils se soumettent ainsi pour recevoir l'influx; quand ces scientifiques sont ainsi disposés, les doctrinaux sont éloignés, car ils sont des conclusions tirées des scientifiques ; il influe, en effet, par le Rationnel une sorte de dicta meu , que telle chose est un vrai , que telle autre n'est pas un vrai ; mais de cette manière: telle chose est un vrai, parce qu'elle s'accorde avec la disposition des communs : elle n'est pas un vrai, parce qu'elle ne s'accorde point; il n'existe pas d'autre influx quant aux vrais: les doctrinaux , à la vérité, y sont antérieurement , mais ils ne sont point des doctrinaux avant qu'ils soient crus, ce sont seulement des scientifiques ; aussi, quand on porte sa pensée sur eux, on n'en tire pas de conclusion , mais on conclut à leur égard d'après d'autres choses; voilà ce qui est entendu par l'éloignement d'avec les doctrinaux, et ce qui est signilié ici dans le sens interne par au dehors de la ville : mais cet état est celui qui est nommé l'état obscur et signifié par le temps du soir ; mais quand les doctrinaux ont été confirmés au point d'être crus, alors vient le matin ou l'état lumineux. Les autres choses que renferme ce Verset se montrent clairement d'après ce qui vient d'être dit.

3058. Si puiser des eaux signifie l'instruction et aussi l'illustration qui en résulte, comme on le voit dans la suite de ce Chapitre, cela vient de ce que les eaux t dans le sens interne , signifient les

vrais de la foi , N° 2702 ; ainsi , puiser des eaux n'est autre chose qu'être instruit dans les vrais de la foi, et par conséquent être illustré ; c'est aussi ce qu'on voit ailleurs dans la Parole , comme dans Ésafe : • Vous puiserez des eaux avec joie des sources du salut ; en » ce jour-là, célébrez Jéhovah. » — XII. 3, 4 ; — puiser des eaux, c'est être instruit, comprendre et être sage : dans le Même: « Au ■ devant de celui qui a soif apportez des eaux, habitants de la terre » de Théma. »— XXI. 14 ; — apporter des eaux au-devant de celui qui a soif, c'est instruire ; dans le Même : # Les misérables et les » indigents cherchent des eaux» et il n'y en a point, leur langue » a défailli de soif. » — XLI. 17 ; — ceux qui cherchent des eaux sont ceux qui désirent être instruits dans les vrais; il n'y en avait point, c'est-à-dire qu'il n'y avait de vrai chez personne. En outre, les puiseurs d'eaux dans l'Église Juive représentaient cenx qui désirent continuellement savoir les vrais, mais sans avoir d'autre fin que de les savoir et sans s'inquiéter en rien de l'usage qui en résulte : de tels hommes ont été regardés comme les plus vils ; les Gibéonites les représentaient; il en est parlé dans Josué. —IX. 21, 23,27.

3059. Vers. 12, 13, 14. Et il dit : Jéhovah, Dieu de mon Seigneur Abraham, fais rencontrer, je te prie, devant moi aujourd'hui, et use de miséricorde envers mon seigneur Abraham. Voici, moi je me tiens sur la fontaine des eaux, et tes filles des hommes de la ville sortent pour puiser des eaux. Et qu'il arrive que la jeune fille à laquelle je dirai ; Incline, je te prie, ta cruche et que je boive, et (qui) dira : Bois, et même j'abreuverai tes chameau r, (ce soit) eUe (que) tu as destinée à ton serviteur Iischak; et en cela je connaitrai que tu as usé de miséricorde envers mon seigneur. — Il dit, signifie la communication : Jéhovah, Dieu de mon seigneur Abraham, signifie du Divin Même qui est le Père avec le Divin Humain qni est le Fils : fais rencontrer , je te prie, devant moi aujourd'hui, signifie la Providence de toute éternité : et use de miséricorde, signifie l'influx de l'amour : envers mon seigneur Abraham, signifie le Divin Humain : Voici, moi je me tiens sur la fontaine des eaux, signifie l'état de la conjonction du Vrai Divin avec l'Humain : et Us filles des hommes de la ville sortent pour puiser des eaux, signifie les affections du vrai et par elles

l'instruction : et qu'il arrive que la jeune fille à laquelle je dirai. signiiie l'affection dans laquelle il y a l'innocence ; incline , je te prie, ta cruche, signifie la soumission des scientifiques : et que je boive , signifie l'instruction du vrai qui en provient : et qui dira: bois, signifie le réciproque sur lui-même : et même j'abreuverai tes chameaux, signifie l'illustration de tous les scientifiques dans l'homme naturel, illustration qui provient de l'instruction : (ce soit) elle (que) tu as destinée à ton serviteur lischak, signifie la conjonction du Vrai Divin avec le Divin Bien dans le Rationnel ; et en cela je connaîtrai que tu as fait miséricorde envers mon seigneur, signifie le mariage d'après l'amour Divin.

3060. // dit, signifie la communication : on peut le voir par la signification de dire dans les livres historiques de la Parole, en ce que c'est percevoir et vouloir, ainsi qu'il a été souvent montré; et comme c'est là ce qu'il signifie, il signifie aussi communiquer, car d'après le percevoir et le vouloir il y a communication. .

3061. Jéhovah, Dieu de mon seigneur Abraham ! signifie du Divin Même qui est le Père avec le Divin Humain qui est te Fils , savoir, la communication : cela est évident d'après ce quî a été dit et expliqué quelquefois ci-dessus , savoir , que Jéhovah Dieu est le Divin Môme du Seigneur qu'on nomme Père, et qu'Abraham représente son Divin Humain, V 2833, 2836. On a déjà vu que dans la Parole de l'Ancien Testament Jéhovah est le Seigneur Lui- Même , NM 1736, 1815, 2921 ; que par Jéhovah l'Église Très-Ancienne qui exista avant le déluge . et l'Eglise Ancienne qui exista après le déluge, n'en ont pas entendu d'autre que le Seigneur, N°* 1343, 1676, 1900, 2016* 3035 ; que dans le Seigneur il y a un Trine. le Divin Même, le Divin Humain, le Divin Saint procédant, et que ces Divins sont un, N- 1999, 2149, 2156, 2288, 2329, 2447 ; que tout le Trine dans le Seigneur est Jéhovah , N°* 2156, 2329; et que toutes choses en général et en particulier dans le Seigneur sont Jéhovah, N- 1902, 1921 ; que le Seigneur est un avec le Père, et que dans le ciel par le Père on n'en entend pas d'autre, N°' 14, 15, 1725, 1729, 1733, 1815, 2005, 2018, 2026, 280», 3038; que le Seigneur est le ciel entier , parce qu'il y est le tout ; que de Lui procède le tout de l'Innocence, de la Paix, de l'Amour, de la Charité, de la Miséricorde, de l'Amour conjugal, tout Bien et tout Vrai;

que c'est de Lui que traitent Moïse et les Prophètes, et par conséquent la Parole dans toutes ses parties ; que c'est Lui qu'ont représenté tous les rites de l'Église, N 2751 ; que le Seigneur quant au Divin Humain est appelé Fils, lY 2628; que le Divin Humain du Seigneur non-seulemeul a été conçu , mais encore est ué de sa Divine Essence, qui est Jéhoval), N° 2798, et qu'ainsi le Seigneur quant à l'Humain est devenu Jéhovah, et la V ie par Soi, N-' 1(503 , 1737. Que le Seigneur ait été de toute éternité, c'est ce qui résulte évidemment de la Parole , voir N" 2803 , bien qu'ensuite il soit né dans le temps; en effet, Lui-Mémc a parlé par Moïse et par les Prophètes, Lui-MOme aussi avait apparu à plusieurs, et il y est dit qu'il était Jéhovah ; mais cet arc;» ne très-profond ne peut avoir été révélé à aucun autre qu'à ceux qui sont dans la Perception Divine, par conséquent a peine a d'autres qu'à l'homme de la Très- Ancienne Église qui était céleste et dans cette Perception ; j'ai appris par les hommes de cette Église que Jéhovah Lui-Méme était le Seigneur quant au Divin Humain, lorsqu'il descendait dans le ciel et qu'il influait par le ciel, car le ciel représente un seul Homme quaut à tous ses membres, aussi est-ce pour cela qu'il est appelé le Très- Grand Homme, N • 084, 1270, 2990, 2998, 3021; le Divin Même dans le ciel, ou dans le Très-Grand Homme, était le Divin Humain et fut Jéhovah Lui-Mémc ainsi revêtu de l'Humain. Mais comme le genre humain est devenu tel, que le Divin Même revêtu comme Divin Humain ne pouvait plus affecter l'homme , c'est-à-dire que Jéhovah ne pouvait plus venir vers l'homme, parce que l'homme s'était excessivement éloigné de Lui, alors Jéhovah , qui est le Seigneur quant à la Divine Essence , descendit et prit l'Humain , par conception Divine, et par naissance provenant d'une vierge, tel que celui d'un autre homme; mais il rejeta celui-ci, et par des moyens Divins il fit Divin l'humain qui était né, et c'est de ce Divin Humain que procède tout ce qui est Saint; ainsi le Divin Humain a été l'Essence par soi, qui remplit tout le ciel, et fait que ceux qui n'avaient pu être sauvés auparavant sont sauvés ; le Seigneur est donc Gelui qui, quant au Divin Humain, est seul Homme, et de Qui l'homme tient ce qui fait homme, N°* 49, 288, 477, 505, 189A.

3002. Fais rencontrer, je te prie t devant moi aujourd'hui, signifie la Providence de toute éternité: on le voit par la signitica-

lion des mots : fais rencontrer, en ce que c'est pourvoir ; et par la signification d'aujourd'hui, en ce que c'est de tonte éternité, Nu 2838 ; et, en outre, il est évident qu'il s'agit ici de la Providence, et que c'est à elle que cette supplication est adressée.

3063. Et use de miséricorde, signifie l'influx de C amour : on le voit par l'essence de la miséricorde, en ce qu'elle est l'amour; l'amour lui-môme est tourné en miséricorde , et il devient miséricorde quand, par amour ou par charité, on porte ses regards sur quelqu'un qui manque de secours ; de là la miséricorde est un effet de l'amour envers les indigents et les malheureux ; mais ici par la miséricorde dans le sens interne on entend l'amour, et par user de miséricorde i'inflii\ de l'amour, parce qu'il procède du Divin Môme du Seigneur dans son Divin Humain : en effet, l'Amour Divin qui est au Seigneur est celui par lequel il a fait Divin son Humain, car l'Amour est l'Être môme de la vie, et l'Amour Divin n'est à nul autre qu'au Seigneur, voir ce qui a été déjà dit de l'Amour du Seigneur, savoir : que la vie du Seigneur a été l'amour envers tout le genre humain, N* 2253; et que c'est d'après cet amour qu'il a combattu , Nw 1690, 1789, 1812, 1813, 1820 : qu'il surpasse tout entendement, N" 1799, 2077 : que le Seigneur est l'Amour Divin môme, NM 2500, 2077, 2572; que Jéhovah est l'amour, N° 1735; que rien ne vit que l'amour, N° 1589 : que celui qui a l'amour mutuel a la vie du Seigneur, N#i 1799, 1802, 1803 : que l'Amour et la Charité sont le céleste môme, .N" 1419, 1824.

3064. Envers mon seigneur Abraham, signifie le Divin Humain : on le voit par la représentation $ Abraham ici, en ce qu'il est le Divin Humain du Seigneur , N"* 2833, 2836.

3065. V oici , moi je me tiens sur la fontaine des eaux, signifie l'état de la conjonction du Vrai Divin dans l'Humain : on le voit par la signification de la Fontaine, en ce qu'elle est le Vrai, N* 2702; ici le Vrai Divin, parce, qu'il s'agit du Seigneur; l'état même de la conjonction est signifié par se tenir sur la fontaine; que ce soit là la conjonction dans l'Humain, cela est évident par la série.

3066. Et les filles des hommes de la ville sortent pour puiser des eaux, signifie les affections du vrai et par elles l'instruction : on le voit parla signification des filles, en ce qu'elles sont les affections.

N" 489, 490, 491, 2362; parla signification des hommes (virorum) de la rit/e, en ce qu'ils sont les vrais; — ceux qui habitent dans une ville sont appelés dans la Parole très-souvent hommes de la ville, et très-souvent habitants de la ville ; quand ils sont appelés hommes de la ville, ils signifient les vrais, et quand ils sont appelés habitants de la ville, ils signifient les biens, on peut voir ce que signifient les hommes, N°* 265, 749, 915, 1007, 2517; ce que signifient les habitants, N" 2268, 2451, 2712; ce que signifie la ville, N- 402, 2450, 2943 ; — et par la signification de puiser des eaux, en ce que c'est Otre instruit, N* 3058 : de là il est évident que (es filles des hommes de ta ville qui sortent pour puiser des eaux, signifient les affections du vrai et par elles l'instruction ; jamais qui que ce soit n'est instruit par les vrais, mais on l'est par les affections du vrai; car les vrais sans l'affection arrivent, ù la vérité, jusqu'à l'oreille comme un son, mais ils n'entrent point dans la mémoire; ce qui fait qu'ils entrent dans la mémoire et qu'ils y restent attachés, c'est l'affection ;en effet, le bien de l'affection est comme un humus, dans lequel les vrais sont déposés comme 'des semences, mais tel est l'humus, c'est-à-dire telle est l'affection , tel est 1g produit de ce qui a été semé; c'est la fin ou l'usage qui montre quel est l'humus ou quelle est l'affection, par conséquent quel est le produit de ce qui a été semé; ou, si on l'aime mieux, c'est l'amour lui-même qui le montre, car l'amour est en toute chose la fin et l'usage; en effet, on n'a pour fin et pour usage que ce qu'on aime.

3067. Et qu'il arrive que la jeune fille à laquelle je dirai, signifie l'affection dans laquelle il y a l'innocence : on le voit par la signification de la jeune fille; dans la Parole, les affections du bien et du vrai sont appelées enfants , jeunes filles , adolescentes , et filles, mais partout avec différence quant à l'état ; quand il est dit fille , c'est l'affection dans le commun qui est signifiée ; quand il est dit adolescente, c'est l'affection dans laquelle il y a la charité ; mais quand il est dit jeune fille, c'est l'affection dans laquelle il y a l'innocence, parce que l'âge de la jeune fille est celui qui est le plus près de l'âge de l'enfance, qui, dans le sens interne, est l'iunocence; il en est de même du jeune garçon ou de l'enfant , par qui est signifié l'état dans lequel il y a l'innocence, voir N° 430.

3068. Incline, je te prie, ta cruche, signifie la soumission det

232 AHCANES CELESTES.

scient tiques : on peut le voir par la signification à> incliner, en ce que c'est soumettre; et par la signification de la cruche, en ce que ce sont les scientifiques; si l'urne ou la cruche signifie les scientifiques, cela vient de ce que l'eau signifie le vrai, N" 680, 739, 2702, et que la cruche est un vase dans lequel il y a de l'eau , comme le scientifique est un vase dans lequel il y a le vrai ; en effet, tout scien tifique est le Vase du vrai, et tout vrai est le vase du bien ; le scientifique sans le vrai est un vase vide, il en est de même du vrai sans le bien ; mais le scientifique dans lequel est le vrai, ainsi que le vrai dans lequel est le bien, est un vase plein ; l'affection qui appartient à l'amour est celle qui conjoint pour qu'ils soient dans l'ordre, car l'amour est la conjonction spirituelle.

3069. Et que je boive, signifie l'instruction du vrai qui en provient : on le voit par la signitication de boire, en ce que c'est être instruit. Dans la Parole on rencontre souvent l'expression Boire, et quand il s'agit des biens et des vrais de la foi , elle y signifie en être instruit et les recevoir ; comme dans Ésaïe : « Le moût pleure- » ra, le cep languira, tous ceux qui avaient l'allégresse dans le cœur • gémiront; on ne boira point de vin avec des chansons, la cervoise » sera amère à ceux qui la boivent. » — XXIV. 7, 9 ; — ne point boire de vin avec des chansons , c'est ne pas être instruit d'après l'affection du vrai et ne pas éprouver le plaisir qui en résulte; la cervoise amère à ceux qui la boivent, c'est l'aversion. Dans le Même : « Il arrivera que, comme celui qui, ayant soif, songe, et voici il » boit ; et il se réveille, et voici il est fatigué et son âme est altérée.» — XXIX. 8 ; — celui qui a soif, c'est celui qui désire être instruit ; il boit, c'est-à-dire qu'il est instruit , mais dans des choses vaines. Dans Jérémie : « Nous buvons nos eaux pour de l'argent , nos bois » viennent pour un prix. »— Lament V. à ;— boire les eaux pour de l'argent, c'est ne pas être instruit gratuitement, et s'attribuer le vrai ; ce qui est donné gratuitement , c'est ,ce qui vient non de soi, mais du Seigneur; ainsi dans Esaïe : i (Vous) tous qui avez soif , » allez vers les eaux , et ( vous qui n'avez point d'argent, allez, » achetez. » — LV. 1 ; — et dans Jean : « Jésus dit : Si quelqu'un a » soif, qu'il vienne à Moi, et qu'il boive; quiconque croit en Moi, » des fleuves d'eau vive couleront de son ventre. » — VU. 37, 38 ; —là, par boire , il est signifié être instruit et recevoir. Dans Luc :

a Ils diront : Nous avons mangé devant Toi et nous avons bu, et • tu as enseigné dans nos places ; mais le Seigneur dira : Je ne sais i d'où vous êtes, retirez-vous de Moi, vous tous ouvriers d'iniquité.» — XIII. 20 , 27; — là, manger et boire devant le Seigneur , c'est instruire et prêcher le bien et le vrai de la foi , d'après les connaissances tirées de la Parole, ce qui est signifié par : tu as enseigné dans nos places; mais comme ils ont agi d'après eux-mêmes, pour leur honneur et leur protit , par conséquent sans aucune affection du bien et du vrai, et qu'ainsi ils étaient dans les connaissances du vrai, mais dans la vie du mal , il leur est dit : Je ne sais d'où vous êtes, retirez-vous de Moi , vous tous ouvriers d'iniquité : dans le Même : « Jésus dit aux disciples : Afin que vous mangiez et que » vous buviez à ma table dans mon Royaume. » — XXII. 30; — chacun voit clairement que dans le Royaume du Seigneur on ne inange ni ne boit, et qu'il n'y a point de table; qu'ainsi par manger et boire à la table du Seigneur dans son Royaume, il est signifié autre chose, savoir, la jouissance de la perception du bien et du v rai : il en est aussi de même de ces paroles que Je Seigneur dit dans Matthieu : « Je vous dis que je ne Boirai point désormais de ce » fruit du cep, jusqu'à ce jour où je le Boirai avec vous dans le » Royaume démon Père. » — XXVI. 28, 29 — boire, c'est instruire (ad vivum) au sujet des vrais et donner la perception du bien et du vrai. Si le Seigneur a dit : « Ne soyez point en souci pour votre âme, » de ce que vous mangerez, ou de ce que vous boirez ; ni pour votre » corps, de quoi vous serez vêtus. » — Matth. VI. 25, 31. Luc, XII. 29, — c'est un significatif des spirituels, en ce que tout ce qui appartient à la foi quant au bien et au vrai est donné par le Seigneur. Dans Jean : «Jésus dit à la femme samaritaine : Quiconque boit de » cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui » donnerai, n'aura point soif pour l'éternité; mais l'eau que je lui « donnerai deviendra en lui une fontaine d'eau jaillissante pour la » vie éternelle. » — IV. 7 à 14; — boire, c'est évidemment êlre instruit dans les biens et dans les vrais, et les recevoir.

3070. Et gui dira, Bois, signifie le réciproque sur lui-mi "me . on le v oit en ce que c'est la réponse et la confirmation , par conséquent le réciproque.

3071 . Et même j'abreuverai tes chameaux, signifie l'illustration

de toits les scientifiques cUms l'homme naturel, illustration qui provient de l'instruction : on le voit par la signification dos chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, par conséquent dans le commun ou tous les scientifiques , N° 3048; et par la signification d'abreuver, en ce que c'est illustrer ; il a été montré ci-dessus, N° 3058, que puiser de l'eau, c'est instruire; par conséquent abreuver c'est illustrer, car l'illustration vient de l'instruction.

3072. Ce soit elle que tu as destinée à ton serviteur 1 ischak, signifie la conjonction du Vrai Divin avec le Divin Bien dans le Rationnel : on le voit par la signification de destiner, savoir, pour femme, en ce que c'est conjoindre par l'alliance du mariage; et par la représentation de J ischak, en ce qu'il est le Bien Divin du Rationnel, N° 3024 ; que elle où Rébecca représente le Vrai Divin qui doit être conjoint au Divin Bien du Rationnel, c'est ce qui a déjà été dit plusieurs fois, et ce qui devient évident par chacune des expressions de ce Chapitre dans le sens interne.

3073. En cela je connaîtrai que tu as usé de miséricorde envers mon seigneur, signifie le mariage a* après l'amour Divin : on le voit par la signification de la miséricorde, en ce qu'elle est ici, dans le sens interne, l'amour Divin, N" 30(53; et comme il s'agit des fiançailles de Rébecca avec Iischak , c'est-à-dire de la conjonction du Divin Vrai avec le Divin Bien du Rationnel , par user de miséricorde envers mon seigneur , il n'est pas signifié autre chose que le mariage, ainsi le mariage d'après l'amour Divin ; c'est là aussi le conclusion de sa supplication et la fin pr opter quem.

3074. D'après l'explication on peut voir quelque peu ce que contiennent ces trois Versets dans le sens interne; mais comme les choses expliquées sont éparses , on ne peut voir ce qu'elles renferment en série à moins qu'on no les considère rassemblées en une seule idée, et que l'intuition ne soit alors éloignée du sens de la lettre; tant que l'intuition est dans ce sens, non-seulement l'idée est troublée, mais elle est même tenue dans le doute , et autant elle est dans le doute, aulaut le meutal est obscurci : ici est sommairement décrite la progression suivant laquelle le Vrai se montre par les scientifiques, et comment par eux il est élevé de l'homme naturel dans le Rationnel, et devient vrai rationnel, et dans le Seigneur, vrai Divin . savoir , en ce que cela a été fait par l'influx du Divin

amour 'dans l'Humain , d'où procédait l'affection du vrai , dans laquelle est l'innocence; c'est d'après un tel influx que les scientifiques, qui étaient dans l'homme Naturel, ont été illustrés, et que se sont manifestés les vrais qui devaient être élevés dans le Rationnel et qui devaient y être conjoints au Bien de l'Amour Divin. Ces mêmes choses sont plus particulièrementdécritesdans ce qui va suivre; mais celui qui ne sait pas que toutes choses , en général et en particulier, sont disposées , même dans l'homme Naturel, par l'influx de l'amour et d'après cet influx par celui de l'affection dans laquelle est l'innocence, ne peut, sur ce qui a été dit ci-dessus et sur ce qui est dit maintenant, avoir qu'une idée très obscure , si toutefois il en a une.

3075. Vers. 15, 16. Et il arriva qu'à peine it achevait de parler, et voici que sortait Rébecca, qui naquit à Béthuei, fils de Milckah, épouse de Nachor, frère d'Abraham, et sa cruche sur son épaule. Et la jeune fille (était) fort bonne d'aspect, vierge, et (nul) homme ne l'avait connue, et elle descendit vers la fontaine , et elle remplit sa cruche, et elle monta. — Et il arriva qu'à peine Hachevait de parler, signifie l'effet de la volonté : et voici que sortait Rébecca, signifie l'affection dn vrai d'après les doctrinaux : qui naquit à Béthuei fils de Milckah épouse de Nachor frère d'Abraham, signifie toute l'origine de cette affection : et sa cruche sur son épaule, signifie les réceptions du vrai et l'effort : et la jeune fille (était) fort bonne a* aspect, signifie la beauté de l'affection du vrai : Vierge, et (nul) homme ne l'avait connue, signifie ce qui est pur de tout faux : et elle descendit vers la fontaine, signifie le Vrai Divin ; et elle remplit sa cruche, signifie les vases de réception , et elle monta, signifie l'élévation*

3076. Et il arriva qu'à peine il achevait de parler, signifie l'effet de la volonté : cela est évident d'après ce qui suit immédiatement , savoir, en ce que tontes choses, en général et en particulier, ont été faites ainsi qu'il l'a demandé dans sa prière, ou ont été effectuées comme il a voulu ; que parler signifie vouloir, on le voit, N°* 2626, 3037.

3077. Et voici que sortait Rébecca, signifie l'affection du vrai d'après les doctrinaux : on le voit parla représentation de Rébecca, en ce qu'elle est le Vrai Divin qui doit être conjoint au Divin Bien

du Rationnel ; mais ici , avant qu'elle ait été fiancée , elle revêt la .représentation de l'affection du vrai d'après les doctrinaux, car de là vient le vrai. En eiïet. le vrai n'est point le vrai, si la vie n'est ou lui; la vie en lui, c'est l'affection qui appartient à l'amour. Que Rébecca représente le Vrai Divin qui doit être conjoint au Bien Divin du Rationnel, on le voit par chacune des choses qui sont dans le sens interne de ce Chapitre , et encore eu ce que lischak représente le Divin Rationnel du Seigneur, N"' 1893, 2000, 2083, 2630; par conséquent Rébecca , qui est devenue l'épouse de lischak, représente ce qui, dans le Raliounel, a été conjoint, comme l'épouse au mari; que cela soit le Divin Vrai, on peut le voir; en effet. Abraham a pareillement représenté le Divin Bien Même, et Sarah son épouse le Divin Vrai Même conjoint au Divin Bien , N0' 1468. 1901, 2063, 2065, 2904 ; il en est de même de lischak et de Rébecca , mais dans le Divin Humain du Seigneur, savoir, dans Son Rationnel : en géuéral, dans la Parole, par le Mari est signilié le Bien, et par son Épouse le Vrai, N0' 1468, 2517 : l'essence de tout mariage, c'est-à-dire l'amour conjugal, vient même du Mariage Divin du Bien avec le Vrai, et du Vraiavec leBien dans le Seigneur. N"' 2508, 2618, 2728, 2729, 2803. Que l'affection du vrai provienne des doctrinaux . c'est parce qu'il est dit que Rébecca sortit, savoir, de la ville; que la ville signifie les doctrinaux; on le voit N 402, 2451 ; les vrais aussi proviennent des doctrinaux.

3078. Qui naquit à Bèthuel fils de Mitckah épouse de ÏÏachor frère d' Abraham, signifie toute l'origine de cette affection : cela est évident par la représentation de Bèthuel , de Milckali, de I\achor ainsi que d' Abraham ; ce que chacun d'eux représente spécialement no peut pas être exposé et présenté de manière à être saisi; et cela, parce que la première affection du vrai a tiré, à la vérité, son origine des Divins acquis par le Seigneur dans l'homme naturel, N' 3019, mais toujours est-il qu'il y avait là les maternels, qui n'ont pu être séparés en un moment , et d'après lesquels existait aussi l'affection ; la qualité de cette affection dans son origine est décrite, dans le sens interne, par ces mots a qui naquit à Béihuci fils de Milckali épouse de iMaclior frère d'Aoraliavi. ■ Bien que toute affection paraisse simple et comme étant un , néanmoins elle renferme en elle-même tant de choses innombrables, qu'il n'est

jamais possible d'eu avoir quelque idée, ni à plus forte raison de les décrire ; en effet, dan* chaque affection il y a toute la vie de l'homme, qu'il a acquise depuis son enfance jusqu'au temps de l'âge qu'il a quand il est dans cette affection, ily a même encore plusieurs autres choses, savoir, celles que d'après l'héréditaire il a par naissance tirées de son père et de sa mère, de ses aïeuls et de ses aïeux ; l'affection , en effet, est l'homme tout entier tel qu'il est; dans l'autre vie par la manifestation de l'affection il est mis parfois en évidence combien dans quelqu'un il y a d'amour de soi, et combien d'amour du monde, combien d'amour des principes . quelle est la fin et quel est l'usage; combien aussi il y a d'amour du bien et du vrai, quel est ce bien et quel est ce vrai, ainsi que la manière dont ces choses ont été disposées , c'est-à-dire conjointes , rapprochées, séparées, par conséquent combien elles sont en discord avec l'ordre céleste, ou combien elles sont d'accord avec lui ; toutes ces choses se présentent à la vue parla manifestation de l'affection, ainsi qu'il vient d'être dit, parce que l'affection est l'homme tout entier : qu'il en soit ainsi, c'est ce qui semble incroyable à rhomme, mais toujours est-il que cela est vrai.

3079. Et sa cruche sur son épaule , signifie tes réceptions du vrai, et l'effort : on le voit par la signification de la cruche , en ce qu'elle est le scientifique, ainsi le réceptacle du vrai, N° 3068 ; et par la signification de V épaule, en ce qu'elle est toute la puissance, ainsi l'effort, N° 1085 : que les Cruches ou les urnes , et les vases en général, signifient dans le sens interne les choses qui tiennent lieu d'un réceptacle, comme sont les scientifiques et les connaissances relativement aux vrais, et les vrais eux-mêmes relativement au bien, c'est ce qu'on peut voir par plusieurs passages dans la Parole ; les vases du Temple et de l'autel n'ont pas signifié autre chose, et même ils étaient saints, parce qu'ils avaient ces significations ; le saint ne leur venait pas d'autre part : c'est pour cela que, quand « Belschazar, avec les grands de sa cour et ses femmes, buvait le vin dans les vases d'or et d'argent, que Nébuchadnézar son père avaient emportés du Temple de Jérusalem, et qu'ils chantaient les louanges des dieu*, d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois, de pierre, il apparut une écriture sur la muraille de son palais. » — Daniel, V, 2 etstiiv.; — les vases d'or et d'argent signifient les connaissances du bien et

du vrai, qui ont été profanées, car les Chaldéens désignent ceux qui sont dans Ie6 connaissances, mais elles ont été profanées par les faux qui sont chez eux, N° 1368, de sorte que les connaissances leur servent à honorer des dieux d'or et d'argent ; en effet, Belschazar y est appelé Roi Chaldéen, — Vers. 30.— Que les Vases signifient les Externes des Spirituels, cela est encore évident par d'autres passages de la Parole , comme dans Ésaïe : « De même que les fils d'I- » sraël apportent l'offrande dans un V ose pur à la maison de Jé- » hovah. » — LXY1. 20; — là, il s'agit du Royaume du Seigneur; l'offrande dans un vase pur est un représentatif de l'homme Externe relativement à l'homme Interne, celui qui apporte l'offrande est l'homme Interne; le vase pur est l'homme Externe qui est d'accord; ainsi ce sont les choses qui sont dans l'Externe, savoir, les scientifiques, les connaissances, les doctrinaux. Dans Jérémie : t Le cri » de Jérusalem est monté, et les grands ont envoyé les inférieurs » vers les eaux, ils sont venus aux fosses, ils n'ont point trouvé • d'eaux; ils sont revenus leurs Vases vides , ils ont été couverts de i honte. » — XIV. 2, 3 ; — les Vases vides sont les connaissances dans lesquelles le vrai n'est point, et aussi les vrais dans lesquels le bien n'est point : dans le Même : • 11 m'a dévorée , il m'a confon- > due , Nébuchadnézar roi de Babel , il m'a rendue vase vide. LI. 34 ; — le vase vide signifie aussi de semblables connaissances et de semblables vrais ; que ce soitBabelqui dévaste, on le voit N° 1 327 f : dans Moïse : « Ils sont plantés comme des vallées , comme des jar- » dins auprès d'un fleuve; tes eaux découleront de ses seaux, et sa » semence (sera ) vers la multitude des eaux. > — Nomb. XXIV. 6, 7 ; — c'est un énoncé de Biléam sur Jacob et Israël ; les eaux découleront des seaux, ce sont les vrais qui découleront des connaissances. Dans la Parabole des dix Vierges , dont cinq « ont pris avec leurs lampes de V huile dans leurs vases, tandis que les folles n'en ont pointpris, »— Matth. XXV. 4,— les Vierges signifient les affections; par les prudentes qui ont pris de l'huile dans leurs vases , il est signifié que le bien est dans les vrais , et qu'ainsi la Charité est dans la foi ; l'huile est le bien, voir N 886, les lampes sont l'amour.

3080. Et la jeune fille était fort bonne d'aspect, signifie ta beauté de l'affection du vrai: on le voit par la signification de ta jeune fille, en ce qu'elle est l'affection dans laquelle il y a l'inno-

cence, N° 3067 : si fort bonne d'aspect, signifie la beauté, et ici, la beauté de l'affection du vrai, parce qu'il est dit jeune fille, cela vient de ce que toute beauté existe par le bieu dans lequel il y a l'innocence; le bien lui-même , quand il influe de l'homme Interne dans l'homme Externe constitue le beau ; tout l'humain qui est beau provient de là : c'est aussi ce qu'on peut voir en ce qu'on est affecté non pas d'après le visage de quelqu'un , mais d'après l'affection qui brille sur le visage ; et en ce que ceux qui sont dans le bien sont affectés d'après l'affection du bien qui se manifeste sur le visage, et cela en proportion de l'innocence qui est dans le bien ; ainsi ce qui affecte , c'est le spirituel dans le naturel , mais non le naturel sans le spirituel ; ceux qui sont dans le bien sont affectés pareillement par les enfants , qui leur paraissent beaux , en proportion qu'il y a l'innocence de la charité sur leur visage, dans leurs gestes, dans leur langage : que ce soit la bonté et la charité qui forment et constituent le beau, on le voit N° 553; de la résulte donc que la jeune fille fort bonne d'aspect, signifie la beauté de l'affection du vrai, dans lequel est le bien.

3081. yierge, et nul komme ne l'avait connue , signifie ce qui est pur de tout faux : on le voit par la signification de Vierge; dans la Parole, l'expression de Vierge est souvent employée, et là la Vierge signifie le Royaume du Seigneur, et aussi l'Église , et par suite quiconque est le Royaume du Seigneur , ou quiconque est l'Église ; et cela , d'après l'amour conjugal qui est dans les vierges chastes; l'amour conjugal, dans le sens spirituel , est l'affection du bien dans le vrai, et l'affection du vrai par le bien, c'est de ces affections conjointes comme par un mariage que procède l'amour conjugal, Voir^ 2508, 2618, 2727, 2728, 2729; et comme cetamour, ainsi qu'il a été dit, est dans une Vierge, le Royaume du Seigneur, qui est aussi comparé au Mariage et nommé Mariage , est appelé Vierge : si cette expression, nul Homme ne l'aruit connue, signifie ce qui est pur de tout faux, c'est parce que l'homme (uir), dans la Parole, signifie non-seulement le Rationnel vrai, mais aussi dans le sens opposé le faux. Voir N" 265, 749, 1007 ; ainsi être connue par un homme, c'est être souillé par le faux , et ne pas être connue par un homme, c'est être pur du faux ; par l'homme , ici , on n'entend pas l'homme du mariage. Que la Vierge, dans la Parole , signi-

fie ceux qui sont dans le Royaume du Seigneur, ou , ce qui est la même chose, ceux dans lesquels il y a le Royaume du Seigneur, on le voit dans Jean : « Ce sont ceux qui ne se sont point souillés avec » les femmes, car ils sont Vierges; ce sont ceux qui suivent l'A- » gneau où il va, car ils sont sans tache devant le trône de Dieu. » — Apoc. XIV. A, 5 ; — là sont évidemment nommés Yiérges ceux qui suivent l'Agneau, c'est-à-dire ceux qui sont dans le Royaume du Seigneur, et il est dit qu'ils sont sans tache ; dans le sens propre, sont Vierges ceux qui sont dans l'amour pour le Seigneur , c'est-àdire les célestes, ainsi ceux qui sont dans l'affection du bien ; on nomme aussi Vierges ceux qui sont dans la charité envers le prochain, c'est-à-dire les spirituels, ainsi ceux qui sont dans l'affection du vrai, comme on peut le voir par des passages delà Parole ; dans Ésaïe : t Elle t'a méprisé, elle s'est moquée de toi, la Vierge fiUc » de Sion; derrière toi elle a hoché la tête, la fille de Jérusalem. » — XXXVII. 22. — Ces paroles sont adressées au Roi d'Aschur ; la Vierge fille de Sion est l'Église céleste , la fille de Jérusalem est l'Église spirituelle : dans Jérémie : » Je te bâtirai encore, et tu » seras bâtie, Vierge d'Israël; tu orneras encore tes tambours ,

• et tu sortiras dans un chœur de danseurs : leur âme deviendra » comme un jardin arrosé» et ils ne continueront plus à se plaindre; v alors la Picrgc se rejouira dans la danse, et les jeunes gens et les » vieillards ensemble. » — XXXI. A, 12, 13-, — la Vierge d'Israël, c'est l'Église spirituelle ; l'affection du vrai procédant du bien chez elle est décrite ici comme ailleurs par les tambours et les danses : dans le Même : t Les chemins de Sion sont dans le deuil, ses prêtres » gémissent, ses Vierges sont tristes. Le Seigneur a foulé le pres- » soir sur la Vierge fille de Juda. Voyez ma douleur ; mes frierges » et mes jeunes gens sont allés en captivité. > — Lament. I. A, 15, 18 ; — les Vierges sont les affections du bien et du vrai : ailleurs dans le Môme : t Les femmes dans Sion ont été forcées, les Vierges

• dans les villes de Juda. » — Lament. V. 11 ; — les vierges sont les affections du bien. Dans Amos : « Ils courront çà et là pour cher » cher la Parole de Jéhovah, et ils ne la trouveront point; en ce » jour-là les belles Vierges et les jeunes gens dépériront de soif. » — VIII. 12,13; — les belles Vierges sont les affections du vrai, les jeunes gens sont les vrais, ou. ce qui est la même chosr. cem qui

GtiNÉSB. CHAI». VINGT-QUATRIEME. 241

sont dans les vrais, il est dit à leur sujet qu'ils courront ça et là pour chercher la Parole de Jéhovah et ne la trouveront point , et qu'aiusi ils dépériront de soif. DansZacharie : « Jéhovah leur Dieu » les sauvera en ce jour-là , comme le troupeau de son peuple , car ■ combien grande (sera) sa bonté , et combien grande (sera) sa » beauté! Le froment fera rroifre les jeunes gens, et le vin doux » /es Vierges. » — IX. 16, 17 ; — les jeunes gens sont les vrais, et les \i orges les affections; dans David: « La Fille du Roi (est) toute » glorieuse au dedans, son vêtement (est) de. tissus d'or ; elle est » amenée au Roi dans des broderies , /es Vierges après elle , s<s p amies. Te sont amenées. » — Ps. XLV. 14, 15 ; — la Fille du Roi, c'est le Royaume spirituel du Seigneur ; les vierges après elle , ses amies, ce sont les affections du vrai ; dans le Môme : « Ils ont vu tes • démarches, ô Dieu ! lesdémarchesde mon Dieu dans le sanctuaire; » deschantres allaient devant, ensuite des joueurs de harpe, au milieu » des adolescentes qui jouaient du tambourin. » — Ps. LXVIII. 25, 26; les adolescentes qui jouaient du tambourin sont aussi les affec tions du vrai : les adolescentes sont distinguées des vierges par l'innocence; on est appelé vierges d'après l'amour conjugal , ainsi ce sont ceux qui sont dans l'innocence, car l'amour conjugal est l'innocence elle-môme, Voir N* 2730; c'est pour cela que dans Jean, dans le passage cité , ils sont dits suivre l'Agneau où il va , car par l'Agneau on entend le Seigneur quant â l'Innocence; et tous ceux qui sont dans le ciel sont appelés vierges d'après l'Innocence qui est dans leur Bien ; ils suivent l'Agneau selon la quantité et la qualité de l'innocence qui est dans le bien.

3082. Et elle descendit vers la fontaine, signifie le vrai Divin : on le voit par la signification de la fontaine, en ce qu'elle est le Vrai Divin, N°' 2702. 3065.

3083. Et elle remplit sa cruche, signifie les vases de réception : cela est évident parla signification de la cruche, en ce que, comme vase récipient de l'eau, elle est dans le sens interne le récipient des connaissances du vrai, et du vrai lui-même, qui sont signifiés par l'eau; que l'eau dans le sens interne signifie les connaissances et le vrai, on le voit 28, 680, 2702, 3058.

308A. Et elle monta, signifie A '/('ration: on le voit par la signification de monter, en ce que c'est être élevé : être êièvê se dit de V W

242 akcam;s célestes.

l'inférieur au supérieur, et parce qu'il se dit ainsi, c'est de l'extérieur à l'intérieur , car c'est la môme chose; en effet , ce qui dans l'idée humaine est inférieur et supérieur , est dans l'idée angélique extérieur et intérieur ; par exemple, le ciel, à l'homme il paraît comme supérieur, mais pour les Anges il est intérieur. Il en est de même du naturel chez L'homme; il est extérieur relativement à son spirituel, et le spirituel est à son tour extérieur relativement au céleste, ou, ce qui est la même chose, le scientifique qui appartient à l'homme naturel est extérieur relativement au vrai , et le vrai est extérieur relativement au -bien ; aussi est-ce pour cela que le scientifique relativement au vrai est nommé voile ou -vêtement , et qu'il en est de même du vrai relativement au bien. Ccst de là qu'il est dit monter à Jérusalem et descendre de Jérusalem; monter de Jérusalem à Sion et descendre de Sion à Jérusalem ; car par les lieux qui sont autour de Jérusalem sont signifiés les extérieurs de l'Eglise, par Jérusalem les intérieurs* et par Sion les intimes. Comme ici , dans le sens interne, se trouve décrit le premier degré d'élévation du vrai depuis l'homme Naturel jusqu'à l'homme Rationnel, c'est pour cela qu'il est d'abord dit ici, que l'affection du vrai, qui est représentée par Rébecca, descendit à la fontaine, et que bientôt après elle monta ; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus N° 3074, le Divin amour influe dans l'affection du bien, et de là dans l'affection du vrai, et il vivifie et illustre les choses qui sont dans l'homme Naturel, et alors il le^ dispose en ordre, voilà ce qui est signifié par descendre; de là les \rais sont élevés de l'homme Naturel dans l'homme Rationnel . et \ sont conjoints au bien ; c'est ce qui est signifié par monter.

3085. Dans ces deux Versets l'affection du vrai est décrite quant à l'Origine, quant à la Qualité . et quant auPremier (degré) d'initiation : quant à Y Origine par ces mots : Voici que sortait Rébvcra qui naquit à Bèt Intel fils de Milckak épouse de Aacltor frère d'Abraham, que par eux toulel'origiue de cette affection ait été donnée dans le sens interne , voir N°* 3077, 3078 ; quant à la Qualité par ces mots : Sa cruche sur son épaule , et fa Jeune fille était fort bonne d'aspect, que par là la qualité ait été décrite, on le voit N°* 3070, 3080, 3081 ; quant au Premier (degré) d'initiation, par ces mots : i lie descendit vers la fontaine, et elle remplit sa cruche et elh monta, on peut le voir. N°* 3082, 3083, 308A ; mais il en est de

GENESE. CHAP. VINGT-QUATRIEME. 2/i5

ces choses , comme il a été dit ci-dessus , c*est qu'elles surpassent non-seulement une conception humaine vulgaire , mais môme une

conception humaine plus cultivée ; en effet, telles sont celles qui »out contenues dans le sens interne de ce Chapitre et de quelques Chapitres qui Boivent ; et cela, parce qu'il vient à peine à l'esprit de quelqu'un, qu'il existe un continuel influx Divin par l'homme Interne dans l'homme Externe , c'est-à-dire un influx des célestes et des spirituels par l'homme Rationnel dans l'homme Naturel, ou, ce qui est la mémechose, dans les naturels qui appartienncutàl'hoinmc Externe , et que par cet influx les V rais sont continuellement tirés de l'homme Naturel, élevés et implantés dans le Bien qui est dans le Kationnel; on ne sait pas même que cela a lieu, comment saurait-on alors de quelle manière se fait toute cette progressiou, qui, étant opérée par le Divin, est d'une si grande sagesse, qu'elle ne peut jamais Otre explorée dans une seule partie entre mille, les choses les plus communes seulement peuvent être vues : puisqu'il eu est ainsi, que personne ne soit donc étonné que les choses qui sont ici dans le sens interne ne puissent pas être décrites de manière à être saisies, et que celles qui sont décrites soient transcendantes, car elles traitent de celte progression et la décrivent ; et en outre le sens interne est principalement pour les Anges, afin que par la Parole il y ait communication entre le ciel et l'homme, et ces choses sont pour eux au nombre de leurs délices , parce que la nourriture céleste n'est autre chose que tout ce qui appartient à l'intelligence et à la sagesse , et que pour eux la béatitude de la sagesse et de l'intelligence est tout ce qui traite du Seigneur.

3086. Afin qu'on puisse avoir quelque idée, bien que très-commune, sur ce qui est ici contenu dans le sens interne , il faut qu'or sache que dans tout ce Chapitre il s'agit du Vrai Divin qui doit être conjoint au Divin Bien, c'est-à-dire que le Divin Bien a influé dans l'homme Naturel, savoir, dans les scientifiques, les connaissances et les doctrinaux qui y sont, — car ces choses appartiennent à l'homme Naturel en tant qu'elles sont dans sa mémoire, — et que par cet influx il a illustré , vivifié et disposé en ordre toutes les choses qui y sont, car dans l'homme naturel toute lumière , toute \ie et tout ordre viennent de l'influx qui procède du Divin, ainsi que chacun, pour peu qu'il y réfléchisse, peut s'en convaincre ; par cet

AKCANES CELESTES

influx existe l'affection, d'abord l'affection commune du vrai; dans ces deux Versets il s'agit de cette affection commune , de son origine, Npi 3077, 3078, de sa qualité, N'* 3079, 3080, 3081, du premier (degré) d'initiation , Y" 3082 , 3083 , 3084 : mais dans ce qui va suivre immédiatement, il y a dans le sens interne une description ultérieure de cette progression, savoir , de l'examen de ce vrai, puis de la séparation des maternels qui y avaient d'abord été adjoints, et ainsi du reste. Toutefois je sais que ces arcanes sont trop profonds pour être saisis; et cela par la raison, déjà donnée , qu'ils sont inconnus; mais comme le sens interne les décrit, et cela quant à toutes les circonstances, on ne peut faire autrement que de les exposer, bien qu'ils doivent paraître au-dessus de la conception : tout au moins on peut voir par ià combien le sens interne de la Parole renferme d'arcanes , et qu'il y a des arcanes qui sont tels qu'ils se montrent à peine dans la lumière du monde, dans laquelle est l'homme pendant qu'il vit dans le corps , mais qu'ils se présentent toujours d'une manière plus manifeste et plus claire, selon que l'homme vient de la lumière du monde dans la lumière du ciel, dans laquelle il passe après la mort, par conséquent dans laquelle sont les âmes qui jouissent de la béatitude et du bonheur, c'est-à-dire les Anges.

3087. Vers. 17, 18, 19, 20. Et le serviteur courut au-devant d'elle, et il dit : Fais-moi humer , je te prie , un peu d'eau de ta cruche. Et elle dit : Bois, mon seigneur, et elle se hâta, et elle . abaissa sa cruche sur sa main, et elle le fit boire. Et elle acheva de le [aire boire, et elle dit : Pour tes chameaux aussi je puiserai jusqu'à ce qu'ils aient achevé de boire. Et elle se hâtait , et elle vidait sa cruche dans l'auge , et elle courait encore au puits pour puiser, et elle puisait pour tous ses c/tameaux. — Le serviteur courut au-devant (telle , et il dit, signifie l'examen par le Divin Bien : Fais-moi humer , je te prie , un peu d'eau de ta cruche , signifie si de là quelque chose de vrai peut être conjoint : et elle dit : Bois, monseigneur, signifie le réciproque : et elle se hâta , et elle abaissa sa cruche sur sa main, signifie la soumission des récipients d'après la puissance : et elle le fit boire, signifie l'initiation : et elle acheva de le faire boire , signifie le successif : et elle dit : Pour tes chameaux aussi je puiserai jusqu'à ce qu'ils aient achevé de boire.

signifie le réciproque quant à l'illustration de tous les scientifiques dans l'homme naturel : et elle se hâtait, et elle vidait sa cruche dans l'auge, signifie la séparation de l'affection du vrai , qui était initiée au Bien Divin : et elle courait encore au puits, signifie l'affection inférieure du vrai : et elle puisait pour tousses chameaux , signifie par laquelle étaient illustrés les scientifiques communs.

3088. Le serviteur courut au-devant d'elle, et il dit , signifie Cexamen par le Divin Bien : on le voit par la signification de courir au-devant d'elle , en ce que c'est examiner s'il en est ainsi qu'il a parlé dans son cœur, l'interne du sens le dicte ; ensuite par la signification de dire , en ce que c'est percevoir , ainsi qu'il a déjà été montré très souvent , par conséquent aussi examiner ; si l'examen est fait par le Divin Bien, c'est parce qu'ici le serviteur tient la place de son maître, savoir, d'Abraham, et aussi de ïischak ; l'envoyé, en effet, revêt la personne de celui qui l'envoie , comme on le voit très souvent dans la Parole; par exemple on lit , au sujet des anges, qu'ils sont d'abord nommés Anges, et qu'ensuite ils sont appelés Jéhovah , comme celui qui apparut à Moïse dans le buissou, — Exod. III, 2, 4 et suiv., — et celui qui apparut à Gédéon, — Jug. VI, 11 , 12, 14 ; — c'est de là aussi que Rébecea , dans le Verset suivant, lui dit : Mon seigneur.

3080. Fais-moi humer, je te prie, un peu d'eau de ta cruche, signifie si de là quelque chose de vrai pouvait être conjoint : cela est évident d'après la signification de humer, en ce que c'est la même chose que boire , mais en diminutif , parce qu'il s'agit d'uu examen ; que boire signifie percevoir , on le voit N° 3069 ; boire signifie aussi, dans le sens interne, être communiqué et être conjoint, et se dit du spirituel, de même que manger se dit du céleste, NM 2187, 2343 ; et d'après la signification de Veau, en ce qu'elle est le vrai, Noi 680, 739, 2702; ici donc, fais-moi humer, je te prie, un peu d'eau de ta cruche, signifie l'action d'examiner si quelque chose du vrai qui procède de là pouvait être conjoint ; la cruche est le récipient dans lequel et d'après lequel est le vrai, NM 3068, 3079. S'il y a examen, cela vient de ce que la première affection du vrai avait aussi avec soi quelque chose du maternel, qui devait être séparé , N°* 3040, 3078. Chez l'homme qui doit être régénéré, il en est ainsi, en ce que sa première affection du vrai est

tout-à-fait impure, car il y existe une affection d'usage et de fin pour soi-même, pour le monde, pour la gloire dans le ciel, et autres choses semblables, qui concernent l'homme lui-même , et non le commun, ni le Royaume du Seigneur, ni, à plus forie raison, le Seigneur : il est impossible qu'on n'ait pas d'abord une telle affection ; toujours est-il cependant qu'elle est successivement purifiée par le Seigneur , au point que les faux et les maux sont enfin éloignés et rejetés comme à la circonférence ; toutefois ils ont servi pour moyens.

3000. Et elle dit : Bois, mon seigneur , signifie le réciproque : cela est évident d'après l'assentiment ou le consentement. On voit par les mariages ce que c'est que le réciproque du vrai quand il doit être conjoint au bien ; en effet, le mariage vient de ce qu'il y a consentement de l'une -et de l'autre partie; il tire son origine do mariage du bien et du vrai, il y a volonté de la part du bien et consentement de la part devrai, de là résulte la conjonction : quoique cela ne se fasse pas voir chez l'homme quand il est régénéré , c'està-dire quand il entre dans le mariage céleste, toujours est-il cependant que la chose existe; cela se manifeste plus clairement en ce que quand l'homme est régénéré, il faut qu'il s'opère comme un mariage entre la volonté et l'entendement, à la volonté appartient le bien, à l'entendement appartient le bien ; c'est pour cela que les anciens ont institué un mariage entre la volonté et l'entendement, ainsi qu'entre chacune des choses qui appartiennent à la volonté et chacune de celles qui appartiennent à l'entendement, N°* 54, 55.

3091. Et elle se M ta, et elle abaissa sa cruche sur sa main, signifie la soumission des récipients d'après la puissance : on le voit par la signification d'abaisser, en ce que cela appartient à la soumission ; par la signification de la cruche , en ce qu'elle est le récipient, N- 3068, 3079; et par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N" 878. La soumission des récipients d'après la puissance, consiste en ce que les doctrinaux, les connaissances et les scientifiques, qui sont les récipients, N0' 3068, 3079. s'attachent; il y a une chaîne de subordination , ainsi du penchant à s'attacher, et par conséquent de soumission, depuis le Premier de la Vie ou le Seigneur : les choses qui sont dans une place inférieure, devant servir à ce qui est supérieur, doivent être dans la soumis-

sion. sans la soumission de ces choses la conjonction n'est pas possible: la puissance, dont il s'agit ici, est par le Vrai , le vrai soumet ce qui est au-dessous de lui, c'est surtout au V rai que la puissance est attribuée dans la Parole; aussi, quand il est question du vrai, est-il parlé de mains, de bras et d'épaules, par lesquels dans le sens interne sont signifiées les puissances, N°' 878, 1085 : et la puissant e elle-même qui paraît venir du vrai, vient du bien parle vrai.

3092. Et elle le fil boire , signifie l'initiation : on le voit par la signification de boire (potare) , on ce que c'est presque la même chose que boire (bibere) ; mais boire (potare) ici renferme quelque chose de plus actif de la part de celui qui boit : que boire (bibere signifie recevoir et aussi être conjoint, on le voit N° 3000. 8080; par conséquent faire boire (potare), c'est douner la faculté de recevoir, ce qui est le premier (degré) de l'initiation.

3093. Et elle acheva de le faire boire, signifie te successif, savoir, de l'initiation : on le voit en ce que elle acheva ou achever renferme la fin de l'acte qui précède et le commencement de Parte qui suit, par conséquent le successif; et d'après la signification de faire boire, en ce que c'est être initié, ainsi qu'il vient d'être dit N* 3092.

3094. Et elle dit : Pour les chameaux aussi je puiserai jusqu'à ce qu'Us aient achevé de boire, signifie le réciproque, quant à l'illustration de tous les scientifiques dans l'homme naturel : on le voit par la signification des Chameaux, en ce qu'ils sont les scienlifiques communs dans l'homme naturel. N°* 30A8, 3071 ; et par la signification de puiser, savoir, de l'eau, en ce que c'est instruire, et aussi illustrer, N** 3058, 3071 ; il est évident que c'est le réciproque, car elle a dit qu'elle ferait, et elle a fait aussi , savoir, elle a puisé de Peau pour les chameaux. L'illustration, dont il s'agit ici. vient de la part du Vrai , quoiqu'elle procède du bien par le vrai : voici ce qu'il en est de l'illustration des scientifiques dans l'homme naturel : toute illustration provient du bien, car le bien qui appartient à l'amour est par comparaison comme la flamme du soleil . de laquelle proviennent la chaleur et la lumière, tandis que le Vrai est comme l'objet par lequel la flamme brille, de là il y a illustration par la lumière ; mais telle est la lumière qui en provient , telle est l'illustration : il n'y a absolument que le vrai qui reçoive le bien ;

t*/l8 AKCANES CÉLESTES

mais tel est le vrai, telle est la réception, et telle est par suite l'illustration : quand donc il y a illustration par le vrai , l'illustration semble venir du Vrai, comme si elle lui appartenait, quoiqu'elle appartienne au bien qui brille ainsi à travers le vrai : l'illustration du bien par le vrai pénètre même au-delà, et elle affecte plus profondément et produit l'affection inférieure du vrai , de laquelle il sera bientôt question. La Lumière du ciel procède du Divin Bien du Seigneur par son Divin Vrai; et comme c'est par le Divin Vrai dans son Humain, elle pénètre non-seulement vers les célestes» mais même vers les spirituels, et elle illustre par la sagesse et par l'intelligence tous ceux qui sont dans le ciel : et parce qu'il en est ainsi , c'est pour cela que dans le sens interne de la Parole il est tant question du Divin Bien et du Divin Vrai dans l'Humain du Seigneur; en cet endroit il s'agit de la première illustration du Vrai d'après le Bien, et de celle du Bien par le Vrai. > *0*

3095. Et elle se luttait, et elle vidait sa cruche dans l'auge, signifie la séparation de l'affection du vrai, qui était initiée au bien Divin. : on le voit par la signification de vider la cruche, en ce que c'est séparer le vrai , car la cruche, comme vase contenant, signifie non-seulement le scientifique dans lequel est le vrai , mais aussi le vrai dans lequel est le bien, Voir N" 3068, 3079; ici, comme il s'agit de l'initiation , c'est le Vrai qui était initié au bieu Divin ; et comme le Vrai lui-même n'est jamais conjoint au Bien que par son affection, N" 3024, 3066, car dans l'affection est la vie par laquelle il y a conjonction , il en résulte qu'ici c'est l'affection du vrai qui est entendue : puis on le voit par la signification de Y Auge ou abreuvoir, en ce que c'est le bien du Vrai , car l'eau qui est dans l'Auge signifie le vrai, Y 739 , 2702, et l'auge elle-même signifie la même chose que le bois, c'est-à-dire le bien, N°* 2784, 2812 ; le bien du Vrai est ce que le Bien produit par le Vrai, et ressemble à une lignée née du vrai comme d'une mère , et du Bien comme d'un père; tout bien réel qui est dans l'homme naturel provient de là, ou du mariage du bien et du vrai dans le Rationnel; c'est ce bien qui est appelé le bien du vrai, et il est signifié dans la Parole par l'Auge ou l'Abreuvoir. : < , :l

3096. Et elle courait encore au puits, signifie l'affection inféfèrieure du vrai : on le voit par la signification du puits, en ce qu'il-

est le vrai, V 2702, mais le vrai qui est inférieur; et comme il s'agit ici de l'initiation du vrai , c'est l'affection inférieure du vrai (|ui est signifiée , ainsi qu'il vient d'être dit IM° 309A ; on peut voir dans le passage cité quelle est, dans le sens interne, la différence de la signification de la fontaine et du puits , c'est-à-savoir qu'il est dit fontaine, quand il s'agit d'un vrai plus pur et d'un vrai supérieur, et puits, quand il s'agit d'un vrai qui n'est pas si pur et d'un vrai inférieur, comme aussi dans ce Chapitre , dans lequel il est dit tantôt fontaine, tantôt puits; le vrai naturel est le vrai inférieur, et l'affection du vrai naturel est l'affection inférieure du vrai ; c'est par cette affection que sont illustrés de plus près les scientifiques communs, et l'on a vu, Y 309A, que cette illustration pénètre au-delà et affecte plus profondément.

3097. Et elle puisait pour tous ses chameaux , signifie par laquelle ététfent illustrés tes scientifiques communs : ou le voit par la signiûcation de puiser, en ce que c'est instruire , et aussi N°' 3058, 3071 ; et par la signification des cliameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, \ 3048.

3098. Ce qui est contenu dans le sens interne, depuis le \ 3088 jusqu'ici, est aussi de nature à ne pouvoir être saisi que par ceux qui ont été instruits sur les internes de l'homme et qui sont dans les vrais, car c'est par les vrais et selon les vrais qu'il y a illustration : il s'agit de la première initiation du Vrai daus le Bien; car, ainsi qu'il a été dit, le Bien même influe par le Rationnel dans le Naturel, ainsi par la voie interne, et il éclaire les choses qui y sont, mais le vrai même influe parle sensuel surtout de l'ouïe et de la vue dans le Naturel, ainsi par la voie externe; c'est là l'origine du vrai, ce que chacun peut même connaître, s'il réfléchit; mais la conjonction du bien et du vrai n'est point là, elle estdansle Rationnel; aussi le vrai est-il tiré de là, par conséquent de la sphère naturelle dans la sphère spirituelle, car le Vrai qui doit être conjoint au Bien est spirituel : dans ces Versets, depuis le Na 3087 jusqu'au N° 3097, il s'agit de ce qui se passe à l'égard du vrai d'abord tiré de la sphère naturelle.

3099. Vers. 21, 22. Et l'homme, stupéfait devant clk -, se contenait pour savoir si Jéhovah avait fait prospérer son chemin, ou non. Et il arriva que quand les chameaux curent achevé de boire,

et l'homme prit une boucle d'or du poids d'un demi-sicle, et deux bracelets sur ses mains, du poids de dix (sicics) d'or. — L'homme, stupéfait devant elle, se contenait, signifie l'état de perception quant à ces choses : pour savoir si Jéhovah avait fait prospérer son chemin, ou non, signifie au sujet du Divin Vrai, quel il est : et il arriva que quand /es chameaux eurent achevé de boire, signifie la reconnaissance d'après l'illustration dans les scientifiques communs : et l'homme prit une boucle d'or, signilie le Divin Bien : du poids d'un demi-sicle, signifie autant qu'il faut pour l'initiation : et deux bracelets, signifie le Divin Vrai : sur ses mains, signilie la puissance de l'affection du vrai : du poids de dix (sicles) d'or, signifie le plein pour l'initiation.

3100. L'homme, stupéfait devant elle, se contenait, signifie l'état de perception quant à ces choses : on le voit par la signification d'être stupéfait et de se contenir, quand il vit que les choses qu'il avait dites dans son cœur arrivaient, en ce que cela appartient à la reconnaissance et en mCmc temps à l'attente si la chose est ainsi ; en effet il était stupéfait parce qu'il avait reconnu que cela était arrivé ainsi, et il se contenait parce qu'il était dans l'attente s'il arriverait ainsi : c'est cet état de perception qui est signifié.

3101. Pour savoir si Jéhovah avait fait prospérer son chemin ou non, signifie au sujet du Divin Vrai, quel Userait : cela est évident par la signification du chemin, en ce qu'il est le vrai, N° 627, 2333; que ce soit le divin vrai, c'est ce qui est signifié en ce qu'il est dit : « Si Jéhovah avait fait prospérer, » ce qui est la même chose que : S'il procéderait de Jéhovah ou du Divin ; par conséquent quel vrai ce serait, car les Vrais qui sont tirés de l'homme naturel dans le rationnel ne sont pas tous reçus, il n'y a de reçus que ceux qui y sont d'accord avec le bien, et qui font ainsi un avec lui par insémination et insertion : les autres, quoiqu'ils eussent parus comme des vrais avant d'avoir été élevés, ne sont pas néanmoins reçus parce qu'ils ne sont pas reconnus; c'est le bien qui reconnaît son vrai, et c'est le vrai qui reconnaît son bien : il est évideut aussi par ce qui va suivre qu'H a été reconnu quel vrai il était et qu'ainsi il a été reçu.

3102. Et il arriva que quand les chameaux eurent achevé de boire, signifie la reconnaissance d'après l'illustration dans les

scientifiques communs : on le voit en ce que ces deux expressions « il arriva » et « ils curent achevé,* signifient le successif, et renferment la lin de Pacte qui précède et le commencement de l'acte qui suit, N 3093, par conséquent ici la reconnaissance, comme il vient d'être montré; on le voit aussi par la signification des chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, N°* 3048, 3071; et par la signification de boire, en ce que c'est ici la môme chose que puiser les eaux, comme ci-dessus N° 3097, et aussi la môme chose que boire (pot are), comme ci-dessus N° 3058, 3071, c'està-dire, être illustré : de là il est évident que ces paroles « et il arriva que quand les chameaux curent achevé de boire, > signifient la reconnaissance, savoir, du Vrai Divin d'après l'illustration dans les scientifiques communs. La chose même se passe ainsi : tout vrai qui est élevé de l'homme naturel, c'est-à-dire, des scientifiques ou des connaissances et des doctrinaux, car toutes ces choses appartiennent à l'homme naturel, tout vrai, dis-jc, qui est élevé de l'homme naturel dans le Rationnel et y est reçu, doit d'abord être reconnu quel il est, s'il s'accorde ou non avec le bien qui y est; s'il s'accorde, il est reçu, et s'il ne s'accorde point, il est rejeté; les vrais apparents sont plusieurs en une môme réunion, mais ceuxlà seuls sont conjoints qui y reconnaissent le bien, ainsi qui s'aiment mutuellement; mais pour qu'ils soient reconnus être tels, il doit y avoir dans l'homme naturel une illustration, par laquelle ils y puissent tous, en général et en particulier, être considérés d'un seul regard, et par conséquent au moyen de laquelle le choix puisse être fait : cette illustration dans l'homme naturel vient du bien, mais néanmoins par le vrai, Voir N° 3094 : c'est cette illustration qui est signifiée en ce que Rébecca puisa pour les chameaux, les abreuva, ou leur donna à boire.

3103. Et C homme prit une boucle d'or, signifie te Divin Bien : cela est évident par la signification de la boucle d'or, en ce qu'elle est le bien; et ici comme il s'agit du Seigneur dans le sens interne, en ce qu'elle est le Divin Bien ; comme ce bien vient du Rationnel, il est dit rhomme (vir) parce que l'homme est le rationnel, voir N°* 265, 749, 1007. Dans les anciens temps, quand les cultes dans les églises étaient représentatifs, et que l'on connaissait ce qu'ils signifiaient, c'était la coutume, lorsqu'il \ avait des mariages, de

donner à la tiaucée une boucle d'or et des bracelets, parce que l'Église était représentée par la liancée, son bieu par la boucle, et son vrai par les bracelets; et parce qu'on savait que l'amour conjugal, qui était dans la fiancée et dans l'épouse, descendait du mariage du Divin bien et du Divin vrai du Seigneur, N-' 2508, 2618, 2727, 2728, 2729; la boucle d'or était posée sur le nez, comme on le voit aussi dans ce qui suit, où il est dit qu'il lui mit la boucle sur le nez, Vers. 47, et cela, parce que le Nez signifiait la vie du Bien, d'après la respiration qui s'y fait, laquelle dans le sens interne est la Vie, et aussi d'après l'odeur qui est le charme de l'amour auquel appartient le bien, N" 96, 97. Que la Boude fût un signe du mariage quant au bien, c'est aussi ce qu'on voit dans d'autres passages de la Parole, comme dans Ézéchiel : « Je te parai d'ornements, et je mis » des bracelets sur tes mains, et un collier à ton cou, et je mis » une Boucle sur ton nez. » — XVI. 11, 12 ; — dans ce passage il s'agit de l'Ancienne Église, qui là est Jérusalem ; elle est décrite comme une fiancée à laquelle ont été donnés des bracelets, un collier et une boucle; les bracelets sur les mains étaient le signe représentatif du vrai, et la boucle sur le nez, le signe représentatif du bien. Dans Ésaïe : « Parce que les filles de Sion s'enorgueillissent, » le Seigneur pèlera le sommet de leur téle, et il retirera les an— » neaux et les boucles du nez, les vêtements de rechange, les man- » teaux. » — III. 16, 17, 21, 22; — les filles de Sion qui s'enorgueillissent, ce sont les affections du mal au-dedans de l'Église, N" 2362, 3024; les anneaux et les boucles du nez qui seront retirés sont le bien et ses signes; les vêtements et les manteaux sont le vrai et ses signes. Dans Hoschée : « Je visiterai sur elle les jours » des Baals, auxquels elle a fait des encensements, et elle .s'est parée » de sa boucle et de son ornement, et elle est allée après ses n amants. » — II. 13 ; — il s'agit de l'Église pervertie et de la nouvelle Eglise après elle; la boucle est aussi pour le signe du bien de l'Eglise. Quand ces Boucles étaient placées aux oreilles, elles signifiaient aussi le bien, mais le bien en acte, et dans le sens opposé, le mal eu acte, comme dans Gen. XXXV. 4, Exod. XXXII. 2, 4.

3104. Du poids d'un dcmi-siclc, signifie autant qu'il faut pour l'initiation : on le voit par la signification du siele, du demi-sielt . et du poids; que le sicle soit lo prix ou l'estimation du bien et du

vrai, et que le demi-sicle soit la détermination de sa quantité, c'est ce qu'on voit N° 2059, que le poids signifie l'état de la chose quant au bien, on va le voir; d'après cela, il est évident que le poids d'un demi-sicle signifie et renferme la quantité quant au bien désigné par la boucle d'or : que ce soit pour l'initiation, c'est ce qui résulte des choses qui précèdent et de celles qui suivent. Que le poids soit l'état de la chose quant au bien, cela est évident d'après ces passages de la Parole, dans Ézéchiel : « Le Prophète devait manger en aliments le poids de vingt sicles par jour, et boire de l'eau par mesure le sixième d'un hin : parce que voici, je vais rompre le bâton du pain dans Jérusalem, afin qu'ils mangent le pain au poids et avec inquiétude, et qu'ils boivent les eaux par mesure et avec stupeur, afin qu'ils manquent de pain et d'eau. » — IV. 10, 11, 16, 17; — là il s'agit de la vastation du bien et du vrai, dont la représentation est faite par le prophète; l'état du bien dévasté est signifié en ce qu'on devait manger les aliments et le pain au poids, et l'état du vrai dévasté est signifié en ce qu'on devait boire l'eau par mesure; le pain est le céleste, ainsi le bien, Voir N°' 276, 680, 2165. 2177; et l'eau est le spirituel, ainsi le vrai, N°" 730, 2702, 3058; d'après cela il est évident que le poids se dit du bien, et que la mesure se dit du vrai. Dans le Même : « Vous aurez les Balanees de

• la justice, YEplia de la justice, et le Balh de la justice. » — XLV. 10 et suiv. ; — là, il s'agit de la terre sainte par laquelle le Royaume du Seigneur dans les cieux est signifié, ainsi qu'on peut le savoir l>;ir chacune des expressions employées là par le Prophète ; dans ce Royaume il n'y aura ni balances, ni épha, ni bath, mais il y aura les biens et les vrais qui sont signifiés par ces poids et par ces mesures. Dans Ésaïc : « Qui a mesuré les eaux dans sa poignée, et dis-

• posé les cieux avec la paume, et renfermé dans le tiers d'une me-

• sure la poussière de la terre, et pesé à ta balance les montagnes, » et les collines au trébuchet? »— XL. 12; peser à la balance les montagnes et les collines au trébuchet signifie que les célestes de l'amour et de la charité procèdent du Seigneur et que seul il dispose leurs états ; que les montagnes et les collines, au sujet desquelles il est parlé de ces poids, soient les célestes de l'amour, on le voit, N°* 795, 796, 1430, 2722. Dans Daniel : « L'écriture sur « la muraille du palais de Belschazar : Mené, Mené, ThékcL

» l'pharzin ; en voici l'interprétation : Mené, Dieu a compté ton » règne, et il y a mis fin ; Thékcl, tu as été pesé dans ta balance, » et tu as été reconnu manquant; Perèz, ton royaume a été divisé . et a été donné au Mède et au Perse, p— V. 25, 26, 27, 28; — là Mené ou il a compté se dit du vrai, tandis que Thékel ou pesé dans la balance se dit du bien ; il s'agit là, dans le sens interne, de la consommation.

3105. Et deux bracelets, signifie le Divin Vrai : on le voit par la signification des bracelets, en ce qu'ils sont le Vrai, et ici, comme dans le sens interne il s'agit du Seigneur, en ce qu'ils sont le Divin Vrai ; il est dit qu'il y en a deux, parce qu'ainsi c'est le plein : ces bracelets étaient posés sur les mains de la fiancée, et cela, parce que la fiancée signifiait l'Eglise, et que ses mains signifiaient les puissances par le vrai ; que les mains se disent du vrai, on le voit N° 3091 : que les bracelets aient de telles significations, on peut le voir dans Ézéchiel, — chap. XVI. 11, 12, — passage cité ci-dessus N° 3103 ; et aussi dans le Même, — chap. XXIII. A2 ; — puis, en ce que les bracelets étaient non-seulement pour la fiancée, mais aussi pour le Roi, mais le Roi les portait sur le bras, comme on le voit dans— II Sam. 1. 10, et cela, parce que la Royauté était le représentatif et le significatif du Divin Vrai qui est au Seigneur, Nc,1672, 1728, 2015, 2069, 3009, et le bras le significatif de la puissance, N° 878.

3106. Sur ses mains, signifie ta puissance de t affection du vrai : on le voit par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N°" 878, 3091; et par la représentation de Rébecca, qui est indiquée ici par le pronom ses, en ce qu'elle est l'affection du vrai, N°* 2865, 3077.

3107. Du poids de dix (siclcs) d'or, signifie le plein pour t initiation: on le voit. par la signification de dix, en ce que c'est aussi, comme cent, l'état plein, N0' 1988, 2636; par la signification de Vor, en ce que c'est ici une espèce de monnaie dont l'estimation dépendait du poids ; et par la signification du poids, en ce qu'il est l'état de la chose quant au bien, Y 3104 : de là il est évident que le poids de dix (sicles) d'or signifie l'état plein de ce qui a été estimé quant au bien : que ce soit pour l'initiation, c'est ce qui résulte de

chacune des choses que renferme ce Chapitre, dans lequel il s'agit

de l'initiation, ou des fiançailles.

:U08. Dans ces deux Versets, il s'agit de l'initiation du vrai dans le bien; mais quelle est cette initiation, c'est ce qui ne tombe pas facilement dans l'idée de la pensée chez celui qui a seulement été illustré par des choses qui appartiennent à la lumière du inonde, a moins qu'il ne l'ait été en môme temps par des choses qui appartiennent ;i la lumière du ciel, d'après laquelle sont illustrées celles qui sont de la lumière du inonde ; ceux qui ne sont pas dans le bien, ni dans la foi qui eu procède, n'ont pas d'autres idées de la pensée que celles qui ont été formées par les objets de la lumière du monde; ils ne savent pas non plus qu'il existe un spirituel, ni même ce que c'est que le rationnel dans le sens réel, mais ils savent seulement qu'il existe un naturel, auquel ils attribuent tout; c'est môme ce qui fait que les choses, qui sont dites dans le sens interne sur l'initiation du vrai dans le bien, sont trop éloignées d'eux pour qu'elles leur paraissent avoir quelqu'existence, tandis qu'elles sont cependant au nombre des choses précieuses pour ceux qui sont dans la lumière du ciel. Voici ce qu'il en est de l'initiation du vrai dans le bien, c'est qu'avant que le vrai ait été initié et régulièrement conjoint, il est, à la vérité, chez l'homme, niais il n'est pas devenu comme lui appartenant) ou comme propre; mais sitôt qu'il est initié à son bien, alors il lui est approprié; il disparaît alors de sa mémoire externe et passe dans sa mémoire interne, ou, ce qui est la même chose, il disparaît dans l'homme naturel ou. externe et passe dans l'homme rationnel ou interne, et il lui sert de vêtement et fait SOO humain, c'est-à-dire, sa qualité quant à l'humain; il en est ainsi de tout vrai qui est conjoint à son bien ; il en est aussi de même <ln fauv qui est conjoint au mal qu'il appelle bien; mais avec cette différence que l'un ouvre le rationnel, et fait ainsi l'homme rationnel, tandis que l'autre ferme le rationnel et fait l'homme irrationnel, quoiqu'il lui semble, dans les ténèbres où il est alors plongé, qu'il est plus rationnel que les autres.

3109. Vers. 23, 24. 25. Et il dit : La fille de qui (es-tu ?) toi ; indique-moi. je te prie, s'il y a à la maison de ton père un lieu pour nous pour passer fa nuit. Et elle lui dit : Je (suis) fille de fiâthuel, fils de Milrkah, qu'elle a enfanté à Xurltor. Et elle lui

Digitizc

dH : (il y a) même de la paille, même beaucoup de fourrage cliez nous, même un lieu pour passer la nuit. — // dit : La fille de qui (es-tu?) toi; signifie un examen ultérieur sur l'innocence : indiquemoi, je te prie, s'il y a à la maison de ton père un lieu pour nous pour passer la nuit, signifie l'examen sur le bien de la charité : Et elle lui dit : Je (suis) fille de Béthuet, fils de Mitckah, qu'elle a enfanté à Nachor, signifie, ici comme précédemment, toute son origine : Et elle lui dit, signifie la perception : — (Il y a) même de ta paille, signifie les vrais scientifiques : même beaucoup de fourrage chez nous, signifie leurs biens : même un lieu pour passer la nuit, signifie l'état.

3110. // dit : La fille de qui es-tu ? toi, signifie un examen ultérieur sur l'innocence : on le voit par la question : la fille de qui es-tu? toi, en ce que c'est un examen ; que ce soit un examen ultérieur , cela est évident d'après ce qui a été dit précédemment, N- 3088 et 3101 ; que ce soit sur l'innocence, on le voit par la signification de la jeune fille, en ce qu'elle est l'affection dans laquelle il y a l'innocence, N° 3067 ; ici , à la vérité , il n'est pas parlé de jeune fille, mais comme ci-dessus, Vers. 1A et 16, Rébecca a été appelée jeune fille, et qu'ici c'est à elle que la question est adressée, toi ici ne signifie pas autre chose que jeune fille. Quant à ce qui concerne la chose même , savoir, que le vrai a été examiné pour connaître de quelle innocence et bientôt après de quelle charité il était, avant qu'il fut initié et conjoint au bien, il est impossible que cela ne paraisse pas surprenant à ceux qui n'ont aucune connaissance de cette chose; mais qu'ils sachent cependant qu'au sujet de l'initiation et de la conjonction du vrai avec le bien chez chaque homme il y a un examen fait avec le plus grand soin, et tel qu'il passe toute sa croyance ; au bien effectivement bien , jamais il n'y a d'admis qu'un vrai effectivement vrai ; lorsque quelque chose qui n'est pas effectivement le vrai s'en approche, il ne se conjoint pas avec le bien même, il se conjoint avec quelque bien qui en soi n'est pas le bien, mais qui paraît comme le bien ; si le faux approche, le bien se retire en dedans, et le faux se conjoint extérieurement avec quelque mal qu'il croit un bien ; cette disposition Divine est faite par le Seigneur au moyen des esprits et des anges, et elle est trèscachée pour ce monde, mais très-connue dans l'autre ; quiconque

même est doué d'une saine raison peut savoir cela, ou tout au moins le saisir; en effet, le mal et le faux sont l'enfer et influent de l'enfer; mais le bien et le vrai sont le ciel, et même ils influent du Seigneur par le ciel : puisqu'il en est ainsi, le mal et le vrai ne peuvent pas plus être conjoints que l'enfer et le ciel; c'est pourquoi il y a en eux une plus exacte balance, que jamais personne ne le peut croire : c'est donc là ce qu'on entend par l'examen.

3111. Indique-moi, je te prie, s'il y a à la maison de ton père un lieu pour nous pour passer ta nuit, signifie l'examen sur le bien de la charité : on le voit par la signification de indique-moi, je te prie, si, en ce que c'est l'examen : par la signification de la maison, en ce qu'elle est le bien, N°" 2048, 2233, 2331; par la signification du père ici, savoir, de Béthuel, en ce qu'il est le bien de la charité tel qu'il est chez les nations plus probes, N° 28(55; l'origine même de l'affection du vrai, que Rébecca représente, est venue d'un tel bien; et par la signification du lieu pour passer la nuit, en ce qu'il est l'état de demeurer, ainsi qu'il en sera parlé ciaprès N° 3115. Que l'examen sur l'origiue de l'affection du v rai quant à l'innocence, et quant au bien de la charité, soit décrit dans le sens interne, c'est parce que le Vrai qui doit être initié et conjoint au bien ne tire point d'autre part sa première origine, comme on peut le voir par tous ceux chez qui le vrai est reçu et marié au bien; au-dedans de l'Église, ceux qui n'ont pas quelque chose de l'innocence et de la charité envers le prochain, de quelque manière qu'ils connaissent le vrai et le professent de bouche, ne le reconnaissent néanmoins jamais de cœur; hors de l'Église, parmi les Gentils qui sont appelés au vrai de la foi, ou qui en sont instruits dans l'autre vie, point d'autres ne le reçoivent, que ceux qui sont dans l'innocence et qui vivent entre eux dans une charité mutuelle; en effet, l'innocence et la charité font l'humus dans lequel les semences du vrai peuvent prendre racine et croître.

3112. Et elle lui dit : Je suis fille de Béthuel, fils de Milekah, qu'elle a enfanté à Nachor, signifie toute: son origine, savoir, de l'affection du vrai : on le voit par la représentation de Béthuel, de Milekah et de Nachor, en ce que c'est l'origine de l'affection du vrai, laquelle affection est représentée par Rébecca, voir N° 3078.

3113. Et elle lui dit, signifie ta perception : on le voit parla V. 17

signilication de dire dans les livres historiques de la Parole, en ce que dans le sens interne c'est percevoir, ainsi qu'il a déjà été souvent expliqué.

311 A. Il y a même de la paille, signifie les vrais scientifiques; même beaucoup de fourrage, signifie leurs biens : on le voit par la signification de la paille et du fourrage : si la paille signifie les vrais scientifiques, c'est parce qu'elle se dit des chameaux, auxquels elle sert de nourriture; en effet, puisque les chameaux signifient l'homme Naturel quant aux scientifiques communs qui sont en lui, alors par sa nourriture, c'est-à-dire, par la paille, il ne peut être signifié autre chose, cet homme n'a pas d'autre nourriture qui soutienne sa vie, sa nutrition vient de là ; en effet, si une telle nourriture, qui consiste à savoir, lui manquait, il ne subsisterait pas : par la vie après la mort, il est évident qu'il en est ainsi, car alors les vrais scientifiques tiennent lieu de nourriture aux esprits, voir N" 56, 57, 58, 680, 681, 1A80, 1695, 1973, 1974. Dans l'homme naturel, comme dans l'homme rationnel, il y a dans le commun deux choses qui constituent son essence, savoir, les intellectuels et les volontaires ; aux intellectuels appartiennent les vrais, aux volontaires appartiennent les biens ; les vrais de l'homme naturel sont les vrais scientifiques, savoir, toutes les choses qui sont dans sa Mémoire externe, c'est là ce qui est signifié par la paille lorsqu'il s'agit de chameaux, ainsi que de chevaux, de mulets et d'ânes; mais les biens de l'homme naturel sont les plaisirs, surtout ceux qui appartiennent à l'affection de ces vrais.

3115. Même un lieu pour passer la nuit, signifie l'état : on le voit par la signification du lieu, en ce qu'il est l'état, N" 2625, 2887; et par la signification de passer la nuit, en ce que c'est demeurer ou avoir une demeure, N° 2330; c'est donc ici l'état de l'affection du vrai, de quelle origine il est; son origine est décrite par les choses qui sont représentées par Béthuel, Milckah et Nachor, et ses affinités le sont par Laban dans ce qui suit : comme cette origine est obscure, son état est signifié par un lieu pour passer la nuit, comme aussi ci-dessus.

3116. Dans ces trois Versets il s'agit de l'examen du vrai qui doit être initié et ainsi conjoint au bien, et même principalement de quelle origine il est, car tout en général et en particulier dépend

de l'origine; les dérivations tirent leur forme de là comme de leur racine ou comme de leur semence, de môme que de leur semence la plante ou l'arbre; ce sont ces choses que le Seigneur par son Divin a vues et examinées chez Lui, et par sa propre sagesse et sa propre intelligence il les a initiées, savoir, les vrais au bien du Rationnel ; l'examen même est décrit ici dans le sens interne, mais les choses qu'il contient ne peuvent être expliquées qu'à très-peu de personnes. Il y a aussi un Examen chez chaque homme qui est réformé, et qui reçoit les reliquia?, mais l'homme ne connaît pas la moindre chose sur cet examen; cet examen est pour lui tellement dans l'obscur, qu'il ne croit pas même qu'il ait eu lieu, lorsque cependant il est fait à tout instant, mais par le Seigneur, qui seul voit l'état de l'homme, non-seulement l'état présent, mais aussi l'état futur durant l'éternité. L'examen est un balancement d'une extrême justesse, afin qu'il ne se conjoigne pas au bien la moindre chose du faux, ni au mal la moindre chose du vrai; s'il y avait conjonction l'homme périrait pour l'éternité; car il serait alors suspendu dans l'autre vie entre l'enfer et le ciel, et serait rejeté de l'enfer à cause du bien, et du ciel à cause du mal.

SU 7. Vers. 20, 27. Et l'homme s'inclina et 96 prosterna devant Jéfiorah. Et il dit : Béni (soit) Jéhovah, Dieu de mon Seigneur Abraham, qui n'a point retiré sa miséricorde et sa vèrile d'arec mon Seigneur! Moi (étant) dans êe chemin, Jéhovah m\i conduit à la maison des frères de mon Seigneur. — L'homme s'inclina et se prosterna devant Jéhovah, signifie l'allégresse et la joie : et il dit : Béni (soit) Jéhovah, Dieu démon Seigneur Abrafiam, signifie ici, comme ci-dessus, d'après le Divin Même et le Divin Humain : qui n'a point retiré sa miséricorde, signifie la perception de l'influx de l'amour : et sa vérité d'avec mon Seigneur, signifie l'influx de la charité qui en procède : moi (étant) dans le c/wmin, signifie dans l'état de la conjonction du vrai avec le bien du Rationnel : Jéhovah m'a conduit à la maison des frères de mon Seigneur, signifie au bien du vrai.

3118. L'homme s'inclina et se prosterna devant Jéhovah, signifie l'allégresse et la joie : on le voit par la signification de s'incliner et de se prosterner, en ce que c'est être dans l'allégresse et dans la joie; l'inclination du corps et le prosternement sont les

AHCANES CÉLESTES

gestes de l'humiliation, ou l'humiliation en acte, tant dans l'état

de douleur que dans l'état de joie; dans l'état de douleur, quand ce qu'on désire n'arrive point; dans l'état de joie, quand ce qu'on désire arrive, comme ici en ce que Rébecca, selon le vœu qu'il avait dans le cœur, lui a donné à boire de l'eau de sa cruche, et a aussi abreuvé les chameaux ; que le prosternement soit aussi un geste de joie, on le voit NOÏ 2927, 2050. Il est dit l'allégresse et la joie, parce que dans la Parole l'allégresse est appliquée au Vrai, et la joie au Bien ; de plus l'allégresse appartient au visage, et la joie au cœur, ou, ce qui est la même chose, l'allégresse appartient à l'affection spirituelle ou au vrai, et la joie à l'affection céleste ou au bien ; ainsi l'allégresse est à l'égard de la joie dans un inoindre degré, comme aussi l'iuclinatiou du corps à l'égard du prosternement : c'est aussi te qui se manifeste en ce que l'homme de l'Église spirituelle s'incline seulement devant le Seigneur et invoque sa grâce, tandis que l'homme de l'Église céleste se prosterne devant le Seigneur et implore sa miséricorde, N0i 698, 981, 2423. Ici, il est dit l'un et l'autre, à cause du mariage du vrai et du bien dans chacune des expressions de la Parole, N0* 683, 793, 801, 2516, 2712.

3119. Et il dit : Béni soit Jéhovah, Dieu de mon Seigneur Abraham, signifie d'après le Divin Mime et le Divin Humain : cela est évident d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 3061, où sont les mêmes paroles, excepté qu'ici il est dit : Béni soit; béni soit Jéhovah était une formule d'action de grâces, par conséquent aussi de joie et d'allégresse, de ce que les choses qu'on avait désirées étaient arrivées : voir en outre, N°* 1096, 1422, ce que les anciens entendaient lorsqu'ils bénissaient Jéhovah.

3120. Qui n'a point retiré sa miséricorde, signifie la perception de l'influx de l'amour : on le voit par la signification de la miséricorde, en ce qu'elle est l'amour, N" 1735, 3063, 3073 ; si : il n'a point retiré sa miséricorde, signifie la perception de l'influx de l'amour, cela vient de ce que ce sont là des paroles de reconnaissance et de confession, et de ce que toute reconnaissance et toute confession procèdent de la perception de l'influx.

3121. Et sa vérité d'avec mon Seigneur, signifie l'influx de la charité qui en procède : on le voit par la signification de la vérité,

Uigitize

en ce qu'elle est la charité. Dans le sens propre, la Vérité signilie la même chose que la foi; aussi, dans la Langue Hébraïque, la foi est-elle exprimée par un tel mot, de sorte que ce qui est appelé Vérité dans la Parole de l'Ancien Testament, est indistinctement appelé foi dans la Parole du Nouveau Testament ; c'est aussi pour cela qu'il a été dit tant de fois, dans ce qui précède, que le Vrai appartient à la foi et que le Bien appartient a l'amour : mais, dans le sens interne, la foi n'est autre chose que la charité, comme on peut le voir par ce qui a déjà été souvent dit et expliqué ; par exemple, qu'il n'y a de foi que par l'amour, N°' 30, 31 à 38 ; qu'il n'y a jamais de foi que là où est la charité, N" 654, 724, 1162, 1176, . 2261; que la foi est la foi de la charité, N- 1608, 2049, 2116, 2419, 2343, 2349; que ce qui fait l'Église, c'est la Charité et non la foi séparée de la charité, N"' 809, 916, 1798, 1799, 1834, 1844, 2190, 2228, 2442 : de là, il est évident que, dans le sens interne, la Vérité ou la foi est la même chose que la charité, car toute foi procède de la charité, la foi qui n'en procède pas n'est pas la foi ; ou, ce qui est la même chose, il est évident que, dans le sens interne, tout vrai est le bien, car tout vrai procède du bien, le vrai qui n'en procède pas n'est pas le vrai; en effet le vrai n'est autre chose que la forme du bien, N" 3049, la naissance du vrai ne vient pas d'autre part, ni sa vie non plus.

3122. En outre, voici ce qu'il en est de cette vérité par laquelle est signifiée la charité : si les Très-anciens, qui furent célestes, n'ont entendu, par la miséricorde et la vérité procédant du Seigneur, rien autre chose que la réception de l'influx de l'amour pour le Seigneur et par suite celle de l'influx de la charité envers le prochain, tandis que les Anciens, qui furent spirituels, ont entendu, par la miséricorde et la vérité procédant du Seigneur chez eux, la charité et la foi, cela vient de ce que les célestes ne portaient jamais leur pensée sur les choses qui appartiennent à la foi ou au vrai, mais les portaient sur celles qui appartiennent à l'amour ou au bien, comme on peut le voir d'après ce qui a été déjà dit de l'homme céleste, N"4 202, 337, 2669, 2715; aussi, était-ce par la charité envers le prochain que les hommes célestes étaient introduits dans l'amour pour le Seigneur, lorsqu'ils étaient réformés et régénérés, d'où il est évident que par la miséricorde qui procède du Seigneur

on n'entend pas autre chose que la perception de l'influx de l'amour pour Lui, et par la vérité, autre chose que l'influx de la charité envers le prochain d'après cet amour: mais il en est tout autrement des Spirituels, ceux-ci portent leur pensée sur les choses qui appartiennent à la foi, et quand ils sont réformés et régénérés, ils sont, par les choses qui appartiennent à la foi, introduits dans la charité envers le prochain ; aussi, quand il est question d'eux, par la miséricorde qui procède du Seigneur, on entend l'influx de la charité envers le prochain, et par la vérité, l'influx de la foi ; mais toujours est-il que cette foi, quand l'homme spirituel a été régénéré, devient charité, car alors il agit par la charité, et cela à un tel point que celui d'entre eux qui n'agit pas par la charité n'a pas été régénéré, mais que celui qui agit par la charité a été régénéré, et alors il ne s'inquiète en rien des choses qui appartiennent à la foi ou au vrai, car il vit d'après le bien de la foi et non plus d'après le vrai de la foi ; le vrai, en effet s'est tellement conjoint au bien , qu'il ne se montre plus, si ce n'est seulement comme forme du bien, c'est-àdire que la foi n'est que comme la forme de la charité : de là on peut voir ce que les Très-Anciens et ce que les Anciens ont entendu par la Miséricorde et par la Vérité, qui sont si souvent nommées dans la Parole ; comme dans David : « Le Roi habitera éternelle- » ment devant Dieu; prépare la Miséricorde et la Périté, qu'elles » le gardent. » — Ps. LXL 8 : — dans le Même : « La Miséricorde » et la Vérité se rencontreront, la justice et la paix se baiseront » — Ps. LXXXV. 11 : — dans le Même : * Seigneur, Dieu grand en » Miséricorde et en Vérité. »— Ps. LXXXVI. 15 : —dans le Même: « Par ma Vérité et ma Miséricorde avec Lui. »— Ps. LXXXIX. 25 : — dans le Même : t Jéhovah s'est souvenu de sa Miséricorde » et de sa férité envers la maison d'Israël. » — Ps. XCVIII. 3 : — dans le Même : i Jéhovah ! non pas à nous, mais à ton Nom donne » gloire, pour ta Miséricorde et ta Vérité. »— Ps. CXV. 1 :— dans Michée : « Jéhovah Dieu donnera la Vérité à Jacob, la Miséricorde * à Abraham, que tu as jurée à nos pères dès les jours de l'anti- » quité. • — VII. 20; — là, Jacob est pour l'homme externe du Seigneur, et Abraham pour l'homme interne du Seigneur quant à l'humain : dans Hoschée : « (// // a) procès de Jéhovah avec les » habitants de la terre, parce qu' (il) n' (?/ a) aucune Vérité, et

» aucune Miséricorde, et aucune connaissance de Dieu. » — IV. 1; aucune vérité, c'est pour aucune réception de l'influx de la charité; aucune miséricorde, c'est pour aucune réception de l'influx de l'amour; aucune connaissance de Dieu, c'est pour aucune réception de l'influx du vrai de la foi.

3123. Moi étant dans le chemin, signifie dans l'état de la conjonction du vrai avec le bien dans le rationnel : cela est évident par la signification du chemin, en ce qu'il est le vrai. Noi 627, 2333; ici, dans le chemin, signifie la conjonction du vrai avec le bien dans le rationnel, parce qu'il s'agit de cela dans ce Chapitre, voir N** 3012, 3013; en effet, l'on dit que quelqu'un est dans le chemin, alors qu'il s'avance où il tend.

3124. Jéhovah m'a conduit à la maison des frères de mon Seigneur, signifie au bien du vrai : on le voit par h signification de la maison des frères, de laquelle était Rébecca, en ce que c'est le bien dont procède le vrai : que la maison des frères soit le bien, et ici le bien dont procède le vrai, on le voit par la signification de la maison, en ce qu'elle est le bien, N" 2233, 2234, 2559; et par la signification des frères, en ce que c'est d'où vient ce bien dont procède le vrai qui est représenté par Rébecca.

3125. Dans ce qui précède, il a été question de l'examen du vrai qui doit être conjoint au bien dans le Rationnel, quant à l'innocence, quant à la charité, et quant à l'origine; car puisque le Seigneur a fait Divin son Rationnel par sa propre puissance, quant au vrai de même que quant au bien, il a donc Lui-Même examiné le vrai qu'il a conjoint au bien : toutefois chez les hommes le vrai n'est jamais conjoint au bien par la propre puissance, mais il l'est par la puissance du Seigneur, ce qui peut être évident en ce que tout bien et tout vrai influent du Seigneur, et que tonte réforraation et toute régénération sont opérées par le Seigneur, et que l'homme ne sait en rien comment il est régénéré : aujourd'hui il ne sait pas même qu'il est régénéré par le vrai et par le bien ; encore moins sait-il que le vrai est initié et conjoint an bien, et que cela se fait comme par un examen, c'est-a-dire, d'une manière très-exacte : dans ces deux Versets, il a été question de la perception, de la qualité et de la source du vrai, et en même temps de la joie à cause de cela; c'est pourquoi dans ce qui va suivre il s'agit de l'initiation.

3126. Vers. 28, 29, 30. Et la jeune fille courut, et elle raconta i) la maison de sa mère ces paroles. Et Rébecca avait un frère, et son nom (était) Laban, et Laban courut vers l'homme, dehors, vers la fontaine. Et il arriva que, lorsqu'il eut vu la boucle et les bracelets sur les mains de sa sœur, et lorsqu'il eut entendu les paroles de Rébecca sa sœur, qui disait : Ainsi m'a parlé l'homme ; et il vint vers l'homme, et voici, il se tenait près des chameaux près de la fontaine. — La jeune fille courut signifie le penchant de cette affection : et elle raconta à la maison de sa mère ces paroles, signifie vers un bien quelconque naturel par lequel l'illustration a pu parvenir : Et Rébecca avait un frère, signifie l'affection du bien, dans l'homme naturel : son nom (était) Laban, signifie la qualité de cette affection : et Laban courut vers l'homme, dehors, vers la fontaine, signifie son penchant pour le vrai qui doit être initié au Vrai Divin : Et il arriva que, lorsqu'il eut vu la boucle et les bracelets sur les mains de sa sœur, signifie quand il apercevait le Divin Bien et le Divin Vrai dans la puissance de l'affection du vrai, laquelle est la sœur : et lorsqu'il eut entendu les paroles de Rébecca sa sœur, signifie son inclination : qui disait : Ainsi m'a parlé rfiomme, signifie la propension du vrai dans l'homme naturel : et il vint vers l'homme, signifie qu'elle s'adjoignait : et voici, il se tenait près des chameaux, signifie la présence dans les scientifiques communs : près de la fontaine, signifie leur illustration par le Vrai Divin.

3127. La jeune fille courut, signifie le penchant de cette affection : on le voit par la signification de courir, en ce que c'est avoir de la propension ou du. penchant; et par la signification de la jeune fille, en ce qu'elle est l'affection dans laquelle il y a l'innocence, N- 3067, 3110.

3128. Et elle raconta à la maison de sa mère ces paroles, signifie vers un bien quelconque naturel par lequel l'illustration a pu parvenir : cela est évident par la signification de fa maison de la mère, en ce qu'elle est le bien de l'homme externe, c'est-à-dire, le bien

• naturel; que la maison soit le bien, on le voit N°* 2233, 223A, 2559; et que l'externe de l'homme ou le naturel vienne de la mère, mais que l'interne vienne du père, on le voit, N° 1815 : dans la Parole, le bien chez l'homme est comparé à une maison, et c'est

GENÈSE, CHAP. V INGT-QU ATRIÈME. 265

pour cela que l'homme qui est dans le bien est appelé la maison de Dieu; mais le bien interne est nommé la maison du père, et le bien qui est dans le même degré est dit la maison des frères; mais le bien externe, qui est la même chose que le bien naturel, est appelé la maison delà mère; et même tout bien et tout vrai naissent ainsi,4k savoir, par l'influx du bien interne comme du père, dans le bien externe comme de la mère : comme dans ce Verset il s'agit de l'origine du vrai qui doit être conjoint au bien dans le Rationnel, il est dit en conséquence que Rébecca, par laquelle ce Vrai est représenté, courut à la maison de sa mère ; de là, en effet, l'origine du Vrai ; car, ainsi qu'il a été déjà dit et expliqué, tout bien influe par la voie interne, ou par la voie de l'âme dans le rationnel de l'homme, et par le rationnel dans son scientifique, jusque dans le scientifique sensuel, et par l'illustration qu'il y répand il fait que les vrais sont vus ; de là les vrais sont tirés et dépouillés de la forme naturelle, et ils sont conjoints au bien dans la voie moyenne, savoir, dans le rationnel, et en même temps ils font l'homme rationnel, et enfin spirituel : mais comment ces choses s'opèrent-elles, c'est ce que l'homme ignore absolument, puisqu'aujourd'hui l'on sait à peine ce que c'est que le bien, et que le bien est distinct du vrai, encore moins sait-on que l'homme est réformé par l'influx du bien dans le vrai et par la conjonction de l'un et de l'autre; on ne sait pas non plus que le rationnel est distinct du naturel ; quand ces choses, qui sont les plus communes, sont ignorées, on ne peut nullement savoir comment s'opèrent l'initiation du vrai dans le bien et la conjonction de l'un et de l'autre, dont il s'agit dans le sens interne de ce Chapitre; mais puisque ces arcanes ont été révélés, et sont clairs pour ceux qui sont dans le bien, c'est-à-dire, qui sont des mentais Angéliques, en conséquence, quelqu'obscurs qu'ils doivent paraître aux autres, toujours est-il que ces arcanes, parce qu'ils sont dans le sens interne, doivent être exposés. -Quant à l'illustration venant du bien par le vrai dans l'homme naturel, qui est appelé ici la maison de la miré, voici ce qu'il en est : le Divin Bien chez l'homme influe dans son rationnel, et par le rationnel dans son naturel, et même dans ses scientifiques, ou daus les connaissances et les doctrinaux qui y sont, ainsi qu'il a été dit, et là. par une disposition convenable iinaplation) il forme pour lui des vrais,

266 AHCANES CÉLESTES.

par lesquels alors il illustre toutes les choses qui sont dans l'homme naturel ; mais si la vie de l'homme naturel est telle, qu'il ne reçoive pas le Divin bien, mais qu'il le rejette ou le pervertisse ou l'étouffé, i Bien ne peut être adapté, ni par conséquent former vrais, et par suite le naturel ne peut plus être illustré, lion dans l'homme naturel vient du bien par les vrais ; et quand il n'y a plus aucune illustration, il ne peut y avoir aucune réformation : voilà pourquoi il est aussi, dans le sens interne, si souvent question de l'homme naturel, de sa qualité, par conséquent de l'origine du vrai, savoir, en ce qu'elle vient du bien qui est là.

3129. Et Rébecca avait un frère, signifie l'affection du bien dam l'homme naturel : on le voit par la signification du frère et de la sœur dans la Parole, savoir, en ce que le frère est l'affection du bien, et la sœur l'affection du vrai, V 367, 2360, 2508, 2524 : car dans l'homme naturel, comme dans l'homme rationnel, il y a entre toutes les choses, qui y sont, des consanguinités et des affinités, N0i 2556, 2739 ; de là vient aussi que le mental tant rationnel que naturel est appelé maison ou famille, où il y a par ordre père, mère, frères, sœurs, parents et alliés.

3130. Son nom (était) Laban, signifie la qualité de cette affection : on le voit par la signification du nom, en ce qu'il est la qualité de quelque chose, N" 144, 145, 1754, 1896, 2009, 2724, ici donc Laban est la qualité de cette affection dont il s'agit.

3131. Et Laban courut vers l'homme, dehors, vers la fontaine, signifie son penchant, savoir, de l'affection du bien, pour le vrai qui doit être initié au Vrai Divin : on le voit par la signification de courir, en ce que c'est avoir de la propension ou du penchant, comme ci-dessus, N° 3127; par la représentation de Laban, en ce qu'il est l'affection du bien, ainsi qu'il vient d'être dit N" 3129, 3130; par la signification de Yliomme, en ce qu'il est le vrai, N- 265, 749, 1007; et par la signification de la fontaine, en ce qu'elle est aussi le vrai, ici le vrai Divin, N" 2702, 3096, et plus bas N° 3137. D'après ces choses et autres, dont il a été question, on peut voir quel est le sens interne et quels arcanes il renferme ; qui peut savoir, sinon par un examen intérieur de la Parole et en même temps par une révélation, que ces mots, Laban courut vers l'homme, dehors, vers la fontaine, signifient le penchant de l'affec-

tion du bien pour le Vrai qui doit être initié au Vrai Divin ? Cependant toujours est-il que c'est la ce que perçoivent les Anges , quand ces paroles sont lues par l'homme : il y a, en effet, entre les idées de l'homme et les idées de l'ange, de telles correspondances, que, tandis que l'homme saisit ces paroles selon le sens de la lettre, et a de Laban l'idée qu'il courut vers l'homme, dehors, vers In fontaine, l'Ange perçoit le penchant de l'affection du bien pour le vrai qui doit être initié au Vrai Divin; en effet pour les Anges il n'y a aucune idée de Laban, ni de course, ni de fontaine, mais il y a les idées spirituelles qui correspondent à ces idées naturelles ; que telle soit la correspondance des choses naturelles et spirituelles et des idées qui en proviennent, c'est aussi ce qu'on peut voir d'après ce qui a' été dit sur les correspondances, N" 1563, 1563, 2763, 2987 à 3003, 3021. Quant à ce qui concerne la chose môme, savoir, que le vrai doit être initié au Vrai Divin, voici ce qu'il eu est : le premier vrai dans l'homme Naturel n'a pas été un vrai Divin, mais c'était un Vrai qui paraissait comme Divin; car tout vrai dans sa première enfance n'est pas un Vrai, mais c'est une apparence du vrai ; cependant par progression de temps il dépouille l'apparence et revêt l'essence du vrai : pour que ceci soit compris, on peut l'illustrer par des exemples; qu'il suffise, pour le moment, de ce seul exemple : c'est un Vrai Divin, que le Seigneur ne sr met jamais en colère, ne punit jamais qui que ce soit, ne fait à plus forte raison jamais de mal à personne et que du Seigneur ne vient jamais autre chose que le bien ; ce Vrai dans sa première enfance se présente néanmoins ainsi, savoir, que le Seigneur se met en colère quand quelqu'un pèche, et qu'en conséquence le Seigneur punit, et bien plus, chez quelques-uns, que le mal vient du Seigneur; mais à mesure que l'homme sort de l'enfance, et qu'il grandit et acquiert un jugement mûr, il dépouille ce qui a été pour lui comme vrai d'après l'apparence que les choses se passaient ainsi, et il revêt peu à peu le vrai même, savoir, que le Seigneur ne se met jamais en colère, ne punit jamais, et ne fait, à plus forte raison, jamais de mal; ainsi par le vrai apparent l'homme est initié dans le vrai réel; en effet, ce qui entre d'abord, c'est le commun, qui en soi est obscur, dans lequel on voit à peine quelque chose, avant qu'il ait été illustré par les particuliers et que les particuliers l'aient

Uigiti

été par les singuliers; et alors, quand il a été illustré les intérieurs

se manifestent : ainsi les illusions et les apparences, qui sont des vrais au temps de l'ignorance, sont dissipées et dispersées.

3132. Et il arriva que, lorsqu'il eut ru la boucle et les bracelets sur les mains de sa sœur, signifie quand il apercerait le Divin Bien et le Divin Vrai dans la puissance de /'affection du Vrai, taqucllc est /a sœur : cela est évident par la signification de voir, en ce que c'est apercevoir, N° 2150; par la signification de la boucle, en ce qu'elle est le Divin bien, IN0' 3103, 3105 ; par la signification des bracelets, en ce qu'ils sont le Divin Vrai, aussi N"' 3103, 3105; par la signification des mains, en ce qu'elles sont la puissance, N" 878, 3091; et par la signification de la sœur, en ce qu'elle est l'affection du vrai, N0$ 2508, 252A, 2556; d'où il résulte évidemment que voir ta boucle et les bracelets sur les mains de sa saur, c'est apercevoir le Divin Bien et le Divin Vrai dans la puissance de l'affection du vrai. Voici ce qu'il en est : la conjonction du Divin Bien et du Divin Vrai dans le Seigneur est le mariage Divin lui-même, dont procède le mariage céleste qui est pareillement la conjonction du bien et du vrai ; de ce mariage procède aussi l'amour conjugal, voir N°* 2727 à 2759 ; de là vient que, dans la Parole, quand il s'agit de mariage, il est signifié dans le sens interne le mariage céleste qui est la conjonction du bien et du vrai, et dans le sens suprême le mariage Divin, qui est dans le Seigneur; ici donc par le mariage de lischak et de Rébecca, on n'entend pas autre chose; la conjonction du bien et du vrai est le mariage même, et l'initiation les fiançailles, ou l'état qui précède le mariage; mais l'état qui précède les fiançailles est celui qui est ici décrit; dans cet état, de même qu'il est en puissance de la jeune fille d'être fiancée et ensuite d'être conjointe au mari comme épouse, de même il est en puissance de l'affection du vrai d'être initiée au Divin Vrai, et par conséquent d'être conjointe au Divin Bien : et en outre dans la première affection et ensuite dans toute affection du Vrai chez le Seigneur, il y avait intimement le Divin Bien même et le Divin Vrai même, parce que Lui-Même était «ïéhovali ; de là la puissance dont il s'agit ici.

3133. Et lorsqu'il eut entendu les paroles de Rébecca sa sœur, signifie son inclination : on le voit par l'affection qui est dans ces Paroles, ainsi que l'affection résultant de relies qui précèdent; car

elles attestent l'inclination de la part de l'affection du vrai, qui est représentée ici par Rébecca sœur (dcLaban).

313A. Qui disait : Ainsi m'a parlé l'homme, signifie (a propension du vrai dans l'homme naturel : on le voit pareillement par l'affection qui est ici, ainsi que par les choses que Y homme ou le serviteur d'Abraham a dites à Rébecca, d'où il résulte évidemment qu'il y a propension; et par la signification de Y homme, en ce qu'il est le vrai, NM 265, 7A9, 1007, ici le Vrai dans l'homme naturel par le Divin, parce qu'il est le serviteur le plus ancien d'Abraham, par lequel est signifié l'homme naturel, voir N" 3019. Dans la Parole, surtout dans la Parole Prophétique, il est très-souvent dit l'Homme (Kir), savoir, l'Homme et l'épouse, l'Homme et la femme, l'homme et l'habitant, et aussi l'homme et l'homme (vir et homo) ; et là, par l'homme {vir), dans le sens interne, est signifié ce qui appartient à l'entendement, c'est-à-dire, le vrai ; et par l'épouse, la femme, l'habitant et l'homme {homo), ce qui appartient à la volonté, c'est-à-dire le bien ; comme dans Ésaïe : « Je vois, et point d'homme,

• et parmi eux, et point de conseiller. » — XLI. 28; — il n'y a point d'homme, c'est-à-dire qu'il n'y a personne d'intelligent, qu'ainsi il n'y a point de vrai : dans le Môme : « Je suis venu, et

• point d'homme; j'ai crié, et nul n'a répondu. » — L. 2, — semblable signification : dans le Même : « La vérité a bronché dans » la place, et la droiture n'a pu arriver; et la vérité a été délais- » sée, et celui qui se relire du mal (passe pour) insensé : Jébovah » a vu, et ce fut mal à ses yeux, qu'il n'y eût point de jugement, et » aurun homme, et il a été stupéfait. • — LIX. 1A, 15, 16, — point d'homme, c'est évidemment personne d'intelligent, et par conséquent dans le sens universel point de vrai ; il s'agit du dernier temps de l'Église, quand il n'y a plus rien de vrai, aussi est-il dit : la vérité a bronché dans la place, la droiture n'a pas pu arriver, la vérité a été délaissée; on voit N° 2336, que la place se dit aussi du vrai ; et N" 2235, qu'il en est de même du jugement : dans Jérémie : « Courez par les place* de Jérusalem, et voyez, je vous prie, et » connaissez, et cherchez dans ses rues si vous trouverez un homme, » s'il en est un qui fasse le jugement, qui cherche la vérité. » — V. 1, — l'homme est évidemment encore pour l'intelligent et pour le vrai : dans Séphanie : « Je désolerai leurs places, et point de pas-

AUCANES CELESTES.

> sant ; leurs villes seront dévastées, et point d'homme, et point » d'habitant, » — III. 6, — point d'homme, c'est-à-dire, point de vrai ; point d'habitant, c'est-à-dire, point de bien, NM 2268, 2451, 2712 ; et en outre dans plusieurs autres passages.

3135. // vint vers l'homme, signifie qu'elle s'adjoignait, c'està-dire, que l'affection du bien , qui est représentée par Laban, N- 3129, 3130, s'adjoignait au Vrai qui est signifié par Y homme, N' 3134 ; Tune et l'autre dans l'homme naturel.

3136. Et voici, il se tenait près des cliameaux , signifie la présence dans les scientifiques communs: on le voit par la signification de se tenir près, en ce que c'est être présent ; et par la signification des Chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, N°* 3048, 3071.

3137. Près de la fontaine, signifie leur illustration par le Vrai Divin : on le voit par la signification de la fontaine, en ce qu'elle est le Vrai, N°' 2702, 3096, ici, le vrai Divin, comme ci-dessus N° 3131; la Parole, étant le Vrai Divin, est pour cela nommée fontaine : si se tenir près de la fontaine renferme ici dans le sens interne l'illustration de ce qui est dans l'homme naturel , c'est une conséquence de la série, car où est le Vrai Divin, là est l'illustration.

3138. Dans ces trois Versets il s'agit de la préparation et de l'illustration de l'homme naturel, afin que de là fût tiré le Vrai qui doit être conjoint au Bien dans le rationnel ; mais voici ce qui arrive au sujet de la préparation et de l'illustration : Il y a deux lumières qui forment les intellectuels de l'homme , la Lumière du ciel et la Lumière du monde ; la Lumière du ciel vient du Seigneur, qui, dans l'autre vie, est pour les Anges Soleil et Lune, voir N°* 1053, 1521, 1529, 1530 ; la Lumière du monde vient du Soleil et de la Lune, qui paraissent devant la vue corporelle ; l'homme Interne a sa vue et son entendement par la Lumière du ciel, mais l'homme Externe a sa vue et son entendement par la Lumière du monde ; l'influx de la lumière du ciel dans les choses qui appartiennent à la lumière du monde, fait l'illustration et en même temps l'aperception ; s'il y a correspondance, aperception du vrai ; s'il n'y a pas correspondance, aperception du faux au lieu du vrai : mais l'illustration et l'aperception ne peuvent exister, s'il n'y a pas l'affection ou l'amour, qui est la chaleur spirituelle, et qui donne la vie aux choses qui sont

illustrées par la lumière ; ainsi , pour me servir d'une comparaison, ce n'est point la lumière du soleil qui donne la vie aux végétaux, mais c'est la chaleur qui est dans la lumière, comme on le voit d'après les saisons de l'année. Les Versets qui vont suivre immédiatement contiennent la description d'une préparation ultérieure , savoir, en ce que la Lumière du ciel, qui est la lumière Divine du Seigneur, a influé dans les choses qui appartenaient à la Lumière du monde dans Son homme naturel , pour qu'il en tirât le vrai qui devait être conjoint au Bien dans le Rationnel, par conséquent pour qu'il le tirât par la voie ordinaire ; c'est donc pour que l'Humain fût fait Divin par la voie ordinaire que le Seigneur est venu dans le monde, c'est-à-dire qu'il a voulu naître comme un autre homme, être instruit comme un autre homme, et renaître comme un autre homme, mais avec cette différence que l'homme renaît par le Seigneur , tandis que le Seigneur s'est non-seulement régénéré Lui- Même , mais encore glorifié Lui-Même , c'est-à-dire qu'il s'est fait Div in ; puis avec cette différence, que l'homme devient nouveau par l'influx delà charité et de la foi, tandis que le Seigneur l'est devenu par l'amour Divin qui était en Lui et qui Lui appartenait : de là, on peut voir que la régénération de l'homme est l'image de la glorification du Seigneur, ou, ce qui est la même chose, que dans la progression de la régénération , comme image , la progression de la glorification du Seigneur peut être vue, quoiqu'il y ait loin.

3139. Vers. 31, 32, 33. Et il dit : Viem, Béni de Jéhovahl pourquoi te tiens-tu dehors? et moi j'ai balayé la maison, et ( il y a ) un lieu pour les chameaux. Et l'homme vint à la maison , et il Liban ■ détacha les cfiamcaux, et il donna de la paille et du fourrage aux chameaux, et de l'eau pour laver ses pieds, et les pieds des hommes qui (étaient) avec lui. Et il fut mis devant lui à manger; et il dit : Je ne mange point jusqu'à ce que j'aie prononcé mes paroles; et il (Laban) dit: Parle.— Il dit , viens, Béni de JéhovaJi, signifie l'invitation du Div in chez soi : pourquoi te tiens-tu dehors '/ signifie un peu de là: et moi j'ai balayé ta maison , signifie que toutes choses ont été préparées et sont pleines de biens : et (il y a) un lieu pour les chameaux, signifie l'état pour toutes les choses qui lui serv iraient : et l'homme vint <) la maison, signifie l'influx dans le bien qui est là : et il (Laban) détacha les chameaux, signifie la

liberté pour les choses qui doivent servir : et il donna de la paille et du fourrage aux chameaux, signifie l'instruction dans les vrais et dans les biens : et de Veau pour laver ses pieds, signifie la puri lira ti on là : et les pieds des hommes qui (étaient) avec lui, signifie la purification de toutes les choses qui lui appartiennent dans l'homme naturel : et il fut mis devant lui à manger, signilie que le bien dans l'homme naturel voulait qu'elles fussent appropriées : et il dit ,je ne mange pas, signifie le refus : jusqu'à ce que j'aie prononcé mes paroles, signifie avant qu'il fût instruit : et il ( Laban ) dit , Parle, signifie le désir.

3140. // dit : viens, Béni de Jéhovah, signifie l'invitation du Divin chez soi: on le voit par la signification de viens, en ce que c'est une expression d'invitation; et par la signification de Béni de Jéhovah, en ce que c'est le Divin. On a vu N" 1096, 1420, 1422, que Béni soit Jéhovah signifie le Divin Même; il en résulte que le Béni de Jéhovah est le Divin qui en procède. Le Bien est le Divin même, mais le Vrai est le Divin qui en procède; ici l'homme qui a été envoyé par Abraham signifie le Vrai qui procède du Divin dans l'homme naturel , N* 3134 ; c'est le Vrai Divin qui est nommé le Béni de Jéhovah, et qui est invité.

3141. Pourquoi te tiens-tu dehors? signifie un peu de là : on peut le voir sans explication. La chose se passe ainsi : le Divin Rationnel du Seigneur est né du Divin Vrai Même conjoint au Divin Bien; le Divin Rationnel, c'est Iischak, lequel est né à Abraham, qui est ici le Divin Bien , de Sarah , qui est ici le Divin Vrai, comme il a été précédemment expliqué; le Rationnel du Seigneur Seul est né ainsi Divin , et même il est né du Seigneur , parce que l'Être Même du Seigneur a été Jéhovah ou le Divin Bien Même, et que l'Être Même du Seigneur, qui en a procédé, a été de Jéhovah ou le Divin Vrai Même, le Divin Bien dans le Rationnel, qui est Iischak, est ainsi né, ce n'était pas le Bien séparé d'avec le Vrai, mais c'était le Divin Bien avec le Divin Vrai, toutefois l'un et l'autre ensemble est appelé le Bien dans le Rationnel , auquel serait conjoint le Vrai provenant de l'homme naturel, lequel Vrai estRébecca ; pour que le Seigneur fît Divin son Humain , non-seulement quant au Bien, mais aussi quant au Vrai , et cela par la voie ordinaire, comme il a été dit ci-dessus, N° 3138 ; cela n'a pas pu s'opé-

rer autrement; car c'est là l'ordre Divin, selon lequel s'opère tonte régénération, ainsi selon lequel s'est opérée la glorification du Seigneur, iV 3138 lin. Ce Divin Bien par le Divin Vrai dans le Rationnel, était ce qui influait dans l'homme naturel, et y illustrait toutes choses: ici la progression elle-même est décrite, savoir, en ce que d'abord il a influé d'un peu plus loin, ce qui est entendu ici par un peu (U là, et en ce qu'il ne voulait pas être plus présent avani l'instruction ; car la voie ordinaire est, que l'instruction doive précéder, et que l'influx se fasse selon le degré d'instruction, et qu'ainsi continuellement de là se présente le vrai qui est initié, et ensuite conjoint au bieu du rationnel. D'après ce qui vient d'être dit , on peut voir quels arcanes sont contenus dans le sens interne de la Parole, et que ces arcanes sont tels, qu'à peine sont-ils, quant aux plus communs, compris par l'homme, et que cependant ils sont évidents pour les Anges, en même temps que d'autres arcanes innombrables qu'il n'est nullement possible d'énoncer par des paroles.

31 A 2. Et moi j'ai balayé la maison, signifie que toutes choses ont été préparée* et sont pleines de biens : on le voit par la signilication de balayer , en ce que c'est préparer et être rempli , ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de la maison, en ce qu'elle est le bien, Y 2233, 2234, 2559, et en ce que l'homme lui-même, d'après le bieu qui est en lui, est appelé maison, N"3128. Si balayer signilie préparer et être rempli , cela vient de ce qu'il n'est exigé de l'homme autre chose, sinon qu'il balaye la maison, c'est-à-dire qu'il rejette les cupidités du mal et les persuasions du faux qui proviennent de ces cupidités ; alors il est rempli de biens , carie bien influe du Seigneur continuellement, mais dans la maison ou dans l'homme nettoyé de ces choses qui empêchent l'influx . c'est-à-dire qui repoussent le bien influé , ou le pervertissent, ou l'étouflent; de là vint chez les anciens la formule : balayer ou nettoyer la maison; et la formule : balayer et prépara le chemin ; par balayer la maison , on entendait se purger des maux, et ainsi se préparer pour que les biens entrent , tandis que par balayer le chemin ou entendait se préparer pour que les vrais soient reçus; car la maison siguifiait le bien, \ 312S, et le chemin signifiait le vrai. N"* 627, 2333 ; par exemple, dans tàsaïe : « La voix de celui qui crie • dans le désert : Balayez (préparez) te chemin de Jéhovah, rendez V. 18

fc7/T ARCANES CÉLESTES.

> droit dans la solitude un sentier à notre Dieu. ■ — XL. 3; — dans le Même : « Frayez , frayez, Balayez (préparez) te chemin, enlevez d l'obstacle du chemin de mon peuple. » - — LV1I. 14 ; — dans le Môme : « Passez, passez dans les portes, Balayez (préparez) le » chemin du peuple ; frayez, frayez le chemin, ôtez en les pierres. » — LXI1. 10 : — dans Malachie : « Voici , j'envoie mon ange, et il » Balayera (il préparera) te chemin devant Moi, et incontinent » viendra vers son temple le Seigneur que vous cherchez. » — III. 1 ;— Dans ces passages , balayer le chemin , c'est se disposer et se préparer ù recevoir le vrai ; il s'agit là de l'avènement du Seigneur, pour lequel on devait se préparer à recevoir le vrai de la foi, et par ce vrai le bien de la charité, et par ce bien le salut éternel. Dans David : « Tu as fait partir d'Egypte un cep, tu as chassé les nations, » et tu Tas planté ; tu as balayé devant lui, tu as fait enraciner sa » racine, et il a rempli la terre. •— Ps. LXXX. 9, 10,— là, dans le sens suprême, il s'agit du Seigneur; le cep parti d'Egypte est le vrai qui provient des scientifiques ; chasser les nations, c'est purger des maux ; balayer devant lui, c'est disposer pour que les biens remplissent Balayer la maison , dans le sens opposé, signifie aussi l'homme qui se dépouille entièrement de tous les biens et de tous les vrais , et se remplit par conséquent de maux et de faux, comme dans Luc : « Lorsque l'esprit immonde cherchant du repos n'en » trouve point, il dit : Je retournerai dans ma maison, d'où je suis » sorti ; et étant venu il la trouve balayée et ornée ; alors il s'en va » et il prend sept autres esprits pires que lui, et étant entrés, ils y » habitent. »— XI. 24, 25, 26. Matth. XII. 43, 44, 45.

3143. Et il y a un lieu pour les c/iameaux, signifie l'état pour toutes les choses qui lui serviraient : cela est évident par la signification du lieu, en ce qu'il est l'état, N" 1273 à 1277, 1376 à 1381, 2625 ; et par la signification des chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, N"' 3048, 3071, qui sont des choses propres à servir, comme on le voit, N"* 1486, 3019, 3020, car toutes les choses qui appartiennent à l'homme naturel ne sont pas pour d'autre usage, que pour servir l'homme spirituel ; aussi est-ce pour cela que les serviteurs, les servantes, les chameaux, les ânes, dans le sens interne, signifient principalement les choses qui appartiennent à l'homme naturel.

SI 44. Et l'homme vint à ta maison, signifie l'influx dans te

bien qui est là : on le voit par la signification de venir, en ce qu'ici c'est influer; et par la signification de la maison, en ce qu'elle est le bien, N°* 2233, 2234, 2559.

3145. Et il (Laban) attacha les chameaux, signifie ta liberté pour les choses qui doivent servir: on le voit par la signification de dttaclwr, en ce que c'est rendre libre; et par la signification des chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs, ainsi 1rs choses qui doivent servir, comme ci-dessus N" 3143. Voici ce qu'il en estde la chose en elle-même : sans la liberté, il n'y a jamais aucune production du vrai dans l'homme naturel, ni évocation de là dans l'homme rationnel, ni conjonction là avec le bien ; toutes ces choses s'opèrent dans l'état libre; en effet, c'est l'affection du vrai d'après le bien, qui fait la liberté; si le vrai n'est pas appris d'après l'affection, ainsi en liberté, il n'est point implanté, encore moins est-il élevé vers les intérieurs, et c'est là qu'il devient foi : que toute réformation s'opère dans la liberté, que toute liberté appartienne à l'affection, et que le Seigneur tienne l'homme dans la liberté, afin que celui-ci puisse de soi-même et de son propre être affecté du vrai et du bien, et ainsi être régénéré, c'est ce qu'on voit N" 2870 à 2893. Voilà ce qui est signifié par il détacha les c/iameaux; si ces paroles n'avaient pas cette signification, ce fait serait trop peu important pour qu'il en fût fait mention.

3146. Et il donna de la paille et du fourrage aux chameaux, signifie l'instruction dans les vrais et dans les biens : on le voit par la signification de la paille, en ce qu'elle désigne les vrais de l'homme naturel, et par la signification du fourrage, en ce qu'il désigne les biens de cet homme, N° 3114 ; puisque la paille et le fourrage signifient ces vrais et ces biens, il s'ensuit que donner de la paille et du fourrage, c'est instruire dans les vrais et dans les biens. Qu'il y ait liberté, afin que l'homme soit instruit dans l'affection et par l'affection du vrai, et qu'en conséquence les vrais soient insinués profondément jusque dans l'homme spirituel ou jusque dans l'âme, et que là ils soient conjoints au bien, on peut le voir d'après ce qui a été dit de la Liberté, N" 2870 à 2893 ; telle est la manière dont s'enracine la foi, ou le vrai appartenant à la foi, que s'il n'y a pas copulation avec le bien dans le rationnel, ja-

mais le vrai de la foi ne reçoit aucune vie, et jamais il n'en provient aucun fruit; car tout ce qui est appelé fruit de la foi, est le fruit du bien qui appartient à l'amour et à la charité par le vrai qui appartient à la foi : si la chaleur spirituelle, qui est le bien de l'amour, n'opérait point par la lumière spirituelle, qui est le vrai de la foi, l'homme ressemblerait à un humus resserré par la gelée, comme au temps de l'hiver, où rien ne croît, ni, à plus forte raison, ne fructifie ; car de même que la Lumière sans la Chaleur ne produit rien, de même la Foi sans l'Amour ne produit rien non plus.

3147. Et de l'eau pour laver ses pieds, signifie la purification là : on le voit par la signiticalion de l'eau pour laver ou de laver avec de l'eau, en ce que c'est purifier, comme il va être expliqué; . et par la signification des pieds, en ce qu'ils sont les naturels, ou, ce qui est de même, les choses qui sont dans l'homme naturel, N° 2162. Dans l'Église Représentative c'était une coutume de laver les pieds avec de l'eau, et par là de signifier que les souillures de l'homme naturel devaient être nettoyées : les souillures de l'homme naturel sont toutes les choses qui appartiennent à l'amour de soi et à l'amour du monde ; quand ces souillures ont été nettoyées, les biens et les vrais influent, car ce sont uniquement elles qui empêchent l'influx du bien et du vrai procédant du Seigneur; le bien, en effet, influe continuellement du Seigneur, mais comme il vient par l'homme Interne ou Spirituel vers l'homme Externe ou Naturel, là ce bien est, ou perverti, ou repoussé, ou étouffé; au contraire, quand ce qui appartient à l'amour de soi et à l'amour du monde est rejeté, le bien y est reçu et y fructifie, car alors l'homme exerce les œuvres de la charité : c'est ce qu'on peut voir par bien des exemples; ainsi, quand ces choses qui appartiennent à l'homme Externe ou Naturel sont seulement assoupies, comme dans les infortunes, les misères et les maladies, alors l'homme commence aussitôt à penser pieusement et à vouloir le bien, et aussi à exercer autant qu'il peut des œuvres de piété; mais cet état venant à changer, ces dispositions changent aussi : ce sont là les choses qui étaient signifiées par les Ablutions dans l'Église Ancienne, et les mêmes étaient représentées dans l'Eglise Juive; si dans l'Église Ancienne elles étaient signifiées, tandis que dans l'Église Juive elles étaient représentées, c'était parce que l'homme de l'Église Ancienne considérait

ce rite comme quelque chose d'externe dans le culte, et ne croyait pas que par l'Ablution il fût purifié, mais croyait qu'il l'était par le nettoiement des souillures de l'homme naturel, lesquelles sont, comme il a été dit, les choses qui appartiennent à l'amour de soi et a l'amour du monde, tandis que l'homme de l'Église Juive croyait que par l'Ablution il était purifié, ne sachant pas, et ne voulant pas savoir qu'elle signifiait la purification des intérieurs. Que l'Ablution signifie le nettoiement de ces souillures, c'est ce qu'on voit dans Ésaïe : « Lavez~\ous, purifuz-\ous> éloignez le mal de vos œuvres

• de devant mes yeux, cessez de faire le mal. » — ï. 16; — là, il est évident que se laver, c'est se purifier et éloigner les maux : dans le Même : « Lorsque le Seigneur aura lavé l'ordure des tilles de Sion, et qu'il aura nettoyé les sangs de Jérusalem du milieu d'elle, par un esprit de jugement et par un esprit de purification. » — IV. h ; — laver l'ordure des filles de Sion et nettoyer les sangs de Jérusalem, c'est purifier des maux et des faux : dans Jérémie : « Nettoie i ton cœur de la malice, Jérusalem, afin que tu sois sauvée; jusi ques à quand demeureront-elles au milieu de toi les pensées de » ton iniquité ? ■ — IV. 14 : — dans Ézéchiel : « Je t'ai lan'c dans » tes eaux, et j'ai nettoyé tes sangs de dessus toi, et je t'ai ointe

• d'huile. » — XVI. 9, — là, il s'agit de Jérusalem, par laquelle est entendue l'Église Ancienne; laver dans les eaux, c'est purifier des Eaux ; nettoyer les sangs, c'est purger des maux ; oindre d'huile, c'est alors remplir de bien : dans David : « fwire-moi de mon iui- » quité, et purifie-moi de mon péché; tu me purifieras avec l'hy- » sope, et je serai pur; tu me laverasy et je serai plus blanc que la » neige. » — LI. 4, 9; — être lavé, c'est évidemment être purifié des maux et des faux qui proviennent des maux : voilà ce qui était signifié par Laver dans l'Église Représentative, il était ordonné aux hommes de cette Église, à cause de la représentation, de se laver la Peau, les Mains, les Pieds, et de laver aussi leurs Vêtements, quands ils étaient devenus impurs, et de se purifier, toutes choses qui signifiaient celles qui appartiennent à l'homme naturel ; il y avait aussi des Bains en airain placés en dehors du Temple, savoir, la Mer d'airain, et les dix Bassins d'airain, — I. Rois VII. 23 à 37, 38, 39; — et le Bassin d'airain, où se lavaient Aharon et ses fils, était placé entre la Teute de la convention et l'Autel, par

conséquent aussi en dehors de la Tente, — Exod. XXX. 18, 10, 21,

— ce qui aussi signifiait que les externes seulement ou les naturels devaient être purifiés, et que s'ils un sont pas purifiés, c'est-à-dire, si Ton ne rejette pas ce qui appartient à l'amour de soi et du monde, jamais les internes qui appartiennent à l'amour pour le Seigneur et envers le prochain ne peuvent influer, ainsi qu'il a été dit ci-dessus : afin qu'on sache mieux pourquoi les externes doivent être purifiés, soient pour exemple et pour illustration les Bonnes œuvres, ou, ce qui est la môme chose, les Biens de la charité, qui sont aujourd'hui appelés fruits de la foi, ce sont là des externes puisque ce sont des exercices ; les Bonnes œuvres sont de mauvaises œuvres, à moins qu'on n'écarte les choses qui appartiennent à l'amour de soi et à l'amour du monde ; car les œuvres, quand elles sont faites avant que ces choses aient été écartées, paraissent nonnes à l'extérieur, mais en dedans elles sont mauvaises ; elles sont faites, en effet, ou pour la renommée, ou pour le gain, ou pour l'honneur de soi-même, ou pour la rémunération, ainsi elles sont ou méritoires, ou hypocrites, car ce qui appartient à l'amour de soi et du monde rend ces œuvres telles; mais quand ces maux sont écartés, les œuvres deviennent bonnes, et sont des biens de la charité, c'està-dire qu'en les faisant on n'a en vue ni soi-même, ni le monde, ni la renommée, ni la rémunération, ainsi elles ne sont ni méritoires, ni hypocrites, car alors l'amour céleste et l'amour spirituel influent du Seigneur dans les Œuvres, et font qu'elles sont l'amour et la charité en acte ; et alors le Seigneur par elles purifie aussi l'homme naturel ou externe, et le dispose dans Tordre, afin qu'il reçoive d'une manière correspondante les célestes et les spirituels qui influent : c'est ce qu'on peut voir clairement par les enseignements que le Seigneur a donnés, quand il a lavé les pieds des disciples : a II vint vers Simon Pierre, qui lui dit : « Seigneur, Toi, i laves-tu mes pieds! Jésus répondit et lui dit : ce que Moi je fais, » toi tu ne le sais pas encore, mais tu le connaîtras après cela. ■ Pierre Lui dit : lu ne laveras point mes pieds de toute éternité. » Jésus lui répondit : si je ne te lave point, tu n'as point de part

* arec Moi. Simon Pierre Lui dit : Seigneur, non mes pieds scule- » ment, mais etl es mains et la tête. Jésus lui dit : celui gui a été

* lavé n'a besoin que d'être lavé quant aux pieds, mais il est net

» entièrement; à présent vous, vous êtes nets, non cependant a tous. » — Jean XIII. A a 17; — celui qui a été lavé n'a besoin que d'être lavé quant aux pieds, signifie que celui qui a été réformé, a seulement besoin d'Otre purifié quant aux naturels, c'est-à-dire, afin que les maux et les faux en soient écartés, toutes choses sont alors disposées dans l'ordre par le Seigneur au moyen de l'influx des spirituels : en outre, laver les pieds appartenait à la charité, savoir, en ce qu'on ne réfléchissait pas sur les maux d'autrui; et appartenait aussi à l'humiliation, savoir-, en ce qu'on nettoyait autrui de maux, comme de souillures, ainsi qu'on peut encore le voir par les paroles du Seigneur dans ce même Chapitre, Vers. 12 5 17, et aussi dans Luc, VII. 37, 38, AA, A6. Jean XI. 2. 1 Samuel, XXV. Al. Chacun peut voir qu'en se lavant on n'est pas purifié des maux ni des faux, mais qu'on l'est seulement des souillures qui s'attachent au corps; cependant comme cette ablution était au nombre des rites ordonnés dans l'Église, il s'ensuit qu'elle renferme quelque chose de spécial, savoir, l'ablution spirituelle, c'est-à-dire, la purilîcation de ces souillures qui s'attachent en dedans de l'homme : ceux donc d'entre les hommes de cette Église, qui ont connu ces significations, et ont pensé à la purification du cœur, ou à rejeter de l'homme naturel les maux de l'amour de soi et du monde, et qui s'efforçaient avec zèle de le faire, ont exercé le rite de l'ablution comme culte externe selon le commandement ; ceux au contraire qui ne les ont pas connues-, et n'ont pas voulu les connaître, mais qui ont pensé que la seule cérémonie de laver leurs vêtements, leur peau, leurs mains, leurs pieds, les purifiait, et que pourvu qu'ils pratiquassent ce rite, il leur était permis de vivre dans l'avarice, dans les haines, les vengeances, l'inhumanité, les cruautés, qui sont les souillures spirituelles, ceux-là ont observé ce rite comme une idolâtrie : cependant toujours est-il que par ce rite ils ont pu représenter, et par cette représentation montrer quelque chose de l'Église, par où, avant que le Seigneur vint, il y avait quelque conjonction du ciel avec l'homme, mais conjonction telle, qu'elle affectait peu ou n'affectait aucunement l'homme de cette Église : les Juifs et les Israélites étaient d'une telle nature qu'ils ne pensaient absolument rien touchant ('homme Interne, et n'en voulaient rien savoir; ainsi ils ne portaient aucunement leurs pensées sur les cé-

lestes el les spirituels qui appartiennent à la vie après Ja mort ; mais néanmoins pour que toute communication avec le ciel, et aiusi avec le Seigneur, ne fût pas détruite, ils étaient astreints à observer des rites externes par lesquels étaient signifiés les internes; toutes leurs captivités et toutes leurs plaies avaient en général pour but que les Externes fussent régulièrement observés pour la représentation : c'était donc pour cela, « que Moïse lava par les eaux à l'entrée de lu tente Aharon et ses fils pour qu'ils fussent sanctifiés. » — Exod. XXIX. à. XL. 12. Lévit. \ III. <5 : — c qu'Aharon et ses fils lavaient leurs mains et leurs pieds, avant qu'ils entrassent dans la tente de la convention, et qu'ils approchassent vers l'autel pour y remplir leur ministère, aiin qu'ils ne mourussent point; et que cela était pour eux un statut de siècle. »— Exod. XXX. 18, 19, 20, 21. XL. 30, 31. — < Qu'Aharon, avant de se revêtir des habits de son ministère, lavait sa chair. » — Lévit. XVI. à, 24. — « Que les Lévites étaient purifiés, en ce qu'ils recevaient l'aspersion de l'eau d'expiation, et qu'ils faisaient passer le rasoir sur leur chair et lavaient leurs vêtements, et étaient ainsi purifiés, b — Noinb. VIII. 6, 7. — « Que celui qui mangeait du cadavre d'une bête pure, ou d'une bête déchirée, nettoyait ses vêtements, et se lavait dans les eaux, et portait son iniquité s'il ne s'était pas nettoyé, et sï/ n'avait pas lavé sa chair. LéviL XVII. 15, 1(5. — c Que celui qui avait touché le lit d'une personne affectée du flux, ou qui s'était assis sur un meuble sur lequel celui-là s'était assis, ou qui avait touché sa chair, nettoyait ses vêtements, et se lavait dans les eaux, et était impur jusqu'au soir. » — Lévit. XV. 6, 6, 7, 10, 11, 12 et suiv. — • Que celui qui conduisait le bouc pour Azazel, lavait sa chair, » — Lévit. \\\. 2(5. — « Que le lépreux, quand il devenait pur, nettoyait ses vêtements, rasait tout son poil, et se lavait dans tes eaux, et il était purifié. » — Lévit. XIV. 8, 9. — et enfin • Que les vases mêmes, qui étaient devenus impurs par le contact des choses impures, étaient passés par les eaux, et étaient impurs jusqu'au soir.» — Lévit. XI. 32. — D'après ce qui vient d'être dit on peut voir clairement que par le rite de l'ablution personne ne devenait net ou pur quant aux internes, mais que ce rite représentait seulement ce qui est pur ou spirituellement net, pour la raison dont il vient d'être parlé : que cela soit ainsi, c'est ce que le Seigneur enseigne

clairement dans Mattb. XV. 1,2, 20. Marc, VII. 1 à 23.

3148. Et les pieds des hommes qui étaient avee lui, signifie la purification de toutes les choses gui lui appartiennent dans l'homme naturel : on le voit par la signification des pieds, en ce qu'ils sont les choses qui appartiennent à l'homme naturel, N* 2162; et par la signification ats hommes qui étaient avec lui, en ce qu'ils sont toutes les choses qui étaient là. 11 était de coutume que les voyageurs, quand ils venaient dans quelque maisou, lavassent leurs pieds; il eu fut ainsi, quand les frères de Joseph furent introduits dans la maison de Joseph, — Gcn. XLHI. 24 ; — quand le Lévite et ceux qui étaient avec lui furent reçus dans la maison du vieillard, — Jug. XIX. 21; — et quand Uria, revenant de voyage, reçut ordre de David de descendre dans sa maison et de laver ses pieds, — H. Sam. XI. 8; — cette coutume venait de ce que les départs et les voyages signifiaient les choses qui concernent l'instruction et par suite la vie, voir N0* 1293, 1457, 1463, 2025, choses qui étaient purifiées, ainsi qu'il vient d'être expliqué, N° 3146; et en outre, c'était pour que les souillures comprises dans le sens spirituel ne s'attachassent pas et ne salissent pas la maison , c'est-à-dire , l'homme; comme on le voit encore clairement en ce que « les disciples devaient secouer la poussière de leurs pieds, si une ville ou une maison ne recevait pas la paix. • — Matth. X. 14.

3149. Et il fut mis devant lui à manger, signifie que l'affection du bien dans l'homme naturel voulait qu'elles fussent appropriées : on le voit par la représentation de Laban par qui il fut ?tn's, en ce qu'il est l'affection du bien dans l'homme naturel, Y- 3129, 3130 ; et par la signification de manger, en ce que c'est être communiqué et approprié, N°* 2187, 2343, savoir, les Divins, dont il a été parlé ci-dessus, N0i 3140, 3141.

3150. Et il dit : Je ne mange point, signifie le refus, savoir, en ce qu'elles ne seraient pas encore appropriées ainsi : on le voit sans explication.

3151. Jusqu'à ce que j'aie prononcé mes paroles, signifie avant qu'il fût instruit : on le voit par la signification de prononcer des paroles, en ce que c'est instruire; les paroles qu'il a prononcées et qui suivent en série, concernent aussi l'instruction : que les Divins influent dans les choses qui sont dans l'homme naturel, selon l'ins-

traction et la progression qui en résulte, on le voit ci -dessus V 3141 fin.

3152. Et il (Laban) dit : Parte, signifie le désir : cela est évident par la signification de prononcer des paroles, en ce que c'est instruire, et ici par celle de parle, en ce que c'est afin qu'il fût instruit; que cela renferme le désir, on le voit clairement

3153. Ce qui est contenu dans le sens interne de ces trois Versets est mis, il est vrai, en évidence par l'explication, savoir, que les choses qui appartiennent a l'homme uaturel étaient préparées pour recevoir les Divins, et qu'ainsi ces Vrais, qui sont signifiés par Rébecca, lesquels devaient être initiés et conjoints au bien du rationnel, deviendraient Divins, et cela par l'influx ; mais les choses qui sont là dans le sens interne sont telles, que si on ne les considère pas par une seule vue de la pensée, elles se présentent trop obscures pour qu'elles puissent être saisies, et cela, d'autant plus qu'elles sont ignorées; par exemple, on ignore comment les Vrais sont tirés de l'homme naturel et initiés au bien dans le Rationnel, lorsque l'homme est régénéré : ces choses sont aujourd'hui tellement ignorées de la plupart, qu'on ne sait pas môme qu'elles ont lieu, par cetle raison surtout qu'il en est peu aujourd'hui qui soient régénérés, et que ceux qui sont régénérés ne savent pas d'après la doctrine qu'il y a un bien de la charité, auquel le vrai de la foi est initié et conjoint, et cela dans le rationnel, et qu'alors l'état est entièrement changé, savoir, en ce que ce n'est plus d'après le vrai de la foi qu'on pense au bien de la charité, mais que c'est d'après ce bien qu'on pense au vrai. Toutefois chex le Seigneur il y a eu non pas Régénération, mais Glorification, c'est-à-dire, que toutes les choses, tant celles qui étaient dans le Rationnel, que celles qui étaient dans le Naturel, ont été faites Divines par Lui : la manière dont cela s'est opéré est décrite dans le sens interne.

3154. Vers. 34 à 48. Et il dit : Je (suis) serviteur d'Abraham. Et Jéhovah a béni mon seigneur abondamment, et il l'a rendu grand, et il lui a donné du menu bétail et du gros bétail, et de l'argent, et de Cor, et des serviteurs, et des servantes, et des chameaux et des ânes. Et Sarah épouse de mon seigneur a enfanté un fils à mon seigneur après sa vieillesse, et il lui a donné tout ce qu'il a. Et mon seigneur m'a adjuré, en disant : Tu ne prendras

point une femme pour mon fils des filles du Canaanile, dans la terre duquel j'habite. Tu n'iras que vers la maison de mon père, et vers ma famille, et tu (y) prendras une femme pour mon fils. Et je dis à mon seigneur : Peut-être la femme n'ira-t-elle pas après moi? Et il me dit : Jéhovah, devant Lequel j'ai marc fié, enverra son ange avec toi, et il rendra prospère ton c/iemin, et prends une femme pour mon fils de ma famille et de la maison de mon père. Alors tu sera* dégagé de mon serment, en ce que tu seras venu vers ma famille, et s'ils ne te (la) donnent point, et tu seras dégagé de mon serment. Et je suis venu aujourd'hui vers la fontaine, et j'ai dit : Jèhovali, Dieu de mon seigneur Abraham, s'il te convient, je te prie, de faire prospérer mon chemin sur lequel je marche. Voici, moi, je me tiens près de la fontaine des eaux, et qu'il arrive que l'adolescente qui sortira pour puiser, et à laquelle je dirai : Fais-moi boire, je te prie, un peu d'eau de ta cruche; et qui me dira : même toi bois, et même pour tes cfuvmeaux je puiserai, cellelà (soit) la femme que Jéhovah a destinée au fils de mon seigneur! Moi, à peine eus-je ac/ievé de parler en mon cœur, et voici, Rébecca sortit, et sa cruche sur son épaule; et elle descendit à la fontaine, et elle puisa; et je lui dis : Fais-moi boire, je te prie. Et elle se luttait, et elle abaissait sa cruche de dessus elle, et elle disait : Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux ; et je bus, et elle abreuva aussi les chameaux. Et je l'interrogeais, et je disais : La fille de qui (cs-tu ?) toi ? Et elle dit : La fille de Bèthuel, fils de Nachor, que lui a enfanté Milckah; et je mis la boucle sur son nez et les bracelets sur ses mains. Et je m'inclinai et me prosternai devant Jéhovah, et je bénis Jéhovah, Dieu de mon seigneur Abrafumi, qui m'a conduit dans le cltemin de la vérité pour prendre la fille du frère démon seigneur pour son fils. — // dit : Je (suis) serviteur, d'Abraluim, signifie qu'il procédait du Divin Bien : Et Jéhovah a béni mon seigneur abondamment et il Ca rendu grand, signifie le Divin Humain quant au bien et quant au vrai : et il lui a donné du menu bétail et du gros bétail, signifie les biens en général : et de l'argent et de l'or, signifie les vrais en général : et des serviteurs, et des servantes, et des cliameaux et des ânes, signifie les vrais en particulier : Et S/irali épouse de mon seigneur a enfanté un fils à mon seigneur, signifie le Rationnel Divin d'après le Divin Vrai : après sa

S?8/ï AKCANES CÉLESTES

vieillesse, signifie lorsque c'était l'état : et il lui a donné tout ce qu'il a, signifie que tous les Div ins sont à Lui : Et mon seigneur m'a adjuré, signifie, ici comme précédemment, l'engagement et le serment : en disant : Tu ne prendras point une femme pour mon fils des filles du Canaanite, signifie, ici comme précédemment, que le Rationnel Divin ne serait conjoint à aucune affection qui n'est pas d'accord avec le vrai : dans la terre duquel fliabite, signifie les choses discordantes dans lesquelles est le Bien Divin : Tu n'iras que vers la maison de mon père, signifie le bien qui procède du Divin : et vers ma famille, signifie le vrai qui procède du Divin : et tu y prendras une femme pour mon fils, signifie que de là résultera la conjonction : Et je dis à mon seigiwur : peut-être la femme n'irat-ellc pas après moi? signifie, ici comme précédemment, l'incertitude de l'homme naturel au sujet de cette affection si elle serait séparante : Et Urne dit, signifie l'instruction : Jéhorah, devant Lequel j'ai marclié, enverra son ange avec toi, signifie , ici comme précédemment, la Divine Providence : et il rendra prospère ton chemin, signifie quant au vrai : et prends une femme pour mon fils, signifie qu'il y ait conjonction : de ma famille et de la maison de mon père, signifie, d'après le Bien et le Vrai procédant du Divin qui est là : Alors tu seras dégagé de mon serment, signifie, ici comme précédemment, la liberté qui est à l'homme naturel : en ce que tu seras venu vers ma famille, et s'ils ne te (la) donnent point, signifie quant à la séparation : et tu seras dégagé de mon serment, signifie qu'alors il n'y aura aucune faute de la part de l'homme naturel. Le reste jusqu'au Vers. £8 a des significations semblables à celles qui ont été données précédemment

3155. Il serait superflu d'expliquer chacune de ces choses, puisqu'elles ont été expliquées ci-dessus dans ce Chapitre ; elles ont été dites une seconde fois, afin que l'homme naturel fût instruit; en effet, il en est de l'initiation et de la conjonction du vrai avec le bien, comme lorsqu'une vierge est fiancée et ensuite unie au mari, savoir, en ce qu'elle doit être instruite de tout, avant qu'elle donne son consentement : bien que ces choses ne se manifestent pas cher l'homme, quand les vrais y sont initiés et conjoints au bien, c'està-dire, quand l'homme est réformé, cependant toujours est-il qu'elles sont faites, savoir, en ce qu'il y a d'abord instruction pour le Bien

au sujet du Vrai et pour le Vrai au sujet du Bien, et ensuite consentement de part et d'autre ; il va en être question dans ce qui suit.

3156. Vers. 49,50, 51. Et maintenant si vous êtes, vous, pour user de miséricorde et de vérité avec mon Seigneur, déclarez-le moi, et si non, déclarez-le moi, et je regarderai à droite ou à gauche. Et Laban répondit, et Béthuel, et ils dirent : De JéhovaJi est sortie la parole, nous ne pouvons te parler ni mai ni bien. Voici lu beau devant toi, prends- (la), et pars, et qu'elle soit la femme du fils de ton Seigneur, ainsi qu'a parlé Jéhovah. — Maintenant si vous êtes, vous, pour user de miséricorde et de vérité avec mon seigneur, signifie l'examen de leur consentement d'après l'une et l'autre faculté, de la volonté et de l'entendement : déclarez-le moi, et si non, déclarez-le moi, signifie leur état libre de délibération : et je regarderai à droite ou à gauche, signifie la liberté réciproque: et Laban répondit, et Béthuel, et ils dirent : de Jéhovah est sortie la parole, nous ne pouvons te parler ni mal ni bien, signifie la reconnaissance que cela appartenait au Seigneur seul : VoiciRébecca devant toi, prends- (la), et pars, et qu'elle soit la femme du fils de ton seigneur, ainsi qu'a parlé Jéhovah, signifie le consentement inspiré d'après le Seigneur.

3157. Maintenant, si vous êtes, vous, pour user de miséricorde et de vérité avec mon seigneur, signifie l'examen de leur consentement d'après l'une et l'autre faculté, de ta volonté et de l'entendement : on le voit par la signification de la miséricorde, en ce qu'elle appartient au bien ou à l'amour, N°* 3063, 3073, 3120 ; et par la signification de la vérité, en ce qu'elle appartient au vrai ou à la foi, N°* 3121, 3122; et comme le bien qui appartient à l'amour concerne la volonté et que le vrai qui appartient à la foi concerne l'entendement, et que ces paroles sont dites à Laban et à Béthuel, ainsi à des hommes, pour savoir s'ils useront de miséricorde et de vérité, elles signifient les choses qui proviennent de l'une et de l'autre faculté, savoir, de leur volonté et de leur entendement; que ce soit l'examen du consentement, on le voit tant par ces paroles, en ce qu'il est dit « si vous êtes, vous, pour faire, > que par celles qui suivent, « déclarez-le moi, et si non, déclarez-le moi, et je regarderai à droite ou à gauche, t Dans la régénération de l'homme,

AttCANES CÉLESTES.

laquelle est l'image de la glorification du Seigneur, N° 3138, voici ce qui a Heu : le vrai de la foi est, à la vérité, appris; mais il n'es pas reconnu, ni, a plus forte raison, reçu par le bien, s'il n'y a pas consentement de la part de l'une et de l'autre faculté, savoir, de la volonté et de l'entendement; le consentement est la reconnaissance môme, par elle se fait la réception, et môme de la part de la volonté, car là est le bien : et quand le vrai de la foi a été reçu par la volonté, ou, ce qui est la même chose, par le bien, alors l'homme est régénéré, car alors la vrai est du bien, ou la foi est de la charité, ou elle est la charité elle-même quant à la vie, N° 3121.

3158. Déclarez-le moi, et sinon, déclarez-le moi, signifie leur état libre de délibération : cela est évident d'après le sens des paroles. Par tout ce qui précède on voit que les choses qui, dans le sens de la lettre de ce Chapitre, traitent des fiançailles et du mariage de Rébecca avec Iischak, traitent, dans le sens interne, de l'initiation et de la conjonction du bien et du vrai, car l'initiation et la conjonction du vrai et du bien sont les fiançailles spirituelles et le mariage spirituel : il est exigé de l'un et de l'autre côté un état libre de délibération ; pour les fiançailles et le mariage, on le sait; mais pour l'initiation et la conjonction du bien et du vrai, on ne le sait pas de même, parce qu'elles ne se manifestent pas à l'homme naturel, et parce qu'elles sont du nombre de ces choses qui sont faites sans que l'homme y réfléchisse, cependant toujours est-il que cela existe à chaque moment lorsque l'homme est réformé et régénéré, c'est-à-dire qu'il est dans un état libre, lorsque le vrai est conjoint au bien. Chacun peut savoir, pour peu qu'il réfléchisse, que jamais rien n'appartient à l'homme comme étant à lui-même, à moins d'appartenir à sa volonté ; ce qui appartient seulement à l'entendement ne devient pas le propre de l'homme, avant d'appartenir aussi à sa volonté, car les choses qui appartiennent à la volonté constituent l'être de la vie de l'homme, mais celles qui appartiennent à l'entendement constituent l'exister de cette vie; le consentement d'après l'entendement seul n'est pas un consentement, mais tout consentement procède de la volonté; si donc le vrai de la foi, qui appartient à l'entendement, n'est pas reçu par le bien de l'amour, qui appartient à la volonté, il n'y a jamais de vrai qui soit reconnu, ainsi il n'y a pas de foi ; mais pour qu'il soit reçu par le

GENÈSE. CHAP. VINGT-QUATRIfiME. 287

bien qui appartient à la volonté, il est nécessaire qu'il y ait un état libre; tout ce qui appartient à la volonté se montre libre, Tétai même de la volonté est la liberté, car ce que je veux, je le choisis, je le désire, parce que je l'aime et le reconnais comme un bien; de là on peut voir que le vrai, qui appartient à la foi, ne devient jamais pour l'homme comme son propre, avant d'avoir été reçu par la volonté, c'est-à-dire, avant d'avoir été initié et conjoint au bien qui est dans la volonté, et que cela ne peut s'opérer que dans l'état libre.

3159. Et je regarderai à droite ou à gauche, signifie ta liberté réciproque : on peut le voir sans explication. La chose se passe ainsi : le bien influe continuellement du Seigneur par l'homme Interne dans l'homme Externe, et dans le premier âge il se manifeste dans l'homme Externe sous la forme de l'affection du vrai ; autant l'homme regarde le bien céleste et spirituel comme fin, autant le vrai est initié et conjoint au bien, ou, ce qui est la même chose, autant l'affection du vrai est initiée et conjointe à l'affection du bien ; mais autant l'homme regarde le bien propre, ainsi sa personne et le monde, comme fin, autant le bien céleste et spirituel se retire ; c'est là la liberté réciproque, qui est signifiée par regarder à droite ou à gauche.

3160. Et Laban répondit, et Béthucl, et ils dirent : de Jéhovah est sortie la parole, nous ne pouvons te parler ni mal ni bien, *ignifie la reconnaissance que cela appartenait au Seigneur seul : on peut le voir par l'explication de chacun des mots quant au sens interne, mais il est évident, sans cette explication, que leur concluwm est cette reconnaissance. De Jéhovah est sortie la parole, que ce soit du Seigneur, cela est évident, car par Jéhovah, si souvent nommé dans l'Ancien Testament, il n'est jamais entendu aucun autre que le Seigneur, voir N°* 13A3, 1736, 1815, 2156, 2329, 3023, 3035. Que ces paroles renferment des arcanes, c'est ce qu'on peut voir en ce qu'ici la réponse est donnée par Laban qui est le frère, et ensuite par Béthuel qui est le père, et non par le père et la mère, et que la fille ne répondit que plus tard ; la raison de cela, c'est que par Laban comme frère est représentée l'affection du bien dans l'homme naturel, N°* 3129, 3130, et par Béthuel l'origine de l'affection du bien : l'affection du bien et l'affection du vrai dans

l'homme naturel, se comportent comme un frère et une sœur; et l'affection du vrai, attiré de l'homme naturel dans le rationnel et conjoint là avec le bien, se comporte comme une femme mariée : voici l'arcane renfermé en ce qu'ici Laban etBéthuel ont répondu, c'est-à-dire, le frère d'abord et ensuite le père, c'est que le Bien, quand il indue de l'homme rationnel dans l'homme naturel, n'y influe pas dans le vrai immédiatement, mais il influe dans le bien qui est là, et par le bien dans le vrai ; s'il n'y a pas cet influx, l'affection du vrai ne peut exister; l'affection du bien dans l'homme naturel est celle qui reconnaît, par conséquent celle qui consent d'abord, car il y a une communication immédiate entre le bien rationnel et le bien naturel, mais il n'y en a pas d'immédiate entre bien rationnel et le vrai naturel , roir sur leur parallélisme , N°* 1831, 1832. Ici se présentent deux formules anciennes de parler, la première : De Jéhovah est sortie la parole, pour désigner que la chose a été faite par Jéhovah ; la seconde : Nous ne pouvons te parler ni mal ni bien, pour désigner qu'on n'ose ni nier ni affirmer. Quant à la reconnaissance que cela appartenait au Seigueur * seul, il va en être parlé.

3101. Voici Rébecca devant toi, prends- (la) et pars, et qu'elle soit ta femme du fils de ton seigneur, ainsi qu'a partâ Jéhovah, signifie le consentement inspiré d'après le Seigneur : on peut aussi le voir par l'explication de chacun des mots, dont le cone/usum commun dans le sens interne est ce consentement. La chose ellemême se passe ainsi : Quand le Seigneur a vécu dans le monde, il a par sa propre puissance fait Divin l'Humain qui était en Lui ; l'Humain commence dans l'intime du Rationnel, N"1 2100, 2194 ; ici il est décrit comment il l'a fait Divin, c'est-à-dire que c'est maintenant quant au Vrai de même que précédemment quant au Bien ; car le Rationnel consiste en bien et en vrai; le Bien y était par le Divin Même du Seigneur, c'est-à-dire, par Jéhovah le Père de Qui il a été conçu; mais le Vrai devait être acquis par la voie ordinaire, comme chez les autres hommes : en effet, on sait que l'homme naît non pas rationnel, mais seulement en puissance de pouvoir le devenir, cl qu'il le devient par les scientifiques, savoir, par des connaissances de plusieurs genres et de plusieurs espèces, dont les premières sont des moyens pour arriver à celles qui suivent le plus près, ainsi par

Uigitize

GENÈSE, Cil A IV VINGT-QUATRIÈME. 289

■erdrc jusqu'aux dernières , qui appartiennent aux spirituels du Royaume du Seigneur, et qui sont appelées les doctrinaux ; on sait aussi que ceux-ci s'apprennent, partie par la doctrine de la foi, partie immédiatement par la Parole, et ensuite partie par la propre £tude de chacun ; tant que ces doctrinaux ne sont que dans la mémoire, Us sont seulement des vrais scientifiques, et ne sont pas encore appropriés a l'homme comme étant à lui, mais Us ne lui sont appropriés que lorsqu'il commence à les aimer en vue de la vie, et plus encore lorsqu'il les applique à la vie : quand cela arrive, les vrais sont élevés de la mémoire naturelle dans le rationnel, et y sont conjoints au bien; et quand ils ont été conjoints, ils n'appartiennent plus à la science, mais ils appartiennent à la vie, car alors l'homme n'apprend plus par les vrais comment il doit vivre, mais il vit d'après eux, par conséquent les vrais lui sont appropriés et deviennent des choses de la volonté ; c'est ainsi que l'homme entre dans le mariage céleste ; car le mariage céleste est la conjonction du bien et du vrai dans le Rationnel; ces choses chez les hommes sont faites par le Seigneur. Mais lé Seigneur a fait toutes ces choses en Lui par Lui-Même; et par le Divin Môme non-seulement il a engendré le Rationne) quant au Bien, mais aussi par ce rationnel il a aussi engendré le Naturel quant au Vrai, qu'il a conjoint au bien ; en effet, c'est le Bien qui se choisit le Vrai et qui aussi le forme, car le Bien ne reconnaît pas autre chose pour V rai que ce qui s'accorde avec lui; ainsi le Divin Bien, qui appartenait au Seigneur, s'est fait à Lui-Même le Vrai, et n'a point reconnu autre chose pour Vrai que ce qui s'accordait avec le Divin Bien, c'est-à-dire, ce qui était Divin d'après Lui-Même, ainsi tout en général et en particulier d'après la propre puissance : voilà ce qui est signifié par la reconnaissance que cela appartenait au Seigneur seul, et par le consentement d'après le Seigneur.

3162. Vers. 52, 5â, 54. Et il arriva, lorsque le serviteur d'Abraham eut entendu leurs paroles, et il se prosterna à terre devant Jèhovah. Et le sénateur sortit des vases d'argent et des vases d'or, et des vêtements, et il (les) donna à Rébecca; et il donna des rhoses préeicusts à son frère et à sa mûre. Et ils mangèrent et ils burent, lui et les hommes qui (étaient) avee lui, et ils passèrent ta mat ; et ils se levèrent au matin , et il dit : Envoie-moi à mot* V 19

Seigneur. — // arriva, lorsque te serviteur d'Abraham eut entendu leurs paroles, et il se prosterna à terre devant Jèhovah, signifie la perception de la joie dans l'homme naturel : Et le serviteur sortit des vases d'argent, et des vases d'or, et des vêtements, signifie le vrai et le bien et leurs ornements : et il (les) donna a Jlèbecca, signifie qui furent alors à l'affection du vrai : et il donna aUs ehoses précieuses à son frère, signifie des spirituels au bien naturel : et à sa mère, signifie au vrai naturel aussi : Et ils mangèrent et ils burent, signifie l'appropriation du bien et du vrai ainsi initié: lui < t les hommes qui (étaient) avec lui, signifie qui étaient dans l'homme naturel : et ils passèrent la nuit, signifie la paix de l'homme naturel : et ils se levèrent au matin, signifie un degré d'élévation : et il dit : Envoie-moi à mon seigneur, signifie l'affection de la conjonction.

3163. // arriva, lorsque le serviteur d'Abraham eut entendu leurs paroles, et il se prosterna à terre devant Jèhovah, signifie fa perception de la joie dans l'homme naturel : on le voit par la signification d'entendre les paroles, en ce que c'est percevoir; par la représentation du serviteur d'Abraham, en ce qu'il est en général l'homme naturel, en tant qu'il sert le Rationnel, ici, le Rationnel Divin, N01 3019, 3020; et par la signification de se prosterner devant Jèhovah, en ce que c'est se réjouir, N" 2927, 2950, 3118.

3164. Et le serviteur sortit des vases d'argent et des vases d'or, et des vêtements, signifie ie vrai et le bien, et leurs ornements : cela est évident par la signification des vases d'argent, des rases d'or et des vêtements, dans le sens interne; que l'argent signifie le vrai, on le voit, N0' 1551, 2048; et que l'or signifie le bien, on le voit N" 113, 1551, 1552; il est dit des vases d'argent et des vases d'or, parce que les vases se disent de l'affection du ■ vrai, qui est ici Rébecca, car le vrai considéré en soi n'est que le vase ou le récipient du bien, N°* 1496, 1832, 1900, 2063, 2261, 2269, 3068 : les vases d'argent sont spécialement les scientifiques, car ceux-ci sont les récipients du vrai ; les vases d'or sont spécialement les vrais, parce que ceux-ci sont les récipients du bien ; quant aux vêtements, on peut voir sans explication qu'ils sont des ornements. Tels étaient, dans le temps Ancien, les cadeaux qu'on donnait à une vierge, quand elle était fiancée; et cela, pour la re-

présentation et la signification, parce que la vierge fiancée représentait le vrai de l'Église, qui doit Cire conjoint au bien; c'est aussi de cette manière que l'Église Ancienne dans son premier âge est décrite dans Ézéchiel : « Quand c'était le temps des amours, je te » vêtis de broderie, je te ceignis de fin lin, et je te couvris de soie,

• et je te parai d'ornements, et je mis des bracelets sur tes mains t et un collier à ton cou, et je mis une boucle sur ton nez, et des > pendants à tes oreilles, et une couronne d'ornement sur ta tête ; » ainsi tu fus parée d'or et d'argent, et tes vêtements (étaient) le lin » lin, et la soie, et la broderie. »— XVI. 8, 9, 10, 11, 12, 13; — et quand la même Église se fut retirée du vrai et du bien, elle y est ainsi décrite : < Tu as pris de tes vêtements et tu t'en es fait des » hauts lieux bigarrés; et tu as pris les vases de ton ornement, s (composés) de mon or et de mon argent, que je t'avais donnés, ■ et tu t'en es fait des images de mâle; et tu as pris tes vetenunts de

• broderie, et tu les en as couvertes. » — Vers, 16, 17, 18; — par ces passages on voit clairement que l'argent, l'or et les .vêtements ne sont que des choses qui appartiennent à l'Église, savoir, le vrai et le bien, et ce qui appartient au vrai et au bien.

3165. Et il les donna à Rèbecca, signifie qui furent alors à l'affection du vrai: on le voit par la représentation de lUbccca, en ce qu'elle est l'affection du vrai , N" 2865 , 3077 ; par les objets dont il vient d'être parlé, savoir, par les vases d'argent . les vases d'or et les vêtements, est décrite l'affection du vrai, comme fiancée, il est donc signifié par ces paroles que telle était alors l'affection du vrai, ou, ce qui est la même chose, que le bien et le vrai et leurs ornements étaient alors à l'affection du vrai.

3166. Et il donna des choses précieuses à son frère, signifie di s spirituels an bien naturel : on le voit par la signification des chûtes précieuses, en ce qu'elles sont les spirituels, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification du frère, en ce qu'il est le bien naturel, N° 3160, comme aussi par celle de Laban , qui est ici le frère, en ce qu'il est l'affection du bien dans l'homme naturel , NM 3129 , 3130: que les choses précieuses signifient les spirituels, c'est ce qu'on voit aussi ailleurs dans la Parole, par exemple , lorsqu'il s'agit de Joseph, dans Moïse : « Par Jéhovah, sa terre (est) bénie du pré-

• ciewr du nW.de la rosée, et de l'abîme qui est étendu par-dessous;

» et du précieux des productions du soleil ; et du précieux du pro- » duil des mois ; et du précieux des collines d'éternité ; et du prém deux de la terre et de sa plénitude. » — Deutér. XXXIII. 13, 14, 15, 10, — là, par le précieux du ciel, le précieux des productions du soleil, le précieux des produits des mois le précieux des collines d'éternité et le précieux de la terre, sont signifiés les différents genres des spirituels : en outre on appelait aussi choses précieuses les pierres précieuses, les perles, les baumes, les aromates, et autres choses semblables, qui toutes signifient les spirituels. Quant aux spirituels , il a déjà été dit plusieurs fois ce que c'est, savoir, que dans le Royaume du Seigneur il y a des célestes et il y a des spirituels, et que les célestes appartiennent au bien , et les spirituels au vrai qui procède du bien ; dans l'univers, il n'y a rien qui ne se rapporte au bien et au vrai ; tont ce qui appartient à l'usage et à la vie se rapporte au bien, mais tout ce qui appartient à la doctrine et à la science, surtout au sujet de l'usage et de la vie, se rapporte au vrai, ou, en d'autres termes, ce qui appartient à la volonté est nommé bien ou mal , mais ce qui appartient à l'entendement est appelé vrai ou faux ; ainsi le bien, qui appartient seulement à l'amour et à la charité et qui influe du Seigneur, est le céleste , mais le vrai qui en procède est le spirituel. Pourquoi des choses précieuses ont-elles été données au frère , quand la sœur, lorsqu'elle est devenue fiancée, recevait des vases d'argent, des vases d'or et des vêtements? C'était parce que le frère signifiait le bien dans l'homme naturel , et parce que le vrai est illustré, quand le vrai est initié au bien dans le Rationnel, car toute illustration du bien et du vrai dans l'homme naturel vient de là.

3167. Et à sa mire, signifie au vrai naturel aussi, savoir, des spirituels , de même qu'au bien naturel dont il vient d'être parlé : on le voit par la signification de la mére , en ce qu'elle est l'Église , qui, d'après le vrai, est appelée mère, N°' 289, 2717. Afin que l'on sache comment il se fait que les Spirituels sont donnés au bien naturel et au vrai naturel qui en procède , dès que le vrai est initié au bien dans le rationne] , il va en être parlé en peu de mots : Dans chaque homme il y a un interne et un externe ; son interne est apprit' l'homme Interne, et son externe l'homme Externe ; mais il en est peu qui sachent ce que c'est que l'homme Interne, et ce que

c'est que l'homme Externe : l'homme Interne est le même que l'homme Spirituel, et l'Externe le même que l'homme Naturel; l'homme Spirituel est celui qui a l'intelligence et la sagesse par les choses qui appartiennent à la lumière du ciel, mais l'homme Naturel est celui qui a l'intelligence et la sagesse par celles qui appartiens nent à la lumière du monde , Voir sur l'une et l'autre Lumières, N* 3138; en effet, dans le ciel il n'y a que des spirituels, et dans le monde il n'y a que des naturels ; l'homme a été créé de manière qu'en lui les spirituels et les naturels, c'est-à-dire son homme spirituel et son homme naturel, s'accordassent ou ne lissent qu'un, et qu'alors le devoir de l'homme spirituel fût de disposer toutes choses dans le naturel , et celui de l'homme naturel d'obéir, comme un serviteur à son maître ; mais par la chute l'homme Naturel a commencé à s'élever au-dessus de l'homme Spirituel, ainsi il a interverti l'ordre Divin même; de là l'homme naturel s'est séparé de l'homme spirituel , et il n'a plus reçu en lui de spirituels que ceux qui pouvaient entrer comme par des fentes, et lui donner la faculté de penser et de parler : or, afin que les spirituels influassent de nouveau dans l'homme naturel, il fallait qu'il fût régénéré par le Seigneur, c'est-à-dire qu'il fallait que le Vrai venant de l'homme naturel fût initié et conjoint au bien dans le rationnel ; quand cela s'opère, les spirituels s'approchent vers l'homme naturel, car alors influe la lumière du ciel, et elle illustre les choses qui sont dans l'homme naturel, et fait que celles qui y sont reçoivent la lumière, savoir, les biens la chaleur de la lumière, c'est-à-dire l'amour et la charité, et le Vrai les rayons de la lumière, c'est-à-dire la foi; c'est ainsi que les spirituels sont donnés au bien naturel et au vrai naturel : le Bien naturel est alors tout plaisir et tout agrément d'après la fin d'être utile au spirituel, ainsi au prochain, plus encore à la République, plus encore au Royaume du Seigneur , et par dessus toutes choses au Seigneur; et le Vrai naturel est tout doctrinal et tout scientifique pour la fin d'être sage , c'est-à-dire de les mettre en pratique.

3168. Et ils mangèrent, et ils burent, signifie i appropriation du bien et du vrai ainsi initié : on le voit par la signification de manger, en ce que c'c6t être communiqué et conjoint, par conséquent être approprié, N"' 2187 , *23A3 , cl comme ce mol se dit du pain,

et que le pain signifie le bien, N" 270, 680, 2165, 2177, 2187 , c'est l'appropriation du bien qui est signiûée par manger ; et par la signification de boire, en ce que c'est aussi êlre communiqué et conjoint, par conséquent être approprié , N° 3089 , mais comme celte expression se dit du vin et que le vin signifie le vrai,N°* 1071, 1798, c'est l'appropriation du vrai qui est signifiée par boire. La chose en elle-même se passe comme il vient d'être dit, N° 3107, lorsque le vrai est initié au bien, et plus encore lorsqu'il lui est conjoint, dans le rationnel, en ce que le bien et le vrai de l'homme spirituel, c'est-à-dire les spirituels sont appropriés à l'homme naturel.

3169. Lui et les hommes qui Haient avec lui, signifie qui étaient dans l'homme naturel: on le voit par la représentation du servileur, qui ici est lui, en ce qu'il est l'homme naturel, N°* 3019 , 3020; et par la signification des hommes qui étaient avec lui, en ce qu'ils désignent toutes les choses qui sont dans l'homme naturel, N' 3148.

3170. Et ils passèrent la nuit, signifie la paix de l'homme naturel : on le voit par la signification de passer la nuit, en ce que c'est se reposer, et dans le sens interne avoir la paix. La chose se passe ainsi : Quand les spirituels sont appropriés à l'homme naturel, alors se retirent les choses qui appartiennent à la cupidité du mal et à Ja persuasion du faux, ainsi celles qui causent le trouble, et arrivent les choses qui appartiennent à l'affection du bien et du vrai , ainsi celles qui constituent la paix ; car tout trouble vient du mal et du faux, et toute paix vient du bien et du vrai. Quant à ce que c'est que la paix, on le voit N- 92, 93, 1726, 278a

3171. Et ils se levèrent au matin, signifie un degré d'élévation ; on le voit par la signification de se lever, en ce que cette expression renferme l'élévation, N- 2401, 2785, 2912, 2927; et par la signification du matin, en ce que c'estle Seigneur, ainsi que son Royaume, comme aussi l'état de paix qui en procède , N" 2405 , 2780 : il est dit que le Naturel est élevé quand les spirituels lui sont appropriés ; en effet, toute élévation vient des spirituels et des célestes, car c'est par eux que l'homme est élevé vers le ciel , ainsi plus près vers le Seigneur.

3172. Et il dit : Envoie -moi à mon seigneur, signifie l'affection de ta conjonction . on le voit par le commun sens qui résulte du

sens interne des mots ; en effet, s'il voulait qu'on le renvoyât à son seigneur, c'était par affection , afin que l'affection du vrai, qui est Rèbecca , fut conjointe , car les fiançailles , c'est-à-dire l'initiation, étaient à ce moment terminées; l'affection de la conjonction est celle qui est signifiée ici.

3173. Vers. 55, 56, 57, 58. Et son frère dit, et sa mère : Que ta jeune fille reste avec nous des jours, soit dix, après tu t'en iras. Et il leur dit : Ne me retardez pas, et Jêhovah a rendu prospère mon chemin ; envoie-moi, et que faille à mon seigneur. Et ils dirent : Appelons la jeune fille, et interrogeons sa bouche. Et ils appelèrent Rèbecca, et ils lui dirent : T'en vas-tu avec cet homme? Et elle dit : J'irai. — Son frère dit et sa mère, signifie le doute de l'homme naturel : Que la jeune fille reste avec nous, signifie l'action de retenir de leur part : des jours, soit dix, après tu t'en iras, signifie l'état de séparation leur apparaissant plein : et il leur dit : Ne me retardez pas, signifie la volonté de l'affection du bien : et Jêhovah a rendu prospère mon chemin, signifie que tout est maintenant pourvu : envoie-moi et que j'aille à mon seigneur, signifie quant à l'état d'initiation : et ils dirent : Appelons la jeune fille, et interrogeons sa bouche, signifie le seul consentement de l'affection du vrai : Et ils appelèrent Rèbecca, et ils lui dirent : T'en vas-tu avec cet homme? Et elle dit : J'irai, signifie son plein consentement

3174. Son frère dit, et sa mère, signifie le doute de l'honnnc naturel: on le voit par -la signification du frère, en ce qu'il est te bien dans l'homme naturel , N9 3160; et par la signification de la mère, en ce qu'elle est le vrai dans cet homme, N° 3167 ; par con-" séquent le frère et la mère signifient l'homme naturel, car celui-ci est constitué d'après le bien et le vrai ; que ce soit le doute , savoir, si la jeune fille doit encore rester quelques jours ou si elle s'en ira sur-le-champ avec cet homme , cela est évident.

3175. Que la jeune fille reste avec nous, signifie l'action de retenir de leur part : on le voit par la signification de rester, en ce que c'est ici être retenu, comme cela est encore évident d'après la série dans le sens interne : la chose, en effet, se passe ainsi : L homme ne naît jamais dans aucun vrai, pas même dans quelque vrai naturel, par exemple, qu'il ne faut pas voler, qu'il ne faut pas

tuer, qu'il uc faut pas commettre l'adultère, et autres vrais semblables ; ni, à plus forte raison, dans quelque vrai spirituel, par exemple, qu'il existe quelque Dieu , que l'homme a un interne qui doit vivre après la mort; ainsi, par lui-même, l'homme ne connaît rien de ce qui appartient à la vie éternelle; les vrais naturels et spirituels ,: il les apprend ; s'il ne les apprenait pas, il serait bien pire qu'un animal brute, car il tient de sou héréditaire qu'il s'aime pardessus tous les autres, et qu'il désire posséder tout ce qui est dans le monde; de là vient que s'il n'était retenu par les lois civiles, et par la crainte de perdre l'honneur, le profit, la réputation et la vie, il volerait, il tuerait, il commettrait l'adultère sans aucune perception de conscience : que ce soit ainsi on le voit clairement , car l'homme, ayant môme été instruit commet néanmoius ces actions sans conscience, bien plus il les justifie, et il confirme par plusieurs moyens qu'on doit agir aiusi autant qu'il est permis ; que serait-ce donc s'il n'avait pas été instruit? Dans les spirituels, il en est de infime; en effet, parmi ceux qui sont nés au-dedans de l'Église, qui ont la Parole et qui sont constamment instruits, il en est néanmoins un très-grand nombre qui attribuent peu de choses et presque rien à Dieu, et tout en général et en particulier à la nalure, qui ainsi ne croient de cœur a l'existence d'aucun Dieu, ni à la vie après la mort, par conséquent qui ne veulent rien savoir de ce qui appartient à la vie éternelle : d'après cela, il est évident que l'homme ue naît dans aucun vrai, mais qu'il doit apprendre tout vrai, et cela par la voie i xterne, savoir, par celle de l'ouïe et de la vue; c'est par cette voie que le vrai doit Cire insinué et implanté dans sa mémoire; •mais tant que le vrai n'est que dans sa mémoire, il est seulement une science ; or, pour que le vrai pénètre l'homme , il doit être tiré de là et porté davantage v ers les intérieurs, car l'humain de l'homme est plus en dedans, savoir; dans son rationnel; en effet, si l'homme n'est pas rationnel, il n'est pas homme ; tel est donc le rationnel • dans quelqu'un, tel il est homme , et telle est la quantité de rationnel, telle est l'excellence de cet homme : jamais l'homme ne peut ; être rationnel si le bien n'est en lui; le bien qui est à l'homme en sus de celui qui est aux animaux; consiste à aimer Dieu et à aimer le prochain , tout bien humain procède de là ; à ce bien doit être initié et conjoint le vrai, et cela, dans le ratiouucl ; le vrai est initié

el conjoint au bien, quand l'homme aime Dieu et aime le prochain; alors, en effet, le vrai entre vers le bien, car le bien et le vrai se reconnaissent mutuellement ; en effet, tout vrai existe d'après le bien, et le vrai regarde le bien comme sa lin et comme son âme, par conséquent comme ce dont il tire la vie. Toutefois le vrai peut difficilement être séparé de l'homme naturel, et être élevé de là dans le rationnel ; car, dans l'homme naturel, il y a des illusions, il y a des cupidités du mal, il y a aussi des persuasions du faux; aussi longtemps que ces choses y sont et s'adjoignent au vrai, aussi longtemps l'homme naturel retient le vrai chez lui, et ne permet pas qu'il soit élevé de là dans le rationnel, c'est là ce qui est signifié dans le sens interne par ces paroles : • Que ta jeune fiiie reste avec nous des » jours, soit dix, après tu t'en iras. » Cela vient de ce qu'il met en doute le vrai, et en raisonne pour savoir s'il est le vrai ; mais dès l'instant que les cupiditées du mal et les persuasions du faux, ainsi que les illusions qui en proviennent , ont été séparées par le Seigneur, et que l'homme commence d'après le bien à avoir en aversion les raisonnements contre le Vrai, et à rire de ses doutes , alors le Vrai est en état de s'éloigner du naturel, d'être élevé dans le rationnel, et de revêtir l'état du bien, car il devient alors le Vrai du bien et il a la vie. Afin que cela soit mieux saisi, soient des exemples: c'est un Vrai spirituel , que tout bien procède du Seigneur et que tout mal vient de l'enfer; ce Vrai doit être confirmé et illustré de bien des manières, avant qu'il puisse être élevé de l'homme naturel dans le rationnel, et il ne peut jamais y être élevé avant que l'homme soit dans l'amour de Dieu , car auparavant il n'est pas reconnu, par conséquent il n'est pas cru : il en est de même des autres vrais, par exemple , de celui-ci , que la Divine Providence est dans les plus singuliers de toutes choses, et que si elle n'est pas dans les plus singuliers , elle est nulle dans l'universel : de celui-ci encore, que l'homme commence seulement à vivre quand périt ce que dans le monde il croit être le tout de la >ie; et que la vie qui commence alors est relativement ineffable et indéfinie, et qu'elle est absolument inconnue à l'homme tant qu'il est dans le mal ; ces vrais et d'autres semblables ne peuvent jamais être crus, à moins que l'homme ne soit dans le bien; c'est le bien qui les saisit, car le Seigneur par le bien influe avec la sagesse.

3176. Des jours, soit dix, après tu t'en iras , signifie Citai de st punition leur apparaissant plein: on le voit par la signification du jour, en ce qu'il est l'état, N0' 23, 487, 488, 493, 893, 278S; par la signilicalion de dix, en ce que c'est le plein, N°* 1988, 3107; ici le plein apparaissant au naturel; et par la signification de t'en aller, en ce que c'est se séparer ; de là il est évident que ces paroles, des jours, soit dix, après tu t'en iras, signifient l'état de séparation leur apparaissant plein ; aussi trouve-t-on immédiatement ces mots: o // leur dit : Ne me retardez pas, » par lesquels est signifiée la volonté de l'affection du bien.

3177. Jé/iovah a rendu prospère mon chemin , signifie que tout •maintenant est pourvu : on peut le voir sans explication ; en effet . quand Jéhovah rend prospère le chemin , c'est qu'il pourvoit , ici quant au vrai qui doit être conjoint au bien, car le elianin signifie le vrai, Nu* 027, 2333.

3178. Envoie-moi, et que j'aille à mon seigneur, signifie quant à l'état d'initiation : on le voit par ce sens qui rejaillit du sens interne des paroles; ces mêmes paroles renferment aussi l'affection de la conjonction, car celle-ci est a l'état d'initiation.

3179. Et ils dirent : Appelons ta jeune fille et interrogeons sa boue/te, signifie te seul consentement de l'affection du vrai : on le voit par la signification de la jainc fille , en ce qu'elle est l'affection dans laquelle il y a l'innocence, N°* 3067, 3110; ici , l'affection du vrai, parce que c'est Rébecca, qui, avant qu'elle consente, est dite jeune fille, tandis que lorsqu'elle consent, comme la suite le montre, elle est appelée Rébecca ; que Rébecca soit l'affection du vrai, Voir N" 3077 ; et par la signification d'interroger sa bouche, en ce que c'est percevoir si elle consent ; ainsi c'est le seul consentement de l'affection du vrai, qui est signifié ici. La chose se passe ainsi : c'est que le vrai même qui doit être initié au bien reconnaît son bien , parce que le bien reconnaît son vrai ; de la le consentement ; que ce soit un consentement inspiré au vrai par le bien, on le voit ci-dessus, N" 3161 ; chez l'homme , il ne paraît jamais qu'il y ait quelque consentement de la pari du vrai , lorsque le vrai est initié et conjoint au bien , c'est-à-dire lorsque l'homme est régénéré ; ni , de la part du bien, qu'il connaisse son vrai, et qu'il l'initie et se le conjoigne. quoique cependant les choses se passent absolument ainsi ;

en effet, les choses qui se passent quaud l'homme est régénéré lui sont absolument inconnues, s'il en savait seulement une par myriade, il en serait stupéfait; c'est par des arcanes innombrables cl même indéfinis, .que l'homme est alors conduit par le Seigneur, quelques uns seulement de ces arcanes se manifestent par le seus interne de la Parole : l'Ancienne Église s'en était formée une idée d'après les mariages, savoir, d'après l'état de la vierge avant les fiançailles, d'après son état après avoir été fiancée, d'après son état quaud elle allait être mariée, et ensuite quand elle était mariée, enfin quand elle enfantait à son mari ; les fruits du vrai d'après le bien, ou les fruits de la foi d'après la charité, ils les appelaient enfants, et ainsi du reste : telle a été la sagesse de l'Ancienne Église ; leurs livres aussi étaient écrits de celte manière ; cette coutume d'écrire ainsi est même passée de là chez les gentils; en effet, ils voulaient par les choses qui sont dans le monde exprimer celles qui sont dans le ciel, et même d'après les naturels voir les spirituels; mais cette sagesse est aujourd'hui entièrement perdue.

3180. Et ils appelèrent Rébecca], et ils lui dirent : T'en vas-tu avec eet homme? El elle dit : J'irai, signifie son plein consentement : on peut le voir d'après le sens qui rejaillit du sens interne ' des mots; car puisqu'à l'interrogation elle répond : J'irai, c'est qu'elle consent pleinement II y a plein consentement du vrai lorsque le Vrai perçoit en soi l'image du bien , et dans le bien l'effigie même de soi d'après laquelle (il consent).

3181. Vers. 59, 60, 61. Et ils envoyèrent Rèbecca leur sœur, ei sa nourrice, et le serviteur d'Abraliam, et ses hommes. Et ils bénirent Rébecca, et ils lui dirent : Notre sœur! que tu sois en milliers de myriade, et que ta semence hérite la porte de ceux qui te luûsscnt ! Et Rébecca se leva, et ses jeunes filles, et elles étaient montées sur les chameaux, et elles allaient après l'honnne; et le strriteur reçut Rèbecca, et il s'en alla. — Ils enrayèrent Rébeeca leur sœur, signifie la séparation d'après l'affection du Vrai Divin: et sa nourrice, signifie d'avec l'innocence qui était en lui ; et le serviteur d'Abraliam et ses hommes, siguilie d'avec les Divins dans l'homme naturel : et ils bénirent Rébecca, et ils lui dirent, signifie les vœux d'après l'illustration Divine : notre tœur ! que tu sois en milliers de myriade ! siguifie la fructification à l'infini de

l a lice non du vrai : et que ta semence hérite la porte de cens qui te /missent : signifie le Royaume spirituel du Seigneur d'après le mariage du bien et du vrai dans le Divin Humain, Royaume où la charité et la foi prendront la place qu'occupaient auparavant le mal et le faux : Et Rébecca se leva, signifie l'élévation de l'affection du vrai et la séparation qui en résulte : et ses jeunes filles, signilie les affections qui sont à son service : et elles étaient montées sur les chameaux, signifie l'intellectuel élevé au-dessus des scientiliques naturels : et elles allaient après l'homme, signilie d'après l'auspice du Divin naturel : et le serviteur reçut Rêbecca, et il s'en alla , signifie que le Divin bien naturel initiait.

3182. Ils envoyèrent Rébecca leur sœur, signifie la séparation d'avec l 'affection du Vrai Divin : on le voit par la signification Renvoyer, en ce que c'est être séparé ; et par la représentation de Rébeccalasœur, en ce qu'elle est l'affection du Vrai Divin, No,3077, 3179 ; que la sœur soit le vrai , Voir NM 1495, 2508, 252Û, 2556, 3160. Comment la chose se passe , on peut le voir d'après ce qui a déjà été dit et expliqué dans ce Chapitre; mais pour que cela soit plus évident, il sera ajouté ce peu de mots : Lorsque le Vrai, qui doit être initié et conjoint au bien, est élevé du naturel, il est séparé des choses qui y sont; c'est celte séparation qui est signifiée par ils envoyèrent Rébecca leur sœur; il est séparé quand l'homme considère non plus le bien d'après le vrai , mais le vrai d'après le bien, ou, ce qui est la môme chose, qutfad il considère non plus la vie d'après la doctrine, mais la doctrine d'après la vie; par exemple, la doctrine enseigne ce vrai, qu'on ne doit haïr personne, car celui qui a de la haine pour quelqu'un, le tue à chaque moment; l'homme , dans son premier âge, admet à peine ce vrai ; mais , l'âge avançant, quand il est réformé, il le place au rang des doctrinaux selon lesquels il doit vivre ; enfin il y conforme sa vie ; alors il ne pense plus d'après le doctrinal , mais il agit d'après la vie ; quand cela arrive ce vrai de doctrine a été élevé du naturel , et môme il a été séparé d'avec le naturel et implanté dans le bien dans le rationnel ; cela étant fait, il ne souffre plus que l'homme naturel par quelque sophisme chez lui, révoque ce vrai en doute, il ne permet môme pas qu'il raisonne contre ce vrai.

3183. Et sa nourrice , signifie d'avec l'innocence qui était en

lui, savoir, laquelle ils ont aussi envoyée, c'est-à-dire séparée tFavec eux : on le voit par la signification de la nourrice, ou celle qui allaite, en ce qu'elle est l'innocence. Dans la Parole, il est quelquefois parlé de ceux qui tettent et de celles qui allaitent, et ceux qui tetient signifient le premier état des enfants, état qui est évidemment l'état d'innocence; en effet, dès le premier moment qu'il naît, l'homme est introduit dans l'état d'innocence, afin que cet état soit le plan des autres états et l'intime en eux, état qui est signifié dans la Parole par l'Enfant qui tette ; ensuite dans l'état de l'affection du bien céleste, c'est-à-dire de l'amour envers les parents , qui chez ceux-là tient la place de l'amour pour le Seigneur, cet état est signifié par le petit Enfant ; puis dans l'état de l'affection du bien spirituel, ou de l'amour mutuel, c'est-à-dire de la charité envers ses semblables, état qui est signifié par les enfants; quand il grandit encore plus , il est introduit dans l'état de l'affection du vrai , cet état est signifié par les jeunes hommes; mais les états suivants le sont par les hommes, et enfin par les vieillards; le dernier état, qui est signifié par les vieillards, est l'état de la sagesse dans laquelle il y a l'innocence de la première enfance ; ainsi le premier état et le dernier sont unis, et l'homme , devenu vieillard , est introduit dans le Royaume du Seigneur, comme étant de nouveau enfant, mais sage : de là on peut voir que l'Innocence est le premier état , qui est celui de l'enfant qui tette ; celle-là même qui allaite ou la nourrice, signifie par suite aussi l'innocence, car l'état de celui qui donne et de celui qui reçoit, de même que l'état de l'agent et du patient , est perçu semblable. Il est dit ici qu'ils ont envoyé aussi sa nourrice ou celle qui l'avait allaitée, et cela, afin que fût décrite l'affection du vrai, savoir, en ce qu'elle devait venir de l'innocence, car l'affection du vrai n'est point l'affection du vrai, à moins qu'en elle il n'y ait l'innocence, NM 2526, 2780, 3111 ; en effet, par l'innocence le Seigneur influe dans cette affection, et même avec la sagesse, car la véritable innocence e6t la sagesse même, Voir N0' 2305, 2306 ; et ceux qui sont en elle apparaissent aux yeux dc6 anges comme des petits enfants, N" 15A, 2306. On voit aussi, par d'autres passages de la Parole, que Celui qui tette signifie l'innocence, par exemple, dans David : « Par la bouche des petits Enfants et de Ceux qui • tettent, tu as fondé la force. »— Ps. VIII. 3. Matth. XXI. 16;—

là, les petits enfants sont l'amour céleste , et ceux qui letlent sont l'innocence. Dans Jérémic : c Pourquoi faites-vous un grand mal » contre vos âmes , pour vous retrancher l'homme et la femme, le » petit Enfant et Celui qui tette du milieu de Juda, pour ne pas » me laisser faire de restes parmi vous, n — XLIV. 7 ; — là, le petit enfant et celui qui qui tette sont pareillement l'amour céleste et son innocence, lesquels devenant nuls, il n'y a plus aucun reste, c'està-dire qu'il ne reste plus rien du bien et du vrai qui avaient été cachés par le Seigneur dans l'homme interne , que ce soient là les restes (reliquiœ), on le voit N6* 1006, 2284; en effet, tous les biens et tous les vrais périssent avec l'innocence, car l'innocence procède immédiatement du Divin Môme, ainsi elle est l'essentiel môme dans les biens et dans les vrais. Dans le Même : c Le petit Enfant et » Celui qui tette sont défaillants dans les places de la ville. » — Lament. II. 11 , — semblable signification ; dans le Même : « Les » baleines présentent la mamelle, elles allaitent leurs petits; la fdle » de mon peuple (est) cruelle; la langue de Celui qui telle s'est » attachée à son palais dans sa soif ; les petits Enfants ont demandé « du pain, personne ne leur en a tendu. » — Lament. IV. 3» à ; — celui qui tette signitic aussi l'innocence, et les petits enfants sont les affections du bien. Dans Moïse : « Au-dehors l'épée , et dans les » chambres la terreur détruiront même le jeune homme , même la » vierge, même l'enfant qui tette avec l'homme vieux. » — Deulér. XXXII. 25; — l'épée qui détruira le jeune homme, la vierge, l'enfant qui tette avec l'homme vieux, c'est le faux qui détruira l'aflr< tion du vrai et l'affection du bien, ainsi que l'innocence avec la sagesse. Dans Esaïe : « Ils apporteront tes fils dans leur sein et tes » filles seront transportées sur l'épaule ; et des rois seront tes nour- » rieiers, et leurs dames tes Nourriees. » — XLIX. 22, 23; — les rois nourriciers sont l'intelligence; leurs dames nourrices sont la sagesse, qui appartient à l'innocence, ainsi qu'il vient d'être dit.

318A. Et le serviteur d'Abraham et ses hommes, signifie d'an c les Divins dans l'homme naturel: on le voit par la signification du serviteur d'Abraham , en ce qu'il est l'homme naturel , Not 3019, 3020 ; et par la signification de ses hommes , en ce qu'ils désignent toutes les choses qui y sont, N° 3169; que ce soient les Divins dans l'homme naturel, cela est évident, puisque ce serviteura été envoyé

GENÈSE CHAP. VINGTQUATRIÊME. 303

par Abraham, qui représente le Divin du Seigneur, ainsi qu'il a déjà été plusieurs fois expliqué.

3185. Et ils bénirent Rébecca, et ils lui dirent, signifie les vœux d'après l'illustration Divine : on le voit par la signification de bénir, quand on dit adieu à quelqu'un qui s'en va, en ce que c'est faire des vœux pour son bonheur ; que ce soit ici d'après l'illustration Divine , cela est évident d'après ce qui suit , et encore parce que l'illustration influe dans l'homme naturel par l'affection du vrai, qui est Rébecca, quand cette affection est initiée au bien , qui est Iischak.

8186. Notre sœur! que tu sois en milliers de myriade! signifie la fructification à l'infini de l'affection du vrai: on le voit par la signification de la sœur, qui est Rébecca, en ce qu'elle est l'affection du vrai, N** 3077, $179, 3182 ; et par la signifleation de que tu sois en mUtiers de myriades, en ce que c'est la fructification à l'infini ; les milliers de myriades sont ici l'infini, parce qu'il s'agit du Seigneur, dans lequel tout en général et en particulier est infini : Chez l'homme voici ce qui arrive: Les biens ne fructifient et les vrais ne multiplient chez lui que quand la conjonction du vrai et du bien a été faite idans son rationnel, c'est-à-dire quand il a été régénéré , car alors existent des fruits ou des fœtus provenant du légitime ou céleste mariage, qui est celui du bien et du vrai ; il est vrai qu'auparavant les biens qu'il fait se montrent même comme des biens, et les vrais comme des vrais, mais ils ne sont pas réels, car ils n'ont pas l'âme elle-même, qui est le bien dans lequel il y a l'innocence par le Seigneur, ainsi ils n'affectent point l'homme et ne le rendent point heureux ; l'affection de l'amour et de la charité avec la félicité, affection qui est l'âme, est donnée par le Seigneur, quand l'homme est régénéré. Que beaucoup et l'infini soient signifiés par mille, on le voit N* 2575, à plus forte raison par une myriade , et à plus forte raison encore par des milliers de myriade ; on le voit aussi ailleurs, par exemple dans Moïse : « Quand l'arche se reposait, il disait : » Reviens, Jéhovah , myriades des milliers d'Israël. » — Nomb. X. 36; — là, les myriades des milliers signifient aussi l'infini, parce que cela est dit du Seigneur, qui là est Jéhovah. Dans le Môme : « Jé- » hovah s'est levé de Séir pour eux , il a resplendi de la montagne » de Paran , et il est venu des Myriades de sainteté. » — Deutér.

XXXlll. 2; — les myriades signifient aussi l'infini. Dans David- - Lescbars de Dieu (sont) des myriades de milliers de pacifiques — Ps. LXVIIl. 18,-les chars de Dieu signifient les choses qui anpartienDent à la Parole et à la Doctrine tirée de la Parole les mv riades de milliers signifient les choses infinies qui y sont; dans Jean : Je vis et j'entendis la voix d'une multitude <TAnges autour du trône ; leur nombre était des myriades de myriades, et des kiliades de kiîiades. » — Apoc. V. 11, — ce sont des choses innombrables.

3187. Et que la semence hérite la porte de ceux qui te hais sent ! signifie le Royaume Spirituel du Seigneur d'après le mariaqe du bien et du vrai dans ie Divin Humain, Royaume où la charité et la foi prendront la place qu'occupaient auparavant le mal et te faux ; on peut le voir d'après ce qui a déjà été dit et expliqué, No mi, où sont presque les mêmes paroles. Que la Semence signifie ceux qui sont appelés Spirituels, par conséquent, dans le sens universel, tous ceux qui constituent le Royaume spirituel du Seigneur ou, ce qui est la même chose, ce Royaume lui-même, on le voit par la signification de la semence, en ce qu'elle est la charité et la foi, N" 1025, U47, 1610, 10*0, par conséquente qui sont dans la charité par Ja foi; que ceux-là soient les Spirituels on le voit N-2088, 218*, 2507, 2708, 2715, 295A; qu'ils aient la charité et la foi par Je mariage du bien et du vrai dans le Divin Humain du Seigneur, et par conséquent le salut qui en procède on le voit VT 2661, 271Ô, 2833, 283A. Dans l'Église Ancienne c'était une coutume de former ce vœu pour une vierge fiancée quand elle allait être mariée, savoir: sois en milliers de myriade , et que ta semence hérite la porte de tes emiemis ou de ceux qui te haïssent;

aïs , par ces paroles, les sages entendaient des spirituels, savoir, <jue orsqu'on entrait dans le mariage du bien et du vrai , c'est-à- <iire lorsqu on était régénéré, les biens et les vrais fructifiaient en milliers de myriade, c'est-à-dire immensément , et que la charité et la foi prenaient la place qu'occupaient auparavant le mal et le fauxtoutefois lorsque Ja sagesse de l'Ancienne Église expira on ne comprenait plus le sens spirituel de ces paroles , mais on les eutendait

tZ£ ^^umenVm°in|dain^ c'«*-à-<lire ««'on souhaitait que * posierue devînt innombrable, et qu'elle occunât pi hpriMt in

vies nations : les descendants de Jacob, plus que tous les autres, les ont entendues ainsi ; et ils se confirmaient dans cette croyance, parce que non-seulement ils s'étaient accrus immensément, mais parce qu'ils avaient aussi hérité la terre qui pour eux était la porte de leurs ennemis , ne sachant pas que toutes ces choses étaient des représentatifs, savoir, des représentatifs du Royaume céleste et du Royaume spirituel du Seigneur, et que les maux et les faux en étant chassés, le bien et le vrai prenaient leur place ; c'est ce qu'on verra clairement quand , d'après la Divine Miséricorde du Seigneur , ces représentatifs seront dévoilés. Il en est aussi de même dans le particulier, c'est-à-dire chez chaque homme qui devient le Royaume du Seigneur ; l'homme, avant de devenir ce Royaume , ou avant d'être régénéré , n'est à l'intérieur que mal et que faux ; les esprits infernaux et diaboliques occupent même cet intérieur, qui est appelé porte, ainsi qu'il a étéditN" 2851 ; maisquand il devient le Royaume du Seigneur, c'est-à-dire quand il est régénéré, les maux et les faux, ou, ce qui est la même chose, les esprits infernaux et diaboliques, en sont chassés, et le bien et le vrai entrent et héritent de cette place ; alors là est la conscience du bien et du vrai ; ce qui se passe dans le particulier, se passe aussi de la même manière dans le commun. Par là on voit maintenant ce qui est entendu par ces paroles dans le sens interne.

3188. El lUbccca se leva, signifie i élévation de l'affection du vrai et la séparation qui en résulte , savoir , l'élévation vers le rationnel et la séparation d'avec le naturel : on le voit par la signification de se lever, en ce que cette expression renferme l'élévation , N" 2A01, 2785, 21)12, 2927, 3171, et comme elle renferme l'élévation, elle renferme aussi la séparation ; et par la représentation de lUbccca, en ce qu'elle est l'affection du vrai, N"1 3077, 3179 : de là il est évident que ces mots Rébccca se leva, signifient l'élévation de l'affection du vrai, et la séparation d'avec le naturel, Voir N» 3182.

3189. Et ses jeunes filles, signifient les affections qui sont A son service : on le voit par la signification de la jeune fille; quand Rébecca est appelée ainsi , elle signilie l'affection dans laquelle il y a l'innocence, N" 3067, 3110; mais quand celles qui suivaient Rébecca pour la servir sont appelées ainsi, elles signifient les affections qui sont au service de la première. Chaque affection se présente

306 ÀKCANES CÉLESTES.

comme quelque chose de simple ou qui est un, mais elle contient des choses innombrables , ainsi qu'il a été dit Y 3078 ; toutes les choses qu'elle contient sont des aiïections associées dans une forme incompréhensible ; elles sont aussi subordonnées mutuellement les unes aux autres, car il y en a qui administrent et il y en a qui servent : les sociétés {lu ciel, et même tout le ciel, sont dans une telle forme ; elles ont été mises en ordre par le Seigneur selon la forme Divine qui est en Lui ; la forme du Royaume spirituel du Seigneur existe selon l'ordination des aiïections dans son Divin Humain ; il s'agit de celte ordination dans le sens interne de ce Chapitre et des Chapitres suivants ; mais il y a très peu de choses qui puissent être expliquées de manière à être saisies, elles sont adéquates à la perception des Anges.

3190. Et elles étaient montées sur les chameaux, signifie fintellectuel élevé au-dessus des scientifiques naturels : on le voit par la signification d'être monté sur (equitarc) , en ce que c'est Pire élevé quaut à l'intellectuel, N°* 2761' 2762; et par la signification des chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs dans l'homme naturel, N0i 3048, 3071, aiusi les scientifiques naturels. La chose se passe ainsi : quand le Vrai est élevé du naturel dans le rationnel, il est emporté de la sphère de la lumière du monde dans la sphère de la lumière céleste, par conséquent comme de l'obscurité de la nuit dans la clarté du jour; en eiïet, ce qui appartient à la lumière du monde, dans laquelle sont tous les naturels, est relativement comme dans la nuit, tandis que ce qui appartient à la lumière du ciel, dans laquelle sont les spirituels, est relativement comme dans le jour; aussi, quand le vrai est élevé du naturel vers le rationnel, l'homme est-il élevé en même temps dans l'intelligence et dans la sagesse ; c'est aussi de là que vient toute intelligence et toute sagesse chez l'homme : voilà ce qui est signifié par l'intellectuel élevé au-dessus des scientifiques naturels.

3191. El dit s allaient après V homme, signifie d'après l'auspia du Divin vrai )uiturcl : on le voit d'après la signification d'aller après ou de suivre, en ce que dans le sens interne ici c'est d'après la conduite ou l'auspice ; et par la signification de Y homme, en ce qu'il est le vrai, N° 3124, et ici le l)i\in vrai naturel, comme cidessus N° 3184.

3192. Et le serviteur reçut Rébecca et il s'en alla , signifie que le Divin bien naturel initiait : cela est évident par la signification

du serviteurs en ce qu'il est le Divin bien naturel, comme ci-dessus N" 3184 ; et par la signification de recevoir Rébecca et s'en aller, en ce que c'est initier, savoir, introduire vers Iischak, c'est-à-dire vers le Divin Bien dans le Rationnel , comme on peut le voir sans autre explication. La chose se passe ainsi : Le Vrai n'a pu être élevé du naturel* vers le bien dans le rationnel , si ce n'est par le Divin Vrai naturel et par le Divin Bien naturel ; le Divin Vrai naturel, qui est appelé l'Homme (Vir) , doit montrer le chemin et conduire; le Divin Bien naturel , qui est appelé le Serviteur, doit introduire et initier ; ce vrai et ce bien , pour me servir d'une comparaison , sont comme deux ailes qui élèvent : toutefois ceci ne peut pas encore être expliqué de manière à être plus complètement saisi , il faut qu'on sache auparavant ce qu'est le Divin Vrai naturel et ce qu'est le Divin Bien naturel ; dans la suite, où il est parlé de Joseph , il s'agit de ce vrai et de ce bien dans le sens interne.

3193. Vers. (52, 03. Et liscliak renail en venant de Béerlachairoi, et lui habitait dans la terre du midi. Et Iischak sortit pour méditer aUins te champ vers le soir, et il leva ses yeux, et il vit, H voici, des chameaux venaient. — Iischak venait en venant de Bèerlachaï-roï , signifie le Divin Bien Rationnel né du Divin Vrar Même : et lui habitait dans la terre du midi , signifie de là dans la lumière Divine : Et Iiscluik sortit pour méditer dans le cliamp, signifie l'état du Rationnel dans le bien : vers le soir, signifie relativement aux choses qui son! au-dessous : et il leva ses yeux et il vit, signifie l'attention : et voici, des clmmeaux venaient : signifie vers les scientifiques communs dans l'homme naturel.

319A. Iischak venait en venant de Béer lac hai-roi, signifie le Divin Bien Rationnel né du Divin Vrai Même : on le voit par la représentation d'Iischak, en Ce qu'il est le Divin Rationnel du Seigneur, N°* 2083, 2630; ioi , quant au Divin Bien qui est dans ce Rationne), parce que le Divin Vrai tiré du naturel, et qui est représenté par Rébecca, ne lui avait pas encore été conjoint, — dans ce qui va suivre il s'agit de la conjonction — ; et parla signification de venir en venant de Bécr/achai-roi, en ce que c'est être né du Divin Vrai : Béerlachaï-roï , dans la langue originale, signifie la fontaine

au vivatU qui me voit, comme ci-dessus, — Gen. XVI. 13, lâ, — où on lit : « Hngar appela le nom de Jchovau qui lui parlait : Toi Dieu » qui me vois, parce qu'elle dit: N'ai-je pas vu encore ici après » celui qui me voit? c'est pourquoi elle appela la fontaine Béerla- » chaï-roï (fontaine au vivant qui me voit). » Quant à ce que signifient ces paroles, on le voit N" 1952 a, 1958; là aussi il est évident que la fontaine est le Divin \ rai ; le Vivant qui me voit est le Divin Bien Rationnel, qui là est appelé l'homme Intérieur do Seigneur, d'après le Divin \ rai. Voici ce qu'il en est de cet arcane profond : Dans le Divin Même il y a le Bien et le Vrai; le Seigneur, quant au Diviir Humain, est sorti du Divin Bien et est né du Divin Vrai ; ou, ce qui est la même chose, l'Être Même du Seigneur était le Divin Uien, cl l'Exister Même était le Divin Vrai ; de là à procédé le Divin Bien Rationnel du Seigneur , auquel il a conjoint d'après l'Humain le Divin Vrai.

3195. Et lui habitait dans la terre du midi, signifie de là dans la (wmère Divine : on le voit par la signification ^habiter, en ce que c'est vivre, N° 1293, et en ce que ce mot se dit du bien, N** 2268 2A51, 2712; et par la signification de la terre du midi, en ce qu'elle est la Divine Lumière: en effet, le midi signifie la lumière, et même la lumière de l'intelligence , qui est la sagesse, \ 1A58 ; niais la .terre du midi signifie le lieu et Pétat ou est cette lumière ; par conséquent ici ces mots : Iiscfiak venait en venant de B èt r lut haï-roi, et lui habitait dans la terre du midi , signifient que le Divin Bien Rationnel, puisqu'il est né du Divin Vrai , était dans la Divine Lumière. Dans la Parole , il est très-souvent parlé de la Lumière , et par elle dans le sens interne est signifié le vrai qui procède -du bien; mais dans le sens interne suprême la Lumière signifie le Seigneur Lui-Mémc, parce quo c'est Lui qui est le Bien même et le Vrai même : dans le ciel il y a aussi réellement une Lumière, mais elle est infiniment plus éclatante que la lumière sur la lenv. / oir N 1053, 1117, 1521 à 1533, 1619 à 1632; dans cette Lumière se voient mutuellement les Lsprits et les Anges, et par elle est visible toute la gloire qui est dans le ciel; toutefois cette Luiuière quant à la clarté se présente semblable, il est vr», à la lumière dans le monde, niais néanmoins elle n'est pas semblable, car elle n'est point naturelle, elle est spirituelle; elle a en elle ha sagesse, de sorte qu'elle

n'est pas autre chose que la, sagesse qui brillo aiosi devant leurs yeux ; c'est pour cela môme que plus les Anges sont sages, plus ils sont dans une Lumière brillante , N° 2776 ; cette Lumière éclaire aussi l'entendement de l'homme, surtout de l'homme régénéré, mais elle n'est pas aperçue par l'homme tant qu'il est dans la vie du corps, à cause de la lumière du monde, qui règne alors ; les mauvais esprits dans l'autre vie se voient aussi mutuellement, et voient également plusieurs représentatifs qui existent dans le monde des esprits, et cela, même d'après la Lumière du ciel, mais c'est une lueur telle qu'est celle d'un feu de charbon , car la Lumière du ciel est changée en une telle lueur quand elle arrive chez eux : Quant à. ce qui concerne l'origine même de la Lumière, elle a été de toute éternité par le Seigneur Seul , car le Seigneur est le Divin Rien Même et le Divin Vrai Même , dont procède la Lumière ; le Divin Humain, qui fut de toute éternité, — Jean, XVII. 5, — a été celle Lumière elle-même; comme cette Lumière ne pouvait plus affecter " le genre humain, tant il s'était éloigné du bien et du vrai , et par conséquent de la Lumière, et tant il s'était précipité dans les ténèbres , c'est pour cela que le Seigneur a voulu revêtir l'Humain même par la nativité; car c'est ainsi qu'il a pu éclairer non-seulement les rationnels de l'homme, mais encore ses naturels ; en effet, il a fait Divin en Soi tant le Rationnel que le Naturel ,'alin que la Lumière pût être aussi en ceux qui seraient dans de si épaisses ténèbres : que le Seigneur soit la Lumière, c'est-a-dire le Bien même cl le Vrai même, et qu'ainsi de Lui procède toute intelligence et loute sagesse, par conséquent le salut, c'est ce qu'on peut voir par' plusieurs passages dans la Parole, par exemple, dans Jean : « Dans « le commencement était la Parole , et la Parole était chez Dieu, et Dieu était la Parole; en Elle était la vie, et la vie ( tait fa Lumière cùs hommes; Jean vint pour rendre témoignage de la Lu- » mière; il n'était pas lui-même la Lumière, mais pour rendre

• témoignage de la Lumière. C'était la vraie Lumière , qui éclaire » tout homme venant dans le monde. » — I. 1. A, 7, 8, 0. — La Parole était le Divin Vrai, ainsi le Seigneur Loi-Même quant au J)ivin Humain , dont il est dit que la Parole était chez Dieu et que Dieu était la Parole. Dans le Même : « C'est là le jugement : que la

• Lmnière est venue dans le monde, mais les hommes ont aimé le^ •

» ténèbres plus que la Lumière. »— -III. 19, — la Lumière, c'est le Divin Vrai : dans le Môme : o Jésus dit : Moi je suis ta Lumière du » monde ; celui qui Me suit ne marchera point dans les ténèbres, » mais il anra la Lumière de la vie. »— VIII. 12 ; — dans le Même : « Encore un peu de temps la Lumière est avec vous ; marchez pen- » dant que vous avez la Lumière, de peur que les ténèbres ne vous

■ surprennent; pendant que vous avez la Lumière , eroyez en la » Lumière , afin que vous soyez des fils de Lumière. » — XII. 35, 36. — Dans le Même : « Qui Me voit, voit Celui qui M'a envoyé; » Moi la Lumière, dans te monde je suis venu, afin que quiconque » croit en Moi ne demeure point dans les ténèbres. * — XII. 45, 46. — Dans Luc : « Mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé » devant la face de tous les peuples , la Lumière pour Cèelairemi nt • des nations, et la gloire de ton peuple d'Israël. » — II. 30, 31, 32, — c'est le cantique prophétique deSiméon sur le Seigneur quand il naquit. Dans Matthieu : « Le peuple qui était assis dans les ténè- » bres a vu une grande Lumière, et sur ceux qui étaient assis dans » la région et dans l'ombre de la mort , une Lumière s'est levée. » — IV. 16. — Esaîe, IX. 1. — D'après ces passages, il est bien évident que le Seigneur, quant au Divin Bien et au Divin Vrai daus le Divin Humain, est appelé la Lumière ; et aussi dans les Livres Prophétiques de l'Ancien Testament , comme dans Esaïe : o La Lumière » d'Israël sera en feu, et son Saint en flamme. » — X. 17 ; — dans le Môme : o Moi Jéhovah , je T'ai appelé dans la justice , et je Te d donnerai pour alliance avec le peuple et pour Lumière des na- » fions, ■ — XLII. 6 ; — dans le Môme : « Je T'ai donné pour Lu- » mière des nations , afin que tu sois mon salut jusqu'à l'extrémité » de la terre. » — XL1X. 6; — dans le Même: « Lève-toi, sois » illuminée, parce que ta Lumière vient, et la gloire de Jéhovah

■ s'est levée sur Toi ; les nations marcheront à ta Lumière et les » rois à la splendeur de ton lever. » — LX. 1,3. — Que toute Lumière du ciel, et par conséquent toute sagesse et toute intelligence, viennent du Seigneur , on le voit dans Jean : « La Ville Sainte , la » Nouvelle Jérusalem, descendant de Dieu par le ciel, parée comme » une fiancée ornée pour son mari , n'a pas besoin du soleil ni do » la lune pour qu'ils brillent en elle, la gloire de Dieu Yèclairera, » et son flambeau sera l'Agneau, > — Apoc. XXI. 2, 23. — Il est

dit ensuite de la môme ville : « Il n'y aura point 15 de nuit, et ils

• n'ont point besoin de flambeau ni de la lumière du soleil, parce » que le Seigneur Dieu les éclaire. » — Apoc. XXII. 5. — Dans Esaîc aussi : « Tu n'auras plus le soleil pour lumière pendant le

• jour, et en splendeur la lune ne brillera point pour toi, mais > Jéhovah te sera pour lumière d'éternité, et ton Dieu pour ta » gloire : il ne se couchera plus ton soleil , et ta lune ne se retirera « point, parce que Jé/iovah te sera pour lumière d'éternité. » — LX. 19, 20 ; — il n'y aura plus le soleil pour lumière pendant le jour, et en splendeur la lune ne brillera point, par là sont désignés, non pas les choses qui appartiennent à la lumière naturelle , mais celles qui appartiennent à la lumière spirituelle , lesquelles sont signifiées en ce que Jéhovah sera pour lumière d'éternité; que Jéhovah nommé ici, et ailleurs dans l'Ancien Testament, soit le Seigneur, on le voit, N0' 13A3, 173(5, 2156, 2329, 2921, 3023, 3035. Le Seigneur a aussi moutré ouvertement aux trois disciples Pierre , Jacques et Jean, qu'il est la Lumière du ciel, savoir, lorsque dans la transfiguration, « sa faee resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent comme la Lumière. »— Matth. XVII. 2 ; — la Face comme le Soleil, c'était le Divin Bien; les vêtements comme la Lumière, c'était le Divin Vrai : de là on peut savoir ce qui est entendu par ces paroles dans la Bénédiction : « Que Jéhovah fasse » luire ses faces sur toi, et ait pitié de toi ! » — Nomb. VI. 25 ; — les faces de Jéhovah sont la Miséricorde, la paix, le bien, voir N"' 222, 223 ; et le Soleil est le Divin Amour , ainsi c'est le Divin Amour du Seigneur qui apparaît comme soleil dans le ciel des Anges, N- 30 à 38, 1053, 1521, 1529, 1530, 1531, 2441, 2495.

3196. Et lischak sortit pour méditer dans le champ , signifie l'état du Rationnel dans le bien : on le voit par la représentation de liscluik, en ce qu'il est le Divin Rationnel , ainsi qu'il a déjà été dit souvent ; et parla signification de méditer dans le cluimp, en ce que c'est son état dans le bien ; en effet , méditer est l'état du Rationnel lorsqu'il tend le mental ; et le champ est la doctrine et ce qui appartient à la doctrine, N° 368 , ainsi ce qui appartient à l'Église quant au bien, N°297l ; de là l'ancienne formule méditer dans U champ , pour dire penser dans le bien, ce qui est l'état de l'homme non marié qui pense à une épouse.

3197. Vers le soir, signifie relativement aux choses qui sont au-dessous : on le voit par la signification du Soir, en ce que c'est l'obscur, N° 3056 ; et comme chez l'homme les choses qui sont audessous, savoir, celles qui appartiennent au mental naturel, sont obscures relativement à celles qui sont au-dessus, savoir, relativement à celles qui appartiennent au mental rationnel, le soir signifie par conséquent ce qui est relativement dans l'obscur, comme on peut le voir par la série des choses dans le sens interne; en effet, il s'agit du vrai tiré du naturel et qui doit être conjoint au bien dans le rationnel ; et puisqu'il s'agit ici de la conjonction et de l'illustration de l'homme naturel par ce moyen, c'est pour cela que méditer dans le cluimp vers le soir , signifie l'état du rationnel dans le bien relativement aux choses qui sont au-dessous; l'état dans le bien est décrit par ces paroles : il habitait dans la terre du midi, c'est-àdire dans la Divine Lumière , par rapport à laquelle les choses qui étaient au-dessous étaient dans le soir, savoir, avant que la conjonction du Vrai et du Bien eût été faite, et avant que le Naturel eût aussi été /ait Divin.

3198. Et il leva ses yeux et il vit, signifie l'attention : ou le voit par la signification de lever les yeux, en ce que c'est peuser, N" 2789, 2829; ici, c'est l'attention , parce qu'il est dit , il leva U s yeux et il vit, et que cela s'applique au Bien Rationnel , auquel le Vrai tiré du naturel n'a point encore été conjoint.

3199. Et voici, des ehanwaux venaient, signifie vers les scientifiques communs dans l'homme naturel : on le voit par la signifiention des chameaux, en ce qu'ils sont les scientifiques communs dans l'homme naturel, N°* 3048, 3071 ; l'attention fut portée vers ces scientifiques, parce que c'est de là que le vrai était attendu, comme on le voit d'après ce qui a déjà été si souvent dit et montré dans ce Chapitre.

3200. Ces deux Versets renferment une description de l'état du bien rationnel , quand il est dans l'atlente du Vrai, qui doit lui être conjoint comme une fiancée à un mari ; les deux Versets qui suivent immédiatement contiennent une description de l'étal du Vrai lorsqu'il est proche et qu'il perçoit le bien auquel il doit être conjoint : toutefois, il faut qu'on Bâche que ces états ont e xisté, uon pas une foi», mais continuellement pendant toute la \ie du Seipneur dans !»

monde, jusqu'à ce qu'il eût été glorifié ; chez tous ceux qui doivent être régénérés, il en est aussi de môme, car ils ne sont point régénérés en un seul lemps, mais ils le sont continuellement pendant toute la vie, et même dans l'autre vie ; en effet , l'homme ne peut jamais être rendu parfait.

3201. Vers. 64, 65. Et Rèbecca leva ses yeux et vit Iischak, et clic tomba de dessus le chameau. Et elle dit au serviteur: Qui (est) cet homme, marchant là dans le champ au-devant de nous? Et le serviteur dit : Celui-ci (est) mon seigneur ; et elle prit le voile et se couvrit. — Rèbecca la:a ses yeux et vit Iischak, signifie l'attention réciproque de l'affection du vrai ; et elle tomba de dessus (t cluimeau, signifie sa séparation d'avec les scientifiques dans l'homme naturel pour la perception du bien rationnel : et elle dit au serviteur signifie l'examen par le Divin naturel ; qui (est) cet luymmc marchant là dans le champ au-devant de nous , signifie au sujet du Rationnel qui est dans le seul bien : et le serviteur dit : Celui-ci (est) mon seigneur, signifie la reconnaissance : et elle prit le voile et se couvrit, signifie les apparences do vrai.

3202. Rèbecca leva les yeux et vit Iischak, signifie l'attention réciproque de l'affection du vrai : on le voit par la signification de lever les yeux et voir, en ce que c'est l'attention, N* 3198 ; ici, l'attention réciproque, parce qu'il a déjà été dit de Iischak qu'il leva les yeux et vit, et qu'il est dit ici de Rèbecca qu'elle leva les yeux et vit Iischak ; et par la représentation de Rèbecca, en ce qu'elle est l'affection du vrai, comme il a déjà été souvent dit.

3203. Et elle tomba de dessus lecluimeau, signifie sa séparation d'arec les scientifiques dans l'homme naturel, pour la perception du bien Rationnel: on le voit par la signification de tomber, en ce que c'est être séparé; et par la signification des chmneaux, en ce qu'ils sont les scientifiques dans l'homme naturel, N°* 3048. 3071 ; que ce soit pour la perception du Bien Rationnel représenté par Iischak, cela est évident. Ce que c'est qu'être séparé de l'homme naturel a été dit et montré ci-dessus, Noi 3161 , 3175, 3182, 3188. 3190, savoir, qu'alors l'affection du vrai est séparée de cet homme, quand elle cesse de devenir de la science et qu'elle devient de la vie; car lorsqu'elle devient de la vie, elle remplit l'homme par habitude comme le caractère ou la nature le remplit ; et quand elle le

remplit ainsi elle découle comme spontanément en acte, et cela sans qu'il pense a ce vrai d'après aucun scientifique, bien plus, quand elle devient de la vie, elle peut commander aux scientifiques , et en tirer des choses innombrables qui confirment; il en est ainsi de tout vrai, qui, dansle premier âge, appartient a la science et devient de la vie quand l'âge avance : la chose se passe comme chez les enfants, quand ils apprennent à marcher, apprennent à parler, apprennent à penser, et apprennent à voir d'après l'entendement et a conclure d'après le jugement , actes qui par habitude étant devenus volontaires, et par conséquent spontanés, disparaissent des scientifiques, car ils découlent spontanément; il en est aussi de même des choses qui appartiennent aux connaissances du bien et du vrai spirituels chez les hommes qui par le Seigneur sont régénérés ou renaissent ; ceux-ci, dansle commencement, ne sont pas autrement que les enfants, les vrais spirituels sont d'abord pour eux des scientifiques, car lorsque les doctrinaux sont appris et insérés dans la mémoire, ils ne sont pas autre chose ; mais ils en sont successivement tirés et implantés par le Seigneur dans la vie, c'est-à-dire dans le bien, car le bien est la vie; cela fait, il s'opère comme un renversement, savoir, en ce que l'homme commence à agir d'après le bien, c'est-à-dire d'après la vie, et non plus, comme auparavant, d'après la science; ainsi, celui qui naît de nouveau est en cela semblable à un enfant; mais les choses dont il se remplit appartiennent à la vie spirituelle, tellement qu'il agit non d'après la doctrine ou le vrai, mais d'après la charité ou le bien ; quand cela arrive, il commence à être dans un état heureux et dans la sagesse. D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir ce que c'est qu'être séparé des scientifiques dans l'homme naturel, ce qui est signifié en ce que Rèbecca tomba de dessus le ( hameau, et cela avant qu'elle connût que c'était Iischak ; chacun peut voir que ces paroles renferment des arcanes.

3204. Et elle dit au serviteur , signifie l'examen par te Divin naturel: on le voit par la signification de dire ici, en ce que c'est examiner, car elle demanda, qui est cet homme marc liant là dans le champ? et par la signification du serviteur , en ce qu'il est le Divin naturel, N" 319* , 3192.

3205. Qui est cet homme marcliant là dans le champ au-decant

de nous , signifie au sujet du Rationnel qui est (tans le seul bien, savoir. L'examen : on le voit par ce qui vient d'être dit de lischak , qu'il sortit pour méditer dans le cbamp , ce qui signifiait l'étal du Rationnel dans le bien, voir N° 3190; ici le Rationnel est signiGé par cet homme, et être dans le bien par marcher , savoir, en méditant, dans te champ; au-der a nt de nous , c'est pour la conjonction.

3200. Et le serviteur dit: celui-ci est monseigneur . signifie la reconnaissance, savoir, par le Divin naturel qui est ici le serviteur : cela peut être évident sans explication ; que l'initiation s'opère par le Divin naturel, on le voit N° 3192 ; et que le Bien reconnaisse son Vrai et le Vrai son Bien, on le voit N° 3179.

3207. Et elle prit le voile et se couvrit, signifie tes apparences du vrai : on le voit par la signification du voile, dont les fiancées se couvraient le visage , lorsque , pour la première fois , elles voyaient Jeur fiancé, en ce qu'il désigne les apparences du vrai ; en effet, les fiancées chez les anciens représentaient les affections du vrai, et les fiancés les affections du bien, ou, ce qui est la même chose, elles représentaient l'Église, qui était dite fiancée d'après l'affection du vrai; l'affection du bien qui procède du Seigneur était le fiancé; de là le Seigneur Lui-Méme est souvent , dans la Parole , nommé le fiancé. Les fiancées voilaient leur visage quand elles s'approchaient pour la première fois du fiancé , afin qu'elles représentassent les apparences du v rai ; les apparences du vrai ne sont pas en ellesmêmes des vrais, mais elles se présentent comme des vrais, ainsi qu'on le verra plus bas; l'affection du vrai ne peut s'approcher de l'affection du bien que par les apparences du vrai , et elle ne se dépouille des apparences que quand elle est conjointe , car alors elle devient le Vrai du Bien , et devient vrai réel en tant que le bien est réel ; le Bien même est saint parce qu'il est le Divin qui procède du Seigneur, et qu'il influe par la voie ou la porte supérieure dans l'homme; mais le Vrai n'est pas originairement saint, parce qu'il influe par la voie ou la porte inférieure, et que d'abord il appartient à l'homme naturel ; mais quand il est élevé de là vers le rationnel , il est purifié par degrés, et au premier aspect de l'affection du bien, il est séparé des scientifiques, et il revêt les 'apparences du vrai et s'approche ainsi du bien, indice qu'il est d'une telle origine, et qu'il ne pourrait soutenir le premier aspect du Bien Divin , avant qu'il

uigitizeo

fût entré dans la couche du fiancé . c'est-à-dire dans le sanctuan. du bien, et que la conjonction fût faite; car alors le Vrai ne regarde plus le bien d'après les apparences ou par les apparences, mais il est regardé sans elles par le bien : toutefois il faut qu'on sache que jamais chez l'homme ni même chez l'Ange il n'y a de vrais prfrf, c'est-a-dire sans apparences, ils sont tous en général et en particulier des apparences du vrai, mais toujours est-il qu'ils sont reçus par le Seigneur pour des Vrais , si le bien est en eux ; c'est dans 1<« Seigneur seul que sont les Vrais purs, parce qu'ils sont Divins ; car le Seigneur, étant le Bien même, est par conséquent le Vrai même; mais on peut voir ce qui a été dit des Vrais et de leurs apparences, savoir, que les Tapisseries et que les Voiles de la Tente signi liaient les apparences du vrai, N° 2576; que les Vrais chez l'homme sont des apparences imbues d'illusions , N° 2053 ; que les Rationnels de l'homme sont des apparences du vrai, N° 2516; que les Vrais sont dans les apparences , N« 2196, 2203, 2200, 2242 ; que le Bien Divin influe dans les apparences, même dans les illusions, N° 2554 ; que les apparences du vrai sont adaptées par le Seigneur comme si elles étaient des vrais, N° 1832; que dans la Parole il a été parlé selon les apparences, N° 1.838. Quant à ce que sont les apparences, on peut le voir clairement d'après les choses qui sont dans la Parole, où il a été parlé selon les apparences ; mais il y a des degrés des apparences du vrai, les apparences naturelles du vrai sont pour la plupart des illusions, mais quand elles sont chez ceux qui vivent dans le bien, elles doivent être appelées non pas des illusions, mais des apparences, et même, à quelques égards, des mis, car le bien qu'elles renferment , et dans lequel est le Divin , fait qu'il y a eu elles une autre essence; mais les apparences rationnelles du vrai sont intérieures de plus en plus; dans ces apparences sont les cieux, savoir, les Anges qui sont dans les eicux, roirsur ce sujet N° 2576 : pour qu'on ait quelque idée de ce que sont les apparences du vrai ; soient pour illustration les exemples suivants : I. L'homme croit qu'il est réformé et régénéré par le vrai de la foi, mais c'est une apparence, il est réformé et régénéré par le bien de la foi , c'est-àdire par la charité emers le prochain et par l'amour pour le Sei- Rneur. II. L'homme croit que le Vrai donne de percevoir ce qiic c'est que le bien, pan e qu'il enseigne . mais rVst une apparence .

c'est le bien qui donne au vrai de percevoir, car le bien est l'âme, ou la vie du vrai. 111. L'homme croit que le Vrai introduit vers le bien, quand l'homme vit selon le Vrai qu'il a appris, mais c'est le bien qui influe dans le vrai et qui introduit vers soi ce vrai. IV. Il semble à l'homme que le V rai perfectionne le bien, tandis que cependant c'est le bien qui perfectionne le vrai. V. Les biens de la vie semblent à l'homme comme étant les fruits de la foi, mais ils sont les ùmttt de la charité. Par ce peu d'exemples , on peut savoir en quelque sorte ce que sont les apparentes du vrai ; ces apparences sont innombrables.

3208. Vers. 66, 67. Et le serviteur raconta à lisclmk tout es les paroles qu'il avait exénit/rs. Et lischnk la conduisit dans la tenti <U SaraJi sa mère ; et il prit Rèbecca^ et elle lui /tait pour femme, et il t'uima : et lischak fut consolé après sa mère. — Le serviteur raconta à lischak toutes les paroles qu'il avait exécutées, signifie la perception, d'après le Divin naturel, de la manière dont la chose se passait : Et Jisc/uik la conduisit dans la tente de Sarah sa mère, signifie le sanctuaire du Vrai dans le Divin Humain : et il prit lit becca, et elle lui était pour femme, et il l'aima, signifie la conjonction : et lischak fut consolé après sa mère, signifie un état nouveau.

3209. IjC serviteur raconta à lischak toutes les paroles qu'il avait exécutées, signifie ta perception, d'après le Divin naturel, de la manière 'dont la chose se passait : on le voit par la signification de raconter , en ce que c'est percevoir; la perception , en effet, est comme un récit interne, c'est pour cela que percevoir est exprimé, dans les historiques de la Parole, par raconter et aussi par dire. PI* 1791, 1815, 1819, 1822, 1898, 1919, 2080, 2619, 2862 ; par la signification du serviteur ici. en ce qu'il est le Divin naturel, ainsi qu'il va Otre expliqué; et par la signification des paroles, en ce qu'elles sont les choses, N* 1785 ; d'après cela il est évident que ces expressions, le serviteur raconta toutes tes paroles qu'il avait exécutées, signifient que 1» Divin Bien Rationnel perçut par le Divin naturel comment Ta chose se passait. La chose se passe ainsi : le Rationnel est dans un degré- au-dessus du naturel , et le Bien Rationnel dans le Seigneur a été Divin , mais le Vrai qui devait être élevé du naturel n'a pas été Divin, avant d'avoir été conjoint au Divin Bien du Rationnel ; afin donc que le Bien du Rationnel influât

dans le naturel , il devait y avoir un médium , ce médium n'a pu être autre qu'un naturel qui participât du Divin; ce naturel est représenté par le serviteur le plus ancien de la maison d'Abraham, qui administrait tout ce qu'il avait, N°* 3019, 3020; que ce serviteur signifie le Divin naturel, on le voit N" 3191, 3192, 3204,3206.

3210. Et lischak la conduisit dans ta tente de Sarali sa mûre, signifie le sanctuaire du vrai dans le Divin Humain : on le voit par la signification de la tente, en ce qu'elle est le saint, N01 414, 1102, 2145, 2152, 2576, ainsi le sanctuaire ; et par la signification ûcSarah sa mère, en ce qu'elle est le Vrai Divin, N" 1468, 1901, 2063, 2065, 2904, d'où est né le Divin Humain, dont le Rationnel est représenté par le fils lischak ; de là il est évident que ces mots , lischak la conduisit dans la tente de sa mère , signifient que le Bien rationnel a amené le Vrai, représenté par Rébecca, chez soi dans lo sanctuaire du vrai. Quant au sanctuaire du vrai, on peut voir ce que c'est d'après ce qui a été dit ci-dessus , N* 3194 , sur le Divin Humain du Seigneur, savoir, que dans le Divin Même (Ipsissimum) il y a le Bien et le Vrai, et que le Seigneur quant au Divin Humain est sorti du Divin Bien et est né (savoir, quant au Divin Même) du Divin Vrai, ou, ce qui est la même chose, que l'Être même du Seigneur a été le Divin Bien, et que son Exister même a été le Divin Vrai, d'où a procédé le Divin Bien Rationnel, auquel il a conjoint le Divin Vrai d'après l'Humain; il n'est pas possible d'en dire davantage sur ce profond Arcane, sinon que c'est le Divin Bien même et le Divin Vrai même dans le Divin Humain du Seigneur, auquel a été conjoint le Vrai d'après l'humain , qui a été signifié par le Sanctuaire , lequel fut le Saint des saints dans le Tabernacle et dans le Temple ; et sa qualité a été représentée par les choses qui étaient dans le Tabernacle, par exemple , par l'Autel d'or, par la table où étaient les pains de proposition , par le Chandelier, plus intérieurement encore par le Propitiatoire et par l'Arche, et intimement par le Témoignage, qui était la Loi promulguée du haut du Sinaï; cette Loi était le Saint des saints lui-inême ou le Sanctuaire du Vrai.

3211. Et il prit Rèbccca , et elle lui était pour femme, et il t'aima, signifie la conjonction, savoir . du bien et du vrai : on peut le voir sans explication : s'il est dit que Rébecca lui fut pour femme

et non pour épouse, c'est parce que entre le Bien rationnrl et le Vrai tiré du naturel et devenu Divin, il se fait non pas un mariage, mais une alliance à l'instar de l'alliance conjugale ; le Mariage Divin Môme, qui est dans le Seigneur, est l'union de l'Essence Divine avec l'Essence Humaine, et de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine, voir N° 2803 ; voilà pourquoi Rébecca est appelée femme et non épouse.

3212. Et lisettak fut consolé après sa mère, signifie un état nouveau : on peut le voir par la signification de recevoir la consolation, en ce que c'est un état nouveau, car l'état de consolation est un nouvel état qui , en raison de ce qu'il succède au précédent, est signifié par ces mots après sa mère. L'état nouveau est l'état de la glorification du Rationnel maintenant quant au Vrai comme précédemment quant au Bien; le Rationnel a été pleinement glorifié, lorsqu'il a été fait Divin quant à l'un et à l'autre. Que le Seigneur quant à l'Humain soit devenu nouveau , c'est-à-dire ait été glorifié, ou, ce qui est la même chose, soit devenu Divin, c'est ce que jamais ne peut concevoir ni par conséquent croire quiconque est dans les amours mondains et corporels ; un tel homme ignore absolument ce que c'est que le spirituel et le céleste, et ne veut pas même le savoir; mais celui qui n'est pas dans les amours mondains et corporels peut le percevoir, car il croit que le Seigneur est un avec le Père, et que de Lui procède tout ce qui est saint; il croit par conséquent qu'il est Divin aussi quant à l'Humain , et celui qui croit perçoit à sa manière; l'état de glorification du Seigneur peut être saisi en quelque manière d'après l'état de la régénération de l'homme, car la régénération de- l'homme est l'image de la glorification du Seigneur, N" 3043, 3138 ; quand l'homme est régénéré, il devient alors entièrement autre, et il devient nouveau ; aussi est-ce pour cela que quand il a été régénéré, il est appelé né une seconde fois et créé de nouveau ; alors, quoiqu'il ait le même visage et le même langage , toujours est-il qu'il n'a pas le même mental ; son mental, lorsqu'il a été régénéré, est ouvert vers le ciel, et l'amour pour le Seigneur et la charité envers le prochain y habitent avec la foi ; c'est le mental qui fait l'homme autre et nouveau ; le changement d'état ne peut être aperçu dans le corps de l'homme, mais il l'est dans son esprit ; le corps est seulement l'enveloppe de son esprit, quand elle

320 AKCANES CÉLESTES.

est dépouillée, son esprit se fait voir, et même lout-a-fait dans une autre forme quand il a été régénéré , il y a alors en lui la forme de l'amour et de la charité dans une beauté inexprimable, N° 553. au lieu de la forme antérieure qui était celle de la haine cl de la cruauté avec une laideur également inexprimable; on peut voir, d'apivs cela, ce que c'est que le régénéré, ou l'homme né une seconde fois ou créé de nouveau, c'est-à-dire qu'il est entièrement autre et nouveau ; d'après cette image on peut en quelque sorte concevoir ce que fut la Glorification du Seigneur; Il n'a pas été régénéré comme l'homme, mais il a été fait Divin , et cela d'après l'Amour Divin Même, car il a été fait Lui -Même l'Amour Divin ; sa forme fut alors telle qu'elle apparut à Pierre, à Jacques et à Jean , lorsqu'il leur fut donné de Le voir, non des yeux du corps, mais des yeux de l'esprit, savoir, lorsque sa face resplendit comme le Soleil, — Matth. XVII. 2; et il est évident que c'était son Divin Humain, d'après la voix qui sortit alors de la nuée, disant : Celui-ci est mon Fils chéri, — ibid. Vers. 5. — Que le Fils soit le Divin Humain, on le voit N°2G28.

Continuation sur les Représentations et les Correspondances.

3213. Dans le monde des esprits il existe des Représentatifs innombrables et presque continuels, qui sont les formes de choses spirituelles et célestes, ne diiïérant point de celles qui sont dans le monde ; d'après un très long commerce avec les esprits et les anges il m'a été donné de savoir d'où proviennent ces représentatifs ; ils influent du ciel, ainsi que des idées et des conversations des Anges qui y sont ; en effet , quand les idées des Anges et les conversations qui en résultent tombent vers les esprits, elles se manifestent de différentes manières sous des formes représentatives; par elles les

lions esprits peuvent savoir de quel sujet les Anges s'entretiennent entre eux, car au-dedans des représentatifs il y a l'Angélique qui,

ayant la propriété d'affecter , est perçu, même quant à la qualité. Les idées et les conversations Angéliques ne peuvent se présenter autrement devant les esprits; car , en comparaison de l'idée d'un esprit, l'idée Angélique contient des choses indéfinies, et si elle n'était formée et présentée d'une manière représentative, et ainsi d'une manière visible par des images, l'esprit en comprendrait à peine quelque chose, car la plupart sont ineffables ; mais quand elles sont représentées par des formes, elles deviennent alors compréhensibles pour les esprits quant aux plus communes ; et , ce qui t * ^ t ( 1 1 1 ii d 1 1 1 1 1 . il u^fîi ^ ni i* iiï t- \t\ m o i n d i*g c 1 1 os * i ! < 1 1 1 ^ ccllos c| u i son t

.«n.A,.nni/,nc — ^ n'i.vnriiiio miioImiw» cniritnnl ni miolnim n/*\nct,i I epi eseii lues , u la|jiimic «juch.(uv sjjii mu.i ci «|m M|uc nicsil ,

contenus dans l'idée de la société Angélique d'où découle le représentatif.

321 4. Les Représentatifs des spirituels et des célestes existent parfois en une longue série, continuée pendant le temps, d'une heure ou de deux heures, et dans un ordre successif tel, que c'est admirable; il y a des sociétés chez lesquelles se font ces représentatifs, et il m'a été donné d'être avec elles pendant plusieurs mois; mais ces Représentations sont telles , que si j'en racontais et décrivais seulement une seule dans son ordre, plusieurs pages seraient remplies; elles sont tout-à-fait agréables, car elles offrent continuellement et successivement quelque chose de nouveau auquel on ne s'attend pas; et cela jusqu'à ce que ce qui est représenté soit pleinement terminé; et quand tout est terminé, on peut d'un seul coupd'œil en contempler l'ensemble, et alors il est en même temps donné d'apercevoir ce que chaque détail signifie: les bons Esprits sont aussi initiés de cette manière dans les idées spirituelles et célestes.

3215. Les Représentatifs qui existent devant les esprits sont d'une variété incroyable ; ils sont néanmoins pour la plupart semblables aux choses qui existent sur la terre et dans ses trois règnes ; pour savoir quels ils sont, il faut se reporter à ce qui en a été dit précédemment, N" 1521, 1532, 1619 à 1622, 1623 , 1624, 1625, 1807, 1808, 1971, 1974, 1977, 1980, 1981, 2299, 2601, 2758.

3216. Alin qu'on sache encore mieux ce qu'il en est des Représentatifs dans l'autre vie, savoir, de ceux qui apparaissent dans le

monde des esprits, quelques exemples vont aussi être donnés ici.

Quand les Anges ont des conversations sur les Doctrinaux de la charité et de la foi, alors dans la sphère inférieure où se trouve la société correspondante des esprits il apparaît parfois l'idée d'une \ î lie ou de Villes, renfermant des palais d'un art architcctonique tel, que vous diriez avec surprise que cet art même est la et vient de là, outre des maisons d'un aspect varié; et ce qui est admirable, c'csi qu'en général et en particulier dans tous ces édifices il n'y a pas le moindre point, le moindre trait visible, qui ne représente quelque chose de l'idée et de la conversation des Anges : par là on peut voir que de choses innombrables y sont contenues ; puis, ce qui a été signifié par les Villes vues par les Prophètes dans la Parole, par exemple, par la Cité Sainte ou la Nouvelle Jérusalem ; et aussi par les Villes dans la Parole Prophétique, c'est-à-dire que ce sont les Doctrinaux de la charité et de la foi, N0' A02, 2AM>.

3217. Quand les Anges s'entretiennent sur l'intellectuel , alors dans le monde des esprits au-dessous d'eux ou dans les sociétés qui leur correspondent , il apparaît des Chevaux , dont la grandeur ,1a forme, la couleur et la posture sont en rapport avec les idées que les Anges ont de l'Intellectuel ; ces chevaux sont même diversement harnachés. 11 y a aussi un lieu situé assez profondément un peu sur la droite, qui est appelé le domicile des Intelligents, où apparaissent continuellement des Chevaux ; et cela, parce que ceux qui l'habiten sont dans la pensée sur l'Intellectuel, quand les Anges qui s'entre" tiennent sur l'Intellectuel influent dans leurs pensées, desCh evaux sont représentés : par là j'ai pu voir ce que signifient les Chevaux \us par les Prophètes, ainsi que les Chevaux nommés dans la Parole, c'est-à-dire qu'ils signifient les Intellectuels, N°* 2760, 2761,2762.

3*218. Quand les Anges sont dans les aiïcctions et qu'en même temps ils en parlent, elles tombent, dans la sphère inférieure clxv les esprits , en apparences représentatives d'animaux; quand ils parlent d'Affections bonnes, il se présente des animaux beaux, doux et utiles, tels que ceux qu'on admettait pour les sacrifices dans le culte représentatif Divin de l'Église Juive, comme Agneaux, iirebis, Chevreaux, Chèvres, Béliers, Boucs, Veaux, Taureaux. iUi-ufs ; et alors tout ce qui apparaît sur l'animal représente quelque < Uigie de leur pensée, qu'il est donné aussi aux bons esprits de per-

cevoii* : par là on peut voir ce que signifiaient les Animaux dans les rites de l'Église Juive . et ce que signifient ces mêmes animaux nommés dans la Parole, c'est-à-dire qu'ils désignent les affections, Not 1823, 2179, 2180. Mais la conversation des Anges sur les affections mauvaises est représentée par des bêtes affreuses , féroces et inutiles, comme tigres, ours, loups, scorpions, serpents, rats et autres semblables; c'est aussi par ces bêtes que les affections mauvaises sont signifiées dans la Parole.

3210. Quand les Anges s'entretiennent sur les connaissances et sur les idées, ainsi que sur l'influx , alors dans le monde des esprits apparaissent comme des oiseaux, dont la forme est en rapport avec le sujet de leur conversation; de là vient que les Oiseaux, dans la Parole, signifient les rationnels ou les choses qui appartiennent à la pensée, N" 40, 7A5 , 776, 991. Un jour des Oiseaux s'offrirent a ma vue, l'un était d'une couleur sombre et d'une forme laide, mais les deux autres étaient nobles et beaux , et tandis que je les considérais, voici qu'il tomba en moi quelques esprits avec une telle impétuosité, qu'ils imprimèrent un tremblement à mes nerfs et à mes os; je crus qu'alors, — ainsi qu'il m'était déjà arrivé quelquefois, — de mauvais esprits faisaient irruption chez moi dans une intention de détruire, mais il n'en était pas ainsi; mon tremblement et l'émotion des esprits qui étaient tombés ayant cessé, je leur parlai et leur demandai ce que c'était : ils me dirent qu'ils étaient tombés d'une société Angélique , dans laquelle on s'était entretenu sur les pensées et l'influx, et qu'ils avaient été d'avis que ce qui appartient à la pensée influe du dehors, savoir, par les sens externes, selon l'apparence; mais que la Société céleste, dans laquelle ils étaient , avait déclaré que cela influe du dedans ; et que , comme ils étaient dans le faux , ils tombèrent de cette société , non que les Anges les eussent précipités , car ils ne rejettent personne d'avec eux , mais qu'ils tombèrent d'eux-mêmes, parce qu'ils étaient dans une fausseté ; et que c'était là le motif de ce qui venait d'arriver. Par là il me fut donné de savoir que, dans le ciel, la conversation sur les pensées et l'influx est représentée par des oiseaux , la conversation de ceux qui sont dans le faux, par des oiseaux d'une couleur sombre et d'une forme laide, et la conversation de ceux qui sont dans le vrai , par des oiseaux nobles et beaux; et en même temps je fus

instruit que tout ce qui appartient à la pensée influe du dedans et non du dehors quoiqu'il semble que ce soit du dehors ; et il me fut dit qu'il est contre l'ordre que le postérieur influe dans l'intérieur, ou ce qui est plus grossier dans ce qui est plus pur, et qu'ainsi il est contre l'ordre que le corps influe dans l'âme.

3220. Quand les Anges s'entretiennent sur les choses qui appartiennent à l'intelligence et à la sagesse, ainsi que sur les perceptions et les connaissances, leur influx , dans les sociétés correspondantes des Esprits, tombe en représentations de choses qui sont dans le Règne végétal, par exemple, en représentations de Jardins , de Vignes, de Bois, de prairies émaillées de fleurs, et en plusieurs autres représentations qui surpassent toute imagination de l'homme: de là vient que les choses qui appartiennent à la sagesse et à l'intelligence sont décrites dans la Parole par des Jardins, des Vignes, des Bois, des Prairies, et que ces choses sont signifiées quand ces objets sont nommés.

3221. Les conversations Angéliques sont quelquefois représentées par des Nuées, et par les formes, les mouvements, les couleurs et les passages des nuées ; les affirma tifs du vrai par des nuées blanches et montantes , les négatifs par des nuées sombres et descendantes ; les aflirmatifs du faux par des nuées obscures et noires; les conformités de sentiment et les diversités d'avis, par les différentes réunions et séparations de nuées, et tout cela apparaît dans un azur tel qu'est celui du ciel durant la nuit.

3222. En outre les amours et les affections des amours sont représentés par des flammes , et cela avec une variété inexprimable ; mais les Vérités le sont par des Lumières et par les innombrables modifications de la Lumière ; de là on peut voir d'où vient que, dans la Parole, les flammes signifient les biens qui appartiennent à l'amour, et les lumières les vrais qui appartiennent à la foi.

3223. Il y a deux Lumières par lesquelles l'homme est éclairé, la Lumière du monde et la Lumière du ciel ; la Lumière du monde vient du soleil, la Lumière du ciel procède du Seigneur; la Lumière du monde est pour l'homme naturel ou externe , ainsi pour les choses qui sont dans cet homme ; les choses qui y sont, quoiqu'elles ne semblent pas appartenir à cette lumière, y appartiennent cependant, car rien ne peut être saisi par l'homme naturel, si ce n'est

par le moyen des choses qui existent et se manifestent dans le monde

solaire, et n'ont ainsi quelque forme que par la lumière qui est là et par l'ombre; toutes les idées du temps et toutes les idées de l'espace qui jouent dans l'homme naturel un si grand rôle, que sans elles il ne peut penser, appartiennent aussi à la lumière du monde ; mais la Lumière du ciel est pour l'homme spirituel ou interne ; le mental intérieur de l'homme, où sont ses idées intellectuelles qu'on nomme immatérielles, est dans celte lumière ; l'homme ignore cela, quoiqu'il appelle vue son entendemeut, et qu'il lui attribue une lumière; la raison de cette ignorance, c'est que, tant qu'il est dans les mondains et dans les corporels, il a seulement la perception des choses qui appartiennent à la lumière du monde, et non celle des choses qui appartiennent à la lumière du ciel ; la lumière du ciel vicDt du Seigneur seul, le ciel tout entier est dans cette lumière Cette Lumière, savoir, celle du ciel , est immensément plus parfaite que la lumière du monde ; les choses qui dans la lumière du monde font un seul rayon en font des myriades dans la Lumière du ciel; dans la lumière du ciel il y a l'intelligence et la sagesse; c'est cette lumière qui influe dans la lumière du monde, laquelle est dans l'homme Externe ou Naturel , et qui fait que celui-ci perçoit par les sens les objets des choses; si cette lumière n'influait pas, jamais il n'y aurait pour l'homme aucune aperception, car ce n'est que par là qu'il y a la vie dans ce qui appartient à la lumière du monde. Entre ces Lumières, ou entre les choses qui sont dans la lumière du ciel et celles qui sont dans la lumière du monde, il existe une correspondance, quand l'homme Externe ou Naturel fait un avec l'homme Interne ou Spirituel, c'est-à-dire quand l'externe est au service de l'interne ; et alors ce qui existe dans la lumière du monde est le représentatif de ce qui existe dans la lumière du ciel.

3224. Il est étonnant que l'homme ne sache pas encore que sou Mental intellectuel est dans une lumière qui est absolument autre que la lumière du monde; mais telle est la condition, que pour ceux qui sont dans la Lumière du monde, la Lumière du ciel est comme des ténèbres, et que pour ceux qui sont dans la Lumière du ciel, la Lumière du monde est comme des ténèbres : cela vient principalement des amours, qui sont les chaleurs de la lumière; ceux qui sont dans les amours de soi et du monde, ainsi dans la seule chaleur de

la lumière du monde, ne sont affectés que par les maux et par les

faux, et ce sont ces maux et ces faux qui éteignent les vrais qui appartiennent a la lumière du ciel; ceux, au contraire, qui sont dans l'amour pour le Seigneur et dans l'amour envers le prochain, ainsi dans la chaleur spirituelle, qui appartient à la lumière du ciel, sont affectés par les biens et par les vrais, qui éteignent les faux, mais néaumoins il y a chez eux correspondance. Les Esprits qui sont seulement dans les choses qui appartiennent à la lumière du monde, et* par suite dans les faux qui proviennent des maux , ont, à la vérité, dans l'autre vie une lumière qui vient du ciel, mais une lumière telle que celle d'un feu follet, et telle que celle qui est produite par le charbon enflammé ou par un tison ; mais cette lumière est éteinte aussitôt que la lumière du ciel approche, et elle devient obscurité: ceux qui sont dans cette lumière sont dans les phantaisies; et les choses qu'ils voient dans leurs phantaisies, ils croient que ce sont des vrais, et il n'y a pas pour eux d'autres vrais ; leurs phantaisies sont aussi liées ù des objets impurs et obscènes qui font principalement leurs délices, ils pensent par conséquent comme des insensés et des fous ; ils ne raisonnent pas sur les faux pour savoir ce qu'il en est , ils affirment sur le champ; mais quand il s'agit des biens et des vrais, ils se livrent à de continuels raisonnements qui se terminent par le négatif. En effet, les vrais et les biens, qui procèdent de la lumière du ciel, influent dans le mental intérieur qui chez eux est fermé ; aussi la lumière influe-t-elle autour et au dehors de ce mental, et elle devient telle, qu'elle n'est modifiée que par des faux qui se présentent ù eux comme des vrais : les vrais et les biens ne peuvent être reconnus que chez ceux dont ce mental intérieur a été ouvert; la Lumière qui procède du Seigneur influe dans ce meutal. cl autant il a été ouvert, autant les vrais et les biens sont reconnus: ce mental a été ouvert seulement chez ceux qui sont dans l'innocence, dans l'amour pour le Seigneur, et dans la charité envers le prochain, mais non chez ceux qui sont dans les vrais de la foi . s'ils ne sont pas en même temps dans le bien delà vie,

39.25. D'après tout ce qui précède on peutdonc voir ce que c'est que la correspondance, et d'où elle v ient, et ce que c'est que la représentation et d'où elle vient; savoir, qu'il y a Correspondance entre ce qui Appartient à In lumière du ciel et ce qui appartient à In

lumière du monde, c'est-à-dire entre ce qui appartient à l'homme Interne ou Spirituel ou ce qui appartient à l'homme Externe ou Naturel ; et que la Représentation est tout ce qui existe dans les choses appartenant à la lumière du monde, c'est-à-dire tout ce qui existe dans l'homme Externe ou Naturel , relativement anx choses appartenantàla lumière du ciel, c'est-à-dire qui viennent de l'homme Interne ou Spirituel.

322C. Au nombre des facultés éminentesque l'homme a en lui, quoiqu'il ne le sache pas, et qu'il emporte avec lui dans l'autre vie. quand il y passe après avoir quitté le corps, est celle de percevoir ce que signifient les représentatifs qui se montrent à la vue dans , l'autre vie ; et aussi celle de pouvoir par son sentiment (sensu animi) exprimer pleinement en un instant ce que, dans le corps, il n'a mi exprimer en plusieurs heures, et cela, par des idées provenant de ce qui appartient à la lumière du ciel , secondées et rendues comme ailées par les formes représentatives de la chose sur laquelle il y a conversation, formes convenables, qui sont telles qu'il est impossible de les décrire : et comme l'homme après la mort vient dans ces facultés, et n'a pas besoin d'être instruit dans l'autre vie sur ce qui les concerne, on peut voir par là que l'homme est en elles , c'est-àdire qu'elles sont en lui, quand il vit dans le corps, quoiqu'il ne le sache pas. S'il en est ainsi, c'est parce que chez l'homme il y a un influx continuel qui procède du Seigneur par le ciel ; cet influx est celui des spirituels et des célestes qui tombent dans ses naturels et s'y montrent d'une manière représentative; dans le ciel chez les Anges on ne porte ses pensées que sur les célestes et sur les spirituels qui appartiennent au Royaume du Seigneur ; mais dans le monde chez l'homme à peine les porte-t-on sur autre chose que sur les corporels et sur les naturels qui appartiennent au royaume dans lequel il est, et aux nécessités de la vie dans lesquelles il est tenu ; et comme les spirituels et les célestes du ciel, qui influent, se montrent d'une manière représentative chez l'homme dans ses naturels, c'est pour cela qu'ils demeurent insités (greffés), et que l'homme est en eux, lorsqu'il se dépouille. des corporels et abandonne les mondains.

8227. La continuation sur les Représentations et les Correspondances esta la fin du Chapitre suivant.

Page 1