‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 22.26 (volume 2)Chapitre 18 sur 22 · Chadar , et Théma , Jétur , Naphisch , et Kedmah · texte numérisé non relu

Chadar , et Théma , Jétur , Naphisch , et Kedmah

10. Ce {sont) là les fils de Iischmaël, et ce (sont) là leurs noms , dans leurs villages, et dans leurs châteaux; douze princes de leurs peuples.

17. El voici les années des vies de Iischmaël : cent ans, et trente ans, et sept ans; ei il expira et mourut, et il fut recueilli vers ses peuples.

18. Et ils s'établirent depuis Chavillah jusqu'à Schur, qui (est) sur les faces de l'Egypte, en venant vers Aschur; sur les face» de tous ses frères il tomba.

19. Et voici les nativités de Iiscbak fils d'Abrabam; Abraham engendra Iischak.

20. Et Iischak était fils (âgé) de quarante ans, quand il prit Rébecca, tille de Béthuel l'Araméen de Paddan-Aram , sœur de Laban l'Araméen, pour sa femme.

21. Et Iischak pria Jéhovah au sujet de sa femme, parce qu'elle [était) stérile, et Jéhovah l'exauça , et Rébecca sa femme conçut.

22. Et les fils s'entreheurtaient au milieu d'elle ; et elle dit : Si [c'est) ainsi, pourquoi cela , moi? et elle alla interroger Jéhovah.

23. Et Jéhovah lui dit : Deux nations (sont) dans ton utérus, et deux peuples seront séparés de tes entrailles ; et un peuple prévaudra sur (l'autre) peuple, et le plus grand servira le moindre.

24. Et ses jours furent remplis pour enfanter; et voici, des jumeaux dans son utérus.

25. Et le premier sortit, tout roux, lui, comme une tunique poilue , et ils appelèrent son nom Esaii.

26. Et après cela sortit son frère, et sa main tenait le talon d'Esatt, et il appela son nom Jacob : et Iischak (était) (ils (âgé) de soixante ans quand ils furent enfantés.

27. Et les garçons grandirent ; et EsaU fut un homme savant à la chasse, homme de champ ; et Jacob, un homme intègre, habitant les tentes.

28. Et Iischak aimait EsaU, parce que la chasse (était) en sa bouche; et Rébecca aimait Jacob.

29. Et Jacob cuisait un potage, et EsaU revenait du champ, et il (Hait) las.

30. Et Esaii dit à Jacob : Fais-moi humer, je te prie, du rouge,

ce rouge-là, parce que je {suis) las; c'est pourquoi il appela son nom Edom.

31. Et Jacob dit : Vends-moi comme aujourd'hui ta primogéniture.

32. Et Esati dit : Je m'en vais mourir, et à quoi (bon) cela pour moi, la primogéniture ?

33. Et Jacob dit : Jure-moi comme aujourd'hui ; et il lui jura, et il vendit sa primogéniture à Jacob.

34. Et Jacob donna à Esau du pain et le potage de lentilles; et il mangea, et il but, et il se leva, et il s'en alla ; et Esaû méprisa la primogéniture.

CONTENU

3230. Dans ce Chapitre, dans le sens interne. Primo , il s'agit du Royaume spirituel du Seigneur, et des dérivations de ceRoyaume. — Vers. 1, 2, 3, 4. — Que ce Royaume a été séparé du Royaume céleste du Seigneur, — Vers. 5, 6. — Que le représentatif du Seigneur par Abraham a été terminé,— Vers. 7, 8.— Et que le représentatif du Seigneur par Iischak et par Iischraaël a commencé, — Vers. 9, 10, 11.

3231. Secundo, il s'agit de l'Eglise spirituelle qui est représentée par Iischmaël, et des dérivations de cette Eglise, — Vers. 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18.

3232. Tertio, il s'agit de la conception et de la naissance du Divin Naturel, quant au Bien , qui est Esati, et quant au Vrai , qui est Jacob,— Vers. 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26.

3233. Quarto, il s'agit de la priorité du Bien et du Vrai dans l'Eglise,— Vers. 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34.

323 A. Vers. 1. Et Abraham ajouta et prit une femme , et son nom (était) Kétura/t. — Et Abraham ajouta $1 prit une femme, signifie le second état du Seigneur qu'Abraham représente ; Abraham et Sarah ont représenté le Seigneur quant au Divin Céleste, Abraham et Kélurah L'ont représenté quantau Divin Spirituel ; ainsi Abraham représente ici le Seigneur quant au Divin Bien Spirituel, et sa femme Le représente quant au Divin Vrai adjoint à ce Bien : et son nom (était) Kèturah, signifie l'essence de ce Divin V rai.

3235. Abraham ajouta et prit une femme, signifie le second état du Seigneur qu'Abraltam représente; Abraham et Sarah ont représenté te Seigneur quant au Divin céleste, Abraham et Kèturah Vont représenté quant au Divin Spirituet : on le voit d'après ce qui a été dit et montré jusqu'à présent touchant Abraham et son Épouse Sarah , et d'après ce qui est rapporté ici d'Abraham et de Réturah : mais comme il est dit qu'Abraham représente ici le second état du Seigneur, et qu'Abraham et Sarah ont représenté le Seigneur quant au Divin céleste, et qu'Abraham et Kéturah L'ont représenté quant au Divin Spirituel, il faut qu'on sache ce que c'est que le Divin céleste et ce que c'est que le Divin Spirituel : le Divin céleste et le Divin Spirituel sont considérés relativement à ceux qui reçoivent le Divin du Seigneur, car le Seigneur apparaît à chacun selon la qualité de celui qui reçoit, comme on peut le voir d'après ce qui a été dit N 1838, 1861 ; et cela est clairement manifesté en ce que le Seigneur apparaît autrement aux célestes, et autrement aux spirituels, car aux célestes il apparaît comme Soleil et aux spirituels comme Lune, N°* 1529, 1520, 1531, 1838; le Seigneur apparaît comme Soleil aux Célestes, parce qu'ils sont dans l'amour céleste, c'est-à-dire, dans l'amour pour lo Seigueur, et comme Lune aux Spirituels, parce qu'ils sont dans l'amour spirituel, c'est-à-dire, dans la charité envers le prochain ; la différence est comme celle qui existe entre la lumière du soleil pendant le jour et la lumière de la lune pendant la nuit, et comme celle qui existe entre la chaleur

de l'une et de l'autre, et dont résultent les germinations : c'est là ce qui a été entendu dans le Premier Chapitre de la Genèse par ces

paroles: u Et Dieu fit deux grands Luminaires, un Luminaire grand pour dominer (k jour, et un Luminaire moindre pour dominer de nuit. » — Vers. 16 ; — en général le Royaume du Seigneur est céleste et est spirituel, c'est-à-dire qu'il se compose de Célestes et de Spirituels; et comme le Divin du Seigneur apparaît aux Célestes comme céleste, et aux Spirituels comme spirituel, c'est de là qu'il est dit qu'Abraham et Sarah ont représenté le Seigneur quant nu Divin céleste, et qu'Abraham et Kéturah L'ont représenté quant au Divin spirituel. Mais comme il est à peine quelqu'un qui sache en que c'est que le Céleste et ce que c'est que le Spirituel, et qui sont ceux qu'on nomme les célestes et ceux qu'on nomme les spirituels, on peut voir ce qui a déjà été dit et montré sur ce sujet, savoir : ce que c'est que le céleste, et ce que c'est que le Spirituel, N* 1155. 1577, 1824, 2048, 2184, 2227, 3507 ; qui sont ceux qu'on nomme les Célestes et qui sont ceux qu'on nomme les spirituels, N°* 2088, 2609, 2708, 2715 ; que l'homme Céleste est la ressemblance du Seigneur et fait le bien d'après l'amour, et que l'homme spirituel est l'image du Seigneur et fait le bien d'après la foi, N°* 50, 51, 62, 1013 ; que les Célestes perçoivent le vrai d'après le bien, et ne raisonnent jamais sur le vrai, N0' 202, 337, 607, 805, 1121, 2715; que chez l'homme céleste le bien est semé dans sa partie volontaire , mais chez l'homme spirituel, dans sa partie intellectuelle; et que c'est dans cette partie qu'une nouvelle volonté est créée chez les Spirituels, N°* 863, 875, 895, 807, 927, 1023, 1043, 1044, 2256 ; que les Célestes voient d'après le bien môme des choses indéfinies, mais que les Spirituels, parce qu'ils raisonnent pour savoir si telle chose est ou n'est pas, ne peuvent parvenir au premier terme de la lumière des célestes, N° 2718 ; que les Spirituels sont relativement dans l'obscur, N°* 1043, 2708, 2715 ; que le Seigneur est venu dans le monde pour sauver les Spirituels, NM 2661, 2726, 2833, 2834.

3236. Abraham représente ici te Seigneur quant au Dirin Bien Spirituel, et sa femme h repré '< nte quant au Dirin Vrai adjoint à ce Bien : on peut le voir d'après ce qui a été dit précédemment sur les maris et les épouses, savoir, que le Mari représente le Bien, *'[ l'Épouse h- Vrai, comme ci-dessus Abraham cl Sarah, N0' !4<>S.

1901, 2063, 2065, 2172, 2173, 2108, 2904, el comme dans le Chapitre précédent Iischak et Rébecca , N* 3077 : si le Mari représente le bien, et l'Épouse le vrai, c'est parce que l'Église est comparée à un mariage, et est aussi le mariage du bien et du vrai ; le bien est représenté par le Mari, parce qu'il est au premier rang, et le vrai est représenté par l'Épouse, parce qu'il est au second rang ; c'est aussi pour cela que le Seigneur, dans la Parole, est appelé Fiancé, Homme (Vir), Mari, et l'Église, Fiancée, Femme, Épouse. Ce que c'est que le bien spirituel, et ce que c'est que le vrai spirituel adjoint à ce bien, on peut le voir d'après les passages qui viennent d'être cités N° 3235 ; chez l'homme Spirituel, le bien est en général ce qu'on nomme le bien de la foi, et ce bien n'est autre que la charité envers le prochain; mais pour qu'il soit la charité, il faut qu'il vienne de la volonté nouvelle dont l'homme spirituel a été gralilié par le Seigneur; le vrai spirituel adjoint à ce bien est ce qu'on nomme le vrai de la foi, et ce vrai n'est autre que celui qui considère la charité en premier lieu comme la lin propter t/uem (en vue de laquelle on agit,) et ensuite comme le principe e.r quo (dont il procède ; ) mais pour que le Vrai de la foi, ou la foi, soit à l'homme spirituel, il faut qu'il vienne de l'entendement nouveau dont l'homme a été gratifié par le Seigneur, et il faut que l'entendement ait sa lumière par la volonté nouvelle.

3237. Et son nom était Kéturah, signifie Ci ssenccdcce Dirinï'rai : on le voit par la signification du nom, en ce qu'il est la qualité, et parce que appeler du nom, c'est connaître la qualité, N°" 144, 145, 1754, 1806, 2000 ; mais comme c'est l'être et non la qualité qui se dit du Divin, c'est pour cela que le nom ici signifio l'essence, el même l'essence du Divin Vrai, lequel est signifié ici par Son ou d'Bête, savoir de la femme; que la femme soit ici le Divin Vrai, c'est ce qui vient d'être montré N° 3236; par là on voit clairement ce que Kéturah en général renferme.

3238. Vers. 2, 3, 4. Et elle lui enfanta Zimran, et lochschan. et Médan, et Midian, et lUchbak, et Schuach. Et lochschan engendra SchCbaet Dédan : et les fils de Dédan furent Asehurim. et Utuschim, et h'umim. El les /ils de Midian: Ephah et Ephcr. et Clunuuh. et Abidah, et Eldaah : tous eeu.r-h) fis de Kéturah. -fille lui enfanta Zimran. et lochschan. et Uêdun. et Midian. et

lischbak, et Schuach, représente les portions communes (ou sons communs) du Royaume spirituel du Seigneur dans les cieux et sur les terres : et loclischan engendra Schébaet Dédan, signifie les dérivations de la première portion : et les fils de Dédan furent Aschurim, et Létuschim, et Léumim, signifie les dérivations de la seconde portion : et les fils de Midian: Ephah et Epher, et Chanoeh et Abidah, et Eldaah, signifie les dérivations de la troisième portion : tous ceux- là fils de KHurah, signifie quant aux doctrinaux et aux cultes qui en proviennent.

3239. Et elle lui enfanta Zimran, et loclischan, et Médan, et Midian, et lischbak, et Schuach, représente les portions communes du Royaume Spirituel du Seigneur dans les cieux et sur les terres: on ne peut pas le voir ainsi d'après la Parole, parce qu'il n'est pas ailleurs fait mention d'eux, cependant on peut le voir en ce que toutes les personnes, qui sont nommées dans la Parole, représentent quelque chose, comme on peut suffisamment s'en convaincre d'après toutes celles dont il a été parlé jusqu'ici depuis le Premier Chapitre de la Genèse ; que les Noms tant des personnes que des royaumes, des provinces et des villes, signifient des choses dans le sens interne de la Parole, on le voit, N°* 768, 1224, 1204, 1876, 1888, et en plusieurs endroits ailleurs, où cela est particulièrement confirmé d'après la Parole. Si, à l'exception de Midian, les autres ne sont pas nommés ailleurs dans la Parole, c'est parce qu'ils sont du nombre des fils de l'Orient, de qui il est çà et là parlé dans la Parole, et ceux-ci dans le commun, comme on le verra cidessous, au Vers. 6, de ce Chapitre, signifient ceux qui sont du Royaume Spirituel du Seigneur. Que ces fils qu'Abraham eut de Kéturah aient cette représentation, on le voit en ce qu'Abraham et Kéturah représentent le Seigneur quant au Divin Spirituel, savoir; AJ>rabam, le Seigneur quant au Divin Bien Spirituel ; Kéturah , le Seigneur quant au Divin Vrai Spirituel coujoint à ce Bien, ainsi qu'il vient d'être dit N°* 3236, 3236 ; de là résulte que leurs fils représentent les portions communes du Royaume qui procède du Divin Spirituel du Seigneur. Il est dit des portions communes, parce que le Royaume du Seigneur est représenté par la terre, qui est distribuée par portions entre ceux à < j n i elle est donnée comme un héritage à posséder, de même que la terre de Canaan aux fils d'Israël :

GENÈSE. CHAP. VINGT-CINQUlfcME. 337 les portions dans le commun sont au nombre de douze, car douze signifie toutes les choses de la charité, et de la foi provenant de la charité, qui appartiennent au Royaume du Seigneur, et dont il sera parlé plus loin, au Vers. 16; mais ici elles sont Six, ainsi la moitié de douze; toutefois la moitié d'un nombre signifie la même chose que le nombre entier, car la multiplication et la division, pourvu qu'il y ait similitude, ne changent pas la chose elle-même quant à l'essentiel.

32 AO. Et Ioekschan engendra Sehêba et Dêdan, signifie les dérivations de ta première portion : on le voit par la représentation de Iochsehan et de ses fils Sehêba et Dêdan, dont il va être parlé. Ici, comme ce sont de simples noms, et que par eux sont signifiés les états et les dérivations de l'Église Spirituelle du Seigneur, il faut dire comment la chose se passe à cet égard dans le commun : L'Église Céleste diffère de l'Eglise Spirituelle, en ce que ceux qui sont de l'Église Céleste, et qu'on appelle Célestes, sont dans l'amour, sa-' voir, dans le bien et le vrai de l'amour, tandis que ceux qui sont de l'Église Spirituelle, et qu'on appelle Spirituels, sont dans la foi, savoir, dans le bien et le vrai de la foi : le Bien chez les Célestes appartient ù l'amour pour le Seigneur, et le Vrai chez eux appartient à l'amour envers le prochain, tandis que le Bien chez les Spirituels appartient à la Charité envers le prochain, et le Vrai chez eux appartient à la foi, en tant que celle-ci est la doctrine de la charité ; de là on peut voir que dans le Royaume Spirituel du Seigneur il y a le Bien et le Vrai comme dans son Royaume Céleste, mais avec beaucoup de différence. Il faut en outre savoir que ceux qui sont dans ces Royaumes sont distingués entre eux par le Bien et par le Vrai, et cela, parce qu'il y en a qui sont davantage dans le Bien, et il y en a qui sont davantage dans le Vrai, de là viennent donc des Dérivations, savoir des dérivations du bien et des dérivations du vrai ; les dérivations du bien dans le Royaume Spirituel du Seigneur sont celles que représentent les tils de Iochsehan, dont il s'agit dans ce Verset, tandis que les dérivations du vrai dans ce Royaume sont celles que représentent les fils de Midian, dont il est question dans le Verset suivant. Or, puisqu'il y a deux Classes de Spirituels, savoir, ceux qui sont davantage dans le bien, et ceux qui sont davantage dans le vrai, il y a par suite pour eux deux sortes de doctrinaux, V ■ 22

savoir, les doctrinaux île la charité et les doctrinaux de la foi; les

doctrinaux do la charité pour ceux qui sont dans le bien de la foi, et qui ici sout*6igcifiés par les fils de Iochschan, et les doctrinaux de la foi pour ceux qui sont dans le vrai de la foi, et sont signifiés par les fils de Midian : Schéba et Dédan sont ceux qui constituent la première classe, c'est-à-dire, ceux qui dans le Royaume Spirituel du Seigneur sont dans le bien de la foi, et ont les doctrinaux de la charité, c'est de là que par Schéba et Dédan sont signifiées les connaissances des célestes, ou, ce qui est la même chose, ceux qui sont dans les connaissances des célestes, c'est-à-dire, qui sont dans les doctrinaux de la charité, car les doctrinaux sont des connaissances, et le céleste que possède l'homme spirituel appartient à la charité ; que Schéba et Dédan soient ces hommes, c'est ce qui a été montré dans la Première Partie, N™ 117, 1168, 1171, 1172 ; mais là Schéba et Dédan sont les arrière-petits-fils de Cham et sont appelés (ils de Rama; toutefois, il faut qu'on sache que Cham, comme aussi Japheth et Schem, n'ont jamais existé, mais que ceux qui furent de l'Église post-diluvienne, nommé Noach, ont été distingués quant aux Biens et aux Vrais en trois Classes , lesquelles Classes ont été ainsi nommés, N,J 736, 1062, 1065, 1140, 1141, 1162, et ça et là ailleurs; néanmoins ce furent des Nations qu'on appela ainsi, mais d'après d'autres que Schéba et Dédan, qui furent, comme on le voit clairement ici, engendrés par Iochschan, fils qu'Abraham avait eu de Kéturah. Que Schéba désigne ceux qui sont dans les connaissances des célestes, par conséquent ceux qui sont dans le bien de la foi, on le voit par les passages qui ont été rapportés N°* 117, 1171, cl qu'il en soit de même de Dédan, on le voit par ceux qui ont été donnés Nw 1172, et en outre par ceux-ci : Dans Ésaïe : « Prophétie » sur l'Arabie : Dans la forêt en Arabie vous passerez la nuit, trou- * ju s (le Dèdanim ; au-devant de celui qui a soif apportez des eaux, » habitants de la terre de Théma ^avec son pain venez au-devant » du fugitif; car devant les épées ils seront errants, devant l'épée » levée. » — XXI. 13, là; — passer la nuit dans la forêt, c'est être désolé quant au bien, car l'Arabie désigne ceux qui sont dans les célestes, c'est-à-dire, qui sont dans les biens de la foi ; y passer la nuit dans la forêt, c'est ne plus être dans les biens, de là la désolation, qui est aussi décrite par être errant devant les épées, devaut

l'épée levée ; les célestes, c'est-à-dire, les biens de la foi, ou, ce qui est la même chose, les œuvres de la charité, qui sont pour eux, sont signifiés par apporter des eaux au-devant de celui qui a soif, et venir au-devant du fugitif avec du pain. Dans Jérémir : « Je pris la » coupe de la main deJéhovah. et j'en fis boire à toutes les nations » vers lesquelles m'envoyait Jéhovah ; à Jérusalem, et aux villes de » Juda , et a ses rois , et à ses princes , pour les mettre en désola- » tion ; à Pharaon Roi d'Egypte, et «Ji ses serviteurs, et à ses princes. » et à tout son peuple ; à tous les Rois de Tyr, et à tous les Rois de » Si don ; à Dédan et a Théma, et à Buz, et à tous les retranchés de - l'angle ; et à tous les Rois de Zimri, et à tous les Rois d'Elam, et » à tous les Rois de Médie; et à tous les Rois du Septentrion. » — \\V. 17, 18, 19, 22, 23, 25, 20 ; — là aussi il s'agit de la désolation de l'Église Spirituelle; les différences de cette Église sont mentionnées en ordre et signifiées par Jérusalem, les villes de Juda. l'Egypte, Tyr, Sidon, Dédan, Théma, Buz, Zimri, Elam, la Médie. Dans Ezéchiel : « Schéùaet Dédan, et les marchands de Tharschisch. » et tous ses jeunes lions te diront : N'est-ce pas pour ravir le butin » que tu es venu? n'est-ce pas pour piller la proie que tu as ra6- » semblé ta foule, pour enlever l'argent et l'or, pour prendre les • troupeaux et les possessions, pour ravir un grand butin? » — XXXVIII. 13 ; — là, il s'agit de Gog, par lequel est signifié le cnltc externe séparé d'avec l'interne, culte qui est idolâtre, N° 1151 : Schéba et Dédan sont les internes du culte, savoir, les biens de la foi; Tharschisch est le culte externe correspondant: l'argent, l'or, les troupeaux, les possessions, le butin, que Gog, ou l'externe du culte séparé d'avec l'interne, veut enlever, sont les connaissances du bien et du vrai, pour lesquelles combattent et que défendent ceux qui sont Schéba et Dédan, aussi sont-ils nommés jeunes lions : Schéba dans le sens propre désigne ceux qui sont dans les connaissances du bien, et Dédan ceux qui sont dans les connaissances du vrai d'après le bien.

32A1. El les fils de Dédan furent Aschurim, el Létuschim , et h'umim, signifie les définitions de la seconde portion : on peut le voir par la représentation de Dédan, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans le bien de la foi. proprement ceux qui sont dans le vrai de la foi d'après le bien . N" fin ; qu'ils soient les dérivations

340 akcanes célestes

de la seconde portion, cela est évident : ce sont principalement les

u nis de la foi d'après le bien, qui sont signifiés par ces trois lils de Dédan ; quant à ce que chacun d'eux signifie, cela peut il est vrai être dit, niais ne peut être confirmé par la Parole, car il n'en est plus parlé ailleurs. Dans le Royaume du Seigneur, il y a d'innombrables variétés quant aux biens et aux vrais, néanmoins ces variétés innombrables constituent un seul ciel ; il y a, en effet, tant de variétés qu'il n'est pas une seule société qui soit absolument semblable à une autre, c'est-à-dire, dans le même bien et dans le même vrai. VoirN" 684, 685, 690 ; là, l'unité se compose de plusieurs sociétés différentes , disposés par le Seigneur de manière qu'elles soient en concordance; la concordance ou l'harmonie de plusieurs est établie parle Seigneur, en cela qu'elles se réfèrent toutes à Lui, IV 551 ; il en est de cela comme des organes, des membres et des viscères du corps; il n'en est aucun qui soit absolument semblable à un autre, mais tous sont différents entre eux et font cependant un, par cela même qu'ils Se réfèrent tous à une seule âme, et par cette àme au ciel, et ainsi an Seigneur ;car tout ce qui n'est point lié par le Seigneur n'est rien : de là on peut voir que les différences du vrai et du bien sont innombrables dans leurs espèces; mais leurs genres, et mêmes les plus communs, qui sont les Églises Spirituelles, sont signifiés par ces fils et ces descendants d'Abraham. Comme ceux de l'Église Spirituelle, à la différence de ceux de l'Église Céleste, n'ont aucune perception de ce qui est bien ni de ce qui est vrai, mais reconnaissent pour des vrais les choses qu'ils ont apprises, ils sont en conséquence continuellement en contestation au sujet de ces choses, et raisonnent si cela est ou n'est pas, et chacun reste dans ce doctrinal, et appelle vrai ce qui appartient à son Église, de là tant de différences ; outre que la phi part concluent, au sujet des biens et des vrais, d'après des apparences et des illusions, l'un différemment de l'autre , et nul d'entre eux d'après quelque perception, ils ne savent même pas ce que c'est que la perception ; comme leur entendement a été ainsi obscurci quant aux biens et aux vrais de la foi, il n'est .pas surprenant qu'il y ait tant de dissentiments sur le point le plus Essentiel de tous, savoir, sur le Divin du Seigneur. l'Humain, et le Saint procédant; les célestes perçoivent qu'ils sont non pas Trois mais Un, tandis que les Spirituels restent dans l'idée

GENESE. CHAP. VINGT -CINQUIÈMÇ. 3ftl

de Trois, mais veulent que l'on pense qu'ils sont In; puis donc qu'il existe des dissentiments sur le point le plus Essentiel, il devient évident que les variétés et les différences des Doctrinaux sont innombrables; de la ou peut savoir d'où viennent les dérivations qui sont signifiées par ceux qui sont ici nommés : mais quoiqu'il y ait tant de variétés et de différences de doctrinaux, ou tant de dérivalions, cependant ils forment toujours ensemble une seule Église, quand tous reconnaissent la charité pour l'essentiel de l'Église, ou, ce qui est la même chose, quand tous regardent la vie comme la lin de la doctrine, c'est-à-dire, cherchent comment l'homme de l'Église vit et non comment il sent; car chacun -est gratifié par le Seigneur d'une portion dans l'autre vie, selon le bien de la vie, et non selon le vrai de la doctrine séparé d'avec lé bien de la vie.

324*2. Et les fils de Midian, Ephafl et Ep/ier, et Clianoc/t et AbULilt , et Eldaali , signifient les dî rira fions de la troisième portion : on peut le voir par la représentation de Midian, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans le vrai dq la foi, ainsi qu'il est expliqué plus bas ; et puisque ceux qui sont dans le vrai de Ja foi sont 1// dian, il s'en suit que ses lils sont les dérivations qui en proviennent. Voici ce qu'il en est de ceux qui sont dans le Vrai de la foi : Nul n'est admis dans le Royaume du Seigueur-, sinon celui qui est dans le bien de la foi, car le bien de la foi appartient à la vie ; la vie de la foi reste, mais la doctrine de la foi ne reste pas, si ce n'est qu'autant qu'elle fait un avec la vie ; mais néanmoins c< ti\ qui sont dans le vrai de la foi, c'est-à-dire, qui professent la foi et disent qu'elle est l'essentiel, parce qu'ils ont été ainsi instruits, et qui sont cependant malgré cela dans le bien de la vie, c'est-à-dire. Chrétiens de cœuret non de bouche, sont dans le Royaume spirituel du Seigneur; quelqu'un, en effet, peut facilement être persuadé que la foi est l'essentiel, lorsque cela est ainsi enseigné par les maîtres, et que lui dans son jeune âge est imbu de celte opinion, et parce qu'ainsi parlent les docteurs les plus renommés et les prélats, dont quelquesuns craignent de dire que c'est le bien de la vie, car la vie les condamne, et en outre encore parce que les choses qui apparlicnneut à la foi inlluenl d'une manière perceptible, sans qu'il en soit de même de celles qui appartiennent à la charité : ceux donc qui sont dans le vrai de la foi . et toutefois datif* le bien de la vie. sont ceux

im ARCANES CÉLESTES.

qu'on appelle Midian, et les vrais selon lesquels ils vivent sont les fils de Midian : de même que Midian représente ceux qui sont dans le vrai de la foi conjoint au- bien de la foi, de même aussi, dans le sens opposé, il représente ceux qui sont dans le faux par cela qu'il n'y a pas en eux le bien de la vie ; comme on peut voir par les passages suivants : Dans Èsaïe: « Une foule de chameaux te couvrira, » les dromadaires de Midian et d'Ephah, tous ceux de Schéba » viendront ; ils porteront l'or et l'encens , et ils annonceront les » louanges de Jéhovab. » — LX. 6; — • là, il s'agit du Royaume Spirituel du Seigneur ; les dromadaires de Midian et d'Epbah sont les doctrinaux ; les doctrinaux du bien sont l'or, les doctrinaux du vrai sont l'encens ; les uns et les autres sont les louanges de Jéhovab ; par là on voit aussi ce que signifie Ephah. Que les Midianites qui tirèrent Joseph de la fosse, et le vendirent aux lischmaëlites, et en Égyple à Potiphar, Cen. XXXVII. 28, 30, signifient ceux qui sont dans le Vrai du bien simple, on le verra dans la suite, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, à l'explication de ces Versets. Que les Midianites signifient aussi ceux qui sont dans le faux parce que les biens de la vie ne sont point en eux, on peut le voir d'après ce qui est dit de Midian dans Moïse, savoir, que « Les ancieus de Moab et les anciens de Midian> avec des prestiges dans la main, allèrent vers Biléam et lui prononcèrent les paroles de Balak. > — Nomb. XXII. ht 7, et suiv. ; — Moab, dans le sens bon, signifie ceux qui sont dans le bien naturel et se laissent facilement séduire, et dans le sens opposé ceux qui adultèrent les biens, N 2468 ; Midian, dans le sens bon, signifie ceux qui sont dans le Vrai du bien simple, comme il a été dit, et ainsi se laissent facilement séduire, et dans le sens opposé, comme ici, ceux qui falsifient les vrais; les falsifications sont signifiées par les prestiges dans la main, et les faits résultant des faux sont signifiés en ce qu'ils ont envoyé vers Biléam pour agir cootre les fils d'Israël, qui sont les biens et par suite les vrds de la foi. Les scortations des fils d'Israël avec (es femmes des Midianites, d'où résulta une plaie qui fut arrêtée parce que Pinchas transperça une Midianite avec un homme d'Israël dans un lieu de prostitution, — Nomb. XXV. 6, 7, 8, et suiv., — signifient la même chose, car les scortations- représentaient les falsifications du vrai, N- 2466, 2729; et comme les falsifications du vrai sont ce

qui est signifié dans le sens interne par les scortations, ce fut pour cela que, d'après un ordre, « douze mille des fils d'Israël frappèrent les Midianites, tuèrent leurs rois, et tout mâle, et toutes les femmes qu'ils avaient emmenées captives et qui avaient connu un homme ; et ils partagèrent entre eux le butin. » — Nomb. XXV. 16, 17. XXXI. 1 à 54 ; — ils étaient douze mille, parce que douze signifie toutes les choses de la foi, N°* 577, 2089, 2129 f. 2130 f., par lesquelles les faux sont détruits ; les rois qu'ils tuèrent sont les faux, il en est de même du mâle ; les femmes qui avaient connu un homme sont les affections du faux ; le butin qui consistait en or, en argent, en bétail, signifie les vrais qui avaient été falsifiés, d'où il est bien évident que tout en général et en particulier est représentatif de la punition et de la destruction du faux par les vrais. La même chose est signifiée par ce qui est rapporté des Midianites dans le Livre des Juges, savoir i « Que les fils d'Israël, pour avoir fait le mal aux yeux de Jéhovah, furent livrés dans la main de Midian pendant sept années ; que les fils d'Israël, à cause de Midian, se firent des cavernes dans les montagnes, et des antres, et des lieux retranchés ; que, lorsqif Israël avait fait ses semailles, Midian, Amaleck et les Fi/s de l* orient montaient et ravageaient le produit de leur terre ; et qu'ensuite ils furent délivrés par Gédéon à la tête des trois cents qui lapèrent les eaux avec la langue comme le Chien, tandis que ceux qui s'étaient courbés sur les genoux pour boire avaient été renvoyés à leur maison; » outre plusieurs autres faits rapportés dans les Chap. VI. VII. VIII ; là aussi tout en général et en particulier est représentatif de la falsification du vrai, et par cela même de la punition, jusqu'à ce point qu'ils étaient détruits par les choses que signifie l'action de laper l'eau avec la langue comme le chien ; mais il serait trop long d'expliquer ici ce que chaque chose signifie en particulier dans le sens interne; d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il en sera parlé en son Heu. Dans Habakuk : « H vit, » et il dissipa les nations ; et elles furent dispersées les montagnes » du temps, et elles s'humilièrent les collines du siècle ; sous Aveu » je vis les tentes de Ruse h an . et elles furent ébranlées les courtines » de la terre de Midian. » — III. 6, 7 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur; les tentes de Kuschan sont la religiosité d'après le mal; les courtines de la terre de Midian sont la religiosité d'après le faux.

Mb aiicànes célestes

3243. Tous ceux-là, fils de Kéturah, signifie quant aux doctrinaux et aux cultes qui en proviennent : on le voit par la signification des fils, en ce qu'ils sont les vrais et les doctrinaux, N°* 489, 491, 533, 1147, 2623 ; et par la représentation de Kéturafi, en ce qu'elle est le Divin Vrai Spirituel conjoint au Divin Bien Spirituel, NM 3236, 3237, ainsi les choses qui appartiennent au Royaume Spirituel du Seigneur ; et comme le culte de ce Royaume est seiou les doctrinaux, c'est pour cela que les fils de Kéturali sont les doctrinaux et aussi les cultes qui en proviennent

3244. Vers. 5, 6. Et Abraluim donna tout ce qui (était) à lui à Iisc/iak. Et aux fils des concubines, qui ( étaient ) à Abraham, Abraham (leur) donna des dons, et il les envoya d'auprès de liscliak son fils, lui vivant encore , du côté de l'orient vers la terre d'Orient, — AbraJuim donna tout ce qui (était) à lui à lischak, signifie dans le sens suprême tous les Divins dans le Divin Rationnel, et dans le sens respectif, les célestes de l'amour au Royaume céleste du Seigneur : et aux fils des concubines, qui (étaient) à Abraliam, Abrafuim (leur) donna des dons, signifie les Spirituels adoptés par le Divin Humain du Seigneur, en ce que des portions leur ont été données dans le Royaume Spirituel du Seigneur : et il les envoya d'auprh Iiscliak son fils, signifie la distinctiou et la séparation des Spirituels d'avec les Célestes : lui vivant encore, signifie auxquels il a pu donner la vie : du côté de l'orient vers la terre d'Orient signifie le bien de la foi.

3245. Abraham donna tout ce qui était à lui à liscluik, signifie dans le sens suprême tous les Divins dans le Divin Rationnel, et dans le sens respectif les célestes de l'amour au Royaume céleste du Seigneur: on le voit par la représentation d'Abratuim, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Même, ainsi qu'il a déjà été dit; et par la représentation de Iiscliak, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Rationnel, ainsi qu'il a aussi déjà été dit: et puisque le Seigneur, dans le sens interne, est et Abraham et Iiscliak, et que le Seigneur d'après son Divin a rendu Divin son Rationnel, c'est de là que ces mots, Abraham donna tout ce qui était à lui à lischak, signifient tous les Divins dans le Divin Rationnel : à cela se rapportent les choses qui précèdent et celles qui suivent, savoir, en ce que daii9 le Rationnel du Seigneur toutes choses ont été faites Divines ;

car où il est question d'Abraham, de lischak et de Jacob, il s'agit, dans le sens interne, de la manière dont l'Humain du Seigneur a

été fait Divin, il y a deux choses qui proprement constituent l'Humain, savoir, le Rationnel et le Naturel ; le Rationnel du Seigueur est représenté par lischak, et son Naturel par Jacob ; le Seigneur a fait Divin l'un et l'autre ; la manière dont il a fait Divin le Ratiounel est contenue dans ce qui a été dit de lischak, et la manière dont il a fait Divin le Naturel est contenue dans ce qui est dit de Jacob dans les Chapitres suivants; mais celui-ci, savoir, le Naturel n'a pu devenir Divin, avant que le Rationnel eût été fait Divin, car c'est par le Rationnel que le Naturel l'est devenu ; c'est donc de là que par ces paroles sont signifiés tous les Divius dans le Divin Rationnel. Eu outre, toutes les choses, eu général et en particulier, qui dans le sens interne traitent du Seigneur, traitent aussi de son Royaume et de sou Église; et cela, parce que le Divin du Seigneur constitue son Royaume, d'où il résulte que quand il s'agit du Seigneur, il s'agit aussi de sou Royaume, Voir N 1066; mais le sens interne concernant le Seigneur est le sens suprême, et le sens interne concernant le Royaume du Seigueur est le sens respectif; le sens respectif de ces paroles, savoir, Abraham donna tout à lischak, est que les célestes de l'amour furent pour le Royaume céleste du Seigneur; en effet, lischak dans le sens respectif signilie le Royaume Céleste, car les autres fils d'Abraham, savoir, ceux qu'il eut de kéturah, signifient le Royaume Spirituel du Seigneur, comme il a été montré cidessus, même ceux qu'il eut par Iischmaël, dont il est parlé plus loin.

3240. Et aux fils des concubines qui étaient à Abraham, Abraham leur donna des dons , signifie les Spirituels adoptés par le Divin Humain du Seigneur, en ce que des portions leur ont été données dans le Royaume Spirituel du Seigneur : on le voit par la signification des fils des concubines, en ce qu'ils sont les Spirituels, ainsi qu'il va être expliqué; par la représentation <X Abraham ici, en ce qu'il est le Divin Humain du Seigueur, ainsi les paroles, qui étaient à Abrafunn, signifient que ceux-ci, savoir les Spirituels, ont été adoptés par le Divin Humain du Seigneur ; et par la signification des dons qu Abraliam leur donna, en ce que ce sont les portions dans le Royaume Spirituel du Seigneur. D'après ce qui a

déjà été dit quelquefois de ceux qui constituent le Royaume Spirituel du Seigneur et qu'on nomme les Spirituels, par exemple, N« 3235, et ailleurs, on peut voir qu'ils ne sont point des fils nés du Mariage même du bien et du vrai, mais qu'ils proviennent d'une certaine alliance qui n'est pas conjugale de la même manière ; ils sont, il est vrai, du même père, mais non de la même mère, c'està-dire qu'ils proviennent du même Divin Bien, mais non du même Divin Vrai : en effet, les Célestes, parce qu'ils proviennent du mariage même du Bien et du Vrai, ont le Bien et par suite le Vrai, aussi ne recherchent-ils jamais ce que c'est que le vrai, mais ils le perçoivent d'après le bien ; et quand ils parlent du Vrai, tout leur discours se réduit à dire, cela est ainsi, selon ce que le Seigneur enseigne dans Matthieu : « Que votre discours soit : Oui, oui ; non, » non ; ce qui est en sus de cela vient du malin. » — V. 37; — mais les Spirituels, parce qu'ils proviennent d'une alliance qui n'est pas conjugale de la même manière, ne savent par aucune perception qu'une chose est un Vrai , mais ils appellent vrai ce que leurs parents et leurs maîtres leur ont dit être le vrai, aussi chez eux n'y a-t-il pas mariage du bien et du vrai; mais néanmoins le Vrai, qu'ils croient ainsi, est adopté par le Seigneur pour vrai, quand ils sont dans le bien de la vie, Voir à leur sujet, N" 1832. C'est donc de là que les Spirituels sont appelés ici les fils des concubines, et par les fils des concubines sont entendus tous les (ils de Kéturah jusqu'à présent nommés, et aussi les fils provenant d'Hagar, et dont il va être parlé Vers. 12 à 18. Afin que les Célestes et les Spirituels fussent représentés dans les mariages autrefois , il fut accordé d'avoir outre l'Épouse une Concubine ; cette Concubine était donnée au mari par l'épouse, et alors elle était appelée sa femme, ou il était dit qu'elle lui avait été donnée pour femme ; comme, lorsqu'Hagar l'Égyptienne fut donnée à Abraham par Sarah, — Gen. XVI. 3 ; lorsque la servante Bilha fut donnée à Jacob par Rachel, — Gen. XXX. A, — et la servante Zilpa à Jacob par Léa, — Gen. XXX. 9 ; là, elles sont appelées femmes, mais dans d'autres passages elles sont nommées concubines, comme Hagar l'Égyptienne dans ce Verset; Bilha, dans Gen. XXXV. 22; et Kéturah elle-même, dans I Parai. I. 32. — Si ces anciens ont eu des concubines outre leur épouse, ainsi non-seulement Abraham et Jacob, mais aussi leurs

descendants, comme Guidéon, — Juges, VIII. 31; — Saûl, — II. Sam. III. 7; — David, — II. Sam. V. 13. XV. 16; — Salomon, — I Rois, XI. 3, — c'était par permission, à cause de la représentation, savoir, de l'Église céleste par l'épouse, et de l'Église spirituelle par la concubine; par permission, parce qu'ils étaient tels, qu'il n'y avait en eux aucun amour conjugal, et qu'ainsi le mariage pour eux n'était pas un mariage, mais seulement une copulation charnelle dans le but de procréer des enfants ; ces permissions ont pu être données à de tels hommes, sans lésion de l'amour et de l'alliance conjugale, mais elles n'ont jamais été données à ceux qui sont dans le bien et le vrai, et qui sont ou peuvent devenir hommes internes; en effet, dès que l'homme est dans le bien et le vrai et dans les internes, de telles permissions cessent ; c'est pour cela qu'il D'est pas permis aux Chrétiens, comme il Tétait aux Juifs, d'adjoindre une concubine à l'épouse, et que c'est un adultère. Que les Spirituels aient été adoptés par le Divin Humain du Seigneur, on le voit par les explications qui ont déjà été données sur ce même sujet, N- 2661, 2716, 2833, 2834.

3247. Et il les envoya d'auprès de lischak son fils, signifie la distinction et la séparation des Spirituels d'avec les Célestes : on peut le voir d'après ce qui vient d'être dit, savoir, que les iils qu'Abraham eut de Kéturah et d'Hagar l'Égyptienne , et qui sont appelés Iils des concubines, sont les Spirituels, et que lischak dans le sens respectif signifie les Célestes, N' 3246; et en ce qu'ils ont été séparés.

3248. Lui encore vivant, signifie auxquels Ha pu donner la vie : on le voit par la signification de lui encore vivant, ou. tandis qu'il vivait encore, en ce que c'est donner la vie ; en effet, Abraham représente ici le Seigneur quant au Divin Humain ; que les Spirituels tient la vie par le Divin Humain du Seigneur, on le voit, N** 2661, 2716, 2833, 2834 ; quand ils ont la vie par ce Divin, il est dit que le Seigneur vit chez eux ; c'est même ainsi qu'on s'exprime dans le langage ordinaire : de là vient que ces mots, Abraham encore vivant, signifient dans le sens interne donner la vie. La vie est donnée aux Spirituels par le bien de la'foi, lequel est entendu par les paroles qui suivent maintenant.

8240. Du côté de l orient vers la terre d'Orient, signifie vers

te bien de la foi : on le voit par la signilicatiou de l'Orient et de lu terre d'Orient, ainsi qu'il va être expliqué ; le bien de la foi , qui est signitié par la terre d'Orient, n'est autre chose que ce qu'on nomme, dans la Parole, la charité envers le prochain, et la charité envers le prochain n'est autre chose que la vie selon les préceptes du Seigneur; que la terre d'Orient ait cette signification, on le voit N° 1250; c'esl pour cela que ceux qui étaient dans les connaissances du bicu de la foi, furent appelés fils de l'Orient; la terre des fils de l'Orient était Aram ou la Syrie; qu'Aram ou la Syrie signifie les connaissances du bien, on le voit N01 1232, 1234, et Aram Naharalm ou la Syrie des fleuves les connaissances du vrai, Y 3051, et comme les Syriens ou les fils de l'Orient signifiaient ceux qui sont dans les connaissances du bien et du vrai, ils furent de préférence aux autres appelés sages , comme dans le Premier Livre des Rois, où il s'agit de Salomon : « La sagesse de Salomon fut multipliée au- » dessus de la sagesse de tous tes Fils de l'Orient. » — \ . 10 ; — et dans Matthieu. lorsqu'il est question de ceux qui vinrent vers Jésus quand il naquit : « Des Sages det'i hient vinrent à Jérusalem, • disant: Où est celui qui est né Hoi des Juifs? car nous avons \u » son Etoile dans l'Orient, et nous sommes venus L'adorer. » — IL 1,2; — en effet, c'esl dans la Syrie qu'étaieut les derniers restes de l'Eglise Ancienne, c'esl pourquoi il y était encore resté des connaissances du bien el du vrai ; comme on peut aussi le voir par Biléam, qui nou-seulemeut adora Jéhovah. mais prophétisa même touchant le Seigneur, et L'appela « Etoile sortie de Jacob et Sceptre «surgi d'Israël.» — Nomb. XXIV. 17 ; -que Biléam ait été l'un des fils de l'Orient dans la Syrie, cela est évident, car il le dit lui-même, quand il prononça sou énoncé : « Balak Uni de Moab, m'a fait venir » de la Syrie, des Montagnes de l'Orient. » — Nomb. XXIII. 7. Qu'Aram ou la Syrie ait été le lieu où habitaient les fils de l'Orient, on peut aussi le voir, en ce qu'il est dil de Jacob, quand il se rendait en Syrie, « qu'il s'en alla dans la Terre des Fils de l'Orient. » — Gen. XXIX. 1.

3250. Vers. 7, 8, 9, 10. Et voici tes jours di s années des vies d* Abraham, qu'il vécut •• cent uns', et soiruntc-di.r uns . et cinq

ans. Et Abraham expira et mourut dans une rieilfrssr bonne, vieux et rassossiê ; et il fut recueilli vers ses peuples. Et liscfuik

vt lischmaéÀ, ses fiis l'ensevelirent, en ta caverne de Machpèlali, au champ d'Ephron fils de Zoc/iar, te Chittéen, laquelle (est) sur les faces de Montré, te champ qu'Abraham acheta des fils de (lu th : la fat enseveli Abraham et Sur ah son épouse. — Voici les jours des années des vies a" Abraham , qu'il vécut, signifie Tétai représentatif du Seigneur, quant au Divin Même, par Abraham : cent uns et soi.vante-dix ans cl cinq ans, signifie les choses qui appartiennent à son état : et Abraham expira et mourut, signifie la lin de la représentation par Abraham : dam une vieillesse bonne, vieux et rastatiè, signifie un nouveau représentatif: et il fut recueilli vers ses peuples, signifie ces choses concernant Abraham : et lischak et lùehmaët ses fils t'ensevelirent, signifie que maintenant commençait le représentatif du Seigneur par lischak et lischmaël : en la caverne de Machpèlali . signifie la résurrection quant au vrai ; au champ d'Ephron fils de Zochar le Chittéen , laquelle (est) sur te* faces de Mamrc, signifie quant au bien; et signifie aussi, comme précédemment, les Spirituels qui reçoivent du Divin Humain du Seigneur le vrai et le bien, et sont sauvés: te champ qu' 'Abraham acheta des (ils de ( heth, signifie le Royaume spirituel du Seigneur : M fut enseveli Abraham et Savait son épouse, signifie la résurrection.

3251. V oici les jours des années fies vies fC Abraham, qu'if vécut, signifie l'état représentatif du Seigneur, quant au DMn Même, par Abraham : on le voit par la signification des jours et des années, en ce que ce sont des états, N" 23, 487, 488, 493, 893, 2788 ; et par la signification des vies ici, en ce que ce sont aussi des états, N" 2904 ; ici, les états représentatifs qui sont signiliés par Abraham ; car toute sa vie, telle qu'elle a été décrite dans la Parole, a été représentative, et il s'agit maintenant de sa (in. Qu'Abraham ait représenté le Seigneur quant au Divin Même, cela a été montré dans les explications ; c'était afin qu'il représentât qu'il fut appelé du nom d'Abraham, au moyen de l'intercalât ion de la lettre H, qui fut prise du nom de Jéhovah, Y 2010 ; Abraham a représenté ft le Divin Même qui est appelé le Père , et le Divin Humain qui est appelé Fils, par conséquent lc# Seigneur quant à l'un et à l'autre, mais le Divin Humain qui a été de toute éternité, par lequel il a existé et auquel il a ramené l'Humain né dans le temps , quand il

l'a glorifié : cette représentation du Seigneur est par Abraham.

3252. Cent ans et soixante-dix ans et cinq ans, signifie le* choses qui appartiennent à son état : on peut le voir en ce que tous les nombres, dans la Parole, signifient des choses, N°* 482, 487, 575, 647, 648, 1063, 1088, 2075, 2252, de même ce nombre; qu'il signifie les choses qui appartiennent à l'état dont il s'agit maintenant , c'est une conséquence : tant que le mental est seulement dans l'historique, il semble que des nombres, comme ceux-ci, qui expriment les années de l'âge d'Abraham, ne renfermenteaucun sens intérieur ; mais néanmoins il est évident qu'ils en renferment un d'après toutes les explications qui ont déjà été données sur les nombres, et Ton peut le voir en ce que , dans le nombre , en tant que nombre, il n'y a rien de saint, quand cependant dans la Parole la chose la plus petite est sainte.

3253. Et Abraham expira et mourut, signifie ta fin de ta représentation par Abraham : on le voit par la signification d' expirer et de mourir, en ce que c'est cesser ou avoir une fin, N* 404 ; ici, c'est la fin de la représentation; car tout ce qui a été écrit, dans la Parole, sur la vie d'Abraham, ne regarde pas Abraham, si ce n'est dans le sens historique seulement, mais concerne le Seigneur et son Royaume ; c'est pourquoi, quand il est dit d'Abraham qu'il expira et mourut, cela ne peut, dans la Parole, c'est-à-dire, dans son sens réel, signifier autre chose que la fin de l'état représentatif du Seigneur par Abraham.

3254. Dans une vieillesse bonne, vieux et rassasié, signifie un nouveau représentatif : on le voit par la signification de la vieillesse dans le sens interne, en ce que c'est dépouiller le vieux et revêtir le nouveau, N°' 1854, 2108, 3016 : si la vieillesse, dans le sens interne, signifie le nouveau, ou un nouvel état, c'est parce que chez les anges, pour lesquels existe le sens interne de la Parole, il n'y a aucune idée du temps , par conséquent aucune idée des choses qui appartiennent au temps, comme les âges de l'homme, savoir, la première enfance, l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte et la vieillesse, mais au lieu de toutes ces choses ils ont l'idée des états, par exemple, au lieu du temps de la première enfance ils ont l'idée de l'état d'innocence, au lieu du temps de l'enfance et de l'adolescence l'idée de l'état d'affection du bien et du vrai, au lieu de l'âge adulte

l'idée de l'état d'intelligence, et au lieu de la vieillesse l'idée de l'état de sagesse, Y 3185 ; et comme alors l'homme passe des choses qui appartiennent au temps dans celles qui appartiennent à la vie sans le temps, et revêt ainsi un nouvel état, la vieil/esse signifie le nouveau, et ici un nouveau représentatif, parce que chez Abraham ces mots la vieillesse, vieux et rassasié, se disent de ce nouveau représentatif, ainsi qu'on peut le voir d'après ce qui vient d'être dit ci-dessus.

3255. // fut recueilli vers ses peuples, signifie ces choses concernant Abraham : on le voit par la signification à'être recueilli vers ses peuples, en ce que c'est qu'il n'est plus question de lui ; car être recueilli vers ses peuples, c'est s'en aller d'avec ceux avec qui on était auparavant et passer vers les siens, par conséquent ici ne plus représenter. Les Anciens, quand quelqu'un mourait, avaient coutume de dire qu'il était recueilli vers ses pères, ou vers ses peuples, et ils entendaient par là que réellement on venait vers ses pères, vers ses parents et ses alliés, dans l'autre vie ; ils tenaient cette formule des Très-Anciens, qui furent des hommes célestes ; car lorsque ceux-ci vivaient sur la terre, ils étaient aussi en même temps avec les anges dans le ciel, et savaient ainsi comme la chose se passait, c'est-à-dire que tous ceux qui sont dans le même bien se réunissent et sont ensemble dans l'autre vie, et aussi tous ceux qui sont dans le même vrai ; ils disaient des premiers qu'ils étaient rassemblés vers leurs pères, et des seconds qu'ils étaient recueillis vers leurs peuples; car chez eux les pères signifiaient les biens, Y 2803; et les peuples signifiaient les vrais, N°* 1259, 1260 ; aussi ceux qui furent de la Très-Ancienne Église, ayant été dans un semblable bien, cohabitent ensemble dans le Ciel, N° 1115 ; et plusieurs de ceux qui furent de l'Ancienne Église et dans un semblable vrai, cohabitent aussi entre eux, N" 1125, 1127 : et en outre l'homme, tant qu'il vit dans le corps, est toujours, quant à son Ame, dans quelque société d'esprits dans l'autre vie, Not 1277, 2379 ; l'homme qui est méchant, dans une société d'esprits infernaux ; l'homme qui est bon, dans une société d'anges; ainsi, chacun dans la société de ceux avec lesquels il est d'accord quant au bien et au vrai, ou quant au mal et au faux ; l'homme vient dans cette même société quand il meurt, N' 687. Voilà ce qui était signifié chez les Anciens par

être rassemblé vers ses pères ou par être recueilli vers ses peuples, ainsi qu'il est dit ici d'Abraham, quand il expira, et dans ce même Chapitre de Iischmaël, Vers. 17 ; de Iischak, — Gen. XXXV. 29 ; — de Jacob, — Gen. XLIX. 29, 33 ; — d'Aharon, — Nomb. XX. 24,26;— de Moïse,— Nomb. XXVII. 13. XXXI. 2. Deutér. XXXII. 50 ; — de la première génération qui entrait dans la terre de Canaan, — Jug. II. 10. — Mais, dans le sens interne de la Parole, quand il s'agit de la vie de quelqu'un, en ce qu'il a représenté, alors par être recueilli vers ses peuples il est signifié qu'il n'est plus question de lui, comme il a été dit ci-dessus.

3256. Et Iischak et Iischmaël ses fils C ensevelirent, signifie que maintenant commençait le représentatif du Seigneur par Iischak et Iischmaël : on peut le voir par la signification d'ensevelir ;qu' être enseveli, ce soit être ressuscité et se relever , cela a été montré, N" 2916, 2917; ici, comme il a été question de la représentation du Seigneur par Abraham, que cet état a eu une fin , et que maintenant commence la représentation par Iischak et Iischmaël, c'est pour cela qu'ensevelir signifie ici la résurrection de cet état ; les significations s'appliquent d'une manière conforme aux choses dont il est question. Les représentatifs, dans la Parole, sont de telle sorte, qu'ils restent continus , quoiqu'ils semblent interrompus par les morts de ceux qui ont représenté; mais les morts de ceux-ci signifient une continuation et non pas quelque interruption ; c'est aussi pour cela que leurs sépultures signifient le représentatif ressuscité et continué dans un autre.

3257. En la caverne de Machpélah , signifie la résurrection quant au vrai; — au champ d'Ephron fils de Zochar le Chittéen, laquelle est sur les faces de Mamré , signifie quant au bien ; et signifie aussi, comme précédemment , les Spirituels qui reçoivent du Divin Humain du Seigneur le vrai et te bien, et sont sauvés; — le champ qu'Abraham acheta des filsde Cheth, signifie le Royaume spirituel du Seigneur; — là fut enseveli Abraham et Sarah son épouse, signifie la résurrection : on peut le voir par ce qui a déjà été dit et montré sur la signification de toutes ces expressions dans le Chapitre XXIII, N" 2913,2928, 2968, 2969, 2970, 2971, 2975, 2980; et sur la signification d'être enseveli, N°« 2916, 2917.

3258. Vers. 11. Et il arriva après la mort d'Abraham , et

Dieu bénit lischak son fils; et lischak habitait près de Bécrluchairoi. — // arriva après la mort d'Abraham, signifie l'état et le temps de la représentation du Seigneur par Abraham : et Dieu bénit lischak son fils, signiûe le commencement de la représentation du Seigneur par lischak: et lischak habitait près de Béer lac haï-roi, signifie le Divin Rationnel du Seigneur dans la Divine lumière.

3269. // arriva après la mort d'Abra/uim, signifie après l'état et le temps delà représentation du Seigneur par Abraham : on le voit par la signiûcation de Mourir , quand il s'agit de la vie représentative de quelqu'un, en ce que c'est la fin de la représentation, N' 3253 ; après la mort d* Abraham, signifie donc ici après l'état et le temps de la représentation du Seigneur par Abraham.

3260. Et Dieu bénit lischak son fils, signifie le commencement de la représentation par lischak : on peut le voir par la signification de Dieu bénit; quand les Anciens commençaient un ouvrage, ils avaient pour coutume solennelle de dire : que Dieu bénisse ! ce qui équival t à ce souhait : que cela soit avantageux et heureux! De la vient ;ue, dans un sens plus éloigné , par que Dieu bénisse, comme par que cela soit avantageux et heureux, est signifié le commencement; ici, le commencement de la représentation par lischak, parce qu'elle vient immédiatement après la fin de la représentation par Abraham, signifiée par sa mort.

3261. Et lischak habitait près de Bécrlachal-roi, signifie le Divin Rationnel du Seigneur dans la Divine Lumière : on le voit par la signification <V habiter, en ce que c'est vivre, N" 1293; et par la signification de Béer tachai roi, en ce que c'est le Divin Bien Rationnel né du Divin Vrai même, N' 319A. De là le sens le plus proche, c'est que le Divin Rationnel vivait ou était dans le Divin Bien qui est né du Divin Vrai même , mais il n'y était pas, cY [ pourquoi il n'est pas ôildans Bcerluchui-roit mais il est dit près de Béerlaeha'-roi; c'est-à-dire si l'on en fait la traduction , prié de la fontaine <la cirant qui nie voit, c'est-à-dire avec C€ Divin Bien ; en effet, lischak habitait dans la terre du midi, ainsi qu'on le voit dans leChapitre précédent, Vers. 62, où il est dit : « Et lischak venait en » venant de Béerlachaï-roï, et lui habitait dans la terre du midi; » et comme là par la terre du midi est signifiée la Div ine Lumière qui en procède, N" 3195, il en résulte qu'ici il n'est pas signifié auire Chose.

AHCANES CÉLESTES.

3262. Vers. 12. Et voici les nativités de lischmaël fils d'Abraham , qu'enfanta Hagar l'Egyptienne , servante de Sarah, à Abraham. — Voici les nativités de lischmaël fils d'Abraham, signifie les dérivations de l'Église Spirituelle représentée parjischmaël ; qu'enfanta Hagar l'Egyptienne , servante de Sarah , t) Abraham, signifie la naissance de l'homme spirituel d'après l'influx Divin dans l'affection des sciences.

3263. Voici les nativités de lischmaël fils d'Abraham, signifie les dérivations de l'Eglise Spirituelle représentée par lischmaël: on le voit par la signification des nativités , en ce qu'elles sont les dérivations de la foi, par conséquent de l'Église , V' 1145, 1*255, 1330; par la représentation de lischmaël, en ce qu'il désigne les rationnels et ceux qui sont de l'Église spirituelle du Seigneur , N°*2678, 2691, 2699 ; et par la signification des fils d'Abraham, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans le vrai par le Seigneur, car les fils signifient les vrais, N°* 489, 491, 533, 1147, 2623, et Abraham représente le Seigneur, aussi quant au Divin Humain, ff 3251, par Lequel le vrai et le bien sont aux spirituels, N°» 2661, 2716, 2833, 2834. Quant à ce qui concerne l'Église Spirituelle du Seigneur, il faut qu'on sache qu'elle est répandue sur tout le globe de la terre ; en effet , elle n'est pas limitée à ceux qui ont la Parole et qui par suite connaissent le Seigneur et quelques vrais de la foi ; mais elle est aussi chez ceux qui n'ont point la Parole, et qui par cette raison ne connaissent nullement le Seigneur et ne savent par conséquent aucun vrai de la foi ( car tous les vrais de la foi concernent le Seigneur) , c'est-à-dire qu'elle est chez les Nations éloignées de l'Église : en effet, parmi les Gentils, il y en a plusieurs qui savent d'après la lumière rationnelle, qu'il y a un Dieu, que ce Dieu a créé toutes choses et qu'il conserve toutes choses ; que de Lui procède tout bien, et par conséquent tout vrai; et que la ressemblance avec Lui fait l'homme heureux ; et en outre, ils vivent selon leur religiosité dans l'amour pour ce Dieu et dans l'amour envers le prochain ; d'après l'affection du bien ils font les œuvres de la charité, et d'après l'affection du vrai ils adorent le (Dieu) Suprême : voilà parmi

les Nations ceux qui sont dans l'Église Spirituelle du Seigneur; et

quoiqu'ils ne connaissent point le Seigneur quand ils sont dans le monde , toujours est-il qu'ils ont en eux le culte et la tacite reconnaissance du Seigneur quand ils sont dans le bien, car dans tout bien le Seigneur est présent ; c'est aussi pour cela que , dans l'autre vie , ils Le reconnaissent facilement, et reçoivent , mieux que les Chrétiens qui ne sont pas ainsi dans le bien, les vrais de la foi en Lui, comme on peut le voir par les choses qui ont été dévoilées, d'après l'expérience , sur l'état et le sort des Nations et des Peuples hors de l'Église , dans l'autre vie, JS0* 2589 à 2604 : la Lueur naturelle qui est en eux, a en soi le spirituel , car sans le Spirituel , qui vient du Seigneur, dételles vérités ne peuvent jamais être reconnues. D'après ce qui précède, on peut voir ce que c'est que Iischmaël , et par conséquent ce que c'est que les Iischmaëiites , dans le sens représentatif, c'est-à-dire que cè sont ceux de l'Église Spirituelle du Seigneur, qui sont quant à la vie dans le bien simple, et en conséquence quant à la doctrine dans le vrai naturel; de tels hommes sont aussi signifiés par les Iischmaëiites dans les passages suivants où il s'agit de Joseph : « Voici, une troupe de lisehmaëlites vint de » Giléad, et leurs chameaux portaient de la cire , de la résine et de » la myrrhe, allant les transporter en Egypte. » — Gen. XX&VIl. 25; — là, les Iischmaëiites désignent ceux qui sont dans le bien simple, dans lequel sont les nations probes ; les chameaux portant la cire, la résine et la myrrhe sont les biens intérieurs de ces hommes; les Iischmaëiites ont une semblable signification au Vers. 28 du même Chapitre et au Chap. XXIX. 1, et aussi dans le Livre des Juges : « Guidéon fit la demande que chacun donnât la boucle d'o- » reille de son butin, car ils avaient des boucles d'oreilles d'or. » parée qu'ils étaient lisehmaëlites. » — MIL 24 ; — les boucles d'oreilles d'or signifiaient ce qui appartient au bien simple, N* 3103.

3264. Qu'enfanta llagar l'Egyptienne * servante de Savait , à Abraham , signifie la naissanee de l'homme Spirituel d'à pris l'influx Divin dans l'affection des sciences : on le voit par la signification û' enfanter, en ce que c'est exister; N°* 2621, 2629; par la représentation d' llagar l'Egyptienne, en ce qu'elle est la vie de l'homme extérieur, N°* 1896 , 1909; et par la signification de la Servante . on ce qu'elle est l'affection des sciences et des connais-

sances qui appartiennent à l'homme extérieur, N" 1895, 2691 ; elle est dite Servante de Sarah, parce que Sarah représente le Divin

Vrai du Seigneur, auquel a été subordonnée l'affection des sciences et des connaissances du vrai : puisque lischmaël représente l'homme Spirituel, il est évident que ces paroles : « qu'enfanta llagar l'Egyptienne t servante de Sarah, à Abraham, » signifient la naissance de l'homme Spirituel d'après l'influx Divin dans l'affection des sciences :que le Rationnel de l'homme naisse ainsi, on le voit, N" 1895, 1896, 1902, 1910, 2094, 2557, 3030, 3074, il en est par conséquent de même du Spirituel, car le Spirituel n'est donné que dans le Rationnel; aussi l'homme Spirituel et l'homme Rationnel sont-ils presque la môme chose ; les Spirituels différent entre eux seulement selon la qualité de la raison et selon la qualité de la vie qui en résulte; que leur naissance ou la régénération vienne de l'influx Divin dans l'affection des connaissances, on le voit N" 1555, 1904, 2046, 2063, 2189, 2657, 2675, 2691 f., 2697, 2979. On peut se reporter à ce qui a déjà été dit et montré touchant lischmaël, savoir, qu'il a représenté le premier Rationnel du Seigneur, qui n'était pas encore Divin, N* 1893 ; qu'ensuite il a représenté ceux qui sont véritablement rationnels ou les Spirituels, N°* 2078, 2691 ; par conséquent l'Eglise Spirituelle du Seigneur, N° 2699.

3265. Vers. 13, 14, 15, 16. Et voici les noms des fils de lischmaël, en leurs noms, selon leurs nativités : Le Premier-né de lischmaël, iïébajoth ; et kédar, et Abdëcl, et Mibsatn. Et Mischmah, et Uuma/i, et Massah. Chadar, et Thëma, Jêtur, Aaphisch et Kedmah. Ce (sont) là les fil» de lischmaël, et ce (sont) là leurs noms, dans leurs villages et dans leurs châteaux ; douze princes de leurs peuples. — Voici les noms des fils de lischmaël, signifie les qualités des doctrinaux de ceux-là : en leurs noms, selon leurs nativités, signifie les qualités intérieures selon les dérivations de la foi : le premier-né de lischmaël^ Nébajoth ; et Kédar, et Abdëel , et Wibsam ; et Mischmah,et Dumuh, et Massah; Chadar, et Théma, .Ictur, \aphiseh et Kedmah , signifie toutes les choses qui appartiennent à l'ï\glise Spirituelle, surtout chez les Nations : ce (sont) là les fils de lischmaël, et ce (sont) là leurs noms, signifie les doctrinaux et la qualité des doctrinaux : dans leurs villages, signifie les externes de l'Kglise : dans leurs ehàteau.r, signifie les internes :

douze princes de leurs peuples, signilie toutes les choses principales de cette Église Spirituelle.

3266. Voici les noms (Us fils de liscUmact , signifie les qualités des doctrinaux de ceux-là, savoir, des Spirituels : on le voit par la signification du Nom, en ce qu'il est la qualité, N" 144, 145, 1754, 1806, 2009, 2721, 3006 ; par la signification des fds , en ce qu'ils sont les vrais, puis les doctrinaux, N°* 480, 401, 533, 1147, 2623; et par la représentation de lisclnna'cl . en ce qu'il désigne les spirituels, ci-dessus, N" 3263.

3267. En leurs noms, selon leurs nul icités , signifie les qualités intérieures selon les dérira lions de la foi: on le voit par la signification du nom, en ce qu'il est la qualité, ou des noms , en ce qu'ils sont les qualités, comme il vient d'être dit, N" 3266 , ici les qualités intérieures, parce qu'il est dit : « Voici les noms des fils de Iischmaël en leurs noms, » où les noms en premier lieu sont les qualités communes, ici les qualités qui sont dans ces qualités communes, ou qui les concernent, c'est-à-dire les qualités intérieures ; et parce que ces qualités sont selon les dérivations de la foi , qui sont signifiées par ces mots se/on leios nativités; que les nativités soient les dérivations de la foi, par conséquent de l'Église, on le voit NM 1145, 1255, 1330 , 3263. Voici ce qu'il en est de l'Eglise Spirituelle du Seigneur ; c'est qu'elle a été répandue sur tout le globe de la terre, et que partout elle est variée quant aux choses qu'on doit croire ou quant aux vrais de la foi ; les variétés chez elle sont les dérivations qui sont signifiées par les nutirités, et qui existent tant ensemble en même temps que successivement ; tel est aussi dans les cieux le Royaume Spirituel même du Seigneur , c'est-à-dire qu'il est varié quant aux choses qui appartiennent à la foi, jusqu'au point qu'il n'y a pas une seule société, ni mémo dans une société un seul membre qui ait une idée parfaitement d'accord avec l'idée des autres sur les choses appartenant au vrai de la foi , N° 3241 ; mais toujours est-il que le Royaume Spirituel du Seigneur dans les cieux est un ; et cela , parce que la charité est pour tous le principal , car c'est la charité qui fait l'Eglise spirituelle , et ce n'est pas la foi, à moins qu'on ne nomme foi la charité ; celui qui est dans la charité aime le prochain, et il excuse en lui les croyances qui diffèrent des siennes, pourvu qu'il vive dans le bien et le vrai ; il ne condamne pas

non plus les nations probes, quoiqu'elles ne connaissent ni le Seigneur, ni rien de ce qui appartient à la foi; en çffet, celui qui vit

dans la charité, c'est-à-dire dans le bien, reçoit du Seigneur les vrais tels qu'ils conviennent à son bien , et les nations reçoivent du Seigneur les choses qui peuvent dans l'autre vie être tournées en vrais de la foi, N" 2509, 2600, 2601, 2602, 2603; mais celui qui ne vit pas dans la charité, c'est-à-dire qui ne vit pas dans le bien, ne peut jamais recevoir aucun vrai ; il peut bien savoir le vrai , mais le vrai n'est pas implanté dans sa vie, ainsi il peut bien l'avoir dans la bouche, mais non dans le cœur ; en effet, le vrai ne peut être conjoint au mal , aussi est-ce pour cela que ceux qui savent les vrais, qu'on appelle choses de croyance, et ne vivent point dans la charité et dans le bien, quoiqu'ils soient dans l'Église parce qu'ils y sont nés, ne sont cependant point de l'Église, car en eux il n'y a rien de l'Église, c'est-à-dire rien du bien, auquel le vrai est conjoint.

3268. Le fils premier-né de liscltmaël, Nébajoth ; et Kédar, et Abdcel, et Mibsam, et Mischmah, Dumah et Massait, Chadar, et Tlièma, Jétur, Naphisrh, et Kcdmah, signifient toutes les choses (jiti appartiennent à l'Eglise spirituelle, surtout chez les nations : on le voit par la représentation de ceux qui sont nommés; quelques-uns d'eux sont mentionnés dans la Parole, particulièrement dans la Parole prophétique, comme Nébajoth, Kédar, Dumah et Théma, et là ils signifient des choses qui appartiennent à l'Église Spirituelle surtout chez les nations ; et en outre cela est évident en ce qu'ils sont douze , et que douze signifie toutes les choses appartenant à la foi, par conséquent à l'Église, ainsi qu'il sera expliqué dans ce qui suit; et c'est pour cela qu'au Vers. 16, il est dit qu'ils furent douze princes de leurs peuples. Que Nébajoth et Kédar représentent les choses qui appartiennent à l'Église spirituelle , surtout chez les nations, savoir, les biens et par suite les vrais de cette Église, on le voit dans Ésalc : « l ne foule de chameaux te couvrira; ■ les dromadaires de Midian etd'Ephah, tous ceux de Schéba vien- » dront ; ils porteront l'or et l'encens, et ils annonceront les louan- » ges de Jéhovah : tous les troupeaux de Kédar seront rassemblés » pour toi ; les Métiers de Nébajoth seront à ton service ; ils raon- » toron t l\ mon bon . plaisir sur mon autel. » — L\. 6, 7; — là. U\*ns le sens suprême, il s'agit du Soigneur; dans le sens respectif.

il s'agit de son Royaume ; les troupeaux de Kédar sont le bieu spirituel ; que le troupeau soit le bien spirituel, on le voit N"' 3A3, 415, 2ô(5(5; les Béliers de Nébajolh sont le vrai spirituel; que le Bélier soit le vrai spirituel, on le voit N" 2833 : que kédar soit l'Arabie, cela est évident d'après les passages qui suivent ; et que l'Arabie ait reru le nom de Kédar du lils de lischmael, on peut le voir en ce que les noms qui sont cités dans ces deux Versets sont des terres ou des nations, ayant toutes reçu leur nom des lils et des pctits-lils d'Abraham, comme Midian, Ephah, Schéba, dont il a été parlé ci-dessus Vers. 2, 3, h ; de môme ici Kédar et Nébajolh. Dans Ezéchiel : « V Arabie et tous les princes de Kédar, voilà les marchands de ta > main, en agneaux, et eu béliers et en boucs, en ces choses ils ont » été tes marchands. » — XXVII. 21 ; là, il s'agit de Tyr, c'est-àdire de ceux qui sout dans les connaissances du bien et du vrai ; que ceux-ci soient signifiés par Tyr, on le voit N* 1201 ; l'Arabie est le bien spirituel, les princes de Kédar sont les vrais spirituels ; les agneaux, les béliers et les boucs sont des biens et des vrais spirituels. Dans Jérémie : ■ Levez-vous, montez vers kédar, et dévasv lez les lils de l'Orient ; ils s'empareront de leurs tentes et de leurs » troupeaux ; ils prendront pour eux leurs courtines, et tous leurs » vases et leurs chameaux. » — XLIX. 28, 29 ; — là, il s'agit de la vastation de l'Église spirituelle signifiée par Kédar et par les lils de l'Orient ; les tentes et les troupeaux sont les biens de cette Eglise, les courtines et les vases en sont les vrais ; ce sont les choses saintes du culte, qui sont signifiées par les tentes et les troupeaux et par les courtines et les vases; or, les choses saintes du culte se réfèrent toutes au bien et au vrai. Ceux, au contraire, qui ne sont pas dans le vrai, parce qu'ils ne sont pas dans le bien, sont ceux que représentent les Arabes et les Kédars dans le désert, comme dans Esaïe : « Babel ne sera point habitée à jamais, Y Arabe ne s'y arrêtera » point, n — XIII. 20. — Dans le Même: « Qu'ils élèvent la voix u le désert et ses villes, les villages qu'habite Kédar. •> — XLU. 10, 12. — Dans Jérémie : • Tu t'es assise sur les chemins pour eux » comme un Arabe dans le désert. » — III. 2. — Dans David : • Malheur à moi ! parce que je séjourne en Meschech, je m'arrête » avec les tentes de Kédar. » — Ps. GXX. 5. — Dans Ésaïe : •«Dans la font m Arabie vous passerez la nuit, troupes de Déda-

* niiu ; au-devant de celui qui a soif apportez des eaux, habitants de n la terre de Thîma ; avec son pain venez au-devant du fugitif, » car devant les épées ils seront errants, devant l'épée levée, de-

* vant Tare tendu, et devant le poids de la guerre ; car ainsi m'a » dit le Seigneur : Dans une année encore, selon l'année d'un mer- » cenaire, et sera consumée toute la Gloire de Kédar, et le reste n du nombre des puissants archers des fds de Kédar. » — XXI. 13 à 17 ; — passer la nuit dans la forôt de l'Arabie, c'est être dévasté quant au vrai ; les troupes de Dédanim désignent ceux qui sont dans les connaissances, N0' 3240, 3241 f; les habitants de la terre de Théma signifient ceux qui sont dans le bien simple dans lequel vivent les nations probres, que leur nom vienne de Théma fils de lischmaël, cela est évident; Kédar signilie ceux qui sont dans le vrai simple ; il est dit de ceux-ci qu'ils seront errants devant les épées et devant le poids de la guerre, ce qui signifie qu'ils ne soutiendront pas les combats des tentations, parce qu'ils ne sont plus dans le bien. Dans Jérémie: • Traversez les Iles des Kitthéens, et » voyez ; et envoyez en Kédar, et examinez bien ; et voyez s'il a été

* fait (rien) comme cela ; est-ce qu'une nation a changé ses dieux, » lesquels cependant ne sont pas dieux ?» — II 10, 11 ; — les îles des Kitthéens signifient ceux qui sont les plus éloignés du culte, c'est-à-dire, les nations qui sont dans le bien simple, et par suite dans le vrai naturel, N01 1156, 1158; que Kédar aussi les désigne, cela est évident. Dans le Môme : « Je pris la coupe de la main de » Jéhovah, et j'en fis boire à toutes les nations vers lesquelles m'en- » voyait Jéhovah, et à Dédan, et à Théma, et à Bus, et à tous les >. retranchés de l'angle ; et à tous les rois de l'Arabie, et à tous les » rois de l'occident, qui habitent dans le désert. » — XXV. 17, 23, 24 ; là aussi il s'agit de la vastalion de l'Eglise spirituelle, et entre plusieurs sont nommés Théma et l'Arabie, d'où l'on voit que Théma, de même que l'Arabie, signifie ceux qui sont de l'Eglise spirituelle ; mais à l'Arabie sont attribués des rois et des villes, et à Kédar des princes et des villages. Outre ceux-là, Dumah est aussi mentionné dans Esaïe, Chap. XXI. 11, 12. — Si ces nations ou Gentils signilient les choses qui appartiennent à l'Eglise Spirituelle, cela vient de ce que l'Ancienne Eglise, qui était Spirituelle, a aussi existé c hez eux. N"' 1238. 2385 ; mais leurs doctrinaux et leurs rites dif-

Téraient, et néanmoins ils formèrent une seule Eglise , parce qu'ils

firent la charité l'essentiel et non la foi; mais par le laps du temps, la charité ayant cessé, ce qui appartenait a l'Eglise chez eux est devenu aussi nul ; cependant il resta toujours un représentatif de l'Eglise chez eux, avec variété, selon ce qu'avait été chez eux ce qui appartenait a l'Eglise ; de là vient que, lorsqu'ils sont nommés dans la Parole, ce ne sont pas eux qui sont signifiés, mais ce qui est signifié, c'est seulement ce qui chez eux avait appartenu à l'Eglise dans le commun.

3269. Ce sont là les fils de lischmacl, et ce sont là leurs nom», signifie leurs doctrinaux et la qualité des doctrinaux : on le voit par la signification des fils, en ce qu'ils sont les vrais, puis les doctrinaux; et par la signification du nom, en ce qu'il est la qualité, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 3266.

3270. Dans leurs villages, signifie les externes de l'Église : ou le voit par la signification des villages, en ce qu'ils désignent les choses qui sont les externes de la foi, par conséquent, de l'Eglise : les externes de l'Eglise sont les rites, les internes sont les doctrinaux quand ceux-ci appartiennent non à la science mais à la vie ; les externes étaient représentés par les villages, parce que ceux-ci étaient hors des villes, mais les internes Tétaient par les villes mêmes : que les villes soient les doctrinaux, on le voit N" 402, 2268, 24 A9, 2712, 2943, 3216.

3271. Dans leurs châteaux, signifie les internes : on le voit par la signification des châteaux, en ce qu'ils sont les internes de la foi, ici, de l'Eglise, parce qu'ils se disent particulièrement des Nations chez lesquelles il y a non le vrai de la foi, mais le vrai rationnel et le vrai naturel ; ces Vrais sont appelés châteaux, quand les Vrais de la foi sont nommés villes. Dans la langue originale ces mots, qui signifient villages et châteaux, signifient aussi parvis et palais, et pareillement les parvis signifient les externes de l'Eglise, et les palais les internes.

3272. Douze princes de leurs peuples , signifie toutes les choses principales de cette Eglise Spirituelle : on le voit par la signification de douze, en ce que ce sont toutes les choses qui appartiennent à la foi ou à l'Eglise, N*' 577, 2089, 2129 f. 2130 f; par la signification des princes, en ce qu'ils sont les choses principales, N°* 1482, 2089 ;

et par la signification des peuples, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les vrais, N°* 1259, 1260, ainsi ceux qui sont de l'Eglise spirituelle, car ceux-ci sont dits être dans les vrais. Que tous les Nombres, dans la Parole, signifient des choses, on peut le voir clairement par le nombre douze, qui s'y rencontre tant de fois; partout où ce nombre est employé dans la Parole, il signifie toutes choses ; de même que les douze Tribus dans l'Ancien-Testament, et les douze Apôtres dans le Nouveau , signifient toutes les choses de la foi, et par conséquent toutes celles de l'Eglise; de même ici les douze Princes signifient toutes les choses principales de celte Eglise, qui sont représentées par autant de fils de Iischraaël. Que le nombre douze ait cette signification, on peut le voir par ce qui a été rapporté dans les endroits ci-dessus cités, et aussi par ces passages de la Parole. Dans Jean : « J'entendis le nombre de ceux qui furent

• marqués de toute Tribu d'Israël : de la Tribu de Juda Douze mille » marqués ; de la Tribu de Ruben Douze mille marqués ; de la » Tribu de Gad Douze mille marqués, » et ainsi du reste; — Apoc. Vil. 4, 5, 6 et suiv. ; — là, par douze mille marqués de chaque Tribu, il n'est pas signifié autre chose, si ce n'est que tous ceux qui sont dans la foi, c'est-à-dire, dans le bien de la foi, sont sauvés. Dans le Même : < Une Femme enveloppée du soleil, et ayant sous » ses pieds la lune, et sur sa tête une Couronne de douze étoiles. * — Apoc. XII. 1 ; — la Femme, c'est l'Eglise, N" 252, 253; le soleil est l'amour céleste, et la lune l'amour spirituel , N" 30 à 38, 1529 , 1530 , 2441 , 2495 ; les douze étoiles sont toutes les choses de la foi ; que les étoiles soient les connaissances du bien et du vrai qui appartiennent à la foi, on le voit N" 2495, 2849. Dans le Même : « La cité sainte, la Nouvelle Jérusalem avait douze portes, et sur les » portes douze anges, et des noms écrits qui sont ceux des douze

• tribus des fils d'Israël. La muraille de la ville avait douze fonde- » meiits, et en eux les noms des douze Apôtres de l'Agneau. Il mesura » la Ville en douze mille stades ; et il en mesura la muraille de cent » quarante-quatre coudées (douze fois douze) mesure qui est (celle) » de l'homme, c'est-à-dire, de l'Ange. Les douze portes étaient » douze perles. » — Apoc. XXI. 12, 14, 16, 17, 21 ; — là, par la Cité Sainte, il n'est pas entendu autre chose que le Royaume Spirituel du Seigneur; et par les portes, la muraille, les fondements.

sont signitîées les choses qui appartiennent à la Charité et à la foi, et qui sont (ouït* désignées tant de fois par douze; qu'ici ne sont entendus ni les douze Tribus, ni les douze Apôtres, chacun peut le voir. Dans le Même : « Au milieu de sa place et du fleuve, d'ici et de là

> (était) l'arbre de vie, faisant douze fruits, selon chaque mois ren- » dant son fruit. » — Apoc. XXII. 2; — les douze fruits sont toutes les choses de la charité. Dans Matthieu : « Jésus dit : En vérité je • vous dis que vous qui M'avez suivi, dans la régénération, quand » le Fils de l'homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez

> assis aussi, vous, sur douze trôna, jugeant les douze tribus p d'Israël. » — XIX. 28 ; — ici , par les Apôtres on n'entend pas les Apôtres; ni par les trônes, des trônes ; ni par les tribus , les tribus; mais on entend toutes les choses qui appartiennent à la foi, Voir N* 2129. En outre, dans la Parole de l'Ancien-Testament, partout où sont nommées les douze tribus, ce sont toutes les choses de l'Eglise qui sont signifiées ; il en est aussi de même pour « les douze pierres, selon les noms des douze tribus d'Israël, dans l'Urim et le Thumim, » — Exod. XXVIII. 21 ; — et pour « les douze pains de proposition rangés sur la table, » — Lévit. XXIV. 5, 6; et pareillement pour tout le reste. Que toutes les choses de la foi soient aussi contenues dans les noms mêmes des douze fils de Jacob ou d'Israël, on le verra, d'après la Divine miséricorde du Seigneur, dans les Chapitres suivants XXIX et XXX.

3273. Vers. 17,18. Voici les années des vies de Iischmaël: cent ans et trente ans et sept ans ; et il expira et mourut, et il fut recueilli vers ses peuples. Et ils s'établirent depuis Cliavillali jusqu'à Schur, qui (est) sur les faces de l' Egypte, en venant vers Ascltur ; sur 1rs /ares de tous ses frères il tomba. — Voici les années des viei de Iiscltmaêl, signifie l'état représentatif du Royaume Spirituel du Seigneur par Iischmaël : cent ans et trente ans et sept ans, signifient les choses qui appartiennent à cet état : et il expira et mourut, signifie la fin de la représentation par Iischmaël : et il fut recueilli vers ses peuples, signifie ces choses concernant Iischmaël: et ils s'établirent depuis Chavillah jusqu'à Schur, qui (est) sur les fan s de l'Egypte en venant vers Aschur, signifie l'extension do l'intelligence : sur tes faces de tous ses frères il tomba, signifie les contestations au sujet du vrai, mais il est supérieur.

3274. Voici tes armées des vies de lischnuièl, signifie Vètat représentatif du Royaume Spirituel du Seigneur par Ischmaët : on le voit par la signilioatîon des années et des vie*, en ce qu'ici elles sont des états représentatifs, comme ci-dessus , N° 3251 ; et par la représentation de lischmuïl. en ce qu'il est le Royaume spirituel du Seigneur, N- 2699, 3263, 3268.

3275. Cent ans et trente ans et sept ans , signifient tes choses gui appartiennent à cet état : ou peut le voir par ce qui a été dit de l'âge d'Abraham, N" 3252.

3276. Et il expira et mourut, signifie la fin de la représentation par liscUmaél : on le voit aussi par ce qui vient d'être dit N' 3253, où sont les mêmes paroles, et le même sens interne : pareillement // fut recueilli vers ses peuples , signifie ces choses concernant Ischmael, comme ci-dessus N* 3255.

3277. Et ils s'établirent depuis Chavillah jusqu'à Schur, qui est sur les faces de l'Egypte en venant vers A schur, signifie l'extension de l'intelligence. Et sur les faces de tous ses frères il tomba, signifie tes contestations au sujet du vrai , mais il est supérieur : on le voit d'après ce qui a été dit, N°* 115, 1951, ou ces paroles ont été expliquées.

3278. Vers. 19, 20. Et voici les nativités de lischak fils d'Abraham ; Abraham engendra lischak. Et lischak était fils (âgé) de quarante ans, quand il prit Rébecca fille de Béthuel l'Araméen de Paddan-Aram, sœur de Laban l'Araméen, pour sa femme. — Voici les nativités de lischak fils d'Abraham, signifie le Divin Rationnel du Seigneur d'où naquit le Divin Naturel : Abraham engendra lischak, signifie le Divin Rationnel qui est né du Divin Même : et lischak était fils (âgé) de quarante ans, signifie d'après la propre puissance par les combats des tentations : quand il prit Rébecca, signifie la conjonction du Divin Vrai : fille de Béthuel l'Araméen de Paddan-Aram, sœur de Laban l'Araméen, pour sa femme, signifie la qualité et l'état.

3279. Voici les nativités de lischak fils d'Abraham, signifie le Divin Rationnel du Seigneur, d'oii naquit le Divin Naturel : on le voit par la signification des nativités, en ce qu'elles sont les dériva-

tions, N" 1145, 1255, 1330, savoir, les dérivations de la foi quand il s'agit de la foi, et les dérivations de l'Eglise quand il s'agit de l'Eglise, comme ci-dessus, les dérivations de l'Eglise spirituelle par les nativités de Iischmaël, Y 3263 ; mais ici comme les Nativités se disent du Seigneur, ce sont de Divines nativités qui sont entendues, c'est-à-dire que du Divin Môme est né le Divin Rationnel, ce qui est signifié en ce que d'Abraham est né Iischak , et que du Divin Rationnel est né le Divin Naturel, ce qui est signifié en ce que de Iischak sont nés EsaU et Jacob; car Esaii et Jacob représentent le Divin Naturel du Seigneur ; EsaU , ce Divin quant au bien, et Jacob, ce Divin quant au vrai ; il en est question dans ce qui va suivre ; voilà ce qui est signifié ici par les nativités.

3280. Abraham engendra Iischak, signifie te Divin Rationnel qui est né du Divin Même : on le voit par la représentation d' Abraham, en ce qu'il est le Divin Même; et par la représentation de Iischak,

en ce qu'il est le Divin Rationnel, il en a déjà été souvent parlé.

3281. Et Iischak était fils (âgé) de quarante ans, signifie d'après la propre puissance par tes combats des tentations : on le voit par la représentation de Iischak, en ce qu'il est le Divin Rationnel, ainsi qu'il a été déjà souvent dit; par la signification de quarante, en ce que ce sont les tentations , N°* 730, 862 ; et par la signification des années, en ce qu'elles sont les états, Noi 23, 487, 488, 493. 893, 2788 ; de là le sens interne de ces paroles est, que le Seigneur a aussi rendu Divin son Rationnel quant au vrai par les combats des tentatious, ainsi d'après la propre puissance ; que le Seigneur, d'après la propre puissance, ait rendu Divin par les tentations admises en Lui tout ce qu'il avait d'humain, c'est ce qui a déjà élé montré, N" 1616, 1663, 1668, 1690, 1787, 2083, 2523, 2632, 2776, 3030, 3043, 3141.

3282. Quand il prit Rébecca, signifie la conjonction du Divin Vrai : on le voit par la représentation de Rébecca, en ce qu'elle est le Divin Vrai adjoint au Divin Bien dans le Rationnel ; dans le Chapitre précédent il a été traité de son origine d'après l'homme naturel.

3283. Fille de Ré t huel l'ylratnéen de Paddan-Armn , sœur de Laban l'Aramécn , pour sa femme, signifie (a qualité et l'état : on le voit par la représentation de Réthuel et de Laban, puis par

la signification d'Arum et de Paddan-Aram, en ce que ce sont les choses qui renferment l'origine du Divin Vrai représenté par Rébecca, quant à la qualité et quant à l'état ; quant à ce qui est représenté par chacun d'eux, savoir, par Béthuel et La ban, èt à ce qui est signifié par Araro ou la Syrie, cela a été expliqué dans le Chapitre précédent: si ces choses sont dites une seconde fois, c'est parce que dans ce qui suit il s'agit du Naturel du Seigneur ; le Naturel du Seigneur n'a pu devenir Divin, avant que le Vrai eût été adjoint au Rationnel du Seigneur, ni avant que le Rationnel eût été fait Divin ; car l'influx dans le Naturel a dû procéder du Divin Bien du Rationnel par le Divin Vrai qui y était; en effet, toute la vie de l'homme naturel, quant à savoir et à faire avec intelligence , provient de là , car c'est le Rationnel qui met tout en ordre dans le naturel, et y considère convenablement les choses selon l'ordination ; le Rationnel, en effet, est comme une vue supérieure, et lorsqu'il regarde dans les scientifiques de l'homme Naturel, c'est comme s'il regardait dans une plaine au-dessous de lui ; la lumière de cette vue appartient au Vrai , mais l'origine de la lumière appartient au Bien dans le Rationnel ; il en sera dit davantage sur ce sujet dans ce qui suit.

3284. Vers. 21, 22, 23. Et Iischak pria Jéhovah au sujet de sa femme, parce qu'elle (était) stérile; et Jéfiovah l'exauça, et Rêbecca sa femme conçut. Et les fils s' entre-heur laient au milieu d'elle; et elle dit ; Si (c'est) ainsi, pourquoi cela ? moi ! et elle alfa interroger Jéhovah. Et Jéhovah lui dit : Deux nations (sont) dans ton utérus, et deux peuples seront séparés de tes entrailles, et un \ peuple prévaudra sur (l'autre) peuple, et le plus grand servira le moindre» — Iischak pria Jéhovah signifie la communication du Divin qui est le Fils avec le Divin qui est le Père : au sujet de sa femme, parce qu'elle (était) stérile, signifie que le Divin Naturel n'était pas encore: et Jéhovah l'exauça, signifie l'effet : et Rébecca sa femme conçut signifie que c'est du Divin Vrai comme d'une mère : et les fils s' entre-heurtaient au milieu d'elle, signifie le combat, dont il sera question : et elle dit : Si (c'est) ainsi, pourquoi cela? moi! signifie l'angoisse: et elle alla interroger Jéhovah, signifie l'état de communication : et Jéhovah lui dit , signifie la perception d'après le Divin : Deux nations (sont) dans ton utérus, si-

gui lie le naturel quant au bien intérieur et eitérieur, en ce qu'il y a conception : et deux peuples seront séparés de tes entrailles, signifie que de là naîtra le vrai : et un peuple prévaudra sur (l'autre) peuple, signifie que d'abord le vrai sera supérieur au bien du vrai : et le plus grand servira le moindre, signifie que le bien du vrai sera inférieur pour un temps.

3285. iisehakpria Jéhovah, signifie la eommunieation du Divin qui est le Fils avec le Divin gui est le Pére : on le voit par la signification de prier, en ce que c'est être mis en communication, car la prière n'est autre chose qu'une communication ; et par la représentation de liscliak, en ce qu'il est le Divin Rationnel ; le Divin qui est le Fils est Iischak, ou le Rationnel quand le vrai lui a été conjoint ; mais le Divin, qui est le Père, est ici Jéhovah : celte communication a existé dans le Seigneur, car le Père a été dans le Fils, et le Fils dans le Père. — Jean, XIV. 10, 11.

3286. Au sujet de sa femme, parce qu'elle était stérile, signifie que le Divin Naturel n'était pas encore : on le voit par la signification de la femme, en ce qu'elle est le Divin Vrai conjoint au Bien du Rationnel, ce Vrai étant représenté par Rébecca, ainsi qu'il a été montré dans le Chapitre précédent; et par la signification de stérile, en ce que c'est le Divin naturel n'existant pas encore: voici, en effet, ce qu'il en est : Le Divin Naturel a tiré son existence du Divin Bien du Rationnel comme d'un père, et du Divin vrai là comme d'une mère ; quand le Divin Naturel n'existe pas encore, il est dit que le Vrai du Rationnel est stérile, et ici que la femme est stérile. Chez l'homme il en est de même; quand il est régénéré, le Seigneur insinue dans son Rationnel le bien, c'est-à-dire le bon vouloir pour le prochain, à ce vouloir ou à ce bien est adjoint le vrai provenant de l'homme naturel ; cela fait, le naturel n'a pas encore été régénéré, ce qu'on peut savoir en ce que souvent l'homme interne ou rationnel combat contre l'homme externe ou naturel, et tant qu'il y a combat, le naturel n'a pas été régénéré ; et quand celui-ci n'a pas été régénéré, le Rationnel quant au vrai est stérile ; ainsi dans le commun , pareillement dans tout particulier, dans lequel le rationnel est en dissension avec le naturel, dans ce particulier le rationnel quant au vrai est dit stérile : l'œuvre de la régénération consiste principalement en ce que l'homme naturel corres-

ponde à l'homme rationnel, non-sealement dans le commun, mais aussi dans le particulier ; et c'est le Seigneur qui ramène par le rationnel l'homme naturel à la correspondance, savoir, en ce qu'il insinue dans le rationnel le bien, et implante les vrais dans ce bien comme dans un humus, et qu'ensuite par les vrais rationnels il réduit le naturel à l'obéissance ; or quand le naturel obéit il correspond, et autant il correspond , autant l'homme est régénéré.

3287. Et Jéhovah l'exauça, signifie l'effet : on peut le voir sans explication, car lorsque Jéhovah a exaucé, la prière est accomplie ou a produit son effet

3288. Rèbecca sa femme conçut, signifie du Divin Vrai comme d'une mère : on le voit par la représentation de Rèbecca, en ce qu'elle est le Divin Vrai du Rationnel, ainsi qu'il a été montré dans le Chapitre précédent; et par la signification de concevoir, en ce que c'est le commencement de la naissance du Divin Naturel comme d'une mère ; en effet , ainsi qu'il vient d'être dit , le Divin Naturel est né du Divin Bien du Rationnel comme d'un père , et du Divin Vrai du Rationnel comme d'une mère : que cela soit ainsi, il est à peine quelqu'un qui le sache, et cette ignorance est d'autant plus grande, qu'il en est peu qui sachent que le Rationnel est distinct du Naturel ; cela n'est connu que de ceux qui sont véritablement rationnels, et il n'y a de véritablement rationnels que ceux qui ont été régénérés par le Seigneur ; ceux qui n'ont pas été régénérés ne saisissent pas cela, car pour eux le rationnel est la môme chose que le naturel.

3289. Et les fils s' entre-heur taient au milieu d'elle, signifie le combat, dont il sera question : on le voit par la signification de s' entre-heur ter, en ce que c'est combattre ; et par la signification des fils ici, en ce que c'est le Naturel quant au bien et quant au vrai ; car on verra par la suite, qu'Esatt et Jacob , qui sont les fils, représentent le Divin Naturel du Seigneur, Esaii ce Divin quant au bien, et Jacob ce Divin quant au vrai. Il s'agit aussi de cette collision ou de ce combat dans ce Chapitre , et il a lieu au sujet de la priorité, si c'est le bien qui est préférable ou si c'est le vrai, ou, ce qui est la môme chose, si c'est la charité appartenant au bien qui est préférable ou si c'est la foi appartenant au vrai ; dans l'Eglise spirituelle il y a eu dès les premiers temps «les discussions sur ce sujet

entre plusieurs; et comme il s'agit de cette priorité dans ce qui suit, c'est pour cela qu'il est dit que tes fils s'entre-heurtaient au milieu d'elle, et par ces paroles est signitié le combat, dont il sera question.

3290. Et elle dit : Si c'est ainsi, pourquoi cela? moi! signifie l'angoisse : on peut le voir par le sens de ces paroles, en ce qu'elles sont des paroles d'angoisse, et cela à cause de la collision, c'est-àdire, dn combat entre les frères : si c'est ainsi signifie si l'on combattait sur ce point; pourquoi cela, signifie qu'on ne doit pas combattre sur ce sujet ; moi, ou pourquoi moi, signifie que si l'on combattait sur ce sujet, on ne recevrait pas l'influx provenant du rationnel vrai, de là l'angoisse.

3291. Et elle alla interroger Jéhovah, signifie l'état de communication : on le voit par la signification ^interroger en ce que c'estétreen communication, lorsque cela est dit du Seigneur; en effet Jéhovah qui était interrogé était dans le Seigneur; toutefois dan» le sens historique cette communication est exprimée par prier, N* 3285, et l'état de la communication par interroger.

3292. Et Jéhovah lui dit , signifie la perception d'après le Divin : cela résulte de ce qui précède, et de la signification de dire, en ce que c'est percevoir, N- 1791, 1815, 1819, 1822, 1898, 1919, 2080, 2506, 2515, 2552; ainsi Jéhovah dit, c'est percevoir d'après le Divin.

3293. Deux nations sont dans ton utérus, signifie le naturel quant au bien intérieur et extérieur , en ce qu'il y a conception : on le voit par la signification des nations, en ce qu'elles sont les biens, principalement les biens de l'Eglise, N" 1159, 1258, 1260, 1A16, 1849; qu'elles soient ici les biens qui sont dans le naturel, cela est évident en ce qu'Esaii et Jacob, qui étaient alors dans l'utérus, représentent le Divin naturel du Seigneur , comme on le verra clairement dans la suite, où il s'agit d'eux : le naturel , ainsi que le rationnel, consiste en bien et en vrai, le bien dans le naturel est. tout ce qui appartient à l'affection naturelle et est nommé plaisir, et le vrai est tout ce qui appartient à la science et est appelé scientifique ; ces deux choses doivent être dans le naturel pour qu'il y ait naturel ; le scientifique même par soi, séparé du plaisir qui appartient à l'affection , n'est rien ; c'est par le plaisir que le naturel y a

sa vie, car il résulte du plaisir qu'il peut savoir quelque chose ; au contraire le plaisir qui est le bien du naturel est quelque chose sans le scientifique, mais c'est seulement un vital tel que chez les petits • enfants; afin donc que le naturel soit humain, il doit consister en l'un et l'autre, l'un est perfectionné par l'autre, mais il a la vie même par le bien. Quant à ce qui concerne ce bien, dont il s'agit ici, il est double, intérieur et extérieur; l'intérieur communique avec l'homme intérieur, c'est-à-dire avec le rationnel, et l'extérieur avec l'homme externe, c'est-à-dire avec ce qui appartient au corps, et il constitue la vie pour les sens externes et aussi pour les actions ; sans une communication de part et d'autre l'homme ne peut vivre ni par la raison, ni par le corps; c'est la communication intérieure qui reste à l'homme après la mort , et alors elle fait sa vie naturelle , car l'esprit a aussi une vie naturelle; en effet, sa vie spirituelle est terminée dans le naturel comme dans un dernier plan , car l'homme ne peut aussitôt après la mort penser spirituellement, sinon d'après les choses qui appartiennent à son Naturel ; au contraire la communication extérieure est celle qui appartient à l'homme quand il vit dans le corps, mais elle cesse par la mort du corps. D'après cela on peut voir maintenant ce qui est signifié par les deux nations dans l'utérus, c'est-à-savoir, le Naturel quant au bien intérieur et extérieur. Dans l'utérus, signifie dans le sens interne la conception, c'est pour cela qu'ici il est dit : en ce qu'il y a conception.

3294. Et deux peuples seront séparés de tes entrailles, signifie que de là naîtra le vrai: on le voit par la signification du peuple, en ce qu'il est le vrai, N" 1259, 1260 ; et par la signification d'être séparé des entrailles, en ce que c'est naître de là. Quand , dans la Parole, il s'agit de naissance, lorsqu'il est parlé de la mère, il est dit, sortir de l'utérus ou du ventre, et lorsqu'il est parlé du père, il est dit, être séparé des entrailles ; en effet , l'utérus et les lombes se disent des choses qui appartiennent à l'amour, c'est-à-dire au bien ; mais quand il est dit, être séparé des entrailles, c'est la naissance du vrai qui est signifiée; ici donc lorsqu'il s'agit du bien , il est dit que deux nations sortiront de ton utérus, et lorsqu'il s'agit du vrai, il est dit, deux peuples seront séparés de tes entrailles , et par là dans le sens interne est signifiée la naissance du vrai d'après le bien : il est dit deux peuples, parce que le bien étant intérieur et

extérieur, N* 3203, il en est aussi de même du vrai; le vrai intérieur dans le naturel est celui qui est conjoint au bien intérieur du naturel, et le vrai extérieur est celui qui est conjoint au bien extérieur du naturel; le vrai intérieur est nommé vrai naturel, et le vrai extérieur est nommé vrai sensuel : mais dans la suite, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, on verra là où il s'agit de Jacob, ce qu'il en est de ces vrais, car Jacob représente l'un et l'autre vrais.

3205. Et un peuple prévaudra sur ('autre peuple, signifie que d'abord le vrai sera supérieur au bien du vrai : on le voit par la signification du peuple, en ce qu'il est le vrai, ainsi qu'il vient d'être dit, N* 320A; et par la signification de prévaloir, en ce que c'est être supérieur. Le peuple nommé en premier lieu signifie le vrai, mais le peuple nommé en second lieu signifie le bien du vrai ; le bien du vrai est le bien qui existe d'après le vrai ; il est dans sa première existence le vrai , mais il est nommé bien , parce qu'il se présente comme bien ; c'est de là que le peuple signifie aussi ce bien, qui est appelé le bien du vrai dans sa première existence: pour qu'on ait quelque idée de ce bien , il faut savoir que l'homme, avant qu'il ait été régénéré, fait le bien d'après le vrai, mais qu'après avoir été régénéré, il fait le bien d'après le bien, ou, pour parler plus clairement, l'homme avant d'avoir été régénéré fait le bien d'après rendement, mais après avoir été régénéré, il le fait d'après la volonté ; le Jrien donc qui procède de l'entendement n'est pas en soi le bien, il est le vrai ; mais le bien qui procède de la volonté, celui-là est le bien; ainsi, par exemple, celui qui n'honore pas ses parents, mais qui d'après le précepte du décalogue apprend à les honorer, quand d'abord il les honore, c'est d'après le précepte; mais cet honneur, provenant du précepte n'est pas le bien en soi, parce qu'il ne vient pas de l'amour, il vient ou de l'obéissance à la loi, ou de la crainte de la loi, néanmoins il est appelé le bien du vrai, mais dans sa première existence il est le vrai , car alors l'homme ne fait pas le bien, il fait le vrai ; mais quand il les honore d'après l'amour, c'est alors le bien. Il en est de même pour tout le reste.

3206. Et le plus grand servira le moindre, signifie que le bien du vrai sera inférieur pour un temps : on le voit par la signification du plus grand, en ce que c'est le bien ; par la signification de servir, en ce que c'est être inférieur ; et par la signification du

moindre, en ce que c'est le vrai : comment la chose se passe, on peut le voir par ce qui suit, car elle y est décrite par Esaû et Jacob, car, ainsi qu'il a été dit , Esaû représente le bien , et Jacob le vrai ; la collision, ou le combat qui a existé sur la priorité et la domination est décrit dans le sens interne par Jacob , eu ce qu'il enleva à Esaû la primogéniture, puis aussi la bénédiction , mais toujours est-il que cela n'a été que pour un temps, comme on le voit clairement par la prophétie de Iiscbak sur Esaû. « Et sur ton épée , tu » vivras, et ton frère tu serviras , et il arrivera que quand tu domi- » neras, tu briseras son joug de dessus ton cou. i — Gen. XXVH. 40. — Que ces paroles aient un sens interne et que sans le sens interne il soit impossible de savoir ce qu'elles signifient , cela est évident; que signifient, en effet, deux nations dans l'utérus, deux peuples seront séparés de tes entrailles, un peuple prévaudra sur l'autre peuple, et le plus grand servira le moindre ? Que cependant elles signifient ce qui a été dit, on le voit dans ce qui suit, où il est beaucoup question de ce sujet ; et en outre on peut difficilement croire qu'elles renferment de tels arcanes, si I on ne sait pas ce qu'il en est du bien et du vrai, de la naissance de l'un par l'autre, et du changement de l'état chez l'homme quand il est régénéré; dans le sens interne , à la vérité, il s'agit du Seigneur , et ici de la manière dont le Seigneur a rendu Divin son Naturel ; mais toutefois dans le sens représentatif, il s'agit aussi de la régénération de l'homme; caria régénération de l'homme est l'image de la glorification du Seigneur, N- 3043, 3138, 3212, ^«t-à-dire que dans la régénération on voit, comme dans une sorte d'image, comment le Seigneur a glorifié son Humain, ou, ce qui est la même chose, comment il l'a fait Divin ; car de môme que le Seigneur a entièrement changé son état humain en un état Divin , de même aussi le Seigneur chez l'homme , quand il le régénère , change entièrement son état , car de son vieil homme il en fait un nouveau.

3297. Vers. 24, 25, 26. Et ses jours furent remplis pour enfanter, et voici, des jumeaux dans son utérus. Et le premier sortit tout roux, lui, comme une tunique poilue, et ils appelèrent son nom Esaû. Et après cela sortit son frère, et sa main tenait le talon d'Esaû, et il appela son nom Jacqb: et Iischak (était) fils (âgé) de soixante ans quand ils furent enfantés. —Ses jours furent remplis

pour enfanter , signifie le premier état de l'effet : et voici, des jumeaux dans son utérus , sign ifie que les deux furent conçus ensemble : et te premier sortit tout roux, lui, comme une tunique poilue, signifie le bien naturel de la vie du vrai : et ils appelèrent son nom Esaxl, signifie sa qualité : et après cela sortit son frère, signifie le Vrai : et sa main tenait le talon d'Esaù , signifie l'infime du bien du naturel auquel il s'attachait avec quelque puissance: et il appela son nom Jacob , signifie la doctrine du vrai du naturel : et Jisc/iak (était) fils (âgé) de soixante ans quand ils furent enfantés, signifie l'état du Divin Rationnel alors.

3298. Ses jours furent remplis pour enfanter, signifie le premier état de l* effet : on le voit par la signification des jours, en ce qu'ils sont l'état, N"23, 487, 488, 493, 893, 2788; ses jours furent remplis pour enfanter, signifie le premier état de l'effet : dans le sens spirituel, en effet, enfanter concerne le bien et le vrai, et dans ce sens, c'est exister, N°* 2621, 2629 : il en est du bien et du vrai comme d'un enfant, en ce qu'ils sont conçus, portés dans un utérus, naissent et ensuite croissent ; après la conception, l'efficient ou la semence conçue commence à produire l'effet , cela s'opère dans l'utérus; quand ces états ont été remplis et que l'enfantement est proche , alors commence l'effet , et cela est nommé le premier de l'effet, car alors l'enfant commence à agir comme par luimême et à tendre vers l'état môme, qui est nommé l'état de l'effet.

3299. Et voici, des jumeaux dans son utérus, signifie que les deux furent conçus ensemble : on le voit par la signification des jumeaux, en ce qu'ils désignent les deux, savoir, le bien qui est représenté par Esatl, et le vrai qui est représenté par Jacob ; et par la signification de dans son utérus, en ce que c'est la conception, ainsi qu'il a déjà été dit, N° 3293. Que les deux, savoir, le bien et le vrai du naturel , aient été conçus ensemble , voici comment : tout ce'qui naît tire son être du père, et son exister de la mère , il doit y avoir l'un et l'autre pour que quelque chose se fasse; le naturel quant au bien est conçu du bien du Rationnel comme d'un père, et quant au vrai il est conçu du vrai du Rationnel comme d'une mère, N0> 3286, 3288 ; c'est le bien qui donne la vie, mais par le vrai ; les deux sont nommés âme, mais néanmoins le bien principalement est l'âme, et le vrai revêt le bien comme d'une espèce de vase ou de corps extrê-

mement délié, de sorte que le bien est dans le vrai : voilà ce qui est signifié par les jumeaux dans son utérus.

3300. Et le premier sortit, tout roux, lui, comme une tunique poilue, signifie le bien naturel de la vie du vrai: on le voit par la signification de sortir, en ce que c'est nattre ; par la signification de roux, en ce que c'est le bien de la vie, ainsi qu'il va être expliqué ; et par la signification de la tunique poilue, en ce qu'elle est le vrai du naturel , ainsi qu'il va être aussi expliqué ; celui-ci est venu le premier, signifie que le bien est le premier quant à l'essence comme il a été dit ci-dessus , Y 3299 : il est dit aussi une tunique poilue, pour signifier que le bien a été revêtu du vrai, comme d'un vase ou d'un corps extrêmement délié, ainsi qu'il a aussi été dit ci-dessus \ 3299 ; dans la Parole, la tunique ne signifie dans le sens interne que ce qui revêt une autre chose, c'est aussi pour cela que les vrais sont comparés à des vêtements, N°* 1073, 2576. Si le roux ou le rouge signifie le bien de la vie, cela vient de ce que tout bien appartient à l'amour, et que l'amour même est le feu céleste et spirituel, est même comparé au feu, et est aussi nommé feu, Voir N°* 933 , 93A , 935, 936 ; l'amour est encore comparé au sang, et est aussi nommé sang , N" 1001 : comme le feu et le sang sont rouges, c'est pour cela que le bien, qui appartient à l'amour, est signifié par le roux ou le rouge , ainsi qu'on peut aussi le voir par ces passages de la Parole : Dans la prophétie de Jacob , alors Israël : c II » lavera dans le vin son vêtement , et dans le sang des raisins son » manteau ; il a les yeux plus rouges que le vin et les dents plus » blanches que le lait. » — Gen. XLIX. 11 , 12 ; — là, il s'agit de Judal, par lequel est entendu le Seigneur, comme chacun peut le voir ; là , le vêtement et le manteau sont le Divin Naturel du Seigneur ; le vin et le sang des raisins sont le Divin Bien et le Divin Vrai du Naturel ; il est dit à cause de ce Bien que Juda a les yeux plus'rouges que le vin , et à cause de ce Vrai qu'il a les dents plus blanches que le lait ; c'est la conjonction du bien et du vrai dans le Naturel, qui est ainsi décrite. Dans Esaîe : « Qui est celui-ci qui » vient d'Edom, Bouge quant au vêtement, et ses habits comme » (ceux) d'un fouieur au pressoir. » — LX1II. 1, 2; — là , Edom est le Divin Bien du Divin Nature] du Seigneur, comme on le verra clairement dans la suite; rouge quant au vêtement, c'est le bien du

vrai; les vêtements comme ceux d'un fouleur au pressoir, c'est le vrai du bien. Dans Jérémie : « Ses Naziréëns étaient plus éclatants » que la neige, ils étaient plus blancs que le lait; leurs os étaient » plus rouges que les pierres précieuses rouges, ils étaient polis » comme un saphir. »— LamenL IV. 7; — les Naziréëns représentaient le Seigneur quant au Divin Humain , surtout quant au Divin Naturel ; ainsi là, le bien est représenté en ce que leurs os étaient plus rouges que les pierres précieuses rouges. Comme le Rouge signifiait le bien, surtout le bien du Naturel , c'est pour cela que. dans l'Église Juive, où tout en général et en particulier représentait le Seigneur et par suite son Royaume, par conséquent le bien et le vrai, puisque le Royaume du Seigneur en est composé, il a été commandé que la couverture de la Tente fût de peaux de béliers rouges,- Exod. XXV. 5 ; XXVI. 14 ; XXXV. 5, 0, 7, 23 ; XXXVI. 19 ; et aussi que l'eau de l'expiation fût faite avec la cendre d'une Vache Rousse, — Nomb. XIX. 2 et suiv. ; — si la couleur rouge u'eût pas signifié quelque céleste du Royaume du Seigneur , jamais il n'aurait été ordonné que les béliers fussent rouges, et que la vache fût rousse ; quiconque regarde la Parole comme sainte reconnaît que par là ont été représentées des choses saintes : comme la couleur rouge avait cette signification , c'est encore pour cela que des choses de couleur écarlate , pourpre , hyacinthe, avaient été brodées et attachées aux couvertures de la Tente, — Exod. XXXV. ô et suiv. — De même que presque toutes les expressions ont aussi un sens opposé, ainsi qu'il a été dit très souvent, de môme aussi le rouge; alors il signifie le mal qui appartient à l'amour de soi , et cela vient aussi de ce que les cupidités de l'amour de soi sont comparées au feu et sont appelées feu, N0' 934 f, 1297, 1527, 1528, 1861, 2446; et pareillement comparées au sang et appelées sang. N0i 374, 954, 1005; de là le Rouge, dans le sens opposé , a cette signification, comme dans Esale : < Jéhovah dit : Quand vos péchés » seraient comme V écarlate, ils deviendront blancs comme la neige; t quand Us seraient rouges comme la pourpre, ils seront comme la • laine. » — I. 18. — Dans Nahum : « Le bouclier des forts de Bélial i a été rendu Rouge, les hommes vaillants sont couverts de pour- » pre, dans un feu de flambeaux seront les chars en ce jour. » — II.

4. — Dans Jean : « \ \\ autre signe fut vu dans le ciel, voici, un

» grand dragon Roux, ayant sept têtes , et sur ses têtes sept dia- » dômes. » — Apoc. XIL 3 ; — dans le Même : « Je vis, et voici an » cheval blanc, et celui qui était monté dessus avait un arc, et il lui . fut donné une couronne, celui-ci sortit victorieux et pour vaincre; » alors il sortit un autre cheval roux, et il fut donné à celui qui le » montait d'enlever la paix de dessus la terre, pour qu'ils se tuas- » sent les uns les autres, et on lui donna une grande épée; ensuite » il sortit un cheval noir, et enfin un cheval pâle dont le cavalier » avait pour nom la mort. » — Apoc. VI. 2 à 8.

3301. Que la tunique poilue signifie le vrai du naturel, on le voit par la signification de la tunique, en ce que c'est ce qui enveloppe une autre chose ; ici par conséquent c'est le vrai, parce que le vrai enveloppe le bien, car le vrai est comme un vêtement, N" 1073, 2576, ou, ce qui est presque la même chose, le vrai est le vase récipient du bien, N" 1469, 1A96, 1832, 1900, 2063, 2261, 2269 ; on le voit aussi par la signilication de poilue, en ce que c'est le naturel quant au vrai : le Poil, ou le cheveu, est quelquefois mentionné dans la Parole, et il y signifie le naturel; cela vient de ce que les poils sont des excroissances dans les derniers de l'homme, comme est aussi le naturel relativement à son rationnel et à ses intérieurs ; il semble à l'homme, quand il vit dans le corps, que le naturel soit en lui le tout, mais cela est si éloigné du vrai, que le naturel est plutôt une excroissance de ses internes, comme les poils le sont des choses qui appartiennent au corps ; ils procèdent aussi presque pareillement des internes ; c'est même pour cela que les hommes qui , dans la vie du corps, ont été purement naturels, quand dans l'autre vie ils se présentent à la vue selon cet état, paraissent couverts de poils sur presque toute la face; et en outre, le naturel de l'homme est représenté par des cheveux ; quand il procède du bien , par des cheveux beaux et élégamment arrangés; mais quand il ne procède pas du bien, par des cheveux sales et en désordre; c'est d'après ce représentatif que tes poils ou les cheveux, dans la Parole, signifient le Naturel principalement quant au vrai ; comme dans Zacharie : « N arrivera qu'en ce jour-là les prophètes seront couverts de honte, . l'homme à cause de sa vision, quand il aura prophétisé , et ils ne » revêtiront point la tunique de poil pour mentir. > — XIII. A ; — les prophètes , ce sont ceux qui enseignent les vrais ; ici . ceux qui

enseignent les faux , N* 2534; la vision , ce sont les vrais; ici, les Taux : la tunique de poil , c'est le naturel quant au vrai; et comme le faux était en eux et non le vrai, il est dit pour mentir; les prophètes étaient vêtus de tuniques de poil, afiu de représenter ce vrai, parce qu'il est externe ; c'est donc aussi à cause d'un tel vêtement qu'Elie le Thesbite est appelé c homme poilu. » — II Rois, I. 8 : — et Jean, qui fut le dernier des Prophètes, avait un vêtement de Poils de chameau. — Matth. III. 4 ; — que les chameaux signifient les scientifiques dans l'homme naturel, on le voit N** 3048, 3071, 3143, 3145, et que les scientifiques soient les vrais de l'homme naturel, on le voit N- 3293. Que la chevelure ait signifié le naturel quant au vrai, cela est bien évident d'après les Naziréens , auxquels il avait été ordonné que , pendant tous les jours de leur Naziréat, le rasoir ne passât point sur leur tête, jusqu'à ce que les jours qu'ils (levaient être en abstinence pour Jéhovah fussent accomplis, pendaut lesquels ils laisseraient croître la chevelure de leur tête; et qu'alors ils raseraient la tête de leur Naziréat à la porte de la Tente de la convention, et mettraient leurs cheveux sur le feu qui était sous le sacrifice eucharistique. — Nomb. VI. 5, 18, 19; — les Naziréens représentaient le Seigneur quant au Divin Humain, et par suite l'homme de l'Église Céleste, qui est la ressemblance du Seigneur, N* 51, et le naturel de cet homme par la chevelure ; c'est pourquoi, quand ils étaient sanctifiés, ils devaient dépouiller leur homme naturel ancien ou précédent, dans lequel ils étaient nés , et revêtir l'homme nouveau, ce qui était signifié en ce qu'après l'accomplissement des jours qu'ils devaient être en abstinence pour Jéhovah, ils raseraient leur tête et déposeraient leurs cheveux sur le feu qui était sous le sacrifice; en effet, l'état de l'homme céleste consiste en ce qu'il soit dans le bien, et que d'après le bien il sache tous les vrais, et nullement en ce qu'il pense et parle au sujet du bien d'après les vrais, ni , à plus forte raison , d'après les scientifiques, Voir NM 202, 337, 2715, 2718, 3246; en outre les hommes célestes sont tels, qu'avant de se dépouiller de cet état, ils sont quant nu vrai dans un naturel si puissant, qu'ils peuvent combattre contre les enfers, car c'est le vrai qui combat et jamais le bien ; les enfers ne peuvent approcher du bien, pas même de loin ; que tel soit le vrai et que (H soit le bien , on le voit N"' 1950 , 1951. Par là on

peut voir pourquoi Simsoo tirait sa force de sa chevelure ; il en est ainsi parlé : a L'Ange de Jéhovah apparut à la mère de Simson, en » disant : Voici , tu concevras et tu enfanteras un fils ; et k rasoir » ne montera point sur sa tête, l'enfant sera Naziréen de Dieu dès » l'utérus. »— Juges, XIII. 3, 5 ; — ensuite il déclara à Délila, que s'il était rasé, sa force se retirerait de lui, et qu'il deviendrait faible; et quand il eut été rasé, sa force se retira , et les Philistins s'emparèrent de lui ; et plus tard , quand les cheveux de sa tête eurent commencé à crottre , sa force revint au point qu'il renversa les colonnes de la maison, — Juges, XVI. 1 à 31 ; — qui ne voit pas qu'il y a dans ces faits un arcane céleste, et que cet arcane ne peut être connu, si on n'est pas instruit des représentatifs, c'est-à-dire si on ne sait pas que le Naziréen représentait l'homme Céleste, et que, tant qu'il avait ses cheveux, il représentait le naturel de cet homme qui est, comme il vient d'être dit, dans un vrai si puissant et si fort; et comme, à cette époque, tous les représentatifs qui avaient été commandés par le Seigneur avaient une telle puissance et un tel effet, de là venait la force de Simson ; mais celui-ci n'avait pas été un Naziréen sanctifié comme ceux dont il vient d'être parlé , c'està-dire qu'il n'avait pas revêtu l'état du bien à la place de l'état du vrai ; l'effet de sa force par rapport à ses cheveux venait principalement de ce qu'il représentait le Seigneur, qui devait, par l'homme naturel quant au vrai, combattre contre les enfers et les subjuguer, et cela, avant de revêtir le Divin Bien et le Divin Vrai, même quant à l'homme naturel. Par là aussi on peut voir pourquoi il fut ordonné que « le grand Prêtre, sur la tête duquel l'huile de l'onction avait été répandue, et dont la main avait été remplie pour se revêtir des vêtements, ne raserait point sa tête, et ne déchirerait point ses vêtements, » — Lévit. XXI. 10 ; — et pareillement que les Prêtres Lévites, lorsqu'il s'agit du nouveau Temple, « ne raseraient point leur tête et ne laisseraient point croître leur c/ievelure. » — Ezéch. XLIV. 20 ; — c'était afin qu'ils représentassent le Divin Naturel du Seigneur quant au vrai qui procède du bien , et est nommé le vrai du bien. Que le poil ou le cheveu signifie le Naturel quant au vrai , on le voit encore d'après les prophétiques de la Parole, par exemple dans Ezéchiel : « Je t'ai rendue comme le germe du champ, de là » tu as crû, et tu as grandi , et tu es devenue l'ornement des^rne-

GENÈSE, CHAI». VINGT-CliNQUIÈME. 379

• monts, tes mamelles se sont affermies, et tes cheveux se sont » accrus. » — XVI. 7 ; — il s'agit de Jérusalem , qui est là l'Église Ancienne, laquelle s'est pervertie par laps de temps ; les mamelles affermies sont le bien naturel , les cheveux accrus sont le vrai naturel. Dans Daniel : « Je fus voyant jusqu'à ce que des trônes furent » placés, et que l'ancien des jours s'assit; son vêtement (était) » blanc comme la neige, et la chevelure de sa tête comme delà laine » propre; son trône (était) comme une flamme de feu. » —VII. 9 : —et dans Jean : « Dans le milieu des sept chandeliers un pareil au » (ils de l'homme, revêtu d'une robe longue, et ceint vers les ma-

• melles d'une ceinture d'or , sa tête et ses cheveux blancs comme » une laine blanche, comme de la neige, et ses yeux comme une » flamme de feu. » — Apoc. I. 13, 14; — les cheveux blancs comme de la laine nette sont le Divin Naturel quant au vrai ; le vrai luimême dans la Parole et dans les rites de l'Église Juive a été représenté par le blanc, et comme il provient du bien , il est appelé laine propre ; si la représentation du vrai se faisait par le blanc, et celle du bien par le rouge, c'était parce que le vrai appartient à la Lumière et le bien au Feu d'où procède la lumière. Les cheveux , comme toutes les autres choses dans la Parole, ont aussi un sens opposé , et signifient le Naturel quant au vrai perverti ; comme dans Esaïe : a En ce jour-là le Seigneur rasera arec un rasoir de louage, dans

• la traversée du fleuve par le roi d'Aschur, la tête et les poils de » pied, et même il consumera la barbe. » — VII. 20. — Dans Ezéchiel : « Fils de l'homme, prends-toi une épée tranchante , un ra-

• soir de barbier, prends-le-toi, et fais-le passer sur ta tête et sur » ta barbe; ensuite prends-toi des balances à peser, et fais-en le » partage; tu (en) brûleras un tiers au feu dans le milieu de la ville, » tu (en) frapperas un tiers de l'épée autour de la (ville) et tu (en) » disperseras un tiers au vent; tu en prendras un petit nombre, et » tu les serreras dans tes pans (de robe) ; enlin tu en prendras de » nouveau de ceux-ci , et tu les jetteras dans le milieu du feu , et tu » les brûleras au feu ; d'où il sortira un feu contre toute la maison » d'Israël. » — V. 1, 2, 3, h, — il est ainsi décrit d'une manière représentative qu'il n'y avait plus aucun vrai naturel intérieur ni extérieur, ce qui est le cheveu et la barbe ; la destruction de ce vrai parles concupiscences est signifiée en ce qu'un tiers était brûlé au

feu ; par les raisonnements, en ce qu'un tiers était frappé par l'épée autour de la ville ; et par les faux principes , en ce qu'un tiers était dispersé au vent ; ceci renferme la même chose que ce qui est enseigné par le Seigneur dans Matthieu , quand il dit de la semence , qui est le vrai, « qu'une partie tomba entre les épines, une autre sur le rocher, et une autre sur le chemin. XIII. 1 à 9.— Que les Cheveux signifient les vrais impurs et les faux qui appartiennent à l'homme naturel , c'est aussi ce qui a été représenté en ce que c la femme d'entre les captifs des ennemis , qui allait se marier , était conduite dans la maison , après que les cheveux de sa tête avaient été rasés, ses ongles coupés, et les vêtements de sa captivité rejetés. » — Deutér. XXI. 12, 13 ; — et en ce que, dans la consécration des Lévites « on répandait sur eux l'eau de l'expiation, Us faisaient passer le rasoir sur toute leur chair, ils lavaient leurs vêtements, et ainsi étaient purs. » — Nomb. VIII. 7 ; — et aussi en ce que Nébuchadnézar « fut chassé d'avec l'homme , afin qu'il mangeât l'herbe comme les bœufs, et que son corps fût arrosé de la rosée des cieux, jusqu'à ce que son poil crût comme les (plumes) des aigles, et ses ongles comme (ceux) des oiseaux. »— Dan. IV. 30.— Dans la lèpre on observait les couleurs du poil et de la barbe, comme le blanc, le rougeâtre , le jaune et le noir ; on faisait de même pour les vêtements; et l'homme guéri de la lèpre rasait tout le poil de sa tête, de sa barbe et de ses paupières, » — Lévit. XIII. 1 à 59 ; XIV. 8, 9, — cela signifiait les faux impurs provenant de la profanation , qui est la lèpre dans le sens interne. La calvitie, au contraire, signifiait le Naturel, dans lequel il n'y avait rien du .vrai, comme dans Esaïe : « Il est monté à Bajith et à Dibon , aux hauts lieux pour » pleurer sur Nébo, et sur Medba Moab hurlera ; sur toutes ses p têtes la calvitie, toute barbe rasée. » —XV. 2 : — dans le Même ; « Il y aura au lieu d'un ouvrage de frisure la calvitie , le hâle » au lieu de la beauté. » — III. 24. — Les enfants qui crièrent à Elisée, monte Cliauve, monte Chauve, et qui furent déchirés par des ours de la forêt , — II. Rois ,11. 23 , 24 , — représentaient ceux qui blasphèment la Parole , par exemple , en disant qu'elle ne renferme pas le vrai ; car Elisée représentait le Seigneur quant â la Parole , N° 2762 ; par là aussi on voit clairement combien , à cette époque, les représentatifs avaient de puissance.

3302. Et ils appelèrent son nom Esail , signifie sa quotité , savoir la qualité du Naturel quant au bien : on le voit par la signification d'appeler le nom ou d'appeler du nom, en ce que c'est savoir quel il est, ainsi la qualité, N" 144, 146, 440, 768, 1754. 1896, •2009, 2724, 3237; et en ce que les noms dans la Parole, autant qu'il y en a, sont des choses dans le sens interne, N" 1224, 1888, par conséquent Êsau aussi : qu'Esau soit le Divin Naturel du Seigneur quant au Divin Bien conçu en premier lieu , on le voit par les choses qui ont été dites et par celles qui le seront dans la suite sur Esaii/ainsi que par d'autres passages de la Parole ; mais comme Esati et Edom ont presque la même signification, avec cette différence qu'Edom est le Divin Naturel quant au Bien, auquel ont été adjoints les doctrinaux du vrai, en conséquence, au Vers. 30, où EsaU est appelé Edom , cela sera confirmé, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, par des passages de la Parole.

3303. Et après cela sortit son frère, signifie le vrai : on le voit par la signification du frire, en ce qu'il est le bien, puis aussi le vrai, le bien et le vrai sont appelés frères ; que la charité soit le frère de la foi, ou le bien le frère du vrai, on le voit N° 367 ; ainsi, réciproquement, la foi est le frère de la charité, ou le vrai est le frère du bien ; dans le naturel aussi l'affection du bien est appelée frère, et l'affection du vrai, sœur , N° 3160; et aussi mari et femme, puis homme et femme ; mais toujours en ayant égard aux états dont il s'agit.

3304. Et sa main tenait le talon d'Ésaù, signifie l'infime du bien du naturel auquel il s'attac/tait avec quelque puissance : on le voit par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N° 878, et en ce qu'elle se dit du vrai, N° 3091 ; par la signification de tenir, en ce que c'est être attaché; par la signification du talon, en ce qu'il est l'infime du naturel, N* 259; et par la représentation d'Esaû , en ce qu'il est le bien du naturel, N° 3302 ; de là il est évident que sa main tenait le talon d'Esaù, signifie l'infime du bien du naturel auquel le vrai s'attachait avec quelque puissance. Voici comment le Vrai s'attachait avec quelque puissance au bien infime du naturel : quand le naturel, ou l'homme naturel, est régénéré, sa conception quant au bien et au vrai, il l'obtient du Rationnel, ou du Spirituel par le Rationnel, puis du Céleste par le Spirituel, et dn

Divin par le Céleste ; c'est ainsi que succède l'influx, qui, commençant par le Divin et succédant ainsi, se termine dans l'infime du Naturel, c'est-à-dire, dans le mondain et le corporel ; quand le naturel infime a été affecté d'un vice par l'héréditaire qui provient de la mère, le vrai ne peut être uni au bien, mais il peut seulement s'y attacher avec quelque puissance; et le vrai n'est pas uni au bien, avant que ce vice ait été chassé : la raison de cela, c'est que le bien naît avec l'homme, mais non le vrai ; c'est pour cela que les petits enfants sont sans aucune connaissance du vrai, et que le vrai doit être appris et être ensuite conjoint au bien, Voir N" 1831, 1832 ; c'est encore pour cela qu'il est dit, ils s'entre-heurtaient au milieu d'elle, c'est-à-dire qu'ils combattaient, N° 3289 ; de là résulte que dès la première conception le vrai supplante le bien, comme il est dit de Jacob qu'il supplanta Esati : « N'appelle-t-on pas son nom 9 Jacob, et il m'a supplanté deux fois. » — Gen. XXVII. 86: — et dans Hoschée: « Pour visiter sur Jacob ses voies, selon ses » œuvres il le rétribuera ; dans l'utérus il a supplanté son frère. » — XU. 3, 4. — Ceux qui tiennent leur mental seulement dans les Historiques et ne peuvent l'en détourner, ne savent autre chose sinon que ces choses et celles qui précèdent annoncent d'avance ce qui est arrivé entre Esatt et Jacob , et ils sont confirmés dans cette opinion par les événements qui suivent ; mais telle est la Parole du Seigneur, que les Historiques sont dans leur série, et les spirituels qui appartiennent au sens interne dans la leur, afin que les historiques soient considérés par l'homme Externe, et les spirituels par l'homme Interne, et qu'il y ait ainsi correspondance entre l'un et l'autre, savoir entre l'homme Externe et l'homme Interne ; et cela, par la Parole, car la Parole est l'union de la terre et du Ciel, comme il a été plusieurs fois montré ; ainsi chez quiconque se trouve dans la sainteté, quand il lit la Parole, il y a union de son homme Externe qui est sur la terre, avec son homme Interne qui est dans le ciel.

3305. Et il appela sôn nom Jacob, signifie la doctrine du vrai du naturel: on le voit par la signification n'appeler le nom ou ^'appeler du nom, en ce que c'est la qualité, ainsi qu'il vient d'être dit N° 3302; la qualité, que représente Jacob, est la doctrine du vrai du naturel, comme on peut le voir par la représentation d'Esati ,

en ce qu'il est le bien de la vie du vrai du naturel, N° 3300, et par un grand nombre de passages dans la Parole où il est nommé : il y a deux choses qui constituent le naturel, comme il y en a deux qui constituent le Rationnel, et même l'homme tout entier ; l'une qui appartient à la vie, l'autre qui appartient à la doctrine; celle de vie appartient à la volonté, celle de doctrine appartient à l'entendement; la première est appelée bien, la seconde est appelée vrai ; c'est ce qui est représenté par EsaU , et c'est ce qui est représenté par Jacob, ou, ce qui est la même chose, c'est le bien de la vie du vrai du naturel qui est représenté par EsaU , et c'est la doctrine du vrai du naturel qui est représentée par Jacob : soit qu'on dise le bien de la vie du vrai du naturel et la doctrine' du vrai du naturel, soit qu'on dise ceux qui y sont, c'est la même chose, car le bien de la vie et la doctrine du vrai ne peuvent exister sans leur sujet; sans leur sujet, c'est quelque chose d'abstrait, qui néanmoins concerne l'homme dans lequel ce bien et cette doctrine sont ; ici donc Jacob signifie ceux qui sont dans la doctrine du vrai du naturel. Ceux qui restent dans le sens seul de la lettre, croient que par Jacob, dans la Parole, est entendu tout ce peuple qui est descendu de Jacob, et en conséquence ils attribuent à ce peuple tout ce qui a été dit historiquement et prophétiquement de Jacob ; mais la Parole est Divine, en cela principalement, que toutes les choses, en général et en particulier, qui y sont, concernent non une seule nation ou un seul peuple, mais tout le genre humain, qui est, qui a été, et qui sera; et plus universellement encore, savoir, le Royaume du Seigneur dans les cieux ; et dans le sens suprême le Seigneur Lui-même ; c'est parce qu'il en est ainsi , que la Parole est Divine ; si elle ne concernait qu'une seule nation, alors elle serait humaine, et ne contiendrait pas plus de Divin qu'il n'y avait chez cette nation de sainteté du culte ; et chacun peut savoir qu'il n'y a pas eu une telle sainteté chez le peuple qui est nommé Jacob : de là il est encore év ident que par Jacob, dans la Parole, il n'est pas entendu Jacob, ni par Israël, Israël, car presque partout dans les Prophétiques quand il est parlé de Jacob, Israël est aussi nommé, et personne ne peut savoir ce qui est entendu spécialement par l'un et ce qui est entendu spécialement par l'autre, si ce n'est d'après un sens qui est plus profondément caché, et qui renferme en soi les arcanes du

ciel. Qu'en conséquence Jacob, dans le sens interne, signifie la

Doctrine du vrai du naturel, ou, ce qui est la môme chose, ceux qui sont dans cette doctrine, de quelque uation qu'ils soient, et que par lui dans le sens suprême soit entendu le Seigneur, on peut le voir par ces passages; dans Luc : « L'Ange dit à Marie : Tu conce- » vras dans l'utérus, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son » nom Jésus ; celui-ci sera grand, et il sera appelé Fils du Très- » Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, » de telle sorte qu'il règne sur la maison de Jacob dans les siècles, » et qu'à son Règne il n'y ait point de lin. » — I. 31, 32, 33 ; — qu'ici par la maison de Jacob il ne soit pas eutendu la nation ou le peuple juif, chacun le voit, car le Règne du Seigneur a été non sur ce peuple mais sur tous les peuples dans l'univers qui sont dans la foi en Lui, et par la foi dans la charité; de là il est évident que par Jacob, nommé par l'Ange, ce n'est pas le peuple de Jacob qui a été entendu, ni par conséquent ailleurs, par la semence de Jacob, par les descendants de Jacob, par la terre de Jacob, par l'héritage de Jacob, par le Roi de Jacob, par le Dieu de Jacob, expressions qu'on lit si souvent dans la Parole de l'Ancien Testament. 11 en est de même d'Israël, par exemple, dans Matthieu : « lin Ange du Seigneur » apparut en songe à Joseph, disant: Quand tu seras réveillé, » prends l'Enfant et sa mère , et fuis en Egypte; afin que s'accom- » plîl ce qui avait été dit par le Prophète : J'ai appelé mon lils d'E- » gypte. » — IL 13, 14, 15; — dans le Prophète il est dit ainsi : u Quand Israïl (était) enfant, alors je l'ai aimé, et j'ai appelé mon » fds d'Egypte. » — Hoschée, XI. 1 ; — qu'ici Israël soit le Seigneur, cela est bien évident ; et cependant d'après le sens de la lettre, on ne peut savoir autre chose, sinon qu'Israël enfant désigne les premiers descendants de Jacob, qui vinrent en Egypte, et ensuite en furent rappelés: il en est de même ailleurs, quand Jacob et Israël sont nommés, quoique cela ne se manifeste pas d'après le sens de la lettre ; par exemple, dans Esaïe : « Ecoute, ô Jacob ?non » serviteur, et Israël que j'ai élu ! Ainsi a dit Jéhovah ton facteur » et ton formateur dès l'utérus : Il t'aide, ne crains point, ô mon » serviteur Jacob, et lischurun que j'ai élu, parce que je répan- • drai des eaux sur l'altéré, et des ruisseaux sur l'aride ; je répan- » drai mon esprit sur ta semence, et ma bénédiction sur tes enfants;

» celui-ci dira : A Jéhovah, moi ; et celui-ci s'appellera du nom de » Jaeob ; et celui-là écrira de sa main : A Jéhovah, et se surnom- » mer a du nom d'Israël. » — XLIV. 1, 2, 3, 5 ; — là Jacob et Israël représentent évidemment le Seigneur, la semence et les en- I,i nts de Jacob désignent ceux qui sont dans la foi en Lui. Dans la Prophétie sur les fils d'Israël dans Moïse : ■ Joseph sera assis sur la » fermeté de son arc, et les bras de ses mains seront fortifiés par les » mains du fort de Jaeob, de là il sera le pasteur, la Pierre d'Israël. » Gen. \Ll\. 24 ; — là, le fort de Jacob et la pierre d'Israël sont encore évidemment le Seigneur. DansEsaîe:* Jenedonncr.iipasmagloireàuu » autre ; écoute-Moi, Jacob! et Israël appelé par Moi ! Moi, le même; » Moi, le premier. Moi aussi le dernier. » — XLV1II. 11,12; — là Jacob et Israël sont aussi le Seigneur. Dans Ezéchiel: « Je prendrai le bois

> de Joseph, qui (est) dans la main d'Epbraïm et des tribus d'Israël » ses compagnons, et je les ajouterai sur lui avec le bois de Juda, et

> je les constituerai en un seul bois, pour qu'ils soient un dans ma » main : Moi, je prendrai les fils d'Israël d'entre les nations, où ils 0 sont allés, et je les rassemblerai de tous les alentours, et je les » amènerai sur leur terre, et je les constituerai en uue seule nation » dans la terre, dans les montagnes d'Israël , et un seul Roi sera » sur eux tous en Roi, et ils ne seront plus deux nations, et ils ne

• seront plus divisés en deux royaumes de nouveau. Mon serviteur » David (sera) Roi sur eux, et il y aura un seul pasteur pour eux » tous; alors ils habiteront sur la terre, que j'ai donnée à mon ser-

riteur Jaeob, fans laquelle ont habité vos pères ; ils habiteront » sur elle, eux et leurs fils, et les fils de leurs lils jusque dans l'étero nité; David mon serviteur (sera) leur prince éternellement : je » contracterai avec eux une alliance de paix, et il y aura avec eux » une alliance d'éternité ; je les donnerai, et je les multiplierai, et je » placerai mon sanctuaire au milieu d'eux pour l'éternité. Ainsi » mon habitacle sera chez eux, et je leur serai pour Dieu, et eux ■ me seront pour peuple, afin que les nations connaissent que Moi

• Jéhovah je sanctifie Israël, quand mon sanctuaire sera au milieu . d'eux pour l'éternité. » — XXXVII. 19, 21, 22. 24, 25, 26, 27, 28; — là, il est de nouveau bien évident que par Joseph, par Ephraïra, par Juda, par Israël, par Jacob, et par David, ne sont pas entendus ces personnages, mais que par eux, dans le sens suprême,

sont entendus les Divins Spirituels qui sont dans le Seigneur, et qui appartiennent au Seigneur dans son Royaume et dans son Eglise; que David ne sera ni leur Roi ni leur prince éternellement, ainsi qu'il est dit, chacun peut le savoir, mais que par David soit entendu le Seigneur, on le voit N° 1888 ; on peut aussi savoir qu'Israël ne sera pas rassemblé des lieux où il a été dispersé, que les Juifs ne seront pas sanctiiiés, et que le sanctuaire ne sera pas placé au milieu d'eux pour l'éternité, comme il est dit, mais que cela concerne ceux] qui sont signifiés dans le sens représentatif par Israël , et il est notoire que ce sont tous les Gdèles. Dans Michée : « En recueillant je te re-

> cueillerai, Jacob, tout entier, en rassemblant je rassemblerai les

• restes d'Israël , je les mettrai ensemble comme les brebis de » Bozra. » — II. 12, — pareillement. Dans Esaïe : u Jacob fera

• prendre racine à ceux qui viendront, Israël s'épanouira et fleu-

• rira, et les faces du globe seront remplies de son produit. » — XXVII. 6, — encore pareillement. Dans le Même : « Ainsi a dit » Jéhovah à la maison de Jacob, Lui qui a racheté Abraham : dé- ■ sonnais Jacob ne sera plus confus, et désormais ses faces ne pâ- » liront plus ; car en voyant ses enfants, ouvrage de mes mains, au

> milieu de lui ils sanctifieront mon nom, et ils sanctifieront le » saint de Jacob , et ils craindront le Dieu a" Israël, et ceux dont » l'esprit était égaré connaîtront l'intelligence. » — XXIX. 22, 23, 2 A : — dans le Même : « Ainsi a dit Jéhovah à son Oint, à Koresch,

• dont j'ai pris la (main) droite, afin de soumettre devant lui les

• nations; et je délierai les reins des rois, afin d'ouvrir les battants, » et que les portes ne soient point fermées : Moi, j'irai devant toi, » et je redresserai ce qui est tortueux ; je briserai les battants d'ai-

• rain, et je romprai les barres de fer ; je te donnerai les trésors » des lieux cachés et les richesses occultes des lieux secrets, afin » que tu saches que (c'est) Moi Jéhovah qui suis appelé de ton nom » le Dieu d1 Israël, à cause de mon serviteur Jacob, et d' Israël mon » ëlu; je t'ai appelé par ton nom, je t'ai surnommé, lorsque tu ne « Me connaissais pas. » — XLV. 1, 2, 3, A, — la aussi il est évident qu'il s'agit du Seigneur. Dans Michée : « Dans l'extrémité des jours,

• la montagne de la maison de Jéhovah sera affermie au sommet

> des montagnes; plusieurs nations iront et diront : Allez, et roon- » ions à la montagne de Jéhovah, et à la maison du Dieu de Jacob,

ft

» pour qu'il nous instruise de ses voies, et nous irons dans ses sen- » tiers, car de Sion sortira la doctrine, et la parole de Jéhovah de

» Jérusalem. » — IV. 1,2. — Dans David : t Jéhovah aime les » portes de Sion plus que tous les habitacles de Jarob ; des choses » glorieuses doivent être proclamées en toi, Cité de Dieu. » — Ps. LXXXVII. 1, 2, 3. — Dans Jérémie : « Ils serviront Jéhovah leur » Dieu, et David leur Roi, que je leur susciterai ; et loi, ne crains

• point, mon serviteur Jarob, et ne sois point effrayé, Israël, parce » que voici, Moi je te conserve de loin. » — XXX. 0, 10. — Dans EsaTe : « Iles, écoutez-moi, et prêtez l'oreille {vous) peuples de loin : » Jéhovah m'a appelé dès l'utérus, dès les entrailles de ma mère il » s'est souvenu de mon nom, et il m'a dit : Tu es mon serviteur. » Israël, en qui je serai rendu glorieux. » — XLIX. 1,3. — Dans le Même : « Alors tu te plairas en Jéhovah, et je te transporterai sur

• les lieux élevés de la terre, et je te nourrirai de l'héritage de Ja- » cob. » — LVIII. 1A. — Dans le Même : « Je ferai sortir^ Jacob » une semence, et de Juda un héritier de mes montagnes, a lin que « mes élus le possèdent, et que mes serviteurs y habitent. » — LXV. 9. — Dans tous ces passages par Jacob et Israël dans le sens suprême il est entendu le Seigneur, et dans le sens représentatif le Royaume spirituel du Seigneur, et l'Eglise qui est Eglise d'après la doctrine du vrai et la vie du bien; par Jacob, ceux qui sont dans les externes de cette Eglise, et par Israël ceux qui sont dans les internes. D'après ces passages, et d'après un grand nombre d'autres, on peut voir que par Jacob il n'est entendu nulle part Jacob, ni par Israël Israël, de même que par lischak il n'est pas entendu Iischak, ni par Abraham Abraham , lorsqu'ils sont nommés , comme dans Matthieu : « Plu- » sieurs viendront de l'orient et de l'occident, et s'assiéront avec » Abraham, et lischak, et Jacob dans le royaume des cieux. » — VIII. 11. — Dans Luc : « Vous verrez Abraham, lischak et Jarob. » et tous les Prophètes dans le Royaume de Dieu. » — XIII. 28 : — et dans le Même : « Lazare fut emporté par les Anges dans le sein » d'Abraham. » — XVI. 22; — dans le ciel, en effet, on ne connaît ni Abraham, ni lischak, ni Jacob ; et par ces paroles, quand elles sont lues par l'homme, ceux qui y sont ne perçoivent que le Seigneur quant au Divin et quant au Divin Humain; pour eux, s'asseoir avec Abraham , lischak et Jacob, c'est être avec le Sci •

gneur ; et être dans le sein d'Abraham, c'est être dans le Seigneur ; mais cela a été dit ainsi, parce que l'homme, à celte époque , était si éloigné des internes, qu'il ne savait et ne voulait savoir autre chose, sinon que tout dans la Parole était conforme à la lettre, et que quand selon la lettre le Seigneur parlait avec les hommes, ils recevaient la foi, et aussi qu'il y avait alors un sens interne, par lequel s'opérait la conjonction de l'homme avec le Seigneur. Puisqu'il en est ainsi, on peut voir ce qui est signifié dans la Parole de l'Ancien Testament par le Dieu de Jacob et- par le saint d'Israël, c'est-à-dire que c'est le Seigneur Lui-Même : que le Dieu de Jacob soit le Seigneur, on le voit dans — II Sam. XXIII. 1. Esaïe, II. 3. XLI. 21. Mich. IV. 2. Psaum. XX. 1. XLVI. 7, 8. LWY. 9. 10. LXXVI. 6, 7. LXXXI. 1, 2, 4, 5. LXXXIV. 8, 0. XCIV. 7. CXIV. 7. CXXXII. 2. CXLVI. 2, 5. — Que le Saint d'Israël soit le Seigneur, on le voit dans— Esaïe I. A. V. 19, 24. X. 20. XII. 6. XVH. 7. XXIX. 19. XXX. 11, 12. 15. XXXI. 1. XXXVII. 23. XLI. 14, 16,20. XU1L 3, 14. XLV. 11. XL VII. 4. XL VIII. 17. XLIX. 7. LIV. 5. LV. 5. LX. 14. Jérém. L. 29. Ezéch. X\\l\. 7. Psaum. LXXI. 22. LXXVHI. 41. LXXXIX. 18, 19.

3306. Et liseliak fit ait fils {âgé) de soixante ans quand ils furent enfantés, signifie l'état du Divin /iationnel alors : on peut le voir d'après ce qui a déjà été dit sur les nombres, N0* 3252, 3275 : quant à ce que renferme le nombre soi.rante, on pont le voir d'après les nombres simples dont il est composé , savoir, de cinq et de douze, car cinq fois douze sont soixante; ce que signifie cinq, on le voit N°' 649, 1686, et ce que signifie douze, N° 3272 : puis aussi de six et de dix, car six fois dix sont soixante; ce que signifie six, on le voit N«* 720, 737, 900, et ce que signifie dix, N0' 576, 2284, 3107 : et encore de deux et de trente, car deux fois trente sont soixante ; ce quesignifiedcux,on levoitN" 720, 900,1335, 1686, etee que signifie trente, N° 2276 ; soixante étant composé de ces nombres renferme dans leur ordre des choses qui toutes appartiennent à l'état dans lequel était alors le Divin Rationnel du Seigneur ; elles sont manifestées par le Seigneur devant les Anges dans une lumière claire, mais devant l'homme, surtout devant celui qui ne croit pas que les nombres dans la Parole renferment rien de caché, elles ne peuvent être exposées, tant à cause de l'incrédulité, que parce qu'elles sont

en si grand nombre qu'elles ne peuvent être réduites en série adéquate à la compréhension.

3307. Vers. 27, 28. Et les garçons grandirent ; et Esaù fut un homme savant à la clause , homme de champ; et Jacob, un homme intègre, habitant tes tentes, Et lischak aimait Esaù, parce que la chasse (était) en sa bouche; et Rèbccca aimait Jacob. — Les garçons grandirent, signifie le premier état; et Esaù fut un homme savant à ta chasse, signifie le bien de la vie d'après les vrais sensuels et scientifiques : homme de champ, signifie le bien de la vie d'après les doctrinaux : et Jacob un homme intégre, signifie le vrai : habitant les tentes, signifie le culte qui en provient : et lischak aimait Esaù, parce que la chasse (était) en sa bouc/ie, signifie que le Divin Bien du Divin Rationnel du Seigneur aimait le bien du vrai : et Rèbecca aimait Jacob, signifie que le Divin Vrai du Divin Rationnel aimait la doctrine du vrai.

3308. Les garçons grandirent signifie le premier état, savoir, de la conjonction du bien et du vrai : on le voit par la signification de grandir, lorsqu'il se dit du bien et du vrai quant à l'origine et au progrès , en ce que c'est le premier état de celui-ci , savoir, du progrès, dont il s'agit dans la suite; et par la signification des garçons, en ce qu'ils sont le bien et le vrai , car le bien est représenté par le garçon Esaù, et le vrai par le garçon Jacob, ainsi qu'il a été montré ci-dessus : il en est du bien et du vrai comme des enfants, en ce qu'ils sont conçus, portés dans l'utérus, naissent, grandissent et croissent en âge jusqu'au dernier âge ; l'action d'être conçu, d'être porté dans l'utérus et de naître, appartient à l'état de l'origine; mais l'action de grandir et de croître en âge jusqu'au dernier, appartient à l'état du progrès : l'état du progrès succède à partir de la naissance, et c'est l'état de la conjonction du bien et du vrai ; c'est le commencement de cet état qui est signifié ici par grandir : cet état commence aussitôt après la naissance , et il est continué jusqu'au dernier âge de la vie, et après la vie du corps pendant toute l'éternité chez ceux qui sont dans le bien : c'est ainsi que les Anges sont continuellement perfectionnés.

3309. Et Esaù fut un homme tarant à ta chasse ; signifie le bien de la vie d'après les vrais sensuels et scientifiques : on le Foit par la représentation A'Esaû, en ce qu'il est le bien de la vie, comme il a déjà été dit; et par la signification de Y homme savant à la chasse, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans l'affection du vrai, ainsi qu'il va être expliqué ; en effet , Y homme savant se dit de l'affection du vrai, ou de ceux qui sont dans l'affection du vrai ; et la chasse signifie les vrais eux-mêmes, mais les vrais qui appartiennent à l'homme naturel et dont proviennent les biens ; et comme les vrais de l'homme naturel sont ce qu'on appelle les scientifiques, N° 3293, et que les scientifiques sont principalement de deux genres ou de deux degrés, savoir, les sensuels et les scientifiques, par la chasse ici sont entendus les uns et les autres : c'est dans les sensuels que sont les enfants, et c'est dans les scientifiques qu'ils sont quand ils grandissent; personne, en effet, ne peut être dans les vrais scientifiques, avant d'avoir été d'abord dans les vrais sensuels, car c'est par les sensuels que s'acquièrent les idées des scientifiques; ensuite par les scientifiques on peut apprendre et saisir des vrais encore plus intérieurs, qui sont appelés doctrinaux, lesquels sont signifiés par Y homme de elurmp, dont il sera parlé plus loin. Si la Chasse signifie les vrais sensuels et scientifiques, dont sont instruits et affectés ceux qui sont dans le bien de la vie , c'est parce que la Chasse, dans an sens large, comprend les choses qui sont prises 6 la Chasse, comme béliers, chevreaux, chèvres et autres bêtes semblables , qui sont les biens spirituels, comme on le voit N01 2180, 2830; et aussi parce que les armes de chasse, qui étaient le carquois , l'arc et les flèches , ^nt les doctrinaux du vrai, N0' 2685, 2686, 2709 ; que la chasse signifie de telles choses, on peut le voir par les paroles qui sont adressées à Esau par son père lischak, dans le Cbap. XXVII : « Prends, » je te prie, tes armes, ton carquois et ton arc, et va an champ, et « chasse-moi de la chasse ; et fais-moi un ragoût comme je l'aimais. »

Vers. 3, A; et par celles qui sont adressées à Jacob, que

lischak prend pour Esaii , dans le même Chapitre : a Apporte-moi » que je mange de la chasse de mon fils, pour que mon âme te bé- • nsse. » — Vers. 25; — par là on voit clairement ce qui est signifié par la chasse : de là vient que chasser signifie enseigner, ainsi que persuader, et cela dans l'nn et l'autre sens, savoir, d'après l'affection

du vrai, et d'après l'affection du faux : d'après l'affection du vrai dans Jérémie : «Je les ramènerai sur la terre que j'ai donnée à leurs

• pères; voici, je vais envoyer vers plusieurs pêcheurs, et ils les » pécheront; et après cela , j'enverrai vers plusieurs Chasseurs, et

• ils les chasseront de dessus toute montagne , et de dessus toute

• colline, et des creux des rochers. » — XV I. 15, 16 : — Les pécheurs sont ceux qui enseignent d'après les vrais sensuels, N" 40, 991, et les Chasseurs, ceux qui enseignent d'après les vrais scientifiques, et aussi d'après les doctrinaux ; sur toute montagne et sur toute colline, c'est enseigner ceux qui sont dans l'affection du bien et dans l'affection du vrai : que la montagne et la colline aient cette signification, on le voit V 795, 79(5, 1430; chasser dans le champ, signifie la même chose. — Gen. XXV II. 3 : — Chasser, c'est persuader d'après l'affection du faux , dans Ézéchiel : « Me voici , quant à vos » coussins avec lesquels vous chassez là aux âmes pour qu'elles » s'envolent, et je déchirerai vos voiles, et j'arracherai mon peuple a de votre main , et ils ne seront plus en votre main pour (votre) » chasse. » — XIII. 18, 19,20,21 ; — sur la signification delà Chasse dans ce sens , voir N° 1178 ; mais à ce genre de Chasse sont ordinairement attribués des filets.

3310. Homme de champ, signifie le bien de la vie d'après tes . doctrinaux : on le voit par la signification du cluimp: dans la Parole, la Terre, l'Homme et le Champ sont nommés dans un grand nombre de passages; la Terre, prise dans un sens bon , signifie le Royaume du Seigneur dans les Cieux et sur les terres, par conséquent l'Église, qui est le Royaume du Seigneur sur les terres ; il en est de même de l'Humus, mais dans un sens plus restreint, N" 566, 662, 1066, 1067, 1068, 1262, 1413, 1733, 1850, 2117, 2118 f., 2928; les mêmes choses sont aussi signifiées par le Champ, mais dans un sens encore plus restreint, N°* 368, 2971 ; et comme l'Église n'est pas Église d'après les doctrinaux , si ce n'est qu'autant que les doctrinaux regardent le bien de la vie comme fin, ou, ce qui est la même chose, si les doctrinaux ne sont point conjoints au bien delà vie, c'est pour cela que le champ signifie principalement le bien de la vie : pour que ce bien appartienne à l'Église, il faut qu'il y ait des doctrinaux, d'après la Parole, qui aient été implantés dans ce bien ; sans les doctrinaux, il y a , il est vrai , le bien de la vie, mais

il a'csl pas encore le bien de l'Église , ainsi il n'est pas encore véritablement spirituel , il est seulement en puissance de le devenir, comme est le bien de la vie chez les nations qui n'ont pas la Parole, et qui par cette raison ne connaissent point le Seigneur. Que le Champ soit , le bien de la vie dans lequel doivent être implantées les choses qui appartiennent à la foi, c'est-à-dire, les vrais spirituels qui appartiennent à l'Église, on peut le voir clairement par la parabole du Seigneur dans Mathieu : < Le semeur sortit pour » semer; et, pendaul qu'il semait, une partie tomba sur le chemin » battu, et les oiseaux vinrent et la mangèrent ; une autre tomba sur » des endroits pierreux, où elle n'eut pas beaucoup d'humus, et >» aussitôt elle leva, parce qu'il n'y avait pas de profondeur de terre ; » mais quand le soleil se leva, elle fut brûlée; et parce qu'elle » n'avait pas de racine, elle sécha; une autre tomba parmi des » épines, et les épines montèrent et l'étoulTèrent ; mais une autre » tomba dans la bonne terre, et elle donna du fruit, l'un cent, » l'autre soixante, l'autre trente : que celui qui a une oreille pour • entendre, entende. » — XIII. 1x à 9, Marc, IV. 3 à 9. Luc, Mil. 5 a 8 ; — il s'agit là d'un quadruple genre de terre ou d'humus dans le champ, c'est-à-dire, dans l'Église; que la semence y soit la Parole du Seigneur, par conséquent le vrai qui est appelé le vrai de la foi, et que la bonne terre soit le bien qui appartient à la charité, cela est évident; car dans l'homme c'est le bien qui reçoit la Parole ; le chemin batlu est Je faux; l'endroit pierreux est le vrai qui n'a pas de racine dans le bien ; les épines sont les maux. Voici ce qui se passe au sujet du bien de la vie d'après les doctrinaux , lequel est signifié par Y homme de champ : ceux qui sout régénérés font d'abord le bien d'après les doctrinaux, car par eux-mêmes ils uc connaissent pas le bien ; c'est par les doctrinaux de l'amour et de la charité qu'ils s'instruisent, c'est par eux qu'ils savent qui est le Seigneur, qui est le prochain , ce que c'est que l'amour et ce que c'est que la charité , ainsi ce que c'est que le bien ; quand ils sont dans cet état, ils sont dans }'aifection du vrai, et sont appelés Hommes de eluimp (viri agri ;) mais ensuite, quand ils ont été régénérés, ce n'est pas d'après les doctrinaux qu'ils font le bien, mais c'est d'après l'amour de la charité, car alors ils sont dans le bien même qu'ils ont appris par les doctrinaux, et alors ils sont appelés Hommes de champ (Homines

agri :) il en est de cela comme uo homme qui a par nature du penchant pour les adultères , les vols , les meurtres , mais qui apprend par les préceptes du Décalogue que de telles actions sont de l'enfer, et par conséquent s'en abstient ; dans cet état , cet homme est affecté des préceptes, parce qu'il craint l'enfer, et il apprend par ces préceptes et pareillement par la Parole beaucoup de choses sur la manière dont il doit régler sa vie ; alors, quand il fait le bien , il le fait d'après les préceptes; mais quand il est dans le bien, il commence à avoir en aversion les adultères, les vols, les meurtres, pour lesquels il avait précédemment du penchant; alors, quand il est dans cet état, ce n'est plus d'après les préceptes qu'il fait le bien, mais c'est d'après le bien qui alors est chez lui : dans l'état antérieur c'est d'après le vrai qu'il apprend le bien , dans l'état postérieur c'est d'après le bien qu'il connaît le vrai ; il en est aussi de même des vrais spirituels qui sont appelés doctrinaux et sont des préceptes encore intérieurs : en effet, les doctrinaux sont des Vrais intérieurs qui appartiennent à l'homme Naturel ; les premiers sont des sensuels, les seconds sont des scientifiques, les intérieurs sont des doctrinaux ; ces vrais doctrinaux sont fondés sur les vrais scientifiques, en tant que l'homme ne peut en avoir et en retenir une idée, une notion, ou quelque conception que d'après les scientifiques; et les vrais scientifiques sont fondés sur les vrais sensuels, car sans les sensuels les scientifiques ne peuvent être saisis par l'homme; ces vrais, savoir, les scientifiques et les sensuels, sont ce qui est signifié par homme surant à Ut cfuts.sc, et les doctrinaux sont ce qui est signifié par homme de champ : ils se succèdent ainsi chez l'homme ; c'est pourquoi l'homme ne peut être régénéré avant qu'il soit dans un Age adulte et que par les vrais sensuels et scientifiques il soit dans les doctrinaux ; en effet, il ne peut être confirmé dans les vrais des doctrinaux que par des idées d'après les scientifiques et les sensuels, car il n'y a jamais rien chez l'homme dans sa pensée, même quand au plus profond arcane de la foi, qui n'ait avec soi une idée naturelle et sensuelle, quoique l'homme le plus souvent ne sache pas quelle est cette idée ; mais dans l'autre vie elle se présente à lui devant l'entendement , s'il le désire, et même devant la vue, s'il le désire ardemment; car, dans l'autre vie de telles choses peuvent se présenter devant la vue, ce qui semble incroyable, mais néanmoins cela est ainsi.

394 AKCANES CÉLESTES.

8811. Et Jacob un homme intègre, signifie te vrai: on le voit par la représentation de Jacob, en ce qu'il est la doctrine du vrai du naturel , N- 8806 ; et par la signification d'intègre, en ce que cela se dit de ceux qui sont dans le vrai, et par conséquent du Vrai, N*Ô!2.

8812. Habitant tes tente», signifie te culte gui en provient : on le voit par la signification des Tentes, en ce qu'elles sont le saint de l'amour et du culte qui en provient, N™ 41 A, 1102,2145, 2152 : si les Tentes signifient le saint du culte , c'est parce que , dans le temps très-ancien , l'homme de l'Église , qui était dans l'amour pour le Seigneur, et par suite dans un culte saint, habitait dans des tentes et y avait son culte saint : et comme le saint de l'amour et le saint du culte qui en résultait avaient alors commencé à être représentés par les tentes, il fut ordonné aux fils d'Israél de faire une Tente selon le type montré à Moïse sur le mont Sinal, et d'y instituer leur culte Divin ; de là vient aussi la fête des tabernacles, et si alors ils habitaient dans des tentes , c'était a cause de la représentation du culte saint qui exista chez l'homme de l'Église céleste : d'après cela il est évident qu'habiter les tentes signifie le culte.

8318. Et lischak aimait Esaû, parce que la chasse était en sa bouche, signifie que le Divin Bien du Divin Rationnel du Seigneur aimait le bien du vrai : on le voit par la représentation de lischak, en ce qu'il est le Divin Rationnel du Seigneur quant au Divin Bien, N°* 8012, 8013, 810A, 8210; par la représentation û'Esaû, en ce qu'il est le Divin Naturel du Seigneur quant au bien qui est dans ce naturel, ainsi qu'il est dit N" 8800, 3802, et dans la suite lorsqu'il est question d'Edom ; et par la signification de la chasse , en ce qu'elle est le bien de la vie d'après les vrais naturels , Na 3309 ; en sa bouche, signifie qu'il était dans son affection naturelle ; car, dans la Parole , il est dit qu'une chose est dans le Cœur, quand elle est intérieure et procède du bien , et qu'elle est dans la bouche quand elle est extérieure et procède du vrai: et comme le bien du vrai, qui est ici représenté par Esati et signifié par la chasse est extérieur, savoir, dans l'affection naturelle, et qu'il procède du vrai, il est dit avoir été en la bouche de lischak.

8314. Et Rèbecca aimait Jacob, signifie que le Divin Frai du Divin Rationnel aimait la doctrine du vrai : on le voit par la représentation de Rèbecca, en ce qu'elle est le Divin Vrai du Divin

Rationnel, Rh 3012, 3013, 3077, et dans tout le Chap. précédent où il est question de Rébecca ; et par la représentation de Jacob, en ce qu'il est la doctrine du vrai du naturel , et dans le sens suprême le Divin Naturel du Seigneur quant au vrai, N" 3305. Voici ce qu'il en est de l'amour du Divin Bien du Rationnel pour le Bien qui était dans le Naturel, et de l'amour du Divin Vrai du Divin Rationnel pour le Vrai qui était dans le Naturel : c'est le Bien et le Vrai qui constituent le Rationnel, et c'est aussi le Bien et le Vrai qui constituent le Naturel; le Bien du Rationnel influe sans le Vrai, ainsi immédiatement dans le Bien du Naturel, et il y influe aussi par le Vrai, ainsi médiatement; mais le Bien du Rationnel influe par le Vrai du Rationnel dans le Vrai dn Naturel, ainsi médiatement, et il influe aussi par le Bien du Naturel dans le Vrai qui y est, ainsi médiatement aussi : c'est de là que la conjonction du Bien du Rationnel avec le Bien du Naturel est plus étroite qu'avec le Vrai du Naturel, conjonction qui est signifiée en ce que Iiscbak aimait Esafl ; et que la conjonction du Vrai du Ratiounel avec le Vrai du Naturel est plus étroite qu'avec le Bien du Naturel , conjonction qui est signifiée en ce que Rébecca aimait Jacob. Ce sont la , il est vrai, des choses qui peuvent difficilement tomber dans la conception , surtout par ce motif que les plus communes d'entre elles ne sont pas connues dans le Monde, même dans le monde Savant; par exemple, on ignore que le Rationnel est distinct du Naturel ; que c'est le Bien et le Vrai qui constituent le Rationnel , et qui constituent le Natnrel , et Ton sait encore moins que le Rationnel influe dans le Naturel afin que l'homme puisse penser, et vouloir comme il pense; quand ces choses qui sont les plus communes sont ignorées , il est bien difficile de comprendre l'influx dont il vient d'être parlé : c'est cependant dans ces choses que les Anges ont la lumière, et qu'ils en perçoivent d'autres qui sont innombrables, et cela avec le plaisir dans lequel ils sont, quand en même temps il leur est donné de penser an Divin du Seigneur quant à l'Humain : l'homme qui est dans le bien, et en qui il y a l'Angélique pendant qu'il vit dans le corps, est aussi gratifié par le Seigneur de quelque lumière dans ces choses et dans d'autres qui sont semblables ; mais celui qui n'est pas dans le bien éprouve de l'ennui quand il pense à de telles choses , et son ennui augmente en proportion qu'il y pense en portant ses idées sur le Divin qui

appartient à l'Humain du Seigneur ; il vaut donc mieux que ceui qui sont tels en détournent leur esprit (animum ,) car il ne comprennent toujours rien ; bien plus, ils rejettent, en disant dans leur cœur : que m'importe cela ? il ne m'en reviendra ni honneur, ni profit.

3315. Vers. 29, 30. Et Jacob cuisait un potage, et Ésaù rêvenait du champ , et il (était) las, Et Esaû dit à Jacob : Fais-moi humer, je te prie, du rouge, ce rouge-là, parce que je suis las ; c*est pourquoi il appela son nom Edom. — Jacob cuisait un potage, signifie un amas de doctrinaux : et Esaû revenait du c/wm/y signifie l'étude du bien de la vie : et il (était) las, signifie l'état du combat : et Ésaû dit à Jacob, signifie la perception du Seigneur d'après le bien du naturel : fais-moi humer, je te prie, du rouge, signifie le désir des doctrinaux : ce rouge-là, signifie en apparence le bien : parce que je (suis) las, signifie, ici comme ci-dessus, l'état du combat : c'est pourquoi il appela son nom Edom, signifie de là sa qualité quant au bien, auquel ont été adjoints les doctrinaux du vrai.

3315. Jacob cuisait un potage, signifie un amas de doctrinaux : on le voit par la représentation de Jacob, en ce qu'il est la doctrine du vrai du naturel , Y 3305, ainsi les doctrinaux qui sont dans l'homme naturel ; et par la signification du potage , en ce qu'il est un amas de tels doctrinaux ; et cuire le potage, c'est faire un amas ; en eiïct, dans la langue originale il y a le mot propre du potage, comme si l'on disait, , il fit un potage (pultavit pultem), c'est-à-dire, il fit un amas. C'est le premier état de la conjonction du bien et du vrai, qui est décrit dans ce Verset, et dans les Versets suivants jusqu'à la lin de ce Chapitre. Le premier état de l'homme qui est régénéré, ou chez lequel le vrai est conjoint au bien, consiste en ce qu'avant toutes choses les doctrinaux du vrai soient amassés sans ordre déterminé dans son homme Naturel, ou dans son magasin, qu'on nomme Mémoire ; les doctrinaux qui y sont alors peuvent être comparés à quelque amas confus et désordonné, et comme à une sorte de chaos; mais cela a lieu ainsi, afin que les doctrinaux soient mis en ordre, car tout ce qui doit être mis en ordre est tel au commencement ; voilà ce qui est signifié par le potage que Jacob cuisait, c'est-à-dire, dont il faisait un amas: ces doctrinaux ne sont pas mis en ordre par eux-mêmes, mais ils le sont par le bien qui

doit influer en eux, et le bien les met en ordre, en tant et selon qu'il agN en eux ; quand pour la première fois le bien les recherche et 1rs désire afin de se les conjoindrr, il se présente sous l'apparence de l'affection du vrai ; voilà ce qui est signifié par Esaii disant à Jacob : Fais-moi humer, je te prie, du rouge, ce rouge-là. Ceci, il est vrai, paraît bien éloigné du sens de la lettre, mais toujours est-il que quand ce passage est lu par l'homme et compris par lui selon le sens de la lettre, les Anges qui alors sont chez lui n'ont absolument aucune idée du potage, ni de Jacob, ni d'Esaii , ni du rouge, ni de humer du rouge, mais au lieu de tout cela, ils ont l'idée spirituelle qui est tout autre et éloignée de cette idée naturelle, et tout est traduit à l'instant dans cette idée spirituelle : il en est aussi de môme pour tous les autres passages de la Parole : par exemple, quand on y lit le mot Pain, les Anges ne perçoivent pas le pain, mais à l'instant au lieu du pain ils perçoivent l'amour céleste et ce qui appartient à l'amour céleste, c'est-à-dire, à l'amour pour le Seigneur ; et quand dans la Parole on lit le mot Vin, ils ne perçoivent pas le vin, mais au lieu du vin ils perçoivent l'amour spirituel et ce qui appartient à cet amour, c'est-à-dire, à l'amour envers le prochain ; ainsi quand on lit le mot potage ou ragoût, ils perçoivent non un potage ou un ragoût, mais les doctrinaux non encore conjoints au bien, ainsi un amas de doctrinaux en désordre : par là on peut voir ce qu'est et quelle est la pensée des Anges ainsi que leur perception, et combien elles sont éloignées de la pensée et de la perception de l'homme ; si l'homme pensait d'une manière semblable, quand il est dans le saint, par exemple, quand il est dans la Sainte-Cène, et qu'au lieu du Pain il perçût l'amour pour le Seigneur, et au lieu du Vin l'amour envers le prochain, il serait dans une semblable pensée et dans une semblable perception avec les Anges, qui alors s'approcheraient plus près de lui, jusqu'à pouvoir enfin associer les pensées, mais en tant que l'homme serait en môme temps dans le bien. Que le potage ou le ragoût signifie un amas, c'est aussi ce qu'on peut voir par ce qui est dit des fils des prophètes et d'Elisée dans le Livre des Rois: o Elisée revint à Gilgal, et il y avait une famine en la terre, et les » fils des prophètes étaient assis devant lui ; et il dit à son serviteur : • Mets la grande marmite , et cuis un potage pour les fils des pro- » phètes. El l'un (d'eux) sortit dans le champ pour recueillir des

> légumes, et il trouva un cep de champ, et il recueillit sur lui des • coloquintes de champ plein son vêtement, et il vint et il {/es) » coupa dans la marmite du potage, parce qu'on ne savait {ce que

> c'était) ; et on (en) versa aux hommes pour manger, et il arriva b quand ils mangèrent du potage et ils crièrent et dirent : La mort » dans la marmite, Homme de Dieu ; et ils ne purent manger ; et il » dit: Prenez de la farine ; et il (la) mit dans la marmite, et il dit : » Verse au peuple; et ils mangèrent, et il n'y eut rien de mauvais » dans la marmite. » — II. Rois, IV, 38, 39, 40, Al ; — ces paroles dans le sens interne ont une signification tout autre que dans le sens de la lettre, savoir, la famine en la terre signifie la pénurie des connaissances du bien et du vrai, N* 1460; les fils des prophètes, ceux qui enseignent, N" 2534 ; le potage, un amas mal formé de scientifiques; la farine, le vrai qui provient du bien, ou le spirituel qui procède du céleste, N" 2177, ainsi, quand il est dit qu'Elisée mil de la farine dans la marmite et qu'alors il n'y eut rien de mauvais dans la marmite, cela signifie que cet amas fut rendu régulier par le vrai spirituel d'après la Parole du Seigneur, car Elisée représentait le Seigneur quant à la Parole, Y 2762; sans ce sens spirituel, le récit sur le potage, et le changement opéré par la farine, n'auraient pas été dignes d'être mentionnés dans la Très-Sainte Parole; c'est pour représenter ces choses que ce miracle a été fait , il en est aussi de même de tous les autres miracles rapportés dans la Parole, et qui tons cachent en eux des choses Divines.

3317. Et Esaù revenait du champ, signifie C étude du bien de la vie: on le voit par la représentation d'Esaû, en ce qu'il est le bien de la vie du vrai du naturel, Y 3300 ; et par la signification de revenir du champ, en ce que c'est l'étude du bien ; en effet, méditer dans le champ, c'est penser dans le bien, 2971, 3196, car le champ est le bien qui appartient à l'Église, Y 2971.

3318. Et il était las, signifie l'état du combat : on peut le voir par la signification de las ou de lassitude, en ce que c'est l'état après le combat; ici, l'étal du combat, parce qu'il s'agit de l'état de coujonction du bien avec le vrai dans l'homme naturel. Qu'ici l'expression las signifie l'état du combat, c'est ce qu'on ne peut voir sinon d'après la série des choses dans le sens interne , et principalement en ce que le bien ne peut pas être conjoint avec le vrai dans l'Homme

Naturel sans combats, ou, ce qui est la même chose, sans tentations : afin qu'on sache comme cela s'opère, mais chex l'homme, il

va être donné quelques explications : l'homme n'est autre chose qu'un organe ou un vase qui reçoit du Seigneur la vie, car l'homme ne vit pas de soi-même, N" 290, 2021, 2536, 2706, 1954, 2886 à 2889, 3001 ; la vie qui influe du Seigneur chez l'homme vient du Divin amour du Seigneur ; cet amour ou la vie qui en procède influe et s'applique dans les vases qui sont dans le rationnel et dans ceux qui sont dans le naturel de l'homme ; ces vases chez l'homme sont dans une position opposée relativement à la vie à cause du mal hériditaire dans lequel naît l'homme, et du mal actuel qu'il s'acquiert lui-même ; mais autant la vie qui influe peut disposer les vases à la recevoir, autant elle dispose ; ces vases dans l'homme rationnel et dans l'homme naturel sont les choses qui sont appelées les vrais, et qui en elles-mêmes ne sont que les perceptions des variations de la forme de ces vases, et des changements d'état selon lesquels existent de différentes manières les variations, qui s'opèrent dans des substances très-subtiles, par des moyens inexprimables, N* 2487 ; le bien lui-même, dans lequel est la vie procédant du Seigneur, ou qui est la vie, est ce qui influe et dispose : puis donc que ces vases, qui doivent être variés quant aux formes, sont dans une situation et une position opposées relativement à la vie, comme il vient d'être dit, on peut voir qu'ils doivent être mis dans une situation conforme à la vie , ou sous l'obéissance de la vie ; cela ne peut nullement être fait, tant que l'homme est dans cet état où il est né, et dans lequel il s'est réduit lui-même, car ces vases n'obéissent point, parce qu'ils résistent avec opiniâtreté et s'obstinent contre l'ordre céleste, selon lequel agit la vie ; en effet, le bien qui les meut et auquel ils obéissent, appartient à l'amour de soi et du monde; et ce bien, d'après la chaleur grossière qu'il renferme, fait que ces vases sont tels; avant donc de devenir soumis et de pouvoir être propres à recevoir quelque chose de la vie de l'amour du Seigneur, il faut qu'ils soient amollis; cet amollissement ne s'opère point par d'autres moyens que par les tentations ; les tentations, en effet, enlèvent ce qui appartient à l'amour de soi, et ce qui concerne le mépris qu'on a pour les autres en les comparant à soi, par conséquent ce qui appartient à la gloire de soi, et ce qui concerne les

haines et les vengeances en raison de ceue gloire ; lors donc que ces choses ont été quelque peu tempérées et domptées par les tentations, ces vases commencent à devenir flexibles et favorables à la vie de l'amour du Seigneur» laquelle influe continuellement chez l'homme; de là vient que le bien, d'abord dans l'homme rationnel, puis dans l'homme naturel, commence à y être conjoint aux vrais, car les vrais , comme il a été dit, ne sont autre chose que les perceptions des variations de la forme selon les états qui sont continuellement changés, et les perceptions proviennent de la vie qui influe; de là vient que par les tentations, ou, ce qui est la même chose, par les combats spirituels, l'homme est régénéré, c'est-à-dire, devient nouveau, et qu'il est dans la suite gratifié d'uu autre caractère, savoir, en ce qu'il devient doux, humble, simple et contrit de cœur: d'après ce qui vient d'être dit, on peut voir quel est l'usage que les tentations remplissent, savoir, celui-ci, que le bien peut non-seulement influer du Seigneur, mais aussi disposer les vases à l'obéissance, et ainsi se conjoindre avec eux ; que les vrais soient les vases récipients du bien, on le voit N0' 1496, 4832, 1900, 2063, 2261, 2269. Ici donc, puisqu'il s'agit de la conjonction du bien et du vrai dans l'homme Naturel, et que le commencement de la conjonction existe par des combats, qui sont ceux des tentations, il devient évident que ces mots il était las signifient l'état du combat Quant à ce qui concerne le Seigneur, dont il s'agit ici dans le sens suprême, Il a Lui-Même, par les combats les plus graves des tentations, mis toutes choses en Lui dans l'ordre Divin, jusqu'au point qu'il n'est rien resté de l'humain qu'il avait tiré de la mère, N°" 1444, 1573, 2159, 2574, 2649, 3036. de sorte qu'il a été fait non pas nouveau comme un autre homme, mais entièrement Divin; car l'homme qui devient nouveau par la régénération retient toujours en soi l'inclination au mal, et qui plus est, le mal même, mais il est détourné du mal par l'influx de la vie de l'amour du Seigneur, et cela par une force extrêmement puissante ; le Seigneur, au contraire, a rejeté entièrement tout le mal, qui en Lui était l'hériditaire provenant de la mère, et il S'est fait Divin, même quant aux vases, c'està-dire, quant aux vrais ; c'est là ce qui, dans la Parole, est appelé Glorification.

3319. Et Esaù dit <) Jacob, signifie la perception du Seigneur

GENÈSE. CHAP. VINGT-CINQUIÈME.. kOY

d'après le bien du Naturel : on le voit par la signification de dire, en ce que c'est percevoir, IN" 1791, 1815, 1819, 1822, 1898, 1919, 2080, 2862; par la rcpro^-ntation à'Bsaft, en ce qu'il est le Seigneur quant au bien du Naturel, Voir N0i 3300, 3302, et dans ce qui va suivre, où il s'agit d'Kdom ; et par la représentation de Jacob, en ce qu'il est le vrai du Naturel, N° 3305, au sujet duquel il y a perception.

3320. Fais-moi humer, je te prie, du rouge, signifie le désir des doctrinaux ; et. ce rouge-là, signifie en apparence le bien: on le voit par la signification de humer, en ce que c'est être communiqué et être conjoint, N° 3089; de là, fais-moi humer, je te prie, c'est désirer la conjonction du vrai ou des doctrinaux avec soi ; et par la signification du rouge, en ce que c'est le bien, N° 3300; ici, c'est en apparence le bien, parce que les doctrinaux semblent en quelque sorte disposés dans la forme externe comme le bien, quoiqu'intérieurement ils soient un amas, N" 3316. Si ces choses sont rapportées, c'est aussi parce qu'Ésaii a tiré de là le nom d'Kdom; en eiïet, dans la langue originale, le rouge est exprimé par le mot Kdom, et Ksau est appelé ainsi, afin que par Edom soit signifié le bien auquel ont été adjoints les doctrinaux du vrai.

3321 . Parce que je suis las, signifie l'état du combat : on le voit par la signification de la* ou de lassitude, en ce que c'est l'état du combat, comme ci-dessus, N° 3318. S'il est dit ici une seconde fois qu'il est las, c'est pour confirmation, que la conjonction du bien avec le vrai dans le Naturel s'opère par les combats spirituels, c'està-dire, par les tentations : voici ce qu'il en est en général de la conjonction du bien avec le vrai dans le Naturel, c'est que le Rationnel de l'homme reçoit les vrais avant que son Naturel les reçoive; et cela, afin que la vie du Seigneur, qui est, comme il a été dit, la vie de l'amour, puisse influer par le Rationnel dans le Naturel , le disposer et le réduire à l'obéissance ; car le Rationnel est plus pur et le Naturel plus grossier, ou, ce qui est la même chose, le Rationnel est intérieur et le Naturel est extérieur ; il est conforme à l'ordre, dont on peut avoir connaissance, que le rationnel puisse influer dans le naturel, mais non vice versa ; de là vient que le Rationnel de l'homme peut être préparé pour les vrais et les recevoir avant que le Naturel le puisse, et la preuve manifeste, c'est que l'homme

Rationnel, c hez celui qui doit être régénéré, combat beaucoup contre le Naturel, ou, ce qui est la môme chose, l'Interne combat beaucoup contre l'Externe ; en effet, l'homme Interne, comme on le sait

encore, peut voir les vrais et peut aussi les vouloir, mais l'homme Externe les refuse et y résiste; car dans l'homme Naturel il y a les Scientifiques , qui en très grande partie se tirent des illusions des sens, et qu'il croit Cire des vrais, quoiqu'ils soient des faux ; il y a aussi des choses innombrables que l'homme Naturel ne saisit point, car il est relativement dans l'ombre et dans l'obscurité, et les choses qu'il ne saisit point, il croit ou qu'elles n'existent pas, ou qu'elles ue sont pas ainsi : il y a des cupidités qui appartiennent à l'amour de soi et du monde, et les choses qui favorisent ces cupidités il les appelle des v rais ; et quand l'homme leur cède la domination, tout ce qui en provient est contraire aux vrais spirituels : il y a aussi les raisonnements d'après les faux imprimés dès l'enfance : et en outre l'homme saisit par un sens manifeste les choses qui sont dans son homme naturel, et non de même celles qui sont dans son homme Rationnel, avant qu'il ait été dépouillé de son corps; cela fait aussi qu'il croit que le corps est tout, et qu'à peine croit-il qu«' ce qui ne tombe pas dans le sens naturel soit quelque chose: de tels obstacles et plusieurs autres font que l'homme Naturel reçoit les vrais beaucoup plus tard et beaucoup plus difficilement que l'homme Rationnel; de là un combat, qui dure assez longtemps, el ne cesse pas avant que les vases récipients du bien dans l'homme Naturel aient été amollis par les tentations, comme il a été montré ci-dessus N" 3318 ; car les vrais ne sont que les vases récipients du bien, N°* 1A96. 1832, 1900, 2063, 2261, 2269; ces vases sont d'autant plus durs que l'homme s'attache plus opiniâtrement aux choses dont il vient d'être parlé, et plus il s'y attache opiniâtrement, plus le combat est grave, s'il doit Otre régénéré. En conséquence, parce qu'il en est ainsi de l'homme Naturel, que c'est par les combats des tentations qu'en lui les vrais sont conjoints au bien, il est dit ici, une seconde fois : Je suis tas.

3322. C'est pourquoi il appela son nom Edom , signifie de là sa qualité quant au bien auquel ont été adjoints les doetrinan.r du vrai : on le voit par la signification d'appeler le nom ou Rappeler du nom, en ce que c'est la qualité, N°« Ift/ï. U». 1754, 1890, 2009,

2724, 3006 ; et parla représentation û'Edom : dans la Parole, il est souvent fait mention d'Esaii, et aussi d'Edom; EsaU y signifie le bien du Naturel , avant que les doctrinaux du vrai aient été ainsi conjoints à ce bien, et aussi le bien de la vie d'après l'influx provenant du Rationnel; et Edom signifie le bien du Naturel, auquel ont été adjoints les doctrinaux du vrai : mais, dans le sens opposé, Esaii signifie le mal de l'amour de soi , avant que les faux aient été ainsi adjoints à cet amour de soi, et Edom signifie le mal de cet amour lorsque les faux y ont été adjoints; la plupart des noms dans la Parole ont aussi le sens opposé , comme il a été souvent montré ; et cela , parce que les mêmes choses qui ont été des biens et des vrais dans les Églises ont, par laps de temps, dégénéré en maux et en faux par diverses adultérations. — Qu'EsaU et Edom aient ces significations, on peut le voir par ces passages; dans Esaïe : « Qui (est) "• celui-ci qui vient a" Edom, les vêtements teints, de Bozra, hono- » rable dans son vêtement, marchant dans la multitude de sa force? » Pourquoi (es-tu) rouge quant à ton vêtement, et (pourquoi) tes > habits (sont-iis) comme (ceux) d'un fouleur au pressoir? J'ai foulé » seul au pressoir, et d'entre les peuples nul homme avec moi ; j'ai » regardé de tous côtés, mais personne pour m'aider; et j'ai été » dans la stupeur, et personne pour me soutenir ; et mon bras m'a » sauvé. » — LXIII. 1, 2, 3, 5 ; — que dans ce passage Edom soit le Seigneur, on le voit clairement; et qu'il soit le Seigneur quant au Divin Bien du Divin Naturel, cela est évident, car il s'agit de la conjonction du bien et du vrai dans l'Humain du Seigneur, et des combats des tentations par lesquels il les a conjoints : les vêtements y sont les vrais de l'homme naturel , ou les vrais relativement inférieurs, voir N" 2576, et le rouge est le bien du naturel, N° 3300; l'œuvre du Seigneur qui, de sa propre puissance, a conjoint les vrais au bien par les combats des tentations, y est décrite par ces expressions : J'ai foulé seul au pressoir, et d'entre les peuples nul homme avec moi ; j'ai regardé de tous côtés, mais personne pour m'aider ; j'ai été dans la stupeur et personne pour me soutenir, et mon bras m'a sauvé ; que le bras soit la puissance , on le voit N' 878. Dans le Livre des Juges : « Jéhovah! quand tu sortis de Séir, quand tu • partis du champ d'Edom , la terre trembla , même les cieux se » fondirent, même les nuées se fondirent , les montagnes s'écoulè-

» rent. » — V. à. 5 ; — sortir du champ d'Edom signifie presque la même chose que dans Esaïe, venir d'Edom : pareillement dans Moïse : « Jéhovah est venu de Sinaï, et il s'est levé de Sêir pour eux. » — Deutér. XXXIII. 2. — Dans le Même : « Je Le vois quoique » non dèj\yjc l'aperçois quoique non proche; il sortira une étoile » de Jacob, et il s'élèvera un sceptre d'Israël ; et Edom sera l'hêri- » tage, et Sêir sera l'héritage de ses ennemis, et Israël fera la force » et il dominera sur Jacob, et il perdra le reste de la ville. » — Nomb. XXIV. 17, 48, 19 ; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur dans le monde, son Essence Humaine est dite étoile de Jacob et sceptre d'Israël ; Edom et Séir, qui sont l'héritage, désignent le Divin Bien du Divin Naturel du Seigneur, et deviendra l'héritage de ses ennemis, c'est-à-dire qu'il prendra la place des choses qui étaient auparavant dans le Naturel ; la domination alors sur les vrais dans le naturel est signifiée en ce qu'il dominera sur Jacob et perdra le reste de la ville; que Jacob soit le Vrai du Naturel , on le voit N° 3305 , et la ville le doctrinal, N°* 402, 2268, 2449, 2712, 2943, 3216; il est dit qu'on domine sur les vrais , quand ils ont été subordonnés et soumis au bien ; et avant qu'il en ait été ainsi , ils sont appelés ennemis , parce qu'ils résistent continuellement, comme il a été montré ci -dessus, N° 3321. Dans Amos : * En ce jour-là, je relèverai la tente de David, » (qui est) tombée, et je réparerai leurs brèches, et je rétablirai ses » ruines, et je la bâtirai comme aux jours de l'éternité, afin qu'ils » possèdent les restes d'Edom, et toutes les nations sur lesquelles a » été appelé mon Nom. » — IX. 11, 12; — la tente de David est l'Église et le culte du Seigneur ; les restes d'Edom désignent ceux qui sont dans le bien au dedans de l'Église ; les nations sur lesquelles a été appelé mon Nom désignent ceux qui sont dans le bien hors de l'Église ; que les nations soient ceux qui sont dans le bien, on le voit N" 1259, 1260, 1416, 1849. Dans David : « Sur Edom je mettrai » mon soulier ; qui me conduira à la ville forte? qui me conduira » jusqu'à Edom ? n'est-ce pas toi , ô Dieu ! > — Ps. LX. 10, 11, 12 ; — Edom est le bien du Naturel, que ce soit le bien du Naturel, cela est évident d'après la signification du soulier, en ce qu'il est le naturel infime, N° 1748. Dans Daniel : « Dans le temps de la fin, le roi * du midi sera en collision avec lui ; et comme une tempête se pré- » cipitera contre lui le roi du septentrion avec son char, et il inon-

» dcra et il pénétrera ; et quand il viendra dans la terre de la beauté, » plusieurs seront ruinés; ceux-ci cependant seront arrachés de sa

» main, Edom et Moab, et les prémices des lils d'Ammon. • — XI. 40, 41 , — là, il s'agit du dernier état de l'Église; le roi du septentrion désigne 1rs faux . ou, ce qui est la même chose, ceux qui sont dans les faux ; Edom signifie ceux qui sont dans le bien simple, qui ost le bien tel .qu'il se trouve chez ceux qui constituent l'Église Externe du Seigneur ; il en est de même de Moab et des fils d'Ammon, N° 2468 ; et comme l'un et l'autre, savoir, Kdom et Moab. signilient ceux qui sont dans le bien , c'est pour cela qu'ils sont l'un et l'autre nommés ensemble dans un grand nombre de passages, mais il y a cette différence, qu'Edom est le bien du Naturel auquel ont été adjoints les doctrinaux du vrai, tandis que Moab est le bien naturel tel qu'il se trouve aussi chez ceux chez qui ces doctrinaux n'ont point été conjoints; les uns et les autres paraissent semblables par la forme externe, mais non par l'interne. De là on voit maintenant pourquoi il a été dit : « Tu n'auras point en abomination l'Edo- » mite, parce qu'il est ton frère, ni l'Égyptien parce que tu as été » voyageur dans sa terre. » — Deutér. XXIII. 8, — comme l'Édomite signifie le bien du naturel, et l'Égyptien le vrai du naturel, qui sont les scientifiques, N" 1164, 1165, 1186. 1462, ils sont en conséquence nommés l'un et l'autre dans le sens bon. De là on voit encore pourquoi Jéhovah a dit à Moïse, que « ils ne devaient pas en venir aux mains avec lu fils dlUaiï , et qu'il ne serait pas donné aux lils de Jacob de leur terre, même la trace de la plante du pied. > — Deut. II, 4, 5, 6. — Mais, dans le sens opposé, par Esati et Edom sont représentés ceux qui se détournent du bien, en ce qu'ils méprisent toul-à-fait le vrai, et ue veulent pas que quelque chose du vrai de la foi soit adjoint, ce qui a lieu principalement à cause de l'amour dc soi; c'est pourquoi, dans le sens opposé , ceux-là sont signifiés par Esau et par Edom : c'est môme ce qui a été représenté en ce que « le Roi d'Edom sortit avec un peuple nombreux et à main forte, et refusa de permettre à Israël de passer par ses confins. » — Nomb. XX, 14 à 22 ; — ce mal , savoir, le mal de l'amour de soi , qui est tel, qu'il n'admet pas les vrai de la foi, ni par conséquent les doctrinaux du vrai , est décrit dans divers passages de la Parole par Esau et par Edom . et en même temps est aussi décrit l'état de l'Eglise

/lOG ARCANES CÉLESTES.

quand elle devient telle ; par exemple : dans Jérémie : « Contre Edom : » N'y a-t-il plus aucune sagesse dans Théman? le conseil a-t-il » manqué aux intelligents ? est-elle devenue infecte leur sagesse ? » Fuyez, ils se sont détournés, ils ont fait des creux pour y habiter, « les habitants de Dédan, car f 'amènerai sur lui la calamité d'Esaû. » Moi , je dépouillerai Esaû , je découvrirai ce qu'il a de secret, » au point qu'il ne puisse pas être caché : sa demeure a été dévastée, » et ses frères, et ses voisins : laisse tes orphelins, Moi, je {les) vi- » vitierai; et tes veuves, que sur Moi elles se confient : Edom sera en » dévastation ; quiconque passera près d'elle sera stupéfait et sifflera » à cause de toutes ses plaies. » — XLEX. 7, 8, 10, 11, 17 et suiv. — Dans David : « Ils disent : qu'il ne soit plus fait mention du nom » d'Israël ; car ils consultent de cœur ensemble ; contre toi ont formé » alliance les Tentes a* Edom, et les lischmaëlites , et Moab, et les » Hagréens. » — Ps. LXXXI1I. 5, 6, 7. — Dans Obadie : « Ainsi a

• dit le Seigneur Jéhovih à Edom: Voici, je t'ai rendu petit entre les » nations, tu (es) fort méprisé : V orgueil de ton cœur t'a trompé, » toi qui habites dans les fentes du rocher, la hauteur de ta demeure, » toi qui dis dans ton cœur : Qui m'abaissera à terre? Quand tu te » serais élevé comme l'aigle, et quand entre les étoiles tu aurais » placé ton nid, de là je t'abaisserais. Comment (ceux a") Esaû ont- » ils été recherchés? comment ce qu'ils avaient de caché a-t-il été

• découvert ? N'est-ce pas en ce jour que je perdrai les sages d' Edom f et les intelligents de la montagne d'Esaû ; par le carnage, à cause » de la violence de ton frère Jacob, la honte te couvrira, et tu seras » retranché pour l'éternité ; la maison de Jacob sera un feu, et la » maison de Joseph une flamme, et la maison d'Esaû de la paille, » et ils les embraseront, et ils les consumeront, et il ne restera rieu

• de la maison d'Esaû, et les méridionaux hériteront la montagne » d'Esaû. » — 1, 2, 3, h, 6, 8, 9, 10, 18, 10, 21 ; —là, Edom et Esaù' désignent le mal de l'homme naturel, mal qui a son origine dans l'amour de soi et qui méprise et rejette tout vrai , d'où résulte sa dévastation. Dans Ezéchiel : • Fils de l'homme , dresse tes faces » contre la montagne de Séir, et prophétise contre elle, et dis-lui : » Ainsi a dit le Seigneur Jéhovih : Me voici contre toi, montagne de » Séir, et j'étendrai ma main contre toi, et je te réduirai en désola- I tion et en dévastation, parce que tu as une inimitié d'éternité, et

GENÈSE, CHAP. VINGT-CINQUIÈME. kOl

> que tu lais couler les fils d'Israël sur les mains de l'épée, dans le

• temps de leur destruction , dans le temps de l'iniquité de la lin ;

• parce que lu as dit des deux nations et des deux terres : Elles sont

• à moi, et nous les hériterons, et Jéhovah est là : cl lu connaîtras » que Moi , Jéhovah , j'ai entendu tous tes outrages, que lu as pro- ■ férés contre les montagnes d'Israël : elle sera une dévastation la » Montagne de Séir, et tout Edom entièrement. » — \\\\ . '2.

A, 5, 8, 9, 10, 12, 15 ; — là, il est bien évident qu'Edom, dans le sens opposé, signifie ceux qui méprisent, rejettent et couvrent d'opprobre les biens et les vrais spirituels, qui sout les montagnes d'Israël. Dans le Même : « Ainsi a dit le Seigneur Jéhovih : Si dans

> le feu de mon ardeur je n'ai pas parlé sur les restes des nations et » sur Edotn tout entière , qui se sont donné ma terre en héritage » avec joie de tout cœur, avec mépris de l'âme ! » — XXXVI, 5. — Pareillement, se donner la terre en héritage, c'est dé v aster l'Eglise, c'est-à-dire, le bien et le vrai qui appartiennent à l'Église. Dans Malachie : f La Parole de Jéhovah contre Israël : Je vous ai aimés, » a dit Jéhovah. Et vous dites : En quoi nous as-tu aimés? Esaii » n'est-il pas U frire de Jacob'/ et j'aime Jacob , et j'ai en haiue

> Esaû, et je mets sa montagne en désolation. » — 1. 1, 2, 3; — là Esaii est le mal du naturel , lequel n'admet pas le vrai spirituel qui est Israël, N" 3305 , ni le doctrinal du vrai qui est Jacob, N" 3305. et c'est pour cela qu'il est dévasté, ce qui est exprimé par avoir eu haine : que l'expression avoir en haine ne signilie pas autre chose, c'est ce qui est évident par les passages de la Parole ci-dessus rapportés concernant Esaii et Edom pris en bonne part : quand le Vrai ne se laisse point adjoindre au bien, il est dit la môme chose de Jacob, par exemple, dans lloschée : « Pour visiter sur Jacob ses voies, » selon ses a»uvres il le rétribuera ; dam /'utérus il u supplanté son » frire. » — XII. 3, A.

3323. Vers. 31, 32, 33. Et Jaeob dit : Vends-moi comme aujourd'hui ta primogéniture. Et Esaii dit : Voici , je m'en rais mourir, et à quoi (bon) cela pour moi, ta primogéniture? Et Jacob dit : J ure-moi comme aujourd'hui; et il lui jura, et il rendit sa primogéniture ét Jacob. — Jacob dit, signilie la doctrine du vrai ; t ends-moi comme aujourd'hui ta primogéniture, signifie que quant au temps la doctrine du vrai était la première en apparence; cl Esau

408 AUCANES CÉLESTES.

dit : V oiei,je m'en tais mourir, signiûe qu'il ressusciterait ensuite; et à quoi (bon) cela pour moi, la primogéniture , signifie qu'alors il n'a plus besoin de la priorité ; et Jacob dit, signifie la doctrine du vrai ; jure-moi comme aujourd'hui; et U lui jura, signifie la confirmation; et il vendit m primogéniture à Jacob, signifie que la priorité fut concédée pendant ce temps-là.

332A. Jacob dit, signifie la doctrine du vrai : ou le voit par la représentation de Jacob, en ce qu'il est la doctrine du vrai du naturel, N 3305, ou, ce qui est la même chose, ceux qui sont dans la doctrine du vrai. Dans ces Versets, jusqu'à la fin de ce Chapitre , il s'agit du droit de priorité , s'il appartient au vrai ou s'il appartient au bien, ou, ce qui est de même, s'il appartient à la doctrine du vrai ou à la vie du bien , ou, ce qui est encore de même, s'il appartient à la foi en tant qu'elle est le vrai de la doctrine , ou à la charité en tant qu'elle est le bien de la vie ; quand l'homme conclut d'après la perception naturelle, il croit que la foi en tant qu'elle est le vrai de la doctrine a la priorité sur la charité en tant que celle-ci est le bien de la vie, parce qu'il perçoit comment entre le vrai qui appartient à la doctrine , et ne perçoit pas comment entre le bien qui appartient à la vie; car le vrai entre par la voie externe, savoir, par la voie sensuelle , et le bien entre par la voie interne ; puis , parce que le vrai enseignant ce que c'est que le bien , il ne peut savoir autre chose , sinon que le vrai est antérieur au bien ; et aussi, parce que la réformation de l'homme se fait par le vrai, et même selon le vrai, jusqu'au point que l'homme est perfectionné quant au bien en proportion de la quantité de vrai qui peut être conjointe au bien,que conséquemment le bien est perfectionné par le vrai ; et de plus , parce que l'homme peut être dans le vrai et penser et parler, d'après le vrai , et cela avec un zèle apparent, quoiqu'il ne soit pas en même tempsdans le bien ; et il peut même être d'après le vrai dans la confiance du salut : ces choses et plusieurs autres font que l'homme , quand il juge d'après l'homme sensuel et naturel, s'imagine que le vrai qui appartient à la foi est antérieur au bien qui appartieut à la charité ; mais toutes ces choses sont des raisonnements qui proviennent d'illusions, parce qu'il semble ainsi devant l'homme sensuel et naturel : le Bien même qui appartient à la vie est antérieur; le bien qui appartient à la vie est l'humus mémo dans laquelle doivent être semés les vrais, et tel

est l' lin mus, telle est la réception des semences, c'est-à-dire, des vrais de la foi; a la vérité, les vrais peuvent être auparavant serrés

dans la mémoire , comme les semences dans un coffre, ou comme chez les oisillons dans leur gésier; mais ils ne deviennent point propres à l'homme, si l'humus n'a point été préparé; et tel est l'humus, c'est-à-dire , tel est le bien, telle est la germination et la fructification des semences : mais ou peut voir ce qui a déjà été exposé plusieurs fois sur ce sujet; il va en ôtrc fait une récapitulation, alin que par là on sache ce que c'est que le bien et ce que c'est que le vrai , et que la priorité est au bien et non au vrai ; voici cette récapitulation : Pourquoi n'a-t-on pas entre le bien et le vrai d'idée distincte , N° 2507. Le bien influe par une voie interne inconnue à l'homme, tandis que le vrai est acquis par une voie externe connue à l'homme, N'" 3030, 3098. Les vrais sont les vases récipients du . bien, N" 4496, 1832, 1900, 2063, 2261, 2269, 3068, 3318. Le Bien reconnaît son vrai, auquel il est conjoint, N" 3101, 3102, 3179 : la plus exacte surveillance et les plus grandes précautions sont employées pour que le faux ne soit pas conjoint au bien , ni le \ rai au mal , N01 3033, 3101, 3102. Le bien se façonne le vrai auquel il se conjoint, parce qu'il ne reconnaît pour vrai que ce qui concorde , N° 3161. Le vrai n'est autre chose que ce qui procède du bien , N* 2434. Le vrai est la forme du bien , N* 3049. Le vrai a en M)i l'image du bien, et dans le bien sa propre effigie d'après laquelle il agit, N" 3180. La semence, qui est le vrai, prend racine dans le bien qui appartient à la charité, N° 880. La foi ne peut jamais exister (jue dans sa vie, c'est-à-dire, dans l'amour et dans la charité, V 379, 389, 654, 724, 1608,2343, 2349. C'est par l'amour et par • la charité qu'on peut regarder les vrais qui appartiennent aux doctrinaux de la foi, et non vire rcrsâ, N° 2454 : regarder par la foi, et non par l'amour et la charité, c'est regarder derrière soi, c'est se retourner en arrière, N* 2454. Le vrai est vivifié selon le bien de chacun, ainsi selon l'état d'innocence et de charité chez l'homme, N°* 1776 , 311 1. Les vrais de la foi ne peuvent être reçus que par ( eux qui sont dans le bien, N" 2343, 2349. Ceux qui ne sont dans aucune charité ne peuvent reconnaître le Seigneur, ni par conséquent rien du vrai de la foi ; s'ils le professent, c'est une sorte d'externe sans interne . ou c'est par hypocrisie. N" 2354. 11 n'y a abso-

ÛIO ARCANES CÉLESTES.

lumeiit aucune foi là où il n'y a point de charité, N- 654, 1162, 1176, 2429. La sagesse, l'intelligence et la science sont les fils de la charité, N° 1226. Les Anges, parce qu'ils sont dans l'amour, sont dans l'intelligence et dans la sagesse, N" 2500, 2572. La vie Angélique consiste dans les biens de la charité, et les Anges sont les formes de la charité, N0' 454, 553. L'amour pour le Seigneur est la ressemblance du Seigneur, et la charité envers le prochain est l'image du Seigneur, N° 1013. Les Anges perçoivent par l'amour pour le Seigneur tout ce qui appartient à la foi, N°202. Rien ne vit, que l'amour et l'affection, N° 1580. Ceux qui ont l'amour mutuel ou la charité ont la vie du Seigneur, Not 1799, 1803. L'amour pour le Seigneur et envers le prochain est le ciel même, NM 1802, 1824, 2057, 2130, 2131. La présence du Seigneur est selon l'état de l'amour et de la charité, N° 904. Tous les préceptes du Décalogue et toutes les choses de la foi sont dans la charité, N°* 1121, 1798. La connaissance des doctrinaux de la foi ne fait rien , si l'homme n'a pas la charité , car les doctrinaux regardent la charité comme lin , N0' 2049, 2116. Il ne peut pas y avoir de reconnaissance du vrai, ni par conséquent de foi, si l'homme n'est pas dans le bien. V 2261. Le saint du culte est en proportion de la qualité et de la quantité du vrai de la foi implanté dans la charité , N° 2190. 11 n'y a aucune salvation par la loi , mais il y a salvation par la vie de la foi , qui est la charité , Noi 2228 , 2261. Le Royaume céleste est à ceux qui ont la foi de la charité, N° 1608. Dans le ciel tous sont considérés d'après la charité et d'après la foi qui en procède, N° 1258. On n'est pas admis dans le ciel, à moins qu'on ne veuille du fond du cœur le bien, Ceux qui sont dans la foi sont sauvés, pourvu que dans la foi il y ait le bien, Y 2261 , 2442. La foi, qui n'a pas été implantée dans le bien de la vie, périt entièrement dans l'autre vie, N° 2228. Si la foi cogitative sauvait, tous seraient introduits dans le ciel, mais comme la vie fait obstacle, ils ne peuvent y être introduits, N° 2363. Ceux qui ont pour principe que la foi seule sauve, souillent les vrais par le faux du principe, N" 2383, 2385. Le fruit de la foi est la bonne œuvre, cette œuvre est la charité, la charité est l'amour pour le Seigneur, cet amour est le Seigneur. N° 1873. Les fruits de la foi sont les fruits du bien, qui appartient à l'amour et à la charité, N° 3146. L'assunincp ou là confiance, qu'on appelle foi qui sauve, ne peut

exister que chez ceux qui sont dans le bien de la vie, N° 2982. Le bien est la vie du vrai, N° 1589. Quand les vrais sont-ils dits avoir acquis la vie, N° 1928. Le Bien influe du Seigneur dans les vrais de quelque genre qu'ils soient , mais il importe principalement qu'ils soient des vrais réels, N° 2531. Autant le mal et le faux sont rejetés, autant le bien et le vrai influent du Seigneur, N#* 2411, 3142, 3147. Le bien ne peut influer dans le vrai , tant que l'homme est dans le mal , N° 2388. Le vrai n'est pas le vrai , avant qu'il ait été accepté par le bien, N° 2429. Il y a mariage du bien et du vrai dans toutes choses en général et en particulier, N"2173, 2503, 2507. L'affection du bien appartient à la vie, et l'affection du vrai est pour la vie, N° 2455 f. Le vrai tend au bien, et il procède du bien, N° 2063. Par l'influx les vrais sont évoqués de l'homme naturel, élevés et implantés dans le bien dans l'homme rationnel, N°* 3085, 3086. Quand le vrai est conjoint à l'homme, il est approprié à l'homme, N* 3108. Pour que le vrai soit conjoint au bien, il faut qu'il y ait consentement de l'entendement et de la volonté ; quand la volonté consent , il y a alors conjonction, N°* 3157, 3158. Le Rationnel quant aux vrais s'acquiert par les connaissances, et les vrais sont appropriés quand ils sont conjoints au bien , et alors ils appartiennent à la volonté et sont pour la vie, N° 3161. Le Vrai est initié et conjoint au bien , non une seule fois , mais pendant toute la vie, et au-delà , N° 3200. De même que la lumière sans la chaleur ne produit rien , de même le vrai de la foi ne produit rien sans le bien de l'amour, N" 3146. Quelle est l'idée du vrai sans le bien, et quelle est la lumière du vrai dans l'autre vie? N° 2228. La foi séparée est comme la lumière de l'hiver, et la foi d'après la charité est comme la lumière du printemps, N° 2231. Ceux qui en acte séparent d'avec la charité le vrai qui est la foi ne peuvent pas avoir de conscience, N" 1076 , 1077. Pourquoi a-t on séparé la foi d'avec la charité, et a-t-on dit que la foi sauve? N° 2231. Quand l'homme est régénéré, le Seigneur insinue le bien dans les vrais qui sont chez lui, N°* 2183, 2189. L'homme n'est pas régénéré par le vrai , mais il l'est par le bien , N°* 989, 2146, 2183, 2189, 2697. Quand l'homme est régénéré» le Seigneur vient au-devant de lui, et remplit du bien de la charité les vrais qui sont chez lui , N° 2063. Ceux qui sont dans le bien de la vie et non dans le vrai de la foi , comme les nations et les enfants,

412 AKCANES CÉLESTES.

reçoivent les vrais de la foi dans l'autre vie et sont régénérés, N° 989 ; quant aux nations, N°* 932, 1032, 2049, 2284, 2589 à 2604; et quant aux enfants, N°' 2290, 2291, 2292, 2293, 2302, 2303, 2304. L'homme est régénéré par l'affection du vrai , et quand il a été régénéré il agit d'après l'affection du bien , N° 1904. Chez celui qui doit être régénéré la semence ne peut être enracinée que dans le bien, N°* 880, 989. La lumière du régénéré vient de la charité. N° 854. Les mêmes vrais sont vrais chez l'un , moins vrais chez l'autre, et chez d'autres sont des faux, et cela a lieu selon le bien qui appartient à la vie, N° 2439. Différence qui existe entre le bien de l'enfance, le bien de l'ignorance et le bien de l'intelligence, N° 2280. Qui sont ceux qui peuvent venir dans les connaissances du vrai et dans la foi, et qui sont ceux qui n'y peuvent pas venir? N° 2689. Il n'y a pas Église, si les vrais des doctrinaux n'ont pas été implantés dans le bien de la vie, N° 3310. Ce n'est pas le doctrinal qui fait l'Église , c'est la charité , NM 809 , 916 , 1798 , 1799, 1834 , 1844. Les doctrinaux de l'Église ne sont rien, si l'on ne vit pas selon ces doctrinaux, N° 1515. La doctrine de la foi est la doctrine de la charité. N° 2571. Il y a Église d'après la charité, et non d'après la foi séparée, N° 916. Chacun peut connaître, d'après la charité, s'il a l'interne du culte, N°' 1102, 1151, 1153. L'Église du Seigneur sur le globe de la terre est partout différente quant aux vrais , mais elle est une par la charité, N° 3267. L'Église serait une, si tous avaient la charité , lors même que tous différeraient quant aux rites et quant aux doctrinaux, N°« 809, 1285, 1316, 1798, 1799, 18i34, 1844. D'un grand nombre d'Églises qui existent l'Église deviendrait une , si pour toutes l'essentiel de l'Église était la charité et non la foi, N° 2982. Il y a deux doctrinaux, le doctrinal de la charité et le doctrinal 4c la foi, et dans l'Ancienne Église il y a eu des doctrinaux de la charité , qui sont aujourd'hui au nombre des choses perdues, N°2417. Dans quelle ignorance du vrai sont ceux qui ne sont pas dans les doctrinaux de la charité , Y 2435. Et comme aujourd'hui on place l'essentiel de l'Église dans la foi, on ne voit même pas les choses que le Seigneur a dites tant de fois sur l'amour et sur la charité, et l'on n'y fait pas attention, N°* 1017, 2373. Le bien qui appartient à l'amour pour le Seigneur et à la charité envers le prochain , est supérieur et antérieur au vrai qui appartient à la foi, rt

3325. Fends-moi comme aujourd'hui ta primogêniture, signifie que quant au temps la doctrine du vrai était la première en apparence : on le voit par la signification de rendre en ce que c'est revendiquer pour soi ; et par la signification de comme aujourd'hui, en ce que c'est quant au temps; aujourd'hui, dans le sens interne de la Pa>ole, signifie le perpétuel et l'éternel, N° 2838, afin donc que cela ne soit pas, il est dit comme aujourd'hui, et ainsi le comme fait que c'est en apparence ; et par la signification de la primogêniture, en ce que c'est être antérieure, savoir, la doctrine du vrai représentée par Jacob, N8 3305. Par l'antérieur ou la priorité, qui est la primogêniture, on entend non-seulement la priorité du temps, mais aussi la priorité du degré, c'est-à-dire, qui doit dominer, si c'est le bien ou le vrai; en effet, tel est toujours le vrai avant d'avoir été conjoint au bien, ou, ce qui est de même, tels sont toujours ceux qui sont dans le vrai, qu'avant d'avoir été régénérés, ils croient que le vrai est antérieur et supérieur au bien ; alors le vrai se présente aussi de cette manière, mais lorsqu'il a été conjoint au bien chez eux, c'est-à-dire, quand ils ont été régénérés, ils voient et perçoivent que le vrai est postérieur et inférieur, et alors chez eux le bien a la domination sur le vrai, ce qui est signifié par les paroles que Iischak a dites à son fils ÉsaU : « Voici, des graisses de la terre » sera ton habitation, et de la rosée du ciel d'en-haut; et sur ton » épée tu vivras, et ton frère tu serviras ; et il arrivera que, quand • tu domineras, tu briseras son joug de dessus ton cou. » — Gen. XXVII. 39, 40. — Mais comme au-dedans de l'Eglise ceux qui ne sont pas régénérés sont en plus grand nombre que ceux qui sont régénérés, et comme ceux qui ne sont pas régénérés concluent d'après l'apparence, il y eut en conséquence contestation, et cela dès les temps anciens, sur la priorité, si elle appartenait au vrai ou au bien ; chez ceux qui n'avaient pas été régénérés, et aussi chez ceux qui n'avaient pas été pleinement régénérés, l'opinion que le vrai est le premier prévalut , car ils n'avaient pas encore eu la perceplion du bien, et tant que l'on n'a pas la perception du bien, on est dans l'ombre ou dans l'ignorance sur ce sujet : mais ceux qui ont été régénérés, étant dans le bien même, peuvent, d'après l'intelligence et la sagesse qui en procèdent, apercevoir ce que c'est que le bien, que le bien vient du Seigneur, qu'il influe par l'homme Interne

dans riiomme Externe, et cela continuellement, sans que l'homme en sache absolument rien, et qu'il s'adjoint aux vrais des doctrinaux qui sont dans la mémoire, que par conséquent le bien en soi est le premier, quoiqu'auparavant il n'ait pas paru ainsi : de là est donc venue la contestation concernant la priorité et la supériorité de l'un sur l'autre ; cette contestation a été représentée par Ésaû et Jacob, puis aussi par Pérez et Zérach fils que Juda eut de Thamar, — Gen. XXXVIII. 28, 20, 30 ; — et ensuite par Ephraïm et Ménassé fils de Joseph, — Gen. XLVIII. 13, 14, 17, 18, 19, 20, — et cela, parce que l'Église spirituelle est telle, que par le vrai elle doit être introduite dans le bien , et parce qu'alors elle est privée de la perception du bien, à moins que la quantité et la qualité ne soient cachées dans l'affection du vrai, époque à laquelle le bien ne peut pas non plus être discerné d'avec le plaisir de l'amour de soi et du monde, qui est en même temps dans cette affection et qu'on croit être le bien. Mais que le bien soit le premier né , c'est-à-dire , le bien de l'amour pour le Seigneur et de l'amour envers le prochain, car il n'y a pas d'autre bien que le bien qui procède de là, c'est ce qui devient évident en ce que la vie est dans le bien et qu'il n'y a dans le vrai que la vie qui procède du bien, et en ce que le bien influe dans les vrais et fait qu'ils vivent, comme on peut suffisamment le voir d'après ce qui vient d'être dit et exposé sur le bien et le vrai, N° 3324; c'est pour cela que tous ceux qui sont dans l'amour pour |p Seigneur et dans la charité envers le prochain sont appelés Premiers-nés ; ils ont aussi été représentés dans l'Église Juive par les Premiers-nés des bêtes, c'est-à-dire que dans le sens respectif ils étaient entendus par ces premiers-nés, parce que le Seigneur est le Premier-né , et qu'ils sont les ressemblances et les images du Seigneur : que le Seigneur quant au Divin-Humain soit le Premier-né, on le voit dans David : • Lui M'appellera : Toi , mon Père , mon » Dieu, et le rocher de mon salut. Aussi je rétablirai Preniier-né, » élevé sur les rois de la terre pour l'éternité je Lui conserverai ma » miséricorde, et mon alliance avec Lui (sera) stable; et je poserai » pour l'éternité sa semence, et son trône comme les jours des . cieux. . — Ps. LXXXIX. 27, 28, 29, 30 ; — là, il s'agit du Seigneur: et dans Jean : « Par Jésus-Christ. Lui le témoin fidèle, le >» Premier-né d'enfre /es Morts, et le prince des Rois de la terre. »

— Apoc. I. 5 ; — il a aussi été par sa naissance Premier-né, afin que ce qui avait été écrit et représenté à sou sujet fût accompli, — Luc, II. 7, 22, 23. — Que ceux qui sont dans l'amour pour le Seigneur el dans la charité envers le prochain soient aussi appelés les Premiers-Dés du Seigneur, parce qu'ils sont ses ressemblances et ses

images, on le voit dans Jean : « Les cent quarante-quatre mille rad chetésde la terre , ce sont ceux qui ne se» sont point souillés avec » les femmes, car ils sont vierges; ce sont ceux qui suivent l'Agneau » partout où il va; ceux-ci ont été rachetés d'entre les hommes. » Prémices [Premiers-nés) à Dieu et à l'Agneau; et dans leur bou- ■ che il n'a point été trouvé de fraude, car ils sont sans tache devant t le trône de Dieu. » — Apoc. XIV. A, 5; — cent quarante-quatre, ou douze fois douze, signifie ceux qui sont dans la foi de la charité. N' 3272 ; mille signifie ce qui est innombrable ou eux tous, N" 2575; les vierges signifient le bien de l'amour pour le Seigneur el de la charité envers le prochain, N" 23(52, 3081 , par conséquent ceux qui sont dans l'inuocence; c'est aussi ce qui est signifié par suivre l'agneau, car le Seigneur d'après l'innocence est appelé Agneau ; de la ils sont nommés Prémices ou Premiers-nés: d'après ce qui vient d'être dit. il est évident que , dans l'Église juive, les Premiers-nés des bétes ont représenté le Seigneur quant au Divin Humaiii, et aussi ceux qui sont dans l'amour en Lui , car ceux-ci sont dans le Seigneur; mais ces Premiers-nés ont, dans la Parole, une double représentation ; ils représentent le Seigneur quant au Divin amour céleste et quant au Divin amour Spirituel; le Divin amour céleste du Seigneur est relatif à l'Église céleste, ou à ceux qui sont de celte Église et qui sont appelés célestes d'après l'amour pour le Seigneur; le Divin amour spirituel du Seigneur est relatif à l'Eglise spirituelle, ou à ceux qui sont de cette Église, el qui sont nommés spirituels d'après l'amour envers le prochain ; le Divin amour du Seigneur est envers tous, mais comme il est reçu diiïércmment par les hommes, d'une manière par l'homme céleste, et d'une autre manière par l'homme spirituel, il est dit qu'il est relatif: a l'égard des Premiersnés, qui ont représenté le Seigneur quant au Divin amour céleste, il en est aussi parlé dans Moïse: « Tu me donneras le Prunier-né (U » i€S fils; ainsi lu feras de ton bœuPct de ton menu bétail; il sera p sept jours avec s;i mère, au huitième jour tu Me le donneras; el

» vous serez pour Moi des hommes de sainteté. » — Exod. XXII. 28, 29, 30; — s'il était sept jours avec la mère, c'était parce que le septième jour signifiait l'homme céleste, N- 84, 85, 86, 87, et c'est de là que sept signifie le saint, N" 395, 433, 716, 881 : s'ils étaient donnés le huitième jour à Jéhovah, c'était parce que le huitième jour signifiait la continuité à partir d'un commencement nouveau, savoir la continuité de l'amour, N° 2044. Dans le Même : « Le Pre- » micr-né, qui est donné en Premier-né à Jéhovah parmi la bête, » l'homme ne le sanctifiera point; soit bœuf, soit menu bétail, il est » à Jéhovah. » — Lévit. XXVII. 26, 27. — Dans le Même : « Les » Prémices de toutes choses qui (sont) en la terre, lesquelles on ap- » portera à Jéhovah, elles seront à toi (à Aharon) : toute ouverture » de l'utérus, quant à toute chair, qu'on offrira à Jéhovah, dans » l'homme et dans la bête, sera à toi ; néanmoins tu rachèteras le » Premier-né de l'homme, et le Premier-né de la bête impure tu le t rachèteras : le Premier-né de la vache, ou le Premier-né de la » brebis,' ou le Premier-né de la chèvre, tu ne le rachèteras point; » ils sont une sainteté; tu répandras leur sang sur l'autel, et tu brû- » leras leur graisse, en ignition pour odeur de repos à Jéhovah. » — Nomb. XVm. 13, 15, 16, 17, 18. — Dans le Même: « Tout

• Premier-né, qui naîtra dans ton gros bétail , et dans ton menu » bétail, mâle, tu le sanctifieras à Jéhovah ton Dieu; tu ne feras » point d'ouvrage avec le Premier-né de ta vache ; et tu ne tondras » point le Premier-né de ton menu bétail; s'il y a en lui un défaut, » (qu'il soit) boiteux ou aveugle, un mauvais défaut quelconque, tu » tu ne le sacrifieras point à Jéhovah ton Dieu. » — Deutér. XV. 19, 20, 21, 22. — Comme le Premier-né représentait le Seigneur, ainsi que ceux qui appartiennent au Seigneur d'après l'amour en Lui, la Tribu de Lévi fut en conséquence acceptée à la place de tout Premier-né, et cela, parce que Lévi représentait le Seigneur quant à l'amour; Lévi signifie aussi l'amour, car Lévi veut dire adhésion et conjonction; or, dans le sens interne , l'adhésion et la conjonction, c'est l'amour; d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il en sera question dans le Chapitre XXIX. Vers. 34. Il est ainsi parlé des Lévites, dans Moïse: « Jéhovah parla à Moïse, en disant : Moi,

* voici, je prendrai tes Uvitcs du milieu des fils d'Israël à la place » de tout Premier-né, ouverture de t utérus, d'entre les fils d'Israël ;

» et seront à Moi les Lévites ; parce que tout Premier-né (est) à » Moi ; dans le jour où j'ai frappé tout Premier-né dans la terre » d'Egypte, j 'ai sanctifié pour Moi tout Prcmicr-nc en Israël, dc- » puis l'homme jusqu'à la bêle ; ils seront à Moi. » — Nomb. III. 11, 12, 13. Dans le Même: « Jéhovah dit à Moïse: Fais le dénom- » brement de tout Premier-né mâle des fds d'Israël , depuis le lils » d'un mois et au-dessus, et lève le nombre de leurs noms, et prends » les Lévites pour Moi, Moi Jého\ah, à fa place de tout Premier-nc » dans les fils d'Israël; et la béte des Lévites, à la place de tout » Premier-né dans la béte des fds d'Israël. »— Nomb. III. 40, 41 et suiv. VIII. 14, 16, 17, 18;— et les Lévites ont été donnés à Aharon, ibid. VIII. 19, parce qu'Aharon représentait le Seigneur quant au sacerdoce, c'est-à-dire, quant au Divin Amour; que le sacerdoce ait représenté le Divin Amour du Seigneur, on le voit, N0% 1728, 2015 f. A l'égard des Premiers-nés, qui représentaient le Seigneur quant au Divin Amour spirituel, et aussi d'une manière relative ceux qui sont de l'Eglise Spirituelle , il en est ainsi parlé dans Jérémie: « En pleurs ils viendront, et en prières je les amènerai, je les con- » duirai vers les fontaines des eaux, dans le chemin de la droiture ; p ils n'y broncheront point, et je serai à Israël pour Père, vtEphraim » (sera) mon Premier-né. » — XXXI. 9 ; — là, il s'agit de la Nouvelle Église spirituelle; Israël, c'est le bien spirituel; Ephraïm, c'est le vrai spirituel ; celui-ci est appelé le Premier-né, parce qu'il s'agit de planter une Église, dans laquelle l'intellectuel, qui appartient au vrai, est le premier-né en apparence; Ephraïm, en effet, a été mis en la place de Ruben et est devenu le Premier-né, — Gen. XLVIII. 5, 20. I. Chron. V. 1, — et cela, parce que Joseph, dont les fils étaient Ephraïm et Menassé. représentait le Seigneur quant au Divin Amour Spirituel ; mais qu'Israël soit essentiellement le Premier-né, c'est-à-dire, le bien spirituel, on le voit dans Moïse: « Jéhovah dit » à Moïse : Tu diras à Pharaon : Ainsi a dit Jéhovah : (C'est) mon .» fils, mon Premier-né, Israël; et je te dis : envoie mon fils, afin » qu'il Me serve, et tu as refusé de l'envoyer ; voici, Moi je vais tuer » ton lils, ton Premier-né. » — Exod. IV. 22, 23; — là. Israël dans le sens suprême est le Seigneur quant au Divin Amour Spirituel, mais dans le sens respectif il désigne ceux qui sont dans l'amour spirituel . c'est-à-dire, dans la charité envers le prochain.

Dans l'Église Spirituelle, en son commencement, ou quand elle doit être plantée, la doctrine du vrai est le Premier-né chez l'Église Externe, et le vrai de la doctrine est le Premier-né chez l'Église Interne, ou, ce qui est la môme chose, c'est la doctrine de la foi qui est le Premier-né chez l'Eglise Externe, et c'est la foi elle-même qui l'est chez l'Interne; mais quand l'Église a été plantée, ou dans ceux chez qui elle est en actualité, c'est le bien de la charité qui est le Premier-né chez l'Église Externe, et c'est la charité elle-même qui l'est chez l'Interne; au contraire, quand l'Eglise ne se laisse point planter, ce qui arrive quand l'homme de l'Eglise De peut plus être régénéré, elle se retire successivement de la charité, et se tourne vers la foi ; alors elle ne porte plus son étude sur la vie . mais elle la porte sur la doctrine, et quand cela arrive, elle se jette dans des ombres et tombe dans les faux et dans les maux, et ainsi devient nulle et s'éteint d'elle-même; c'est ce qui a été représenté par Caïn. en ce qu'il tua son frère llahel; que Caïn soit la foi séparée d'avec la charité, et I label la charité que celui-là a étouffée, on le voit. Y* 340. 3A2. 357, 'Mrl et suiv. : ensuite cela a été représenté par Chain et par sou fils Canaan, en ee qu'il s'est moqué de Noach sou père, N-1002, 1003. 107<>, 1140, 11 'il, 1102, 1179; plus tard, par Ruben Premier-né de Jacob, en ce qu'il a souillé la couche de son père. — On. WXV. 22; — et enfin par Pharaon et les Égyptiens, en ce qu'ils maltraitèrent les fils d'Israël ; que tous ceuxlà aient été maudits, on le voit d'après la Parole; en ce qui concerne Caïn ; « Jéhovah dit : Qu'as-tu fait? la voix des sangs de Ion » frère crie vers Moi de l'humus ; et maintenant tu seras maudit de

• dessus l'humus, qui a ouvert sa bouche, pour recevoir de ta main

• les sangs de ton frère. » — Gen. IV. 10, 11 : — en ce qui concerne Cham et Canaan : « Chain . père de Canaan , vit la nudité de

• son père, et le déclara à ses deux frères; et Noach, réveillé de son

• vin, dit: Maudit {soit) Canaan ! il sera le serviteur des serviteur

• de ses frères, d — Gen. IX. 22, 24, 25 : — et en ce qui concerne Kuben : « Ruben, mon premicr-né, toi, ma vigueur, et le commeu- <• ment de ma puissance, excellent en honneur, et excellent en va- - leur; léger comme l'eau, tu n'auras point la prééminence, car tu » es monté sur la couche de ton père, alors m Tas souillée: sur mon » lit il est monté! » — Gen. XLIX. 3. h ; — aussi a-t-il été prix é

(iKNfcSE, CHAI». VINGT-CINQUIEME. A19

de la primogéniture. — I. (linon. V. 1 : — que pareille chose ait été représentée par Pharaon et les Egyptiens, et que ce soit pour cela «pie leurs premiers-nés des hommes et des bêtes ont été tués, on le voit d'après leur représentation, en ce qu'ils sont les scientifiques. V* U<>4. 1105, 1 IS<>, et quand l'homme entre par les scientifiques dans les arcanes de la foi, il ne croit plus rien que ce qu'il peut saisir parles sens et par les sciences, alors il pervertit et éteint les choses qui appartiennent à la doctrine de la foi. et principalement celles qui appartiennent a la charité; voilà ce qui est représenté, dans le sens interne, en ce que dans l'Kgypte les premiers-nés de l'homme et de la bête ont été tués ; il en est ainsi parlé dans Moïse: i Je pas-

■ serai par la terre d'Êgypte en cette nuit, et je frapperai tout Pre- » mier-nè dans la terre d'Egypte, depuis l'homme jusqu'à la bête, » et sur tous les dieux de l'Égypte je ferai des jugements. Moi Jého- • vah ; et le sang sera pour signe sur vos maisons, là où vous (êtes); » et quand je verrai le sang, je passerai par-dessus vous, et il n'y ». aura point en vous de plaie (faite) par le destructeur, quand je » frapperai la terre d'Êgypte. » — Exod. XII. 12, 13; — le premier-né de PÉgypte est le doctrinal de la foi et de la cliarité, lequel est perverti, comme il a été dit, par les scientifiques; les dieux de PÉgypte, sur lesquels devaient être faits les jugements, sont les faux ; que laplaiefaite par le destructeur ne devait pas s'étendre sur les maisons où était le sang, c'est, dans le sens suprême, où est le Seigneur quant au Divin amour spirituel; dans le sens respectif, où est l'amour spirituel, c'est-à-dire, la charité envers le prochain. N" 1001 : de plus, il est dit de Pharaon et des Égyptiens : dans le Même : « Moïse dit: Ainsi a dit Jéhovah : Vers le milieu de la nuit. Moi je >» passerai par le milieu de l'Égypte. et tout Premier-né mourra » dans la terre d'Egypte, depuis le Premier-né de Pharaon, qui » devait s'asseoir sur son trône, jusqu'au Premier-né de la serrante, qui (eU) après les meules, et tout Premier-né de la bête ;

■ et chez tous les fils d'Israël un chien ne remuera pas sa langue » depuis l'homme jusqu'à la bête. » — Kxod. \l. â, 5, 6, 7; — et encore : « Il arriva qu'au milieu de la nuit, et Jéhovah frappa tout » Premier-né dans la terre d'Égypte, depuis le Premier-né de Pha- » raon qui devait s'asseoir sur son trône, jusqu'au Premier-né du » eaptif(\\ù (était) dans la maison de la fosse, et tout Preynier-né

kïO AKCANES CELESTES.

»' de la bi'tc. » — Exod. XII. 29 ; — si cela arriva dans le milieu de la nuit, c'est parce que la nuit signifie le dernier état de l'Église, quand il n'y a plus aucune foi, parce qu'il n'y a aucune charité, V« 221, 709, 1712, 2353. Dans David: « // a frappé tout Premier- » né en Egypte s le commencement des puissances dans les tentes » de Cham. » — Ps. LXXVHI. 51 : — .daus le Même : « Alors Israël » vint en Égypte, et Jacob fut voyageur dans la terre de Cham ; » Dieu frappa tout Premier-né dans leur terre, le commencement ». de toutes leurs puissances. » — Ps. CV, 23, 36; — les cultes des Égyptiens sont appelés tentes de Cham, d'après les principes du faux qui tirent leur origine du vrai séparé d'avec le bien, ou, ce qui est la même chose, de la foi séparée d'avec la charité; que les tentes soient les cultes, on le voit, N°' 414, 1102, 1566,2145, 2152, 3312 ; et que Cham soit la foi séparée d'avec la charité, on le voit IV" 1062, 1063, 1076, 1140, 1141, 1162, 1179 : par là il est aussi confirmé que les premiers-nés d'Égyptc, en ce qu'ils ont été tués, n'ont pas signifié autre chose : et comme tout Premier-né avait été tué, il fut ordonné, — afin que le Premier-né représentât toujours le Seigneur quant au Ditin amour spirituel , et en même temps ceux qui sont dans cet amour, — de sanctifier tout Premier-né, dès l'instant que les fils d'Israël sortirent d'Egypte ; il en est ainsi parlé dans Moïse: « Jéhovah parla à Moïse , disant : Sanctifie-Moi tout Premier-né, » l'ouverture de tout utérus, parmi les fils d'Israël ; en l'homme et » en la bête, qu'ils soient à Moi. Tu feras passer toute ouverture de » l'ittérus à Jéhovah, et toute ouverture de la portée de la béte, ce » que tu auras de mâles (sera) à Jéhovah. Et toute ouverture de » l'âne, tu la rachèteras avec une brebis ; si tu ne le rachètes pas. » tu lui couperas le cou: et tout Premier-né d'entre tes fils, tu le » rachèteras. Et il arrivera que ton tils t'interrogera demain, en di- » sant: Pourquoi cela? et tu lui diras: Par main forte Jéhovah nous » a tirés d'Égypte, de la maison des serviteurs ; et il arriva que » Pharaon s'endurcit pour (ne pas) nous envoyer, et Jéhovah tua » tout Premier-né dans la terre d'Egypte, depuis le Premier-né de » l'homme jusqu'au Premier-né de la bête ; c'est pour cela que je » sacrifie à Jéhovah toute ouverture de l'utérus, les mâles, et tout * Prermer-né de mes fils je le rachète. » — Exod. XIII. 1, 2, 12, 13. 14, 15. XXXIV. 19. 20. Nomb. XXXIII. 3, 4. — A présent.

d'après tout ce qui vient d'être dit, on peut voir ce qui est signifié dans le sens interne par la Primogéniture.

332(5. El Esaû dit : Voici, je m'en vais mourir, signifie qu'il résultai itérait ensttiti : on le voit par la représentation (VEsaû, en en ce qu'il est le bien du naturel, N°* S802, 3322; et par la signification de mourir, eu ce que c'est le dernier de l'état, quand quelque chose cesse d'être, N" 2908, 2912, 2917, 2923, et comme la fin de l'état antérieur est le commencement de l'état suivant, ici par s'en aller mourir, il est signifié ressusciter ensuite, de même que par être enseveli ; qu'être enseveli, ce soit ressusciter, on le voit N0' 2916, 2917, 3256. Qu'il ressuscitera ensuite, c'est que le bien obtiendra sur le vrai la priorité ou la domination, après que le vrai aura eu quant au temps la priorité en apparence, ainsi qu'il a été expliqué ci-dessus.

3327. Et à quoi bon cela pour moi, la primogéniture? signifie qu'alors il n'a plus besoin de la priorité : on peut le voir sans explication.

3328. Et Jacob dit, signifie ta doctrine du vrai : on le voit par la représentation de Jacob, en ce qu'il est la doctrine du vrai, comme ci-dessus, N° 3324.

3329. J ure-moi comme aujourd'hui, et il jura,' signifie la confirmation : on le voit par la signification de jurer, eu ce que c'est confirmer, N° 2842; et comme la confirmation était quant au temps, il est dit non pas aujourd'hui, mais comme aujourd*hui, Voir N' 3325. s

3330. Et il vendit sa primogéniture à Jacob, signifie que la priorité fut concédée pendant ce tcmps-lt), savoir, à la doctrine du vrai, qui est Jacob : on le voit par la signification de la Primogéniture en ce qu'elle est la priorité, comme il a été dit ci-dessus, N° 3325; que cette priorité ait- été concédée pendant ce temps-là, c'est évident d'après ce qui a été dit et montré, N°* 3324, 3325. Si dans le commencement le Vrai, chez l'homme Spirituel, a la domination, c'est principalement parce que dans le premier état de cet homme, il y a des plaisirs de l'amour de soi et du monde, qu'il croit être des biens, qui s'appliquent a ses vrais et font chez lui. pour la plus grande partie, l'affection du vrai ; car alors il pense que les vrais peuvent lui servir à acquérir soit des honneurs, soit des ri-

( liesses, soit de la réputation dans le monde, soit même du mérite dans l'autre fie ; tous ces mobiles excitent chez lui cette affection du vrai, ils l'enflamment même, et cependant ce sont non des biens mais des maux ; toutefois le Seigneur permet que ces mobiles le dirigent dans ce premier temps, parce qu'autrement il ne pourrait être régénéré, l'intelligence et la sagesse viennent avec le temps; pendant cette période il est introduit par ces mobiles dans le bien, c'est-à-dire, dans la charité, et lorsqu'il y est, il perçoit pour la première fois ce que c'est que le bien, et il agit d'après le bien, et alors il juge des vrais et conclut d'après ce* bien, et ceux qui ne concordent pas avec ce bien, il les appelle faux et les rejette, dominant ainsi sur les vrais comme un maître sur ses serviteurs.

3331. Vers. 34. Et Jacob donna à Esaû du pain et te potage de tentittes; et il mangea, et il but, et il se feva, et il s'en alla; et Esaû méprisa la primogèniture . — Jacob donna à Esaû du pain et te potage de lentilles, signifie le bien de la vie gratifié du bien du vrai et du bien des doctrinaux : et il mangea et il but, signifie l'appropriation : et il se leva, signifie l'élévation qui en résulte : et il s'en alla, signifie la vie : et Esaû méprisa la primogèniture,' signifie que le bien de la vie, pendant ce temps-là. faisait peu de cas de la priorité.

3332. Jacob donna à Esaû du pain et te potage de lentilles, signifie le bien de la rie gratifié du bien du vrai et du bien des doctrinaux : on le voit par la représentation d'Esaû, en ce qu'il est le bien de la vie, N°* 3300, 3322; par la signification du'pain, en ce qu'il est le bien de l'amour en général, tant le céleste que le spirituel, N" 276, 680, 2165, 2177, par conséquent aussi le bien du vrai, car ce bien est le bien spirituel; et par la signification du potage de lentilles, en ce qu'il est le* bien des doctrinaux, car le potage ou le ragoût signifie l'amas des doctrinaux, N° 3316, et les lentilles signifient le bien de ces doctrinaux ; le pain et le potage que Jacob donna à Esati signifient, dans le sens interne, que ces biens sont par la doctrine du vrai, qui est représentée par Jacob, N° 3305. Dans ce dernier Verset, par ces paroles et par celles qui suivent est décrit le progrès quant au vrai et quant au bien, de quelle manière il a lieu chez l'homme spirituel lorqu'il est régénéré, c'est-à-dire, que cet homme s'instruit d'abord des doctrinaux du vrai ; qu'ensuite il en

GENÈSE, Cil A P. VINGT-CINQUIÈME. 423

est afîeclé, ce qui est le bicii des doctrinaux ; que plus tard par l'iu-

tuition dans les doctrinaux, il rst affecté <l< s vrais qui sont en eux. ce qui est le bien du vrai, et qu'enfin il veut y conformer sa rie, ce qui est le bien de la vie ; ainsi, quand l'homme spirituel est régénéré, il s'avance de la doctrine du vrai vers le bien de la vie : mais quand il est dans le bien de la \ie, alors l'ordre est retourné, et par ce bien il regarde le bien du vrai, par le bien du vrai le bien des doctrinaux, et par celui-ci les doctrinaux du vrai ; d'après ce qui précède ou peut savoir comment l'homme devient d'homme sensuel homme spirituel, et quel est l'homme quand il est devenu spirituel. Que ces biens, savoir, le bien de la vie, le bien du vrai et le bien des doctrinaux, soient distincts entre eux, c'est ce qui devient évident pour ceux qui réfléchissent ; le bien de la v ie est celui qui découle de la volonté, le bien du vrai celui qui découle de l'entendement, et le bien des doctrinaux celui qui découle de la science; le doctrinal est ce dans quoi ils sont. Que les Lentille* signilient le bien des doctrinaux, on le voit en ce que le froment, l'orge, les fèves, les lentilles, le millet, l'épeaulre. sont de ces choses qui signilient le pain, mais avec une différence dans l'espèce : que le pain en général soit. le bien, cela est évident d'après ce qui a été dit et montré, NM 276, (580. 2165. 2177; ainsi des espèces de bien sont signifiées par les choses qui viennent d'être nommées; les espèces les plus nobles du bien, par le froment et l'orge, et des espèces moins uoblcs par les fèves et les lentilles, comme il est encore évident par ce passage dans Ézé- < hiel : « Toi, prends-toi du froment et de l'orge, et des fèves et des « Lentille*, et du millet et de l'épeaulre, et mets-les dans un même « vase, et fais-l'en du pain. » — IV, 9, 12, 13.

3333. Et il mangea et il bat, signifie l'appropriation : on le voil par la signification de manger, en ce que c'est l'appropriation du bien, N°* 2187. 2343, 3168; et par la signification de boire, en ce que c'est l'appropriation du vrai. N01 3069, 3089, 3168.

3334. Et il s'élem, signifie t'êlèration qui en résalle : on le voil par la signification de ne lerer, en ce que cette expression renferme, quand elle est employée, une élévation, IN°* 2401, 2785, 2912, 2927; et en ce que l'homme est dit M lerer, lorsqu'il est perfectionné quant aux spirituels et aux célestes, c'est-à-dire, quant au vrai qui appartient à la foi. et quant au bien qui appartient à l'amour et à la charité N° 3171.

hn ARCANES CÉLESTES.

3335. Et il s'en alla, signifie la vie : on le voit par la signification iïullcr, en ce que c'est faire des progrès dans les choses qui appartiennent au bien, c'est-à-dire, dans celles qui appartiennent à la- vie, car tout bien appartient à la vie ; ce mot signifie presque la môme chose que partir, voyager et s'avancer, N°* 1293, 1457.

3336. Et Esaù méprisa la primogè niture, signifie que le bien de ta vie, pendant ce temps-là, faisait peu de cas de ta priorité : on le voit par la signification de mépriser, en ce que c'est faire peu de cas; par la représentation û'Esaû, en ce qu'il est le bien de la vie, N°* 3300, 3322 ; et par la signification de la primogéniture , en ce qu'elle est la priorité, N° 3325 ; que ce soit pendant ce temps-là ou pour un temps, on le voit, N°* 3324, 3325, 3330; de là résulte évidemment que ces mots Esau méprisa la primogéniture, signifient que le bien de la vie, pendant ce temps-là, faisait peu de cas de la priorité. Pour qu'on saisisse ce que signifient dans le sens interne, les choses qui, dans ce Chapitre, ont été dites d'iisati et de Jacob, il faut absolument écarter de la pensée les historiques, par conséquent les personnes d'Esau et de Jacob, et substituer à leur place les choses qu'elles représentent, savoir, le bien du naturel et le vrai du naturel, ou, ce qui est la même chose, l'homme spirituel qui est régénéré par le vrai et par le bien ; car les noms, dans le sens interne de la Parole, ne signifient que des choses ; quand au lieu d'Esatt et de Jacob, on comprend le bien du naturel et le vrai du naturel, on voit clairement ce qu'il en est de la régénération de l'homme par le vrai et par le bien, c'est-à-dire, que dans le commencement le vrai chez lui a en apparence la priorité et aussi la supériorité, quoique le bien soit antérieur et supérieur en soi. Pour qu'on voie plus clairement ce qu'il en est de cette priorité et de cette supériorité, il sera encore ajouté quelques mots : on peut savoir que rien ne peut jamais entrer dans la mémoire de l'homme et y rester, à moins qu'il n'y ait quelque affection ou quelque amour qui l'introduise ; s'il n'y avait aucune affection, ou, ce qui est la même chose, aucun amour, il n'y aurait aucune aperceptiou ; c'est avec cette affection ou cet amour que s'accouple la chose qui entre, et une fois accouplée elle reste, comme on peut le voir en ce que, quand une semblable affection ou un semblable amour revient, la chose elle-même revient aussi et se présente avec plusieurs autres qui étaient entrées auparavant d'a-

près une semblable affection ou un semblable amour, et cela en série; de la résulte la pensée, et d'après la pensée le langage de l'homme ; pareillement aussi quand la chose revient, si cela a lieu d'après les objets des sens, ou d'après les objets de la pensée, ou d'après le langage d'un autre, l'affection avec laquelle la chose était entrée est aussi reproduite; l'expérience l'enseigne, et chacun peut en avoir la confirmation, pour peu qu'il réfléchisse : les Doctrinaux du vrai entrent aussi pareillement dans la mémoire, et dans les premiers temps ce sont, comme il a été déjà dit IV 3330, les affections des divers amours qui les introduisent; l'affection réelle, qui est celle du bien de la charité, n'est pas alors aperçue, mais néanmoins elle est présente, et autant elle peut être présente, autant elle est adjointe par le Seigneur aux doctrinaux du vrai, et autant aussi ceuxci restent adjoints : lors donc que le temps est venu, que l'homme peut être régénéré, le Seigneur inspire l'affection du bien, et par elle il excite les choses qu'il a Loi-Même adjointes à cette affection, lesquelles sont appelées dans la Parole les restes, et alors par elle, savoir par l'affection du bien, il éloigne successivement les affections des autres amours, par conséquent aussi les choses qui avaient été accouplées avec elles; et c'est ainsi que l'affection du bien, ou, ce qui est la même chose, le bien de la vie, commence à dominer; ce bien avait aussi la domination auparavant, mais l'homme ne pouvait pas s'en apercevoir, car autant l'homme est dans l'amour de soi et du monde, autant il ne peut apercevoir le bien qui appartient à l'amour réel : d'après ce qui vient d'être dit, on peut voir maintenant ce qui est signilié dans le sens interne par ce qui a été historiquement rapporté d'Esaii et de Jacob.

Continuation sur les Correspondances et sur les

Représentations.

3337. D'après ce qui a été précédemment dit et montré, on peut

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\oir ce que c'esl que les Correspondances et ce que c'est que les Représentations, c'est-à-dire, qu'entre les choses qui appartiennent à la lumière du Ciel el celles qui appartiennent à la lumière du monde, il y a des correspondances, et que les Représentations sont ce qui existe dans les choses appartenant à la lumière du monde. î\° 3225; mais ce que c'esl que la lumière du Ciel et quelle est cette lumière, c'est ce qui ne peut pas être de môme connu de l'homme, parce que l'homme est dans les choses qui appartiennent à la lumière du monde; et autant il est dans ces choses, autant celles qui sont dans la lumière du Ciel lui paraissent comme des ténèbres, et connue rien : ce sont ces deux Lumières qui, la vie inlluant. fout toute l'intelligence de l'homme : l'imagination de l'homme n'est autre chose que les formes et les apparences des objets, qu'il a\aii saisis par la vue du corps. \ariécset pour ainsi dire modifiées d'une manière admirable; et son imagination intérieure ou sa pensée intérieure n'est non plus autre chose que les formes ou les apparences des objets qu'il avait puisés par la vue du mental, variées el pour ainsi dire modifiées d'une manière encore plus admirable; les choses qui tirent de là leur existence sont elles-mêmes inanimées, mais elles deviennent animées d'après l'influx de la vie par le Seigneur.

3338. Outre ces lumières, il y a aussi des chaleurs qui viennent de même d'une double source ; la chaleur du Ciel procède du Soleil du Ciel, qui est le Seigneur, et la chaleur du monde provient du soleil du monde, qui est un luminaire visible à nos yeux; la chaleur du Ciel se manifeste devant l'homme Interne par les amours et les affections spirituels, et la chaleur du monde se manifeste devant l'homme Externe par les amours et les affections naturels; la chaleur du Ciel constitue la vie de l'homme Interne, et la chaleur du monde la vie de l'homme Externe, car sans l'amour et sans l'affection l'homme ne peut nullement vivre : entre ces deux chaleurs ilvv a aussi des correspondances : ces chaleurs deviennent des amours et des affections d'après l'influx de la vie du Seigneur, et par suite elles se présentent à l'homme comme si elles n'étaient pas des chaleurs, mais néanmoins ce sont des chaleurs; car si de là il n'y avait chaleur chez l'homme, tant chez l'homme Interne, que chez l'homme Externe, l'homme tomberait mort à l'instant : chacun peut en avoir une preuve évidente en ce que l'homme s'échauffe selon qu'il est em

brasé d'amour, et se refroidit selon que l'amour se retire : c'est par cette chaleur que vit la volonté de l'homme, et c'esfpar la lumière, dont il vient d'être parlé que \ii son entendement

3339. Dans l'autre vie ces Lumières et aussi ces Chaleurs se manifestent d'une manière vivante (ad vivum); les Anges vivent dans la lumière du Ciel et aussi dans cette chaleur dont il a été parlé; d'après la Lumière ils ont l'intelligence, d'après la chaleur ils ont l'aflèetion du bien; car les Lumières qui se présentent à leur \ue externe tirent leur origine de la l)i\ine sagesse du Seigneur, et les Chaleurs qui sont aussi perçues par eux viennent du Divin amour du Seigneur; aussi les Esprits el les Vnges sont-ils d'autant plus près du Seigneur, qu'ils sont davantage dans l'intelligence du M ai et dans l'aflèetion du bien.

3340. A cette Lumière est opposée l'obscurité, et à cette Chaleur est opposé le froid; e'est dans l'obscurité et le froid que \ivent les esprits Infernaux; ils ont l'Obscurité d'après les faux dans lesquels ils sont et ils ont le froid d'après les maux ; plus ils sont éloignés des vrais, plus est grande pour eux l'obscurité; et plus ils sont éloignés du bien, plus est grand pour eux le froid : quand il est permis de voir dans les enfers où sont de tels esprits/on aperçoit le brouillard épais dans lequel ils vivent, et quand il en efllue quelques miasmes, on perçoit des foin s rxl.alérs des faux, et des haines exhalées des maux. Il leur est donné parfois une lueur, mais e'est comme une lueur fantastique, et elle s'éteint pour eux et devient obscurité, aussitôt qu'ils portent leurs regards dans la lumière du vrai; il leur est aussi donné parfois une chaleur, mais c'est comme la chaleur d'un hain fétide, et elle est changée pour eux en froid, aussitôt qu'ils aperçoivent quelque chose du bien. In esprit fut envoyé dans ce brouillard épais où sont les infernaux, afin qu'il sut ce qui se passait parmi ceux qui y habitent, mais il avait été mis par le Seigneur sous la protection des Anges; s'étant entretenu de là avec moi, il me dit qu'il y régnait contre le bien et le vrai et surtout contre le Seigneur une fureur si frénétique, qu'il était étonné qu'on pût y résister, car ' ils ne respiraient que haines, vengeances. massacres, avec tant de violence, qu'ils voulaient détruire tous ceux qui sont dans l'univers; aussi tout le genre humain périrait-il, si cette fureur n'était continuellement repoussée par le Seigneur.

3341. Comme les Représentations dans l'autre vie ne peuvent exister que pan des distinctions de lumière et d'ombre, il faut qu'on sache que toute lumière, conséquemment toute intelligence et toute sagesse, procèdent du Seigneur; et que toute ombre, conséquemment toute démence et toute folie, proviennent du propre qui appartient à l'homme, à l'esprit et à l'ange ; de ces deux origines découlent et dérivent toutes les variétés que présentent la lumière et l'ombre dans l'autre vie.

3342. Tout langage des esprits et des anges se fait aussi par des Représentatifs ; en effet , c'est par d'admirables variations de lumière et d'ombre qu'ils présentent les choses qu'ils pensent , et cela d'une manière vivante, devant la vue interne et en même temps devant la vue externe de celui avec lequel ils parlent, et c'est par des changements convenables de l'état des affections qu'ils les insinuent : les Représentations qui existent dans les conversations ne sont pas semblables à celles dont il a été parlé ci-dessus , mais elles sont aussi promptes et aussi instantanées que les idées de la conversation : c'est comme si l'on décrivait quelque chose en une longue série et qu'on le présentât en mémo temps en image devant les yeux ; car, — ce qui est admirable, — les choses spirituelles ellesmêmes, quelles qu'elles soient , peuvent se montrer d'une manière représentative par des espèces d'images qui sont incompréhensibles pour l'homme , dans lesquelles sont intérieurement les choses qui appartiennent à la perception du vrai , et plus intérieurement encore celles qui appartiennent à la perception du bien : il y en a . aussi de semblables dans l'homme , car l'homme est un esprit revêtu d'un corps ; c'est ce qu'on peut voir en ce que tout langage que perçoit l'oreille, passe, quand il monte vers les intérieurs, dans des idées assez semblables aux choses visibles, et va de ces idées dans les idées intellectuelles , et c'est ainsi que se fait la perception du sens des mots : celui qui réfléchit convenablement sur ce sujet, peut savoir par là qu'il y a en lui un esprit, qui est son homme interne, et savoir aussi qu'il y a pour lui un tel langage après la séparation du corps, puisqu'il est dans ce même langage quand il vit ; mais il n'est pas évident pour lui qu'il soit dans ce langage , à cause de l'obscurité et même des ténèbres que répandent en lui les choses terrestres, corporelles et mondaines.

3343. Le langage des Anges du ciel intérieur a encore plus de beautés et de charmes dans la représentation ; mais leurs idées, qui sont formées d'une manière représentative, ne peuvent être rendues par des mots, et si elles étaient exprimées par quelques mots , elles seraient au-dessus non-seulement de la compréhension, mais même de la foi ; les représentatifs spirituels, qui appartiennent au vrai, se font par des modifications de la lumière céleste , dans lesquelles il y a les affections , qui sont admirablement variées d'un nombre indéfini de manières ; et les célestes, qui appartiennent au bien, se font par les variations de la flamme ou de la chaleur céleste ; ainsi sont mises en mouvement toutes les affections. L'homme, après la séparation du corps , vient aussi dans ce langage intérieur, mais seulement l'homme qui est dans le bien spirituel, c'est-à-dire, dans le bien de la foi, ou, ce qui est la même chose, dans la charité envers le prochain, quand il vit dans le monde; car intérieurement il a en lui ce langage, quoiqu'il ignore qu'il le possède.

3344. Quant au langage des Anges du ciel encore plus intérieur ou du troisième ciel, il est représentatif aussi, mais tel, qu'il ne peut être saisi par aucune idée, ni par conséquent être décrit. Cette idée est aussi en l'homme intérieurement , mais en celui qui est dans l'amour céleste , c'est-à-dire dans l'amour pour le Seigneur; et, après la séparation du corps , il vient dans ce langage , comme s'il y était né, quoiqu'il n'ait pu, comme il a été dit, en avoir la moindre idée , tant qu'il a vécu dans le corps. En un mot, par les Représentatifs adjoints aux idées vit une sorte de langage , bien peu chez l'homme, parce qu'il est dans le langage des mots; davantage chez les anges du premier ciel ; encore plus chez les Anges du second ; mais le plus chez les Anges du troisième ciel , car ceux ci sont le plus près dans la vie du Seigneur ; tout ce qui est par le Seigneur est vivant en soi.

3345. D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir qu'il y a des langages intérieurs en ordre , mais tels néanmoins que l'un existe par l'autre en ordre, et que l'un est dans l'autre en ordre ; le langage de l'homme est connu tel qu'il est, et aussi la pensée dont provient ce langage, et dont les analytiques sont tels, qu'il n'est jamais possible de les explorer : le langage des bons esprits ou des anges du premier ciel, et la pensée dont provient ce langage, sont inté-

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rieurs et renferment des choses encore plus admirables et plus inexplorables : le langage des Auges du second ciel et la pensée dont provient à son tour ce langage, sont plus intérieurs , et renferment des choses encore plus parfaites et plus ineffables : mais le langage des Anges du troisième ciel , et la pensée dont provient à son tour ce langage, sont intimes et renferment des choses entièrement ineffables : et quoique tous ces langages soient tels , qu'ils paraissent autres et différents, cependant toujours est-il qu'ils sont un , parce que l'un forme l'autre et que l'un est dans l'autre , mais ce qui se présente dans l'extérieur est le représentatif de l'intérieur. C'est ce que ne peut croire l'homme qui ne 'pense pas au-delà des choses mondaines et corporelles, et s'imagine par conséquent que les intérieurs chez lui sont nuls, lorsque cependant les intérieurs chez lui sont tout, et que les extérieurs, c'est-à-dire les mondains et les corporels, dans lesquels il place tout, sont respectivement à peine quelque chose.

33A6. Alin que je connusse ces vérités et que j'en eusse la certitude, il m'a été donné d'après la Divine Miséricorde du Seigneur , de parler presque continuellement, depuis plusieurs années jusqu'à ce jour, avec les Esprits et les Anges; et avec les esprits ou les anges du premier ciel dans leur langage même , et aussi quelquefois avec les Anges du second ciel dans le leur; mais le langage des Anges du troisième ciel s'est seulement manifesté à moi comme une radiation de lumière, dans laquelle il y avait la perception, d'après la flamme, du bien qui était dans cette lumière.

33A7. J'ai entendu les Anges parler des Mentais humains , de la pensée de ces mentais et du langage qui en résulte ; ils les comparaient à la forme externe de l'homme , laquelle toutefois existe et subsiste d'après les formes innombrables qui sont dans l'intérieur, tels que les Cerveaux, les Moelles, les Poumons, le Cœur , le Foie, le Pancréas, la Rate, l'Estomac et les Intestins, outre plusieurs autres formes, comme celles qui ont été , dans l\in et l'autre sexe, destinées à la génération ; et d'après les muscles innombrables qui les entourent, et enfin d'après les téguments ; toutes ces formes sont composées de vaisseaux et de fibres, et môme de vaisseaux et de fibres au-dedans des vaisseaux et des fibres , d'où résultent des conduits et des formes moindres; ainsi elles sont composées de

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formes innombrables, qui toutes cependant concourent , chacune à sa manière, à la composition de la forme externe, dans laquelle

rien de ce qui est dans l'intérieur ne se montre à la vue ; c'est à cette forme, savoir, à la forme externe, que les Anges comparaient les mentais humains, ainsi que les pensées de ces mentais, et les langages qui en résultent; mais ils comparaient les mentais angéliques aux choses qui sont dans l'intérieur, et qui respectivement sont indéfinies et même incompréhensibles : ils comparaient aussi la faculté de penser à la faculté qu'ont les viscères d'agir selon la forme des fibres, et ils disaient que la faculté appartenait non aux libres, mais à la rie dans les fibres, comme la faculté de penser appartient non au mental, mais à la vie qui influe du Seigneur dans le mental. De telles comparaisons, quand elles sont faites par les Anges, sont aussi mises en même temps en évidence par des représentatifs, par lesquels les formes intérieures, dont il vient «l'être parlé, se présentent et visiblement et intellectuellement, quant aux plus petites choses incompréhensibles . et cela en un instant : mais les comparaisons par les spirituels et par les célestes, telles qu'elles se font chez les Anges célestes, surpassent immensément par la beauté de la sagesse ces comparaisons qui se font par les naturels.

33&8. Il y avait chez moi depuis longtemps des Esprits d'une autre terre ; comme je leur parlais de la sagesse de notre globe, et leur disais que parmi les sciences qui font la réputation des savants sont aussi les analytiques, par lesquels ils cherchent à découvrir les choses qui appartiennent au mental et aux pensées du mental, et qu'il les appellent Métaphysiques et Logiques . mais qu'ils ont été peu au-delà des termes et de quelques règles flexibles; qu'ils sont en contestation sur les ternies, par exemple, sur ce qu'on entend par forme, par substance , par esprit , par âme , et qu'au moyen de ces règles communes flexibles, ils discutent avec opiniâtreté sur les vrais : alors je perçus d'après ces esprits que de tels raisonnements enlèvent tout sens et toute intelligence de la chose, quand on s'\ arrête comme à des termes , et qu'on y pense par des règles artificielles; ils me disaient que de telles argumentations ne sont que de petits nuages noirs, qui interceptent la vue intellectuelle, et qu'elles jettent l'entendement dans la poussière : ils ajoutaient que chez eux il n'en est uas de même , mais qu'ils ont des idées plus claires des

choses, par cela qu'ils ne savent rien de ces manières de raisonner : il m'a aussi été donné de voir combien ils étaient sages; ils représentaient d'une manière admirable le Mental humain comme une forme céleste, et les affections du mental comme des sphères d'activité qui y étaient conformes, et cela avec tant de dextérité qu'ils en furent loués par les Anges : ils représentaient aussi comment le Seigneur tourne en affections agréables les affections qui en ellesmêmes sont désagréables : des savants de notre terre étaient présents, et ils ne purent rien comprendre , quoique dans la vie du corps ils eussent beaucoup parlé de ces sortes de choses dans leur style philosophique ; les esprits ayant de leur côté perçu les pensées de ces savants , en cela qu'ils s'attachaient aux termes et étaient portés à discuter sur chaque chose si elle est ou n'est pas , appelaient ces manières de raisonner des écumes de lies.

3349. D'après ce qui a été dit jusqu'ici, on peut voir ce que c'est que les Correspondances et ce que c'est que les Représentations; mais outre ce qui a été dit et montré à la fin des Chapitres précédents, N0' 2987 à 3003, et N0' 3213 à 3227, on peut voir aussi les explications données ailleurs sur ce sujet; par exemple celle-ci : que toutes les choses qui sont dans le sens littéral de la Parole sont des représentatifs et des significatifs de celles qui sont dans le sens interne, N0' 1404 , 1408, 1409, 2763. Que Moïse et les Prophètes ont écrit la Parole par des représentatifs et des significatifs, et qu'elle ne pouvait pas être écrite dans un autre style, pour qu'elle eût un sens interne , par lequel il y eût communication du ciel et de la terre, N° 2899. Que c'est même pour cela que le Seigneur a parlé par des représentatifs, et aussi parce qu'il a parlé d'après le Divin même, N° 2900. De là les représentatifs et les significatifs qui sont dans la Parole et dans les Rites, N° 2179. Que les Représentatifs ont pris leur origine dans les significatifs de l'Église Ancienne , et ceux-ci dans les perceptifs de la Très-Ancienne Église , N°* 920, 1409 , 2896, 2897. Que les Très-Anciens ont eu leurs représentatifs aussi d'après les songes , N° 1977. Que Chanoch désigne ceux qui ont recueilli les perceptifs des Très-Anciens, N° 2896. Que dans le ciel il y a continuellement des représentatifs du Seigneur et de son Royaume, N° 1619. Que les cieuxsont pleins de représentatifs, N" 1621, 1532. Que les idées des Anges sont

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changées en divers représentatifs dans le monde des esprits , N°* 1971, 1980, 1981. Des Représentatifs par lesquels les enfants sont introduits dans l'intelligence, NJ 2299. Que les Représentatifs dans la nature viennent de l'influx du Seigneur, N" 1632, 1881. Que dans toute la nature U y a des Représentatifs du Royaume du Seigneur , N" 2758. Que dans l'homme Externe il y a des choses qui correspondent à l'homme Interne, et des choses qui n'y correspondent pas, N" 1563, 1568.

3350. Afin qu'on voie clairement quels sont les Représentatifs, je vais encore apporter un exemple : J'entendis plusieurs Anges du ciel intérieur, qui ensemble ou en réunion formaient un Représentatif; les esprits autour de moi ne purent le percevoir que d'après un certain influx de l'affection intérieure ; c'était un Chœur, dans lequel ces Anges, qui étaient en grand nombre, pensaient ensemble la môme chose et disaient la même chose ; ils formaient par des représentations une Couronne d'or et de diamants autour de la tête du Seigneur , ce qui s'opérait h la fois par de rapides séries de représentations, telles que celles de la pensée et du langage, dont il a été parlé ci-dessus , N0' 33A2, 33â3 , 33Aà : et, — ce qui était surprenant— quoiqu'ils fussent en grand nombre, tous cependant pensaient et parlaient comme un seul, par conséquent représentaient comme un seul ; et cela, parce qu'aucun d'eux ne voulait rien faire de lui-même, ni à plus forte raison commander aux autres et diriger le chœur; celui qui agit ainsi se sépare à l'instant de l'association ; mais ils se laissaient diriger mutuellement les uns par les autres, ainsi tous en particulier et en commun par le Seigneur; c'est dans de telles harmonies que sont conduits tous les bons qui viennent dans l'autre vie. Ensuite j'entendis plusieurs Chœurs qui exprimaient d'une manière représentative diverses choses, et quoique les chœurs fussent en grand nombre, et qu'il y eût dans chaque chœur plusieurs Anges, ils agissaient cependant comme un seul, car de la forme des variétés résultait une unité dans laquelle était la beauté céleste. Il peut en être ainsi de tout le Ciel, qui consiste en myriades de myriades d'Anges ; ils font un, parce qu'ils sont dans l'amour mutuel, car ainsi ils se laissent conduire par le Seigneur; et, ce qui est admirable, plus ils sqnt en grand nombre, c'est-à-dire plus il y a de myriades d'anges qui constituent le ciel, plus toutes choses, V. 2»

en général et en particulier, deviennent distinctes et parfaites ; et elles le deviennent aussi d'autant plus que les Anges sont d'un ciel plus intérieur , car toute perfection s'accroît vers les intérieurs.

3351. Ceux qui formaient alors des chœurs étaient de la province des poumons, par conséquent du Royaume spirituel du Seigneur, car ils influaient avec douceur dans la respiration ; mais les chaurs étaient distincts, les uns appartenaient à la respiration volontaire, et les autres à la respiration spontanée.

3352. La Continuation sur les Correspondances et les Représentations , principalement sur celles qui sont dans la Parole, sera donnée à la fin du Chapitre suivant

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