‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 13.17 (volume 3)Chapitre 1 sur 18 · Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 13.17 · texte numérisé non relu

Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 13.17

1521. Il m'a été montré, par plusieurs expériences, que chez les Esprits et les Anges, tous les sens, à l'exception du goût, sont beaucoup plus exquis et beaucoup plus parfaits qu'ils ne peuvent jamais l'être chez l'homme. Non-seulement ils se voient réciproquement et vivent entre eux, — les Anges dans une suprême félicité procédant de l'amour mutuel, — mais encore les choses qu'ils y voient sont en plus grand nombre qu'il n'est jamais possible à l'homme de croire. Le Monde des Esprits et lesCieux sont pleins de représentatifs, tels qu'en virent les Prophètes, et d'un si grand intérêt, que si quelqu'un avait la vue intérieure ouverte, et les examinait pendant quelques heures, il lui serait impossible de ne pas être interdit d'admiration. Dans le Ciel, la Lumière est si grande, qu'elle surpasse d'une manière incroyable la lumière même de midi dans le monde solaire; toutefois les Anges ne reçoivent aucune lumière de ce monde, parce qu'ils sont au-dessus ou au- dedans de la sphère de celte lumière ; mais la lumière leur vient du Seigneur, qui est leur soleil. La lumière du monde, même celle de midi, est pour les Anges comme un brouillard épais; quand il leur est donné de regarder dans cette lumière, c'est comme s'ils regardaient de pures ténèbres ; c'est ce qu'il m'a été donné de savoir par expé-

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rience. On peut voir, d'après cela, quelle différence il y a entre la lumière du Ciel et la lumière du monde.

1522. Je vis tant de fois la lumière dans laquelle vivent les Esprits et les Anges» qu'enGn je n'en fus plus surpris, parce que cela m'était devenu familier; mais il serait trop long de produire toutes les expériences, c'est pourquoi je me contenterai d'en rapporter quelques-unes.

1523. Pour que je susse quelle est cette lumière, j'ai parfois été conduit dans les séjours où sont les bons Esprits et les Esprits angéliques, et là non-seulement je les ai vus, mais j'ai vu aussi les choses qui sont dans ces demeures. J'ai vu aussi des enfants et des mères dans une lumière si éclatante et si resplendissante, qu'il ne peut absolument exister rien de plus brillant.

1524. Au moment où j'y pensais le moins, il tomba devant mes yeux un objet fortement enflammé, qui éblouit non-seulement la vue de mes yeux, mais encore ma vue intérieure ; ensuite il m'apparut quelque chose d'obscur comme un nuage opaque dans lequel il y avait comme quelque chose de terreux; et tandis que j'étais dans l'étonnement, il me fut donné de savoir que chez les Anges dans le Ciel la lumière est aussi grande relativement à la lumière dans le Monde des Esprits , bien que les Esprits vivent dans la lumière, mais que néanmoins il existe entre ces lumières une semblable différence ; et que de même qu'il en est pour la lumière, de même il en est aussi pour l'intelligence et la sagesse des Anges relativement à l'intelligence et à la sagesse des Esprits; et non-seulement pour l'intelligence et la sagesse, mais encore pour tout ce qui appartient à l'intelligence et à la sagesse; ainsi, pour le langage, la pensée, les joies, les félicités, car tout cela correspond à la lumière. Par là j'ai pu voir aussi combien sont grandes et quelles sont les perfections des Anges relativement aux hommes, qui, en comparaison des Esprits, sont dans l'obscurité.

1525. Il m'a été donné de voir la Clarté dans laquelle vivent ceux qui appartiennent à une certaine provioce du visage : c'était une Clarté admirablement variée par des rayons d'une ilamme d'or pour ceux qui sont dans les affections du bien, et une Clarté variée par des rayons d'une lumière argentée pour ceux qui sont dans les affections du vrai. Souvent môme ils voient le Ciel, mais

non le Ciel qui se présente à nos yeux ; celui qui est représenté devant eux est merveilleusement orné de petites étoiles. S'il y a différence de lumière, cela vient de ce que tous les bons Esprits qui sont dans le premier Ciel, tous les Esprits angéliques qui sont dans le second Ciel, et tous Jes Anges qui sont dans le troisième, sont en gér.éral distingués en célestes et en spirituels; les célestes sont ceux qui vivent dans l'amour du bien, et les spirituels, ceux qui vivent dans l'amour du vrai.

1526. Je fus soustrait aux idées des choses particulières ou aux idées du corps, au point que j'étais retenu dans les idées spirituelles. Alors m'apparut le vif éclat d une lumière diamantée, et cela assez longtemps : je ne puis décrire autrement cette lumière, car elle était dans ses plus petites particules comme l'éclat du diamant; et tandis que j'étais tenu dans cette lumière, je percevais, comme au-dessous de moi et dans léloignement, les choses particulières qui étaient mondaines et corporelles. J'ai appris par là dans quelle grande lumière sont ceux qui ont été retirés des idées matérielles et sont dans les idées spirituelles. En outre, j'ai vu tant de fois la Lumière des Esprits et des Anges, que je remplirais des pages si je rapportais toutes les expériences qui m'ont été présentées.

1527. Quand il plaît au Seigneur, les bons Esprits apparaissent aux autres, et aussi à eux-mêmes, comme des étoiles lumineuses qui brillent selon la qualité de leur charité et de leur foi : les mauvais Esprits, au contraire, apparaissent comme des globules d'un feu de charbon.

1528. I^a vie des cupidités et des voluptés qui en proviennent se fait voir quelquefois comme un feu de charbon chez les mauvais Esprits; c'est dans cette apparence de feu que se change la vie de l'Amour et de la Miséricorde du Seigneur, qui influe chez eux ; mais la vie de leurs fantaisies apparaît comme la lumière provenant de ce feu, lumière qui est obscure et ne s'étend à aucune distance : mais aussitôt que la lumière de l'amour mutuel s'en approche, ce feu s'éteint et sechange en froid, et cette lumière obscure se change en ténèbres. En effet, les mauvais Esprits passent leur vie dans les ténèbres, et, ce qui est surprenant, c'est qu'il y en a même quelques-uns qui aiment les ténèbres et détestent la lumière.

1529. On sait très-bien dans le Ciel , mais non aussi bien dans

le Monde des Esprits, d'où émane une si grande lumière ; on sait qu'elle vient du Seigneur : et ce qui est merveilleux, le Seigneur apparaît dans le troisième Ciel aux Esprits célestes comme Soleil, et aux Anges spirituels comme Lune ; l'origine même de la lumière ne vient pas d'ailleurs ; mais autant il y a de céleste et de spirituel chez les Anges, autant ils ont de lumière ; et cette qualité de la lumière est en rapport avec celle du céleste et du spirituel ; ainsi le céleste même et le spirituel même du Seigneur se manifestent par la lumière devant leur vue externe.

1530. Qu'il en soit ainsi, c'est même ce que chacun peut voir d'après la Parole; par exemple, quand le Seigneur s'est manifesté à Pierre, à Jacques et à Jean ; car alors son visage resplendit comme le Soleil, et ses vêtements devinrent comme la Lumière.

— Matth. XVII, 2. — S'il leur apparut ainsi , ce fut seulement parce que leur vue intérieure avait été ouverte. La même chose est encore confirmée dans les Prophètes, par exemple, dans Esaïe ; lorsqu'il s'agit du Royaume du Seigneur dans lesCieux, il est dit: » La lumière de la Lune sera comme la lumière du Soleil, et la » lumière du Soleil sera septuple comme la lumière de sept jours.»

— XXX. 26. — Et dans Jean, où il s'agit aussi du Royaume du Seigneur, qui est appelé la nouvelle Jérusalem : « La ville n'a pas » besoin du Soleil ni de la Lune pour être éclairée, car la gloire » de Dieu luit en elle, et F Agneau est son flambeau. » — Apoc. , XXL 23. — Et ailleurs : « H n'y aura point là de nuit, et ils » n'auront pas besoin de lampe, ni de la lumière du Soleil, parce » que le Seigneur Dieu les éclaire. » — Apoc., XXII. 5. — En outre, quand le Seigneur apparut à Moïse, à Aharon, à Nadab, à Abihu, et aux soixante-dix Anciens. « Ils virent le Dieu d'Israël, » sous les pieds duquel était comme un ouvrage de pierre de Sa- » phir, et comme la substance du Ciel quant h la pureté. » — Exod., XXIV. 10. — Puisque le céleste et le spirituel du Seigneur apparaissent à la vue externe des Anges comme Soleil et comme Lune, il en résulte que, dans la Parole, le Soleil signifie le céleste, et la Lune le spirituel.

1531. Pour que je fusse confirmé dans cette vérité que le Seigneur apparaît aux Anges célestes comme Soleil, et aux Anges spirituel» comme Lune, ma vue intérieure, par la Divine Miséri-

corde du Seigneur, a été ouverte jusqu'au degré nécessaire, et j'ai clairement vu une Lune resplendissante, qui était entourée de plusieurs lunes plus petites dont la lumière était presque solaire, selon ces paroles , dans Esaïe : « La lumière de la » Lune sera comme la lumière du Soleil. » — XXX. 26. Mais il ne m'a pas été donné devoir le Soleil; la Lune m'apparut

en avant vers la droite.

1532. C'est par la lumière du Seigneur qu'il apparaît dans le

Ciel des choses admirables et en si grand nombre qu'il n'est pas possible de l'énoncer ; ce sont des représentatifs continuels du Seigneur et de son Royaume, tels qu'il y en a dans les Prophètes et dans l'Apocalypse, outre d'autres significatifs. L'homme ne peut jamais les voir des yeux du corps, mais dès que le Seigneur ouvre à quelqu'un la vue intérieure, qui est la vue de son esprit, aussitôt de semblables merveilles peuvent se présenter à ses regards. Les visions des Prophètes ne furent autre chose que des ouvertures de leur vue intérieure, comme lorsque Jean vit les sept Chandeliers d'or, — Apoc, I. 12, 13. — et la Cité Sainte comme de l'or pur, et sa Lumière semblable à une pierre très-précieuse, — Apoc, XXI. 2, 10, 11. — Sans parler de beaucoup d'autres choses que virent les Prophètes, et d'après lesquelles on peut savoir que nonseulement les Anges vivent dans la plus grande lumière, mais encore qu'il y a là des choses en nombre indéfini que jamais qui que

ce soit ne peut croire.

1533. Avant que ma vue eût été ouverte, je pouvais à peine, au sujet des choses innombrables qui apparaissent dans l'autre vie, me former une idée différente de celle des autres hommes; ainsi, je pensais que la lumière et toutes les choses qui tirent leur existence de la lumière, excepté les sensitives, ne pouvaient en aucune manière exister dans l'autre vie; et cela, d'après l'idée fantastique que les Érudits se sont forgée sur l'Immatériel, qu'ils appliquent si soigneusement aux Esprits et à tout ce qui concerne leur vie, d'où il n'a jamais pu résulter d'autre conception, si ce n'est que l'esprit, étant l'Immatériel, était ou quelque chose de tellement obscur qu'il ne pouvait être saisi par aucune idée, ou que c'était quelque chose de nul, car voilà ce que renferme cet Immatériel, lorsque cependant c'est absolument le contraire. En effet, si les

Esprits n'avaient pas des organes, et si les Anges n'étaient pas des substances organisées, ils n'auraient pu ni parler, ni voir, ni penser.

1534. A la fin de ce Chapitre, où je continuerai à parler de la Lumière, on verra que, dans l'autre vie, à la faveur de la Lumière qui tire du Seigneur une origine céleste et spirituelle, il se présente au sens de la vue des Esprits et des Anges des choses trèsmerveilleuses, telles que des Jardins paradisiaques, des Villes, des Palais, des Habitations, des Atmosphères ravissantes, et beaucoup autres merveilles.

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