Et Abram (était) très-chargé de bétail, d'argent et d'or
3. Et il alla, selon ses marches, du midi jusqu'à Béthel, jusqu'au lieu où avait été sa tente au commencement , entre Béthel et Aï;
4. Vers le lieu de l'autel qu'il y avait fait dans le principe, et Abram invoqua là le nom de Jéhovah.
5. Et Loth aussi, qui allait avec Abram , avait un troupeau de menu bétail et un troupeau de gros bétail, et des tentes.
6. Et la terre ne les portait pas pour habiter ensemble, parce que leur acquisition était grande, et ils ne purent habiter ensemble.
7. Et il y eut une querelle entre les pasteurs du bétail d' Abram et les pasteurs du bétail de Loth. Et le Canaanite et le Périsite habitaient alors dans la terre.
8. Et Abram dit à Loth : Qu'il n'y ait pas, je te prie, de contestation entre moi et loi , ni entre mes pasteurs et tes pasteurs , parce que nous (sommes) hommes frères.
9. Toute la terre n'est-elle pas devant toi? Sépare-toi, je te prie, d'avec moi ; si {tu vas) à gauche, et j'irai à droite; si à droite, et j'irai à gauche.
10. Et Loth leva ses yeux, et il vit toute la plaine du Jarden (Jourdain), qui était entièrement arrosée, avant que Jéhovah eût perdu Sodome et Amore ; (elle était) comme le jardin de Jéhovah, comme la terre d'Egypte en venant à Zoar.
11. Et Loth choisit pour lui .toute la plaine du Jarden; et Loth partit de l'orient, et ils se séparèrent l'homme d'avec son frère.
12. Abram habitait dans la terre de Canaan, et Loth habita dans les villes de la plaine, et il dressa ses tentes jusqu'à Sodome.
13. Et les hommes de Sodome (étaient) médians et extrêmement pécheurs devant Jéhovaii.
14. Et Jéhovah dit à Abram après que Loth eut été séparé d'avec lui : Lève maintenant tes yeux, et regarde, du lieu où tu es là, vers le septentrion, et vers le midi, et vers l'orient, et vers l'occident.
15. Parce que toute la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta semence jusque dans l'éternité.
16. Et je rendrai ta semence comme la poussière de la terre ; que si quelqu'un peut compter la poussière de la terre, ta semence sera aussi comptée.
17. Lève-toi, marche par la terre, selon sa longueur et selon sa largeur, parce que je te la donnerai.
18. Et Abram dressa ses tentes, et il vint et habita dans les chênaies de Mamré, qui (sont) en Chébron, et il y bâtissait là un autel à Jéhovah.
' CONTENU
1535. Dana ce Chapitre il s'agit, chez le Seigneur, de l'Homme Externe qui devait se conjoindre à son Homme Interne. L'Homme Externe est l'Essence Humaine; l'Homme Interne est l'Essence Divine. Ici, l'Homme Externe est représenté par Lotli , et l'Homme Interne par Abram.
1536. L'état de l'Homme Externe est ici décrit tel o/il fut dans le second âge de l'enfance , lorsqu'il fut d'abord imbu des scientifiques et des connaissances ; de là il s'avança de plus en plus vers la conjonction avec l'Homme Interne, — Vers. 1 , 2, 3, 4.
1537. Mais il y avait encore dans Son Homme Externe plusieurs choses qui empêchaient la conjonction, — Vers. 5,6,7,— et desquelles cependant il voulait se séparer, — Vers. 8, 9.
1538. L'Homme Externe apparut au Seigneur, tel qu'il est dans sa beauté, quand il est conjoint à l'Homme Interne, et aussi tel qu'il est quand il ne lui est pas conjoint, — Vers. 10, 11 , 12, 13.
1539. Promesse que toute puissance Lui serait donnée, quand l'Homme Externe du Seigneur serait conjoint à l'Homme Interne, ou quand son Essence Humaine serait conjointe à son Essence Divine, — Vers. 14, 15, 16, 17.
Delà perception intérieure du Seigneur, — Vers. 18.
SENS INTERNE
1540. Les Historiques vrais de la Parole ont, comme je l'ai dit, commencé au Chapitre XII. Jusque là, ou plutôt jusqu'à Eber, les Historiques étaient factices. Ceux qui sont maintenant continués au sujet d'Abram signifient, dans le sens interne, le Seigneur, et même sa première vie , telle qu'elle fut avant que son Homme Externe eût été conjoint à son Homme Interne au point de ne faire qu'une même chose, c'est-à-dire, avant que son Homme Externe fût pareillement devenu Céleste et Divin. Ce sont les Historiques qui représentent le Seigneur ; les mots eux-mêmes sont les significatifs des choses qui sont représentées: mais comme ce sont des Historiques, le mental du lecteur ne peut faire autrement que d'être retenu dans ces historiques, surtout aujourd'hui que la plupart des hommes et presque tous ne croient pas qu'il y ait un Sens Interne, et pensent encore moins que ce sens existe dans chaque mot : et peut-être ne le reconnaîtront-ils pas encore, quoique jusqu'ici je l'aie si manifestement montré? et cela aussi, parce que le sens interne se montre tellement éloigné du sens de la lettre, qu'il est à peine connu. Toutefois ils peuvent le savoir seulement en ce qu'il est absolument impossible que les historiques soient la Parole , parce que dans ces historiques séparés du sens interne il n'y a pas plus de Divin que dans tout autre livre d'histoire; mais le sens interne fait que le Divin est en eux. Que le Sens Interne soit la Parole même, c'est ce que prouvent plusieurs passages qui ont été dévoilés, par exemple: «J'ai appelé mon fils hors d'Egypte.» — Itatth .H. 15.— sans parler de plusieurs autres. Le Seigneur Luimême , après la Résurrection, expliqua aussi aux disciples ce qui avait été écrit de Lui dans Moïse et dans les Prophètes , — Luc ,
XXIV. 27. et montre ainsi qu'il n'y arien d'écrit, dans la Parole,
qui ne le concerne Lui, son Royaume et l'Église : ce sont là les
spiritaels et les célestes de la Parole ; mais les choses qne contient le sens de la lettre sont, pour la plupart, des choses mondaines, corporelles et terrestres, qui ne peuvent nullement constituer la Parole du Seigneur. Aujourd'hui, tels sont les hommes, qu'ils ne perçoivent absolument que ces sortes de choses , à peine savent-ils en quoi consistent les spirituels et les célestes. Il en était bien autrement de l'homme de la Très-Ancienne Eglise et de l'Eglise Ancienne; s'il vivait aujourd'hui et qu'il lût la Parole, il ferait attention, non au sens de la lettre, qu'il verrait comme nul, mais au sens interne. Ceux qui ont appartenu à ces Eglises sont extrêmement étonnés que quelqu'un perçoive autrement la Parole. C'est aussi pour cela que tous les Livres des Anciens ont été écrits de manière que dans le sens intérieur ils présentaient autre chose que dans la lettre.
1541. Vers. 1. Âbram monta de l'Egypte, lui et son épouse, et tout ce qui était à lui, et Loth avec lui, vers le midi. — Ces paroles et la suite de ce Chapitre représentent aussi, dans le sens interne, le Seigneur, et c'est la continuation de sa vie à partir du second âge de l'enfance. Abram monta de V Egypte, signifie que le Seigneur s'éleva au-dessus des scientifiques qui Le quittèrent ; Abram, dans le sens interne, est le Seigneur ; ici, lorsqu'il était encore dans le second âge de l'enfance ; VÈgypte, ici comme précédemment, est la science; lui et son épouse, signifie les célestes Vrais qui étaient alors chez le Seigneur ; et tout ce qui était à lui , signifie toutes les choses qui appartenaient aux célestes ; et Loth avec lui , signifie le sensuel; vers le midi signifie dans la lumière céleste.
1542. Ces paroles et la suite de ce Chapitre représentent aussi, dans le sens interne, le Seigneur, et c'est la continuation de sa vie à partir du second âge de Y enfance : c'est ce qu'on peut voir par ce qui a été dit et expliqué dans le Chapitre précédent, et par ce qui va suivre ; surtout en ce que c'est la parole du Seigneur, que c'est du Seigneur même qu'elle est descendue parle Ciel, et qu'ainsi il n'y a pas même le plus petit mot écrit qui ne renferme des arcanes célestes ; il ne peut en aucune manière en être autrement de ce qui vient d'une telle origine. J'ai fait voir que, dans le sens interne, il s'agissait de l'instruction du Seigneur quand il était dans le second âge de l'enfance. Il y a chez l'homme deux obs-
tacles qui font qu'il ne peut devenir céleste : l'un appartient à sa partie intellectuelle; l'autre, à sa partie volontaire; l'obstacle qui appartient à la partie intellectuelle consiste dans les scientiûques inutiles qu'il puise dans le second âge de l'enfance et dans l'ado* lescence ; l'obstacle qui appartient à la partie volontaire consiste dans les voluptés procédant des cupidités qui lui plaisent. Ces scientifiques et ces voluptés sont ce qui empêche qu'il puisse parvenir aux célestes ; il faut d'abord que ces obstacles soient écartés, et quand ils l'ont été, il peut Aire introduit premièrement dans la umière des célestes et enfin dans la lumière céleste. Puisque le Seigneur est né comme un autre homme, et a dû être instrui comme un autre homme , il a dû aussi apprendre les scientifiques, ce qui a été représenté et signifié par le séjour d'Abram en Egypte; puis les scientifiques inutiles l'ont enfin quitté, ce qui a auss été représenté par les ordres que Pharaon donna au sujet d'Abram à des hommes , qui le renvojèrent lui, et son épouse, et tout ce qui était à lui. — Chap. XII. Vers. 20. — Les voluptés qu appartiennent aux volontaires et constituent l'homme sensuel, mais extime (le plus extérieur), Le quittèrent aussi, c'est ce qui est représenté , dans ce Chapitre, par Loth , en ce qu'il se sépara d'Abram;. car Loth représente un tel homme.
1543. Âbram monta de l'Egypte, signifie que le Seigneur s'éleva au-dessus des Scientifiques qui Le quittèrent : c'est ce qui est évident par la signification à' Abram, en ce que le Seigneur est représenté par lui ; on le voit aussi par la signification de l'Egypte, en ce qu'elle est la science, et encore par la signification démonter, car l'expression monter s'emploie quand des inférieurs, qui sont les Scientifiques, on s'élève vers les supérieurs, qui sont les Célestes; c'est pourquoi, dans la Parole, monter de l'Egypte dans la terre de Canaan , expression qu'on rencontre souvent , renferme de semblables arcanes.
1544. Abram, dans le sens interne, est le Seigneur, ici, lorsqu'il était encore dans le second âge de l'enfance; et l'Egypte est la Science : c'est ce que j'ai déjà expliqué.
1545. Lui et son épouse, signifie les célestes Vrais qui étaient alors chez le Seigneur : on en peut trouver la preuve dans la signification de Lui, savoir, à' Abram, en ce que c'est le Seigneur; et
comme c'est le Seigneur, c'est le Céleste chei le Seigneur; l'homme est homme par les choses qui sont chez lui, le Seigneur est homme par les célestes, car Seul il a été Céleste, de sorte qu'il est le Céleste Môme ; aussi les célestes sont-ils signifiés par Abram, et bien plus encore par Abraham. Ensuite, on peut en avoir une preuve dans la signification de Y épouse, en ce qu'elle est le vrai adjoint au Céleste, comme je l'ai déjà montré, N° 1468, Que ce soient les Célestes vrais ou les vrais qui procèdent des Célestes, on le voit en ce que d'obord il est dit : lut, et ensuite : son épouse; car autre est le céleste vrai, et autre est le vrai céleste : le céleste vrai est ce qui tire son origine du céleste; le vrai céleste tire la sienne du vrai qui est implanté dans le céleste par le moyen des connaissances.
1516. Kl tout ce qui était à lui signifie toutes les choses qui appartenaient aux Célestes : c'est maintenant ce qu'on voit d'après ce qui précède.
4547. Et Lolh avec lui, signifie le Sensuil : c'est ce quia déjà été indiqué en peu de mots, N° 1428. Comme il s'agit ici en particulier de Lolh, il importe de savoir ce qu'il représente chei le Seigneur. Pharaon a représenté les Scientifiques qui enfin quittèrent le Seigneur ; mais Loth représente les Sensuels, par lesquels on entend l'homme Externe et ses voluptés qui appartiennent auf sensuels, par conséquent les choses qui sont eitimes (les plus extérieures), et qui ont coutume de capji ver l'homme dans le second âge de son enfance et de le détourner des biens. En effet, autant l'homme se livreaui voluptés qui proviennent des cupidités, autant il se détache des célestes qui appartiennent à l'amour et à la charité ; car il y a dans ces voluptés l'amour de soi et l'amour du monde, avec lesquels l'amour céleste ne peut s'accorder. Toutefois, il y aussi des voluptés qui s'accordent très-bien avec les célestes; ces voluptés, dans la forme externe, paraissent même semblables. Voir ce qui en a déjà été dit, N" 945, 994, 995, 997. Mais les voluptés qui proviennent des cupidités doivent être réprimées et écartées, parce qu'elles ferment le chemin qui conduit aux célestes. C'est de ces voluptés, et non des autres, qu'il s'agit dans ce Chapitre, quand il est dit que Loth se sépara iV sibram; et ici par Loth avec lui on entend que de semblables voluptés se présentaient; mais en général Lolh signifie l'homme Externe, comme on le verra clairement dans \a suite.
1548. Vers le midi, signifie dans la lumière céleste: c'est ce qui est évident d'après la signification du Midi : on a déjà vu, N°l 458, que c'est un état lumineux quant aux intérieurs. Il existe deux états d'après lesquels il y a lumière céleste : le premier est celui dans lequel l'homme est introduit dès l'enfance ; on sait, en effet , que les enfants sont dans Pinnocence et dans les biens de l'amour , qui sont les célestes dans lesquels le Seigneur les introduit d'abord ; ces célestes sont serrés dans l'enfant pour qu'ils lui soient utiles dans l 'Age suivant et pour son usage lorsqu'il vient dans l'autre vie ; c'est là ce qu'on appelle les premières Hcliquiœ, dont j'ai déjà souvent parlé. Le second état consiste en ce que l'homme est introduit dans les spirituels et dans les célestes par les connaissances qui doivent être implantées dans les célestes dont il a été gratifie dès l'enfance. Voilà ce qui a été implanté chez le Seigneur dans ses premiers célestes. De là lui vint la Lumière, qui est appelée ici le Midi.
1549. Vers. 2. El Abram (était) très-chargé de bétail, d'argent et d'or. Abram (était) très-chargé de bétail signifie les biens dont le Seigneur fut alors enrichi. D'argent, signifie les vrais. Et d'or, signifie les biens procédant des vrais.
1550. Abram était très-chargé de bétail , signifie les biens: c'est ce qui est évident d'après la signification du bétail et du troupeau ; on a déjà vu, N 0 ' 343, 415, que c'est le bien.
1551 . D'argent, signifie les vrais : on en trouve la preuve dans la signification de Yargenl en ce qu'il est 4e vrai. Les Très-Anciens comparaient aux Métaux les biens et les vrais qui sont chez l'homme: à l'Or, les Diens intimes ou célestes qui appartiennent à l'amour dans le Seigneur; à V Argent, les Vrais qui en procèdent ; à l'Airain, les Biens inférieurs ou naturels; au Fer, les Vrais inférieurs; et non-seulement ils les comparaient à ces métaux , mais ils les appelaient môme de leur nom. De là il est arrivé que les Temps ont aussi été assimilés à ces mômes métaux , et ont été appelés Siècles d'Or, d'Argent, d'Airain et de Fer ; car c'est dans cet ordre qu'ils se sont succédé. Le siècle d'Or a été le temps de la Très-Ancienne Eglise, qui fut Homme Céleste; le Siècle d'Argent, le temps de l'Ancienne Eglise, qui fut Homme Spirituel; le Siècle d'Airain, le temps de l'Eglise suivante; à celui-ci succéda le siècle de Fer. C'est aussi ce qui a été signifié par la Statue que Nébuchadnézar vit en
songe, et dont la tête était d'Or pur; la poitrine et les bras, d'Jrgent ; le ventre et les cuisses, d'Airain ; et les jambes , de Fer. — Daniel, II. 32, 33. — On voit dans le même Chapitre de ce Prophète que les temps de l'Église devaient se succéder ainsi, ou qu'ils se sont succédé ainsi. Que, dans le sens interne de la Parole, l'Argent, partout où il est nommé, signifie le Vrai, et, dans le sens opposé, le Faux, c'est ce qu'on voit par les passages suivans: Dans Esaïe : «Je ferai venir de l'Or au lieu d'Airain, et ]e ferai venir de » P Argent au lieu de Fer, et de Y Airain au lieu de bois, et du Fer » au lieu de pierres; et je remplacerai ton cens par la paix, et tes » exacteurs par Injustice. » — LX. 17. — Là, on voit clairement ce que signiûe chaque métal ; il s'agit de l'Avènement du Seigneur, de son Royaume et de son Eglise céleste : l'or au lieu d'airain, c'est le bien céleste au lieu du bien naturel ; l'argent au lieu du fer, c'est le vrai spirituel au lieu du vrai naturel ; l'airain au lieu de bois, c'est le bien naturel au lieu du bien corporel; le fer au lieu de pierres , c'est le vrai naturel au lieu du vrai sensuel. Dans le Même : « Holà! (vous) tous qui avez soif, allez vers les eaux; et » (vous) qui n'avez pas d'Argent , venez , achetez et mangez. j> — LV. I. — Ceux qui n'ont pas d'argent désignent ceux qui sont dans l'ignorance du vrai et cependant dans le bien de la charité, comme sont plusieurs personnes au-dedans de l'Église et comme sont les nations hors de l'Église. Dans le Même : « Les îles s'atten - » dront à Moi, et les navires de Tharschisch les premiers, pour » amener tes fils de loin, leur Argent et leur Or avec eux, au Nom » de Jéhovah ton Dieu et au Saint d'Israël. » — LX. 9. — Là , il s'agit en particulier de l'Église nouvelle ou des nations, et en général du Royaume du Seigneur ; les navires de Tharschisch désignent les connaissances ; l'argent, les vrais; et l'or, les biens; ce sont là les choses qu'ils amèneront au nom de Jéhovah. Dans Ézéchiel : «Tu as pris les vases de ton ornement, (composés) de » mon Or et de mon Argent, que je t'avais donnés , et tu t'en es » fait des images de mâle. » — XVI. 17. — Là , l'or est employé pour les connaissances des célestes, et l'argent pour celles des spirituels. Dans le Même : « Tu fus parée d'Or et d'Argent , et ton » vêtement [était) de fin lin, et de soie, et de broderie. » — XVI.
13. — 11 s'agit de Jérusalem qui signifie l'Eglise du Seigneur, et
son ornement est ainsi décrit. Dans le Même : a Voici, tu (étais) » soge i rien de secret ne fut caché pour toi ; dans ta sagesse et » dans ton intelligence, tu t'es fait des richesses » et tu as amassé » de Y Or et de {'Argent dans les trésors.» — XXVIII. 3, 4. — • Il s'agit de Tyr , et il est évident que l'or désigne les richesses do la sagesse , et l'argent les richesses de l'intelligence. Dans Joël : « Vous avez pris mon Argent et mon Or , et vous avez emporté » dans vos temples mes biens désirables. » — IV. 5. — 11 s'agit do Tyr, de Zidon et de la Philistée, par lesquelles sont signifiées les connaissances, qui sont l'or et l'argent qu'elles ont emportés dans leurs temples. Dans Haggée : « Les élus de toutes les Nations vien- » dront , et je remplirai de gloire cette Maison ; a Moi Y Argent et » à Moi Y Or; la gloire de celte Maison postérieure sera plus grande » que (celle) de la précédente. » — II. 8, 9. — Là, il est question de l'Église du Seigneur, à laquelle s'appliquent l'or et l'argent. Dans Malachie: «Il sera assis fondant et épurant Y Argent, et il » purifiera les fils de Lévi. » — III. 3. — Là, il s'agit do ! 'Armement du Seigneur. Dans David : « Les Paroles de Jéhovah (sont) » des paroles pures, de Y Argent affiné au creuset, fondu sept fois.» — Psaume XII. 7. — L'argent purifié sept fois, c'est la vérité Divine. Il fut ordonné aux fils d'Israël que lorsqu'ils sortiraient d'Égypte «chaque femme demanderait à sa voisine, et à » l'hôtesse de sa maison, des vases d'Argent et des vases d'Or, et des » vétemens, et qu'ils les mettraient sur leurs fils et sur leurs filles, » et qu'ils dépouilleraient les Égyptiens.» — Exode, III. 22. XI. 2, 3. XII. 35, 36.— Chacun peut voir que jamais il n'aurait été dit aux fils d'Israël de voler et de dépouiller ainsi les Égyptiens, si cela n'eût pas représenté quelques arcanes; et, par la signification de l'argent, de l'or, des vôtemens et de l'Egypte, on peut voir quels sont ces arcanes, et qu'ils représentaient quelque chose de semblable à ce que représente ici Abram, en ce qu'il étail chargé d'argent et d'or tirés de l'Egypte. Comme l'argent signifie le vrai, de mémo dans le sens opposé, il signifie le faux, car ceux qui sont dans lo faux pensent que le faux est le vrai ; c'est aussi ce qu'on voit dans les Prophètes; dans Moïse: «Tu ne convoiteras point V Argent ni » l'Or des nations, et tu ne (le) prendras point pour toi, de peur » qu'il ue te soit un piège, parce que cela (est) l'abomination de
» Jéhovah ton Dieu ; en le détestant tu le détesteras. » — Deut. VII. 25, 26. — L'or des nations est pris pour les maux, et leur arpent pour les faux. Dans le Même : «Vous ne ferez point avec » Moi de dieux d'Ara cru »' et des dieux d'Or, vous ne vous en ferez » point.» — Exod. XX. 23. — Ce qui, dans le sens interne, ne signifie rien autre chose que les faux et les cupidités ; les faux sont les dieux d'argent, et les cupidités sont les dieux d'or. Dans Esaïe: <c En ce jour-là, ils rejetteront chacun les idoles de leur Argent et » les idoles de leur Or, quo vos mains vous avaient faites; (c'est) » un péché. » — XXXI. 7. — Les idoles d'argent et les idoles d'or sont prises pour les faux et les cupidités; que vos mains avaient faites, c'est-à-dire qu'ils provenaient du propre. Dans Jérémic : « Ils s'infatuent et deviennent fous, ce bois est l'enseignement des » vanités; Y Argent étendu est apporté de Tharschisch, et l'Or, » d'Uphaz, ( pour être mis) en œuvre par un ouvrier et par les » mains d'un fondeur; l'hyacinthe et la pourpre en (sont) le vête- » ment, tout cela (est) l'ouvrago des sages. » — X. 8,9. — Il est bien évident que l'argent et l'or désignent encore ici les mêmes choses.
1552. Et d'or, signifie les biens procédant des vrais : on le voit par la signification de l'or, en ce qu'il est le bien céleste ou le bien de la sagesse et de l'amour , comme on en trouve la preuve dans ce qui vient d'être expliqué, ainsi que dans ce qui a été dit ci-dessus, N° 113. Ici , ce sont les biens procédant des vrais, c'est une conséquence de ce qu'il est dit, dans le Chapitre précédent, que le Seigneur a conjoint les vrais intellectuels aux célestes.
1553. Vers. 3. El il alla , selon ses marches, du midi jusqu'à Béthel , jusqu'au lieu oà avait été sa lente au commencement, entre Bélhel et Ai. — // alla selon ses marches, signifie selon l'ordre : du midi jusqu'à Béthel, signifie de la lumière de l'intelligence è la lumière de la sagesse : jusqu'au lieu où avait été sa tenu auparavant, signifie jusqu'aux saintetés qui avaient été en lui avant qu'il fût imbu des connaissances : entre Bélliel et Aï, signifie, ici comme précédemment, les célestes des connaissances et les choses mondaines.
1554. // alla selon ses marclies , signifie selon l'ordre: c'est ce qu'on peut voir par la signification des marches ou départs ; ce sont
des progrès ultérieurs dont il a été parlé N° 1457 ; et comme ces progrès ont été faits selon Tordre, les marches ici ne signifient pas autre chose. Le Seigneur, dès sa première enfance, s'est avancé, selon tout l'ordre Divin, vers les célestes et dans les célestes; et Abram, dans le sens interne, représente cet ordre tel qu'il est. Tous ceux qui sont créés de nouveau par le Seigneur sont aussi conduits selon un tel ordre; cependant chez les hommes cet ordre est différent selon le caractère et le génie de chacun; mais aucun mortel ne connaît l'ordre par lequel l'homme est conduit quand il se régénère; les anges même n'en ont qu'une très-légère connaissance; le Seigneur seul le connaît.
1555. Du midi jusqu'à Béthel, signifie de la lumière de l'intelligence à la lumière de la sagesse : ou en a une preuve dans la signification du midi, en ce qu'il est la lumière de l'intelligence, ou, ce qui est la même chose, un état lumineux quant aux intérieurs, j'en ai parlé u -dessus, N° 1458; et dans la signification de Béthel, en ce qu'elle est une lumière céleste tirant son origine des connaissances, comme on l'a déjà vu, 1453. On appelle lumière dé l'intelligence celle qui s'acquiert par les connaissances des vérités et des bontés de la foi ; mais la lumière de la sagesse appartient à la vie, qui est par suite acquise. La lumière de l'intelligence concerne la partie intellectuelle ou l'entendement, tandis que la lumière de la sagesse concerne la partie volontaire ou la vie. Peu de personnes , si toutefois il y en a , savent comment l'homme est conduit à la véritable sagesse; l'intelligence n'est pas la sagesse, mais elle conduit à la sagesse; car comprendre ce que c'est que le vrai et ce que c'est que le bien , ce n'est pas être véridique et ce n'est pas être bon; mais être sage, c'est être véridique et bon; la sagesse se dit seulement au sujet de la vie, en ce que l'homme est tel ; on est introduit dans la sagesse ou la vie par le savoir et le connaître, ou par les sciences et les connaissances. Chez tout homme il y a deux parties: la volonté et l'entendement; la volonté est la partie principale, l'entendement est la partie secondaire; la vie de l'homme après lu mort est conforme à sa partie volontaire et non à sa partie intellectuelle. La volonté chez l'homme est formée par le Seigneur depuis le premier âge de l'enfance jusqu'à son second âge , ce qui s'opère par l'insinuation de l'innocence et de la chanté envers les
parens, les nourrices, les enfans du même âge, et au moyen de plusieurs choses que l'homme ignore et qui sont célestes; si ces célestes n'étaient pas d'abord insinués dans l'homme, lorsqu'il est dans le premier et dans le second Age de l'enfance, il ne pourrait jamais devenir homme; ainsi se forme le premier plan. Mais l'homme n'étant homme qu'autant qu'il est aussi doué d'entendement, la volonté seule ne fait pas l'homme , mais ce qui le fait , c'est l'entendement avec la volonté, et l'entendement ne peut s'acquérir que par les sciences et les connaissances , l'homme doit donc par degrés, dès le second âge de l'enfance , être imbu de sciences et de connaissances; ainsi se forme le second plan. Lorsque la partie intellectuelle a été munie de sciences et de connaissances , surtout de connaissances du bien et du vrai, l'homme peut être régénéré ; et quand il se régénère, le Seigneur, au moyen des connaissances , implante les vrais et les biens dans ses célestes qu'il avait reçus gratuitement du Seigneur dès l'enfance , de manière que ses intellectuels font une seule chose avec ses célestes; et lorsque le Seigneur les a ainsi conjoints, l'homme est gratifié de la charité par laquelle il commence à agir et qui appartient à la conscience; c'est ainsi que d'abord il reçoit une nouvelle vie, et cela par degrés ; la lumière de cette vie est appelée sagesse ; alors la sagesse tient le premier rang et dirige l'intelligence ; ainsi se forme le troisième plan. Quand l'homme est devenu teLdans la vie du corps, il se perfectionne continuellement dans l'autre vie. D'après cela , l'on peut voir ce que c'est que la lumière de l'intelligence, et ce que c'est que la lumière de la sagesse.
1556. Jusqu'au lieu oà avait été sa tente auparavant , signifie jusqu'aux saintetés qui avaient été en Lui avant qu'il fût imbu des connaissances : on le voit d'après la signification de la tente, en ce qu'elle désigue les saintetés de la foi, comme je l'ai déjà montré, N°* 414, 1452; et d'après ce qui vient d'être dit: par conséquent, c'est jusqu'aux célestes que le Seigneur avait eus avant qu'il fût imbu des sciences et des connaissances ,' comme on le voit par ces paroles du Chapitre précédent : « Et Abram passa de là sur la » montagne à l'orient deBéthel, et il tendit sa tente, » — Vers. 8. — ce qui arriva avant qu'il partît pour l'Égypte, c'est-à-dire, avant que le Seigueur fut imbu des sciences et des connaissances.
1557. Entre Bélhel et Ai, signifie les célestes des connaissances et les choses mondaines : on le voit par la signifient ion de Bélhel, en ce qu'elle est la lumière de la sagesse par les connaissances , N° 1453 , et d'après la signification d'Aï, en ce qu'elle est la lumière provenant des choses mondoincs, ainsi quo je l'ai aussi montré, K° 1453. D'après ce que j'ai dit dans ce Numéro, on peut voir quel était alors l'état du Seigneur, c'est-à-dire, que c'était l'état du second âge de l'enfonce , état qui est d'une telle nature que les choses mondaines s'y trouvent ; en effet , les choses mondaines ne peuvent être dissipées avant que le vrai et le bien soient implantés par les connaissances dons les célestes ; car l'homme ne peut nullement faire de distinction entre les célestes et les choses mondaines , avant de savoir et de connaître ce que c'est que le céleste et ce que c'est que le mondain. Les connaissances rendent distincte une idée commune et obscure; et plus l ! idéc devient distincte par les connaissances , plus les choses mondaines peuvent être séparées. Mais cet état de l'enfant du second Age est cependant saint, parce qu'il est innocent ; l'ignorance n'enlève jamais la sainteté lorsqu'en elle il y a l'innocence, car la sainteté habite dans l'ignorance qui est innocente. Chez tous lès hommes, excepté chez le Seigneur, la sainteté ne peut habiter que dans l'ignorance; s'ils ne sont pas dans l'ignorance, il n'y a pas de sainteté en eux : chez les Anges mêmes, qui sont dans la lumière suprême de l'intelligence et de la sagesse , la sainteté habite aussi dans l'ignorance ; car ils savent et reconnaissent qu'ils n'ont aucune connaissance par eux-mêmes, et que toutes celles qu'ils ont viennent du Seigneur; ils savent aussi et reconnaissent que toute leur science, leur intelligence et leur sagesse sont comme rien , s'ils les comparent à la science, à l'intelligence et h la sagesse infinies du Seigneur; qu'ainsi elles ne sont qu'ignorance. Celui qui ne reconnaît pas que les choses qu'il ignore sont infinies en comparaison de celles qu'il connaît, ne peut être dans la sainteté de l'ignorance, dans laquelle sont les Anges. La sainteté de l'ignorance ne consiste pas à être dans l'ignorance plus que les autres , mais elle consiste dans la reconnaissance qu'on ne sait rien par soi-même , et que les choses qu'on ignore, comparées à celles que l'on sait, sont infinies; et surtout à faire peu de cas des scientifiques et des intellectuels relati-
GENÈSE. CIIAP. TREIZIÈME. ' 19
vement aux eélestés , ou peu de cas dos choses qui appartiennent à l'entendement , relativement à celles qui appartiennent à la vie. Quant à ce qui concerne le Seigneur, comme il conjoignait Lui-Môme les choses humaines aux Divines, il s'avança selon Tordre» et pour le moment il parvint d'abord -à cet état céleste, tel qu'il l'eut lorsqu'il était dans le second Age de l'enfance, état dans lequel se trouvent aussi les choses mondaines; de là, s'avancent dans un état plus céleste, il parvint enfin dans l'étal céleste de l'enfance, dans lequel il a pleinement conjoint l'Essence Humaine à l'Essence Divine.
1558. Vers. 4. Vers le lieu de V autel qu'il y avait fait dans le principe, et Abram invoqua là le nom de Jéhovah. — Vers le lieu de V autel , signifie les choses saintes du culte : qu'il avait fait dans le principe , signifie qu'il avait eues quand il était dans le second âge de l'enfance : et Abram invoqua là le nom de Jéhovah, signifie le culte interne dans cet état.
1559. Vers le lieu de l'autel , signifie les choses saintes du culte ; on le voit par la signification de l'autel, on ce qu'il est le principal représentatif du culte ; il en a été parlé IN* 921 .
1560. Qu'il avait fait dans le principe, signifie qu'il avait eues quand il était dans le second âge de l'enfance : on en a la prouve dans ce qui a été dit dans le Chapitre précédent, Vers. 8. 11 est dit ici dans le principe , et au Verset précédent il est dit au commencement , parce que c'était avant que le Seigneur eût été imbu des scientifiques et des connaissances. Tout état, avant que l'homme soit instruit, est le commencement; et lorsqu'il commence à être instruit, c'est le principe.
1561- El Abram invoqua là le nom de Jéhovah, signifie le culte interne dans cet état : on le voit par la signification des mots invoquer le nom de Jéhovah; j'en ai déjà parlé, iV' 440, 1455. , S'il est encore ici fait mention do l'autel, et s'il est dit, comme dans le Chapitre précédent, Vers. 8, qu'il invoqita le nom de Jéhovah, c'est parce que les états sont semblables, avec la différence que celui-ci est lumineux par rapport à l'autre; lorsque les connaissances sont implantées dans l'état antérieur dont il a été porlé, elles le rendent lumineux. Quand le vrai et le bien sont conjoints par les connaissances à un céleste antérieur, l'actif de ce céleste est décrit ainsi ; le culte lui-même n'est qu'une sorte d'actif existant
/ par le céleste qui est au dedans. Le céleste ne peut jamais être
lui-même sans actif; le culte est le premier actif, car c'est ainsi qu'il se produit, parce qu'en lui il perçoit la joie; tout bien de l'amour et de la charité est l'actif même essentiel.
15G2. Vers. 5. Et Loth aussi, qui allait avec Âbram, avait un troupeau de menu bétail et un troupeau de gros bétail et des lentes. — Et Loth aussi, qui allait avec Abram, signifie l'homme Externe qui était chez le Seigneur : avait un troupeau de menu bétail et un troupeau de gros bétail et des lentes, signiGe les choses que I homme externe a en abondance; le troupeau de menu bétail et le troupeau de gros bétail sont les possessions de l'homme externe; les tentes sont les choses appartenant à son culte qui se séparaient de l'interne.
1563. Et Loth aussi , qui allait avec Âbram, signifie l'homme Externe qui était chez le Seigneur : c'est ce qui est évident par la représentation de Loth, en ce qu'il est l'homme sensuel, ou, ce qui est la même chose, l'homme externe. Chacun sait , dans l'Église, qu'il y a chez chaque homme un interne et un externe, ou, en d'autres termes, un homme interne et un homme externe ; Voir ce que j'ai déjà dit sur ce sujet, N M 978, 994, 995, 1015. L'homme Externe reçoit principalement sa vie de l'Homme Interne, c'est-à-dire, de son esprit ou de son Ame; de là vient sa vie même dans le commun, vie qui ne peut être reçue singulièrement ou distinctement par l'homme externe , à moins que ses vaisseaux organiques ne s'ouvrent pour être les récipiens des choses particulières et les plus particulières de l'homme interne. Ces vaisseaux organiques, qui doivent être des récipiens, ne s'ouvrent qu'au moyen des sens et surtout des sens de l'ouïe et de la vue ; et à mesure qu'ils s'ouvrent l'homme interne peut inlluer avec ses choses particulières et avec les plus particulières; ils s'ouvrent au moyen des sens par les scientifiques et les connaissances ainsi que par les voluptés et les plaisirs, par les premiers qui appartiennent à l'entendement, par les seconds qui appartiennent à la volonté. D'après cela , l'on peut voir qu'il ne peut jamais se faire autrement qu'il ne s'insinue alors, chez l'homme externe, des scientifiques et des connaissances qui ne peuvent s'accorder avec les vrais spirituels , et qu'il ne s'insinue des voluptés et des plaisirs qui ne peuvent
s'accorder avec les biens célesles, comme tout ce qui a pour fins les choses corporelles, mondaines et terrestres, lesquelles, étant regardées comme fins, entraînent alors l'homme externe en dehors et en bas, et ['éloignent ainsi de l'homme interne. C'est pourquoi si de telles choses ne sont d'abprd écartées , l'homme interne ne peut en aucune manière s'accorder avec l'homme externe; il faut donc d'abord qu'elles soient repoussées, avant que l'homme interne puisse s'accorder avec l'homme externe. La séparation de Loth d'avec Abram représente et signifie que chez le Seigneur ces choses ont été repoussées ou séparées.
1564. Avait un troupeau de menu bétail et un troupeau de gros bétail et des tentes , signifie les choses que V homme externe a en abondance: c'est ce qui est évident par la signification du troupeau de menu bétail, du troupeau de gros bétail et des lentes, dont il sera bientôt parlé. Ici ces choses signifient les possessions de l'homme Externe; car Loth, comme je l'ai dit, représente l'homme Externe du Seigneur. Il y a chez l'homme Externe deux sortes de choses, savoir : celles qui peuvent s'accorder avec l'homme interne et celles qui ne peuvent pas s'accorder; le troupeau de menu bétail, le troupeau de gros bétail et les tentes signifient ici celles qui ne peuvent s'accorder, ainsi qu'on le voit par ce qui suit : «Et il y eut » une querelle entre les pasteurs du bétail d'Abram et les pasteurs » du bétail de Loth. » — Vers. 7.
1565. Le troupeau de menu bétail et le troupeau de gros bétail sont les possessions de l'homme externe : on peut le voir par la signification du troupeau de menu bétail et du troupeau de gros bétail, en ce qu'ils sont les biens; j'en ai parlé N°' 343 et 415. Mais ici , comme ils sont attribués à Loth qui se séparait à' Abram, ils sont les choses qui devaient être séparées, par conséquent celles qui n'étaient pas des biens. Que le troupeau de menu bétail et le tronpeau de gros bétail signifient aussi les choses qui ne sont pas des biens, c'est ce qui peut être évident d'après ces passages de la Parole : Dans Zéphanie : « Je te ferai détruire au point que ( tu » seras) sans habitant ; et il y aura une étendue de mer, des de- » meures souterraines, et des parcs du Troupeau de menu bétail.» — IL 5, 6, 7. — Dans Jérémie : « Je disperserai en toi le pas- » teur et le Troupeau; et je disperserai en toi le laboureur et son
» attelage. » — LI. 23. — Dons le Même : « Montez vers l'Arabie » et dévastez les fils de l'Orient. Ils s'empareront de leurs tentes » et de leurs Troupeaux. » — XLIX. 28, 29.
1566. Les lentes sont les choses appartenant au culte de Vhomme externe , qui se séparait de l'interne: on le voit par la signification de la tentet en ce qu'elle est la chose sainte du culte, N° 414, et aussi par la représentation de Loth, en ce qu'il est l'homme oiterne auquel sont attribuées les tentes ou le culte. Que les tentes , dans le sens opposé, signifient un culte qui n'est pas saint, c'est aussi ce qu'on peut voir dans ces passages de la Parole : Dans Hoséo : a L'ortie héritera d'eux, le buisson épineux (sera) dans leurs Ten- » tes. » ~- IX. 6. — Dans Habakuk : a J'ai vu les Tentes de » Kuschan; les courtines de la terre de Madian ont été ébranlées: » Jéhovah s'est courroucé contre les fleuves. » — III. 7,8.— Dans Jérémie : « Les pasteurs et leurs troupeaux viendront vers la » fille de Zion ; ils planteront contre elle des Tentes tout à l'entour, » ils paîtront chacun son espace. » — VI. 3. — Dans David : « Il » a frappé tout premier-né dans l'Egypte, le principe des forces » dans les Tentes de Cham.» — Ps. LXXVIII. 51 . — Dans le Même : «J'ai préféré me tenir sur le seuil dans la maison de mon » Dieu, plutôt que d'habiter dans les Tentes de l'impiété.» — Ps. LXXXIV. 11.
1567. Vers. 6. Et la terre ne les portait pas pour habiter ensemble , parce que leur acquisition était grande , et ils ne purent habiter ensemble La terre ne les portait pas pour habiter ensemble , signifie que les choses qui appartiennent aux célestes internes ne pouvaient être en même temps avec celles-là ; parce que leur acquisition était grande, et ils ne purent habiter ensemble, signifie que les choses qui avaient été acquises par l'homme interne ne pouvaient s'accorder avec celles qui avaient été acquises dans l'homme externe.
1568. La terre ne les portait pas pour Iwbiler ensemble, signifie que les choses qui appartiennent aux célestes internes ne pouvaient être en même temps avec celles-là , savoir, avec celles qui sont ici signifiées par Loth : Abram, comme je l'ai dit, représente le Seigneur, et ici l'Homme Interne du Seigneur, tandis que Loth représente son Eiterne, et iei les choses qui devaient être séparées de
l'homme Externe et avec lesquelles les Internes ne pouvaient cohabiter. Il y a dans l'homme Externe plusieurs choses avec lesquelles l'homme Interne peut cohabiter, telles sont les affections du bien, ainsi que les plaisirs et les voluptés qui tirent leur origine de ces affections, car ces choses sont les effets des biens de l'homme Interne , ainsi que de ses joies et de ses félicités; et comme elles sont des effets, elles correspondent parfaitement et appartiennent alors à l'homme Interne et non à l'homme Externe; car l'effet, comme on sait, appartient non à l'effet, mais à la cause efficiente; par exemple, la charité qui brille sur le visage appartient non au visage , mais à la charité qui est au dedans, et qui donne celte forme au visage et s'établit effet. Il en est de môme de l'innocence qui, chez les enfans, se montre dans leur physionomie, dans leurs gestes, et ainsi dans les amusemens qu'ils ont entre eux ; clic appartient non à la physionomie ni aux autres gestes, mais à l'innocence qui procède du Seigneur et qui influe par leur âme; ainsi cette charité et cette innocence sont des effets : il en est de même dans toutes les autres choses. D'après cela , l'on voit qu'il y a , chez l'homme Externe, bien des choses qui peuvent cohabiter ou s'accorder avec l'homme Interne; mais aussi il y en a beaucoup qui ne s'accordent pas, ou avec lesquelles l'homme Interne ne peut cohabiter; telles sont toutes celles qui ont leur source dans l'amour de soi et dans l'amour du monde ; car tout ce qui vient de là se regarde soi-même comme lin et regarde le monde comme fin. Avec ces choses ne peu* vent s'accorder les célestes qui appartiennent à l'amour dans le Seigneur -et à l'amour envers le prochain; car les célestes regardent Je Seigneur comme fin, et regardent son Royaume et tout ce qui appartient au Seigneur et à son Royaume , comme des fins. Les fins de l'amour de soi et de l'amour du monde regardent dehors ou en bas ; mais les fins de l'amour dans le Seigneur et de l'amour envers le prochain regardent en dedans ou en haut ; d'où l'on peut voir qu'il y a entre elles tant de discordance qu'elles ne peuvent nullement être ensemble. Pour savoir ce qui fait la correspondance et la concordance de l'homme Externe avec l'homme Interne, et ce qui fait la discordance, il suffit de réfléchir sur les fins qui régnent, ou ce qui est la même chose , sur les amours qui régnent ; car les amours sont les fins; en effet , tout ce qu'on aime, on le regarde
comme fin; on verra ainsi quelle est la vie et quelle elle doit être après la mort ; car c'est d'après les fins , ou ce qui est la même chose , c'est d'après les amours qui régnent que se forme la vie ; la Yie de tout homme n'est jamais autre chose. Si ce qui est en discordance avec la vie éternelle, c'est-à-dire, avec la vie spirituelle et céleste qui est la vie éternelle, n'est pas éloigné dans la vie du corps, il faudra qu'il le soit dans l'autre vie ; et s'il ne peut être éloigné , il est impossible que l'homme puisse ne pas être malheureux pour l'éternité. Ces détails sont donnés maintenant pour qu'on sache que, dans l'homme Externe, il y a des choses qui s'accordent avec l'homme Interne et des choses qui sont discordantes, et que celles qui s'accordent ne peuvent nullement être avec celles qui sont discordantes; que celles qui, dans l'homme Externe, s'accordent, viennent de l'homme Interne, c'est-à-dire, du Seigneur par l'homme Interne, comme cela arrive, ainsi que je l'ai dit, pour le visage, qui brille par la charité ou le visage de la charité , ou bien pour l'innocence dans la physionomie et dans les gestes des enfants; mais celles qui sont discordantes viennent de l'homme et de son propre. D'après cela , on peut savoir ce qui est signifié par ces mots : La terre ne tes portail pas pour habiter ensemble. Ici, dans le sens interne, il s'agit du Seigneur; et, comme il est question du Seigneur, il s'agit aussi de tout ce qui est à sa ressemblance et à son image, savoir , de son Royaume , de l'Eglise , de tout homme de son Royaume ou de l'Église; c'est pour cela que sont présentées ici les choses qui sont chez les hommes ; quant à celles qui étaient chez le Seigneur avant que pr.r sa propre puissance il eût vaincu \ le mal, c'est-à-dire, le diable et l'enfer , et qu'il fût ainsi devenu Céleste, Divin, et Jéhovah aussi quant à l'Essence Humaine, elles se rapportent, d'une manière attributive, à l'état dans lequel il était.
1569. Parce que leur acquisition était grande, et ils ne purent habiter ensemble , signifie que les clwses qui avaient été acquises par l'homme interne ne pouvaient s^accorder avec celles qui avaient été acquises dans V homme externe : cela est évident d'après ce qui , vient d'être dit.
1570. Vers. 7. Et il y eut une querelle entre les pasteurs du bétail d'Abram et les pasteurs du bétail de Loth. Et le Canaanile
et le Périsite habitaient alors dans la terre. — // y eut une querelle entre les pasteurs du bétail oV Abram et les pasteurs du bétail de Lolh, signifie que l'homme interne et l'homme externe ne s'accordaient point; les pasteurs du bétail oV Abram sont les célestes ; les pasteurs du bétail de Lolh sont les sensuels ; et le Canaanite et le Périsite habitaient alors dans la terre , signifie les maux et les faux dans l'homme externe.
1571 . // y eut une querelle entre les pasteurs du bétail d' Abram et les pasteurs du bétail de Lolh , signifie que V homme interne et Vhomme externe ne s accordaient point. On en trouve la preuve dans la signification des pasteurs du bétail , en ce qu'ils sont ceux qui enseignent, et par conséquent ce qui appartient au culte, ainsi que chacun peut le savoir : c'est pourquoi je ne m'arrêterai pas à le confirmer par la Parole. Ceci a rapport aux choses qui , dans le Vers. 5, ont été appelées des tentes, et il y a été indiqué qu'elles signifient le culte; ce qui est dit, dans le Vers. 6, a rapport aux choses qui , dans le Vers. 5 , ont été appelées troupeau de menu bétail et troupeau de gros bétail , et il y a aussi été indiqué quelles sont les possessions ou les acquisitions. Ici, comme il s'agit du culte, savoir du culte de l'homme Interne et de celui de l'homme Externe, et que ces deux hommes ne s'étaient pas encore accordés , il est dit qu't7 y eut une querelle entre les pasteurs ; car Abram représente l'homme Interne, et Lolh l'homme Ëiterne. C'est surtout dans le culte qu'on connaît qu'il y a dissentiment entre l'homme interne et l'homme externe et quel est ce dissentiment ; on le voit même dans les moindres particularités du culte; quand l'homme interne veut y considérer les fins du Royaume de Dieu , et que l'homme externe veut y considérer les fins du monde, il en résulte un dissentiment qui se manifeste dans le culte , et même à un tel degré , que la plus petite particularité du dissentiment est remarquée dans le Ciel. Voilà ce qui est signifié par la querelle entre les pasteurs du bétail d 1 Abram et les pasteurs du bétail de Loth. Le motif de cette querelle est aussi ajouté , c'est que h Canaanite et le Périsite élaienl dans la lerre.
• 1572. Les pasteurs du bétail d* Abram sont les célestes qui appartiennent à l'homme Interne , et les pasteurs du bétail de Loth sont les sensuels qui appartiennent à Vhomme Externe : c'est ce m. 3
qu'on voit d'après ce qui a déjà été dit. Par les célestes , qui sont les pasteurs du bétail d'Abram, on entend les célestes dans le culte, lesquels appartiennent à l'homme Interne ; par les pasteurs du bétail deLolh, on entend les sensuels qui sont dans le culte , lesquels appartiennent à l'homme Externe, et ne s'accordent point avec les eélestes du culte de l'homme Interne. On voit par les explications qui précèdent comment ont lieu ces discordances.
1573. Et le Canaanite et le Périsite habitaient alors dans la terre, signifie les maux et les faux dans l'homme Externe : cela est évident d'après la signification du Canaanite, en ce qu'il est le mal héréditaire provenant de la mère dans l'Homme Externe, voir ci-dessus, jN° 1444; et d'après la signification du Périsite, en ce qu'il est le faux procédant de ce mal ; j'en parlerai dans la suite. J'ai déjà dit que le mal héréditaire provenant de la mère avait été chez le Seigneur dans son Homme Externe, Voir N 0 ' 1414 et 1 444 ; il suit de là que le faux de ce mal a été aussi chez le Seigneur; où le mal héréditaire est, le faux y est aussi ; le faux naît du mal, mais le faux ne peut naître du mal avant que l'homme ait été imbu des scientifiques et des connaissances ; le mal ne peut opérer ou inlluer sur autre chose que sur les scientifiques et sur les connaissances ; ainsi le mal qui appartient à la partie volontaire se change en faux dans la partie intellectuelle; c'est pourquoi ce faux a aussi été héréditaire, parce qu'il était né de l'héréditaire; mais ce n'était pas le faux qui procède des principes du faux: il était dans l'Homme Externe, et l'Homme Interne a pu voir qu'il était le faux. Et comme le mal héréditaire provenant de la mère a été chez le Seigneur, avant qu'il eut été imbu des scientifiques et des connaissances, ou avant qu'Abram eût voyagé en Egypte, il est dit, Chap. XII. Vers. G, que le Canaanite était dans la terre, mais il n'est pas parlé du Périsite; tandis qu'ici le Seigneur ayant été imbu 'des scientifiques et des connaissances, il est dit que le Canaaniteet le Périsite habitaient dans la terre, d'où l'on voit que le Canaanite signifie le mal, et le Périsite le faux; on voit aussi que la mention qui est faite du Canaanite et du Périsite ne se rattache à aucune série historique, car il n'est question d'eux ni dans ce qui Précède ni dans ce qui suit ; il en est aussi de môme dans le Chap. XII. Vers. 0, où il est fait mention du Canaanite. De là résulte
évidemment qu'il y a ici un arcane, qui ne peut être connu que par le moyen du sens interne. Chacun peut être surpris d'entendre dire que le mal héréditaire provenant de la mère ait été chez le Seigneur; mais comme ici cela est dit si clairement, et comme dans le sens interne il s'agit du Seigneur , il n'est pas possible de douter qu'il n'en ait été ainsi. En effet, aucun homme ne peut naître d'un autre homme sans en tirer le mal ; mais autre est le mal héréditaire qui est tiré du père, et autre celui qui est tiré de la mère; le mal héréditaire provenant du père est intérieur et demeure pour l'éternité , car il ne peut jamais être déraciné. Le Seigneur n'a pas eu ce mal, puisqu'il est né de Jéhovah-Père, par conséquent il est né Divin ou Jéhovah quant aux internes; mais le mal héréditaire provenant de la mère appartient à l'homme externe , et il a été chez le Seigneur ;. c'est ce mal qui est appelé le Canaanile dans la terre, et le faux qui provient de ce mal est appelé le Périsite. Ainsi le Seigneur est né comme un autre homme , et il a eu des in6rmités comme un autre homme. Qu'il ait tiré de la mère le mal héréditaireyKî'est ce qu'on voit clairement en ce qu'il a subi des tentations; nul ne peut être tenté s'il n'y a en lui aucun mal ; c'est le mal qui tente chez l'homme et c'est par le mal qu'on est tenté. II est certain aussi que le Seigneur a été tenté ; qu'il a subi de graves tentations telles que jamais aucun homme n'en pourrait soutenir la dixmillième partie, qu'il les a soutenues seul, et que par sa propre puissance il a vaincu le mal ou le diable, et tout l'enfer. 11 est ainsi parlé de ces tentations dans Luc : « Jésus fut conduit en esprit dans » le désert ; il fut tenté quarante jours par le diable, de sorte qu'il » ne mangea point pendant ces jours-là. Mais après que le diable » eut achevé toute la Tentation, il s'éloigna de lui pour un temps; » et Jésus dans la vertu de l'esprit retourna de là en Galilée. » — IV. 1, 2, 13, 14,*— Et dans Marc : « L'esprit poussant Jésus » le fit aller dans le désert; et il fut dans le désert quarante jours, «étant tenté, et il était avec les bôtes. » — I. 12, 13. — Là, les bêtes signifient l'enfer. Outre cela, il fut tenté jusqu'à la mort, au point que ses sueurs étaient des gouttes de sang, « Et comme il » était en agonie, il pria avec plus d'instance; mais sa sueur devint » comme des gouttes de sang qui descendaient sur la terre. » — Luc XXL. H. — Jamais aucun Ange ne peut être tenté par le
diable, parce qu'étant dans le Seigneur, les mauvais Esprits ne peuvent pas môme de loin en approcher, ils sont sur-le-champ saisis d'horreur et de terreur; l'enfer aurait encore bien moins pu approcher du, Seigneur s'il fût né Divin, c'est-à-dire, sans le mal adhérent par la mère. Les prédicateurs ne disent-ils pas aussi, selon leur formule ordinaire, que le Seigneur a même porté les iniquités et les maux du genre humain? Mais Lui aurait-il jamais été possible de faire venir sur Lui les iniquités et les maux, autrement que par la voie héréditaire? Le Divin n'est pas susceptible du mal; afin donc de vaincre le mal par ses propres forces , ce que jamais aucun homme n'a pu , ni ne peut , et afin de devenir ainsi Lui Seul la Justice , le Seigneur a voulu naître comme un autre homme. Autrement, il n'eût pas été besoin qu'il naquît ; car le Seigneur eût pu prendre l'Essence Humaine sans naissance, comme il l'avait même prise quelquefois , quand il fut vu par la Très-Ancienne Eglise, ainsi que par les Prophètes. Mais^l est venu dans le Monde pour prendre sur lui le mal contre lequel il devait combattre et qu'il devait vaincre, et pour conjoindre ainsi en Soi l'Essence Divine à l'Essence Humaine. Toutefois , il n'y eut dans le Seigneur aucun mal actuel ou propre, comme il le dit aussi Lui*-même dans Jean : a Qui de vous Me convaincra de péché?» — VIII. 46. — D'après ce qui vient d'être dit, on voit bien clairement ce qui est signifié par la querelle qu'il y eut entre les pasteurs du bétail d'Abram et les pasteurs du bétail de Loth ; ces paroles précèdent immédiatement, parce que la cause de cette querelle c'est que le Canaanite et le Périsite habitaient datis la terre. ~ 1574. J'ai déjà fait voir, N° 144 i, que le Canaanite signifie le mal héréditaire provenant de la mère dans l'Homme Externe ; <juant au Périsite, il est évident qu'jl signifie le faux de ce mal, d'après plusieurs passages de la Parole, où 1e Périsite est nommé, comme lorsqu'il s'agit de Jacob: « Jacob dit à Schiméon et à Lévi: « Vous m'avez troublé, en me mettant en mauvaise odeur auprès » de l'habitant de la terre; auprès des Canaanites et auprès des » Périsiles; et moi (j'ai) des hommes en (petit) uombre; et ils » s'assembleront contre moi , et me frapperont, et je serai perdu » moi et ma maison.» — Gen. XXXIV. 30. — Là, de même, le Canaanite signifie le mal, et le Périsite le .faux. Dans Josué :
« Josué dit aux fils de Joseph : Si tu (es) un peuple nombreux, » monte pour toi dans la forêt; et là, coupe pour toi dans la terre )> du Péri&éen et des Réphaïm , si la montagne d'Ephraïm (est) » étroite pour toi. » — XVII. 15. — Là, les P,ériséens signifient les principes du faux , et les Réphaïm les persuasions du faux qui devaient être extirpés , car la montagne d'Ephraïm, dans le sens interne, est l'intelligence. Dans le Livre des Juges: « Après la » mort de Josué , les Gis d'Israël interrogèrent encore Jéhovah, en » disant : Qui de nous montera vers le Canaanite dans le commen- » cernent pour combattre contre lui? Et Jéhovah dit : Juda mon* » tera ; voici , j'ai livré la terre en sa main. Et Juda dit à Schiméon » son frère : Monte avec moi en mon partage, et nous combattrons » contre le Canaanite, et j'irai aussi moi avec toi en ton partage; » et Schiméon alla avec lui , et Juda monta, et Jéhovah livra le » Canaanite et le Périsite en leur main.» — I. 1, 2, 3, 4, 5.— Là, par Juda est aussi représenté le Seigneur quant aux célestes , et par Schiméon il est représenté quant aux spirituels qui en dérivent; le Canaanite est le mal , et le Périsite le faux, qui sont vaincus. C'était une réponse ou un oracle Divin, qui est entendu ainsi.
1575. Vers. 8. Et Abram dit à Loth : Qu'il n y ait pas, je te prie, de contestation entre moi et toi, ni entre mes pasteurs et tes pasteurs, parce que nous (sommes) hommes frères. — Abram dit à Loth, signifie que l'homme interne parla ainsi à l'homme externe: qu'il n'y ait pas, je te prie , de contestation entre moi et toi, ni entre mes pasteurs et tes pasteurs , signifie qu'il ne doit y avoir entre l'un et l'autre aucune discorde : parce que nous (sommes) hommes frères , signiûe qu'en eux-mêmes ils sont unis.
1576. Abram dit à Loth, signifie que l homme interne parla ainsi à l'homme externe : c'est ce qu'on voit par la représentation à' Abram, en ce qu'il est ici l'homme Interne, et par la représentation de Loth, en ce qu'il est l'Externe qui doit être séparé. Si Abram représente l'homme Interne, c'est parce qu'il se trouve 'en rapport avec Loth, qui est ce qu'on doit séparer dans l'homme Externe. Il y a dans l'homme Externe, comme je l'ai dit , des choses qui s'accordent et d'autres qui sont discordantes : celles qui sont discordantes étant ici Loth, celles qui s'accordent sont par conséquent Abram, même celles qui sont dans l'homme externe, car
elles constituent une seule chose avec l'Interne, et elles appartiennent à l'Interne.
1577. Qu'il ny ait pas, je te prie, de contestation entre moi et toi , ni entre mes pasteurs et tes pasteurs, signifie qu'il ne doit y avoir entre l'un et Vautre aucune discorde : c'est ce qu'on peut voir parce qui a été dit ci-dessus. Quant à ce qui regarde la concorde ou l'union de l'Homme Interne avec l'Externe, il y a beaucoup plus d'arcanes qu'on ne peut l'énoncer. L'Homme Interne et l'Homme Externe n'ont jamais été unis chez aucun homme, et ils n'ont pu être unis et ne peuvent être unis , ils le sont seulement chez le Seigneur, aussi est-ce pour cela qu'il est venu dans le monde: chez les hommes qui ont été régénérés, il semble qu'ils ont été unis, mais ils appartiennent au Seigneur , car les choses qui s'accordent appartiennent au Seigneur, tandis que celles qui sont discordantes appartiennent à l'homme. Il y a, chez l'Homme Interne, deux choses, savoir, le céleste et le spirituel; ces deux choses en constituent une seule, quand le spirituel procède du céleste; ou, si l'on veut, il y a chez l'Homme Interne deux choses : le bien et le vrai ; ces deux choses en constituent une seule , quand le vrai procède du bien ; ou, si l'on veut encore, il y a chez l'Homme Interne deux choses : l'amour et la foi ; ces deux en constituent une seule, quand la foi procède de l'amour ; ou encore , ce qui est de même , il y a chez l'Homme Interne deux choses : la volonté et l'entendement; ces deux en constituent une seule, quand l'entendement procède de la volonté. Ceci peut encore être saisi avec plus d'évidence par l'exemple qu'offre le soleil, d fc où procède la lumière. Si dans cette lumière procédant du soleil il y a, comme au printemps, et chaleur et éclat, alors par cette union tout est en végétation, tout est vivant; si au contraire, comme en hiver, il n'y a point de chaleur dans la lumière qui procède du soleil, alors par ce manque de chaleur tout s'engourdit , tout meurt; on voit bien maintenant ce qui constitue l'Homme Interne, et l'on voit clairement aussi ce qui constitue l'Homme Externe. Chez l'homme externe tout est naturel, car l'homme Externe lui-même n'est autre que l'homme naturel. On dit que l'Homme Interne est uni à l'Homme Externe, quand le céleste-spirituel de l'Homme Interne influe dans le naturel de l'Homme Externe, et fait qu'ils sont un; de là le naturel
devient même céleste et spirituel , mais céleste et spirituel d un degré inférieur; ou, ce qui est la même chose, de là l'homme Externe devient même céleste et spirituel, mais céleste et spirituel extérieurement. L'homme Interne et l'homme Externe sont absolument distincts, parce que ce sont les célestes et les spirituels qui affectent l'Homme Interne, tandis que ce sont les naturels qui affectent l'Homme Externe; mais, quoique distincts, toujours est-il qu'ils sont unis, quand le céleste-spirituel de l'Homme Interne influe dans le naturel de l'Homme Externe et le dispose comme étant à lui. Chez le Seigneur seul, l'Homme Interne a été uni à l'Homme Externe; mais il ne l a été chez aucun autre homme qu'autant que le Seigneur l a uni et l'unit. C'est seulement l'amour et Sa charité, ou le bien qui unit; or il n'y a aucun amour ni aucune charité , c'est-à-dire aucun bien qui ne vienne du Seigneur, Telle est l'union qu'on doit entendre par les paroles d'Abram : « Qu'il n'y ait pas, je te prie, de contestation entre moi et toi , ni » entre mes pasteurs et tes pasteurs, parce que nous sommes » hommes frères.)) S il est dit entre moi et loi et entre mes paspasteurs et tes pasteurs, voici pour quel motif: Comme dans l'Homme Interne il y a deux choses, savoir, le céleste et le spirituel , lesquelles, ainsi que je l ai dit, n'en constituent qu'une seule, il en est aussi de même dans l'homme Externe ; sou céleste est appelé Bien naturel , son spirituel est appelé Vrai naturel. Ces mots : qu'il n'y ait pas de contestation entre moi et toi, concernent le Bien, c'est-à-dire, que le Bien de 1 Homme Interne ne soit pas en désunion avec le bien de l'homme Externe ; et ces mots: qu'il n'y ait pas de contestation entre mes pasteurs et les pasteurs , concernent le Vrai, c'est-à-dire, que le Vrai de l'Homme Interne ne soit pas en désunion avec le vrai de l'homme Externe.
1578. Nom sommes hommes frères, signifie qu'en eux-mêmes ils sont unis : c'est ce qu'on voit par la signification de Yhommefrère, en ce qu'il est l'union , et même l'union du vrai et du bien.
1579. Vers. 9. Toute la terre n'(est)-c//e pas devant loi? Sépare-toi , je te prie , d'avec moi; si (tu vas) à gauche, et j'irai à droite; et si à droite, et j irai à gauche. — Toute la terre n'(est)ellepas devant toi? signifie tout bien : sépare-loi , je te prie, d'avec moi, signifie qu'il ne peut paraître, à moins que ce qui estdiscor-
dant ne devienne nu! : si (tu vas) à gauche, et j'irai à droite; et si à droite, et j' irai à gauche, signifie la séparation.
1580. Toute la terre n'est-elle pas devant toi? signifie tout bien : c'est ce qui est évident d'après la signification de la terre , prise en bonne part, et ici de la terre de Canaan, en ce qu elle est le céleste, et par conséquent en ce qu'elle est le bien ; j'en ai déjà parlé, N 0 ' 566, 620, 636, 662. Ici l'Homme Interne s'adresse à l'Homme Externe, mais aux choses qui, chez l'Homme Externe, sont discordantes, ainsi que l'homme a coutume de faire quand il aperçoit chez soi quelque mal dont il veut se séparer, comme il arrive dans les tentations et dans les combats. En effet, ceux qui ont été dans des tentations et des combats savent qu'ils aperçoivent chez eux les choses qui sont discordantes , et dont ils ne peuvent se séparer tant qu'il y a combat, mais dont ils désirent néanmoins la séparation, et même au point que parfois ils s'irritent contre le mal et veulent le chasser. Voilà ce qui est signifié ici.
1581. Sépare-toi , je te prie, d'avec moi, signifie qu'il ne peut paraître, à moins que ce qui est discordant ne devienne nul : on le voit d'après ce qui vient d'être dit , savoir: que l'Homme Interne veut que ce qui est discordant dans l'homme Externe se sépare ; car, avant que la séparation ait été faite, le bien qui influe continuellement de l'Homme Interne, c'est-à-dire, du Seigneur par l'homme Interne, ne peut paraître. Quant à ce qui concerne la séparation, il faut qu'on sache qu'il n'y a pas de séparation, mais qu'il y a seulement un repos. Le mal qui est dans l'homme Externe ne peut être séparé chez aucun homme, excepté chez le Seigneur; tout ce que l'homme a une fois acquis demeure ; mais le mal semble être séparé quand il se repose , car dans le repos il paraît comme nul ; et il ne se repose de manière à paraître comme nul, si ce n'est par le Seigneur; et quand il se repose ainsi, les biens commencent à influer du Seigneur et à affecter l'homme Externe. Tel est l'état des Anges : ils ne savent autre chose sinon que le mal a été séparé d'avec eux; mais il y a seulement éloignement du mal, par conséquent un repos, de sorte que le mal paraît comme nul ; c'est donc une apparence : c'est aussi ce que savent les Anges quand ils y réfléchissent.
l'582. Si lu vas à gauche, et j'irai à droite ; et si à droite , vt j'irai à gauche, signifie la séparation : on en trouve la preuve dans la signification de la droite et de la gauche. A droite ainsi qu'à gauche, n'est que quelque chose de respectif; ce n'est ni une région déterminée , ni un lieu fixe , comme on peut le voir en ce que l'orient de même que l'occident, le midi de même que le septentrion, peuvent être à droite et peuvent être à gauche, selon l'aspect de l'homme ; il en* est de même du lieu ; et la terre de Canaan u'a pu être dite ni à droite ni à gauche que d'une manière relative. Partout où est le Seigneur , là est le centre , et c'est ce qui détermine la droite et la gauche ; ainsi, soit qu'Abram, par qui le Seigneur était représenté, allâtdun côté, ou soit qu'il allât d'un autre, le représentatif n'en était pas moins toujours chez lui ; cela s'applique aussi à la terre; de sorte qu'il en aurait été de même, soit qu'Abram eût été dans la terre de Canaan , soit qu'il eût été ailleurs. C'est comme l'homme le plus éminent à une table ; la place où il est assis est la principale , et c'est d'après elle que les autres places sont à droite ou à gauche : c'est pourquoi aller à droite ou à gauche était une formule d'option qui signifiait une séparation.
1583. Vers. 10. Et Lolh leva ses yeux , et il vil toute la plaine du Jarden (Jourdain), qui était entièrement arrosée, avant que Jéhovah eût perdu Sodome et Amore; (elle était) comme le jardin de Jéhovah, comme la terre d'Egypte en venant à Zoar. — EtLoth leva ses yeux, signifie que l'homme Externe fut illuminé par l'Interne : et il vil toute la plaine du Jarden, signifie ces biens et ces vrais, qui sont chez l'homme Externe: qui était entièrement arrosée, signifie que ces biens et ces vrais pouvaient y croître : avant que Jéhovah eût perdu Sodome et Amore , signifie l'homme externe 1 détruit par les cupidités du mal et par les persuasions du faux : comme le jardin de Jéhovah , signifie ses rationnels : comme la terre à" Egypte en venant à Zoar, signifie les scientifiques provenant des affections du bien. — Ce Verset signifie que l'Homme Externe apparut au Seigneur tel qu'il est dans sa beauté, lorsqu'il
a été conjoint à l'Interne.
1584. Loth leva ses yeux, signifie que Ihomme Externe fut illuminé par V Interne : on en trouve la preuve dans.la signification de lever les yeux, en ce que c'est voir ; dans le sens interne, per-
ccvoir; ici, être illuminé; car il s'agit de Loth ou de l'Homme Externe , qui , en percevant quel est l'homme Eiterne lorsqu'il a été conjoint à l'Interne, ou quel il est dans sa beauté, est alors illuminé par l'Interne , et alors il est dans la Vision Divine dont il est ici question ; or il n'est pas possible de douter que le Seigneur, lorsqu'il était dans le second âge de l'enfance, ait été, quant à l'Homme Externe, plusieurs fois dans une telle vue Divine, parce que Lui Seul conjoignait l'Homme Externe à l'Interne. L'Homme Externe était son Essence Humaine , et l'Homme Interne son Essence Divine.
1585. Et il vit toute la plaine du Jarden, signifie ces biens et ces vrais qui sont chez V homme Externe : c'est ce qu'on voit par ia signification de la plaine et par celle du Jourdain. Dans le sens interne , la plaine autour du Jourdain signifie l'homme Externe quant à tous ses biens et à tous ses vrais. La plaine du Jourdain a celte signification, parce que le Jourdain était une limite de la terre de Canaan : la terre de Canaan, comme je l'ai déjà dit et expliqué, signifie le Royaume et l'Eglise du Seigneur, et môme ses célestes et ses spirituels ; c'est pourquoi elle a aussi été nommée Terre Sainte et Canaan Céleste ; et comme elle désigne le Royaume et l'Eglise du Seigneur, elle signifie, dans le sens suprême, le Seigneur Lui-Même, Qui est tout dans toutes les choses de son Royaume et de son Eglise. De là toutes les choses qui étaient dans la terre de Canaan ont été représentatives : celles qui étaient au milieu de cette terre, ou qui étaient le plus dans l'intérieur, comme la Montagne de Zion et Jérusalem, représentaient l'Homme Interne du Seigneur ; la Montagne de Zion, ses célestes ; Jérusalem , ses spi- ' rituels; celles qui étaient plus éloignées du centre représentaient des biens et des vrais qui s'éloignaient davantage des internes; celles qui étaient les dernières, ou qui formaient les limites, représentaient l'homme Externe. Il y avait plusieurs limites de la terre de Canaan; en général, c'étaient les deux fleuves de l'Euphrate et du Jourdain et la mer : par suite l'Euphrate et le Jourdain représentaient les Externes; ici, par conséquent, la plaine du Jourdain signifie, ainsi qu elle représente, toutes les choses qui sont chez l'homme Externe. Il en est de même quand la Terre de Canaan est prise pour le Royaume du Seigneur dans les Cieux ; de même ,
quand elle est prise pour l'Église du Seigneur dans les terres; de i même, quand elle est prise pour l'Hommedu Royaume ou de l'Église; de même, quand elle est prise abstractivement pour les célestes de l'amour; et ainsi du reste. C'est de là que presque toutes les villes, et môme toutes les montagnes, collines, vallées, fleuves, et autres lieux \ de la terre de Canaan, étaient des représentatifs. J'ai déjà fait voir, N° 120, que le fleuve de l'Euphrate, comme étant une limite, représentait les sensuels et les scientifiques qui appartiennentà l'homme Externe; on peut voir, par les passages suivans, que le Jourdain et la plaine du Jourdain avaient aussi cette, signification : Dans David : « Mon Dieu ! mon âme s'a"bat sur moi-môme ; c'est pour- » quoi je me souviendrai de Toi, depuis la Terre du Jourdain , et » depuis la montagne d'exiguïté des Chermonim. » — Ps. XLII. 7. — Là, la terre du Jourdain, c'est ce qui est humble, et ainsi ce qui est éloigné du céleste, comme les externes de l'homme sont éloignés des internes. Le passage des fils d'Israël à travers le Jourdain, lorsqu'ils entrèrent dans la terre de Canaan, et la séparation de ses eaux, représentaient aussi l'accès de l'homme Externe auprès de l'Homme Interne, de môme encore l'entrée de l'homme dans le Royaume du Seigneur, outre plusieurs autres choses. — Josué , 111. 14. IV. — Et comme l'homme Externe attaque continuellement l'Interne et tend à usurper la domination, Y orgueil ou Yélévation du Jourdain devint une formule employée parles Prophètes; par exemple, dans Jérémie : « Comment te montreras-tu égal aux » chevaux? Et dans la terre de la paix tu [es) confiant! et comment » fais-tu dans Y Elévation du Jourdain?» — XII. 5. — L'élévation du Jourdain désigne les choses qui appartiennent à l'homme Externe, et qui s'insurgent et veulent dominer sur l'Interne, comme sont les argumentations désignées là par les chevaux, et la confiance qu'elles donnent. Dans le Môme : «Edom sera dans la » désolation; voici, comme un lion il monte de Y orgueil du Jourdain . » jusqu'à l'habitacle d'Ethan. »— XLIX. 17, 19. — L'orgueil du Jourdain désigne l'élévation de l'homme Externe contre les biens et les vrais de l'homme Interne. Dans Zacharie : « Hurle , sapin, » parce que le cèdre est tombé, parce que les magnifiques ont été » dévastés ; hurlez , chênes de Baschan, parce que la forêt fortifiée » est descendue. La voix des hurlemens des pasteurs, parce que
» leur magnificence a été dévastée ; la voix du rugissement des » jeunes lions, parce que Y Elévation du Jourdain a été dévastée.» — XI. 2, 3. — Que le Jourdain ait été une limite de la terre de- Canaan, c'est ce qu'on voit, dans le Livre des Nombres, XXXIV. 12; on voit aussi, dans Josué, XV. 5, que le Jourdain était une limite de la terre de Juda vers l'orient.
1586. Qui était entièrement arrosée, signifie que les biens et les vrais pouvaient y croître : on en trouve la preuve.dans la signification d'un lieu arrosé ; Voir ce qui a été dit ci-dessus, 1N° 108.
1587. Avant que Jéhovah eût perdu Sodome et Amore, signifie V homme externe détruit par les cupidités du mal et par les persuasions du faux : on peut le voir par la signification de Sodome, en ce que ce sont les cupidités du mal, et par la signification d'Amore, en ce que ce sont les persuasions du faux ; car ces cupidités et ces persuasions sont ce qui détruit, l'homme Externe et le sépare de l'homme Interne; et ce sont elles qui ont détruit la Très-Ancienne Eglise avant le déluge. Les cupidités du mal appartiennent à la volonté, et les persuasions du faux appartiennent à l'entendement; et lorsque ces cupidités et ces persuasions régnent, tout l'homme Externe est détruit; or , quand il est détruit, il est aussi séparé de l'homme Interne, non que l'Ame ou l'esprit soit séparé du corps, mais le bien et le vrai sont séparés de son âme ou de son esprit, au point qu'ils n'influent point, si ce n'est de loin. Ailleurs, par la Divine Miséricorde du Seigneur, je parlerai de cet influx. Dans le Genre Humain , l'homme Externe ayant été ainsi détruit, et son lien avec l'homme Interne, c'est-à-dire, avec le bien et le vrai, ayant été rompu ,' le Seigneur est venu dans le monde pour conjoindre et unir l'homme Externe avec l'Homme Interne , c'est-à-dire l'Essence Humaine avec l'Essence Divine. La qualité de l'homme Externe, lorsqu'il est conjoint à l'Homme Interne , est ici décrite, quand il est dit qu'avant que Jéhovah eût perdu Sodome et Amore, la plaine du Jourdain était comme le jardin de Jéhovah, comme la terre d'Egypte en venant à Zoar.
1588. Comme le jardin de Jéhovah, signifie ses rationnels: cela est évident d'après la signification du jardin de Jéhovah, en ce que ce jardin est l'intelligence , comme on l'a vu, N° 100 , et par conséquent le rationnel, qui est un médium entre l'homme
interne et l'homme eiterne. Le rationnel est l'intelligence de l'homme externe. Il est dit : Jardin de Jéhovah, lorsque le Rationnel est le céleste, c'est-à-dire, d'origine céleste, comme il fut chez la Très- Ancienne Eglise; il en est ainsi parlé dans Esaïe : « Jéhovah consolera Zion ; il consolera toutes ses dévastations ; et » il placera son désert comme Eden, et sa solitude comme le Jar- » din de Jéhovah; on trouvera en elle la joie et l'allégresse, la » confession et la voix du chant. » — LI. 3. — Mais il est dit : Jardin de Dieu, lorsque le Rationnel est spirituel, c'est-à-dire, d'origine spirituelle, comme il fut chez l'Eglise Ancienne; il en est parlé dans Ezéchicl : « Plein de sagesse et parfait en beauté, tu as » été Eden, h Jardin de Dieu. » — XXVI 11. 12, 13. — Le Rationnel de l'homme est comparé à un Jardin à cause du représentatif qui existe dans le Ciel ; lorsque le céleste-spirituel influe du Seigneur dans le Rationnel de l'homme , ce rationnel n'apparaît pas autrement ; et même par suite se présentent visiblement des paradis, qui, par la magnificence et la beauté surpassent toute idée de l'imagination humaine ; c'est là un effet de l'influx de la lumière céleste-spirituelle procédant du. Seigneur; j'en ai déjà parlé, N°* 1042, 1043 ; et ce ne sont pas les agrémens et les beautés de ces jardins paradisiaques qui impressionnent, mais ce sont les célestes-spirituels qui vivent en eux.
1589. Comme la terre d'Egypte en venant à Zoar, signifie les scientifiques provenant des affections du bien : on peut le voir par la signification de l'Egypte, dont il a été parlé N°* 1164, 1165, et en bonne part N" 1462, en ce qu'elle est la science ; et par la signification de Zoar, en ce qu'elle est l'affection du bien. Zoar était une ville peu éloignée de Sodome, et où Loth s'enfuit aussi , lorsqu'il fut arraché par les Anges à l'incendie de Sodome, ainsi * que le rapporte la Genèse, — XIX. 20 , 22 , 30 ; Zoar est en outre nommée dans la Genèse,*— XIV. 2, 8. Deutér. XXXIV. 3. Esaïe, XV. 5. Jérém. X L V III. 34. — et partout elle signifie l'affection ; et comme Zoar signifie l'affection du bien, elle signifie aussi l'affection du mal , dans le sens opposé, ce qui est commun. Il y a chez l'homme Externe trois choses qui le constituent, savoir, le Rationnel, le Scientifique et le Sensuel externe : le Rationnel est intérieur, le Scientifique est extérieur, ce Sensuel est extime (ce
qui est le plus extérieur). C'est par le Rationnel que l'Homme Interne est conjoint à l'homme Externe; tel est le Rationnel, telle est la conjonclion. Le Sensuel externe est ici la vue et l'ouïe; mais le Rationnel est nul en soi , si l'affection n'influe pas en lui et ne le rend actif pour qu'il vive; il s'ensuit que telle est l'Affection, tel est le Rationnel. Lorsque I Affection du Rien influe, l'affection' du bien devient dans le rationnel aflection du vrai ; c'est le contraire lorsque c'est l'affection du mal. Comme le scientifique s'applique au rationnel et est son instrument, il en résulte aussi que l'affection influe dans le scientifique et le dispose; car rien ne vit chez l'homme Externe que l'affection ; et cela, parce que l'Affection du bien descend du céleste, c'est-à-dire, de l'amour céleste qui donne la vie à tout ce dans quoi il influe; il la donne même aux affections du mal ou aux cupidités. En effet, le bien de l'amour influe continuellement du Seigneur, et même par l'homme Interne dans l'homme Externe; mais l'homme qui est dans l'affection du mal, ou dans la cupidité , pervertit le bien ; néanmoins la vie qui en provient reste. Pour aider à saisir ceci, tirons une comparaison des objets qui reçoivent les rayon* du soleil : Il y a tels de ces objets qui les reçoivent d'une manière très-belle, et qui les changent en couleurs très-brillantes, par exemple, le Diamant, le Rubis, l'Hyacinthe , le Saphir et autres pierres précieuses ; il est au contraire des objets qui ne reçoivent pas ainsi les rayons du soleil, mais qui les changent en couleurs affreuses. On peut aussi s'en convaincre par les caractères des hommes; il y en a qui reçoivent d'un autre les biens avec toute affection, et il y en a qui les changent en maux. D après cela, on peut voir ce que c'est que la science provenant des affections du bien , science signifiée par la terre d'Egypte en venant à Zoar, quand le rat ionnel est comme le jardin de Jéhovah.
1590. Ce Verset signifie que l'Homme Externe apparut au Seigneur, tel qu'il est dans sa beauté, lorsqu'il a été conjoint à Vinterne : c'est ce qui est évident d'après le sens interne, dans lequel le Seigneur est représenté quant à l'Homme Interne par Abram, et quant à l'Homme Externe par Loth. Il n'est pas possible d'exprimer quelle est la beauté de l'Homme Externe lorsqu'il a été conjoint à l'Homme Interne , parce qu'une telle beauté n'existe chez
aucun homme excepté chez le Seigneur Seul ; celle qu'il y a chez rhonTme et chez l'Ange vient du Seigneur; on peut seulement enavoir quelque idée d'après l'image du Seigneur quant à son Homme Externe dans les Cieux , Voir N°" 553 et 1530. Les trois Cieux sont les images de l'Homme Externe du Seigneur, et leur beauté ne peut nullement être décrite par quelque chose qui offre à la conception de l'homme une idée de ce qu'elle est. De même que chez le Seigneur tout est Infini , de même dans le Ciel tout est indéfini. L'Indéfini du Ciel est l'image de l'Infini du Seigneur.
1591. Vers. 11. Et Loth choisit pour lui toute la plaine du Jarden ; et Loth partit de l'orient , et ils se séparèrent l'homme d'avec son frère. — Loth choisit pour lui toute la plaine du Jarden, signifie l'homme externe en ce qu'il est tel : et Loth partit de Varient, signifie les choses qui, chez l'homme externe, s'éloignent de l'amour céleste : et ils se séparèrent V homme d'avec son frère, signifie que ces choses opèrent la séparation.
1592. Loth choisit pour lui toute la plaine du Jarden , signifie l'homme externe en ce qu'il est tel : on le voit par la signification de la plaine du Jourdain, dont il a été parlé au Verset précédent, en ce qu'elle est l'homme Externe. La beauté de l'homme Externe, lorsqu'il est conjoint à l'Interne, a été décrite dans le Verset précédent ; mais sa laideur, quand il en est séparé, est décrite par ce Verset et dans les deux suivans.
1593. Et Loth partit de V orient, signifie les choses qui, chez l'homme Externe, s'éloignent de V amour céleste : c'est ce qui est évident d'après la signification de Y Orient, en ce qu'il est le Seigneur, et par conséquent tout céleste, comme je l'ai déjà montré * iN° 101; et puisque V Orient signifie le Seigneur, il s'ensuit que Y Orient est ici l'Homme Interne du Seigneur, qui est Divin ; ainsi, Loth pariant de l'orient signifie ici que l'homme Externe s'éloignait de l'Homme Interne.
1594. Ils se séparèrent l'homme d'avec son frère, signifie que ces choses opèrent la séparation : cela résulte de ce qui précède. J'ai dit ci-dessus , Vers. 8 , ce que c'a>l que Yhomme-frère , j'ai montré que c'est l'union; ainsi la séparation de l'homme d'avec son frère est la désunion. L'homme ignore ce qui met la désunion entre l'homme Externe et l'homme Interne; et cette ignorance a
plusieurs causes : non-seulement il ne sait pas qu'il y a un homme Interne, ou , s'il l'a entendu dire, il ne le croit pas; mais encore il ne sait pas , ou, s'il l'a entendu dire , il ne croit pas que l'amour de soi et ses cupidités sont ce qui désunit, ainsi que l'amour du monde et ses cupidités, quoiqu'ils ne désunissent pas autant que l'amour de soi. S'il ne sait pas qu'il existe un homme Interne , et s'il ne le croit pas lorsqu'il l'a entendu dire, cela vient de ce qu'il vit dans les corporels et dans les sensuels , lesquels ne peuvent nullement voir ce qui est intérieur; les intérieurs peuvent voir ce qui est extérieur , mais les extérieurs ne peuvent nullement voir ce qui est intérieur ; soit pour exemple la vue ; la vue interne peut voir ce que c'est que la vue externe; la vue externe ne peut nullement voir ce que c'est que la vue interne; ou l'intellectuel et le rationnel peuvent percevoir ce que c'est que le scientifique et quelle est sa qualité , mais la réciproque n'a pas lieu ; cela vient encore de ce qu'il ne croit pas qu'il existe un esprit qui se sépare du corps quand il meurt , et qu'à peine croit-il qu'il y a une vie interne qu'on appelle Ame, parce que, .quand l'homme sensuel et corporel pense à l'esprit qui doit se séparer du corps, il lui vient à l'idée que c'est impossible, parce qu'il place la vie dans le corps, et se confirme dans cette opinion en pensant que les animaux brutes vivent aussi et que cependant ils ne vivent point après la mort ; il s'y confirme . encore par plusieurs autres motifs. Tout cela vient de ce qu'il vit dans les corporels et dans les sensuels ; et cette vie considérée en soi est à peine autre chose que la vie des animaux brutes, avec la seule différence que l'homme peut penser et raisonner sur les choses qui se présentent à lui ; et il ne réfléchit pas môme alors sur cette faculté qui le met au-dessus des animaux brutes; toutefois ce n'est point le manque de réflexion qui met ainsi la désunion entre l'homme Externe et l'homme Interne, car la plus grande partie des hommes sont dans une telle incrédulité , et les plus savans plus encore que les simples; mais ce qui cause celte désunion, c'est principalement l'amour de soi , et aussi l'amour du monde , quoique cet amour ne désunisse pas autant que l'amour de soi. Si l'homme ignore cela , c'est parce qu'il ne vit dans aucune charité ; et comme il ne vit dans aucune charité, il ne peut alors nullement lui paraître que la vie de l'amour de soi et de ses cupidités soit si opposé à
GENÈSE. CHAP. TREIZIÈME. 41 l'amour céleste. Il y a même alors dans l'amour de soi et dans ses cupidités une certaine llamme et par suite un plaisir qui affecte tellement la vie qu'à peine sait-il autre chose, si ce n'est que la féli cité éternelle consiste elle-même dans ce plaisir. C'est aussi pour cela que plusieurs placent la félicité éternelle à devenir grands après la vie du corps et à être servis par d'autres , même par les an»es tandis qu'eux-mêmes ne veulent servir qui que ce soit , si ce n'est par un motif secret pour eux-mêmes afin d'être servis. S'ils disent
. qu'alors ils veulent servir le Seigneur Seul, cela est faux ; car ceux qui sont dans l'amour de soi veulent même que le Seigneur les serve , et quand cela n'arrive pas , ils s'en éloignent ; par conséquent ils portent dans leur cœur le désir de devenir eux-mêmes des Seigneurs, et de régner sur l'univers. Chacun peut penser quel gouvernement ce serait , puisque plusieurs hommes et même tous les hommes sont tels? N'est-ce pas un gouvernement infernal que celui où chacun s'aime par préférence à tout autre ? Voilà ce qui est caché dans 1 amour de soi. On peut voir d'après cela quel est l'amour de soi; on peut le voir aussi en ce qu'il renferme en lui la haine contre tous ceux qui ne se soumettent pas à lui en esclaves; et comme cet amour renferme la haine, il renferme aussi les vengeances, les cruautés, les fourberies et plusieurs autres passions abominables. Au contraire l'Amour mutuel, qui seul est céleste, consiste en ce que l'homme non-seulement dise, mais encore reconnaisse et croie qu'il- est très-indigne, qu'il n'est que quelque chose de vil et de corrompu que le Seigneur, par sa Miséricorde Infinie, retire et éloigne continuellement de l'enfer, dans lequel ■ continuellement il s'efforce et désire même de se précipiter. S'il doit reconnaître cela et le croire , c'est parce que c'est la vérité, non que le Seigneur ou que quelque ange veuille qu'il reconnaisse et croie cette vérité, afin qu'il se soumette, mjiis c'est de peur qu'étant tel il ne s'e'norgueillisse, comme un excrément qui se dirait de l'or pur, ou comme une mouche de latrines qui se croirait oiseau de paradis. Autant donc l'homme se reconnaît et se croit tel qu'il est, autant il-s'éloigne de l'amour de soi et de ses cupidités, et a
• de l'horreur pour lui-même ; et autant il est dans cet état, autant il. reçoit du Seigneur l'amour céleste, c'est-à-dire, l'amour mutuel, qui consiste à vouloir servir tous les autres. Tels sont ceux qu'on m. 4
entend par les plus petits qui deviennent les plus grands dans le Royaume du Seigneur, — Malth. , XX. 20 , 27, 28. Luc, IX. 46, 47, 48. D'après cela, il devient évident que ce qui disjoint l'homme Externe de l'homme Interne, c'est principalement l'amour de soi ; et que ce qui unit principalement l'homme Externe à l'homme Interne, c'est l'amour mutuel , qui ne peut nullement exister avant quê l'autre amour se soit retiré; car ces deux amours sont absolument opposés. L'homme Interne n'est autre chose que l'amour mutuel ; l'esprit môme de l'homme, ou l'Ame, est l'homme . intérieur qui vit après la mort et qui est organique, car il était adjoint au corps lorsque l'homme vivait dans le monde ; cet homme intérieur, ou Pâme ou l'ésprit, n'est pas l'homme Interne; mais l'homme Interne est en lui, quand en lui il y a l'amour mutuel. Ce qui appartient à l'homme Interne appartient ou Seigneur , au point qu'on peut dire que l'homme Interne est le Seigneur ; mais comme le Seignenr donne à l'Ange ou à l'homme, quand il vit dans l'amour mutuel, le propre céleste, de manière qu'il fui semble absolument qu'il faille bien de lui-même, de là l'homme ItUernc est attribué à l'homme comme s'il lui appartenait. Mais celui qui est dans l'amour mutuel reconnaît et croit que tout bien et tout vrai appartiennent non à lui-même, mais au Seigneur , cl que s'il peut aimer un autre comme soi-même, et bien plus s'il peut, lorsqu'il est çomme les anges, aimer un autre plus que soi-même, c'est un don du Seigneur ; et qu'il s'éloigne de ce don et de la félicité qu'il procure en proportion qu'il s'éloigne de reconnaître que cela vient du Seigneur;
1595. Vers. 12. Abram habitait dans la- terre de Canaan, et Loth habita dans les villes de la plaine , et il dressa ses tentes jusqu'à Sodome. — Abram habitait dans la terre de Canaan, signifio que l'honyne interne était dans les célestes de l'amour : et Loth liabita dans les villes de la plaine, signifie que l'homme externe était dans les scientifiques : et il dressa ses tentes jusqu'à Sodome, signifie l'extension vers les cupidités.
1596. Abram habiUiil dans la terre de Canaan, signifie que l'homme interne était dans les ee'lëstes de V amour : c'est ce qu'on • voit par la signification de la terre de Canaan, en ce qu'elle désigne les célestes de l'amour ; j'en ai fféjà parlé quelquefois.
1597. Et ÏJ>th habita dans les villes de la plaine , signifie que l'homme externe était dans les scientifiques: c'est ce qui est évident d'après la représentation àe.Lolk, en ce qu'il est l'homme Externe, et d'après la signification de la ville ou des villes , en ce qu'eHes sont les doctrinaux qui en eux-mêmes no sont autre chose que des scientifiques, quand ils sont attribués à l'Iwrome Externe dans-son état de séparation d'avec l'homme Interne. J'ai déjà montré , ' N° 402, que les villes signifient des doctrinaux tant vrais que faux.
1598. Et il dressa ses lentes jusqu'à Sodome f signifie V extension vers les cupidités : on le voit par la signification de Sodonte, dont j'ai parlé ci-dessus, Vers. 10 , en ce qu'elle est la cupidité. Ceci correspond à ce qui . a déjà été dit, Vers. 10, que la plaine du • Jourdain était entièrement arrosée, comme le jardin de Jéhovah , comme la terre d'Egypte en venant à Zoar ; là , il s'agissait de l'homme Externe lorsqu'il est-uni à l'homme Interne, et la terre d'Egypte en venant à Zoar a signifié les scientifiques provenant des affections du bien ; mais icj , où il est dit que Loth habita dans les villes de la plaine et dressa ses tentes jusquà Sodome, il s'agit de l'homme Externe lorsqu'il n'est point uni à l'homme Interne, et ces mots signifient les scientifiques provenant des affections du mal ou des cupidités. Là en effet, avait été décrite la beauté de l'homme Externe lorsqu'il est uni à l'homme Interne; mais ici est décrite sa laideur quand il ne lui est point uni ; elle l'est encore davantage dans le verset suivant, où il est dit : « Et les hommes
» de Sodome étaient médians et extrêmement pécheurs devant ■ )> Jéhovah. » Chacun peut voir par ce qui vient d'être dit sur l'amour de soi et ses cupidités, qui sont les principales causes de désunion, quelle est la laideur de l'homme Externe quand il est séparé de l'homme Interne. Autant est grande la beauté de l'homme Externe lorsqu'il est uni à l'Interne >• autant est grande sa laideur lorsqu'ils sont désunis ; car l'homme Externe considéré en soi n'est autre chose que ce qui doit servir à l'Interne ; c'est une sorte d'instrument pour que les fins deviennent des usages et que les usages se fixent dans l'effet; et qu'ainsi résulte la perfection de toutes choses. Le contraire arrive lorsque l'homme Externe se sépare de l'homme Interne et veut ne servir que soi seul ; c'est encore pire lorsqu'il veut dominer sur l'Interne , ce qui se fait principalement
par l'amour de soi et par les cupidités de cet amour, ainsi que je .
l'ai fait voir.
1599. Vers. 13. Et les hommes de Sodome (étaient) médians et extrêmement pécheurs devant Jéhovah : — Les hommes de Sodome étaient méchans et extrêmement pécheurs devant Jéhovah, signifient les cupidités vers lesquelles s'étendaient les scientifiques.
1600. Les hommes de Sodome étaient méchans et extrêmement pécheurs devant Jéhovah , signifient les cupidités vers lesquelles s'étendaient les scientifiques : c'est ce qui est évident d'après la signification de Sodome , dont j'ai déjà parlé, en ce qu'elle désigne les cupidités ; et d'après la signification des hommes, en ce qu'ils sont les intellectuels et les rationnais; ici, ils sont les scientifiques, parce qu'ils s'-appliquent à l'homme Externe lorsqu'il a été séparé d'avec l'homme Interne. J'ai aussi déjà montré ci-dessus, N" 265, 749, 1007, que les hommes signifient les intellectuels ou les rationnels. Les scientifiques sont dits s'étendre vers les cupidités , lorsqu'en les apprenant l'on n'a d'autre fin que de devenir grand, sans les faire servir à l'usage pour ensuite devenir bon. Tous les scientifiques sont donnés dans le but que l'homme puisse devenir rationnel et par suite sage, et pour qu'ainsi l'homme Externe puisse servir l'homme Interne.
1601. Vers. 14. Et Jéhovah dit à Abram après que Loth eut été séparé d'avec lui : Lève maintenant tes yeux , et regarde , du lieu où tu es là , vers le septentrion , et vers le midi, et vers To-
• rient, et vers V occident. — Jéhovah dit à Abram, signifie que Jéhovah parla ainsi au Seigneur : après que Loth eût été séparé d'avec lui, signifielorsque les cupidités de l'homme externe eurent été repoussées de manière à ne plus faire obstacle : Lève maintenant tes yeux , et regarde du lieu où tu es là , signifie l'état dans lequel était alors le Seigneur, et d'après lequel il pourrait percevoir l'avenir: vers le septentrion, et vers le midi,' et vers l'orient, et vers l'occident , signifie tous ceux qui sont dans l'univers en quelque nombre qu'ils soient.
1602. Jéhovah dit à Abram , signifie que Jéhovah parla ainsi au Seigneur : c'est ce qu'on peut voir d'après le sens interne de la Parole, dans lequel par Abram on entend le Seigneur; et en outre, d'après l'état môme dans lequel a été alors le Seigneur , état qui
est aussi décrit ici , savoir , en ce que les externes qui faisaient obstacle étaient repousses , ce qui est signiGé par ces paroles : « après que Loth eut été séparé d'avec lui. » Le Seigneur quant à son Homme Interne a été Divin, parce qu'il était né de Jéhovah ; c'est "pourquoi, rien ne faisant plus obstacle de la part de l'Homme Externe , il s'ensuit qu'il vit toutes les choses qui doivent arriver; et il lui apparut alors comme si Jéhovah lui eût parlé , parce que c'était devant l'homme Eiterne. Quant à l'Homme Interne, le Seigneur était Un avec Jéhovah, comme il renseigne Lui-Môme dans Jean : « Philippe dit : Montre-nous le Père. Jésus lui dit: Je suis » avec vous depuis si longtemps, et tu ne M'as point connu! Phi- » lippe, celui qui Me voit, voit le Père. Comment donc dis-tu : » Montre-nous le Père? Ne crois-tu pas que Je [suis) dans le Père, » et que le Père est en Moi. Croyex-Moi que Je (suis) dans le » Père et le Père (est) en Moi. » — XIV. 6, 8, 9-, 10, 11.
1603. Après que Loth eut été séparé de lui, signifie lorsque les cupidités de V homme Externe eurent été repoussées^ de manière à ne plus faire obstacle : on le voit par la représentation de Loth, en ce qu'il est l'homme Externe, et par ce qui précède, en ce que Loth s'est séparé , c'est-à-dire , les choses qui faisaient obstacle ; lesquelles ayant été repoussées , l'Homme Interne, ou Jéhovah , faisait un avec l'Externe, ou avec l'Essence Humaine du Seigneur. Ce sont seulement les externes diseur dans, dont j'ai parlé, qui empêchent que l'Homme Interne, quand il agit dans l'Externe, ne fasse un avec lui. L'homme externe n'est autre chose qu'une sorte # d'instrument ou d'organe, n'ayant en soi aucune vie; il reçoit la vie de l'homme Interne, et il semble alors que l'homme Eiterne a de soi-même la vie. Mais chez le Seigneur, après qu'il eut chassé le mal héréditaire et qu'il eut ainsi purifié les organes de l'Essence Humaine , ces organes reçurent aussi la vie , de sorte que le Sein gneur, de même qu'il a été la Vie quant à l'Homme Interne, est devenu aussi 4a Vie quant à l'Homme Externe. C'est là ce que signifie la Glorification , dans Jean : « Jésus dit : Maintenant le » Fils de l'Homme a été glorifié , et Dieu a été glorifié en Lui ; » si Dieu a été glorifié en Lui, Dieu Le glorifiera aussi en Soi- » Même , et il Le glorifiera à l'instant. » — XIII. 31. 32. — Dans le Même ; Père, l'heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton
» Fils Te glorifie aussi. Maintenant donc, glorifie-Moi, Toi, Père, » chez Toi-Même, de la gloire que j'ai eue chez Toi, avant que le » monde fût.» — XVII. 1 , 5. — Dans lo Môme: «Jésus dit: » Père, glorifie ton Nom ; il sortit donc une voix du ciel: Et je l'ai » glorifié et je le glorifierai de nouveau. » — XII. 28.
1604. Lève maintenant tes yeux, et regarde du lieu où tu es là, signifie l'état dans lequel était alors le Seigneur : on le voit d'après la signification de lever les yeux et regarder, en ce que c'est être illuminé et percevoir, ainsi que je l'ai dûjà dit, vers. 10; et d'après la signification du lieu dans le sens interne, en ce que c'est l'état. J'ai déjà montré que le lien n'est autre chose que l'état , N M 1274, 1376, 1377, 1378, 1379.
1605. Vers le septentrion , et vers le midi, et vers l'orient, et vers V occident, signifie tous ceux qui sont dans Vunivers, en quelque nombre qu'ils soient : c'est ce qui est constant d'après la signification de ces points cardinaux. Le septentrion, le midi, l'orient et l'occident signifient, dans la Parole, quelque chose qui par soi-même est général ; le Septentrion signifie ceux qui sont hors de l'£glise, savoir , ceux qui sont dans les ténèbres quant aux vérités de la foi, et il signifie aussi les ténèbres chez l'homme; le Midi , au contraire, signifie ceux qui sont au-dedans de l'Eglise, savoir, ceux qui sont dans la lumière quant aux connaissances ; et pareillement la lumière elle-même : YOrient signifie ceux qui ont existé auparavant, et aussi l'amour céleste, comme je l'ai déjà fait voir; P Occident , aU contraire, signifie ceux qui doivent venir, et pareillement ceux qui ne sont pas dans l'amour ; c'est par l'enchaînement que présente le sens interne qu'on voit clairement ce que signifient ces points cardinaux. Mais quand ils sont tous nommés, comme ici septentrion, midi, orient et occident, ils signifient tous ceux qui vivent sur toute la surface du globe, et aussi ceux qui ont été et ceux qni doivent venir ; ils signifient encore les états du genre humain quant à l'amour et à la foi.
1606. Vers. 15. Parce que toute la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta semence jusque dans V éternité. — Parce que toute la terre ipie tu vois, je la donnerai ù toi, signifie le Royaume céleste en ce qu'il appartenait au Seigneur : et à ta semence jusque dans V éternité, signilie ceux qui auraient la foi eu Lui-Méme.
1607. Parte que toute la terre que tu vois, je la donnerai à loi, signifie le Royaume céleste en ce qu'il appartenait au Seigneur : on le voit par la signification de la Terre, et ici , de io Terre de Canaan, puisqu'il est dit, lajerre que lu vois, en ce que cette terre est le Royaume Céleste. En effet, la terre de Canaan a représenté le Royaume du Seigneur dans les Cieux ou le Ciel , et le Royaume du Seigneur dans la terre ou l Eglise;.il a déjà été quelquefois question de cette signification de la Terre. Partout, dans la Parole, on trouve des preuves que le Royaume dans les Cieux et dans les Terres a été donné au Seigneur; par exemple, dans Esaïe : « L'En- » fant nous est né, le Fils nous a été donné; et la principauté sera » sur son épaule, et I on appellera son Nom Admirable, Conseiller, . » Dieu, Héros, Père de l'éternité, Prince de la paix.» — IX. 5.
— Dans Daniel : « Jo fus voyant dans les visions de la nuit , et » voici qu'avec les nuées du ciel venait comme le Fils de l'homme, » et il parvint jusqu'à l'Ancien des jours; et ils Le firent appro- » cher devant Lui. Et on Lui donna la domination, et la gloire, et » le royaume, et tous les peuples, nations et langues Le serviront; » sa domination, domination éternelle qui ne passera point; et » son royaume, [royaume) qui ne périra point. »— VII. 13, 14.
— Le Seigneur le dit aussi Lut-Même, dans Matthieu: « Toutes » choses M'ont été données par mon Père. » — XL 27. — et dans Luc, — ;X. 22. — Ailleurs, dans Matthieu: « Toute puissance » M'& été donnée-dans le Ciel et dans la terre.» — XXVIII. 18.
— Dans Jean : a Tu as donné au Fils puissance sur toute chair , » afin que tout ce que tu Lui as donné leur donne la vie éternelle.»
— XVJL 2, 3. — C'est encore ce qui est signifié par être assis à la droite, comme dans Luc: « Désormais le Fils de l'homme sera » assis à la droite de la vetfu de Dieu. » — XXII. 69. — Quant à ce que tout pouvoir a été donné au Fils de l'homme dans lescieux et dan9 les terres, il faut savoir que le Seigneur a eu le pouvoir sur toutes choses dans les cieux et dans les terres , avant de venir dans le monde , car il a été Dieu de toute éternité et Jéhovah , comme il le dit clairement Lui-même, dans Jean : « Maintenant , » glorifie-Moi, Toi, Pùre, chez Toi-Même, de la gloire que j'ai » eue chez Toi , avant que le-monde fût. » — XVII. 5. — -Et dans le Même : <t En vérité, en vérité, je vous dis : Avant qu'Abraham
» fût , Moi j'étais. » — VIII. 58. — En effet, il fut le Jéhovah et le Dieu de la Très-Ancienne Eglise qui exista avant le déluge, et il fut vu des hommes de celte Eglise ; il fut aussi le Jéhovah et le Dieu de l'Église Ancienne qui exista après le déluge; et il fut Celui que représentaient tous les rites de l'Église Judaïque , et Celui qu'on adorait : toutefois s'il dit Lui-Môme que toute puissance Lui a été donnée dans le Ciel et dans la terre , comme si c'était alors pour la première fois, c'est parce que par le Fils de l'homme on entend son Essence Humaine qui , lorsqu'elle eût été unie à l'Essence Divine, fut aussi Jéhovah, et reçut en même temps la puissance , ce qui ne put être fait avant qu'il eût été glorifié, c'està-dire, avant que son Essence Humaine, par l'union avec l'Essence Divine , eût eu aussi la vie en Soi , et qu'elle eût ainsi élé faite • pareillement Divine, et Jéhovah, ainsi qu'il le dit Lui-Mème, dans Jean : « Comme le Père a la vie en Soi, de même il a donné » au Fils d'avoir la vie en Soi. » — V. 26. — Son Essence Humaine ou son Homme Externe est celui qui, dans Daniel au passage cité, est aussi appelé Fils de l'homme, et dont il^st dit, dans Esaïc à l'endroit cité : a L'Enfant nous est né et le Fils nous a été » donné. » Que le Royaume céleste lui serait donné.ainsi que toute puissance dans les cicux et dans les terres , c'est ce qui maintenant est vu par Lui-Mème et ce qui" lui est promis; et c'est là ce que signifient ces paroles : « Toute la terre que tu vois , je la donne à » loi et à ta semence après toi jusque dans l'éternité. » C'était avant que son Essence Humaine eût été unie à son Essence Divine ; et ' elle lui a été unie lorsqu'il eut vaincu le diable et l'enfer , c'est-à-dire lorsque, par sa propre puissance et ses propres forces, il eut chassé tout mal , qui seul désunit.
1608. El à ta semence jusque dans V éternité, signifie ceux qui auraient la foi en Lui-Mème : on le voit par la signification de la semence, en ce qu'elle estla foi, et même la foi de la charité; j'en ai déjà parlé, N M 255, 256, 1025. Que le royaume céleste serait donné à sa semence, c'est-à-dire, à ceux qui ont la foi en Lui, c'est ce qui est manifeste d'après les- paroles du Seigneur Lui- Même, dans Jean : « Le Père aime le Fils, et il lui a donné toutes » choses dans sa main. Cefui qui croit au Fils a la vie éternelle; » mais celui qui ne croit point au Fils ne verra point la vie. » —
III. 35, 36. — et dans le Même : « À tous ceux qui L'ont reçue, » il leur a donné le pouvoir d'être faits Gis de Dieu, à ceux qui » croient en son Nom , qui n'étaient nés ni de sang , ni de la vo- » lonté de la chair, ni de la volonté de l'homme.» — I. 12, 13. — On voit par là ce que c'est que la foi ou croire dans le Seigneur, on voit qu'elle est chez ceux qui Le reçoivent et croient en Lui , non par la volonté de la chair, ni par la volonté de l'homme; la volonté de la chair est ce qui est opposé à l'amour et à la charité, car c'est là ce qui est signifié par la chair, N° 999 ; et la volonté de l'homme est ce qui est opposé à la foi procédant de l'amour ou de la charité , c'est là ce que signifie l'homme. La volonté de la chair et la volonté de l'homme sont , en effet, ce qui disjoint, tandis que l'amour et la foi procédant de l'amour sont ce qui conjoint; aussi ceux chez lesquels il y a l'amour et la foi procédant de l'amour sont ceux qui sont nés de Dieu ; et parce qu'ils sont nés de Dieu, on les appelle fils de Dieu, et ils sont sa semence et ceux auxquels est donné le Royaume Céleste. C'est ce qui est signifié dans ce Verset par ces paroles : « Toute la terre que tu vois , je la donnerai » à toi et à ta semence jusque dans l'éternité.» Tout homme, pour . peu qu'il veuille réfléchir, doit voir que le royaume céleste ne peut être donné à ceux qui sont dans la foi sans la charité, c'est-à-dire, à ceux qui disent avoir la foi et qui ont de la haine pour le prochain ; en effet , il ne peut y avoir aucune vie dans une telle foi , puisqu'elle constitue la vie en haine, c'est-à-dire, en enfer; car l'enfer ne consiste que dans les haines, non dans les haines que l'homme a reçues en héritage, mais dans les haines qu'il s'est luimême acquises par sa vie actuelle.
1609. Vers. 16. Et je rendrai ta semence comme la poussière de là terre ; que si quelqu'un peut compter la poussière de la terre , ta semence sera aussi comptée. — Je rendrai ta semence comme la poussière de la terre, signifie la multiplication jusqu'à l'immensité: que si quelqu'un peut compter la poussière de la terre, ta semence sera aussi comptée, signifie l'affirmation.
1610. Je rendrai ta semence comme la poussière de la terre , signifie la multiplication jusqu'à Vimmensité : cela est évident sans explication. 11 est dit ici que la semence sera rendue comme la poussière de la terre; ailleurs, dans la Parole, il est dit, comme
le sable de la mer ; et ailleurs, comme les étoiles des deux. Chacune de ces expressions a sa signification particulière : h poussière de la lerre concerne les choses qui sont célestes; car la terre , comme je l'ai déjà montré, signifie le céleste de l'amour; le sable de la mer concerne celles qui sont spirituelles; car la mer, ainsi que je l'ai aussi montré , signifie le spirituel de l'amour; comme les étoiles des deux, signifie l'un et l'autre dans le degré supérieur; la poussière de la terre , le sable de la mer et les étoiles des cieux étant innombrables , de là est venue la formule solennelle d'exprimer par ces choses la fructification et la multiplication jusqu'à l'immensité. Quant à la .semence , c'est-à-dire, la foi de l'amour ou l'amour, qui devait être multipliée jusqu'à l'immensité, elle signifie dans le sens suprême le Seigneur, et même son Essence Humaine: car le Seigneur, quant à son Essence Humaine, est appelé la semence de la femme, ainsi qu'on l'a vu , N' J 256 ; et lorsque la semence désigne l'Essence Humaine du Seigneur, par la multiplication jusqu'à l'immensité on entend l'infini céleste et l'infini spirituel ; mais lorsque par la semence est signifiée la foi de la charité ou la charité dans le genre humain , on entend que la semence serait multipliée jusqu'à l'immensité dans tout homme qui vit dans la charité ; c'est aussi ce qui s'opère chez quiconque a vécu dans la charité; dans l'autre vie, la charité et la foi qui en procède et avec elles la félicité , se multiplient chez lui à un tel point qu'on ne saurait le désigner que par .ce qui est immense et inexprimable : lorsque par la semence est signifié le genre humain, sa multiplication dans le Royaume du Seigneur s'élève aussi jusqu'à l'immensité, non-seulement en raison de ceux qui sont dans l'Eglise et de leurs enfans, mais encore en raison de ceux qui sont hors de l'Eglise et de leurs enfans; de là le Royaume du Seigneur ou le Ciel est immense; par la Divine Miséricorde du Seigneur je parlerai ailleurs de son immensité.
101 i. Vers. 17. Lève-toi, marche par la terre, selon sa /«wgueur et selon sa largeur , parce que jeté la donnerai. — Lève-loi, marche par la terre, signifie afin qu'il vît clairement le Royaume céleste : selon sa longueur et selon sa largeur , signifie son céleste et son spirituel : parce que je te la donnerai, signifie qu'il lui appartenait.
1612. Lève-toi , marche par la terre, signifie afin qu'il vit clairement le Royaume céleste : cela est évident par la signification de la terre en ce qu'elle est le Royaume céleste, comme je l'ai déjà dit quelquefois. Se lever et marcher par la terre , c'est dans le sens de la lettre, examiner et voir ce qu'elle est; c'est pourquoi, dans le sens interne, dans lequel par la terre ou la terre de Canaan, on entend le Royaume de Dieu dans les Cieux ou le Ciel , et le Royaume de Dieu dans les terres ou l'Eglise, ces deux expressions signifient voir clairement, ainsi que percevoir.
1613. Selon sa longueur et selon sa largeur , signifie le céleste et le spirituel , ou , ce qui est la môme chose, le bien et le vrai : si la longueur signifie le bien , et la largeur le vrai , ainsi que je . l'ai dit ci-dessus , N y 650 , c'est parce que la Terre signifie le Royaume céleste ou J'Eglise, auxquels ne peut être attribuée aucune longueur, ni aucune largeur; mais on peut leur attribuer les choses adéquates et correspondantes à ces dimensions , c'est-àdire les biens et les vrais. Le céleste ou le bien, étant le principal , est comparé à la longueur; le spirituel ou le vrai, étant le secondaire, est comparé à la largeur. On voit assez clairement dans la Parole prophétique que le vrai est la largeur ; ainsi, dans Habakuk: a C'est Moi qui excite les Chaldéens, nation cruelle et impétueuse, » marchant dans les Largeurs de la terre. » — I. 6. — Les Chaldéens sont ceux qui sont dans le faux; marcher dans les largeurs de la terre, c'est détruire les vrais, car il s'agit des Chaldéens. Dans David: a Jéhovah 1 Tu ne m'as pas renfermé dans la main de » i ennemi; tu as fait tenir debout mes pieds dans la Largeur. » — Ps. XXXI. 9. — Se tenir debout dans la largeur, c'est être dans le vrai. Dans le Même : a D'après mon angoisse, j'ai invoqué » Jah; il me répond dans la Largeur, m — Ps. CXVIII, 5. — Répondre dans la largeur, c'est répondre dans la vérité. Dans Hoschée: « Jéhovah les fera paître comme un agneau dans la Largeur. » — IV. 16. — Faire paître dans la largeur, c'est enseigner le vrai. Dans Esaïe : « Aschur ira à travers Juda; il inondera et passera » au delà; il s'étendra jusqu'au cou, et les extensions de ses ailes » seront la plénitude de la Largeur de la terre. » — VIII. 8. — Aschur est le raisonnement qui doit inonder la terre ou l'Eglise ; les ailes font lot argumentât ions d ou naissent les faux; h plénitude
de la largeur signi6e que l'Eglise sera pleinc.de faux ou de choses opposées au vrai. Comme la longueur de la terre signitiait le bien, * et sa largeur le vrai, il est dit que « la nouvelle Jérusalem fut me- » surée , que son plan était quadrangulaire , et que sa longueur » était aussi grande que sa largeur. » — Apoc. XX4. 16. — De là chacun peut voir que la longueur et la largeur n'ont pas d'autre signification, puisque la Nouvelle Jérusalem n'est autre chose que # le Royaume du Seigneur dans les Cieux et sur les terres. D'après " la signification des choses dans le sens interne , les manières de s'exprimer sur les célestes et sur les spirituels en se servant de ce qui leur correspondait sur les terres , comme ici des longueurs et des largeurs, étaient devenues autrefois familières , de même qu'aujourd'hui la hauteur et la profondeur sont employées dans le langage ordinaire, lorsqu'il s'agit de la sagesse.
1614. Parce que je te la donnerai, signifie qu'il lui appartenait : cela est évident sans explication. Que la Terre ou le Royaume céleste appartienne au Seigneur seul , c'est ce qu'on voit d'après ce qui a déjà été exposé plusieurs fois , savoir, qu'il n'y a point d'autre Seigneur du Ciel; et comme il est le Seigneur du Ciel, il est aussi le Seigneur de l'Église. C'est encore ce qui est «évident en ce que tout céleste etiout spirituel, ou tout bien et tout vrai viennent du Seigneur seul, et que c'est par ces biens et ces vrais que le Seigneur est tout dans toutes les choses de son Ciel, et même au point que celui qui n'aperçoit pas que le bien et le vrai procèdent du Seigneur n'est plus dans le Ciel. Cette sphère est celle qui règne dans tout le Ciel; elle est aussi l'âme du Ciel, et elle est la vie qui influe dans tous ceux qui sont dans le bien.
1615. Vers. iS.^Et Âbram dressa ses tentes, et il vint et habita dans les chênaies de Mamré , qui (sont) en Chébron, et il bâtissait là un autel à Jêhovah. — Abram . dressa ses tentes , et il vint et habita dans les chênaies de Mamré , qui sont en Chébron, signifie que le Seigneur arriva à une perception encore plus intérieure : c'est ici le sixième état : et il bâtissait là un autel à Jéhovah, signifie le culte d'après cet état.
1616. Abram dressa ses tentes, et il vint et habita dans les chênaies de Mamré , qui sont en Chébron , signifie que le Seigneur arriva à une perception encore plus intérieure : on le voit par la
signification de dresser ses tentes ou changer sa tente de place et la fixer, en ce que c'est être conjoint; car la tente , comme je l'ai déjà expliqué, N°" 414, 1452, est la chose sainte du culte par laquelle l'homme Externe est conjoint à Phomme Interne. On le voit en outre par la signification de la chênaie , en ce qu'elle est la perception ; j'en ai déjà parlé , N° s 1442, 1443, où H s'agit de la chênaie
. de Moreh, qui est la première perception ; mais ici il est dit, au pluriel, les chênaies de Mamrê t lesquelles signifient une perception plus étendue, c'est-à-dire, intérieure; cette perception est appelée , les chênaierde Mamrê, qui sont en Chêbron. Le lieu de Mamrê est aussi mentionné dans d'autres passages de la Parole, par exemple : Gen. XIV. 13. XVIII. 1. XXIII. 17, 18, 19. XXXV. 27. Il est aussi parlé de Chébrou : Gen. XXXV. 27. XXXVII. 14. Jos. X. 36, 39. XIV. 13, 14, 15. XV. 13, 54. XX. 7. XXI. 11, 13. Jug. I. 10, 20, et ailleurs; mais, par la Divine Miséricorde du Seigneur, on verra dans quelle signification ces mots y sont pris. — Voici pourquoi les chênaies de Mamrê qui sont en Chêbron signifient une perception encore plus intérieure : A mesure que les choses qui appartiennent à l'homme Externe se conjoignent aux célestes de l'Homme Interne, la perception croît et devient plus intérieure; la conjonction avec les célestes donne la perception ; car dans les célestes qui appartiennent à l'amour en Jéhovah est la vie même de l'Homme Interne , ou , ce qui est la même chose , dans les célestes qui appartiennent à l'amour , c'est-à-dire , dans l'amour céleste est présent Jéhovah , et cette présence n'est poinfr perçue dans l'homme Externe avant que la conjonctiou ait été faite : toute
. perception eiiste d'après la conjonction. On voit ici par le sens interne comment cette opération s'est faite dans le Seigneur, c'està-dire que son Hoîmme Externe, ou son Essence Humaine, a été conjointe à son Essence Divine par degrés selen la multiplication et la fructification des connaissances. Jamais qui que ce soit, en tant qu'homme, ne peut être conjoint à Jéhovah ou au Seigneur ? si ce n'est par les connaissances ; car c'est par les connaissances que l'homme devient homme : il en a été de même pour le Seigneur, parce qu'il est né comme un autre homme et a été instruit comme un autre homme; mais dans ces connaissances, comme réceptacles, étaient sans interruption insinuées les célestes, de
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sorte que les connaissances acquises continuellement devenaient des vases qui recevaient les célestes, et devenaient aussi ellesmêmes célestes ; c'est ainsi qu'il s'avança continuellement vers les célestes de l'enfance. En effet, ainsi que je l'ai déjà dit, les célestes qui appartiennent à l'amour sont insinués depuis la première enfance jusqu'à la seconde, et môme jusqu'à l'adolescence , selon ce . qu'est l'homme; alors et plus tard il est imbu des sciences et des connaissances. Si l'homme est tel qu'il puisse être régénéré, ces sciences et ces connaissances se remplissent de célestes qui appartiennent à l'amour et à la charité, et s'implantent ainsi dans les célestes dont il a été gratifié depuis la première enfance jusqu'à la seconde et jusqu'à 1 adolescence, et c'est ainsi que son homme Externe est conjoint à son homme fnterne. Ces connaissances sont d'abord implantées dans les célestes dont il a été gratifié dans l'adolescence, puis dans ceux qu'il a reçus dans la seconde enfance, et enfin dans ceux qu'il a reçus dans l enfance; alors il est cet Enfant dont parle le Seigneur, lorsqu'il dit que le Royaume de Dieu est à ceux qui ressemblent à un enfant. Cette implantation se fait par le Seigneur Seul ; c'est pourquoi il n'y a et ne peut y avoir chez l'homme rien de céleste qui n'y soit par le Seigneur et qui n'appartienne au Seigneur. Mais c'est par sa propre puissance que le Seigneur a conjoint son homme Externe à son Homme Interne, et qu'il a rempli de célestes les connaissances et les a implantées dans les célestes, et même,. selon l'ordre Divin , d'abord dans les célestes de la seconde enfance , puis dans les célestes du temps intermédiaire entre la seconde et la première enfance, et enfin dans les célestes de son Enfance Môme , étant ainsi devenu . en môme temps, quant à son Essence Humaine, l'Innocence Môme et l'Amour Môme, d'où procèdent toute innocence et tout amour dans les cieux et sur les terres. Une telle Innocence est la véritable Enfance, parce qu'elle est en môme temps la Sagesse; mais l'innocence de l enfance , à moins que par les connaissances elle ne devienne l'innocence de la sagesse, n'est d'aucun usage, aussi les enfans clans l'autre vie sont-ils imbus des connaissances. A mesure que le Seigneur implanta les connaissances dans les célestes, il eut la perception; car , ainsi que je l ai dit, toute perception vient de la conjouction ; il eut la première perception quand il y implanta
les scientifiques de In seconde enfance, et cette perception est signifiée parla chênaie de Moreh : il eut la seconde perception qui est plus intérieure, et dont il s'agit ici, quand il y implanta les connaissances; cette perception est signifiée parles chênaies de Mamré qui sont en Chébron.
1617. C'est ici le sixième état : c'est ce qui est évident d'après ce qu'on a tu dans le Chapitre précédent.
1618. El il bâtissait là un autel àjéhovah, signifie le culte . d'après cet état : on le voit par la signification de V Autel, en ce
qu'il est le représentatif de tout culte en général ; j'ai déjà parlé de cette signification, N° 921 . Par le culte on entend dans le sens interne toute conjonction par l'amour et par la charité; l'homme est continuellement dans le culte, quand il est dans l'amour et dans la charité; le culte externe n'est que léuet. Les Anges sont dans un tel culte c'est pour cela que chez eux leSabbath est perpétuel, et c'est aussi do là que» dans le sens interne, le Sabbath signifie le Royaume du Seigneur. Mais l'homme, lorsqu'il est dans le monde, ne peut faire autrement que d'être aussi dans le culte externe; car c'est par le culte externe que sont excités les internes, et c'est au moyen du culte externe que les externes sont tenus en sainteté pour que les internes puissent influer. En outre, l'homme est de cette manière imbu des» connaissances et préparé à recevoir les célestes, et il est aussi gratifié des états de sainteté, ce que mimême ignore; ces états de sainteté lui sont conservés par le Seigneur pour l'usage de la vie éternelle, car tous les états de sa vie reviennent dans l'autre vie.