‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 22.26 (volume 2)Chapitre 7 sur 22 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

1. Et furent les vies de Sarah cent années et vingt années et sept années, les années des vies de Sarah.

2. Et Sarah mourut dans Kiriath Arba, laquelle (est) Chébron, dans la terre de Canaan ; et Abraham vint pour mener deuil sur Sarah, et pour la pleurer.

3. Et Abraham se leva de dessus les faces de son mort, et il parla au y fils de Cheth, en disant :

h. Etranger et habitant moi ( je suis) avec vous, donnez-moi la possession d'un sépulcre parmi vous, et que j'ensevelisse mon mort de devant moi.

5. Et les lils de Cheth répondirent à Abraham, en lui disant :

6. Ecoute-nous , mon seigneur, (tu es) un prince de Dieu, toi , au milieu de nous; dans l'élite de nos sépulcres ensevelis ton mort; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour ensevelir ton mort.

7. Et Abraham se leva , et il se prosterna devant le peuple de la terre, devant les fils de Cheth.

8. Et il parla avec eux, en disant : S'il est selon votre âme que j'ensevelisse mon mort de devant moi, écoutez-moi , et intercédez pour moi auprès d'Ephron, fils de Zochar.

9. Et qu'il me donne la caverne de Machpélah. qui lui (appartient), qui [rst iau bout de son champ ; pour de l'argent valable qu'il me la donne, au milieu de vous, comme possession do sépulcre.

10. Et Ephron était assis au milieu des (ils de Cheth , et Ephron le Chitléen répondit à Abraham aux oreilles des fils de Cheth, de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville, en disant :

11. Non, mon seigneur, écoute-moi. je te donne le champ, et la caverne qui y (est) je te la donne, aux yeux des fils de mon peuple, je te la donne ; ensevelis ton mort.

1*2. Et Abraham se prosterna devant le peuple de la terre.

13. Et il parla à Ephron aux oreilles du peuple de la terre, en disant : Cependant s'il te plaît, toi, écoute-moi : Je donnerai l'argenl du champ, reçois-(/é") de moi, et que j'y ensevelisse mon mort.

là. Et Ephron répondit à Abraham, en lui disant :

15. Mon seigneur, écoute-moi ; une terre de quatre cents sicles d'argent, entre moi et toi, qu'est-ce que cela? et ensevelis (donc) ton mort

16. Et Abraham écouta Ephron , et Abraham pesa à Ephron l'argent dont il avait parlé aux oreilles des fils de Cheth : quatre cents sicles d'argent ayant cours chez le marchand.

17. Et fut constitué le champ d'Ephron, qui (était) en Macpélah, devant Mamré, le champ et la caverne qui y était, et tout arbre qui (était) dans le champ, dans toute sa limite à l'entour ,

18. A Abraham en acquisition, aux yeux des fils de Cheth, de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville.

19. Et après cela Abraham ensevelit Sarah son épouse en la caverne du champ de Machpélah sur les faces de Mamré, laquelle (est) Chébron, dans la terre de Canan.

20. Et fut constitué le champ , et la caverne qui y (est), a Abraham en possession de sépulcre de la part des fils de Cheth.

CONTENU

2901. Il s'agit ici , dans le sens interne, de la Nouvelle Église

Spirituelle qui a été suscitée par le Seigneur, après que la précédente eut entièrement expiré; et de la réception de la foi chez ceux qui sont de l'Église. Sarah est ici le Vrai Divin qui expira ; la sépulture est la résurrection ; Ephron et les fils de Cheth sont ceux chez qui le bien et le vrai de l'Église ont été reçus ; Machpélah, qui est devant Mamré , est la régénération ; Chébron dans la terre de Canaan est la Nouvelle Église.

2002. Il s'agit du Vrai Divin, en ce qu'il expira, — Vers. 1,2, S ; et en ce que le Seigneur instaurait une Nouvelle Eglise , — Vers. h. — Il est reçu avec bienveillance, — Vers. 5,6; — joie résultant de cette réception, — Vers. 7, 12;— leur premier état était obscur, et ils croyaient que le bien de la charité et le vrai de la foi provenaient d'eux-mêmes,— Vers. 8, fl, 10, il, 14, 15 ;— mais ils furent instruits que le bien et le vrai procédaient non d'eux-mêmes, mais du Seigneur,—Vers. 13 ;— et en conséquence ils furent rachetés,— Vers. 16, — et régénérés, Vers. 17, 18; — ainsi il y eut une Nouvelle Église, — Vers. 19, — composée des Nations. — Vers. 20.

SENS LNTERNE.

2903. Vers. 1 . Et furent tes vies de Sarah, cent années et vingt années et sept années, années des vies de Sarah, — Et furent tes vies de Sarah, signifie les temps et les états précédents de l'Église quant aux vrais Divins: Cent années et vingt années et sept années, signifie leur plénitude ; les années des vies de Sarah, signifie quand quelque vrai Divin restait sur la terre.

290 A. Et furent les vies de Sarah, signifie les temps et les états précédents de CÉglise, quant aux vrais Divins : on peut le voir par la signification des ries ici, et par la représentation de Sarah; les Vies ici, parce qu'elles concernent l'âge et les périodes de l'âge , savoir, l'enfance, l'adolescence, l'âge adulte et la vieillesse , signifient les états, aiusi que tous les temps dans le commun, Voir

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N" 2625, 2788, 2837 ; et comme dans ce qui suit il s'agit de l'Église, c'est pour cela que les vies signifient les temps cl les élats de l'Eglise; que Sara h soit le Vrai Divin , on le voit N" 1468, 1901, 2063, 2172, 2173, 2198, 2507, d'où il résulta qu'ici ces mots, Et furent les vies de Sarah, signifient , dans le sens interne, les temps et les étals précédents de l'Eglise quant aux vrais Div ins. Que Sarah. tant qu'elle a vécu épouse d'Abraham, ait représenté le Divin \ rai du Seigneur conjoint à son Divin Bien, c'est ce qu'on peut voir d'après les passages cités; et comme elle représentait le Divin Vrai du Seigneur, elle signifie par conséquent aussi le Y rai Div in de FKglise, car dans l'Eglise il n'existe pas d'autre Vrai que celui qui appartient au Seigneur ; un Vrai qui ne procède pas du Seigneur n'est pas un vrai , comme on le voit aussi d'après la Parole et par suite d'après la Doctrine de la foi : d'après la Parole , dans Jean : « L'homme ne peut prendre la moindre chose , si elle ne lui a été » donnée du ciel, » — III. 27 ; — et ailleurs : « Sans Moi vous ne i pouvez rien faire, p — XV. 5 ; — d'après la doctrine de la foi : eu ce que tout ce qui appartient à la foi, c'est-à-dire, tout vrai , procède du Seigneur. Les représentatifs et les signilicatifs sont tellement distribués dans la Parole, que toutes choses, tant en général qu'en particulier, dans le sens suprême, concernent le Seigneur ; de là vient la vie même de la Parole; et puisqu'elles concernent le Seigneur, elles concernent aussi son Royaume , car le Seigneur est le tout dans son Royaume; les Divins qui procèdent du Seigneur dans son Royaume constituent le Royaume; autant donc l'Ange, l'Esprit, ou l'Homme, reçoit du bien et du vrai du Seigneur, et croit qu'il le reçoit du Seigneur, autant il est dans le Royaume du Seigneur; au contraire, autant il n'en reçoit pas et ne croit pas que c'est du Seigneur qu'on en reçoit, autant il n'est pas dans le Royaume du Seigneur ; ainsi les Divins qui procèdent du Seigneur fout son Royaume ou le Ciel, c'est là ce qui est entendu quand il est dit que le Seigneur est le tout dans son Royaume.

2905. Cent années et vingt années et sept années, signifie leur plénitude : on le voit par la signification de Cent , en ce que c'est le plein, N° 2636; par la signification de vingt ou de deux fois dix, en ce que c'est aussi le plein, N" 1988; et par la signification de sept, en ce que c'est le saint. V" 395, ftftft .716. 881 ; c'est donc

la plénitude ou la fin du saint de l'Église , qui est signifiée ici ; que tous les Nombres, dans la Parole, signifient des choses, c'est ce qu'on voit, N" 482, 487, 647, 648, 755, 813, 1963, 1988, 2075, 2252. Leur plénitude, savoir, la plénitude des états et des temps de l'Eglise , signifie leur fin ; il en est de l'Eglise comme des âges de l'homme; son premier âge est l'enfance ; le second , l'adolescence ; le troisième, l'âge adulte; le quatrième, la vieillesse; celui-ci, savoir, la vieillesse, est appelé la plénitude ou la fin ; il en est aussi de l'Eglise comme des temps et des états de l'Année , dont le premier est le Printemps ; le second, l'Été ; le troisième , l'Automne, et le quatrième, l'Hiver ; celui-ci est la fin de l'Année. Il en est encore comme des temps et des états du Jour : le premier est celui de l'Aurore ; le second, celui de Midi ; le troisième, celui du Soir, et le quatrième , celui de la Nuit ; lorsque celle-ci est arrivée, c'est la plénitude ou la fin : aux uns et aux autres sont aussi comparés, dans la Parole, les états de l'Eglise, et ils sont signifiés par eux , parce que les États sont signifiés par les temps, N°* 2625, 2788, 2837. Le Bien et le Vrai, chez ceux qui sont de l'Eglise, ont coutume de décroître ainsi ; et quand il n'y a plus ni aucun bien ni aucun vrai, ou, comme il est dit, plus aucune foi , c'est-à-dire aucune charité , alors l'Eglise est parvenue à sa vieillesse , ou à son hiver , ou à sa nuit; et alors son temps et son état sont appelés Décision, Consommation et Implétion, Voir N" 1857 : quand on dit du Seigneur qu'il est venu dans le monde dans la plénitude des temps , ou , lorsqu'il y a eu plénitude, cela signifie la même chose, car alors il n'y avait plus aucun bien, pas même le bien naturel, ni par conséqnent aucun vrai : voilà ce qui est spécialement signifié par les paroles de ce Verset.

2906. Les années des vies de Sarah, signifie quand quelque Vrai Divin restait ; on le voit par la signification de Y Année , en ce qu'elle est la période entière qui appartient à une Eglise depuis le commencement jusqu'à la fin, par conséquent par la signification des Années, en ce qu'elles sont les périodes dont il vient d'être parlé N« 2905 ; et par la signification des vies de Sarah, en ce qu'elles sont les états quant au Vrai Divin , ainsi qu'il a été montré c i -dessus N° 2904, par conséquent ici en ce que c'est le terme quand il ne restait plus aucun Vrai Divin ; c'est aussi une consé-

GENÈSE. CHAP. VINGT-TROISIEME. Vil

quence de ce qui précède. Que l'Année signifie le temps eutier de l'état de l'Eglise depuis le commencement jusqu'à la fin, ou, ce qui est la même chose, une période entière , et qu'en conséquence les Années signifient les temps ou les périodes compris dans l'étal commun, c'est ce qu'on peut voir par ces passages de la Parole; dans Ksaïe : a Jéhovah M'a oint pour évangéliser les affligés, il M'a cn- » voyc pour guérir les froissés de cœur, pour proclamer auv captifs > la liberté, et aux enchaînés la délivrance en toute manière , pour » proclamer V Année du bon plaisir de Jéhovah et le jour de la » vengeance pour notre Dieu. »— LXI. 1, 2; — là il s'agit de l'Avènement du Seigneur; l'Année du bon plaisir de Jéhovah, c'est le temps de la Nouvelle Eglise. Dans le Même : « Le jour de la ven- » geauce (est) dans mon cœur, et l'Année de jnes rachetés est ve «nue. » — LXIIl, 4;— Il s'agit pareillement de l'Avènement du Seigneur; l'Année des rachetés, c'est le temps de la Noir elle Eglise. Dans le Même : < Le jour de la vengeance de Jéhovah, Y Annie des » rétributions pour le procès de Siou. » — XXXIV. 8; — pareillement, Le même temps est aussi nommé l'Année de la visite, dans Jérémie : J'amènerai le mal sur les hommes d'Anatoth, Y Année de » leur visite. » — XI. 23. — Dans le Même : « J'amènerai surMoab » Y Année de leur visite. » — XLV11I. hh. — Cela est plus évident encore dans Ezéchicl ; « Après beaucoup de jours tu seras visité; » dans la postérité des Années tu viendras sur une terre retournée

• par l'épée, rassemblée de plusieurs peuples, sur les montagnes » d'Israël, qui seront en dévastation continuellement. » — XXXVIII 8. — La postérité des années, c'est le dernier temps de l'Eglise, qui alors devient nulle, ceux qui auparavant avaient été de l'Eglise ayant été rejetés et d'autres ayant été reçus d'autre part : dans Esaïe : a Ainsi m'a dit le Seigneur : Daus une Année encore , selon » les Années d'un mercenaire, et toute la gloire de Rédar sera > consumée. » — XXI. 16; — là aussi c'est le dernier temps. Dans Kzéchiel : « Dans ton sang que tu as répandu lu es devenue coupa- » ble, et dans tes idoles que tu as faites lu t'es souillée , et tu as fait

• approcher les jours, et lu es venue jusqu'à les années; c'est pour- » quoi je l'ai livrée en opprobre aux nations, et en moquerie à » toutes les terres. » — XXII. û; — venir jusqu'aux années , c'est arriver à la fin. lorsque le Seigneur se retire de l'Eglise : Dans

12S TOCANES CÉLESTES

Esaïe : « Maintenant Jéhovah a parlé, disant : Dans trois Années, » comme les Années d'un mercenaire, et elle sera avilie la gloire » de Moab dans toute la multitude grande, et le reste (en sera) »» petit, peu de chose. » — XVI. 14. — Dans trois années, c'est aussi à la lin de l'Eglise précédente ; que trois signifie le complet et le commencement, on le voit N°* 1825, 2788 : Sept et Soixante-dix signifient aussi la même chose, N°' 720 , 728 , 901 : de là dans Esaie : « Et il arrivera en ce jour-la, et Tyr sera livrée à d l'oubli pendaut soixante-dix années, selon les jours d'un seul Roi; » à la fin des soixante-dix Années y il arrivera à Tyr selon lecanti- » que de la prostituée. Et il arrivera à la fin des soixante- dix années, » et Jéhovah visitera Tyr, et elle retournera à son salaire de pros- » titution. »— XXIII, 15, 17;— soixante-dix années, c'est une période entière, à partir du moment qu'une Eglise a existé jusqu'à ce qu'elle expire. Cette période est aussi désignée par les jours d'un seul Roi, car le Roi signifie le vrai de l'Eglise, Koi'r N°* 1672, 1728, 2015, 2069. La captivité de soixante-dix années, dans laquelle furent les Juifs, renferme aussi quelque chose de semblable ; il en est parlé ainsi dans Jérémie : « Ces nations serviront le Roi de Babel » Soixante-dix Années, et il arrivera que quand les Soixante-dix » Années auront été accomplies, je visiterai sur le Roi de Babel, et » sur cette Nation, parole de Jéhovah, leur iniquité. »— XXV. 11, » 12; XXIX. 10.— Que l'Année ainsi que les Années soient la période entière de l'Eglise ou le temps de sa durée, c'est encore ce qu'on peut voir dans Malachie : • Voici , j'envoie mon Ange, et il » préparera le chemin devant Moi , et incontinent viendra vers son > temple le Seigneur que vous cherchez , et l'Ange de l'alliance que » vous désirez ; voici , il vient, a dit Jéhovah Sébaoth ; et qui sou- » tiendra le jour de son avènement ? Alors il sera doux à Jéhovah le » présent de Joda et de Jérusalem , selon les jours du siècle et selon » les Années anciennes. » — III. 1, 2, A; — là, il s'agit de l'avènement du Seigneur ; les jours du siècle sont la Très-Ancienne Eglise, et les Années Anciennes , l'Ancienne Eglise; le présent de Juda est le culte d'après l'amour céleste , et le présent de Jérusalem le culte d'après l'amour spirituel; il est manifeste qu'ici ce n'est pas Juda qui est entendu , ni Jérusalem : dans David : * J'ai pensé aux g jours de l'antiquité, et aux années des su des. .—IN. LXXVII. 6;

—là, les jours de l'antiquité et les années des siècles désignent les mêmes Kglises : c'est encore plus évident dans Moïse : « Souviens- » toi des jours du siéelc, ayez l'intelligence des années de générao tion et de génération, interroge ton père et il te (le) déclarera, » tes vieillards et ils te (le) diront : lorsque le Très-Haut donnait < l'héritage aux nations, et qu'il séparait Lui-Même les fils de » l'homme. » — Dent. XXXII, 7, 8. — Que l'Année et les Années soient le temps plein de l'Eglise, c'est encore ce que l'on voit dans Uabakuk: « Jéhovah ! j'ai entendu ta renommée ; j'ai craint, Jého- « vah, ton ouvrage; dans le milieu des Années, vivifie-le ; dans le milieu des Années, fais-le connaître; dans la colère souviens-toi » de la miséricorde: Dieu viendra de Théman. et le Saint, de la » montagne de Paran. » — III. 2, 3; — il s'agit de l'avènement du Seigneur ; dans le milieu des années , c'est dans la plénitude des temps ; ce que c'est que la plénitude des temps, on vient de le voir u° 2905. De même que l'Année et les Années signifient le temps plein entre l'un et l'autre terme, le commencement et la fin, quand elles se disent du Royaume du Seigneur sur la terre » c'est-à-dire de l'Église, de même elles signifient l'éternité quand elles se disent du Royaume du Seigneur dans le Ciel ; comme dans David : « Dieu, » dans la génération et la génération (existent) tes Années, et Toi (tu o et) le Môme, et tes Années ne se consommeront point ; les fils de » tes serviteurs demeureront et leur semence devant Toi sera affer- « mie. « — Ps.CII. 25,28,29: — dans le Même: «Tu ajouteras des jours » surlesjoursduRoi, ses Années (seront) comme la génération et la » génération; et il habitera éternellement devant Dieu. » — Ps. LXI. 7,8; — là, les Années, c'est l'éternité, car il s'agit du Seigneur et de son Royaume. Si les Agneaux , qui étaient offerts en holocauste et en sacrifice, devaient être fils (âgés) d'une Année, Lévit, XII, 6; XIV. 10; Nomb. VI. 12 ; VII. 15, 21, 27, 33, 39, 45, 51, 57, 63, 69, 75, 81, et ailleurs, c'était pour signifier les célestes de l'innocence dans le Royaume du Seigneur, célestes qui sont éternels; de là aussi l'holocauste des veaux fils (âgés) d'une année, est mentionné dans Michée, comme trè6-agréable, — chap. VI. 6. — Que l'Année, dans le sens interne, ne signifie point une année, c'est encore ce qu'on peut voir en ce que les Anges, qui sont dans le sens interne de la Parole . ne peuvent avoir aucune idée d'une année; mais

comme l'Année est le plein d'un temps dans la natui'e appartenant au monde, c'est pour cela qu'au lieu de l'Année ils ont l'idée du plein relativement aux états de l'Église, et l'idée de l'éternité relativement aux états du Ciel ; pour les Anges les temps sont des états, N- 1274, 1382, 2625, 2788, 2837.

2907. Vers. 2. Et Sarah mourut dans Kiriath-Arba, laquelle (est) Chébron, dans la terre de Canaan ; et Abraham vint pour mener deuil sur Sarah, et pour la pleurer. — Sarah mourut, signifie la nuit quant aux vrais de la foi : dans Kiriath-Arba, laquelle (est) Chébron, dans la terre de Canaan, signifie dans l'Église : et Abraham vint pour mener deuil sur Sarah, et pour la pleurer, signifie l'état de douleur du Seigneur.

2908. Sarah mourut, signifie la nuit quant aux vrais delà foi : on le voit par la signification de mourir, d'un mort et de la mort, quand ces expressions se disent de l'Église, en ce que c'est son dernier temps, quand toute foi, c'est-à-dire, toute charité, a expiré, temps qui, dans la Parole, est çà et là nommé la Nuit, Not 221, 709, 1712, 2353 ; mourir, c'est cesser d'être tel, on le voit N° 494 ; et par la signification de Sarah en ce qu'elle est le Divin Vrai, N° 2904. De là il est évident que ces mots Sarah mourut signifient la nuit quant aux vrais de la foi.

2909. Dans Kiriath-Arba , laque/le est Chébron, dans la terre de Canaan, signifie dans f Eglise : on peut le voir par la signification de Kiriath-Arba , en ce qu'elle est l'Église quant au vrai ; et par la signification de Chébron dans la terre de Canaan, en ce qu'elle est l'Église quant au bien ; dans la Parole, surtout dans la Parole prophétique, lorsqu'il s'agit du vrai il s'agit aussi du bien, en vue du mariage céleste dans chaque partie de la Parole, Voir N- 683, 793, 801, 2173, 2516, 2712 ; c'est pour cela qu'ici, quand Kiriath-Arba est nommée, il est dit aussi, laquelle est Chébron dans la terre de Canaan; on a vu que la terre de Canaan est le Royaume du Seigneur, NM 1413, 1437, 1607; et que les lieux de cette terre étaient diversement représentatifs, N" 1585, 1866. Quant à ce qui concerne Kiriath-Arba, qui est Chébron, c'était une contrée où habitèrent Abraham, Isac et Jacob; qu'Abraham y ait habité, on le voit par ce qui a été dit précédemment : « Abraham • vint et habita dans Mamré qui est en Chébron. » — Gen. XIII. 18 ;

— quant à îsac . on le voit par ce qui est dit plus loin : • Jacob

• vint vers Iischak son père, à M a m ré, à Kiriath-Arba, laquelle est

• Chébron, où avaient séjourné Abraham et Iischak. » — Gen. XXXV. 27; — quant à Jacob, on le voit aussi par ce passage:

.^t Joseph fut envoyé de la Vallée de Chébron par Jacob son père .» vers ses frères. » — Gen. XXXV II. 1A. — D'après la représentalion de ces trois personuages, représentation dont il a été parlé précédemment, il est évident que Kiriath-Arba, qui est Chébron, a représenté l'Eglise, avant que Jérusalem la représentât : comme tonte Église par succession de temps décroît, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus aucun reste de foi et de charité, et qu'alors elle est détruite, cela a aussi été représenté par Kiriath-Arba qui est Chébron , savoir, en ce qu'elle a été possédée par les Anakim, par lesquels ont été signitiées les abominables persuasions du faux, N" 581, 1673 : qu'elle ait été possédée par les Anakim, c'est ce qu'on voit. — Nprob. Xin. 21, 22 ; Jos. XI. 21 ; XIV. 15 ; XV. 13, 14; Jug. ï. 10; . — fin ou la consommation et la destruction de cette Église ont été représentées en ce que toutes choses y ont été livrées à l'extermination par Josué, — Jos. X. 36, 37; XI. 21 ; — et en ce que les Anakim ont été frappés par Juda et par Chalcb, — Jug. 1. 10; Jos. XIV. 13, lâ, 15 ; XV. 13, l/i ; — et l'établissement d'une nouvelle Église, a été représenté en ce que Kiriàth-Arba est échue en héritage à ChaJeh quant au champ et aux villages, — Josué XXÏ. 12; — mais la ville même fut faite ville de refuge, — Jos. XX. 7 ; XXI. 13,— et ville sacerdotale pour les fds d'Aharon, — Jos. XXI. 10, 11, — dans l'héritage de Juda, — Jos. XV. 5û ; — de là il est évident que Chébron a représenté l'Église spirituelle du Seigneur dans la terre de Canaan ; c'est aussi pour cela que David, par le commandement de Jéhovah, eut ordre d'aller à Chébron, et il y reçut l'onction pour être Roi sur la maison de Juda ; et après y avoir régné sept ans et six mois, il alla à Jérusalem et occupa Sion, Voir II Sam. II. 1 à 11 ; V. 5; I Rois, II. 11, et alors pour la première fois l'Église spirituelle du Seigneur commença à être représentée par Jérusalem, et l'Église céleste par Sion.

2910. Et Abraham vint pour mener deuil sur Sarati et pour la pleurer, signifie Cètat de douleur du Seigneur, savoir, à cause de la nuit quant aux vrais de la foi dans I'iïglise : on le voit par la

représentation d'Abraham, en ce qu'il est le Seigneur, N°* 1893, 1965, 1089, 2011, 2172, 2501, 2833, 2836 ; que mener deuil et pleurer signifient un (Hat de douleur, c'est ce qu'on voit sans explication ; mener deuil concerne la douleur à cause de la nuit quant aux biens dans l'Église, et pleurer concerne la douleur à cause de la nuit quant aux vrais. Dans ces deux Versets, il a été question de la fin de l'Eglise ; sa fin, c'est quand il n'y a plus aucune charité; il s'agit très-souvent de celte fin dans la Parole, surtout dans les Prophètes et dans Jean dans l'Apocalypse ; le Seigneur aussi a décrit plusieurs fois cette fin dans les Evangélistes, et il rappelle la consommation du siècle, comme aussi la nuit : voici, en effet, ce qu'il en est des Églises : Dans le commencement la charité y sert de fondement, chacun alors aime autrui comme un frère, et est affecté du bien non en vue de soi-même, mais en vue du prochain, en vue du commun, en vue du Royaume du Seigneur, et par dessus tout en vue du Seigneur; mais par la succession du temps la charité commence à se refroidir et à devenir nulle, ensuite vient la haine de l'un contre l'autre , et quoique cette haine ne se montre pas dans la forme externe, parce que, dans la société civile , on est sous des lois et dans des liens externes qui retiennent, néanmoins elle est intérieurement fomentée ; les liens externes qui retiennent viennent de l'amour de soi et du monde, c'est l'amour de l'honneur et de la prééminence, l'amour du gain et par suite aussi l'amour de la puissance, par conséquent l'amour de la réputation ; sous ces amours se cache la haine contre le prochain, haine qui est telle, qu'on veut commander à tous et posséder tout ce qui est à autrui ; et quand on rencontre de l'opposition, on couve dans son esprit le mépris pour le prochain, on respire la vengeance contre lui, on éprouve du plaisir à sa ruine, on exerce même des cruautés autant qu'on en a la hardiesse; par là enfin se perd la charité de l'Église quand elle est à sa fin, et alors il est dit d'elle qu'il n'y a plus aucune foi, car où il n'y a point de charité, il n'y a pas non plus de foi, ce qui a déjà été montré plusieurs fois : plusieurs Églises, connues d'après la Parole, ont eu une telle fin ; la Très-Ancienne Eglise a ainsi expiré à l'époque du déluge; il en a été de même de l'Ancienne Eglise (|ui a existé après le déluge ; de même aussi de la seconde Eglise Ancienne, qui a été appelée Eglise Hébraïque ; et de même enfin de

l'Eglise Juive qui. elle, n'a nullement été une Eglise commençant par la Charité, mais qui a seulement été un représentatif de l'Eglise, et cela, afin que par les représentatifs il restât une communication avec le Ciel, avant que le Seigneur vînt dans le monde ; ensuite fut suscitée par le Seigneur une Nouvelle Eglise, qui fut appelée Eglise des Nations et fut interne, car les vrais intérieurs furent révélés par le Seigneur ; mais cette Eglise est maintenant à sa fin, parce que maintenant non-seulement il n'y a aucune charité, mais a la place de la charité il y a la haine, qui, bien qu'elle ne se montre pas dans la forme externe, existe néanmoins intérieurement, et fait irruption toutes les fois qu'on le peut, c'est-à-dire, toutes les fois que les liens externes n'arrêtent point. Outre ces Eglises il y en a eu un grand nombre d'autres, non décrites aiusi, qui ont décliné et se sont détruites de la même manière. Les causes d'un tel déclin et d'une telle destraction sont en grand nombre; l'une de ces causes, c'est que les parents accumulent des maux, et que par le fréquent usage et enfin par l'habitude ils les introduisent dans leur nature, et les transmettent ainsi dans leur race par héritage; car ce dont les parents, d'après la vie actuelle, s'imprègnent par un fréquent usage, s'enracine dans leur nature et passe par héritage à leur postérité, laquelle, à moins qu'elle ne soit réformée ou régénérée, le transmet dans les générations, et alors il s'accroît toujours ; de là une volonté plus portée aux maux et aux faux. Toutefois quand l'Eglise est consommée et périt, le Seigneur en suscite toujours une nouvelle quelque part, mais rarement , si jamais, d'entre les hommes de l'Eglise précédente, mais c'est d'entre les nations qui ont été dans l'ignorance ; dans ce qui va suivre il s'agit de ces nations.

2911. Vers. 3. Et Abraham se leva de dessus les faces de son mort, et il parla aux fils de Cheth, en disant. — Abraham se leva. signifie l'élévation : de dessus les faces de son mort, signifie dans cette nuit: et il parla aux fds de Chcth, en disant, signifie ceux chez qui est suscitée une nouvelle Église spirituelle.

2912. Abraham se leva, signifie l'élévation : on le voit par la signification de se lever en ce que cette expression renferme quelque chose de l'élévation, N" 2401, 2785, ici, l'élévation au-dessus de la douleur, parce qu'une nouvelle Église allait être suscitée à la place de la précédente qui avait péri. — Et de dessus tes faces du mort,

signifie dans a lté nuit : on le voit par la signiiicalion de mourir, de la mort et du mort, eu ce que c'est la nuit quand à l'état de l'Église, comme il a été montré ci-dessus, N" 2008.

2913. El il parla aux fils de Clicth, en disant , signifie ceux-' chez qui est suscitée une nouvelle Eglise spirituelle : on peut le voir par la siguilication de Chcth et de Chittéen : il y a eu plusieurs habitants de la terre de Canaan, il en est parlé çà et là dans la Parole, et parmi eux étaient les Chittéens, voir Gen. XV. 20. Exod. III. 8, 17; XIII. 5; XXIII. 23. Deutér. VII. 1; XX. 17. Jos. 1IL 10; XI. 1, 3; XII. 8; XXIV. 11. I Rois, IX. 20, et ailleurs; la plupart d'entre eux furent de l'Ancienne Église, qui s'était étendue dans plusieurs terres, et aussi dans la terre de Canaan, Voir N°* 1238, 2385 : tous ceux qui furent de cette Église reconnurent pour principal la cîiarité ; et tous leurs doctrinaux concernaient la charité ou la vie ; ceux qui cultivaient les doctrinaux de la foi étaient appelés Canaanites, et ils étaient séparés desautres habitants de la terre de Canaan, Nomb. XIII. 29, Voir N" 1062, 1063, 1076 ; entre les meilleurs des habitants de la terre de Canaan étaient les Chittéens, ce qu'on peut même conclure de ce qu'Abraham habita parmi eux, et plus tard Iischak et «Jacob, et de ce que ceux-ci eurent leur sépulture chez eux, enfin de ce que ces Chittéens se comportèrent avec humanité et modestie envers Abraham, comme on le voit clairement par ce qui est rapporté d'eux dans ce Chapitre, surtout dans les Vers. 5, 6, 10, 11, 14, 15 ; de lù vient que l'Église spirituelle, ou le vrai de l'Eglise, est représenté et siguilié par eux, comme nation probe ; mais il leur arriva comme à tous les autres de l'Église Ancienne , par succession de temps ils se séparèrent de la charité ou du bien de la foi, c'est de là que dans la suite le faux de l'Église est signifié par eux, comme dans Ezéchiel, XVI. 3, 45, et ailleurs; que néanmoins les Chittéens fussent au nombre des hommes les plus honorés, c'est ce qu'on peut voir en ce qu'il y avait des Chittéens auprès de David, par exemple Abimélech, I Sam. XXVL 6; et Lriah le Chittéen, II Sam. XI. 3, 6, 17, 21, dont l'épouse était Bathshéba, de laquelle David eut Salomon. Il Sam. XII. 24: que Cheth signifie les connaissances extérieures qui concernent la vie, lesquelles sont les vrais externes de l'Eglise Spirituelle , on le voit N° 1203. Dans ce Verset , il s'agit de la nouvelle Eglise que le

Seigueur instaure quand la précédente expire ; et dans les suivants il est question de la réception de la foi chez ceux de la nouvelle Eglise ; il ne s'agit pas de quelque Eglise chez les fils de Cheth, niais il s'agit dans le commun du rétablissement de l'Eglise spirituelle par le Seigneur, après que l'Eglise précédente est tombée ou est consommée; les lils de Cheili sont seulement ceux qui représentent et signifient. Voir ce qui a été dit précédemment au sujet des Eglises, savoir; que l'Eglise par succession de temps décline et se corrompt, N°* 404, 501, 1327, 2422 ; que l'Eglise s'éloigne de (a charité , et produit des maux et des faux, Y' 1834, 1835; qu'elle est alors appelée Eglise dévastée et désolée. N"' 407 a 411, 2243 ; que l'Eglise est instaurée chez les nations, pourquoi, N" 136(3 ; que dans l'Eglise qui est dévastée il est toujours conservé quelque chose de l'Eglise comme noyau, N°* 468, 637, 931, 2422; que s'il n'y avait pas une Eglise sur le globe, le Genre humain périrait, ibid. ; que l'Eglise est comme le cœur et le poumon dans un très grand corps, c'est-à-dire, dans le genre humain, N°* 637, 931, 2054, 2853 ; quelle est l'Eglise spirituelle, N°4 765, 2669; que c'est la Charité, et non la foi séparée, qui constitue l'Eglise, N°" 809, 916; que l'Église serait une, si dans toutes il y avait la charité, quand bien même toutes différeraient quand aux doctrinaux et aux cultes, N" 1285, 1316, 1798, 1799, 1834, 1844, 2385; que dans les terres tous les hommes qui sont dans l'Eglise du Seigneur, quoique dispersés sur le globe, font néanmoins comme un seul homme, comme dans les cieux , N° 2853 ; que toute Eglise est Interne et Externe, et que l'Interne et l'Externe ensemble la constituent une, JV" 409, 1083, 1098, 1100, 1242 ; que Eglise Externe n'est rien, s'il n'y a pas en elle l'Eglise Interne, N° 1795 ; que l'Eglise est comparée au lever et au coucher du soleil, aux saisons de l'année et aux temps du jour, N° 1837 ; que le jugement dernier est le dernier temps de l'Eglise, N°900, 931, 1850, 2117, 2118.

2914. Vers. 4. Etranger et habitant moi (je suis) avec vous , donnez-moi la possession d'un sépulcre parmi vous, et que j'ensevelisse mon mort de devant moi. — Etranger et habitant moi (je suis) avec vous, signifie leur premier état, en ce que le Seigneur , quoiqu'il leur fût inconnu, pouvait cependant être chez eux : donne P-moi la possession d'un sépulcre parmi vous, signifie qu'ils pou-

m ARCANES CELESTES.

▼aient Cire régénérés ; et que j'ensevelisse mon mort de devant moi, signifie qu'il sortirait ainsi de la nuit qui était chez eux et ressusciterait.

2915. Etranger et habitant moi jt suis avec vous, sigmfie leur premier état , en ce que le Seigneur, quoiqu'il leur fût inconnu, pouvait cependant être chez eux : on le voit par la représentation cl' Abraham, en ce qu'il est le Seigneur , comme il a été déjà dit très souvent ; et par la signification d'être étranger et habitant avec eux, en ce que c'est leur être inconnu et cependant être chez eux ; que ce soit là le sens interne, c'est ce qu'on voit clairement d'après ce qui précède et d'après ce qui suit ; en effet, il s'agit d'une nouvelle Église , et dans ce Verset il est question de son premier état, qui est tel, qu'en premier lieu le Seigneur leur est inconnu, mais que néanmoins, comme ils sont dans le bien de la charité , et quant à la vie civile dans le juste et l'équitable, et quant à la vie morale dans l'honnête et le décent , ils sont tels , que le Seigneur peut être chez eux, car la présence du Seigneur chez l'homme est dans le bien, et par conséquent dans le juste et l'équitable, et de plus dans l'honnête et le décent, (l'Honnête est l'ensemble de toutes les vertus morales, et le Décent est seulement la forme de l'honnête,) car ce sont là des biens qui se suivent en ordre, et qui sont chez l'homme des plans sur lesquels le Seigneur fonde la conscience, et conséquemment l'intelligence et la sagesse : or, chez ceux qui ne sont pas dans ces biens, savoir, par le cœur ou l'affection, aucune chose du ciel ne peut être ensemencée ; chez eux il n'y a aucun plan, il n'y a pas non plus d'humus , ainsi il n'y a pas de récipient ; et puisque rien de ce qui appartient au ciel ne peut être ensemencé, le Seigneur n'y peut pas non plus être présent; il y a présence du Seigneur selon le bien, c'est-à-dire selon la qualité du bien , et qualité du bien selon l'état d'innocence , d'amour et de charité, dans lequel les vrais de la foi ont été implantés ou peuvent être implantés.

2916. Donnez-moi la possession d'un sépulcre parmi vous, signifie qu'ils pouvaient être régénérés : on le voit par la signification du Sépulcre; le sépulcre, dans le sens interne de la Parole, signifie la vie ou le ciel . et dans le sens opposé la mort ou l'enfer; s'il signifie la vie ou le ciel, c'est parce que les Anges, qui sont dans

GENÈSE, CHAP. \INGT-TR01SIÈME. 137

le sens interne de la Parole, n'ont aucune idée du sépulcre , parer qu'ils n'en ont aucune de la mort; aussi au lieu du sépulcre ne perçoivent-ils autre chose que la continuation de la vie, par conséquent la résurrection ; l'homme, en effet, ressuscite quant à l'esprit, et est enseveli quant au corps, Voir N° 185 A ; et comme la sépulture signifie la résurrection, elle signifie aussi la régénération , car la régénération est la première résurrection de l'homme ; en effet , il meurt alors quant au vieil homme et ressuscite quant à l'homme nouveau; par la régénération l'homme de mort qu'il était devient vivaut; de là la signification du sépulcre dans le sens interne ; que l'idée de la régénération s'offre aux Anges, lorsque se présente l'idée du sépulcre, c'est aussi ce qu'on voit clairement d'après ce qui a été rapporté au sujet des enfants , N° 2299. Si le Sépulcre, dans le sens opposé , signifie la mort ou l'enfer , cela vient de ce que les méchants ressuscitent , mais non pour la vie ; aussi quand il s'agit des méchants et qu'il est parlé de sépulcre, il ne s'offre aux Anges aucune autre idée que celle de l'enfer ; c'est pour cette raison que dans la Parole l'enfer est aussi appelé sépulcre. Que le sépulcre signifie la résurrection et aussi la régénération, on le voit dans Ézéchiel : « C'est pourquoi prophétise , et dis-leur : Ainsi dit le Sei- » gneur Jéhovah : Voici, Moi , y ouvrirai vos sôpulclires , et je vous

> ferai monter de i*os sépulcres, mon peuple ! et je vous amènerai » vers l'humus d'Israël : et vous connaîtrez que Moi {je suis) Jéhoi vah, quand j'aurai ouvert vos scpulcres et que je vous aurai fait

• monter de vos sépulcres, mon peuple! et que j'aurai mis mon

• esprit en vous, pour que vous viviez, et que je vous aurai placés » sur votre humus. » — XXXVII. 12, 13, 14; — là, le Prophète parle d'os vivifiés, et dans le sens interne il s'agit de la Régénération ; qu'il s'agisse de la Régénération, c'est ce qu'on voit clairement, car il est dit, lorsque j'aurai mis mon esprit en vous pour que vous viviez, et que je vous aurai placés sur votre humus; là, les sépulcres signifient le vieil homme , ainsi que ses maux et ses faux ; les ouvrir Cl en monter, c'est être régénéré ; ainsi périt et est comme déposée l'idée du sépulcre, quand se présente l'idée de la régénération ou de la nouvelle vie. Ces paroles : c Des Sépulcres s'ouvrirent, et beau-

> coup de corps des Saints qui donnaient , ressuscitèrent , et étant

> sortis de letirs sépulcres après la résurrection du Seigneur, ils

» entrèrent dans la ville sainte, et ils apparurent à plusieurs. »— Matth. XXVII. 62, 53,— renferment la même signification , savoir, la résurrection d'après la Résurrection du Seigneur, et dans le sens intérieur une résurrection quelconque. Quand le Seigneur ressuscita Lazare d'entre les morts, — Jean, XI. 1 et suiv. , — cela renfermait aussi le relèvement d'une nouvelle Église avec les nations, car tous les miracles qui furent faits par le Seigneur, étant Divins, renfermaient des états de son Église. Il en fut aussi de même à l'égard de l'homme qui, ayant été jeté dans le sépulcre d'Élisée, revint à la vie lorsqu'il en eut touché les os,— II Rois, XIII. 20, 21; —car Elisée représentait le Seigneur. Comme la Sépulture signifiait la Résurrection dans le commun et une résurrection quelconque , c'est pour cela que les Anciens s'occupaient avec le plus grand soin de leurs sépultures et des lieux où ils seraient ensevelis; ainsi Abraham s'occupa d'être enseveli en Hébron dans la terre de Canaan ; il en fut ensuite de même d'Isaac et de Jacob qui y furent ensevelis avec leurs épouses, — Gen. XLVII. 29, 30, 31;XLÏX. 30, 31, 32; — Joseph demanda que ses os fussent transportés de l'Êgypte dans la terre de Canaan , — Gen. L. 25, Exod. XIII. 19 ; Josué , XXIV. 32;— David et les Rois qui lui succédèrent étaient ensevelis dansSion , —I Rois II. 10; XI. A3 ; XIV. 17, 18; XV . 8, 24; XXII. 51; II Rois, VIII. 24; XII. 22; XIV. 20 ; XV. 7, 38 ; XVI. 20 ; — c'était parce que la terre de Canaan et Sion représentaient et signifiaient le Royaume du Seigneur, et la sépulture la Résurrection ; mais chacun peut voir que le lieu ne fait rien pour la résurrection. Que la Sépulture signifie la résurrectiou à la vie, c'est encore ce qui est évident d'après d'autres représentatifs ; par exemple, les impies n'étaient ni pleurés, ni ensevelis, mais ils étaient jetés à la voirie,— Jérém. VIII. 2; XIV. 1(5; XVI. A, 6 ; XX. 6; XXII. 19; XXV. 33. II. Rois, IX. 10. Apoc. XI. 9, — et les impies, qui avaient été ensevelis, étaient jetés hors de leurs sépulcres, — Jérém. VIII. i, 2. II Rois, XXIII. 16, 17, 18. — Que dans le sens opposé le Sépulcre signifie la mort ou l'enfer , on le voit dans Êsaîe. XIV, 19, 20, 21. Ezéch. XXXII. 21, 22, 23, 25, 27. Psaum. LXXXVIII 5, 6, il, 12. Nomb. XIX. 16, 18, 19. ^rtm* *!

2917. Que j'ensevelisse mon mort de devant moi , signifie qu'il sortirait ainsi de la nuit gui était chez eux et ressusciterait : on le

voit par la signification d'ensevelir, en ce que c'est ressusciter, N" 291(>, et par la signification du mort , en ce que c'est un état d'ombre ou de nuit, c'est-à-dire d'ignorance, N"1 2908, 2912; de cet étal se dégage et ressuscite chez l'homme le Seigneur quand il est reconnu, avant cela il est dans la nuit, parce qu'il ne se montre poiut; il ressuscite chez tout homme qui est régénéré.

2918. Vers. 5, (». Et les fils de Cheth répondirent à Abraham, en lui disant : Ecoute-nous , mon seigneur, (tu es) un prince de Dieu, toi, au milieu de nous, dans l'élite de nos sépulcres ensevelis ton mort ; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour ensevelir ton mort. — Les fils de Cheth répondirent à Abraham, en lui disant, signilie l'état réciproque chez ceux qui sont de la nouvelle Eglise ; écoute-nous, signifie la réception ; mon seigneur (tu es) un prince de Dieu , toi, au milieu de nous, signifie le Seigneur quaut au bien Divin et au vrai Divin chez eux : dans l'élite de nos sépuleres3 signifie le bon plaisir quant à la régénération : ensevelis ton mort, signilie qu'ainsi ils sortiraient de la nuit et seraient ressuscitéspour l;i vie : aucun de nous ne te refusera son sépulcre, signilie qu'ils avaient tous été préparés à recevoir la régénération : pour ensevelir (on mort, signifie pour sortir de la nuit et être ressuscites.

2919. Les fils de Cheth répondirent éi Abraham , en lui disant, signifie l'état réciproque chez ceux qui sont de la nouvelle Eglise : cela est évident d'après la signification de répondre quand on accorde ce qui est demandé, en ce que c'est le réciproque; et d'après la signification des fils de Cheth, en ce qu'ils sont ceux chez qui il y a la nouvelle Église spirituelle, ainsi qu'il a été dit ci-dessus N'2913.

2920. Ecoute-nous, signifie (a réception: on le voit par la signification de écoute-nous , en ce que c'est la réception, quand cette expression est une formule de réponse pour consentir.

2921. Mon Seigneur, tu es un prince de Dieu, toi, au milieu de nous , signifie le Seigneur quant au bien Divin et au vrai Divin chez eux : ou le voit par la signification de Seigneur et de prince de Dieu, et par la signification de au milieu de nous; que Pexpressiou Seigneur soit employée quand il s'agit du Bien, c'est ce qu'on voit par la Parole de l'Ancien Testament, car Jébovah y est nommé

tantôt Jéhovah, tantôt Dieu, tantôt Seigneur, tantôt Jéhovah Dieu, tantôt Seigneur Jéhovih, tantôt Jéhovah Sébaoth , et cola par une raison cachée, qui ne peut être sue que d'après le sens interne : en général, quand il s'agit des célestes de l'amour ou du bien, il est dit Jéhovah; quand il s'agit des spirituels de la foi ou du vrai, il est dit Dieu ; quand il s'agit des uns et des autres en môme temps, il est dit Jéhovah-Dieu ; mais quand il s'agit de la puissance Divine du bien ou de la toute-puissance, il est dit Jéhovah Sébaoth ou Jéhovah des années, et aussi Seigneur, de sorte que Jéhovah-Sébaoth et Seigneur ont le même sens et la même signification ; c'est de là. savoir, de la puissance du bien, que les hommes et les Anges sont aussi appelés Seigneurs, et que dans un sens opposé sont appelés serviteurs ceux qui n'ont aucune puissance, ou qui ont de la puissance par ceux qui sont dits seigneurs. D'après cela , on peut voir clairement qu'ici, mon seigneur, dans le sens interne, signifie le Seigneur quant au bien, ce qui sera, dans ce qui suit, illustré d'après la Parole : mais un Prince de Dieu signifie le Seigneur quant a la puissance du vrai , ou quant au vrai , comme on peut le voir par la signification de Prince ou des Princes, parce qu'ils sont les principaux vrais, N0i 1482, 2089, et en ce qu'il est dit un prince de Dieu, car Dieu se dit quand il s'agit du vrai , et Jéliovah quand il s'agit du bien, N" 2586, 2769, 2807, 2822 : que les mots au milieu de nous signifient parmi eux ou chez eux, c'est ce qu'on voit sans explication. Que dans la Parole de l'Ancien Testament Jéhovah Sébaoth et Seigneur aient le même sens et la même signification, on le voit dans Esaïe : « Le zèle de Jêhovah-Sébaoth fera

> cela ; le Seigneur* envoyé une parole en Jacob, et elle est tombée » en Israël. » — IX. 6, 7; — ailleurs dans le Même : « lin Roi puis- » sant dominera sur eux, parole du Seigneur, deJéhorah-Sébaotft. • — XIX. 4. — Dans Malachie : « Voici , incontinent viendra vers sou » Temple le Seigneur que vous cherchez, et l'Ange de l'alliance que >» vous désirez, voici, il vient, dit Jr/tora/t-Sébaoth. » — III. 1 : — c'est bien plus manifeste dans Esaïe : « Je vis le Seigneur assis sur ♦ un trône haut et élevé; les séraphins se tenaient au-dessus de o Lui; six ailes six ailes à chacun ; ils criaient l'un à l'autre : Saint. » Saint, Saint, Jéhovah-Sébaoth. Malheur à moi ! je suis perdu.

> parce que mes yeux ont vu le Roi Jêhowik-Sébaoth; et j'ai enten-

• du la voix du Seigneur, * — VI. I, 3, 5, 8.— D'après ces passages, il est évident que Jéhovah-Sébaoth et Seigneur ont le même sens; mais il est dit Seigneur Jâhovih, surtout lorsque le secours de la toute puissance est cherché et imploré , comme dans Esaïe : « Dis » aux villes de Juda : voici votre Dieu : voici, le Seigneur Jêhovih » viendra dans sa force, et son bras dominera sur Lui-Même ; voici

• Si» récompense avec Lui , et Son œuvre devant Lui ; comme un » pasteur il paîtra son troupeau. » — XL. 9, 10, 11 ; — qu'alors il soit dit le Seigneur Jêliovilt, on le voit en outre dans — Esaïe, \\V. 8 ; XL. 10; XLVIIL 16; L. II. 5, 7, 9: LXI. 1. Jérém. IL 22. Ezéch. VIII. 1 ; XL 13, 17, 21 ; XII. 10, 19, 28; XIII. 8. 13, 1b\ 18. 20 ; XIV. A, 6, 11, 18, 20, 21. Mich. I. 2. Ps. LXXI. 5, h), el dans plusieurs autres passages. — En outre, dans la Parole de l'Ancien Testament, Seigneur renferme le même sens que Jéhovah, savoir, en ce que Seigneur se dit quand il s'agit du bien, aussi estce pour cela qu'il y a entre Seigneur et Dieu la même distinction qu'entre Jéhovah et Dieu; ainsi dans Moïse : « Jéhovah votre Dieu. » Lui [est) le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs. » — Deutùr. X. 17. — Dans David : « Célébrez le Dieu des dieux.

• parce qu'éternellement (demeure) sa miséricorde ; célébrez le Seigneur des seigneurs; parce qu'éternellement (demeure) sa mi-

» séricorde. » — Ps. CXXXVI. 1, 2, 3. — Mais dans la Parole du Nouveau Testament, chez les Evangélistes et dans l'Apocalypse, Jéhorah n'est nommé nulle part, mais au lieu de Jéhovah il est dit Seigneur ; et cela, pour des raisons secrètes dont il sera parlé plus bas : One dans la Parole du Nouveau Testament il soit dit Seigneur nu lieu de Jéhovah, on peut le voir clairement dans Marc : « Jésus

• dit : Le premier de tous les préceptes est : Ecoute Israël : Le •> Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur; c'est pourquoi tu aimeras lo Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton une. et de toute ta pensée, et de toutes tes forces. » — XII. 29.

;10. — Ce même passage est exprimé ainsi dans Moïse: « Ecoute Israël : Jéhotah notre Dieu (est) un seul Jéhovah, et tu aimeras

» Jéhovah ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toutes tes forces. »— Deulér. VI. û, 5 ;— de là il est évident qu'il

esl dit le Seigneur à la place de Jéhovah : il en est de même dans

•lean : « Je vis, et voici, un trône avait été dressé, dans le ciel, et

» sur le trône quelqu'un étai^assis ; autour du trône {étaient) qua- » tre A%jm|i pleins d'yeux devant et derrière ; chaque Animal » avait pmPjioi six ailes tout autour, et au-dedans elles étaient » pleines d'yeux ; ils disaient : Saint , Saint, Saint le Seigneur Dieu » tout puissant. »— Apoc. IV. 2, G, 8 ;— cela est exprimé ainsi dans Esaïe : « Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé; les » séraphins se tenaient au-dessus de Lui , six ailes six ailes à cha- » cun ; ils crièrent l'un à l'autre : Saint, Saint, Saint, Jéhovah » Sébaoth. » — VI. 1, 3, 5, 8 ;— là il est dit le Seigneur au lieu de Jéhovah, ou plutôt le Seigneur Dieu tout puissant au lieu de Jéhovah Sébaoth ; que les quatre Animaux soient des Séraphins ou des Chérubins, c'est ce qu'on voit clairement dans Ezéchiel, chap. I. 5, 13, 14, 15, 19; ch. X. 15.— Que dans le Nouveau Tesfament Seigneur soit employé pour Jéhovah, on le voit aussi par plusieurs autres passages; par exemple dans Luc: » Un Ange du Seigneur apparut à Zacharie. ■ — î. 11; — un Ange du Seigneur au lieu d'un Ange de Jéhovah. Dans le Même, l'Ange dit à Zacharie, au sujet de son lils: « Il convertira plusieurs des lils d'Israël au Seigneur leur Dieu. »— 1. 16; — au Seigneur leur Dieu au lieu de à Jéhovah leur Dieu : dans le Même , l'Ange dit à Marie en parlant de Jésus : « Celui-ci sera grand, et il sera appelé Fils du Très-Haut, et le » Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David. >.— 1.32;— le Seigneur Dieu, au lieu de Jéhovah Dieu : dans le Même: a Marie » dit : Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli » d'allégresse sur Dieu mon sauveur. » — I. 46, 47 ; — là aussi le Seigneur au lieu de Jéhovah : dans le MC'ine , Zacharie prophétisa en disant : « Béni (soit) le Seigneur, le dieu d'Israël. >— I. 68 — le Seigneur Dieu au lieu de Jéhovah Dieu : dans le Même: « Ln Ange du Seigneur se présenta aux bergers, et la gloire du » Seigneur resplendit autour d'eux ; » — 11.9 ; — un Ange du Seigneur et la gloire du Seigneur au lieu d'un Ange de Jéhovah et de la gloire de Jéhovah. Dans Matthieu : a Béni (soit) celui qui vient au *Nom du Seigneur. »— XXI. 9; XXIII. 39;Luc, XIII. 35. Jean, XII. 13 ; au nom du Seigneur au lieu de au nom de Jéhovah ; outre plusieurs autres passages, comme Luc, I. 28; II. 15, 22, 23, 24. 29, 38, 39; V. 17. Marc, XII. 10, 11. Au nombre des raisons secrètes pour lesquelles Jéhovah a été appelé Seigneur sont celles-ci :

GENÈSE. CHAI». VINGT-TROISIEME. lifô

c'est que si, à cette époque, il eût été dit que le Seigneur était le Jéhovah tant «!«' lois nommé dans l'Ancien Testament, VoirN* 1786, on ne l'aurait pas admis, parce qu'on ne l'aurait pas cru. C'est aussi parce que le Seigneur quant à l'Humain n'est devenu Jébovah que lorsqu'il eut entièrement uni l'Essence Divine a l'Essence Humaine, et l'Essence Humaine à l'Essence Divine, Voir N°' 1725, 1729. 1733, 1745, 1815, 215(5, 2751 ; l'union pleine et entièreaété faite après la dernière tentation, qui fut celle de la croix , aussi les disciples après la résurrection l'ont-ils toujours appelé Seigneur, — Jean, XX. 2,13, 15,18, 20,25; XXI. 7,42,15,10,17, 20. Marc, XVI. 19, 20; et Thomas a dit : « Mon Seigneur et mon Dieu. • — Jean, W. 28; — et comme le Seigneur était le Jéhovah qui a été si souvent nommé dans l'Ancien Testament, c'est aussi pour cela qu'il a dit aux disciples : « Vous M'appelez Maître et Seigneur, et vous »dites bien, car je {le) suis.» — Jean, XIII. 13, 14, 10, — parolesqui signifient qu'il était Jéhovah Dieu; là, il est dit Seigneur quant au bien, et Maître quant au vrai. Les paroles de l'Auge aux bergers mon. cent encore que le Seigneur était Jéhovah : « Il vous est né » aujourd'hui un Sauveur, qui est Christ-Seigneur. * — Luc, II. 11, — Christ au lieu de Messie, d'Oint, de Roi ; Seigneur au lieu de Jéhovah; Christ , quant au vrai; Seigneur quant au bien. Celui qui ne scrute pas avec soin la Parole ne peut pas savoir cela, croyant que notre Sauveur a été, comme d'autres, appelé Seigneur, d'après la formule ordinaire de vénération , tandis que cependant il s'est nommé Lai- Même Seigneur, parce qu'il était Jéhovah.

2922. Dans l'élite de nos sépulcres , signifie le bon plaisir quant à ta régénération: cela est évident par la signification d'élire, d'élection et d'éUte, en ce que c'est au choix ou au bon plaisir , et par la signification de Sépulcre , en ce qu'il est la résurrection et la régénération, N- 2016.

2023. Enseveli» ton mort, signifie qu'ainsi ils sortiraient de la nuit et seraient ressuscités pour la rie : on le voit par la signification tVcnscvt tir. en ce que c'est se relever ou être ressuscité pour la vie, N° 2016; et par la signification du mort en ce que c'est la nuit quant aux biens et quant aux vrais, N°' 2008, 2012. 201 7.

2024. Aucun de nous ne te refusera son sépulcre, signifie qu'ils avaient tons été préparés à recevoir la régé)iération : on le voit

ilxli AKCANES CÉLESTES.

par la signification du sépulcre, en ce que c'est la régénération, N* 2916 ; et par la signification de ne pas refuser en ce que cela concerne la volonté de recevoir.

2025. Pour ensevelir ton mort, signifie pour sortir de la nuit et être ressuscitas : on le voit par la signification à* être enseveli, et du mort, en ce que c'est sortir de la nuit et être ressuscité quant aux biens et aux vrais de la foi, ainsi qu'il a été dit ci-dessus N* 2923, où sont les mêmes paroles.

2926. Vers. 7,8. Et Abraham se leva et se prosterna devant le peuple de la terre, devant les fils de Cheth. Et il parla avec eux, en disant : S'il est selon votre âme que j'ensevelisse mon mort de devant moi, écoutez-moi, et intercédez pour moi auprès d'Ephron, fils de Zochar. — Abraham se leva et se prosterna, signifie la joie du Seigneur à cause de la réception de bonne volonté : devant le peuple de la terre, devant les fils de Cheth, signifie de la part de ceux qui sont de la nouvelle Eglise spirituelle : il parla avec eux, en disant, signifie la pensée et la perception à leur égard : ai c'est selon votre âme, signifie si c'est par l'affection du vrai d'après le cœur : que f ensevelisse mon mort de devant moi, signifie qu'ils veulent sortir de la nuit et ressusciter : écoutez-moi, signifie qu'ils devaient obéir : et intercédez pour moi auprès d'Ephron fils de Zochar, signifie ceux chez qui le vrai et le bien de la foi pouvaient être reçus.

2927. Abraham se leva et se prosterna, signifie ta joie du Seigneur à cause de la réception de bonne volonté: on le voit par la signification de se lever, en ce que cette expression renferme quelque chose de l'élévation, X 2401, 2785 ; l'allégresse et la joie élèvent le mental, c'est pourquoi ici il est dit qu' Abra/iam se leva: par la représentation d'Abraham, en ce qu'il est le Seigneur, comme il a été déjà dit fort souvent;. et par la signification de se prosterner, en ce que c'est se réjouir; le prosternement est un geste du corps qui provient non-seulement de l'humiliation, mais encore de la joie ; qu'il provienne de la joie et que ce soit à cause de la réception de bonne volonté, c'est ce qu'on voit clairement d'après ce qui précède et ce qui suit.

2928. Devant le peuple delà terre, devant les fils de Cheth, signifie de ta part de ceux qui sont de l'Eglise spirituelle : on le

voit par la significaliou du peuple, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les vrais , par conséquent les spirituels, N°' 1259, 1260; par la signification de la terre, en ce qu'elle est l'Eglise, ND' 0(52, 1066, 1067, 1262, 1733, 1850, 2117, 2118 f.; et par la signification des fils de Cheth, en ce qu'ils désignent ceux qui sont de la nouvelle Eglise spirituelle, N° 2913. Le peuple de la terre est une expression employée ça et là dans la Parole, quand il s'agit d'Israël et de Jérusalem, et dans le sens interne il signifie l'Eglise spirituelle ou ceux qui sont de l'Eglise spirituelle, car par Israël et par Jérusalem on entend cette Eglise : quand il s'agit de Juda et de Sion, il est dit la Nation, et la nation signifie l'Eglise céleste, car par Juda et par Sion on entend cette Eglise : qu'il soit dit le peuple (le la terre, quand il s'agit d'Israël et quand il s'agit de Jérusalem, c'est ce qu'on voit par plusieurs passages de la Parole, ainsi quand il s'agit de l'Eglise spirituelle, comme dans Ezéchiel : * Dis au Peuple de la terre : ainsi a » dit le Seigneur Jéhovih aux habitants de Jérusalem , à l'humus t d'Israël: Ils mangeront leur pain dans le chagrin, et ils boiront

• leurs eaux dans la dévastation , afin que sa Terre soit dévastée ;

• les villes habitées seront dévastées et la Terre sera désolée. » — XIL 19, 20; — là, dans le sens interne, Jérusalem et l'humus d'Israël signifient l'Eglise spirituelle; le pain et l'eau, la charité et la foi, ou le bien et le vrai ; la terre, l'Eglise elle-même, qui est dite dévastée quant au bien et désolée quant au vrai. Dans le Même : « La maison d'Israël ensevelira Gog et sa multitude, afin de net- . toyerla Terre, pendant sept mois, et tout le Peuple de la terre les ■ ensevelira. • — XXXIX. 11 à 13; — Gog est le culte externe séparé de l'interne, culte qui est idolâtre, N° 1151 ; la maison d'Israël est l'Eglise spirituelle quant au bien; le peuple de la terre, cette Eglise quant au vrai ; la terre est l'Eglise elle-même ; que la trrre soil l'Eglise, c'est parce que la Terre de Canaan représentait le Royaume du Seigneur, cl par conséquent l'Eglise, car le Royaume du Seigneur sur les terres est l'Eglise. Dans le Même : « Tout le » Peuple de ta terre sera à cette Thérumah (offrande élevée) au » Prince d'Israël ; et le Prince sacrifiera dans ce jour pour lui et

• pour tout le Peuple de la terre le jeune taureau du péché. Le - Peuple de la terre se prosternera à l'entrée de la porte aux Sab- » bats et aux nouvelles lunes : et le Peupli de (a (erre entrera aux

l!iï> ARCANES CÉLESTES.

■ fêtes solennelles. » — XLV . 16, 22. \LV1. 3, 9 ; — là, il s'agit de la Nouvelle Jérusalem, c'est-à-dire, du Royaume spirituel du Seigneur; ceux qui sont dans ce Royaume sont appelés le Peuple de la terre ; le Prince est le Vrai Divin qui procède du Seigneur. Il est dit : Devant les fils de Cheth, parce que les fils signilient les vrais. Voir N*1 489, 491, 533, 1147, 2623 : si les vrais se disent des spirituels, cela vient de ce que les Spirituels sont initiés par les vrais dans le bien, c'est-à-dire, par la foi dans la charité; et comme ils font le bien d'après l'affection du vrai, sans savoir que c'est le bien autrement que parce qu'ils ont été ainsi instruits, leur conscience est aussi fondée dans ces vrais de la foi, Voir N0i 1155, 1577, 2046. 2088, 2184, 2507, 2715, 2716, 2718. ^

2929. // parla avec eux en disant, signifie la pensée et la perception à leur égard : on le voit par la signification de parler et de dire, en ce que c'est penser et percevoir, N" 1898, 1919, 2080. 2271, 2287, 2506, 2515, 2552, 2619.

2930. Si c'est selon votre âme, signifie si c'est par ï affection du vrai d'après le cœur : on le voit par la signification de Y Ame dans le sens interne : Dans la Parole, on rencontre souvent ces expressions : de cœur et d'âme, ou de tout cœur et de toute âme, et par elles il est signifié que c'est de toute volonté et de tout entendement ; chacun peut savoir que l'homme a deux facultés, savoir, la volonté et l'entendement, et que la volonté est une faculté séparée de l'entendement, car nous pouvons comprendre le bien et lo vrai, mais néanmoins vouloir le mal et le faux; l'homme dès le commencement fut créé de telle sorte que chez lui la volonté et l'entendement faisaient un, de manière qu'il ne pensait pas autre chose que ce qu'il voulait, et ne voulait pas autre chose que ce qu'il pensait ; un tel état existe chez les Célestes, et a existé dans l'Eglise Céleste qui a été appelée l'Homme ou Adam : mais chez les Spirituels, ou dans l'Eglise Spirituelle , une faculté est séparée d'avec l'autre, savoir, l'intellectuelle d'avec la volontaire, et l'homme quant à celle-là, savoir, quant à la partie intellectuelle, est réformé par le Seigneur, et il y est formé une nouvelle volonté et un nouvel entendement, N- 863, 875, 895, 897, 927, 928, 1023, 1044, 2266; la nouvelle volonté que le Seigneur y forme est celle qui est appelé Cœur, et le nouvel entendement est celui qui est appelé Ame, et quand

GENÈSE, CHAP. VINGT-DEUXIÈME. ihl

il est dit de tout cœur et de toute àmc, il est signifié que c'est de toute volonté et de tout entendement : \oi!à ce qui est signifié par le cœur et par l'âme, dans Moïse : • Tu aimeras Jéhovah ton Dieu i de tout ton cœur et de toute ton Ame, et de toutes les forces. » — Deutér. VL 5 : — dans le Même : « Maintenant Israël, qu'est-ce > que Jéhovah ton Dieu demande de toi, sinon que tu craignes

• Jéhovah ton Dieu, en marchant dans tous ses chemins, et en » L'aimant, et en servant Jéhovah tou Dieu de tout ton eœur et de « toute ton âme. » — Deutér. X. 12. XI. 13 : — dans le Même : « En ce jour Jéhovah ton Dieu te commande de faire ces statuts » et ces jugements, et garde-les et fais-les de tout ton eœur et de

• toute ton âme. » — Deutér. XXVI. 16 : —dans le Livre des Rois : « David à Salomon: Jéhovah maintiendra sa parole qu'il a prononcée » sur moi, en disant: si tes fils gardent leur chemin pour marcher

• devant Moi dans la vérité de tout leur cœur cl de toute leur âme,

• en disaut : l'homme de ta [race] ne sera point retranché de des* » sus le trône d'Israël. » — I Rois, II. à : — dans Matthieu : « Tu » aimeras le Seigneur ton Dieu de tout tou eœur et de toute ton » âme. » — XXII. 37. Marc , XII. 29, 30. — La même chose se dit aussi de Jéhovah ou du Seigneur, parce que de là procèdeni chez l'homme de l'Église l'affection du bien qui appartient à la volonté, et l'affection du vrai qui appartient à l'entendement; ainsi dans Samuel : «Je Me susciterai un prêtre fidèle, selon [qu'iiest) dans ■ mon eœur et dans mon situe.* — I Sam. II. 35 : — et dansJérémie: « Je me réjouirai sur eux, pour leur faire du bien, et je les plan-

• terai dans cette terre dans la vérité, de tout mon eœur et de tonte » mon Ame. » — XXXII. 41. — Ailleurs çà et là, daus la Parole, l'Ame signifie aussi l'affection du vrai, comme dans Esaïc ; « En

• mon Àffte je T'ai désiré dans la nuit, même en mon esprit au p milieu de Moi je T'ai cherché le matin, car de même que tes

• jugements pour la terre, les habitants du globe apprennent la » justice. » — XX\ I. 9 : — dans ce passage, l'âme est l'affection du vrai, l'esprit est l'affection du bien ; que les jugemenls se disent des vrais, et que la justice se dise du bien, c'est ce qu'on voit, \ '2'23ï : dans le Même: « L'insensé parle folie pourrendre vide Y Ami- » affarnée, et faire défaillir celle qui est altérée, de boisson. •> — XXAIL <> ; — l'àmeaffamée que l'insensé rend vide . c'est le désir du

bien, l'âme altérée de boisson que l'insensé fait défaillir, c'est le désir du vrai : dans Jérémie : « Leur Ame deviendra comme un » jardin arrosé; et j'arroserai Y Ame fatiguée, et je remplirai toute * Ame languissante. » — XXXI. 12, 25 ; — l'âme, c'est l'affection du vrai et du bien : dans le Même : « Tout son peuple (est) gémis- » sant, cherchant du pain, ils ont donné leurs choses désirables » pour de la nourriture, pour restaurer leur Ame. Il est loin de m Moi celui qui console, qui restaure mon Ame; mes fils sont de- » venus désolés. Ils ont cherché de la nourriture pour eux, afin de » restaurer leur Ame. » — Lament, I. 11, 16, i9; — l'Ame, c'est la vie de l'affection du bien et du vrai ; la nourriture, c'est la sagesse et l'intelligence. Il est dit que l'âme signifie l'affection du vrai d'après le cœur, parce qu'il y a des affections du vrai qui ne sont point d'après le cœur, par exemple celles qui proviennent de l'amour de soi ou de la prééminence , de l'amour du monde ou des richesses, de l'amour de mériter ; par ces amours existent pareillement des affections du vrai, mais elles ne sont pas pures ; elles viennent de la volonté de la chair, et non du cœur, ce qui vient du cœur procède du Seigneur. En outre, dans la Parole, l'Ame signifie dans le sens universel toute vie, Voir N" 1000, 1005, 1040, 1742 ; car, dans le sens universel l'Ame est ce par quoi une autre chose Est et Vit ; ainsi l'âme du corps est son esprit, car le corps vit par son esprit ; mais l'âme de l'esprit est sa vie encore intérieure d'après laquelle il a la sagesse et l'intelligence.

2931. Que j'ensevelisse mon mort de devant moi, signifie qu'ils veulent sortir de la nuit et ressusciter : on le voit par la signification d'être enseveli, en ce que c'est ressusciter; et par celle du mort en ce qu'il est la nuit quant aux biens et aux vrais de la foi,

comme il a été dit ci-dessus , N0' 2923, 2925, où sont les mêmes

expressions.

2932. Ecoutez-moi, signifie qu'ils devaient obéir : on le voit par la signification d'écouter, en ce que c'est obéir ou obtempérer, N" 2542.

2933. Et intercédez pour moi auprès d'Ephron fils de Zochar, signifie ceux chez qui le vrai et le bien delà foi pouvaient être re- < us : on peut le voir en ce que le champ, et dans le champ la Caverne où Sarah devait être ensevelie, appartenaient à Ephron, et comme

la sépulture siguilic la régénération, N° 291G, il s'en suit qu'Ephron signifie ceux chez qui le vrai et le bien de la foi pouvaient être reçus : les fils de Clicth les représentent aussi, en tant qu'ils étaient de la ville d'Kphron, et en tant qu'ils étaient son peuple. Ici intercéder signifie être préparé à recevoir.

2934. Vers. 9. Et qu'il me donne la caverne de Machpélah, qui lui (appartient), qui (est) au bout de son champ : pour de l'argent valable, qu'il me la donne au milieu de vous, comme possession de sépulcre. — Qu'il me donne la caverne de Machpélah qui lui (appartient) signifie l'obscur de la foi dans lequel ils sont : qui (est) au bout du champ, signifie où il y a peu de chose de l'Église : pour de l'argent valable, signifie la rédemption par le vrai : qu'il me la donne au milieu de vous comme possession de sépulcre, signifie la possession de cette manière par la régénération.

2935. Qu'il me donne la caverne de Machpélah, signifie l'obscur de la foi dans lequel ils soiit : on le voit par la signification de la Caverne, en ce qu'elle est l'obscur, N° 2463 ; et par la signification «le Machpélah , en ce qu'elle est la foi qui est daus l'obscur. Si la Caverne signifie l'obscur, cela vient de ce que c'est un lieu ténébreux ; quand il est dit la caverne de la montagne, c'est l'obscur du bien, mais quand il est dit la caverne du champ de Machpélah, c'est l'obscur du vrai ; ici comme il est dit la caverne de Machpélah, et que c'était à Machpélah que se trouvait le champ au bout duquel était la caverne, c'est l'obscur du vrai, ou, ce qui est la môme chose, l'obscur de la foi ; d'où l'on voit aussi que Machpélah est la foi qui est dans l'obscur. Ceux qui sont régénérés et deviennent spirituels sont principalement dans l'obscur quant au vrai ; le bien, à la vérité, influe du Seigneur chez eux, mais il n'eu est pas de même du vrai ; c'est pourquoi entre le Seigneur et le bien chez l'homme , il y a parallélisme et correspondance , mais il n'y en a pas entre le Seigneur et le vrai, Voir N" 1S32 : la cause principale, c'est qu'ils ne savent point ce que c'est que le bieu, et lors même qu'ils le sauraient, toujours est-il qu'ils ne croient point du fond du cœur, et taut que le bien est pour eux dans l'obscur, le vrai y est aussi, car tout vrai provient du bien ; mais pour parler plus clairement, ils ne savent que très-obscurément que le Scigueur est le bien même, et que loul ce qui appartient à ramourpourLui cl à la

charité envers le prochain est le bien, et que tout ce qui affirme et confirme le bien est le vrai ; de plus, ils entretiennent môme des doutes, et admettent des raisonnements contre ces vérités; et tant qu'ils sont dans un tel état , la lumière du vrai ne peut influer du Seigneur; bien plus, ils pensent a l'égard du Seigneur comme à l'égard d'un autre homme, et non comme à l'égard de Dieu, ils pensent sur l'amour pour Lui d'après une sorte d'amour mondain; à peine savent-ils ce que c'est que l'affection réelle de la charité envers le prochain, et môme ce que c'est que la charité et ce que c'est que le prochain, lorsque cependant ces connaissances sont essentielles; on voit par là combien les Spirituels sont dans l'obscur ; et cet obscur est encore plus grand avant la régénération ; c'est de cet état qu'il s'agit ici.

2936. Qui est au bout du champ, signifie où il y a peu de chose de t* Eglise : on le voit par la signification du bout ou de l'extrémité, en ce que c'est peu de chose ; et par la signification du champ, en ce qu'il est l'Église, et la doctrine qui appartient à l'Église, N° 368 : que le bout ou l'extrémité soit peu de chose, c'est ce qu'on peut voir par la description de la terre, de l'humus et des champs dans la Parole, leur milieu signifie beaucoup, mais leur limite signifie peu, cette limite est aussi nommée Circuit ; cela vient de ce qu'autour de la limite cesse le représentatif; par conséquent ici le bout du champ signifie peu de chose de l'Église.

2937. Pour de l'argent valable, signifie la rédemption par te vrai: on le voit par la signification de l'argent, en ce qu'il est le vrai, N" 1551 ; et par la signification de qu'il me donne en écliangc d'argent ou pour de l'argent, en ce que c'est acheter, et, dans le sens spirituel , racheter : que les Spirituels soient dits achetés par argent, c'est-à-dire, rachetés par le vrai, on le voit N° 2048 ; cela vient de ce que c'est par le vrai de la foi qu'ils sont régénérés, c'est-à-dire, introduits vers le bien ; car l'homme spirituel n'a pas, comme l'homme céleste, la perception du bien, mais le vrai est ce par quoi il connaît, et ensuite ce d'après quoi il reconnaît l'existence du bien, et lorsqu'il reconnaît et croit , le vrai devient pour lui un bien, et il en est affecté comme d'un bien , qui devient tel qu'est pour lui le vrai : c'est de là que les Spirituels sont dits rachetés par le vrai : mais néanmoins ce n'est point par le vrai que la qualité du

bicu naît et est produite , mais c'est par l'influx du bien dans la qualité du vrai.

2938. Qu'il me la donne au milieu de voua comme possession d( sépulcre, signifie la possession de celle manière par la régénération: on peut le voir sans explication ; car il a été montré ci-dessus Y 2916, que le sépulcre est la régénération.

2939. Nets. 10. El Ephron était assis au milieu des fils de Chcth, et Epliron le Chiltéen répondit à Abraham aux oreilles des fils de Chet/t, de tous ccilc qui entraient par la porte de sa ville, en disant : — Ephron était assis au milieu des fils de Chet/t, signifie ceux par qui le bieu et le vrai de la foi pouvaient être reçus au premier rang: et Ephron le Chiltéen répondit à Abraham, signifie l'état de leur réception : aux oreilles des fils de Chcth signilie l'obéissance ; de tous ceux </ui entrent par la porte de sa ville, eu disant, signifie quant aux doctrinaux par lesquels existe la foi.

'l^hO. Ephron était assis au milieu des fils de ( lu th , signifie t eux par gui le bien et le vrai de la foi pouvaient être reçus au premier rang: on le voit par la représentation d' Ephron, et par la signification des fils de Chcth, en ce qu'ils sont ceux chez qui le v rai et le bien de la foi pouvaient être reçus, et chez qui la nouvelle Église allait être établie, N°* 2913, 2939; et d'après la signification du milieu ou d'au milieu, eu ce que c'est ce qui est au premier rang, ou le principal, et aussi l'intime, \ 1074. Si le Milieu, dans le sens interne, signifie ce qui est au premier rang ou le principal, et aussi l'intime, c'est d'après les représenta tifs dans l'autre vie; lorsque quelque bieu est représenté par des idées spirituelles, le meilleur se fixe dans le milieu, et les décroissements du bien se fixent ensuite à partir du milieu par degrés, et au dernier degré vers la circonférence < trouvent des choses qui ne sont pas des biens; de là vient que au milieu signilie non-seulement c e qui est au premier rang ou le principal, mais encore l'intime ; de celle manière sont encore représentées les idées de la pensée, et aussi les affections; et tous les changements d'étal, de même, en ce que les biens ou les maux varient quant à la situation vers le milieu : cela tire son origine de la forme des choses spirituelles et des choses célestes, qui est telle.

29A1. Et Ephron le Chiltéen répondit à Abraham, signifie l'étal de leur réception : 00 le voit par la signification de répondre

quand il y a consentement, en ce que c'est la réception, ainsi que cela est encore évident d'après ce qui suit : Ici Ephron est appelé Chittéen, afin qu'il représente l'Église spirituelle comme chef et prince.

2942. Aux oreilles des fils de Cheth, signifie l'obéissance : on le voit par la signification de V oreille , en ce qu'elle est l'obéissance, N* 2542.

2943. De tous ceux gui entraient par la porte de sa ville, en disant, signifie quant aux doctrinaux par lesquels existe la foi : on le voit par la signification de la porte, en ce qu'elle est l'introduction, par conséquent ce qui introduit, de même que l'entrée, N*% 2145, 2152, 2356, 2385; et par la signification de la ville, en ce qu'elle est le vrai qui appartient à la foi, N°« 402, 2268, 2450, 2451, 2712. Dans l'Ancienne Eglise, les villes n'étaient pas des villes telles que celles qui ont existé plus tard et qui existent aujourd'hui, savoir, des assemblées et des congrégations d'hommes, mais elles étaient des cohabitations de familles séparées ; la famille d'un même père constituait une ville; ainsi, la ville de Nachor, vers laquelle se rendit le Serviteur d'Abraham, pour fiancer Rébecca à ïsac. — Gen. XXIV. 10, — c'était la famille de Nachor qui la constituait : et Schalem ville de Séchem, vers laquelle arriva Jacob quand il s'éloigna de Paddan-Aram, — Gen. XXXIII. 18. XXXIV, — c'était la famille de Chamor et de Séchem, qui la formait; il en était de même des autres villes de ce temps-là ; et comme les Anciens tenaient des Très-Anciens que les nations et les familles représentaient les sociétés célestes, par conséquent les choses qui appartiennent à l'amour et à la charité, N°* 685, 1159, delà vient que le vrai, qui appartient à la foi, est signifié quand la ville est nomméeau lieu de la famille, et le peuple au lieu de la nation ; c'est encore de là que la cité de Dieu et la cité Sainte signifient, dans le sens réel la foi pour le Seigneur: et parce que la ville ou la cité signifiait la foi, la porte de la ville signifiait les doctrinaux, parce que ce sont eux qui introduisent dans la foi. Cela était aussi signifié dans l'Église représentative Juive, en ce que les Juges et les Anciens étaient assis à la porte de la ville, et y jugeaient, comme on le voit par les historiques de la Parole, et aussi daus Zacharie : « Voici les choses que vous fe- • rez : Prononcez la vérité, l'homme avec son compagnon; jugez à

» vos portes la vérité et un jugement de paix. » — VIII. 16 —et dan» Amos : « Haïssez le mnl et aimez le bien, et établirez à la porte le » jugement. » — V. 15. — Que la Porte signifie aussi l'accès vers le mental rationnel, et que ce mental soit comparé à une ville, c'est ce qu'on voit N» 2851.

2944. Vers. il. Non, mon Seigneur, écoute-moi, je te donne le champ, et la caverne qui y (est) je te la donne, aux yeux des fils de mon peuple je te la donne; ensevelis ton mort. — Non, mon Seigneur, écoute-moi, signifie ce premier état, dont il a été question précédemment : je te donne le champ et la caverne qui y (est) je te la donne, signifie la préparation par eux-mêmes quant aux choses

qui appartiennent a l'Eglise et à la foi : aux yeux des fils de mon peuple je le la donne, signifie selon l'entendement de tous : ensevelis ton mort, signifie afin qu'ils sortent de la nuit et soient ressuscités.

2945. Non, mon Seigneur, écoute-moi, signifie ce premier état, dont il a été question précédemment, N°* 2935, 2936, savoir, qu'ils étaient dans l'obscur de la foi : on le voit par le refus de vouloir écouter la proposition que leur faisait Abraham de donner de l'argent valable, Vers. 9, c'est-à-dire, dans le sens interne, qu'ils refusaient d'être rachetés par le Seigneur, mais qu'ils voulaient se préparer eux-mêmes, quant aux choses qui appartiennent à l'Église et à la foi, c'est-à-dire se réformer eux-mêmes : ces paroles : Non, mon Seigneur, écoute-moi , renferment l'état, savoir, l'état de leur pensée sur la rédemption et la réformation, car la proposition suit immédiatement

2946. Je te donne le champ, et la caverne qui y est je te la donne, signifie la préparation par eux-mêmes quant aux choses qui appartiennent à l'Église et à la foi : on le voit par la signification du champ, en ce qu'il est l'Église, N" 368, 2936 ; par la signification de la caverne qui y est, savoir, dans le champ, en ce qu'elle est l'obscur de la foi , N° 2935 ; et par la signification de donner le champ et de donner la caverne, ou, ce qui est la même chose, de ne pas recevoir d'argent d'Abraham, en ce que c'est ne pas vouloir être rachetés par le Seigneur, mais vouloir se racheter eux-mêmes, par conséquent se préparer eux-mêmes quant à ces choses. Tel est le premier état de tous ceux qui sont réformés et deviennent spiri-

ibti ARCANES CÉLESTES.

tuels; ils croient que c'est non pas par le Seigneur, mais par euxmêmes qu'ils sont réformés , c'est-à-dire qu'ils croient que tout ce qui appartient à la volonté du bien et à la pensée du vrai vient

d'eux-mêmes; ils sont même laissés par le Seigneur dans cet état, parce qu'ils ne peuvent être réformés autrement; en effet si , avant qu'Us aient été régénérés, on leur disait qu'ils ne peuvent faire quoi que ce soit de bien par eux-mêmes, ni penser quoi que ce soit de vrai par eux-mêmes, alors ou ils tomberaient dans cette erreur qu'il faut attendre l'influx dans la volonté et l'influx dans la pensée , et que si ces influx ne se faisaient pas sentir ils feraient vainement des efforts; ou ils tomberaient dans cette autre erreur que si le bien et le vrai viennent d'autre part que d'eux-mêmes, rien ne leur serait imputé à justice ; ou encore dans cette autre erreur, qu'ainsi ils seraient comme des machines, n'ayant point de liberté ou ne pouvant disposer d'eux-mêmes; ou enfin dans d'autres erreurs encore; en conséquence il leur est donné alors de penser que le bien et le vrai viennent d'eux-mêmes; mais après qu'ils ont été régénérés, il leur est insinué par degrés la connaissance qu'il en est tout autrement, c'est-à-dire que tout bien et tout vrai viennent uniquement du Seigneur; et ensuite, quand ils sont davantage perfectionnés, que tout ce qui ne vient pas du Seigneur est le mal et le faux ; il est donné aux régénérés, sinon dans la vie du corps, du moins dans l'autre vie , non-seulement de connaître cela , mais encore de le percevoir, car tous les Anges sont dans la perception qu'il en est ainsi : qu'on voie ce qui a été dit précédemment sur ce sujet, savoir, que tout bien et tout vrai viennent du Seigneur, N"' 1014, 2016; que toute intelligence et toute sagesse viennent du Seigneur, N" 109, 112, 121, 124 : que l'homme par soi-même ne peut rien faire de bien, ni rien penser de vrai, N°* 874, 875, 870 : que néanmoins chacun doit faire Je bieu comme de son propre, et ne pas se tenir les bras croisés, N° 1712 : que si l'homme fait lui-même des efforts pour résister au mal et pour faire le bien comme par lui-même, il reçoit du Seigneur le propre céleste, Noi 1937, 1947.

2947. Aux yeux des /ils de mon peuple je te la donne, signifie quant à l'entendement de tous : on le voit par la signification des yeux, en ce qu'ils sont l'entendement, N°2701; et par la signification des /ils du peuple, eu ce qu'ils désignent tous; les fils du peu-

pie sont ceux qui d'abord ont été initiés dans les vrais, car le peuple signifie ceux qui sont dans les vrais, N"* 1259, 1260; c'est pour cela qu'il n'est pas dit aux yeux de mon peuple, mais aux yeux des tils de mon peuple.

2948. Ensevelis ton mort, signifie afin qu'Us sortent de la nuit et soient ressuseitès : on le voit par la signification d'être enseveli, en ce que c'est se relever, ou, ce qui est la même chose , être ressuscité : et par la signification du mort, en ce que c'est la nuit quant aux biens et aux vrais de la foi, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N" 2917, 2923, 2925, 2931, où sont les mômes expressions.

2949. Vers. 12, 13. Et Abraham se prosterna devant te peuple de la terre. Et il parla à Ephron aux oreilles du peuple de la terre, en disant : Cependant s'il te plait, toi, houte-moi : J e donnerai l'argent duehamp, reeois-(\e) de moi, et que j'y ensevelisse mon mort. — Abraham se prosterna devant le peuple de la terre, signifie la joie du Seigneur à cause de la bienveillance de ceux qui sont de la nouvelle Église spirituelle : et il parla à Ephron, signifie l'influx chez ceux qui pouvaient recevoir: aux oreilles du peuple de la terre, signifie jusqu'à l'obéissance quant aux vrais de l'Église : eependant s'il te plait, toi, e"eoute-moi, signifie l'influx intérieur: je donnerai l'argent du champ, reçois- (le) de moi, signifie la rédemption quant aux vrais de l'Église, rédemption qui est opérée par le Seigneur : et que j'ensevelisse mon mort, signifie qu'ainsi ils sortiraient de la nuit et seraient vivifiés.

2950. Abraham se prosterna devant le peuple de la terre, signifie la joie du Seigneur à cause de la bienveillance de ceux qui sont de la nouvelle Eglise spirituelle : on le voit par la signification de se prosterner, en ce qu'ici c'est se réjouir, comme aussi ci-dessus N° 2927 ; par la représentation d'Abraham, en ce qu'il est le Seigneur, ainsi qu'il a déjà été dit très souvent; et par la signification du peuple de fa terre, en ce qu'il désigne ceux qui sont de l'Kglisc spirituelle, comme il a été dit ci-dessus, N° 2928, où sont les mêmes paroles; mais là « il se prosterna devant le peuple de la terre. » devant les fils de Cbeth, » Vers. 7; s'il y est dit aussi les fils de Cbefh, c'est parce que là sont signifiés ceux de l'Église qui d'abord sont initiés, comme ils sont aussi signifiés par les fils du peuple, V 2947 ; tandis qu'ici ce sont ceux qui font des progrès, c'est pour

cela qu'il est dit simplement le peuple de la terre sans qu'il soit ajouté les fils de Cheth ; et là est signiûée la joie à cause de la réception de bonne volonté; ici, à cause de la bienveillance; d'abord c'est la réception, parce qu'elle appartient à l'entendement; la bienveillance vient ensuite , parce qu'elle appartient à la volonté , Voir N°

2951. Et il parla à Ephron, lignifie C influx chez ceux gui pouvaient recevoir : on le voit d'après la signiûcation de parier, en ce que c'est penser, N" 2271, 2287, et aussi vouloir, N" 2626, par conséquent influer, parce que l'influx se fait par le penser et le vouloir ; et d'après la représentation d' Ephron, en ce que ce sont ceux chez qui le vrai et le bien de la foi pouvaient être reçus, N° 2933.

2952. Aux oreilles du peuple delà terre, signifie jusqu'à l'obéissance quant aux vrais de l'Eglise : on le voit par la signification de l'oreille, eu ce qu'elle est l'obéissance, N"' 2542, 2942; et par la signifleation du peuple de la terre, en ce qu'il désigue ceux qui sont de l'Église spirituelle, et aussi les vrais de cette Église, N" 1259, 1260, 2928.

2953. Cependant s'il te plaît, toi, écoute-moi, signifie l'influx intérieur : on peut le voir par la série du dialogue ; que ces mots, Abraltam parla à Ephron, aient signifié l'influx, c'est ce qui vient d'être dit N° 2951 ; ici le dialogue continue, et l'attention est réveillée en ce qu'il est dit : cependant s'il te plait, toi, écoutemoi, c'est donc un influx intérieur qui est signifié. Tel est le sens interne, que les mots et les paroles ne sont presque rien, mais que leur sens découlant de la série présente l'idée, et même devant les anges l'idée spirituelle, à laquelle le sens externe ou littéral sert d'objet ex quo; en effet ce sont les idées de la pensée de l'homme qui sont les objets des pensées spirituelles chez les Anges, et même, principalement, ces idées de la pensée chez l'homme qui proviennent de la Parole, par la raison que là toutes les choses représentent et que tous les mots tant en général qu'en particulier signifient, et qu'à l'instant il est remarqué que c'est de la Parole, parce que les spirituels et les célestes s'y suivent dans leur ordre d'une manière très régulière et que dans les uns et dans les autres il y a le saint d'après le sens interne qui traite seulement du Seigneur et de son Royaume.

2954. Je donnerai l'argent du champ, reçois-le de moi, signifie

la rédemption quant aux vrais de V Eglise , rédemption qui est opérée par le Seigneur : on le voit par la signification de donner l'argent, en ce que c'est racheter par le vrai, N° 2937, car l'argent est le vrai, IV 1551; par la signification du ehamp, en ce qu'il est l'Église, et la doctrine du vrai, N°* 368, 2936 ; et par la signification de recevoir de moi, en ce que c'est le réciproque chez ceux qui sont de l'Église; le réciproque est la foi que la rédemption est opérée par le Seigneur seul. Quant à ce qui concerne la Rédemption, elle est la même chose que la Réformation et la Régénération, et par suite la délivrance de l'enfer et la salvation ; la Rédemption , ou la réformation et la salvation des hommes de l'Eglise spirituelle, s'opère par le vrai, mais celle des hommes de l'Eglise céleste se fait par le bien; les raisons en ont déjà été données ça et là, savoir, que les spirituels n'ont rien de la volonté du bien , mais qu'à la place de cette volonté ils ont été gratifiés de la faculté de comprendre ce que c'est que le bien, l'entendement du bien est principalement ce qu'on appelle le vrai, et même le vrai de la foi, tandis que vouloir ce vrai et par suite le faire, c'est ce qu'on appelle le bien ; les Spirituels sont donc par l'entendement du bien, ou, ce qui est la même chose, par le vrai, introduits dans la volonté du bien, ou, ce qui est la même chose, dans le bien, non pas dans quoi que ce soit de la volonté du bien d'après eux-mêmes, parce quela volonté du bien chez eux a été entièrement détruite, N°* 895, 927, 21 24, mais dans une volonté nouvelle qu'ils reçoivent du Seigneur , N°* 863, 875, 1023, 1043, 1044, et lorsqu'ils ont reçu cette volonté, ils sont spécialement appelés rachetés.

2955. Que j'ensevelisse mon mort, signifie qu'ils sortiraient delà nuit et seraient vivifiés: on le voit parla signification d'emevelir et du mort, N°' 2917, 2923, 2925, 2931, 2948; ici, ils sont dits être vivifiés, parce qu'ils sont en progrès de recevoir la foi; car, d'après la foi, c'est-à-dire, d'après le bien de la foi, ils reçoivent la vie; la viene vient pas d'autre part. Si ces mots, que j'ensevelisse monmort, signifient sortir de la nuit spirituelle et être vivifié, c'est aussi parce que l'Eglise antérieure étant morte, une nouvelle est suscitée à sa place par le Seigneur, ainsi au lieu de la mort il y a la vie, et au lieu de la nuit arrive le malin ; c'est encore parce que chez chaque

AUCANES CÉLESTES.

homme qui est réformé et devient spirituel, son mort est comme enseveli, et un nouvel homme, qui est vivant, se relève ; ainsi chez lui au lieu de la nuit, ou au lieu des ténèbres et du froid , le matin se lève avec sa lumière et sa chaleur : de là vient que chez les Anges qui sont dans la vie du Seigneur, au lieu de l'idée que l'homme a de la sépulture du mort, il y a l'idée de la résurrection et d'une nouvelle vie. C'est aussi de cette manière que la chose se passe, car il y a toujours quelque Eglise sur la terre, et quand une vieille Eglise expire et que la nuit arrive, une nouvelle se relève ailleurs et le matin se manifeste.

2956. Vers. 14, 15. Et Ephron répondit à Abraliwn, en tut disant : Mon Seigneur, écoute moi, une terre de quatre cents sictes d'argent entre moi et toi; qu'est-ecque cela ? et ensevelis donc ton mort. — Ephron répondit à Abraliam, en lui disant, signifie l'état de réception : mon Seigneur, écoute-moi, signifie le premier état de réception : une terre de quatre cents sicles d'argent, signifie le prix de la rédemption par le vrai : entre moi et toi qu'est-ce que cela? signifie qu'il consentait, mais qu'il voulait toujours par lui-même : et ensevelis donc ton mort, signifie, ici comme précédemment la sortie hors de la nuit, et la résurrection qui en résulte.

2957. Ephron répondit à Abraliam , en lui disant, signifie l'état de réception : on le voit par la signification de répondre quand il y a consentement, en ce que c'est recevoir, N° 2941 ; que ce soit l'état de réception qui est signifié ici par répondre et dire, cela est évident d'après ce qui suit. \m \

2958. Mon Seigneur, écoute-moi, signifie le premier état de réception: on le voit aussi par ce qui suit et par ce qui a été dit ci-dessus N* 2945, où sont les mêmes paroles; mais là c'était un refus, tandis qu'ici c'est un acquiescement encore douteux, car il est dit aussitôt après, « entre moi et toi qu'est-ce que cela, » ce qui signifie qu'il consentait, mais qu'il voulait toujours par lui-même : en outre, « Mon

y Seigneur, écoute-moi, » est une formule pour exciter la réflexion d'un autre, mais néanmoins elle renferme l'état delà proposition.

2959. Une terre de quatre cents sicles d'argent, signifie le prix de la rédemption par le vrai : on le voit par la signification de quatre cents sicles, dont il va être parlé ; et par la signification de Yargent, en ce que c'est le vrai, N" 1551, 2048, 2937. Si quatre cents

sir/rs signifient le prix de la rédemption, cela vient de ce que quatre cents signifient la vastation, etiesiWc, le prix ; on peut voir ce que c'est que la vastation, N" 2455 f, 2682, 2604, 2600, 2701 . 2704, c'est-à-dire, qu'il y a deux vastations ; Tune quand l'église périt entièrement, c'est-à-dire, quand il n'y a plusaucunecliaritê* OU aucune foi. alors elle est dite dévastée ou déserte? l'autre, quand ceux de l'Eglise sont réduits dans l'état d'ignorance et aussi dans l'état de tentation, afin que chez eux les maux et les faux soient séparés et comme dissipés; ceux qui sortent de celte vastation sont ceux qu'on appelle spécialement les rachetés, car alors ils sont instruits dans les biens et dans les vrais de la foi, et sont réformés et régénérés par le Seigneur; il est question d'eux daus les N"' cités: maintenant, comme Quatre cents, appliqués au temps, par exemple quatre cents années, signifient la durée et l'état de la vastation, de môme quatre cents, appliqués au sicle, signifient le prix de la rédemption, et lorsqu'en même temps il est dit (Yargen t, ils signifient le prix de la rédemption par le vrai. Que quatre cents années signifient la durée et l'état tle la vastation, on peut le voir par les paroles qui ont été dites à Abraham : a Jéhovah dit à Abraham : En connaissant tu • connaîtras que ta semence sera étrangère dans une terre, non à » eux, et ils serviront ceux-là, et (ceux-là) les affligeront quatre » cents ans. » — Gen. XV. 13; — où l'on voit que par quatre cents ans on entend la durée du séjour des fils d'Israël en Egypte; mais que ce ne soit pas la durée de leur séjour en Egypte qui est signifiée et que ce soit quelque chose qui ne devient manifeste pour personne si ce n'est d'après le sens interne, c'est ce qu'on peut voir en ce que la durée du séjour des fils d'Israël en Egypte n'a été que de la moitié de ce temps, ainsi qu'il devient évident d'après les naissances depuis Jacob jusqu'à Moïse; en effet, de Jacob naquit Lévi, de Lévi kéhath, de kéhath Amram , et d'Amram Aharon etMoïse,— Exod. VI. 16 à 20;— Lévi et son fils Kéhath vinrent avec Jacob en Egypte. — Gen. XLVI. 11 ; — ainsi Moïse était de la seconde génération après Ké'ath. et Moïse avait quatre-vingts ans quand il parla à Pharaon, — Exod. VII. 7; — on peut donc voir que, depuis l'entrée de Jacob jusqu'à la sortie de ses fils, il y eut environ 215 ans : il devient encore plus évident que par quatre cents ans, dans la Parole, on entend autre chose que ce qui est sitjnilié par ce nombre dans le

iQO ARCANES CÉLESTES.

sens historique, en ce qu'il est dit « que la demeure des fils d'Israël,

» qui habitèrent en Egypte, fut de quatre cent trente ans, et qu'il » arriva à la lin des quatre cent trente ans, et qu'il arriva dans ce » mêine jour que toutes les années de Jéhovah sortirent de la terre

• d'Egypte. » — Exod. XII. 40, 41, — tandis que cependant le séjour des fils d'Israël y fut seulement de la moitié de ces années; mais les 430 ans doivent être comptés a partir de l'entrée d'Abraham en Egypte, aussi cela a-t-il été exprimé ainsi, à cause du sens interne qui est caché dans ces paroles ; dans le sens interne le séjour des lils de Jacob en Egypte représente et signifie la vastation de l'Eglise, dont l'étal et la durée sont décrits par le nombre de quatre cent trente années; parTrenle, l'état de la vastation des fils de Jacob, en ce qu'elle a été nulle, parce qu'ils étaient tels, qu'ils n'ont pu être réformés par aucun état de vastation, V oir au sujet de la signification du nombre Trente, le N° 2276; et par Quatre cents anannées, l'état de la vastation commune de ceux qui sont de l'Eglise: ceux donc qui sortent de celte vastation sont ceux qu'on appelle les Rachetés, ce qui est même évident par les paroles de Moïse: « C'est » pourquoi, dis aux lils d'Israël : Moi, (./V suis) Jéhovah, et je v ous » retirerai de dessous les fardeaux de l'Egypte, et je vous déliv rerai » de leur servitude, et je vous Rachèterai à bras étendu et par de » grands jugements. » — Exod. VI. 6 : — et ailleurs : « Jéhovah

• vous a retirés par une main forte, et il t'a Racheté de la maison » des esclaves, de la main de Pharaon roi d'Egyte. » — Deutér. VII- 8, XIII, 6 : — et ailleurs : « Souviens-toi que lu as été esclave » dans la terre d'Egypte, mais que Jéhovah ton Dieu t'a Racheté. » —Deutér. XV. 15, XXIV. 18 :— DansSamuel : «Ton peuple que tu » t'es Racheté d'Egypte. » — H. Sam. VII. 23 : — Ceux qui sortent de l'état de vastation étant dits Rachetés, c'est pour cela que les Quatre cents Sicles signifient le prix de la Rédemption. Que le Sicle signifie le prix ou l'estimation, on le voit par ces passages de la Parole ; dans Moïse : « Toute ton estimation sera dans le Siclc de » la sainteté. • — LéviU XXVII. 25; — et ailleurs: « Quand une » âme a commis la prévarication, et a péché par erreur au sujet » des choses saintes de Jéhovah, et elle apportera son rachat à Jé- » hovah, un bélier intact du troupeau , dans ton estimation, par » argent de sûtes, en siefe de la sainteté. » — Lévit. V. 15 ; — de

la, il est évident que le sicle signifie le prix ou l'estimation ; il est dit le sicle de la sainteté , parce que le prix ou l'estimation concerne le vrai et le bien par le Seigneur, et que le vrai et le bien par le Seigneur sont le saint même dans l'Eglise : c'est de là qu'il esl dit le sicle de la sainteté, aussi plusieurs fois ailleurs, par exemple:

— Exod. XXX. 24. Lévit. XXVII. 3. Nomb. III. 47, 50, VII. 13. 19, 25, 31, 37, A3, 49, 55, 61, 67, 73. XVIII. 16. — Que le Sicle soit le prix du Saint, c'est ce qu'on voit clairement dans Ezéchiel , où il s'agit de la Terre Sainte et de la Cité Sainte; là il esl parlé ainsi du Sicle: « Le Sicle y sera devingt guéras; vingt Sicle*, vingto cinq Siclcs, quinze Sic/es, ce sera pour vous, la maneh (ln livre; »

— XLV. 12, — chacun peut voir que là par le sicle, et par la livre, et par les nombres, sont signifiées les clioses saintes, c'est-à-dire, le bien et le vrai; car la Terre Sainte et la Cité Sainte, ou la Nouvelle Jérusalem, dont il s'agit dans ce passage, n'est autre chose que le Royaume du Seigneur, où il n'y a ni Sicle, ni Guéra, ni Livre, ni manière de compter par ces pièces et par ces poids, mais où le nombre même, d'après la signilication dans le sens interne, détermine l'estimation ou le prix du bien et du vrai. Dans Moïse: « L'homme donnera en expiation de son âme, afin qu'il n'y ait » point de plaie, un demi-sicte en sicle de lu sainteté, vingt gui ras le 9 Sicle, et le demi-Sicle sera la t lier u ma h (l'offrande) à Jéhovah.»

— Exod. XXX. 12, 13; — là, les dix guéras, qui font le demi-sicle sont les reliquia? qui viennent du Seigneur; les rcliquiae sont les biens et les vrais renfermés chez l'homme, et l'on a vu qu'elles sont signifiées par Dix, N°* 576, 1738, 1906, 2284; que les reliquiasoient les biens et les vrais renfermés par le Seigneur chez l'homme, ou le voit N" 1906, 2284 ; c'est même pour cela qu'elles sont nommées la thérumah ou l'offrande à Jéhovah, et qu'il esl dit que par elles il y aura expiation de l'âme : S'il est dit quelquefois que le Sicle était de vingt guéras, comme dans le dernier passage cité, et dans

— Lévit. XXVII. 25. Nomb. U. 47. XVIII, 16, — et ailleurs, c'est parce que le sicle de vingt guéras signifie l'estimation des biens des reliquiae; que vingt soit le bien des reliquia*, on le voit N° 2280 ; c'est aussi pour cela (pie le Sicle était un poids avec lequel on estimait le prix tant de l'or que de l'argent, — Gen. XXIV. 22, Exod. XXXVIII. 24. Eiech. IV. 10. XLV. 12.— le prix de l'or, parce que

m ARCANES CÉLESTES

l'or signilie le bien, N" 113, 1551, 1552, et le prix de l'argent . parce que l'argent signifie le vrai, N0' 1551, 204 S. De là il est maintenant évident que une terre de quatre cents sic les d'argent signifie le prix de la rédemption par le vrai; comme il s'agit de l'Eglise spirituelle que le Seigneur réforme et régénère par le vrai, N" 2954, c'est pour cela qu'il est dit une Terre ; que la Terre signifie l'Eglise, on le voit N- 662, 1066, 1067, 1262, 1733, 1850, 2117, 2H8f.

2960. Entre moi et toi, qu'est-ce que cela ? signifie qu'il consentait mais qu'il voulait toujours par lui-même, savoir, être préparé ou réformé : on peut le voir par le sens de la lettre appliqué au sens interne, dans lequel il s'agit de la réformation ; il a été dit ci-dessus par Ephron : « Je te donne le champ, et la caverne qui y est je te la donne, • — Vers. 11, — ce qui a signifié qu'ils voulaient se préparer eux-mêmes quant aux choses qui appartiennent à l'Église et à la foi, c'est-à-dire, se réformer ; que le premier état de ceu\ qui sont réformés soit tel, ou le voit, N° 2946; mais quand ils avancent plus loin dans les connaissances du vrai ou de la foi, c'est alors leur second état, en ce qu'ils consentent, il est vrai, mais veulent toujours par eux-mêmes, il s'agit de ce second état dans ce Verset ; mais le troisième état, qui consiste en ce qu'ils croient être réformés par le Seigneur, va bientôt être décrit. Qu'ils soient tels dans le commencement, la cause en a été donnée ci-dessus n° 2946 ; mais si , quand ils ont fait des progrès dans les connaissances du vrai ou de la foi, ils reconnaissent, il est vrai, qu'ils sont réformés par le Seigneur mais veulent toujours l'être par eux-mêmes, c'est parce que le nuage de l'ignorance est successivement dissipé, et parce que les confirmations du vrai se corroborent avec le temps, et parce que le bien se perfectionne à mesure qu'ils sont imbus des connaissances du vrai ; le bien même, dans lequel a été implanté le vrai, fait que non-seulement ils reconnaissent, mais encore croient que la réformation est faite par le Seigneur ; c'est là le troisième état, qui est suivi du quatrième état, savoir, en ce qu'ils perçoivent qu'elle est faite par le Seigneur; mais il en est peu qui, dans la vie du corps, parviennent à cet état, car c'est un état angélique; toutefois ceux qui ont été régénérés viennent dans cet état en l'autre vie. De là il est évident qu'ici, dans le sens interne, est décrit l'homme

de l'Église spirituelle, tel qu'est son état quand il n'est pas encore en maturité, et tel qu'il est quand il commence à être en maturité, et enfin quand il est en maturité.

2961. Et ensevelis donc ton mort, signifie la sortie hors de la nuit et ta résurrection gui en résulte : on le voit par la signification du mort en ce que c'est la nuit quant aux vrais de la foi ; et par la signification d'être enseveli, en ce que c'est être ressuscité, comme il a déjà été dit plusieurs fois, Voir N" 5917, 2923, 2925, 2931, 29A8, 2955 : si cette expression est employée si souvent dans ce Chapitre, c'est parce qu'il s'agit de la sortie hors de la nuit quant aux vrais de la foi, et delà résurrection, c'est-à-dire, de la réformation et de la régénération de l'Église spirituelle.

2962. Vers 16. Et Abraham écouta Ephron, et Abraham pesa à Ephron l'argent dont il avait parlé aux oreilles des fils de Cheth : quatre cents sicies d'argent, ayant cours chez le marchand. — Abraham écouta Ephron, signifie la confirmation pour obéir: et Abraham pesa à Ephron l'argent, signifie la rédemption : dont il m ait parlé aux oreilles des fils de Cheth, signifie selou la faculté de ceux qui sont de la nouvelle Kglise : quatre cents sicies d'argent, signifie le prix de la rédemptiou : ayant cours chez te marchuitd, signifie conformément à leur état.

2963. Abraham écouta Ephron. signifie la confirmation pour obéir, savoir, de la part de ceux chez qui le bien et le vrai de la foi peuvent être reçus : on le voit par la signification d'écouter, en ce que c'est obéir, N" 2542; et par la représentation d' Ephron, en ce qu'il désigne ceux chez qui le bien et le vrai de la foi peuvent être reçus, N° 2933 : que ce soit chez ceux-là que la confirmation vienne* de leur part, c'est ce que prouvent les paroles, car il est dit qu' Abraham l' écouta.

296A. Et Abraham pesa à Ephron l'argent, signifie ta rédemption : on le voit par la signification de peser C argent t en ce que c'est acheter, et dans le sens spirituel, racheter; l'argent ici est la même chose que quatre cent sicies, qui signifient le prix de la rédemption, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, N° 2959.

2965. Dont il avait parlé aux oreilles des fils de Cheth, signifie selon fa faculté de ceux qui sont de ta nouvelle Eglise : on le voit par la signification de parler aux oreilles, et par celle des fils de

Cheth ; parler, dans le sens interne, signifie et percevoir et vouloir ; percevoir, NQ 2619 ; vouloir, N" 2626 ; et les oreilles signifient l'obéissance , N° 2542; de là vient que parler aux oreilles signifie selon la faculté, car il y a faculté de réception, par conséquent d'obéissance selon que quelqu'un perçoit et veut; puis on le voit par la signification des fils de Cheth , en ce qu'ils désignent ceux qui sont de la nouvelle Église spirituelle, N° 2913. Que l'homme de l'Église soit réformé, c'est-à-dire, qu'en lui le vrai qui appartientà la foi , soit implanté , et soit conjoint au bien qui appartient à la charité, c'est ce qui sera dit plus bas dans ce Verset, N» 2967.

2966 Quatre cents sicles etargent, signifie le prix de la rédemption : cela a été expliqué ci-dessus, N- 2959, mais il va être dit ce que c'est que le prix de la rédemption. La Rédemption appartient au Seigneur seul, de même aussi le prix de la rédemption ; et cela se dit aussi de la réception chez l'homme , chez lequel le prix de la rédemption est en proportion de ce qu'il reçoit; le prix de la Rédemption est le mérite et la justice du Seigneur par les très-graves tentations, par lesquelles il a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine et l'Essence Divine à l'Essence Humaine , et cela d'après sa propre puissance, et sauvé par cette union le genre humain, et surtout ceux qui sont de l'Église spirituelle; on peut voir que le Seigneur est devenu Justice par les tentations les plus graves, N- 1813, 2025 2026, 2027 ; qu'il a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine et l'Essence Divine à l'Essence Humaine, N" 1725, 1729, 1733, 1737 1813, 2083; que ce fut d'après sa propre puissance, N- 1616, 192l', 2025, 2026, 2083 , 2500, 2523 , 2632 ; et que par cette union il a sauvé le genre humain, et surtout ceux qui sont de l'Eglise spirituelle, N°* 2661, 2716 ; voilà les choses qui sont signifiées par le prix de la Rédemption : que cela se dise aussi de la réception chez l'homme, chez lequel ce prix est en proportion de ce qu'il reçoit, on peut le voir en ce que le Divin du Seigneur est ce qui fait l'Eglise chez l'homme , car l'Eglise ne reçoit rien que ce qui est le propre du Seigneur ; c'est le bien appartenant à l'amour età la charité, et le vrai appartenant* la foi , qui font ce qu'on appelle l'Eglise ; que tout bien procède du Seigneur, et que tout vrai procède du Seigneur, c est ce qui est connu, le bien et le vrai qui viennent de l'homme ne sonl

ni le bien ni le vrai ; de là il est évident que le prix de la rédemption est chez l'homme en proportion de ce qu'il reçoit. La Rédemption du Seigneur ayant été , chez les Juifs, si peu estimée, qu'ils la regardaient à peine comme quelque chose, c'est pour cela qu'il est dit dans Zacharie : « Je leur dis: si [c*est) bon à vos yeux, donnez » mon salaire, et si non, qu'il n'en soit pas question; et ils pe- » sèrent mou salaire, trente (pièces) d'argent. Et Jéhovab me dit : » Jette cela pour le potier, /// magnificence du prix auquel j'ai » été estimé chez eux. » — XI. 12, 13; — et dans Matthieu : « Ils

• ont pris Trente (pièces) d'argent, te pria de celui qui a été » estimé, lequel ils avaient acheté des fils d'Israël ; et ils [les] ont

• données pour le champ du potier, comme le Seigueur me l'a

• commandé. • — XXVII. 9, 10 ; — que trente soit peu, même à peine quelque chose, on le voit .V 2270; aiusi les Juifs n'ont estimé d'aucune valeur le mérite et la rédemption du Seigneur : mais chez ceux qui croient que tout bien et tout vrai procèdent du Seigneur, ic prix de la Rédemption est signifié par quarante, et dans le degré supérieur par quatre cents.

2967. Ayant cours chez le marchand, signifie conformément à le irétat : on le voit par la signification du marchand, et de ayant cour» chez te marchand; le marchand, dans la Parole, signiûe ceux qui ont les connaissances du bien et du vrai , et la marchandise signifie ces connaissances mêmes; de là l'argent ayant cours chez le marchand signifie le vrai en tant qu'il peut être reçu, ou, ce qui est la même chose, conformément à l'état et à la faculté de chacun ; chacun peut voir que cette addition contient quelque chose de caché ; plus loin il sera parié de la signification du marchand et de la marchandise : mais quant à ce qui concerne la chose elle-même, \oici ce qu'il en est : Tous ceux qui sont réformés et régénérés reçoivent en don du Seigneur la charité et la foi, mais chacun selon sa faculté et son état ; en effet, il y a des maux et des faux, dont l'homme a été imbu dès l'enfance, qui empêchent que l'un ne puisse recevoir un don semblable à celui de l'autre; ces maux et ces faux doivent être dévastés avant que l'homme puisse être régénéré ; autant après la vastation il y a de résidu de la vie céleste et spirituelle, autant ce résidu peut être éclairé par le vrai et enrichi parle bien ; ce sont là les reliquiae, qui sont les biens et les vrais renfermés chez

166 AKCANES CÉLESTES.

l'homme par le Seigneur, et qui reçoivent alors la vie; les biens et les vrais sont acquis depuis l'enfance jusqu'au temps de la réformation, chez l'un eu plus grande quantité , chez l'autre en plus petite; ils sont mis en réserve dans son homme interne, et ils ne

peuvent se produire avant que son homme externe ait été ramené à

la correspondance, ce qui se fait surtout par les tentations et par plusieurs espèces de vastation ; car, avant que les choses corporelles qui sont opposées à ces biens et à ces vrais, telles que sont les choses appartenant à l'amour de soi et à l'amour du monde, se tiennent en repos, les célestes et les spirituels, qui appartiennent à l'affection du bien et du vrai, ne peuvent influer; voilà le motif pour lequel chacun est réformé conformément à son état et à sa faculté; c'est aussi ce que le Seigneur enseigne dans la parabole de < l'homme qui » s'en allant en voyage, appela ses propres serviteurs, et leur livra » ses richesses ; il donna ù l'un cinq talents, à l'autre deux, et au » troisième un, à chacun selon .va propre faculté : celui qui avait » reçu cinq talents les fit valoir et gagna cinq autres talents; de même » aussi celui qui (avait reçu) les deux, celui-ci en gagna aussi deux » autres. » — Malth. XXV. 14, 15, 16, 17 et suiv. — Il l'enseigne encore en parlant des dix serviteurs auxquels il donna dix mines pour les faire valoir, — Luc, XIX. 12, 13 et suiv. — Que le Marchand signifie ceux qui out les connaissances du bien et du vrai, et la marchandise ces connaissances mêmes, on le voit par les passages qui viennent d'être rapportés dans Matthieu et dans Luc , et en outre par les suivants : dans Ezéchiel : « Dis à Tyr : Habitante » des entrées de la mer ! Négociante fies peuples jusque dans beau- » coup d'îles! Tharschisch (était) ta commerçante par la multi- » tude de toutes les richesses ; en argent, en fer, en étain et en plomb » ils ont fourni tes marchés. Javan, Thubal et Meschech, eux tes

• Négociants ; en âme d'homme et en vases d'airain ils ont fourni » ton Commerce. Les fils de Dédan tes Négociants ; beaucoup d'îles » la Marchandise de ta main. La Syrie ta Commerçante pour la » multitude de tes ouvrages. Judah et la terre d'Israël, eux tesNé- » gociants; en froments de Mi nui (h et en pannag, et en miel, et en » huile, et en baume ils ont fourni ton Commerce. Damas /// Com-

• merçante pour la multitude de tes ouvrages par la multitude » de toutes les richesses, en vin de Chesboo et en laine de Zachar.

GENÈSE, CHAl>. V1NGT-TK0ISIÈME. 167

> Et Dan et Javan ont fourni tes marchés de fer poli. Dédan ta ■ Commerçante en habits de liberté pour le char. L'Arabie et tous

• les princes de Kédareux les Marchands de la main, en agneaux,

• en béliers et en boucs ; en ces choses (ils étaient) tes Marchands.

• Les Négociants de Schéba et de lia a ma h. eux tes Négociants dans » le meilleur de tout aromate. Charan . et Channeh , et Eden les

• Négociants de Schéba ; Aschur, Kilmad, ta Négociante. Eux tes

• Négociants en choses perfectionnées. » — XX VII. 3, 12. 13. 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23 ; — ces paroles sont adressées à Tyr, par laquelle sont signifiées les connaissances du bien et du vrai, comme on le voit N* 1201 , et comme le prouve chacune de ces expressions; les négoces et les commerces, ainsi que les marchandises qui y sont mentionnées, ne signifient pas autre chose; c'est pour cela que Tyr est nommée habitante des entrées de la mer, car les eaux sont les connaissances et la mer en est l'assemblage, N° 28; c'est aussi pour cela qu'elle est nommée Négociante des peuples jusque dans beaucoup d'îles, c'est-à-dire, jusque vers ceu qui sont le plus éloignés dans le culte, car les Iles sont les cultes les plus éloignés, N° 1158 : on voit N" 1 15(5, ce que c'est que Tltarscbisch ; l'argent, le fer, l'étain et le plomb qui en proviennent, sont les vrais dans leur ordre jusqu'aux derniers qui sont les sensuels; Voir ce que signilie l'argent, N" 1551 , 2048 ; le fer, N°' 425. A26; ce qu'on entend par Javan , Thubal et Meschech , N°* 1151. M52, 1153, 1155: l'âme d'homme et les vases d'airain qui eu proviennent, sont les choses qui appartiennent à la vie naturelle, car l'ûme d'homme esl toute vie qui procède du Seigneur, N°' 1000, 1040, 143(5, 1742, et les vases d'airain sont les biens naturels qui reçoivent cette vie, NM 425, 1551 : Voir ce qu'on entend par Dédan, N° 1172, et par la Syrie, N°§ 1232, 1234 : Judah et la terre d'Israël ses négociants en fromenis de minnith et en pannag, en miel, en huile, en baume, signifient les célestes et les spirituels d'après la Parole ; les autres nations et leurs commerces, qui sont mentionnés dans ce passage, sont des genres et des espèces du vrai et du bien, par conséquent des Connaissances que possédaient ceux qui sont signifiés par Tyr : que ce soient les Connaissances don! proviennent la sagesse et l'intelligence, c'est ce qu'on voit clairement dans le même Prophète, en ces termes: « Fils de l'homme,

46* AKCAINfcS CÉLESTES.

» dis au priuce de Tyr : Dans ta Sagesse et dans ton Intelligence tu » t'es fait des richesses, et lu as amassé de l'or et de l'argent dans » tes trésors: dans la multitude de ta Sagesse, dans ton Négoce, > tu as multiplié tes richesses, et ton cœur s'est enflé dans tes ri-

» chesses: à cause de cela, voici, j'amène sur toi des étrangers, les

• \iolents des nations. » \\\ III. "2, fi, 5, 6, 7; — là, il est bien évident que les marchandises, avec lesquelles ils ont fait le négoce, sont les connaissances du bien et du vrai , car la sagesse et l'intelligence ne viennent pas d'autre part que de ces connaissances, aussi est-il dit : ■ Dans ta sagesse et dans ton intelligence tu t'es fait des richesses, et tu as amassé de l'or et de l'argent dans tes trésors ; > mais lorsque les connaissances sont en vue de soi-même pour se mettre en évidence et pour acquérir ou de la réputation ou des richesses, elles n'ont aucune vie, et ceux qui agissent ainsi sont entièrement privés de ces connaissances, dans la vie du corps en embrassant les faux pour les vrais et les maux pour les biens, et dans l'autre vie ils sont aussi privés entièrement des connaissances qui sont des vrais; c'est de là qu'il est dit : « Parce que ton cœur s'est enflé dans tes richesses, à cause de cela, voici, j'amène sur toi des étrangers, » c'est-à-dire, des faux, et « les violents des nations, » c'est-à-dire, des maux. Kt ailleurs dans le Même : « Tyr, qui as été

* comme retranchée du milieu de la mer, lorsque tu sortais tes » marcluindises hors des mers, tu as rassasié beaucoup de peu-

• pies ; par la multitude de tes richesses et de tes commerces tu as enrichi les rois de la terre; à présent que tu as été brisée par

h les mers, dans les profondeurs des eaux, ton commerce et toute » la foule au milieu de toi sont tombés; les M arc luinds d'entre les » peuples sifflent sur toi. » — XXVII. 32, 33, 34. 36: — et dans Ksaïe : « Prophétie sur Tyr : Ils se taisent les habitants de l'île,

* le Marchand de Sidon , celui qui traverse la mer, ils t'ont rem- » plie : et dans les eaux du Schichor, la moisson du fleuve, (c'était) » son revenu, et tu étais le Marché des d ations. Qui a pris ce cou- » seil contre Tyr se couronnant elle-même , dont les Marchands » (sont) des priuces? » — XXIII. 2, 3, 8 ; — là, il s'agit de la rastalioo de Tyr. Au sujet de Babylonc, il est de même parlé de Négoces et de Marchandises, qui sont les connaissances du bien adultérées el les connaissances du vrai falsiliées, dans Jean : • Ba-

» byloue du vin de la fureur de sa scorlation a abreuvé toutes les

> nations, et les rois de la terre ont commis la scortation avec elle ;

» et les M arc huit du de la terre se sont enrichis de l'abondance de » ses délices. Les Marchands de la terre pleureront et gémiront

• sur elle, de ce que personne n'achète plus leurs Marchandises ;

• Marcltandiscs d'or et d'argent, et de pierre précieuse, et de perle, » et de tin lin, et de pourpre, et de soie, et d'écarlatc, etc. Les

• Marc/t/mds de ces choses, qui sont devenus riches par elle , se

> tiendront loin, à cause de la crainte de son tourment, pleurant » et gémissant. » — Apoc. XV III. 5, 11, 12, 15; — Babylone est le culte dont les externes paraissent saints, mais dont les intérieurs sont profanes, ainsi qu'il a été montré, N"' 1182, 1283, 1295, 1304, I306j 1326; de la, on voit clairement quels sont ses Négoces et ses Marchandises. Que le Marchand désigne celui qui s'acquiert les connaissances du vrai et du bien, et par suite l'intelligence et la sagesse, c'est ce que prouveut les paroles du Seigneur dans Matthieu : < Le Royaume des Cieux est semblable à un homme commerçant » qui cherche de belles perles , lequel ayant trouvé une perle de » grand prix, s'en est allé vendre tout ce qu'il avait, et Va achetée.» — XIII. 45, 46; — la belle perle est la charité ou le bien de la foi. Que toutes les connaissances du bien et du vrai procèdent du Seigneur, on le voit dans Ésaïe : « Ainsi a dit Jéhovah : Le travail de » l'Égypte et le ï\ ègoce de Kusch et des Saucens, hommes de taille, i passeront chez toi et seront à toi ; ils iront derrière toi, ils pas-

• seront enchaînés, et ils se prosterneront devant toi, et ils t'adres- « seront leurs prières : seulement en toi {est) Dieu , et hors (Lui)

• pointdeDieu.» — XLV. 14 ; — là, ils'agitdu Divin Humain du Seigneur. D'après cela, on peut voir maintenant ce que c'est que faire le commerce, ou acheter et vendre, c'est-à-dire que c'est acquérir pour soi les connaissances du bien et du vrai, et par elles le bien lui-même; que cela soit donné par le Seigneur seul, on le voit dans le même Prophète : t Oh ! (vous) tous qui avez soif, allez vers les » eaux, et (vous) qui n'avez pas d'argent, allez, achetez et mangez ;

• allez donc, achetez sans argent et sans prix, du vin et du lait.» — LV. 1,2; — là, acheter c'est acquérir pour soi ; le vin, c'est le vrai spirituel, N"' 1071, 1798 ; le lait, c'est le bien spirituel, N" 2184 ; chacun peut voir qu'aller vers les eaux, ce n'est point aller vers 1rs

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