LIVRE DE LA GENESE
289A. On lit dans Jean : « Dans le commencement était la Parole, et la Parole était chez Dieu, et Dieu était la Parole. Elle était dans le commencement chez Dieu. Toutes choses par Elle ont été faites, et sans Elle il n'a été fait rien de ce qui a été fait. En Elle était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes. Et la Lumière luit dans les ténèbres, mais les ténèbres ne Vont point comprise. Et la PAROLE a été faite chair, et elle a habité en nous, et 7ious avons vu sa gloire, une gloire comme (celle) de t'Unique-Engcndré du Père, plein de grâce et de vérité. » — I. 1,2, 3, A, 5, 14 :— Peu de personnes savent ce qui est entendu ici par la Parole; que ce soit le Seigneur , on le voit pas chaque expression; mais le Sens Interne enseigne que c'est le Seigneur quant au Divin Humain, qui est entendu par la Parole, car il est dit : « La Parole a été faite Chair et a habité en nous, et nous avons vu sa gloire. » Et parce que c'est le Divin Humain , par la Parole est entendu tout Vrai qui procède de Lui et qui est d'après Lui dans son Royaume dans les cieux et dans son Église sur les terres; c'est de là qu'il est dit : « en Elle était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes, et la Lumière luit dans les ténèbres : » Et parce que c'est le Vrai, par la Parole est entendue toute Révélation, et par conséquent aussi la Parole même ou l'Écriture Sainte.
2895. Quant à ce qui concerne spécialement la Parole, plie a été de tout temps , mais non cette Parole que nous avons aujourd'hui ; il y a eu une autre Parole dans l'Église Très-Ancienne qui existait
avant le Déluge: il y a eu une autre Parole dans l'Église Ancienne qui exista après le Déluge : il y a la Parole écrite par Moïse et par les Prophètes dans l'Église Juive; et enfin la Parole écrite par les lùangélistes dans l'Église Nouvelle. Oue de tout temps il y ait eu une Parole, ce fut parce que par la P.irole il y a communication du ciel avec la terre , et parce que la Parole traite du Bien et du Vrai, d'après lesquels l'homme doit vivre heureux dans l'éternité ; aussi est-ce pour cela que dans le sens interne elle traite du Seigneur Seul, parce que de Lui seul procèdent tout bien et tout vrai.
2890. La Parole, dans l'Église Très-Ancienne qui existait avant le déluge , était une Parole non éci ite , mais révélée à quiconque était de l'Église , car les Très-Anciens furent des hommes célestes, ils furent par conséquent dans la perception du bien et du vrai, comme les Anges avec qui même ils étaient en société ; ainsi ils eurent la Parole inscrite dans leurs cœurs, ainsi qu'on le voit N°'597, 607, 895, 920, 111* à 1125. Gomme ces Très-Anciens étaient célestes et en société avec les Anges, toutes les choses qu'ils voyaient de leurs yeux et saisissaient par quelque autre sens, étaient pour eux des représentatifs et des significatifs des choses célestes et spirituelles qui sont dans le Royaume du Seigneur; de sorte qu'à la vérité ils voyaient de leurs yeux ou saisissaient par quelque autre sens les choses mondaines et terrestres, mais d'après elles et par elles leur pensée s'occupait de choses célestes et spirituelles; c'est ainsi, etuon autrement , qu'ils ont pu parler avec les Anges, car les choses qui sont chez les Anges sont célestes et spirituelles, et quand elles se présentent à l'homme, elles tombent dans les choses analogues qui sont chez l'homme dans le inonde; que les choses qui sont dans le monde représentent et signifient celles qui sont dans les cieux, c'est ce qui a été montré depuis le Premier Chapitre de la Genèse jusqu'ici. De là sont venus les Représentatifs et les Significatifs qui, lorsque la communication avec les Auges commença à cesser , furent recueillis par ceux qui sont entendus par Ghanoch, ce qui a été signifié par ces paroles, ■ — Gen. V. 24. — « Cluinock marcha avec Dieu, et il ne (fut) plus, parce que Dieu /éprit, » Voir N° 521.
*2897. Or, la Parole dans l'Église Ancienne qui exista après le déluge a tiré de là son origine ; l'homme de cette Église étant spi-
rituel mais non céleste, savait mais ne percevait pas ce que renfermaient les représentatifs et les significatifs, et comme ils renfermaient les Divins, ils passèrent en usage chez ces Anciens et furent appliqués à leur culte Divin; et cela, afin qu'ils eussent une communication avec le Ciel; car, ainsi qu'il a été dit , toutes les choses qui sont dans le monde, représentent et signifient des choses analogues qui sont dans le Ciel. Ils curent aussi une Parole écrite, qui consistait en Historiques et en Prophétiques , comme la Parole de PAncien Testament, mais cette Parole par la succession des temps a été perdue ; les Historiques étaient appelés tes Guerres de Jêhovah , et les Prophétiques étaient appelés tes Knoncès , comme on le voit dans Moïse,— Nomb. XXI. 14, 27, où ils sont cités; leurs Historiques avaient été écrits en style prophétique , et c'étaient , pour la plus grande partie, des Historiques factices cpmme ceux qui sont dans la Genèse du Itr au XIe chapitre , ainsi qu'on le voit par les passages qui en sont extraits dans Moïse , où l'on trouve ces paroles : « C'est pourquoi il est dit dans le Livre des Guerres de Jéhovah ; Vahcb en Suplia et les torrents d'Amon, et le cours des torrents qui décline vers t'/iabitation d'Ar, et s'appuie à la limite de Moab. * — Nomb. XXI. 14, 15. — Leurs Prophétiques avaient été écrits comme les Prophétiques de l'Ancien Testament , ainsi qu'on peut de môme le voir par les passages qui en sont aussi extraits dans Moïse , où l'on trouve ces paroles : « C'est pourquoi, disent tes Énoncés (ou les Lnonciateurs Prophétiques) , venez à Chesbon, elle sera bâtie et elle sera affermie la ville de Sichon; parce que le feu est sorti de Chesbon, ta flamme, de la ville de Sic/ion; elle a dévoré Ar de Moab , les seigneurs des hauts lieux d'Arnon. Malheur, à toi, Moab! tu as péri, peuple de Kémosch ; il a donné ses fils qui se sauvaient et ses filles en captivité au roi Emorréen-Sichon ; et nous les avons attaqués avec des flèches , Chesbon a péri jusqu'à Dibon, et nous avons dévasté jusqu'à Nopliach, qui (s'étend) jusqu'à Médcba. .—Nomb. XXI. 27, 28, 29, 30. — Que ces Prophétiques renfermrnt des arcanes célestes de même que les Prophétiques de l'Ancien Testament, c'est ce qu'on voit clairement, non-seulement en ce qu'ils ont été extraits par Moïse et appliqués à l'état de choses dont il s'agissait alors, mais encore en ce que des paroles presque les mêmes se lisent dans Jérémie, et y
ont été insérées dans des Prophétiques , dans lesquels on peut voir qu'il y a autant d'arcanes célestes que de mots , d'après ce qui a été dit sur le Sens Interne de la Parole; voici ces paroles dans Jérémie : « Le feu est sorti de Chesbon et lu flamme d'entre Sichon, et elle a dévoré l'angle de Moab et le sommet des fils du tumulte. Malheur à toi, Moab ! il a péri le peuple de Kémosch , parée que tes fils ont été enlevés en captivité et tes filles en captivité. » — XLS 'III. 45. 46; — d'après cela il est encore évident que cette Parole avait aussi un sens interne. Voir sur l'Eglise Ancienne qui a existé après le déluge, les N°' O'iO, 64 1, 765, 1238, 1327, 2385.
2898. Qu'il y ait eu chez les Anciens des Prophétiques qui, dans le sens interne, traitaient du Seigneur et de son Royaume , c'est ce qu'on peut voir non-seulement par les passages cités, mais aussi par les Prophétiques de Bileam , qui était de la Syrie, Prophétiques dont il est parlé dans Moïse, — Nomb. XXIII. 7, 8, 9, 10 et 18 à 25; XXIV. 3 à 10, et 15 à 25,— lesquels ont été exprimés dans un style semblable à celui des autres Prophétiques de la Parole, et prédisent clairement l'avènement du Seigneur en ces termes : a Je le vois quoique non déjà, je l aperçois quoique non proche ; il sortira une étoile de Jacob, et il s'élèvera un sceptre d'Israël, et il brisera les angles de Moab, et il détruira tous les fils de Scltclh. » — Nomb. XXIV. 17 ; — ces Prophétiques de Bileam sont pareillement nommés Enoncés, car le mOmc mot est employé, comme on peut le \oir Chap. XXIII. 7, 18; Chap. XXIV. 3, 15, 20.
2899. La Parole de l'Église Juive vint ensuite ; elle fut pareillement écrite par des Représentatifs et des Significatifs, alin qu'elle eut en elle-même un sens interne qui fût compris dans le Ciel, et alin qu'il y eût ainsi une communication par la Parole, et que le Royaume du Seigneur dans les Cieux fiU uni au Royaume du Seigneur sur les terres; à moins que chacune des choses qui sont dans la Parole ne représente, et que chacune des expressions par lesquelles les choses ont été tracées ne signifie des Divins qui appartiennent au Seigneur, par conséquent, des célestes et des spirituels qui appartiennent à son Royaume, il n'y a point Parole Divine; et puisqu'il en est ainsi, elle n'a pu ôtre écrite d'un autre style, car c'est par ce style, et jamais par un autre, que les choses et les expressions humaines correspondent jusqu'au moindre iola avec les choses et les
idées célestes ; de là vient que si seulement la Parole est lue par un enfant, les Divins qu'elle renferme sont perçus par les Anges. Voir N" 1776.
2900. Quant à ce qui concerne la Parole du Nouveau Testament, qui est dans les Évangélistes, le Seigneur l'ayant prononcée d'après le Divin même, il en résulte aussi que tout ce qu'il a prononcé a été représentatif et significatif des Divins, par conséquent des Célestes de son Royaume et de son Église, comme il a été montré plusieurs fois dans ce qui précède.