CHAPITRE XIV
1. Et ce fut dans les jours d'Amraphel roi de Schinéar, d'Arjoch roi d'Ellasar, de Kédorlaomer roi d'Elam , et de Thidéal roi de Gojim.
2. lis firent la guerre contre Béra roi de Sodome , et contre Birscha roi d'Amore, Schinéab roi d'Adma , et Schéméber roi de Zéboïm, et le roi de Béla, celle-ci (est) Zoar.
3. Tous ceux-ci se joignirent dans la vallée de Siddim, celle-ci (est) la mer de Sel.
4. Douze ans ils furent asservis à Kédorlaomer , e! la treizième année ils se révoltèrent.
5. Et dans la quatorzième année vint Kédorlaomer, et les rois qui (étaient) avec lui , et ils battirent les Réphaim en Astérolh- Karnajim, et les Susimes en Ham, et les Emim en Schavé-Hirjnthaïm.
6. Et les Chorites en leur montagne de Séir, jusqu'à Elparan , qui [est] au-dessus dans le désert.
7. Et ils retournèrent et vinrent à En-Mischpath, celle-ci (est) Kadesch, et ils battirent tout le champ des Amalékites, et même l'Emorréen qui habitait en Chazézon-Thamar.
8. Et le roi de Sodome sortit, ainsi que le roi d'Amore, et le roi d'Adma , et le roi de Zébaïm, et le roi de Béla, celle-ci (est) Zoar ; et ils se mirent en ordre de bataille contre eux dans la vallée de Siddim.
9. Contre Kédorlaomer roi d'Elam, et Thidéal roi de Cojim, et Amraphel roi de Schinéar, et Arjoch roi d'Ellasar ; quatre rois contre cinq.
10. Et la vallée de Siddim (avait) des puits de bitume; et le roi de Sodome et (celui) d'Amore s'enfuirent, et ils y tombèrent, et ceux qui restèrent s'enfuirent dans la montagne.
11. Et ils prirent toutes les richesses de Sodome et d'Amore, et toute leur nourriture, et ils s'en allèrent.
12. Et ils prirent Loth, et son acquisition, le fils du frère d'Abram, et ils s'en allèrent; et celui-là habitait dans Sodome.
13. Et il vint un fuyard, et il indiqua cela à Abram l'Hébreu, et celui-ci habilait dans les Chênaies de Mamré l'Emorrécn, frère d'Eschkol et frère d'Aner; et ceux-ci [étaient) hommes d'alliance d'Abram.
14. Et Abram apprit que son frère avait été fait prisonnier, et il prépara ses initiés, nés dans sa maison, trois cent dix-huit, et il poursuivit (cet rot*) jusqu'à Dan.
15. Et il se partagea sur eux pendant la nuit, lui et ses serviteurs, et il 1rs battit, et il les poursuivit jusqu'à Choba, qui [est) à la gauche de Damas.
16. Et il ramena toute l'acquisition, et ramena aussi Loth son frère, et son acquisition, et aussi les femmes et le peuple.
17. Et le roi de Sodome sortit au-devant de lui, après qu'il fut revenu de battre Kédorlaoraer et les rois qui [étaient) avec lui, à la vallée de Schaveh, celle-ci [est) la vallée du roi.
18. Et Malkizédcch, Roi de Schalem, présenta du pain et du vin, et celui-là [était) Prêtre au Dieu Très-Haut.
11). Et il le bénit et dit : Béni [soit) Abram par le Dieu Très- Haut, Possesseur des cieux et de la terre.
20. Et béni [toit) le Dieu Très-Haut qui a livré tes ennemis en ta main ; et il lui donna les dîmes tle tout.
21. Et Je roi de Sodome dit à Abram : Donne-moi lame, et prends pour toi l'acquisition.
22. Et Abram dit au roi de Sodome : J'ai élevé ma main vers Jéhovah lb Dieu Très-Haut, Possesseur des cieux et de la terre,
•2.5. Si depuis un fil jusqu'à une courroie de soulier, et si je prends d'aucune chose qui soit à toi, afin que tu ne dises pas : •Moi, j'iti enrichi Abram.
2 i . E xcepté seulement ce que les jeunes gens ont mangé, et la part des hommes qui sont venus avec moi, Aner, Eschkol et Mamré; ceux-ci prendront leur part.
CONTENU
1 65 1 . I tans ce Chapitre, il s'agit des combats des tentations dn Seigneur, combats qui sont représentés et signifiés par les guerre» décrites ici.
1652. Les biens et les vrais qui étaient chez l'Homme Externe, mais qui n'étaient que des biens et des vrais apparens, lurent ceux avec lesquels le Seigneur, dans le second age de l'enfance, combattit contre les maux et les faux, l es biens et les vrais apparens sont signifiés par les Rois nommés, Vers. 1 ; tandis qfte les maux cl les faux contre lesquels ont été livrés les combats sont signifiés par les rois nommés, Vers. 2; et ces maux et ces faux étaient
immondes, Vers. 3.
1053. Ces maux et ces faux, contre lesquels le Seigneur a combattu, ne s'étaient pas montrés avant qu'il fût dans le second Age de l'enfance, et alors ils éclatèrent ; c'est ce qui est signiGé par: ils étaient asservis à Kéflorlaomer, Vers. 4.
1654. Le Seigneur alors a combattu et vaincu tous les genres de persuasions du faux , qui sont les Réphaïm , les Susim , les Emim, les Chantes, Vers. 5, 6 ; puis les faux mômes et les maux mêmes, qui sont YAmalêkite et l'Emorréen, Vers. 7; ensuite les autres faux et les autres maux, qui sont les rois nommés, Vers. 8,
1655. Les vrais et les biens apparens, qui en soi ne sont ni des vrais ni des biens, s'emparèrent de l'Homme Externe, Vers. 12; et l'Homme Rationnel, qui est Abram V Hébreu, percevant cela, le revendiqua et le délivra, Vers. 13, 14, 15, 16.
1656. Après ces combats, le mal et le faux se soumirent,
Vers. 17.
1657. L'Homme Interne du Seigneur dans son Homme Intérieur ou le Divin dans le Rationnel , est Malkizédeeh , qui donne la bénédiction après les combats, Vers. 18, 19, 20; les Dîmes sont les reliquiœ, ou les états du bien et du vrai d'après les combats,
T(B58 Les esprits méchans et infernaux qui avaient été vaincus demandèrent la vie et se soucièrent peu de tout le reste; mais rien ne leur fut enlevé par le Seigneur, parce que le Seigneur ne t.re aucune force de leurs maux ni de leurs faux; mais ils furent mis au pouvoir des bons esprits et des anges; c'est ce qui est signifié dans les Vers. 21,22,23,24.
SENS INTERNE
1659. Les événemens que contient ce Chapitre se présentent comme s'ils n'étaient pas représentatifs ; car il s'agit seulement de guerres enrte plusieurs Rois, de la délivrance de Loth par Abram, et enfin de Malchizédech ; ainsi ils se présentent comme s'ils ne renfermaient en eux aucun arcane céleste ; mais toujours est-il que dans le sens interne ils contiennent , comme tous les autres , de très-profonds arcanes , oui aussi sont en série continue les suites de ceux qui précèdent , et se lient en série continue à ceux qui suivent. Dans ceux qui précèdent , il a été question du Seigneur et de son instruction, puis de son Homme Externe qui devait être conjoint à son Homme Interne au moyen des sciences et des connaissances; mais comme son Homme Externe, ainsi que je l'ai dit, était tel qu'il avait en lui, par l'héréditaire provenant de la mère, des choses qui empêchaient la conjonction et qui toutefois devaient être chassées par des combats et des tentations , avant que son Homme Externe pût être uni à son Homme Interne, ou avant que son Essence Humaine pût être unie à son Essence Divine, c'est pour cela que dans ce Chapitre il s'agit de ces combats, qui, dans le sens interne , sont représentés et signifiés par les Guerres dont il est ici question. Dans l'Eglise, on sait que Malchizédech a représenté le Seigneur, et qu'ainsi c'est du Seigneur qu'il s'agit dans le sens interne, quand il est parlé de Malchizédech ; on en peut aussi conclure que non-seulement les choses qui concernent Malchizédech sont représentatives , mais qu'il en est de même des antres ; car , dans la Parole , il n'a pu être écrit le plus petit mot qui n'ait été envoyé du ciel et dans lequel conséquemment les Anges ne voient des choses célestes. Dans les temps très-anciens, de nombreux arcanes étaient aussi représentés par les guerres que l'on appelait Guerres de Jéhovah , et qui ne signifiaient que les combats de l'Église et de ceux qui étaient de l'Eglise, c'est-à-dire, leurs tentations, lesquelles ne sont que des combats et des guerres contre les maux qui sont chez l'homme, par conséquent contre la tourbe diabolique qui excite les maux et s'efforce de détruire l'Eglise et l'homme de l'Eglise. Que par les Guerres, dans la Parole, on n'entende pas autre chose, c'est ce qu'on peut voir clairement en
ce que, dans la Parole, il ne peut cire question que du Seigneur, de son Royaume et de l'Église, parce que la Parole est J^iviue et non humaine, par conséquent céleste et non mondaine; on ne peut donc pas, dans le sens interne, entendre d'autres choses par les Guerres dont parle le sens de la lettre : c'est ce qu'on pourra voir avec plus d'évidence dans ce qui va suivre.
1660. Vers. 1, 2. El ce fut dans les jours d'Amraphel Roi de Srhinéar, d'Arjoch Roi d'Ellasar , de Kédorïaomer Roi d'Elam, el de Thidéal Roi de Gojim. Ils firent la guerre contre Bêra Roi de Sodome, et contre Birscha Roi d'Amore, Schinéab Roi d' Adma, et Schénxéber Roi de Zéboïm, el le Roi de Réla, celle-ci (est) Zoar. — Ce fut dans les jours d'Amraphel Roi de Schinéar. d'Arjoch Roi d'Ellasar, de Kédorïaomer Roi d'Elam, et de Thidéal Roi de Gojim, signifie, chez l'homme Externe du Seigneur, autant de genres de biens et de vrais appareils qui en eux-mêmes ne sont ni des biens ni des vrais ; chaque roi et chaque nation signifie un genre de ces biens et un genre de ces vrais : ils firent la guerre contre Réra Roi de Sodome, el contre Birscha Roi d'Amore, Schinéab Roi d'Adma, et Schéméber Roi de Zébohn, el le Roi de Réla, celle-ci (est) Zoar, signifie autant de genres de cupidités du mal et de persuasions du faux, contre lesquelles le Seigneur combattit.
1661. El ce fut dans les jours d'Amraphel Roi de Schinéar , (FArjoch Roi d'Ellasar, de Kédorïaomer Roi d'Elam , et de Thidéal Roi de Gojim, signifie chez l'homme Externe du 'Seigneur autant de genres de biens et de vrais apparens,'qui en eux-mêmes ne sont ni des biens ni des vrais : c'est ce qu'on peut voir par la signification de tous ces noms dans le sens interne, et en outre par ce qui suit. En effet, il s'agit des combats du Seigneur contre fes maux et les faux , et ici de son premier combat, qui eut lieu dans le second âge de son enfance et dans sa première adolescence, et qu'il entreprit et soutint dès qu'il eut été imbu des scientifiques et des connaissances; c'est pour cela qu'il est dit ici dans les jours de ces (Rois). Personne ne peut combattre contre les maux et les faux avant de connaître ce que c'est que le mal et le faux, ni par conséquent avant d'être instruit. L'homme ne sait pas ce que c'est que le mal, et sait encore moins ce que c'est que le faux, avant que son intelligence et son jugement soient en vigueur; c'est pour cela
que l'homme ne vient pas en tentations avant d'être parvenu à l'âge adulte; ainsi tout homme n'y vient que dans son âge viril , mais le Seigneur y vint dans l'âge de la seconde enfance. Tout homme combat avajit tout d'après les biens et les vrais qu'il a reçus au moyen des connaissances, et c'est d'après eux et par eux qu'il juge des maux et des faux ; tout homme aussi , quand il commence à combattre, pense que ces biens et ces vrais, par lesquels il combat, lui sont propres, c'est-à-dire qu'il se les attribue , et il s'attribue en même temps la puissance par laquelle il résiste; cela est encore permis, car l'homme alors ne peut pas savoir autre chose. Aucun homme, avant d'avoir été régénéré, ne peut savoir, jusqu'à pouvoir dire qu'il en a la connaissance, la reconnaissance et la croyance, ne peut savoir, dis-je, que rien de bien ni de vrai ne vient de lui, mais que tout bien et tout vrai vient du Seigneur, ni savoir qu'il ne peut résister par sa propre puissance à aucun mal ni à aucun faux ; car il ne sait pas que les mauvais esprits excitent et introduisent en lui les maux et les faux, et il sait encore moins qu'il communique par les mauvais esprits avec l'enfer, et qu'ainsi l'enfer le presse comme la mer a coutume de presser chaque partie de ses digues, pression à laquelle l'homme ne peut nullement résister par ses forces ; toutefois , comme avant d'avoir été régénéré il lui est impossible de croire qu'il ne résiste pas par ses propres forces, il lui est encore permis d'avoir cette illusion, et c'est ainsi qu'il est introduit dans les combats ou dans les tentations ; mais ensuite il est éclairé de plus en plus. Lorsque l'homme est dans un semblable état, c'est-à-dire, lorsqu'il pense que le bien et le vrai sont de lui, et que le pouvoir de résister lui appartient, les biens et les vrais par lesquels il combat contre les maux et les faux ne sont ni des biens ni des vrais, quoiqu'ils en aient l'apparence , car son propre est en eux, et il place son mérite dans la victoire et se glorifie comme s'il eût vaincu lui-même le mal et le faux, tandis que cependant c'est le Seigneur seul qui combat et est vainqueur : personne ne peut savoir qu'il en est ainsi , excepté ceux qui sont régénérés par les tentations. Quant au Seigneur , comme il a été introduit dès le second âge de l'enfance dans de très-violens combats contre les maux et les faux, il n'a pu alors penser autrement ; et cela, nonseulement parce qu^il était conforme à l'ordre Divin que son Essence
Humaine, par de continuels combats et de continuelles victoires , fût introduite vers son Essence Divine et Lui fût unie; mais encore parce que les biens et les vrais par lesquels il combattit contre, les maux et les faux appartenaient à l'homme Externe; et # comme ces biens et ces vrais n'étaient pas par conséquent entièrement Divins, c'est pour cela qu'ils sont nommés apparences du bien et du vrai. Sa Divine Essence introduisait ainsi son Essence Humaine', afin qu'elle fût victorieuse par sa propre puissance ; mais il y a ici trop d'arcanes pour qu'ils puissent jamais être décrits. En un mot, dans les premiers combats , chez le Seigneur, les biens et les vrais par lesquels il combattit étaient imbus des choses héréditaires provenant de la mère, et autant ils en étaient imbus, autant ils n'étaient pas Divins; mais ils étaient purifiés et rendus Divins par degrés, à mesure qu'il était victorieux du mal et du faux.
1662. Chaque roi et chaque nation signifie un genre de ces biens et un genre de ces vrais : on peut le voir par la signification de ces nations dans le sens interne, en l'appliquant à la chose dont il s'agit; car chaque nation et chaque terre signifie quelque chose de déterminé dans le commun , et cela dans le sens propre et dans le sens opposé; mais la signification commune s'applique à la chose dont il s'agit. On peut par plusieurs passages, confirmer que les noms de ces rois et de ces nations signifient des biens et des vrais appareils, mais cela a déjà été confirmé tant de fois , et il se présente ici tant de noms, qu'il serait trop long d'expliquer ainsi chaque nom en particulier.
1663. Ils firent la guerre contre Béra Roi de Sodome, et contre Birscha Roi d'Amore, Schinéab Roi d'Adma, et Schéméber Roi de Zéboïm, et le Roi de Bêla, celle-ci est Zoar, signifie autant de genres de cupidités du mal et de persuasions du faux , contre lesquels le Seigneur combattit : on peut aussi le voir par la signification des rois et des nations qui sont nommés, et en môme temps par ce qui suit. Il serait encore trop long d'exposer quelles cupidités du mal et quelles persuasions du faux sont signifiées par chacun de ces noms. Il a déjà été question en peu de mots de la signification de Sodome et d ' Amore , d'Adma et de Zéboïm , ainsi que de Zoar ; ce sont les genres les plus communs ou Ie9 plus universels des maux et des faux, qui sont signifiés dans le sens interne,
et se suivent ici dans leur série. Que le Seigneur ait subi et soutenu, en comparaison de tous les hommes de l'univers , des tentations plus graves ou les plus graves tentations, c'est ce qui n'a pas été exprimé en ces termes dans la Parole, où il est seulement rapporté qu'il est resté quarante jours dans le désert et qu'il fut tenté par le diable; les tentations mêmes qu'il eut alors n'ont été décrites qu'en peu de mots , qui , bien qu'en petit nombre , renferment cependant tout, comme lorsqu'il est rapporté, dans Marc, — I. 12, 13. — qu't7 était dans le désert avec les bêtes, par lesquelles sont signifiés les êtres les plus méchans de la tourbe infernale; et les choses qui sont ensuite rapportées , qu'il fut conduit par le diable sur le pinacle du temple et sur une haute montagne, ne sont autre chose que des représentatifs des tentations les plus, graves qu'il eut dans le désert, et desquelles, par la Divine Miséricorde du Seigneur, je parlerai dans la suite.
1664. J'ai déjà dit , dans les préliminaires de ce Chapitre, qu'ici, dans le sens interne, les Guerres ne signifient que des combats spirituels ou des tentations ; dans la Parole , et surtout dans les Prophètes , les Guerres n'ont pas d'autre signification; les guerres humaines ne peuvent rien être dans les internes de la Parole, car elles ne sont ni célestes ni spirituelles, et la Parole ne renferme que des célestes et des spirituels. Par les passages suivans, sans parler de beaucoup d'autres, on peut voir que, dans la Parole, les Guerres signifient les combats avec le diable, ou,^ce qui est la même chose , avec l'enfer : Dans Jean : « Ce sont les esprits des » démons, qui font des signes pour s'en aller' vers les rois de la » terre et de tout l'univers, afin de les assembler pour la Guerre » de ce grand jour du Dieu Tout-Puissant. » — Apoc. XVI. 14. — Chacun peut voir que là il n'est pas signifié d'autre guerre pour 1 le grand jour du Dieu Tout-Puissant. Dans le Même : « La Bête » qui monte de l'abîme fera la Guerre, » — Apoc. XI. 7. — l'Abîme est l'enfer. Dans le Même : « Le dragon fut irrité contre la femme, » et il s'en alla faire la Guerre m au* restes de sa semence, qui ob- » servaient les commandemens de Dieu et qui ont le témoignage » de Jésus-Christ. » — Apoc. XII. 17. — a 11 lui fut donné de » faire la Guerre contre les Saints. » — Apoc. XIII. 7. — Toutes ce» guerres sont des combats tels que ceux des tentations. 11 en est
80 AKCANES CÉLESTES.
de même des Guerres des rois du midi et du septentrion et des autres guerres dans Daniel, Chap. X et XI ; et de celles de Michel,
— Dan. X. 13, 21; XII. 1 . Apoc. XII. 7. — On\oit aussi par les autres Prophètes que les Guerres n'ont pas d'autre signification: Par exemple, dans Ëzéchiel : « Vous n'êtes point montés aux » brèches, et vous n'avez pas entouré d'une haie la maison d'Israël, » afin de vous soutenir dans la Guerre au jour de Jéhovah. » — XIII. 5. — Là, il s'agit des prophètes. Dans Esaïe : « Ils arrondi- » ront leurs épées en noyaux et leurs lances en faucilles ; une nation » ne lèvera pas l'épée contre une nation, et ils n'apprendront plus » la Guerre. » Là, il est évident qu il n'est pas signifié d'autres guerres, et que par conséquent les instrumens de guerre, tels que les épées, les lances, les boucliers et plusieurs autres, ne signifient, dans la Parole, que les choses propres à de telles guerres. Dans le Même : « Apportez des eaux au-devant de celui qui a soif, habitans » de la terre de Théma ; venez au-devant du fugitif avec son pain; » car ils seront errans devant les épées, devant l'épée levée et de-
» vant l'arc tendu, et devant le poids de la Guerre. » — XXI. 14, ' 15. — Dans Jérémie : « Les pasteurs et leurs troupeaux viendront » vers la fille de Zion ; ils planteront près d'elle des tentes tout »"à l'entour; ils paîtront chacun leur espace; Jurez la Guerre » contre elle; levez-vous, et montons à midi. » — VI. 3, 4, 5. — Là, il ne s'agit pas d'une autre guerre, puisque c'est contre la fille de Zion, c'$st-à-dire, contre l'Église. Dans le Même : « Comment » n'a-t-elle pas été laissée, la ville de louange, la ville de ma joie! » c'est pourquoi ses jeunes gens tomberont dans ses places, et tous » les hommes de Guerre seront taillés en pièces en ce jour-là.» — XLIX. 25, 26. — La ville de louange et de joie désigne les* choses qui appartiennent à l'Église; les hommes de guerre sont ceux qui combattent. Dans liosée : «Je traiterai pour eux alliance en ce » jour-là avec la bête féroce du champ, et avec l'oiseau des cieux , v et avec le reptile de l'humus; et je briserai de dessus la terre » l'épée et Tare et la Guerre, et je les ferai coucher en sûreté. »
— II. 18.- — Là pareillement la guerre désigne ces combats; les différentes armes de guerre sont des choses appartenant au combat spirituel, lesquelles sont brisées, quand l'homme vient dans la tranquillité de la paix, après que les cupidités et les faussetés ont cessé.
GEiNÈSE. CHAP. QUATORZIÈME. 81
Dans David : «Voyez les œuvres de Jéhovah, Qui met des solitu- » des dans la terrtf ; il fait cesser les Guerres jusqu'à l'extrémité » de la terre ; il brise l'arc et coupe la lance , il brûle les chars au » feu.» — Ps. XLVl. 9, 10. — même signification. Dans le Même: « L'habitacle de Dieu est en Schalem, et son habitation en Zion; » là il a brisé les traits enflammés de l'arc, le bouclier et l'épée, » et la Guerre.» — Ps. LXXVI. 3, 4. — Comme les prêtres représentaient le Seigneur qui Seul combat pour l'homme, leur fonction est appelée la Milice, — Nomb. IV. 23, 35, 39, 43, 47. — C'est une vérité constante que Jéhovah Seul , c'est-à-dire le Seigneur Seul combat et vainc le diable chez l'homme, quand il est dans les combats des tentations , quoique cela ne paraisse pas ainsi à l'homme. En effet, les mauvais esprits ne peuvent pas même porter à l'homme le moindre mal que ce ne soit par permission, et les anges ne peuvent détourner de l'homme le moindre mal que ce ne soit par le Seigneur , de sorte que c'est le Seigneur Seul qui soutient tout le combat et qui remporte la victoire ; c'est aussi ce qui a été représenté çà et là par les guerres que les fils d'Israël ont soutenues contre les nations. 11 est dit aussi dans Moïse qu'il a combattu Seul : a Jéhovah votre Dieu qui marche devant vous com- » battra Lui-Menu? pour vous.» — Deutér. I. 30. — Dans le Même : « Jéhovah votre Dieu qui marche avec vous pour combattre » pour vous contre vos ennemis afin de vous sauver. » — Deutér. XX. 4. — et de même dans Josué, — XXIII. 3, 5. — En effet , toutes les Guerres qu'ils faisaient contre les habitans idolâtres de la terre de Canaan, représentaient les combats du Seigneur contre l'enfer, et par suite les combats de son Eglise et des hommes de l'Églfle. C'est aussi conformément à cela qu'il est dit dans Esaïe: « Ainsi que rugit le lion et le lionceau sur sa proie, lorsque accourt » contre lui la totalité des pasteurs, dont la voix ne l'effraye point » et dont le tumulte ne l'abat point, ainsi descendra Jéhovah Zé- » baoth pour combattre sur la montagne de Zion et sur sa colline.»
— XXXI. 4. — C'est aussi pour cela que Jéhovah ou le Seigneur est appelé Homme de guerre, comme dans Moïse: «Jéhovah (est) » Homme de guerre, Jéhovah (est) son nom. » — Exod. XV. 3.
— Dans Esaïe -. « Jéhovah sortira comme un Héros, il réveillera » son zèle comme Y Homme des Guerres , il vociférera, même il
» criera, il prévaudra sur ses ennemis. » — XLIL 13. — C'est de là encore qu'on attribue au Seigneur plusieurs choses qui appartiennent à la guerre , comme ici vociférer et crier. Les esprits et les anges apparaissent môme comme des hommes de guerre, lorsqu'il s'opère une représentation, comme dans Josué: a Josué » leva les yeux, et il vit, et voici un Homme qui se tenait debout » vis-à-vis de lui, et son épée dégainée dans sa main. Il dit à Josué: » Je (suis) le Chef de l'armée de Jéhorah. Lt Josué tomba sur ses » faces en terre. » — V. 13, 14. — Ces choses furent ainsi vues par Josué parce qu'elles étaient représentatives. C'est aussi pour cela que les descendaus de Jacob nommaient leurs guerres les Guerres de Jéhovah. Il en était de même dans les Eglises Anciennes chez lesquelles il y avait des Livres qu'on nommait aussi les Guerres de Jéhovah , comme on le voit dans Moïse : u 11 est dit dans le » Livre des Guerres de Jéhovah. » — ÎNomb. XXL 14, 15; — ces guerres n'étaient pas écrites autrement que ne le sont les Guerres dont il est parlé dans ce Chapitre , mais elles signifiaient les Guerres de l'Église. Une telle manière d'écrire était familière dans ces temps , car alors les hommes étaient intérieurs et avaient des pensées plus élevées.
16(>5. Vers. 3. Tous ceux-ci se joignirent dans la vallée de Siddim, celle-ci (est) la mer de sel. — Tous ceux-ci se joignirent dans la vallée de Siddim , signiBe qu'ils étaient dans les souillures des cupidités : celle-ci (est) la mer de sel , signifie les turpitudes des faussetés qui en proviennent.
l(iG6. Tous ceux-ci se joignirent dans la vallée de Siddim, signifie qu'ils étaient dans les souillures des cupidités : on peut le voir par la signification de la vallée de Siddim, ainsi qu'il est dit ci-après, Vers. 10 : « La vallée de Siddim (avait) des puits des » puits de bitume , c'est-à-dire, était pleine de puits de » bitume, » lesquels signifient les souillures et les impuretés des cupidités, N" 1299; on peut le voir encore en ce que Sodome, Amore , Auma et Zeboïm signifiaient les cupidités du mal et les persuasions du faux, qui en elles-mêmes sont immoudes. Toute personne qui est dans l'Eglise peut voir qu'elles sont immondes ; c'est même ce qu'on voit en actualité dans l'autre vie ; les esprits qui sont tels n'ont pas de plus grand désir que d'habiter dans des
Hélix marécageux, fangeux et excrémentitiels, de sorte que leur nature porte avec elle de tels goûts : de semblables exhalaisons immondes sortent d'eux et se font sentir, quand ils approchent de la sphère des bons esprits, surtout quand ils désirent infester ceux qui sont bons, c'est-à-dire, s'assembler poinr les attaquer. On voit clairement, d'après cela, ce que c'est que la vallée de Siddim. — Celle-ci [est) la mer de sel, signifie les turpitudes des faussetés qui en proviennent : c'est ce qu'on peut voir par la signification de la Mit de sel y en ce qu elle est presque la même chose que la vallée de Siddim ; car il est dit: La vallée de Siddim, celle-ci est la mer de sel; mais cela a été ajouté parce que la i#er de sel signifie les faussetés qui sortent des cupidités; il n'y a, en effet, aucune cupidité qui ne produise des faussetés. La vie des cupidités peut être assimilée à un feu de charbon, et les faussetés à la lumière obscure qui en sort ; de môme que le feu ne peut jamais être sans lumière , de même aussi la cupidité ne peut jamais être sans fausseté : toute cupidité appartient à quelque amour honteux , car on désire ce qu'on aime, delà vient le nom de cupidité, et dans la cupidité elle-même est la continuité de cet amour ; tout ce qui favorise ou approuve cet amour ou cette cupidité est appelé fausseté. D'après cela I on voit clairement pourquoi à la vallée de Siddim il a été ajouté ici la mer de sel. Comme les cupidités et les faussetés sont ce qui dévaste l'homme , c'est-à-dire , ce qui le prive entièrement de toute vie de l'amour du bien et de toute affection du vrai, la vastation est décrite çà et là par des lieux salés, comme dans Jérémie: « Celui qui fait de la chair son bras sera comme un arbrisseau dé- » pouillé dans la solitude, et il ne verra pas quand le bien vient, » et il habitera des lieux desséchés dans le désert, terre salée et » qui n'est point habitée. » — XVII. 6. — Dans Ezéchiel : «Ses * » bourbiers, et ses marais, et ils ne sont point assainis, ils seront » changés en sel. » — XLVII. il. — Dans David : «Jéhovah » réduit les fleuves en désert et les sources d'eaux en sécheresse , » la terre à fruit en saline, à cause de la malice de ceux qui y ha- » bitent. » — Psaume CVII. 33, 34. — Dans Zéphanie : «Moab » sera comme Sodome, et les fils d'Ammon comme Âmore, un lieu » abandonné à l'ortie, et une fosse de sel, et une désolation pour » l'éternité. » —II. 9.— Dans Moïse : « Il (n )y aura (que) Soufre
» et Sel, toute la terre (sera) un incendie ; elle ne sera pas semée, » et elle ne fera pas germer, et aucune herbe ne s'élèvera sur elle, » de môme qu'au renversement de Sodome et d'Amore, d'Adma » et de Zéboïm. » — Deut. XXIX. 22.— Ces mots, le Soufre et * le Sel, toute la terre sera un incendie, désignent la vastation des biens et des vrais; le soufre, la vastation du bien ; le sel, la vastation du vrai; car ce qui brûle et ce qui est salé détruisent la terre et les productions de la terre , de même que la cupidité détruit les biens et la fausseté les vrais. Comme le 5e/ signifiait la vastation , les fils d'Israël avaient aussi coutume de semer du sel sur l'emplacement des villes qu'ils détruisaient , afin qu elles ne fussent pas reconstruites, comme dans le Livre des Juges, — IX. 45. — Pris dans le sens opposé, le 5e/ signifie aussi ce qui donne la fertilité, et ce qui produit comme de la saveur.
Vers. 4. Douze ans ils furent asservis à Kédorlaomer , et la treizième année ils se révoltèrent. — Douze ans ils furent asservis à Kédorlaomer, signifie que les maux et les faux ne se montraient pas dans le second âge de l'enfance , mais qu'ils étaient sous la dépendance des biens et des vrais apparens : et la treizième année ils se révoltèrent , signifie le commencement des tentations dans le second âge de l'enfance.
1667. Douze ans ils furent asservis à Kédorlaomer , signifie que les maux et les faux ne se montraient pas dans le second âge de V enfance , mais qu*ils étaient sous la dépendance des biens et des vrais apparens : on en trouve la preuve dans la représentation et la signification de Kédorlaomer et de ceux qui lui étaient asservis , et dont il a été déjà question, Vers. 1; ainsi que dans la signification de douze. Kédorlaomer, avec ceux qui sont nommés, Vers. 2, signifie les biens et les vrais apparens chez le Seigneur , par conséquent l'homme Externe quant à ces biens et ces vrais , • Kédorlaomer étant pris ici pour l'ensemble de tous ceux qui sont nommés, Vers. 2; c'est aussi ce qu'on voit par la suite, et ce qui résulte de ce qu'il était roi d'Elam, ville dont il a déjà été parlé, et qui signifie la foi procédant de la charité, et par conséquent ici le vrai et le bien ; car la foi et les choses qui appartiennent à la foi ne sont que des vrais, et la charité et les choses appartenant à la charité sont des biens ; mais ici ce sont les biens de l'enfance , et
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quoiqu'ils paraissent être des biens, ils ne sont pas des biens tant que le mal héréditaire les tache; cernai est ce qui leur est inhérent et adhérent par l'amour de soi et par l'amour du monde. Tout ce qui appartient à l'amour de soi et à l'amour du mondeapparait alors comme un bien . mais n'est pas un bien; néanmoins on doit l'appeler bien tant qu'il est chez un enfant du premier âge, ou chez un enfant du second âge, qui ne sait pas encore ce que c'est que le bien véritable ; l'ignorance excuse, et l'innocence fait qu'il apparaît comme bien. Mais il en est autrement lorsque l'homme a été instruit et qu'il sait ce que c'est que le bien et le mal. Kédorhomer signifie le bien et le vrai, tels qu'ils sont chez l'enfant du second âge, avant qu'il ait été instruit. Les douze ans pendant lesquels ils furent asservis signifient pendant tout le temps qu'il y a un tel bien et un tel vrai; car douze, dans le sens interne, signifie toutes les choses qui appartiennent à la foi de la charité, ou à la foi procédant de la charité; il en est de mêmed' Elam; — Gen. X. 22. — et tant qu'un tel bien et un tel vrai sont chez l'homme, qu'il soit dans le second âge de son enfance ou qu'il soit dans tout autre âge, les maux et les faux ne peuvent rien effectuer, c'est-à-dire que les mauvais esprits n'osent pas faire la moindre chose , ni introduire le moindre mal, comme cela est assez manifeste chez les enfans du premier âge, chez les enfans du second âge qui sont bons, et chez les hommes qui sont simples de cœur ; encore bien qu'il y aurait chez eux des mauvais esprits, ou les plus mauvais de la tourbe diabolique , ces esprits ne pourraient cependant leur faire la moindre chose, mais ils sont subjugués ; c'est ce qui est signifié par ces mots : Douze ans ils furent asservis à Kédorlaomer. S'ils sont alors subjugués et asservis , c'est parce que l'homme ne s'est pas encore acquis la sphère des cupidités et des faussetés ; car il n'est permis aux mauvais esprits et aux génies d'opérer que dans ce que l'homme s'est approprié par des actes, et non dans ce qui lui vint d'hérédité: c'est pourquoi avant que l'homme s'acquière de telles sphères, les mauvais esprits sont asservis ; mais dès qu'il les acquiert , ils se répandent chez lui et s'efforcent de dominer ; car alors ils sont dans leur sphère propre, et ils y trouvent un certain plaisir, ou leur vie môme : où est le cadavre, là sont les aigles.
16G8. El la treizième année ils se révoltèrent, signifie le corn-
mencement des tentations dans le second âge de V enfance : c'est ce qui est évident diaprés la signification de la treizième année, et d'après la signification de se révolter. La treizième année est l'intermédiaire de la douzième et de la quatorzième ; j'ai dit ce que signifie douze, et je dirai bientôt ce que signifie quatorze; treize est l'intermédiaire entre nulle lentation et la tentation. On peut voir ce que signifie se révolter, lorsque cette expression s'applique aux maux chez l'homme, ou aux mauvais esprits quand ils ont été subjugués ou qu'ils servent, et qu'ils commencent à se relever et à infester : les maux ou les mauvais esprits se révoltent en proportion de ce que l'homme , qui veut être dans les biens et dans les vrais, confirme chez lui quelques maux et quelques faux , ou en proportion de ce que les cupidités et les faussetés s'insinuent dans ses biens et dans ses vrais; la vie des mauvais esprits est dans les cupidités et dans les faussetés, tandis que la vie des Anges est dans les biens et dans les vrais; de là l'infestation et le combat. C'est ce qui arrive chez tous ceux qui ont la conscience, à plus forte raison cela est-il arrivé chez le Seigneur, lorsqu'il était dans le second âge de l'enfance , Lui qui avait la perception. Chez ceux qui ont la Conscience, ce combat produit une douleur muette; mais chez ceui qui ont la perception la douleur est aiguë, et plus la perception est intérieure, plus la douleur est aiguë. De là on peut voir clairement quelle a été la Tentation du Seigneur, en comparaison de celle des hommes, Lui qui avait la perception intérieure et intime.
1669. Vers. 5. Et dans la quatorzième année vint Kédorlaomer, et les rois qui (étaient) avec lui, et ils battirent les Réphaïm en Âstéroth-Karnaïm , et les Susim en Un m, et les Emim en Schavé-Kirjathaïm. — Dans la quatorzième année, signifie la première tentation : vint Kédorlaomer , signifie le bien apparent dans l'Homme Externe : et les Rois qui (étaient) avec lui, signifient le vrai apparent qui appartient à ce bien : et ils battirent les Réphaïm en Âstéroth-Karnaïm, et les Susim en Ham et les Emim en Sclmvé-Kirjathaïm , signifie les persuasions du faux, ou les enfer9 de telles persuasions du faux, que le Seigneur a vaincus.
1670. Dans la quatorzième année, signifie la première tentation: on peut le voir par la signification de quatorze ou de la fin de la seconde semaine ; j'en ai parlé au N°728, où le temps de sept jours
ou d'une semaine signifie le commencement de la tentation; celui de quatorze ou de deux semaines signifie la même chose. Ici il est dit quatorze en raison du nombre douze qui précède, et qui signifie le temps de la seconde enfance, ainsi que je l'ai dit.
1671. Vint Kédorlaomer , signifie le bien apparent dans V Homme Externe : on en a la preuve dans la signification de AVdorlaomer, donnée dans le Verset précédent, en ce qu'il est le bien apparent et le vrai apparent; ici il signifie seulement le bien, parce qu'il est ajouté, et les Rois qui étaient avec lui, par lesquels est signifié le vrai.
1672. Et les Rois qui étaient avec lui, signifient le vrai apparent qui appartient à ce bien : c'est ce qui est évident d'après la signification des Rois dans la Parole. Les Rois , les Royaumes et les Peuples, dans les livres historiques et dans les livres prophétiques de la Parole, signifient les vrais et les choses qui appartiennent aux vérités ; on peut le confirmer par beaucoup de passages. Dans la Parole, il y a une distinction exacte entre le Peuple et la Nation ; le Peuple signifie les vrais, et la Nation les biens, comme je' l'ai déjà fait voir, N s 1259, 1260 ; les Rois sont attribués aux peuples et ne le sont pas de même aux nations; les fils d'Israël, avant de demander avec instance des Rois, étaient une nation et représentaient le Bien ou le Céleste -, mais après qu'ils eurent désiré un Roi et qu'ils l'eurent reçu, ils devinrent un peuple et représentaient non le Bien ou le Céleste, mais le Vrai ou le Spirituel ; c'est ce qui fut cause que leur demande leur fut imputée comme une faute grave, — I. Sam. VIII. 7 à la fin.— Par la Divine Miséri- •corde du Seigneur, il en sera parlé ailleurs. Ici, comme Kédorlaomer est nommé, et qu'il est ajouté : Les Rois qui étaient avec lui, le bien et le vrai sont également signifiés, le bien par Kédorlaomer, le vrai par les Rois ; j'ai dit ci-dessus quel était le Bien et quel était le Vrai dans le commencement des tentations du Seigneur.
1673. El ils battirent les Réphaïm en Astéroth-Karnaïm, et les Susim en II am, et les Emim en Schavé-Kirjathaïm, signifie les persuasions du faux, ou les enfers de telles persuasions du faux, que le Seigneur a vaincus : on le voit par la signification des Réphaïm, des Susim et des Emim, qui sont du même genre que les
Néphilim , dont il est parlé, Geo. VI. 4; et là j'ai suffisamment montré qu'ils signifient les persuasions du faux , ou ceux qui , par la persuasion de leur élévation et de leur prééminence, regardaient comme rien toutes les choses saintes et tous les vrais , et répandaient les faussetés dans les cupidités; Voir N° 581 et les passages qui y sont cités, — Nomb.XIII. 33; Deutér. II. 10; EsaïeXIV. 9. XXM. 14, 19. Psaume LXXXYIII. 11.- Ici , ce sont les genres de persuasions du faux , qui sont signifiés par ces trois peuples, puis par les Chorites en la montagne de Seir ; car il y a plusieurs genres de persuasions du faux , non-seulement selon les faussetés, mais encore. selon les cupidités auxquelles elles sont adjointes, ou dans lesquelles elles sont répandues, ou desquelles elles émanent et sont produites. Aucun homme ne peut jamais voir quelles sont les persuasions du faux ; à peine va-t-on au delà de savoir qu'il existe une persuasion du faux et une cupidité clu mal ; mais dans l'autre vie elles sont très-distinctement disposées dans leurs genres et dans leurs espèces. Les plus abominables persuasions du faux ont existé chez ceux qui vivaient avant le déluge, surtout chez ceux qui furent nommés Néphilim. Ceux-ci furent tels, que parleurs persuasions, dans l'autre vie, ils enlèvent aux esprits, vers lesquels ils se glissent, toute faculté de penser, au point que ces esprits croient à peine vivre et encore moins pouvoir penser quelque chose de vrai; car il y a, comme je l'ai dit, une communication de îoutes les pensées dans l'autre vie ; c'est pourquoi lorsqu'un tel persuasif influe, il est impossible qu'il ne tue pas, pour ainsi- dire, chez les autres toute la puissance de la pensée. Telles furent les nations abominables contre lesquelles le Seigneur a combattu dans le second Age de son enfance , et qu'il a vaincues ; si le Seigneur ne les eût pas vaincues par son Avènement dans le monde, aucun homme n'existerait aujourd'hui sur cette terre, car tout homme est gouverné par le Seigneur au moyen des esprits. Aujourd'hui ces mômes Néphilim sont recouverts par une espèce de roche nébuleuse formée par leurs fantaisies; ils font de continuels efforts pour en sortir, mais c'est en vain, — Voir ce que j'en ai dit N os 1265 à 1272, et en plusieurs autres endroits précédemment. Ce sont aussi eux, et d'autres qui leur ressemblent, dont il est question dans Esaïe : « Les morts ne vivront point , les Héphaïm ne se relèveront
GENÈSE. CHAP. QUATORZIÈME. 89 » point, parce que tu les as visités et anéantis, et que tu as tait » périr tonte leur mémoire. » — XXVI. 14. — et dans David • « Feras-tu un miracle pour les morts? les Héphatm se relèveront-ils* » Te confesseront-ils?»- Psaume LXXXVIU. 11. -Là, parles morts on entend non ceux qui sont morts, mais ceux qui sont damnés. Aujourd'hui, surtout dans le monde chrétien, il y a encore des hommes qui ont aussi dos persuasions, mais elles ne sont pas si affreusQs que le furent celles des antédiluviens. II y a certaines persuasions du faux qui s'emparent et de la partie volontaire et de
; telles furent celles des antédiluviens et de ceux qui sont signifiés par les Réphtfm, les Susimcs et les Emim ; mais il y a d'autres persuasions du faux qui s'emparent seulement de la partie intellectuelle, et qui ont leur origine dans des principes kIu faux qu'on a confirmés chez soi ; celles-ci ne sont pas aussi fortes ni aussi meurtrières que celles des autres • mais toujours est-il que dans l'autre vie, elles portent beaucoup de préjudice aux esprits et leur ôtent en partie la faculté de penser Les esprits qui ont ces persuasions excitent chez l'homme ce qui est uniquement propre à confirmer le faux, de sorte que l'homme ne peut s'empêcher de voir que le faux est le vrai et que le mal est le bien; c'est leur sphère qui est telle; dès que les Anges excitent quelque chose de vrai, ces esprits l'étourTenlct l'éteignent. L'homme peut apercevoir s'il est gouverné par de tels esprits; il n'a qu'à examiner s'il pense que les vrais de la Parole sont des faux, et s'il est confirmé dans cette idée au point qu'il ne puisse pas voir autrement; alors il peut être suffisamment assuré que de tels esptils sont chez lui et qu'ils le dominent. Il en* est de même de celui qui se persuade que tout ce qui est un avantage propre est un bien commun, et qui ne regarde absolument comme bien commun que ce qui est aussi un bien propre; les mauvais esprits lui sucèrent tant de motifs qui le confirment dans celle persuasion, qu'il ne voit plus autrement. Comme ceux qui sont tels regardent tout avantage propre comme un bien commuu, ou pallient lotit avantage qui Jeiir est propre sous le prétexte que c'est un bien commun, îls agissent de même dans l'autre vie quant au bien commun qu'elle renferme. Il m'a été donné de savoir, par une expérience continuelle et frappante, que tel est l'influx des esprits chez l'homme
00 ARCANES CfilJESTRS.
1674. Vers. G. Kl les Choriles en leur montagne de Séir jusqu'à Klparau, qui es() au-dessus (Jans le désert. — Les Choriles en 1ew\montagne de Séir, si^nifiewt les persuasions du faux provenant <lc l'amour de soi : jusqu'à Elparanqui (est) au-dessus dans le désert, signifie l'extension.
1G75. Les Charités en leur montagne de Séir, signifient les persuasions du faux provenant de l'amour de soi: c'est ce qui est évident d'après la signification des Choriles et d'après celle de Séir. Quanta ce qui regarde les Chorites , ce sont eux qui habitaient dans la monlagne de Séir, comme on le voit d'après la Genèse , — XXXVI. 8, 20 et suiv., — au sujet d'Esaii qui est appelé Edom. Esaii ou Edom signifie, dans le sens pur, le Seigneur quant à son Essence Humaine , et Esaii ou Edom Le représente aussi, comme on peut le voir par plusieurs passages tant des livres historiques que des livres prophétiques de la Parole ; dans la suite , par la Divine Miséricorde du Seigneur, il sera parlé de ces passages. Et comme les Choriles représentaient ceux qui sont dans les persuasions du faux, et que les représentatifs dans ce temps existaient en actualité, c'est aussi pour cela que la même chose a été représente par le fait que les descendans d'Esaii chassèrent les Choriles de la montagne de Séir ; il en est ainsi parlé dans Moïse : « Cette » {(erre) a aussi été réputée la terre des lléphaïm ; les Réphatm y » habitaient auparavant, et les Ammonites les appellent Samsumim; » peuple grand cl nombreux et de haute taille, comme les Enakim; » et Jéhovah les détruisit de devant eux ; et ils les dépossédèrent , » ei ils habitèrent à leur place. De même il fit pour les fils d 1 Lisait » qui habitent en Séir* en ce qu'il détruisit les Charités de devant » eux; et ils les dépossédèrent, et ils habitèrent en leur place.» — Deutér. II. 20, 21 , 22. — Ces faits représentent et signifient la même chose que ceux qui sont rapportés ici au sujet de*Kédorlaomer, savoir que Kédorlaomer et les rois qui étaient avec lui battirent les Choriles en la montagne de, Séir; car Kédorlaomer, comme je l'ai dit , représente le Bien et le Vrai du Seigneur dans le second nge de son enfance, par conséquent l'Essence Humaine du Seigneur quant au liien et au Vrai qu'il avait alors, et par lesquels il détruisit les persuasions du faux , c'est-à-dire les enfers remplis «l'uue telle tourbe diabolique, qui avait entrepris de perdre par
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les persuasions du faux le monde des esprits, et par conséqucnt.lo • genre humain; et comme Esaii ou Edom représentait le Seigneur quanta l'Essence Humaine, la Montagne de Séir ainsi que Paran représentaient aussi les choses qui appartenaient à son Essence Humaine, c'est-à-dire les délestes de l'amour , comme on le voit par la bénédiction de Moïse : «Jéhovah est venu de Sinaï , et il » s'est levé de Séir pour eux ; il a resplendi de la montagne de » Paran, et il est venu par. des myriades de sainteté, (ayant) à y> sa droite le feu de la loi pour eu* , aimant aussi les peuples. »
— Deutér. XXXIII . 2, 3. — Jéhovah se levant de Séir et resplendissant de la montagne de Paran , ne signifie autre chose que l'Essence Humaine du Seigneur; chacun peut savoir que se lever de la montagne de Séir et resplendir de la montagne de Paran signifie non des montagne** ni des hahitans, mais des choses Divines, par conséquent les célestes de I Essence Humaine du Seigneur, de laquelle il est dit que Jéhovah se leva et resplendit. Que telle soit la signification de Séir, c'est ce qu'on voit dans le Cantique de Débora et de Barak , au Livre des Juges : « Jéhovah ! quand tu » sortis de Srïr, quand tu partis du champ d'Edom, la terre » trembla, même les Cieux se fondirent, môme les nuées se fou- » dirent en eaux ; les montagnes s'écoulèrent de devant Jéhovah , » Sinaï [s'écoula] de devant Jéhovah le Dieu d'Israël. » — V. \ 9 5.
— Lu, sortir de Séir et partir du champ d'Edom ne signifie pas non plus autre chose. C'est encore exprimé plus clairement dans la prophétie de Biléam, qui était un des (ils de l'orient ou de la Syrie, dans laquelle existait un reste de l'Ancienne Eglise; dans Moïse : « Je Le vois Lui-Môme, et non pour maintenant; je Le » considère Lui-Môme , et il n'est pas proche; une étoile sortira » de Jacob, et un sceptre s'élèvera d'Israël ; et Edom sera Chéri- » tage , et Séir sera l'héritage de ses ennemis. » — ■ IVomb. XXIV. 17, 18. — Là ces mots Le voir Lui -Même et non pour maintenant, Le considérer Lui-Môme et il n'est pas proche , désignent l'avènement du Seigneur dans le Monde; son Essence Humaine est appelée l'étoile qui doit sortir de Jacob , puis Edom et Séir; chacun peut voir que ce n'était pas Edom ni Séir qui deviendraient un héritage; Séir l'héritage de ses ennemis, ou la montagne de ses ennemis, c'est la même chose que ce qui est répété
•souvent ailleurs , c'est que les ennemis devaient être chassés et que leur terre devait être possédée. Que la montagne de Paran ou Elparan, qui est nommée dans ce Ycrset , signifie la même chose, c'est ce qu'on voit aussi dans Habakuk : « Dieu viendra de Thé- » man ; et le saint, de la montagne de Paran ; Sélah. Son lion- » ncur a couvert les cicux, et la terre a été remplie de sa louange.» — III. 3. — Mais il faut savoir que les montagnes et les (erres ont et tirent leur signification de ceux qui les habitent ; quand les Chorites y ont habité, la signification venait des Chorites; et quand ils en ont été chassés , elle venait de ceux qui les avaient chassés , par exemple , d'Esaii ou d'Edom , et aussi d'autre part ; c'est pourquoi elle est prise dans l'un et l'autre sens, dans le sens pur et dans le sens opposé; dans le sens pur, pour l'Essence Humaine du Seigneur; dans le sens opposé, pour l'amour de soi : l'Essence Humaine du Seigneur est l'Amour céleste lui-même; à l'Amour céleste est opposé l'amour de soi. Ainsi, les Chorites signifient ici les persuasions du faux d'après l'amour de soi. Il y a les persuasions du faux provenant de l'amour de soi , et les persuasions du faux provenant de l'amour du monde ; les persuasions qui proviennent de l'amour de soi sont très-affreuses , tandis que les persuasions qui proviennent de l'amour du monde ne sont pas aussi affreuses: celles-là , ou les persuasions du faux provenant de l'amour de soi , sont opposées aux célestes de l'amour; celles-ci , ou les persuasions du faux provenant de l'amour du monde, sont opposées aux spirituels de l'amour. Les persuasions qui proviennent de l'amour de soi portent avec elles une volonté de dominer sur tout , et autant les liens sont lâchés , autant on se laisse emporter; jusqu'à vouloir dominer sur l'univers , et sur Jéhovah , ainsi qu'on m'en a aussi donné la preuve ; c'est pourquoi les persuasions de ce genre ne sont nullement tolérées* dans l'autre vie. Mais les persuasions qui proviennent de l'amour du monde ne vont pas jusque-là; les folies qui en résultent consistent à ne pas être content de son sort , mais à rechercher vainement la joie céleste, et à vouloir s'approprier les biens des autres, sans néanmoins avoir cette fureur de dominer. Toutefois les différences de ces persuasions sont innombrables.
1676. Jusqu'à Et par an, qui est au-dessus dans le désert, siynifie l'extension : on peut le voir en ce que les Chorites furent
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battus et chassés jusque-là. 11 est parlé du désert de Parait , — Cen. XXI. 21; Nomb. X. 12; XII. 16; XIII. 3,20 ; Deulér. I. 1 . — Il n'est pas possible d'exposer ce qui est signifié ici par Elparan dans le désert, il suffit de dire que la première victoire du Seigneur surlesenfers, qui sont signifiés par ces nations, ne s'était pas encore étendue plus loin ; mais Elparan an-dessus dans le désert signifie jusqu'où elle s'étendit. Celui auquel il n'a pas été donné de connaître les arcanes célestes peut penser qu'il n'était pas besoin de l'avènement du Seigneur dans le monde pour combattre contre les enfers, et, par les tentations admises en Lui, les sou mettre et les vaincre , puisqu'ils auraient toujours pu, par la Toute- Puissance Divine, être subjugués et renfermés dans leurs abîmes; toutefois c'est une vérité constante que les choses se sont passées ainsi. Dérouler ces arcanes , seulement quant aux choses les plus communes , ce serait une œuvre complète ; puis ce serait aussi fournir des motifs à des argumentations sur les mystères Divins, que les mentais humains ne saisiraient pas , de quelque manière qu'ils fussent dévoilés, et la plupart même ne voudraient pas les saisir. C'est pourquoi il suffit qu'on sache, et, puisque cela est ainsi , qu'on croie qu'il est de vérité éternelle que si le Seigneur ne fût venu dons le monde et n'eût par les tentations admises en Lui subjugué et vaincu les enfers , le genre humain aurait péri , et que les hommes n'auraient pu par aucun autre moyen être sauvés , ni eux, ni môme ceux qui avaient vécu sur cette terre dès le temps de la Très-Ancienne Eglise. •
1677. Vers. 7. Et ils retournèrent cl vinrent à En-Mischpalk , celle-ci (est) Kadeseh, et ils battirent tout le champ des AmaléUites, et même V Emorréen qui habitait en Chazézon-Thamar . — Ils retournèrent et vinrent à En-Mischpalh t celle-ci (est) Kadeseh, signifie la continuation : et ils battirent tout le champ des Amalékites , signifie les genres des faux : et même V Emorréen qui habitait en Chazézon-Thamar , signifie les genres des maux qui en provenaient.
1678. Ils retournèrent et vinrent à En-Mischpal% , celle-ci est Kadeseh, signifie la continuation : c'est ce qu'on voit par ce qui précède et par ce qui suit. Il "s'agît maintenant ici des Taux et dos maux qui en proviennent: les faux sont signifiés par VAmalékite ,
n ARCANES CÉLESTES.
et les maux qui en proviennent par Y Emornen en Chazczon-Thamar. Kadesch signifie les vrais, ainsi que les contestations au sujet des vrais ; ici , comme il s'agit des faux et des maux provenant des faux , que le Seigneur n vaincus dans son premier combat, il est dit: En-Mischpalh, telle- ci est Kadesch, parce qu'il y a eu contestation au sujet des Mais, Que Kadesch signifie les vrais sur lesquels on conteste, c'est ce que l'on voit dans Êzéchiel , où sont décrites les frontières de la Terre Sainte : « L'angle du midi vers » le vent du midi , depuis Thamar jusqu'aux eaux de Mériboth » (des contestations) à Kadesch , l'héritage vers la grande mer et » l'angle du vent du midi vers le midi. » — XLVH. 10 ; XLVIIL 28. — Là le midi désigne Ja lumière de la vérité; sa frontière, par laquelle est signifiée la contestation au sujet des vrais, est appelée Kadesch, (le fut aussi à Kadesch que Moïse frappa le rocher d'où sortirent des eaux qui furent nommées eaux de Méribab à cause de la contestation, — Nomb. XX. 1,2, il, 13. — Par le rocher, comme on le sait , est signifié le Seigneur; par les eaux, dans le sens interne de la Parole, sont signifiés les spirituels, qui sont les vrais; ils sont appelés eaux de Méribah , parce qu'il y a eu conte? talion à leur sujet : qu'ils aient été aussi appelés eaux de contestation de Kadesch , c'est ce que l'on voit dans Moïse : a Vous » avez été rebelles à ma bouche dans le désert de Zin, dans la » contestation de l'assemblée, quand vous deviez Me sanctifier » par les eaux à leurs yeux; ce (sont) les eaux de la contestation » de Kadesch du désert de Ziu- » — Nomb. XXVII. 14; Deutér. XXXII. 51 . — Ce fut pareillement à Kadesch que revinrent de la terre de Canaan ceux qui avaient été à la découverte, et ce fut là qu'ils murmurèrent et contestèrent, ne voulant point entrer dans celte terre , — Nomb. XIII. 2G. — On voit, d'après cela, que En-Mischpalh, ou la fontaine du jugement, ou la fontaine de Misclqwth-Kadcsch , signifie la contestation au sujet des vrais, et par conséquent la continuation. Gomme ici les historiques sont véritables, et que les faits se sont passés ainsi , il peut sembler que de telles choses n'ont pas été représentées et n'ont pas été signifiées par les lieux où vint Kédoilaomer, ni par les nations qu'il battit; mais tous les historiques, dans la Parole , sont des représentatifs et des significatifs , et quant aux lieux et quant aux nations, comme
aussi quant aux faits, ainsi qu'on peut s'en convaincre par tout ce que renferment tant les livres historiques delà Parole que les livres prophétiques.
1G79. Et ils battirent tout le champ di s AmaUkileê, signifie les genres des faux : on le voit pur la représentation et par la signification de la nation 'Amalékile. Toutes les nations qui étaient dans la terre de Canaan ont représenté les genres des faux et des maux, comme je le montrerai dans la suite, par la Divine Miséricorde du Seigneur; Jes Amalékiles signifiaient les faux, et les Emorréens dans Chazézon- Thamar les maux provenant des faux. Que les Amalékiles aient signifié les faux par lesquels les vrais sont attaqués , c'est ce qu'on peut voir par ce qui est rapporté au sujet des Amalékiles, — Exod. XVII. 13 à 16; Nomb. XIII. 29. XXIV. • 20; Deutér. XXV. 17, 18, 19; Jug. V. 13, 14; I Sam. XV. 1 à 35. XXVII. 8; Psaum. LXXXII. S, 9. — Les Képhaim, les Susimes, les Enim , les Chorites, dont il a été question, Vers. 5, 0, signifiaient les persuasions du faux, qui tirent leur origine des cupidités du mal, c'est-à-dire, des maux; mais ici V Amalékile et VEmorréen en Chazézou-Tliamar signifient les faux d'où proviennent les maux. Autre chose est le faux provenant du mal et autre chose est le faux d'où provient le mal. Les faux ont leur source ou dans les cupidités qui appartiennent à la volonté, ou dans des principes adoptés qui appartiennent à l'entendement; les faux provenant des cupidités qui appartiennent à la volonté sont afl'reflx, et ne se laissent pas aisément extirper, parce qu'ils sont cohérens à la vie même de l'homme. La vie même de l'homme est ce qu'il désire, c'est-à-dire ce qu'il aime; lorsqu'il confirme chez lui cette vie, • ou cette cupidité, ou cet amour , toutes les choses qui la confirment sont des faux et s'implantent dans sa vie : tels furent les antédiluviens. Mais les faux provenant des principes adoptés, qui appartiennent à l'entendement, ne peuvent pas s'enraciner ainsi dans la partie volontaire de l'homme : tels sont les doctrinaux faux ou hérétiques ; ils prennent leur origine hors de la volonté, et sont inculqués dès l'enfance et confirmés ensuite dans l'Age adulte ; mais comme ce sont des faux, ils ne peuvent que produire les maux de la vie. Par exemple, si quelqu'un croit mériter le ^alut par ses œuvres et be confirme dans celle persuasion, le mérite Iui-
mémo, la justification de soi-même et la confiance, sont les maux qui en proviennent; et réciproquement si quelqu'un croit que la piété de la vie ne peut exister sans qu'on place le mérite dans les œuvres, le mal qui provient de ce faux consiste en ce qu'il éteint chez lui toute piété de la vie et s'abandonne aux cupidités et aux voluptés. Il en est de môme dans beaucoup d'autres cas. Tels sont les faux et par suite les maux, dont il s'agit dans ce verset.
1680. /♦"/ même Y Emorrétn qui habitait en Çhazézon-Thamar, signifie les genres des maux qui en provenaient : on en trouve ia preuve dans ce qui vient d'être dit, ainsi que dans la représentation et la signification des lùnorre'ens , dont je parlerai au CliapitreXV, Vers. 16. Quant à ce qui concerne les maux et les faux contre • esquels le Seigneur combattit, il faut qu'on sache qu'il combattit les esprits infernaux qui sont dans les maux et dans les faux , c'est-à-dire, qu'il combattit les Enfers remplis de tels esprits, qui infestaient continuellement le genre humain. Les esprits infernaux n'ont d'autre désir que de perdre chacun, et ne perçoivent jamais plus de volupté que quand ils tourmentent. Dans l'autre vie, tous les esprits sont distingués de cette manière: Ceux qui désirent du mal contre les autres sont des esprits infernaux ou diaboliques; ceux qui veulent du bien aux autres sont de bons esprits et des . esprits angéliques. L'honime peut savoir parmi quels esprits il est, si c'est parmi les esprits infernaux ou parmi les esprits angéliques: s'il tend* à faire du mal au prochain, s'il ne pense que mal de lui, et si môme lorsqu'il le peut il lui fait réellement du mal et trouve du plaisir à lui en faire, il est parmi des esprits infernaux, et il devient aussi un esprit infernal dans l'autre vie. Si, au contraire, il tend à faire du bien au prochain ; s'il ne pense que bien de lui, * et si lorsqu'il le peut il lui fait réellement du bien, il est parmi les esprits Angéliques , et il devient aussi un Ange dans l'autre vie. Voilà un signe caractéristique; que chacun s'examine d'après ce signe pour savoir quel il est. Ce n'est rien de ne pas faire le mal lorsqu'on ne le peut pas ou qu'on ne l'ose pas; ce n'est rien de faire le bien en vue de soi-même; ce sont là des choses externes qui, dans l'autre vie, sont rejetées; l'homme y est en raison de ses pensées et de ses intentions. Il \ en a plusieurs qui, par l'habitude conlraclée dans le monde, peuvent parler convenablement,
mais on s'aperçoit à l'instant si le mental ou l'intention est d'accord avec les paroles ; si cet accord n'existe pas, ils sont rejetés parmi les esprits infernaux de leur genre et de leur espèce.
1681. Vers. 8, 9. Et le Roi de Sodome sortit, ainsi que le Roi d'Amore, et le Roi d'Adma , et le Roi de Zéboïm, cl le Rot de Béht, celle-ci (est) Zoar, et ils se mirent en ordre de bataille contre eux dans la vallée de Siddim ; contre Kedorlaomer Roi d'Elam , et Thidéal Roi de Goiïm, et Amraphel Roi de Schinéar, et Arjoch Roi d'Ellasar; quatre Rois contre cinq. — Le Roi de Sodome sortit, ainsi que le Roi d'Amore, et le Roi d'Adma , et le Roi de Zéboïm, et le Roi de Bc'la , celle-ci (est) Zoar, signifie, comme précédemment , les maux et les faux qui régnaient en commun : et ils se mirent en ordre de bataille contre eux , signifie qu'ils attaquèrent : dans la vallée de Siddim, signifie, ici comme ci-dessus, ce qui est souillé : contre Kedorlaomer Roi d'Elam, et Thidéal Roi de Goiim y et Amraphel Roi de Schinéar, et Arjoch Roi d'Ellasar, signifie les vrais et les biens dans l'Homme Externe ; Kédorlaomer roi d'Elam, les vrais; Thidéal roi de Goiim , les biens-, et les autres rois t les vrais et les biens qui en proviennent : quatre rois contre cinq, signifie l'union de ceux-ci et la désunion de ceux-là.
1682. Le roi de Sodome sortit, ainsi que le roi d'Amore, et le roi d'Adma et le roi de Zéboim , et le+oi de Bêla , celle-ci est Zoar, signifie, comme précédemment , les maux et les faux qui régnaient en commun : on en trouve la preuve dans ce qui a été dit ci-dessus , Vers. 2, au sujet de ces rois; on a vu que ce sont les cupidités du mal et les persuasions du faux. Là, en général, par ces mômes rois ont été signifiés tous les maux et tous les faux, ou , ce qui est la même chose , les cupidités du mal et les persuasions du faux ; c'est pour cela qu'il est dit que la guerre fut faife contre eux; ensuite if s'agit de la guerre contre les Réphaïm, les Susimes, les Emim et les Choritcs , puis contre l'Amalékite et l'Emorréen, et enfin contre ces rois qui ont été nommés au commencement ; ici , par conséquent , ces mêmes rois signifient seulement les maux et les faux qui régnaient ( en commun ) et qui sont d'un moindre degré.
1683. Ils se mirent en ordre de bataille contre eux, signifie qu'ils attaquèrent : on le voit par la signification de se mettre en
ordre de bataille, en ce que c'est assaillir, car il est dit ci-dessus, Vers. 3, 4, que ces rois se révoltèrent; on le voit aussi en ce que ce sont les mauvais esprits qui attaquent; en clVel , c'est ainsi que la chose se passe; jamais le Seigneur n'a commencé le combat contre aucun enfer, mais ce sont les Enfers qui l'ont attaqué. C'est aussi ce qui arrive chez chaque homme qui est en tentation ou eu combat contre les mauvais esprits, jamais chez lui les Anges n'attaquent, mais ce sont toujours et continuellement les mauvais esprits ou les esprits infernaux ; les anges repoussent seulement l'attaque et défendent l'homme. Cela vient du Seigneur qui ne veut faire du mal à personne, ou qui ne veut précipiter qui que ce soit dans l'enfer, pas même celui qui serait son ennemi le plus méchant et le plus acharné ; mais c'est le méchant qui se fait lui-même du mal et se précipite en enfer: cela vient aussi de la nature du mal et de la nature du bien; la nature du mal consiste à vouloir attaquer chacun ; la nature du bien consiste à ne vouloir attaquer personne. Les méchaus sont dans leur vie propre quand ils attaquent, car ils désirent continuellement détruire; les bons sont dans leur vie propre quand ils n'attaquent personne et quand ils peuvent remplir un usage en défendant les autres contre les attaques des médians.
1(384. Dans la vallk dcSiddim, signifie ce qui est souille: cela est constant d'après ce qui a été dit ci-dessus, Vers. 3, sur la vallée de Siddim et sur la mer de sel.
1G85. Contre Kêdorlaomer roi d'Elam, et Thideal roi de Goiim, et Amraphel roi de Srfiinéar , et Arjoeh roi uVEllasar , signifie les vrais et les biens dans V Homme Externe : on le voit par la signification de ces mêmes rois au Vers. 1 de ce Chapitre.
Kêdorlaomer roi d'Elam, signifie les vrais; Tliide'al roi de Goiim, les biens; et les autres rois les vrais et les biens qui en proviennent : on le voit en ce qu'ici ces mêmes rois sont nommés dans un autre ordre que ci-dessus , Vers. 1. Là, Kêdorlaomer roi d'Elam est au troisième rang, et ici il est au premier ; là, Thideal roi de Goiim est au quatrième rang, et ici au second. C'est le Vrai qui est la première chose du combat, car c'est d'après le \rai que l'on combat; en u lié t, d'après le Vrai on connaît ce que c'est que le faut et ce que c'est que le mai; c'est pourquoi de tels com-
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bats n'existent jamais avant que l'homme ait été imbu des sciences et des connaissances du vrai et du bien. De là Kédorlaomer , nommé ici uu premier rang, signifie le Vrai qui fut chez le Seigneur. C'est encore ce que l'on \ oit par la signification A'Elam en ce que cette ville est la foi procédant de la Charité , ce qui est la môme chose que le vrai , comme je l'ai déjà montré au Cliop. X, Vers. 22. Il suit de là que Thidéal roi de Goiim, ou des nations, signifie le bien, et que les autres rois signifient les vrais et les biens qui en proviennent.
1686. Quatre rois contre cinq, signifie V union de ceux-ci et la désunion de ceux-là : on peut le voir par la signification de quatre et par la signification de cinq. Quatre signifie l'union , parce que c'est un nombre pair ; il en est aussi de même de deux , quand ce nombre concerne les mariages des choses, comme je l'ai aussi fait . observer, N° 720; mais cinq marque la désuniou , parce qu'il signifie peu , comme je l'ai fait voir , N° 649. Tous les mots s'appliquent d'une manière attributive à la chose dont il est question.
1(587. Vers. 10. El la vallée de Siddim (avait) des puits des puits de bitume ; et le roi de Sodome et (celui) d'Amore s'enfuirent, et ils y tombèrent, et ceux qui restèrent s'enfuirent dans la montagne. — La vallée de Siddîm (avait) des puits des puits de bitume, signifie la souillure des faussetés et des cupidités : et le roi de Sodome et (celui) d'Amore s'enfuirent, et ils y tombèrent, signifie que ces maux et ces faux furent vaincus : et ceux qui restèrent s'enfuirent dans la montagne, signifie non pas tous; la montagne est l'amour de soi et du monde.
1088. La vallée de Siddim avait des puits des puits, où était pleine de puits de bitume , signifie la souillure des faussetés et des cupidités : on le voit par la signification de Siddim, en ce que c'est ce qui est souillé, comme je l'ai déjà dit, Vers. 3; ainsi que par la signification des puits en ce qu'ils sont les faussetés, et par celle du bitume en ce qu'il désigne les cupidités. Les faussetés sont nommées puits h cause de l'impureté de l'eau, et les cupidités sont nommées bitume à cause de l'odeur sulfureuse infecte dans une telle eau.
1689. Le roi de Sodome et celui d'Amore s'enfuirent, et ils y tombèrent , signifie que ces maux et ces faux furent vaincus : on
en trouve la preuve dans la signification de Sodome et à'Amorc, en ce qu'elles sont les maux des cupidités, et les faux des persuasions; Voir ci-dessus. Ici le roi de Sodome et celui d'Amore sont pris pour tous les maux et tous les faux môme signifiés par les autres rois. On en a aussi la preuve dans la signification de s'enfuir et de tomber, en ce que c'est être vaincu.
1090. Et ceux qui restèrent s'enfuirent dans la montagne, signifie non pas tous : on le voit sans explication en ce que ceux qui s'enfuirent sont devenus des restes. Dans le sens interne il s'agit des Tentations que le Seigneur soutint dans le second Age de son enfance ; dans la Parole du Nouveau Testament, il n'est nullement fait mention de ces Tentations, il est seulement parlé de celles qu'il supporta dans le désert ou aussitôt après qu'il fut venu du désert , et enfin de la dernière Tentation dans Gethsémané et de ses suites. On voit par plusieurs passages de la Parole de l'Ancien Testament que la Vie du Seigneur, depuis sa première enfance jusqu'à la dernière heure de sa vie dans le monde, fut une continuelle Tentation et une continuelle Victoire; et ce qui prouve que la Tentation n'a pas cessé avec celle qu'il eut dans le désert , c'est ce passage dans Luc : « Ajirès que le diable eut achevé toute » tentation, il s'éloigna de -Lui pour un temps. » — IV. 13. — Ce qui le prouve encore, c'est qu'il fut tenté jusqu'à la mort sur la croix, par conséquent jusqu'à la dernière heure de sa vie dans le monde. II est évident, d'après cela, que toute la vie du Seigneur dans le monde, depuis le second âge de son enfance , fut une continuelle Tentation et une continuelle Victoire; sa dernière fut quand il pria sur la croix pour ses ennemis , par conséquent pour tous ceux qui jetaient dans l'univers entier. En un mot, dans les Evangélistcs, hors la dernière Tentation de la vie du Seigneur, il n'est parlé que de sa Tentation dans le désert : il en est beaucoup qui n'ont pas^élé dévoilées aux disciples; celles qui furent dévoilées paraissent selon le sens de la lettre si légères, qu'elles semblent à peine quelque chose , car ce qui Lui fut dit et ce qu'il répondit , cela ne paraît pas être une tentation , quoique cependant ce fût une tentation plus grave que jamais aucun mental humain ne peut le comprendre ni le croire : personne ne peut savoir ce que c'est que la tentation, si ce n'est celui qui a été leulé. La tentation qui
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est rapportée dans Matthieu, IV. 1 à 11 ; Marc, I. 12, 13; Luc, IV. 1 à 13, contient sommairement les Tentations du Seigneur, c'est-à-dire que par son amour pour tout le genre humain i! a combattu contre les amours de soi et du monde , dont étaient remplis les Enfers. Toute tentation se fait contre l'amour dans lequel est l'homme; tel est le degré de l'amour, tel est le degré de la tentation ; si elle ne se fait pas contre l'amour , il n'y a aucune tentation. Détruire l'amour de quelqu'un, c'est détruire sa vie môme, car l'amour est la vie. La vie du Seigneur a été l'amour envers tout le genre humain, et cet amour fut môme si grand et tel que ce n'était que le pilr Amour. Contre cette vie du Seigneur ont été admises, comme je l'ai dit, de continuelles Tentations, depuis le second âge de son enfance jusqu'à sa dernière heu:e dans le monde. L'Amour, qui fut la vie môme du Seigneur, est signifié en ce que*« Il eut faim , et que le diable lui dit : Si lu es le Fils » de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain; et en ce » que Jésus répondit : Il est écrit que l'homme doit vivre, non de » pain seulement, mais de> toute parole de Dieu. » — Luc, IV. 2, 3, 4.; Matih. IV, 2, 3, 4. — Ses combats contre l'amour du monde, ou contre toutes les choses qui appartiennent à l'amour du monde, sont signifiés par ces paroles: « Le diable le conduisit sur une haute » montagne, et lui montra tous les royaumes de la terre en un » moment de temps ; et il lui dit : Je te donnerai toute cette puis- » sance et leur gloire, parce qu'elle m'a été donnée; et à qui je » veux , je la donne. Toi donc , si tu te prosternes devant moi , » toutes (ces) choses seront à toi. Mais Jésus répondant lui dit : » Va derrière Moi, Satan; car il est écrit : Tu adoreras le Sci- » gneur ton Dieu, et tu le serviras Lui Seul.» — Luc, IV. 5, G, 7, 8; Matth., IV. 8,9, 10. — Ses combats contre l'amour de soi, et contre toutes les choses qui appartiennent à l'amour de soi, sont signifiés quand il est dit : a Le diable l'emporta dans la ville sainte, » et le plaça sur le pinacle du temple ; et il lui dit # : Si tu es le » Fils de Dieu , jette-Toi Toi-Môme en bas , car il est écrit : Il » donnera à ses anges des ordres sur toi; et ils te porteront sur » leurs mains , de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. » Jésus lui dit : II est écrit ainsi : Tu ne tenteras point le Sci- » gneur ton Dieu. » — Mattli., IV. 5, 0, 7; Luc, IV. i>, 10,
11, 12. — La Victoire continuelle est signifiée quand il est dit, après les Tentations : « Les Anges s'approchèrent et Le servirent.»
— Matth., IV. 1 1 ; Marc, I. 13. — En un mot , le Seigneur, depuis le second âge de l'enfance jusqu'à la dernière heure de sa vie dans le monde, fut assailli par tous les enfers, qui furent continuellement combattus , subjugués et vaincus par Lui ; et cela , uniquement d'après son amour pour tout le genre humain; et puisque cet amour était non pas humain, mais Dis in, et que t , autant est grand l'amour, autant est grande la tentation, on peut voir quelle fut la gravité des combats et combien il y eut de férocité de la part des enfers. Je sais avec certitude que les choses se sont passées ainsi.
1691. La montagne est l'amour de soi et l'amour du monde , c'est ce qu'on voit parla signification de la montagne, dont je vais bientôt parler. Tout mal et tout faux existent par l'amour de soi et par l'amour du monde ; ils n'ont pas d'autre origine; car l'amour de soi et l'amour du monde sont les opposés de l'amour céleste et de l'amour spirituel ; et puisqu'ils sont Jes opposés de ces amours, ce sont eux qui s'efforcent continuellement de détruire les célestes et les spirituels du Royaume de Dieu. Par l'amour de soi et l'amour du monde existent toutes les haines; par les haines, toutes les vengeances et toutes les cruautés ; et par les haines, les vengeances et les cruautés , toutes les fourberies, en un mot, tous les enfers. Que les montagnes, signifient, dans la Parole, l'amour de soi et l'amour du monde, c'est ce qu'on peut voir par les passages suivons : dans Esaïe : « Les yeux de l'orgueil de l'homme seront hu- » miliés , et la hauteur des hommes sera abaissée. Le jour de » Jéhovah-Zébaoth (viendra) sur tous les orgueilleux et les hau- » tains ; sur toutes les hautes Montagnes, et sur toutes les collines » élevées, et sur toute haute tour. » — IL 1 1, 12, 14, 15. — Les hautes montagnes sont évidemment l'amour de soi , et les collines élevées l'amour du monde. Dans le Même : « Toute vallée » sera élevée,* et toute Montagne et (toute) eolline seront humiliées.»
— XL. i. — C'est encore évidemment l'amour de soi et l'amour du monde. Dans le Même: «Je dévasterai les Montagnes et les » collines, et je dessécherai toute leur herbe.» — XL1L 15. — Pareillement , les montagnes sont I amour de soi , et les collines
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l'amour du monde. Dans Ezéchicl : « Les Montagnes seront ren- » versées, et les degrés tomberont, cl toute muraille tombera par » terre. » — XXXV1K. 20. — Dans Jérémie : « Me voici contre » toi, Montagne qui détruis, qui détruis toute la terre, etj'éten- » drai ma main contre toi, et je te roulerai en bas des rochers, et '» te changerai en Montagne de combustion.» — LI. 25. — Là, il s'agit de Dabel et de la Chaldée, qui signifient, Comme je l'ai déjà fait voir, l'amour de soi et l'amour du monde. Dans le can-
1 tique de Moïse: « Le feu s'est embrasé dans ma colère, et il brûlera » jusqu'à Yen fer le plus profond, et il dévorera la terre et son pro- » duit, et il enflammera les fondemens des Montagnes. » — Deutér., XXXII. 22. — Les fondemens des montagnes sont les enfers, ainsi qu'il est dit clairement ; les enfers sont appelés fondemens des montagnes parce que l'amour de soi et l'amour du monde y régnent et en proviennent. Dans Jouas : « Les eaux m'avaient enveloppé » jusqu'à l'àmc; l'abîme m'avait environné; l'algue était attachée » à ma téte. Je suis descendu jusqu'aux racines des Montagnes ; » les barres de la terre étaient) sur moi pour l'éternilé; mais tu as » fait monter de la fosse me-; vies, ô Jéhovah, mon Dieu.» — IL 6, 7. — Les tentations du Seigneur contre les enfers sont ainsi
' prophétiquement décrites par Jonas, lorsqu'il élait dans le ventre d'un grand poisson; elles le sont aussi dans d'autres passages de la Parole, surtout dans David; celui qui est dans les tentations est dans les enfers ; c'est l'état, et non le lieu , qui fait qu'on est dans les enfers. Comme les Montagnes et les Tours signifient l'amour de soi et du monde, on peut voir par là ce qui est signifié quand il est dit que le Seigneur fut conduit par lê diable sur une haute montagne et sur le pinacle du temple; on peut voirtju'il fut conduit dans les plus pénibles combats de toutes les tentations contre les amours de soi et du monde, c'est-à-dire contre les enfers. Les Montagnes aussi prises dans un sens opposé, comme c'est l'ordinaire, signifient l'amour céleste et l'amour spirituel, ainsi que je l'ai déjà' fait voir, 1V S 795, 706.
1692. Il est à peine quelqu'un qui puisse savoir ce que produisent les Tentations ou les combats des tentations : ce sont des moyens qui diftèrent et détruisent les maux et les faux et introduisent de l'horreur pour eux , et qui non-seulement donnent la con-
^ence, ma - ARCANES CÉLESTES.
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évident que prendre les richesses de Sodome et d'Âmore , c'est les priver de la puissance de faire le mal.
1695. Toute leur nourriture , signifie qu'ils furent privés de la puissance de penser le faux : c'est ce qui est constant d'après la signification de la nourriture. J'ai déjà montré, N°* 56 , 57 , 58 , 680, 681, ce que c'est que la nourriture céleste, spirituelle et naturelle dont on jouit dans l'autre vie ; ces nourritures correspondent aussi à celle du corps ; c'est aussi pour cela que, dans la Parole, elles sont représentées par la nourriture et appelées nourriture. Mais la nourriture des esprit mauvais et infernaux est le contraire de la sagesse, de l'intelligence et de la vraie science ; c'est tout ce qui est faux. C'est même par cette nourriture que les mauvais esprits se sustentent, ce qui est étonnant ; et ils s'en sustentent parce qu'elle est leur vie ; si on ne leur accorde pas d'improtiver le vrai, et même de blasphémer, ils ne peuvent vivre ; mais cependant ils n'ont pas la permission de penser et de prononcer le faux, si ce n'est celui qui provient de leur mal, mais non celui qui est contre leur propre mal, car cela est un dol. En effet, autant ils prononcent le faux qui vient de leur propre mal, autant c'est d'après leur propre vie qu'ils le prononcent , et alors cela leur est aussi pardonné , parce qu'ils sont tels qu'ils ne peuvent vivre autrement. Quant à ce qu'ils furent privés de la puissance de faire le mal et de penser le faux , voici ce qu'il en est : dans les combats des tentations, il est permis aux mauvais esprits de tirer tout mal et tout faux qui est chez l'homme, et de combattre d'après le mal et le faux de l'homme ; mais quand ils ont été vaincus, il ne leur est plus permis d'agir de même, car ils perçoivent surle-champ chez l'homme que le bien et le vrai ont été confirmés; les esprits ont plus que l'homme une telle perception ; par la sphère même de l'homme confirmé dans le vrai et le bien , ils connaissent sur-le-champ quels sentiments il a , quelle réponse ils doivent en recevoir, et plusieurs autres choses. Cela se voit clairement chez l'homme régénéré spirituel, chez lequel il y a de mauvais esprits comme chez le non-régénéré, mais ils ont été subjugués et sont en servitude. Voilà ce qui est signifié par ces mots : ils furent privés de la puissance de faire le mal et de penser le faux.
1696. Ils s'en allèrent, signifie qu'ils furent délaissés : on le voit sans explication.
1697. Vers. 12. Et ils prirent Loth , et son acquisition, le fils du frère d'Abram , et ils s en allèrent ; et celui-là habitait dans Sodome. — lh prirent Loth, et son acquisition, le fils du frère d'Abram, et ils s'en allèrent , signifie que lus biens et les vrais apparents , qui en eux-mêmes ne sont ni des biens ni des vrais, s'emparèrent de l'homme externe et de tout ce qui était en lui : et celui-là habitait dans Sodome, signifie sou élat.
1698. Ils prirent Loth } et son acquisition, le fils du frère d'Abram , et ils s'en allèrent, signifie que les biens et les vrais apparents qui en eux-mêmesne sont ni des biens ni des vrais, s'emparèrent de l'homme externe et de tout ce qui était en lui : on en trouve la preuve dans la signification de Loth. J'ai déjà quelquefois dit et montré que Loth signifie chez le Seigneur l'Homme Sensuel ou l'Homme Externe : ici il signifie même l'Homme Externe quant aux biens et aux vrais apparens , qui sont ici Y acquisition de Loth; j'ai expliqué ci-dessus que ces biens et ces vrais apparurent dans le second âge de son enfance comme des biens et dès vrais, et qu'en eux-mêmes ils ne l'étaient pas, mais que par decrés ils furent purifiés ; et même, d'après ce que j'ai dit sur les tentations, on peut voir qu'ils furent purifiés par les combats des
tentations. .
1699. Et celui-là habitait dans Sodome, signifie son état :
cela est évident d'après la signification de Sodome.
1700. Vers. 13. Et il vint un fuyard, et il indiqua (cela) o Abram V Hébreu; et celui-ci habitait dans les chênaies de Mamré VEmorréen, frère d'Eschkol, et frère d'Aner ; et ceux-ci (étaient) hommes d'alliance d'Abram. — // vint un fuyard, et il indiqua (cela) à Abram V Hébreu, signifie que le Seigneur percevait par son Homme Intérieur; Abram V Hébreu est l'Homme Intérieur auquel est adjoint l'Homme Interne ou l'Homme Divin: et celui-ci habitait dans les chênaies de Mamré VEmorréen, signifie l'état de perception par l'homme Rationnel : frère d'Eschkol et frère d'Aner, et ceux-ci (étaient) hommes d'alliance d'Abram , signifie l'état de l'homme Rationnel quant à l'Externe, quels que fussent ses biens et ses vrais.
GENÈSE. CHAP. QUATORZIÈME. 107 1701. // vint un fuyard , et il indiqua cela à Abram V Hébreu, signifie que le Seigneur percevait par son Homme Intérieur : on le voit par la signification à' Abram V Hébreu, en ce qu'il est l'Homme Intérieur conjoint à l'Homme Interne, signification dont il va être parlé; et puisque dans le sens interne ces choses s'appliquent au Seigneur, et que les historiques sont des représentatifs, il est évident que ces mots, « t'J vint un fuyard et il indiqua » ne signifient autre chose sinon que le Seigneur perçut. Ce qui se fait chez l'Homme Externe, l'Homme Intérieur le perçoit comme si quelqu'un , pour ainsi dire, le lui indiquait. Le Seigneur qui avait la perception de tout ce qui se faisait, connaissait manifestement quelles étaient et d'où venaient les choses qui existaient chez lui ; par exemple, si quelque chose de mal s'emparait des affections de son Homme Externe, ou si quelque chose de faux s'emparait de ses connaissances, il était impossible qu'il ne sût pas ce que c'était et d'où cela venait; il savait môme quels étaient les mauvais esprits qui excitaient ce mal et ce faux, et comment ils les excitaient, outre bien d'autres choses; car' de tels détails et d'autres qui sont innombrables ne sont pas inconnus aux anges, et le sont à peine aux hommes qui ont la perception céleste; ils l'étaient donc bien moins au Seigneur.
(702. Abram V Hébreu, est V Homme Intérieur auquel est adjoint V Homme Interne ou l'Homme Divin : on peut en trouver la preuve dan» la signification a" Abram l'Hébreu ou dans le surnom à 9 Abram, en ce qu'il est ici appelé Y Hébreu ; dans ce qui précède et dans ce qui suit, où il s'agit d'Abram , il n'est pas appelé 1*0breu, il Test ici seulement; c'est pourquoi quelque chose de distinct est représenté et signifié chez le Seigneur par Abram V Hébreu. On peut, par le sens interne, reconnaître ce qui est représenté et signifié, on peut voir que c'est l'Homme Intérieur adjoint à l'Homme Interne ou à l'Homme Divin, comme on peut aussi s'en assurer par l'enchaînement des choses dans le sens interne. Dans la Parole , les Hébreux sont nommés quand il est signifié quelque chose qui concerne le service, de quelque nature qu'il soit, comme on en verra la preuve dans ce qui suit. L'Homme Intérieur est d'une telle nature, qu'il est au service de l'Homme Interne ou de l'Homme Divin; c'est pourquoi l'Homme Intérieur
est appelé ici Abram l'Hébreu . Il est à peine quelqu'un qui sache ce que c'est que l'Homme Intérieur ; je vais donc le dire en peu de mots : L'Homme Intérieur est un milieu entre l'Homme Interne et l'Homme Externe; par l'Homme Intérieur l'Homme Interne communique avec l'Homme Externe ; sans cet intermédiaire il ne peut jamais exister aucune communication ; le céleste est distinct du naturel et encore plus du corporel ; s'il n'y a pas un intermédiaire par lequel se fasse la communication , jamais le céleste ne peut opérer dans le naturel , ni à plus forte raison dans le corporel. L'Homme Intérieur est celui qu'on appelle l'homme Rationnel, lequel homme, étant intermédiaire, communique avec l'Interne, où est le bien môme et le vrai môme, et communique aussi avec l'extérieur où est le mal et le faux. Par la communication avec l'Interne, l'homme peut penser aux célestes et aux spirituels ou porter ses regards en haut, ce que ne peuvent les bôtes ; par la communication avec l'Extérieur, l'homme peut penser aux choses mondaines et aux corporelles, ou porter ses regards en bas, à peu près comme les bôtes qui ont pareillement une idée des choses terrestres. En un mot, l'homme Intérieur ou intermédiaire est l'Homme Rationnel lui-même, qui est céleste ou spirituel lorsqu'il regarde en haut , et animal lorsqu'il regarde en bas. Il est connu que l'homme peut savoir qu'il parle autrement qu'il ne pense , et qu'il agit autrement qu'il ne veut, et qu'il y a le déguisement et la fourberie, qu'il y a aussi la raison ou le rationnel, et que le rationnel est intérieur puisqu'il peut ôtre d'un- sentiment opposé ; l'homme peut savoir aussi que chez celui qui doit ôtre régénéré il y a quelque chose d'intérieur qui combat contre l'extérieur : cet intérieur qui pense autrement et veut autrement et qui combat, est l'homme intérieur; dans cet homme intérieur réside la conscience chez l'homme spirituel, et la perception chez l'homme céleste. Cet Homme Intérieur conjoint à l'Homme Interne Divin chez le Seigneur, est celui qui est ici appelé Abram l'Hébreu.
1703. Que l'expression Hébreu, dans la Parole, soit employée au sujet des choses qui concernent quelque service, c'est ce qui est évident d'après les passages suivans : Dans Moïse, « Quand » ton frère, Hébreu ou Hébreuse, te sera vendu, et il te ser- » vira six ans, et à la septième année tu le renverras libre d'avec
» toi. » — Dentér., XV. 12. — Là, il est dit, Hébreu et Hébreuse, parce qu'il s'agit du service. Dans Jérémie : « Au bout » de sept ans vous renverrez chacun votre frère hébreu, qui t'aura » été vendu et t'aura servi six ans. » — XXXIV. 9, 14. — Là, il est dit de même Hébreu , parce qu'il s'agit du service ; autrement, les fils de Jacob ne sont pas nommés Hébreux dans les Prophètes. Dans Samuel : « Les Philistins disaient : Fortifiez-vous m et soyez des hommes, de peur que vous ne serviez les Hébreux, » comme ils vous ont servis. » — I. Sam., IV. 9. — Môme observation. Dans Moïse : « Jéhovah dit à Moïse : Va vers Pharaon , » et parle-lui : Ainsi a dit Jéhovah , le Dieu des Hébreux : Ren- » voie mon peuple aûn qu'ils me servent. — Exod., IX. 1, 13 ; X. 3. — Là aussi ils sont appelés Hébr.eux à cause du service. L'épouse de Potiphar, au sujet de Joseph , « cria aux hommes de » sa maison et leur dit : Voyez, il nous a amené un homme Hé- » breu, pour qu'il se moque de nous. » — Gen., XXXIX. 14. — II est appelé Hébreu , parce que là il était esclave : le chef des échansons dit à Pharaon : « Il y avait avec nous un garçon Hé- » breu , serviteur du chef des satellites ; et il nous interpréta nos » songes.» — Gcn.,XLI. 12. — En outre, les Egyptiens appelaient Hébreux les fils d'Israël, parce qu'ils étaient esclaves ou dans la servitude, comme on le sait. — Exod., I, 15, 16, 19, et ailleurs.
1704. Et celui-ci habitait dans les chênaies de Mamré l'Emorréen, signifie Vétat de perception par V homme rationnel : on le voit par la signification de la chênaie , et des chênaies de Mamré lEmorréen, dont j'ai déjà parlé, N 0 ' 1442, 1443, 1616.
1705. Frère d'Eschkol et frère d'Aner, et ceux-ci étaient hommes d'alliance d'Âbram, signifie Vétat de Vhomme Rationnel quant à V Externe, quels que fussent ses biens et ses vrais : c'est ce qu'on peut voir par la signification de Mamré , tfEschkol et à'Aner, dont je parlerai au vers. 24, où ces hommes sont encore nommés. Pour le dire en peu de mots, Mamré, Eschhol et Aner représentent et signifient les anges qui étaient chez le Seigneur quand il combattit dans le second âge de son enfance ; ces anges furent adéquates aux biens et aux vrais qui étaient alors chez le Seigneur ; c'est d'après ces biens et ces vrais qu'ils sont nommés ; jamais aucun ange dans le ciel n'a de nom spécial , mais c'est d'a-
près des biens et des vrais que des noms sont attribués ; par exemple, Michel et d'autres Anges dont on trouve les noms dans la Parole, ne sont pas des Anges qui portent de tels noms ; mais ils sont ainsi nommés par suite de la fonction dont ils sont chargés. Il en est de môme ici , au sujet de Mamré , à'Esckol et à'Aner, mais d'une manière représentative.
1706. Vers. 14. Et Âbram apprit que son frère avait clé fait prisonnier, et il prépara ses initiés t nés de sa maison , trois cent dix-huit , et il poursuivit (ces rois) jusqu'à Dan. — Âbram apprit que son frère avait été fait prisonnier, signifie que l'Homme Intérieur perçut dans quel état était l'Homme Externe : et il prépara ses initiés, nés de sa maison, signifie ces biens, chez l'Homme Externe, lesquels maintenant sont délivrés du joug de la servitude: trois cent dix-huit signifie leur qualité ; et il poursuivit (ces rois) jusqu'à Dan, signifie le commencement de la purification.
1707. Abram apprit que son frère avait été fait prisonnier, signifie que V Homme Inté ieur perçut dans quel étal était 1 Homme Externe : on en trouve la preuve dans la signification d' Abram, au verset précédent, en ce qu'il est l'Homme Intérieur, auquel a été adjoint l'Homme Interne ou l'Homme Divin ; et dans la signification de Lolh, en ce qu'il est l'Homme Externe, comme je l'ai déjà expliqué ; puis dans la signification de apprendre que son frtre avait été fait prisonnier, en ce que c'est percevoir dans quel état il était, c'est-à-dire que les biens et les vrais apparens s'étaient emparés de lui, comme je l'ai montré dans le Vers. 12. Voici comme la chose s'entend : L'Homme Intérieur désigné par Âbram V Hébreu ayant perçu que les biens et les vrais d'après lesquels il avait combattu n'étaient des biens et des vrais qu'en apparence , et que ces biens et ces vrais s'étaient emparés de tout l'Homme Externe signifié par Lolh fils de son frère, alors cet Homme Intérieur les purifia , ou l'Homme Interne Divin les purifia par l'intermédiaire de l'Homme Intérieur. Personne ne peut savoir comment cela s'opère, si ce n'est celui auquel la chose a été révélée; car l'inllux de l'Homme Interne, par l'Homme Intérieur ou Intermédiaire, dans l'Homme Externe, est un arcane, surtout dans ce temps; puisqu'il > a peu de personnes , si toutefois il y en a , qui sachent ce que c'est que l'Homme Intérieur, et moins en-
GENÈSE. CHAP. QUATORZIÈME. il!
core ce que c'est que l'Homme Interne; Voir ci-dessus, vers. 13, ce que c'est que l'Homme Interne et l'Homme Intérieur. Mais je dirai ici en peu de mots quel est cet influx : chez chaque homme , l'Homme Interne appartient au Seigneur seul, car le Seigneur y renferme les biens et les vrais , dont il gratifie l'homme dès l'enfance; de là il influe par ces biens et ces vrais dans 1* Homme Intérieur ou Rationnel , et par celui -ci dans l'Homme Extérieur ; c'est ainsi qu'il est donné à l'Homme de penser et d'être homme. Mais l'Influx par l'Homme Interne dans. l'Homme Intérieur ou Intermédiaire, et par conséquent dans l'Homme Extérieur, est double ; il a lieu soit par les célestes, soit par les spirituels, ou ce qui est la môme chose , soit par les biens , soit par les vrais ; par les célestes ou les biens , seulement chez les hommes régénérés qui ont été gratifiés ou de perception ou de conscience, conséquemment par le moyen de la perception ou de la conscience ; aussi l'influx par les célestes n'a-t-il lieu que chez ceux qui sont dans l'amour dans le Seigneur et dans la charité envers le prochain ; mais par les spirituels ou les vrais le Seigneur influe chez tout homme ; et si cet influx n'existait pas , l'homme ne pourrait pas penser, ni par conséquent parler. Quand l'homme est tel, qu'il pervertit les biens et les vrais , et lorsqu'il ne s'occupe nullement des célestes ni des Spirituels , il n'y a aucun influx des célestes ou des biens , mais la voie pour les célestes et les biens est close , et néanmoins il y a l'influx des spirituels ou des vrais , et cette voie est tenue continuellement ouverte. On peut voir, d'après cela, quel est l'Homme Intérieur ou Intermédiaire, c'est-à-dire, quel est l'Homme Rationnel. Ici Abram signifie l'Homme Interne dans l'Homme Intérieur ou Intermédiaire : quand les célestes on les biens influent de l'Homme Interne dans l'Homme Intérieur, l'Interne s'approprie l'Intérieur ou intermédiaire et le fait sien; mais toujours est-il que l'Homme Intérieur ou Intermédiaire est distinct de l'Homme Interne. La même chose arrive quand l'Homme Interne par l'Homme Intérieur ou Intermédiaire influe dans l'Homme Extérieur, il se l'approprie aussi et le fait sien , mais toujours est-il que l'Homme Extérieur est distinct de l'Homme Intérieur. Maintenant donc, quand l'Homme Interne eut perçu, dans l'Homme Intérieur ou Intermédiaire que tel était l'état de l'Homme Ex-
terne, savoir, que celui-ci était prisonnier, c'est-à-dire, que les biens et les vrais non réels mais apparens , par lesquels il avait combattu contre tant d'ennemis, s'étaient emparés de l'Homme Externe, il influa et remit tout en ordre, et il le délivra de leur infestation et lés purifia au point qu'ils étaient non des biens ni des vrais apparents , mais des biens et des vrais réels , et par conséquent conjoints à l'Homme Interne ou Divin ; et cela , comme je l'ai dit, par l'Homme Intérieur ou Intermédiaire. En cela, le Seigneur ne fut semblable à aucun homme , parce que son Homme Intérieur quant aux Célestes ou aux Biens était Divin , et dès la naissance même 'adjoint à l'Interne; l'Interne avec cet Intérieur était Jéhovah Lui-Même son Père. Mais il fut semblable aux autres hommes en ce que son Homme Intérieur quant aux spirituels ou aux vrais était adjoint à l'Externe et par conséquent Humain ; toutefois celui-ci, par les combats des tentations et par les victoires continuelles qu'il remporta par sa propre puissance, devint aussi Divin, [c'est-à-dire, Jéhovah. C'est l'Homme Externe qui est appelé Lolh, mais dans le précédent état il est nommé fils du frère dAbram, et dans l'état présent il est appelé frère d'Abram. Car il a été nommé fils du frère alors que les vrais et les biens apparents s'emparaient de lui, mais il est appelé frère quand les biens et les vrais sont devenus réels.
1708. Et il prépara ses initiés,' nés de sa maison, signifie ces biens qui sont chez V Homme Externe, lesquels maintenant sont délivrés du joug de la servitude : on le voit par la signification des initiés et de ceux qui sont nés de la maison d'Abram. Les initiés ou les novices d Abram sont, dans le sens interne, ces biens chez l'Homme Externe, lesquels peuvent être conjoints à l'Homme Intérieur. Ceux qui sont nés de la maison sont , dans le sens interne , ces mêmes biens, ainsi que les vrais, en ce qu'ils sont des propres. Mais ces paroles contiennent trop d'arcanes pour qu'il soit possible de les expliquer, surtout ceux selon lesquels les biens apparens deviennent, après les combats des tentations, des biens réels, et peuvent alors être conjoints à l'Homme Intérieur ou Intermédiaire, et par celui-ci à l'Homme Interne, et pareillement devenir Divins ; car le Seigneur a adjoint par degrés l'Essence Humaine à l'Essence Divine, et cela, comme je l'ai dit, par les combats des tentations
et par ses victoires ; ce sont ces biens, devenus réels, qui sont appelés les initiés ou les novices d'Abram , car ils étaient initiés et novices; et comme ils ont été acquis par la propre puissance du Seigneur, ils sont dits être nés de la maison.
1709. Trois cent dix-huit , signifie leur qualité, savoir, en ce que ce sont les choses saintes du combat : c'est ce que renferme le nombre dix-huit, ainsi que le nombre trois cents. En effet, ces nombres sent composés de trois et de six : Trois signifie ce qui est saint, comme je l'ai montré, N 0 ' 720, 901 ; et Six , le combat, comme on l'a vu, N°* 737, 900. Qn'Abram ait préparé un tel nombre de ses gens , c'est un fait historique vrai , mais qui fut toutefois représentatif, comme tout fait historique de la Parole dans les cinq Livres de Moïse , dans ceux de Josué , des Juges , de Samuel , des Rois , de Daniel et de Jonas, où les nombres renferment pareillement des arcanes ; car, dans la Parole, il n'a rien été écrit qui n'ait été tel; autrement, ce ne serait pas la Parole, et autrement il n'aurait jamais été fait mention qii'Âbram avait préparé 318 (serviteurs), ni que ceux-ci étaient initiés et nés de sa maison, ni de plusieurs autres choses qui sont rapportées dans ce Chapitre.
1710. Et il poursuivit ces rois jusqu'à Dan, signifie Vétal de purification : c'est ce qu'on voit par l'enchaînement des choses dans le sens interne. Ici, poursuivre les ennemis, c'est chasser les maux et les faux, qui étaient dans les biens et les vrais et faisaient qu'ils paraissaient eux-mêmes comme des biens et des vrais, et par conséquent c'est délivrer et purifier ces biens et ces vrais. Jusqu'à Dan, signifie jusqu'à la dernière limite de Canaan, ainsi jusqu'aux
. extrêmes frontières où ils avaient fui. Que Dan signiûe les dernières limites ou les extrêmes frontières de Canaan, c'est ce qu'on voit çà et là dans la Parole, par exemple dans Samuel : « En trans- » portant le Royaume de la maison de Saùl, et en établissant le » trône de David sur Israël et sur Judas, depuis Dan jusqu'à Béer- » schébah. » — II. Sam. III. 10. — Dans le Même : « Tout Is- » raël sera complètement rassemblé depuis Dan jusqu'à Béersché- » bah. » — II. Sam. XVII. 11. — Dans le Même : « David dit à » Joab : Parcours toutes les tribus d'Israël, depuis Dan jusqu'à » Béerschébah. » — II. Sam. XXIV. 2, 15. — Dans le Livre des
Rois : « Juda et Israël habitèrent en sécurité, chacun sous sa vigne » et sous son figuier, depuis Dan jusqu'à Béerschébah. » — I. Rois, V. 5. — Il est évident, d'après ces passages, que Dan fut la dernière limite de Canaan jusqu'où Abram poursuivit les ennemis qui infestaient les biens et les vrais de l'Homme Externe ; mais, Dan étant une limite de Canaan et faisant par conséquent partie de Canaan, pour que les ennemis n'y restassent point, il les chassa plus loin, savoir, jusqu'à Choba, à la gauche de Damas, comme on le voit dans le Verset suivant, et il purifia ainsi les biens et les vrais. La terre de Canaan, dans le sens interne, comme je l'ai déjà dit, signifie le Royaume du Seigneur, par conséquent le céleste de l'amour ou le bien, principalement le Bien chez le Seigneur.
171t. Vers. 15. Et il se partagea sur eux pendant la nuit, lui et ses serviteurs, et il les battit , et il les poursuivit jusqu'à Choba, qui (est) à la gauche de Damas. — Il se partagea sur eux pendant la nuit, signifie l'ombre dans laquelle étaient les biens et les vrais apparents : lui et ses serviteurs, signifient l'homme Rationnel et ce qui lui obéissait dans l'homme Externe : et il les battit, signifie l'action de revendiquer : et il les poursuivit jusqu'à Choba, qui (est) à la gauche de Damas, signifie jusqu'où s'étendait la purification.
1712. // se partagea sur eux pendant la nuit, signifie l'ombre dans laquelle étaient les biens et les vrais apparens : on le voit par la signification de la nuit, en ce que c'est un état d'ombre. On est dans un état d'ombre quand on ignore si le bien et le vrai sont apparens, ou si le bien et le vrai sont réels. Tout homme, lorsqu'il est dans le bien et le vrai apparens , pense que ce bien et ce vrai sont réels ; c'est le mal et le faux, existant dans le bien et le vrai apparens , qui produisent l'ombre et font que le bien et le vrai paraissent réels. Ceux qui sont dans l'ignorance ne peuvent savoir autre chose, si ce n'est que le bien qu'ils font leur appartient, et que le vrai qu'ils pensent leur appartient. 11 en est de même de ceux qui s'attribuent les biens qu'ils font et y placent le mérite , ne sachant pas alors que ce ne sont pas des biens quoiqu'ils paraissent tels, ni que leur propre et leur mérite, qu'ils placent dans ces biens, sont des maux et des faux qui regardent
l'obscurité et les ténèbres ; ainsi en est-il pour beaucoup d'autres cas. Quel est le mol et quel est le faux, et combien de mal et de faux il y a de renfermé en eux, c'est ce qui ne peut être vu dans la vie du corps comme dans l'autre vie, alors ces choses s'offrent à la vue absolument comme dans une lumière claire. Toutefois il en est autrement si cela provient d'une ignorance non confirmée; ces maux et ces faux sont alors facilement dissipés ; mais si l'on se confirme dans l'opinion qu'on peut par ses propres forces faire le bien et résister au mal, et qu'on mérite ainsi le salut, cette opinion demeure alors adjointe et fait que le bien est mai et que le vrai est faux. Voici toutefois quel est l'ordre : c'est que l'homme fasse le bien comme de soi-même, et ne doive pas par conséquent se croiser les bras, d'après cette pensée : Si je ne puis rien faire de bien par moi-môme, je dois attendre un influx immédiat et rester ainsi dans un état passif: cela est aussi contre l'ordre; l'homme doit faire le bien comme par soi-même, mais lorsqu'il rélléchit sur le bien qu'il fait ou qu'il a fait, il doit penser, reconnaître et croire que c'est le Seigneur qui l'a opéré chez lui. Si l'homme reste dans l'inaction en pensant comme il vient d'être dit, il n'est plus alors un sujet en qui le Seigneur puisse opérer ; le Seigneur ne peut influer dans un homme qui se dépouille de tout ce dans quoi les forces doivent être infusées. C'est comme si quelqu'un ne voulait rien apprendre, à moins qu'il n'en eût la révélation; ou comme si quelqu'un ne voulait rien enseigner, à moins que les paroles ne lui fussent suggérées; ou comme si quelqu'un ne voulait faire aucun effort pour agir, à moins que l'action n'eût lieu comme sans le concours de sa volonté. Si cela arrivait, ne s'indignerait-il pas encore plus de ce qu'il serait comme quelque chose d'inanimé, lorsque cependant ce qui est animé par le Seigneur chez l'homme est ce qui paraît comme venant de l'homme? Par exemple, l'homme ne vit pas par soi-même ; c'est là une vérité éternelle ; néanmoins s'il ne lui semblait pas vivre par lui-même, il ne pourrait nullement vivre.
1713. Lui et ses serviteurs, signifient V homme Rationnel et ce qui lui obéissait dans l'homme Externe ;on le voit par la signification de Lui, c'est-à-dire, à'Àbram, en ce qu'il est l'Homme Intérieur, comme je l'ai -expliqué ci-dessus ; ou le voit aussi par la signification des Serviteurs, en ce qu'ils sont ce qui obéit. Toutes
les choses qui sont dans l'Homme Externe, ayant qu'il ait été délivré et affranchi, sont nommées les Serviteurs, car elles ne font qu'obéir à l'Homme Intérieur : par exemple, chez l'Homme Extérieur il y a des affections et il y a des scientifiques : les affections viennent des biens de l'Homme Intérieur, les scientifiques viennent de ses vrais. Lorsque ces affections et ces scientifiques sont mis en action pour concourir avec l'Homme Intérieur, ils sont dits servir et obéir : c'est pour cela qu'ici les Serviteurs ne signifient autre chose que ce qui obéissait dans l'Homme Externe.
1714. n les battit, signifie V action de revendiquer ; c'est ce qu'on peut voir par l'enchaînement des choses, et sans explication.
1715. Et il les poursuivit jusqu'à Choba, qui est à la gauche de Damas, signifie jusqu'où la purification s'étendait : on peut en trouver la preuve dans la signification de Choba qui est à la gauche de Damas. On ne sait où était située Choba, parce qu'il n'en est plus fait mention dans la Parole ; mais Damas était la principale ville de Syrie, comme on le voit, — II. Sam. VIII. 5, 6 ; Esaïe, VII, 8- — Celte ville signifie presque la même chose que la Syrie, dont il a déjà été question, Chap. X, Vers. 22. La dernière limite de la terre de Canaan, mais au delà de Dan, est décrite par Damas, comme on le voit dans Amos : « Vous avez pris Siccuth vôtre roi, » et Kijun vos images, l'étoile de vos dieux que vous vous êtes » faits ; et je vous ferai émigrer au delà de Damas. » — V. 26, 27. — La limite de la terre sainte, ou du Royaume du Seigneur, vers le septentrion, est aussi appelée la limité de Damas. — Ezéch., XLVII. 16, 17, 18; XLVIII. 1. — Ici, quand il est dit qu'tfô furent battus et chassés, jusqu'à Choba qui est à la gauche de Damas, c'est pour signifier jusqu'où s'étendit la purification des biens et des vrais apparens. Mais à moins qu'on ne sache quels ont été ces biens et ces vrais apparens, et de quels maux et de quels faux ils ont été purifiés, pour devenir des biens et des vrais réels, il est impossible d'expliquer ce qu'on entend proprement ici par Choba à la gauclie de Damas; on peut seulement savoir en général que ces biens et ces vrais ont été purifiés.
1716. Vers. 16. Et il ramena toute l'acquisition, et ih ramena aussi Loth son frère, cl son acquisition, et aussi les femmes et le
peuple. — Il ramena toute l'acquisition, signifie que l'Homme Intérieur réduisit à un état convenable tout ce qui était dans l'Homme Externe : Et il ramena aussi Loth son frère et son acquisitîon, signifie l'Homme Externe et tout ce qui lui appartenait ; les femmes et le peuple, signifient tant les biens que les vrais.
1717. Il ramena toute V acquisition, signifie que V Homme Intérieur réduisit à un état convenable tout ce qui était dans t Homme Externe : c'est ce qu'on peut voir par la signification de ramener toute Vacquisition. Ici l'acquisition consiste dans les choses que Kédorlaomer et les rois qui étaient avec lui prirent sur les ennemis, et dont il a été question ci-dessus. Kédorlaomer et les rois qui étaient avec lui signifiaient les biens et les vrais de l'Homme Extérieur ; leur acquisition sur les ennemis n'a consisté qu'à les priver de la puissance de faire le mal et de penser le faux, ce qui a été signifié par les richesses de Sodome et d'Amore et par toute la nourriture qu'ils prirent, ainsi que je l'ai dit ci-dessus, Vers. 11. Cela s'opère d'une telle manière, qu'on ne peut l'expliquer en peu de paroles; cependant pour qu'on en ait une notion, voici ce que j'en dirai : celui qui est dans les combats des tentations, et qui remporte la victoire, s'acquiert de plus en plus le pouvoir sur les mauvais esprits ou sur la tourbe diabolique, au point qu'enfin ils n'osent rien tenter; mais autant de fois la victoire est remportée, autant de fois le Seigneur remet en ordre les biens et les vrais par lesquels on a combattu, et ainsi autant de fois ils sont purifiés ; et autant ils sont purifiés, autant les célestes de l'amour sont insinués dans l'Homme Extérieur et la correspondance s'établit. Voilà ce qui est signifié par ramener toute Vacquisition. Celui qui pense que l'Homme Externe peut être réduit en correspondance sans les combats dos tentations, se trompe ; car les tentations sont les moyens de dissiper les maux et les faux, puis d'introduire les biens et les vrais, et de réduire à l'obéissance les choses qui appartiennent à l'Homme Externe afin qu'il serve l'Homme Intérieur ou Rationnel, et par celui-ci l'Homme Interne, c'est-à-dire, le Seigneur qui opère par l'Homme Interne. Personne ne peut savoir que cela s'effectue par les tentations, si ce n'est celui qui a été régénéré parles tentations; mais comment cela s'opère-t-il? c'est à peine si on peut le décrire
quant aux choses les plus communes ; en effet, cela s'effectue, sans que l'homme sache d'où ni comment, car c'est une opération Divine du Seigneur.
1718. Et il ramena aussi Loth son frère et son acquisition, signifie V Homme Externe et tout ce qui lui appartenait : on le voit par la signification de Loth, en ce qu'il est l'Homme Externe, ainsi que je l'ai dit plusieurs fois. On sait à peine aujourd'hui ce que c'est que l'Homme Externe, car on pense que les choses qui constituent seulement l'Homme Externe sont celles qui appartiennent à son corps, comme ses sensuels, savoir le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue, ainsi que les appétiU et les voluptés ; mais ces choses constituent l'Homme Externe qui est purement corporel. Ce qui constitue proprement l'Homme Externe, ce sont les scientifiques qui appartiennent à la mémoire; et les affections qui appartiennent à l'amour dont l'homme a été imbu, ainsi que les sensuels qui sont les propres de l'esprit avec les voluptés qui aussi sont chez les esprits. Que ce soit là ce qui constitue proprement l'Homme Externe ou Extérieur, la preuve en est offerte par les hommes dans l'autre vie ou par les esprits ; ceux-ci ont pareillement un Homme Externe, pareillement un Homme Intérieur, et par conséquent un Homme Interne. Le corps est seulement comme une enveloppe ou comme une écorce, qui se dissout pour que l'homme vive véritablement, et pour que toutes les choses qui sont à lui deviennent plus excellentes.
1719. Les femmes et le peuple, signifient tant les biens que les vrais : on peut en avoir une preuve dans la signification des épouses et des filles, en ce qu'elles sont les biens, ainsi que je l'ai dit ci-dessus, iN° 8 489, 490, 491, 568, 915; ici, au lieu des épouses et des filles, il est dit les femmes; on peut aussi avoir une preuve dans la signification dupeuple, en ce qu'il est le vrai, comme on l'a déjà vu, N" 1259,1260.
1720. Vers. 17. Et le roi de Sodome sortit au-devant de lui, après quil fut revenu de battre Kédorlaomer et les rois qui (étaient) avec lui, à la vallée de Schaveh, celle-ci (es!) la vallée du roi. — Le roi de Sodome sortit au-devant de lui, signifie le mal et le faux qui se soumettaient : Après qu'il fut revenu de battre Kédorlaomer cl les rois qui (étaient) avec lui, signifie la délivrance et la reven-
dication des biens et des vrais apparents : A la vallée de Schaveh, celle-ci (est) la vallée du roi, signifie l'état de l'Homme Externe quant aux biens et aux vrais qu'il avait alors.
1721. Le roi de Sodome sortit au-devant de lui, signifie le mal et le faux qui se soumettaient : on le voit par la signification du roi de Sodome, en ce qu'il est le mal et le faux, contre lesquels eut lieu le combat; et par la signification de sortir au-devant, en ce que c'est se soumettre. Comme selon l'enchaînement des choses le mal et le faux se soumettaient, il est fait mention ici du roi de Sodome ; mais, dans les Vers. 21 etsuiv., il s'agit de lui.
1722. Après qu*il fut revenu de battre Kédorlaomer et les rois qui étaient avec lui, signifie la délivrance et la revendication des biens et des vrais apparents : on en trouve les preuves dans ce qui précède et dans ce qui a été dit plus haut sur Kédorlaomer et les rois qui étaient avec lui.
1723. A la vallée de Schaveh, celle-ci est la vallée du roi, signifie Vétat de V Homme Externe quant aux biens et aux vrais qu'ils avait alors : on peut le voir par la signification de la vallée de Schaveh et par celle de la vallée du roi. La vallée de Schaveh signifie les biens de l'Homme Externe ; la vallée du roi signifie les vrais de ce même Homme. L'Homme Externe est appelé vallée, parce qu'il est plus bas; ce qui est extérieur est aussi inférieur, de même que ce qui est intérieur est aussi supérieur : que le roi signifie le vrai, c'est ce que j'ai déjà dit, N° 1G72.
1724. Vers; 18. Et Malhizédech, Roi de Schalem, présenta du pain et du vin; et celui-là (était) Prêtre au Dieu Très-Haut. — Malhizédech signifie les célestes de l'homme intérieur chez le Seigneur : Roi de Schalem j signifie l'état de paix quant aux intérieurs ou aux rationnels : présenta du pain, signifie les célestes et le rétablissement qu'ils produisent : et du vin, signifie les spirituels et
.le rétablissement qu'ils produisent : et celui-là (était) Prêtre, signifie la sainteté de l'amour ; au Dieu Très-Haut, signifie l'Homme Interne, qui est Jéhovah.
1725. Malhizédech signifie les célestes de V Homme Intérieur chez le Seigneur : c'est ce qu'on peut voir par la signification de Malhizédech, dont il va être parlé, ainsi que par les choses qui précèdent, et par celles qui suivent. J'ai déjà suffisamment montré
ce que c'est que l'Homme Interne, l'Homme Intérieur, et l'Homme Externe : j'ai aussi montré que l'Homme Interne influe par l'Homme Intérieur dans l'Homme Externe ; et que l'Homme Interne influe dans l'Homme Intérieur ou par les Célestes ou par les Spirituels ; par les Célestes, chez tout homme régénéré, c'est-à-dire, chez ceux qui vivent dans l'amour dans le Seigneur et dans la charité envers le prochain ; par les Spirituels, chez tout homme, quel qu'il soit, d'où il résulte que sa lumière vient du ciel, c'est-à-dire, qu'il peut penser et parler et qu'il peut être homme ; Voir sur cela ce que j'ai déjà dit, N° 1707. Les Célestes de l'Homme Intérieur sont toutes les choses qui appartiennent à l'amour céleste, comme je l'ai souvent dit. Ces célestes chez l'Homme Intérieur du Seigneur, ou l'Homme Intérieur du Seigneur quant à ces célestes, est appelé Malkizédech : l'Homme Interne dans le Seigneur était Jéhovah Lui-Même ; l'Homme Intérieur, quand il eut été purifié après les combats des tentations, devint aussi Divin et Jéhovah : il en fut ' encore de même de l'Homme Externe ; mais maintenant, comme il était dans l'état des combats de la tentation, et qu'ainsi il n'avait pas encore été purifié par les combats des tentations, il est appelé, quant aux célestes, Malkizédech, c'est-à-dire, Roi de sainteté et de justice. Que cela soit ainsi, c'est ce qu'on peut voir aussi dans David, où il s'agit pareillement des combats des tentations du Seigneur et où enfin son Homme Intérieur quant aux célestes est appelé Malkizédech ; voici ce qu'on lit dans David : « Jéhovah a » dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que » j'aie mis tes ennemis pour escabeau de tes pieds. Jéhovah enverra » de Zion le sceptre de la force; domine au milieu de tes enne- » mis : ton peuple de volontaires, au jour de ton courage (sera), » dans les honneurs de la sainteté ; dès l'utérus, dès l'aurore, à toi » la rosée de la nativité. Jéhovah a juré, et il ne se repentira » point : Tu (es) Prêtre pour l'éternité, selon ma parole, Malkizé» » dech. Le seigneur (est) à ta droite ; il a frappé les rois au jour de » sa colère. » — Ps. CX. 1, 2, 3, 4, 5. — Il s'agit là des combats de tentations du Seigneur contre les enfers, comme dans ce Chapitre, ainsi qu'on peut s'en assurer par chaque mot ; le Seigneur enseigne lui-même que c'est de Lui qu'il s'agit, Voir Matth., XXII. 41, 42, 43 ; Marc, XII. 36; Luc, XX. 42, 43,
44. — Mettre les ennemis pour escabeau, dominer au milieu des ennemis, le jour du courage, frapper les rois au jour de sa colère, sont des expressions qui signifient les combats des tentations et les victoires.
1726. Roi de Schalem, signifie- l'état de paix quant aux intérieurs ou aux rationnels : c'est ce qu'on voit par la signification de Schalem. Dans la langue originale Schalem signifie la Paix, ainsi que la Perfection, par conséquent l'état de Paix et l'état de Perfection : l'état de Paix est l'état du Royaume du Seigneur ; dans cet état les Célestes et les Spirituels du Seigneur sont comme dans leur aurore et dans leur printemps, car il en est de la Paix comme de l'Aurore le matin, et du Printemps dans la belle saison ; l'aurore et le printemps font que toutes les choses qui frappent les sens contiennent la joie et l'allégresse, chacun lire son afl'eclion du commun de l'aurore et du printemps. Il en est de morne de l'état de Paix dans le Royaume du Seigneur ; dans l'état de Paix tous les Célestes et tous les Spirituels sont dans leur Heur et leur ris, ressemblant à la fleur et au ris de l'aurore ou du printemps, c'està-dire, dans leur félicité môme ; l'état de paix affecte ainsi chaque chose en particulier, car le Seigneur est la Paix môme. C'est là aussi ce qu'on entend par Schalem, dans David : « Dieu est » connu en Juda, son nom [est) grand en Israël ; et il a en » Schalem son tabernacle, et son habitacle en Zion. » — Psaum. LXXV1. 2, 3. — Quand l'homme est dans les combats des tentations, le Seigneur le gratifie de temps en temps d'un état de paix, et ranime ainsi ses forces. L'état de paix est signifié ici par Scfialem, et aussi immédiatement après par le pain et le vin, qui signifient les célestes et les spirituels, et par conséquent l'état des célestes et des spirituels dans la paix ; cet état est le rétablissement môme des forces.
1727. Présenta du pain, signifie les célestes et le rétablissement qu'ils produisent; et du vin, signifie les spirituels et le rétablissement qu'ils produisent : c'est ce qu'on voit par la signification du Pain, en ce qu'il est le Céleste, ainsi que je l'ai dit i\ 0, 276, 680; et par la signification de Vin, puis du cep et de la vigne, en ce que c'est le Spirituel, Voir N 01 1069, 1071; et comme le Pain signifie les célestes, et le Vin les spirituels, ils sont aussi devenus
des symboles dans la Sainte-Cène. Ici Malkiiédech , en présentant le Pain et le Vin signifie la même chose, parce que le Pain dans l'Église Ancienne était le représentatif de tous les célestes, et le \ in le représentatif de tous les spirituels ; par conséquent, ils sont ici les représentatifs du Seigneur Lui-Môme, de Qui procèdent tout céleste et tout spirituel. #
1728. Et celui-là était Prêtre, signifie la sainteté de l amour : on en a la preuve dans la signification de Prêtre dans la Parole. Deux qualités sont attribuées au Seigneur, savoir, celle de Roi et celle de Prêtre : Roi ou Royauté signifie le saint vrai , Prêtre ou Sacerdoce signifie le saint bien : celui-là est le Divin spirituel, et celui-ci le Divin céleste. Le Seigneur gouverne toutes choses en eénéral et en particulier dans l'univers, comme Roi, par le Divin Vrai, et comme Prêtre, par le Divin Bien. Le Divin vrai est l'ordre même de tout son Royaume , dont toutes les Lois sont les Vrais ou les Vérités éternelles ; le Divin Bien est l'essentiel même de l'ordre, dont toutes les choses appartiennent à la Miséricorde. L'un et l'autre sont des attributs du Seigneur; s'il n'y avait que le Divin Vrai , nul mortel ne pourrait être sauvé, car les vérités condamnent tout homme à l'enfer ; mais le Divin Bien , qui appartient à la Miséricorde , élève de l'enfer au Ciel Voilà ce qu'ont représenté les Rois et les Prêtres dans 1 Eglise Judaïque , et ce qu'a représenté aussi Malkizêdech, comme Roi de Schalem et comme Prêtre au Dieu Très-Haut.
1729 Au Dieu Mi-Haut , signifie V Homme Interne, qm est Jéhovah: on le voit d'après ce que j'ai déjà répété plusieurs fois au sujet de l'Homme Interne du Seigneur, en montrant que cet Homme Interne est Jéhovah Même, et que par conséquent le Seigneur est le même que Jéhovah le Père, comme il Y enseigne dans Jean ■ « Je suis le chemin, et la vérité et la vie. Philippe dit : » Montre-nous le Père. Jésus lui dit : Je suis avec vous depuis )> si longtemps, et tu ne M'as pas connu! Philippe, celui qui Ma » vu a vu le Père. Comment donc dis-tu : Montre-nous le Père? » Ne crois-tu pas que Je («lodens le Père, et que le Père est » en Moi? croyez-Moi que Je [suis) dans le Père et que le Pere » est en Moi. » - XIV. 6, 8, 9, 16, IL - C'est l'Essence Humaine du Seigneur qui cft appelée le Fils de l'Homme; cest
Elle aussi qui fut unie À l'Essence Divine après les combats des tentations, de sorte qu'Elle-Mème devint aussi Jéhovah. C'est pourquoi dans le Ciel on ne connaît point d'autre Jéhovah le Père que le Seigneur, Voir ci-dessus, N° 15. Chez le Seigneur tout est Jéhovah , non-seulement son Homme Interne et son Homme Intérieur, mais encore son Homme .Externe, et son Corps luimême ; c'est pourquoi il est le Seul qui soit ressuscité dans le ciel avec le corps même, ainsi qu'il est suffisamment prouvé dans les Évangélistes, lorsqu'il est parlé de sa résurrection , et en outre par les paroles du Seigneur Lui-Même : « Pourquoi des pensées s'é- » lèvent-elles dans vos cœurs? Voyez mes mains et mes pieds, » car Je suis Moi -Même. Touchez -moi, et voyez; car un » esprit n'a ni chair ni os , comme vous Me voyez (en) avoir. Et en » leur disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. » — Luc, XXIV. 38, 39, 40.
17 JO. Vers. 19. Et il le bénit, et dit : Béni (soit) Âbram par le Dieu Très-Haut, possesseur des deux et de la terre. — // le bénit , signifie la jouissance des Célestes et des spirituels : Et il dit : Béni (soit) Abram par le Dieu Très-Haut, signifie l'Homme Intérieur du Seigneur , auquel la jouissance des biens est donnée par son Homme Interne : possesseur des deux et de la terre, signifie la conjonction de l'Homme Interne, ou de Jéhovah, avec l'Homme Intérieur et l'Homme Extérieur.
1731 . // le bénit , si rj ni fie la jouissance des Célestes et des spirituels : on peut en trouver la preuve dans la signification de Bénir, en ce que c'est jouir de tous biens, Voir N M 981, 1096. Ils jouissent de tous biens , ceux qui ont les biens célestes et spirituels, car c'est de là que proviennent tous les biens , quelque nom qu'ils aient. Les paroles que contient ce Verset annoncent et prédisent la conjonction de l'Essence Humaine du Seigneur avec la Divine Essence; c'est ce que renferme la bénédiction elle-même.
1732. Béni soit Abram par le Die* Très-Haut, signifie VHomme Intérieur du Seigneur, auquel la jouissance des biens est donnée par son Homme Interne ; on en trouve pareillement la preuve dans la signification de la Bénédiction , en ce qu'elle est la jouissance des biens, comme je l'ai dit ; puis dans la signification à' Abram ici, en ce qu'il est l'Homme Intérieur ou Rationnel,
Voir ci-dessus , Vers. 13 ; puis dans la signification de Dieu Très- Haut, en ce que c'est l'Interne du Seigneur, ainsi que je l'ai dit précédemment. Abram signifie, comme je l'ai dit, l'Homme Intérieur ou Rationnel , qui doit être uni à l'Homme Interne ou à Jéhovah , et cela, parles combats des tenlationset par les Victoires. En effet voici ce qui se passe au sujet de l'Homme Intérieur : l'Homme Intérieur, ainsi que je l'ai dit, est l'intermédiaire de l'Homme Interne et de l'Homme Externe, et il fait que l'Interne peut influer dans l'Externe; sans lui, point de communication; il se fait une communication des Célestes et des Spirituels ; quand . c'est la communication des Célestes, l'Homme Intérieur est appelé Malkizédech ; quand c'est la communication des Spirituels , il est appelé Abram Hébreu.
1733. Possesseur des deux et de la terre, signifie la conjonction de V Homme Interne, ou de Jéhovah, avec V Homme Intérieur et l'Homme Extérieur : c'est ce qu'on voit par la signification du Ciel et de la terre. On appelle Ciel ce qui est intérieur dans l'Homme, et terre ce qui est extérieur. Que le Ciel signifie ce qui est intérieur dans l'Homme , en voici la raison , c'est que l'Homme quant aux intérieurs est l image du ciel , et par conséquent une sorte de petit ciel ; l'Homme Intérieur du Seigneur est principalement le Ciel , parce que le Seigneur est tout dans toutes les choses du Ciel, et par conséquent le Ciel même : que l'Homme Extérieur soit appelé Terre , c'est ce qui résulte de là ; c'est aussi pour cela que par les nouveaux cieux et la nouvelle terre dont il est parlé dans les prophètes et dans l'Apocalypse, on n'entend autre chose que le Royaume du Seigneur, et tout homme qui est le Royaume du Seigneur, ou dans lequel est le Royaume du Seigneur. Que le Ciel et la Terre aient ces significations, c'est ce qu'on voit, pour le Ciel , N M 82, 91 1 ; et pour la Terre, N- 82, 630, 626, 913. Que le Dieu Très-Haut possesseur des cieux et de la terre signifie ici la conjonction de l'Homme Interne avec l'Homme Intérieur et l'Homme Extérieur chez le Seigneur, c'est ce qu'on peut voir en ce que le Seigneur quant à son Homme Interne était Jéhovah Lui-Mème; et comme l'Homme Interne ou Jéhovah a conduit et instruit l'Homme Externe de la môme manière qu'un Père .conduit et instruit son Fils , c'est pour cela que le Seigneur est
appelé, quant à l'Homme Externe relativement à Jéhovah , Fils de Dieu, et 'relativement à sa mère, Fils de l'homme. L'Homme Interne du Seigneur, qui est Jéhovah Lui -Môme , est Celui qui est appelé ici le Dieu Très -Haut ; et avant que la conjonction entière ou l'union ait été faite, il est appelé Possesseur des vieux et de la terre , c'est-à-dire , possesseur de toutes les choses qui sont chez l'Homme Intérieur et chez l'Homme Extérieur, lesquels sont désignés ici, comme je l'ai, dit, par les cieux et par la terre.
1734. Vers. 20. Et béni (soit) le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis en tamain ; et il Lui donna les dîmes de tout. — Béni (soit) le Dieu Très-Haut, signifie l'Homme Interne du Seigneur :
• Qui a livré tes ennemis en ta main, signifie la victoire : et il Lui donna les dîmes de tout, signifie les reliquiœ qui résultent de la victoire.
1735. Béni soit le Dieu Très- Haut, signifie 1 Homme Interne du Seigneur : on le voit d'après ce qui vient d'être dit sur l'Homme Interne. Jéhovah , dans l'Eglise Ancienne, était appelé le Dieu Très-Haut , parce que la Hauteur représentait l'Interne et par cela même le signifiait ; ainsi le Très-Haut signifiait l'Intime : de là le culte de l'Eglise Ancienne sur les Elévations, les Montagnes, les Collines. L'Intime est absolument à l'égard de l'Extérieur et de l'Extime comme le Très-Haut est à l'égard de l'Inférieur et de l'Infime. Le Très-Haut ou l'Intime est le Céleste de l'Amour, qu l'Amour Même; Jéhovah ou l'Interne du Seigneur était le Céleste Même de l'Amour, c'est-à-dire, l'Amour Même, auquel ne conviennent d'autres attributs que ceux qui appartiennent au pur Amour, par conséquent à la pure Miséricorde envers tout le genre humain, laquelle le porte à vouloir sauver tous les hommes, les rendre heureux pour l'éternité, et transporter sur eux tout ce qui est à Lui; ainsi, par la forte puissance de l'amour, attirer par pure Miséricorde vers le Ciel, c'est-à-dire^ vers Lui, tous ceux qui veulent Le suivre. Cet Amour Lui-Mème est Jéhovah ; il n'y a absolument que l'Amour seul qui puisse être appelé Je Suis ou II Est ; c'est de cet Amour que procède l'Être de toute vie , c'est-àdire, la vie même, parce qu'elle est dans l'Amour ou appartient à l'Amour même; et comme Jéhovah Seul est l'Etre de la vie, ou
la Vie même , parce que Seul il est l'Amour, tout en général et en particulier en tire son être et sa vie ; et personne ne peut Être et ne peut vivre par soi-même sinon Jéhovali Seul , c'e&Uàdire, le Seigneur Seul : et puisqu'il n'y a que le Seigneur Seul qui puisse être et vivre par soi-même, c'est par une illusion des sens qu'il semble aux hommes qu'ils vivent par eux-mêmes. Les Anges perçoivent clairement qu'ils vivent non par eux-mêmes, mais par le Seigneur, parce qu'ils vivent dans l'Ltre de la vie du Seigneur, puisqu'ils vivent dans son Amour ; mais néanmoins plus que tous autres ils sont avec une félicité ineffable dans l'apparence comme s'ils vivaient par eux-mêmes. C'est donc là vivre dans le Seigneur, ce qui n'est jamais possible, si l'on ne vit pas dans son Amour, c'est-à-dire, dans la Charité envers le prochain. •
173C. Par la Parole, on voit clairement que le Seigneur est Jéhovah , qui est appelé ici le Dieu Très-Haut ; Dans Esaïe : » Jéhovah Zébaoth (est) son nom, et ton Rédempteur, le Saint » d'Israël , est appelé le Dieu de toute la terre. » — LIV. 5. — Là, il est dit clairement que le Rédempteur et le Saint d'Israël, qui est le Seigneur Seul, est Jéhovah-Zébaoth et le Dieu de toute la terre. Dans le Même : « Ainsi a dit Jéhovah ton Rédempteur , » le Saint d'Israël : Je (suis) Jéhovah ton Dieu, » — XLVIII. 17. — Dans le Même : a Je t'aiderai, a dit ton Rédempteur, le » Saint d'Israël. x> — XLI. 14. — Il est dit très-souvent le Saint d'Israël et le Dieu d'Israël : que le Seigneur soit le Saint d'Israël et le Dieu d'Israël , c'est ce qui est bien évident : « Ils vireut le » Dieu d'Israël; sous ses pieds (était) comme un ouvrage de » pierre de Saphir, et comme la substance du Ciel quant à la pu- » reté. » — Exod l; XXIV. 10. — L'Église Judaïque n'en reconnut pas d'autre pour Jéhovah et ne donna pas ce nom à un autre, parce qu'elle adora Jéhovah comme Dieu unique, et cela d'autant plus qu'il était inconnu de la plupart d'entre eux, parce que tous les rites de lCglise Le représentaient , et toute la Parole dans le sens interne Le signifiait. Dans Êsaie : « Il absorbera » la mort à perpétuité , et le Seigneur Jéhovih essuiera les Iarme9 » de dessus tous les visages : et il sera dit en ce jour-là : Voici , » Celui-ci (est) notre Dieu ; nous L'avons attendu , et il nous sau- » vera : Celui-ci (est) Jéhovah que nous avons attendu ; soyons
» pleins de joie et d'allégresse en son salut. » — XXV. 8, 9.
— Il s'agit là de l'avènement du Seigneur. Dans le Même : » Voici, Le Seigneur Jéhovih viendra dans sa force, et son bras » dominera sur Lui-Mème ; comme un pasteur, il paîtra son trou- » peau, il recueillera dans ses bras les jeunes agneaux et il les por- » tera dans son sein , il conduira celles qui allaitent. » — XL. 10, 11. — Là, il s'agit évidemment^ Seigneur, qui est le Seigneur Jéhovih; il viendra dans sa force et son bras dominera sur lui-même, c'est-à-dire qu'il vaincra les enfers par sa propre puissance; paître le troupeau, recueillir dans ses bras les jeunes agneaux et les porter dans son sein, conduire celles qui allaitent, sont autant d'expressions qui s'emploient pour désigner son Amour ou sa Miséricorde. Dans le Même : « Ainsi a dit Jéhovah qui a créé » les cieux; Lui le Dieu quia formé la terre et qui l'a faite, Lui » qui l'a affermie ; il ne l'a pas créée vague , il Ta formée pour » être habitée : Moi (je suis) Jéhovah, et il n'y en a point d'autre. » Nesnis-je pas Moi Jéhovah, et y a-t-il d'autre Dieu excepté Moi? » Il n'y a point de Dieu juste et Sauveur excepté Moi. Regardez > vers Moi et soyez sauvés, {vous) tous les contins de la terre; » parce que Je (suis) Dieu, et il nen est point d'autre. » — XLV. 18, 21, 22. — Là il s'agit évidemment du Seigneur, en ce que Seul il est Jéhovah et Dieu -, créer les cieux et former la terre , c'est régénérer, ainsi le Créateur du ciel et de la terre est le Régénérateur, Voir N 0< 16, 88, 472 et ailleurs, — aussi [e Seigneur est-il appelé çà et là Créateur, Formateur, Facteur. Dans le Môme : « Tu (es) notre Père, car Abram ne nous connaît » pas, et Israël ne nous reconnaît pas ; Toi , Jéhovah, (tu es) notre y* Père, notre Rédempteur, (c'est) ton Nom de tout temps. » — LX1IL 15, 16. — Là, il s'agit évidemment du Seigneur qui Seul est Rédempteur. Dans Moïse : « Garde-toi de ses faces, et » écoute sa voft; ne L'irrite point, parce qu'il ne souffrira pas • votre prévarication, car mon Nom (est) au milieu de Lui.»
— Exod. , XXIII. 21 . — On a vu que le nom est l'Essence , N oi 1 44, 145,et qu'au milieu c'est l'intime, N 0 1074. Dans Esaïe : « L'Enfant » nous est né, le Fils nous a été donné ; la principauté sera sur » son épaule, l'on appellera son Nom, Admirable , Conseiller, » Dieu, Héros, Père de V éternité, Prince de la paix. »— IX. 5, 6.
— C'est évidemment le Seigneur. Dans Jérémie : « Voici les » jours qni viennent, et je susciterai à David un germe juste, » et il régnera (en) Roi ; et il agira avec intelligence, et il fera le » jugement et la justice dans la terre; Dans Ses jours , Juda sera » sauvé et Israël -habitera en sécurité, et ce Nom par lequel on » Vappelhra (est) le sien : Jéhovah notre Justice. » — XXIII. 5, 6. — Il est évident que c'est le Seigneur. Dans Zacharie : « » hovah sera pottr Roi sur toute la terre ; en ce jour-là Jéhovah » sera un , et son Nom un. » — XIV. 9. — Il s'agit évidemment du Seigneur ; le Nom , c'est l'Essence.
1737. Qui a livré tes ennemis en ta main, signifie la victoire : C'est ce qu'on peut voir sans explication. La conjonction de l'Essence Humaine avec l'Essence Divine a été acquise et opérée par le Seigneur au moyen de continuels combats des tentations et de continuelles victoires, et cela par sa propre puissance. Celui qui saisit autrement le mode de conjonction et d'union se trompe beaucoup. C'est par là que le Seigneur est devenu la Justice. La conjonction ou l'union a été faite avec le céleste de l'amour, c'est-àdire, avec l'Amour même, qui est, ainsi que je l'ai dit, Jéhovah. La conjonction des hommes avec le Seigneur se fait aussi par les tentations et par l'implantation de la foi dans l'amour. Si la foi n'est pas implantée dans l'amour, c'est-à-dire, si l'homme par les choses qui appartiennent à la foi ne reçoit pas la vie de la foi , c'est- 4-dire, la charité, il n'y a aucune conjonction. C'est là seulement suivre le Seigneur, c'est-à-dire être conjoint au Seigneur de même que le Seigneur quant à l'Essence Humaine s'est conjoint à Jéhovah : c'est de là aussi que tous ceux qui Le suivent sont appelés lils de Dieu par le Seigneur qui est l'Unique Fils de Dieu, et qu'ils deviennent ses images.
1738. Et il lui donna les dîmes de tout, signifie les reliquiœ qui résultent de la victoire : On en trouve la preuve dans la signification des Dîmes, en ce qu'elles sont les Reliquiœ, ainsi que je l'ai déjà dit, N° 576; quant aux Reliquiœ, on a vu , N 0 ' 468, 530, 560, 561, 661, 1050, en quoi elles consistent; on a vu qu'elles sont tous les états de 1 amour et de la charité, par conséquent tous les états de l'innocence et de la paix , dont l'homme est gratifié. Ces états sont donnés à l'homme dès l'enfance et sont
par gradation moins accordés à mesure que l'homme s'avance vers l'âge adulte; mais lorsque l'homme se régénère, outre ces Reliquiœ antérieurs, il en reçoit aussi de nouvelles, par conséquent une nouvelle vie; car c'est par les reliquiœ ou au moyen des'reliquiaî que l'homme a la qualité d'homme; en effet, sans l'état de la charité et de l'amour et sans l'état de l'innocence, lesquels s'insinuent dans les autres états de sa vie , l'homme n'est point un homme, mais il est pire que toute bète féroce. Les Reliquia; acquises dans les combats des tentations sont celles dont il est ici question; ce sont ces Reliquiœ qui sont signifiées par les Dîmes données à Malkizédech par Abram , et ce sont tous les célestes de l'amour que le Seigneur s'était acquis par les continuels combats et les continuelles victoires, au moyen desquels il s'unissait continuellement à I Essence Divine jusqu'à ce que son Essence Humaine fût pareillement devenue l'Amour, ou l'Etre de la vie, c'est-à-dire, Jéhovah.
1739. Vers. 21. Et le roi de Sodome dit à Abram: Donne-moi Vâme, et prends pour toi V acquisition. — Le roi de Sodome dit , signifie le mal et le faux qui étaient vaincus : à Abram, signifie le rationnel du Seigneur : donne-moi Vdme et prends pour toi l'acquisition , signifie qu'il leur donnât la vie, et qu'ils se souciaient peu de tour le reste.
1740. Le roi de Sodome dit f signifie h mal et le faux qui étaient vaincus : on en trouve la preuve dans la signification de Sodome , en ce qu'elle est le mal et le faux, comme je l'ai expliqué ci-dessus dans ce Chapitre. Il est dit, au vers. 17, que le roi de Sodome sortit. au-devant d' Abram, ce qui signifiait que le mal et le faux se soumettaient ; c'est donc ici la continuation , en ce qu'il est suppliant. Si le mal et le faux ont été vaincus, ou si les maux et les faux sont vaincus par les combats des tentations, et si parconséquent les biens et les vrais sont introduits, cela vient de ce que les maux et les faux sont ainsi dissipés, et qu'étant dissipés, ils sont remplacés par des biens et des» vrais qui sont ensuite confirmés de plus en plus, et par conséquent fortifiés. Ce sont, en effet, les mauvais esprits qui excitent les maux et les faux ; si ces maux et ces faux ne sont pas excités, 1 homme sait à peine si ils sont en lui ; mais alors par ce moyen ils se manifestent, et plus
les combats des tentations se prolongent , ces maux et ces faux se manifestent, jusqu'à ce qu'enfin ils fassent horreur; et selon que les maux et les faux sont dissipés , les biens et les vrais leur succèdent; et plus on contracte d'horreur pour les maux et les faux, plus le Seigneur insinue d'amour pour les biens et les vrais ; et plus l'horreur pour les maux et les faux augmente, moins les mauvais esprits osent s'approcher, parce qu'ils ne peuvent supporter l aver- • won ni l'horreur pour les maux et les faux dans lesquels consiste leur vie, et souvent à la première approche ils sont saisis de terreur ; plus aussi il y a d'amour pour les biens et les vrais, plus les anges aiment être chez 1 homme, et le ciel y est avec les anges ; car ils sont dans leur vie propre, quand ils sont dans les biens de l'amour et dans les vrais de la foi.
1741. A Abram, signifie le rationnel du Seigneur .-c'est ce qu'on voit par la représentation à' Abram. Dans les deux chapitres qui précèdent, Abram a représenté le Seigneur ou son Etat dans le second âge de 1 enfance-, ici ou dans ce Chapitre il représente le Rationnel du Seigneur, et alors il est appelé Abram Hébreu, ainsi qu'on le voit par ce qui a déjà été dit et expliqué dans le Vers. 13. Il a ici la môme représentation, car dans ce Chapitre on n'entend pas d'autre Abram qu' Abram Hébreu. Le Spirituel du Seigneur, qui est adjoint à l'Homme Interne, est Abram Hébreu, tandis que le Céleste qui est adjoint à l'Homme Interne est représenté et signifié par Malkizédech, comme je l'ai dit.
1742. Donne-mot Vdme et prends pour toi l'acquisition, signifie qu'il leur donnât la vie, et qu'ils se souciaient peu de tout le reste : On le voit par la signification de Y âme, en ce qu'elle est la vie, ainsi que j'en ai parlé plus haut, N 9 ' 1000, 1005, 1040; et par la signification de Y acquisition, en ce que c'est tout le reste qui n'appartient point aussi particulièrement à la vie, et dont il va être parlé dans ce qui suit. La vie que les mauvais esprits ont, et qu'ils aiment éperdument , est la vie des cupidités de l'amour de soi et de l'amour du monde, et par suite la vie des haines, des vengeances et des cruautés; ils ne pensent pas qu'il puisse y avoir du plaisir dans aucune autre vie : ils sont, comme les hommes, car ils ont été hommes ; et ils retiennent cela de la vie qu'ils ont eue étant hommes , ceux qui mettent toute leur vie dans le plaisir de
semblables cupidités, ne sachant autre chose sinon qu'il n'est pas d'autre vie que celle-là, et qu'en la perdant ils doivent mourir tout à fait. Quant à la vie qu'ils aiment, on voit ce qu'elle est par de tels esprits dans l'autre vie; elle se change en une vie fétide et eicrémentitielle ; et, ce qui est étonnant, c'est qu'ils perçoivent celte infection comme un plaisir délicieux, ainsi qu'on peut s'en assurer par ce que j'ai dit d'après l'expérience, N° 8 820, 954. Jl en est d'eux comme des démons qui , lorsque le Seigneur les chassait d'un maniaque, demandaient, par la crainte de perdre la vie, d'être envoyés dans des pourceaux. — Marc, V, 7 à 13. — Que ces démons étaient de ceux qui, dans la vie du corps, s'étaient livrés à une sordide avarice, c'est ce qu'on peut voir en ce que, dans l'autre vie, il semble à de tels avares qu'ils habitent parmi les pourceaux, parce que la vie des pourceaux correspond à l'avarice, et par conséquent leur plait, comme le prouve ce que j'ai dit d'après l'expérience, N° 939.
1743. Vers. 22. Et Âbram dit au roi de Sodonxe : J'ai élevé ma main vers Jéhovah le Dieu Très-IIaut,£ossesseur des vieux et de la terre* — Ahram dit au roi de Sodome, signifie la réponse. J'ai élevé ma main vers Jéhovah* signifie le mental tel qu'il était chez le Seigneur : possesseur des deux et de la terre, signifie la conjonction.
1744. Abram dit au roi de Sodome, signifie la réponse : c'est ce qu'on voit sans explication.
1745. J'ai élevé ma main vers Jéhovah, signifie le mental tel quil était chez le Seigneur : c'est ce que prouve la si g ni lica lion d'élever la main. L'élévation de la main vers Jéhovah est un geste du corps qui correspond, comme on sait, à l'atfection du mental. Les choses qui sont intérieures ou qui appartiennent au mental
% sont exprimées, dans le sens de la lettre, par les externes qui correspondent; mais ce sont les internes qu il faut entendre dans le sens interne ; ici par conséquent Y élévation de la main est le mental ou l'affection du mental. Tant que, le Seigneur a été dans l'état des tentations, il a parlé à Jéhovah comme à un autre (séparé de •lui); mais autant son Essence Humaine a été unie à son Essence Divine, autant il a parlé à Jéhovah comme à soi-même. C'est ce que l'on voit clairement par beaucoup de passages dans les Évan-
gélistes, ainsi que dans les Prophètes et dans David. On en trouve avec évidence la raison dans ce qui a été dit ci-dessus sur le mal héréditaire provenant de la mère; autant il en demeurait, autant le Seigneur était comme absent de Jéhovah ; mais autant ce mal était extirpé, autant le Seigneur était présent et était Jéhovah Lui-même. Cela peut être illustré par la conjonction du Seigneur avec les Anges : L'Ange quelquefois parle non par lui-même, mais par le Seigneur, et alors il ne sait autre chose sinon que lui ange est le Seigneur, mais alors ses externes se reposent ; il en est autrement lorsque ses externes sont en activité. La raison de cela, c'est que l'homme Interne des Anges est une possession du Seigneur, et qu'autant alors les propres ne mettent point d'obstacles, autant cet Interne appartient au Seigneur et même est le Seigneur. Mais chez le Seigneur la conjonction complète, ou l'union éternelle avec Jéhovah, fut faite au point que son Essence Humaine ellemême est aussi Jéhovah.
1746. Possesseur des deux et de la terre, signifie i a conjonction : c'est ce qu'on voi^d'après ce qui a été dit ci-dessus, Vers. 19, où il y a les mêmes paroles et la même signification.
1747. Vers. 23. Si depuis un fil jusqu'à une courroie de soulier, et si je prends d aucune chose qui soit à toi, afin que tu ne dises pal : Moi, j'ai enrichi Abram.—Si depuis un filjusquà une courroie de soulier, signifie toutes les choses qui étaient des impuretés naturelles et corporelles : si je prends d'aucune chose qui soit à toiy signifie qu'il n'y a rien de tel chez l'amour céleste : afin que tu ne dises pas : moi, j'ai enrichi Abram, signifie que le Seigneur ne tire jamais de là aucune force.
1748. Si depuis un fil jusquà une courroie de soulier, signifie toutes les choses qui étaient des impuretés naturelles et corporelles : On le voit par la signification de la courroie du soulier. Dans la # Parole, la plante du pied et le talon signifient le dernier naturel, comme je l'ai déjà expliqué, N° 259. Le soulier est ce qui enveloppe la plante du pied et le talon, c'est pourquoi le soulier signifie
le naturel qui est encore plus bas, par conséquent le corporel même. La signification du soulier est selon les sujets dont il s'agit ; si les* sujets sont bons, elle est prise dans un sens bon ; s'ils sont mauvais, elle est prise dans un sens mauvais, comme ici où il s'agit de
l'acquisition du roi de Sodome, qui signifie le mal et le faux ; voilà pourquoi la courroie du soulier signifie les impuretés naturelles et corporelles ; le fil de soîdier signifie le faux, et la courroie du soulier, le mal, et comme c'est dans un diminutif, ce faux et ce mal sont les plus vils de tous. On voit aussi dans la Parole, par plusieurs passages, que le soulier a une telle signification ; par exemple, quand Jéhovah du milieu du buisson apparut à Moïse, il lui dit : « N'approche point d'ici, oie les souliers de dessus tes » pieds, parce que le lieu sur lequel tu te tiens est une terre de » sainteté. » — Exod., III. 5. — Le chef de l'armée de Jéhovah dit de même à Josué : « Ole ion soulier de dessus ton pied, parce m que le lieu sur lequel tu te tiens (est) la sainteté, lui. » — Jos., V. 15. — Chacun peut voir que le soulier n'ôtait rien de la sainteté pourvu qu'en soi l'homme fût saint, mais que cela a été dit, parce que le soulier représentait le dernier naturel et le corporel dont on doit se dépouiller. On voit aussi dans David que c'est l'impureté naturelle et corporelle : a Moab [sera) le bassin de » mon ablution, je jetterai mon soulier sur Edom. » — Ps. LX. 10. — La même chose est renfermée darfs l'ordre qui fut donné aux disciples : « Quiconque ne vous aura pas reçu et n'aura pas » écouté vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville, » secouez la poussière de vos pieds, » — Matth., X. 14; Marc, VI. 11 ; Luc, IX. 5.. — La poussière des pieds a, dans ce passage, la même signification que le soulier, parce que la plante des pieds signifie le dernier naturel, savoir, l'impureté provenant du mal et du faux ; et comme à cette époque on était dans les représentatifs, et qu'on pensait que les arcanes célestes étaient renfermés en eux seuls et non dans les vérités nues, voilà pourquoi les disciples reçurent ordre d'agir ainsi. Le soulier signifiant le dernier naturel, • l'action d ôter ses souliers ou de se déchausser signifiait aussi qu'on devait se dépouiller des derniers de la nature : il en était de même pour celui qui ne voulait pas remplir le lévirat, il en est ainsi parlé dans Moïse : « Celui qui ne voudrait pas remplir le lévirat, sa belle- » sœur s'approchera de lui, aux yeux des anciens, et elle lui ar- » radiera son soulier de dessus son pied, et elle lui crachera à la » face, et elle répondra et dira : Ainsi sera fait à l'homme qui ne » bâtit pas la maison de son frère, et son nom sera appelé en Israël,
» la maison du déchaussé. » — Deutér., XXV. 5 à 10. — Ce qui signifie être sans aucune charité naturelle. Que le soulier signifie le dernier naturel même dans un sens bon, c'est aussi ce qu'on voit par la Parole ; par «etemple dans. Moïse, au sujet d'Ascher : « As- » cher {sera) béni plus que les fils ; qu'il soit agréable à ses frères, m et qu'il trempe son pied dans l'huile; son soulier {sera) de fer et » d'airain . » — Deutér. , XXX11I. 24, 25. — Là, le soulier est le dernier naturel; le soulier de fer est le vrai naturel, le soulier d'airain est le bien naturel, comme on le voit par la signification dn fer et de l'airain, N°* 425, 426; et comme le soulier signifiait le dernier naturel et le corporel, de là vint la formule par laquelle était signifié ce qu'il y avait de plus petit et de plus vil, car le dernier naturel et le corporel, c'est ce qu'il y a de plus vil chez l'homme; c'est ce qu'entendait Jean- Baptiste, quand il dit : « Il » en vient un plus fort que moi, et dont je ne suis pas digne de » délier la courroie des souliers. » — Luc, III. 16; Marc, 1. 7; Jean, I. 27.
1749/ Si je prends d'aucune chose qui soit à toi, signifie quil n'y a rien de tel chez Famour céleste : On peut le voir en ce qu'Abram dit qu'il ne veut rien prendre de ce qui appartient au roi de Sodome. Àbram représentait le Seigneur alors victorieux ; il représentait par conséquent les choses qui appartenaient à l'amour céleste et qu'H s'était acquises par ses victoires ; et le roi de Sodome représentait le mal et le faux , dont rien ne pouvait être chez le Seigneur victorieux ou chez l'amour céleste. On ne peut voir ce qui est entendu par là dans le sens interne, si l'on ne sait pas comment la chose se passe dans l'autre vie : chez les esprits mauvais et infernaux régnent l'amour de soi et l'amour du monde, ce qui leur fait croire qu'ils sont les dieux de l'univers et qu'ils ont beaucoup de pouvoir : quand ils ont été vaincus, quoiqu'ils s'aperçoivent qu'ils ne peuvent absolument rien, ils conservent néanmoins l'opinion du pouvoir et de la domination, et ils s'imaginent qu'ils peuvent beaucoup contribuer au pouvoir et à la domination du Seigneur : c'est pourquoi, afin qu'ils puissent régner aussi en môme temps, ils offrent leurs services chez les bons esprits; mais comme chez ces mauvais esprits il n'y a rien que le mal et le faux par lesquels ils croient pouvoir faire quelque chose, tandis que chez le Seigneur, ou chez
l'amour céleste, il n'y a rien que le bien et le vrai, il est répondu ici au roi de Sodome, par lequel ils sont représentés, que rien de tel n'existe chez le Seigneur, ou que le Seigneur n'a aucun pouvoir par le mal et le faux. La Domination provenant du mal et du faux est absolument le contraire de la Domination qui procède du bien et du vrai : la Domination provenant du mal et du faux consiste à •vouloir faire que tous soient esclaves; la Domination procédant du bien et du vrai consiste a vouloir faire que tous soient libres : la Domination provenant du mal et du faux tend a la perte de tous ; la Domination procédant du bien et du vrai tend au salut de tous; d'où l'on voit que la Domination qui provient du mal et du faux appartient au diable, tandis que la Domination qui procède du bien et du vrai appartient au Seigneur. Que ces deux dominations soient absolument opposées, c'est ce que prouvent les paroles du Seigneur dans Matthieu, — XII. 24 à 30, — on en a encore la preuve en ce que nul ne peut servir deux maîtres. — Matth., VI. 24; Luc, XVI. 13.
1750. Afin que tu ne dises pas : Moi, j'ai enrichi Abram, signifie que le Seigneur ne tire jamais de là aucune force : on en peut avoir la preuve dans la signification de s'enrichir, en ce que c'est acquérir la puissance et la force. On voit, d'après ce qui vient d'être dit, comment la chose se passe.
1751 . Vers. 24. Excepté seulement ce que les jeunes gens ont mangé, et la part des hommes qui sont venus avec moi, Aner, Jtschkol et Mamré ; ceux-ci prendront leur part. — Excepté seulement ce que les jeunes gens ont mangé, signifie les bons esprits : et la part des hommes qui sont venus avec moi, signifie les Anges : Aner, Eschkol et Mamré, signifient les choses qui sont chez eux: ceux-ci prendront leur part, signifie qu'ils furent mis en leur pouvoir.
1752. Excepté seulement ce que les jeunes gens ont mangé, signifie les bons esprits ; on en a la preuve dans ce qui précède, et dans ce qui va suivre; dans ce qui précède : Il a été rapporté ci-dessus, vers. 13, que Mamré, Eschkol et Aner étaient de l'alliance d'Abram, et j'ai montré que ces associés signifiaient l'état de l'homme llationnel quant à l'Externe du Seigneur, quels que fussent ses biens et ses Yrais, et qu'ainsi ils signifiaient les Anges
qui étaient avec le Seigneur quand il combattit, comme on le voit là par l'explication que j'ai donnée : Dans ce qui suit : la même chose y est évidente, comme on va le reconnaître : Ici , ceux qui sont venus avec Abram sont appelés jeunes gens, et par eux on n'en entend pas d'autres que les bons esprits, tandis que par les hommes, dont il est parlé aussitôt après, on entend les Anges. Il est constant, d'après la Parole, qu'il y a eu des Anges avec le Seigneur lorsqu'il combattit contre les Enfers ; et cela résulte encore de ce qu'il était impossible, quand le Seigneur était dans les combats des tentations, qu'il n'y eût pas des Anges auxquels par sa propre puissance il avait donné la force et comme la puissance de combattre en même temps que Lui ; car toute la puissance qui appartient aux Anges vient du Seigneur. Que les Anges combattent contre les méchants, c'est ce qu'on a pu voir dans ce qui a été dit çà et là au sujet des Anges qui sont chez l'homme, en ce qu'ils défendent l'homme et détournent les maux dont les esprits infernaux le menacent, Voir ci-dessus N 0- 50, 227, 228, 697, 968; mais toute leur puissance vient du Seigneur. Les bons esprits sont, il est vrai, aussi des Anges, mais des Anges inférieurs; car ils sont dans le premier Ciel, les Esprits Angéliques sont dans le Second, tandis que les Anges proprement dits sont dans le Troisième, ainsi que je l'ai expliqué. K°' 459, 684. Telle est la forme du gouvernement dans l'autre vie : c'est que les bons Esprits ont été subordonnés aux Esprits angéliques, et les Esprits Angéliques aux Anges mêmes, de sorte qu'ils constituent une seule Société angc"i lique : les bons Esprits et les Esprits angéliques sont ceux qu'on appelle ici jeunes gens, tandis que les Anges mêmes sont appelés hommes.
1753. Et la part des hommes qui sont venus avec moi, signifie les Anges : on le voit d'après ce qui vient d'être dit; ajoutez à cela que les Anges, dans la Parole, sont appelés Hommes, quand ils ont apparu devant des hommes.
1754. Aner, Eschkol et Mamré, signifient les choses qui sont cliez eux : on en trouve la preuve dans ce que j'ai dit de ces mêmes hommes, au vers. 13 de ce Chapitre : savoir, en ce que leurs noms signifient les biens et les vrais par lesquels le combat a été livré, et non par conséquent les Auges, parce que les Anges ont
été désignés par les expressions jeunes gens et hommes, comme je l'ai dit : en effet les Anges n'ont aucun nom, mais on reconnaît distinctement quels ils sont d'après les biens et les vrais qui sont en eux ; c'est pour cela que le nom dans la Parole ne signifie autre chose que l'Essence, et la qualité de l'essence, ainsi que je l ai déjà expliqué, N oi 144, 145, 340, comme on peut aussi le voir dans Esaïc, où il est dit en parlant du Seigneur : « On appellera son nom, Admirable, Conseiller, Dieu, Héros, »Père de l'éternité, Prince de la paix. » — IX. 5,*6. — Là, par le Nom on entend ce qu'il est, c'est-à-dire, Admirable, Conseiller, Dieu, Héros, Père de l'éternité, Prince de la paix. Dans Jérémie , où il est dit aussi du Seigneur: « Tel (est) » son nom par lequel on l'appellera : Jéhovah notre justice. » — - XXIII. 5, 6. — Là, on voit clairement que le Nom est la Justice. Et dans Moïse, où il est dit également du Seigneur : « Il » ne supportera pas votre prévarication , parce que mon Nom » (est) au milieu de Lui. » — r Exod., XXIII. 21. — Là aussi le nom est pris pour l'Essence, en ce qu'elle est Divine. On le voit en outre par plusieurs passages de la Parole, où il est dit qu'on a invoqué le Nom de Jéhovah ; qu'on ne doit pas prendre en vain le Nom de Jéhovah ; et dans l'Oraison Dominicale : que ion Nom soit sanctifié. Il est en de même des noms des Anges, et de même ici des noms d'Eschkol, d'Ancr et de Mamré, qui représentent des Anges, en ce qu'ils signifient les choses qui sont chez les Anges.
1755. Ceux-ci prendront leur part, signifie que les esprits méchants et infernaux furent mis au pouvoir des bons esprits et des Anges : on en trouve la preuve dans ce que j'ai dit ci-dessus, vers. 21, 22, 23; savoir, en ce que le Seigneur ne voulait rien avoir par le mal et le faux, parce que le Seigneur n'en tire aucune force. Voici ce qu'il en est au sujet des mauvais esprits qui furent placés sous le pouvoir des Anges : Ce sont les Anges qui dominent sur les esprits mauvais et infernaux, ainsi que j'en ai eu la certitude par plusieurs expériences; mais c'est par le Seigneur que toutes choses en général et en particulier sont prévues et vues, et qu'elles sont pourvues et disposées; mais quelques-unes le sont par permission, d'autres par admission, d'autres par indulgence, d'autres par complaisance, d'autres par volonté; le vouloir même m. 10
de dominer est quelque chose du propre humain opposé à ce qu'on reçoit du Seigneur; mais toujours est il que toute domination appartient à l'Amour et à la Miséricorde sans le vouloir de dominer. Au reste, ces choses élant trop profondes ne peuvent pas être mises en peu de mots à la portée de l'entendement ; il suffit de savoir que les esprits mauvais et infernaux ont été placés sous le pouvoir des Anges, et que le Seigneur gouverne toutes choses en général et en particulier et môme en ce qu elles ont de plus particulier; j'en parlerai dans la suite, par la Divine Miséricorde du Seigneur, quand il s'agira de la Providence et des Permissions.
1756. Voilà ce que ces événemens renferment en général dans le sens interne ; mais quand les choses sont expliquées en général et en particulier selon la signiiication des mots, leur enchaînement même et sa beauté ne peuvent se présenter aussi bien que si elles étaient saisies par une seule idée ; quand elles sont toutes saisies par une seule idée, celles qui sont éparses se présentent alors dans une cohérence et un ensemble magnifique. Il en est de cela comme d'un homme qui écoute quelqu'un parler, et qui porte son attention sur les mots ; il ne saisit pas alors l'idée de celui qui parle, aussi bien que s'il ne faisait aucune attention aux mots ou à leur signification. En effet, il en est du sens interne de la Parole à l'égard du sens externe ou littéral à peu peu prés comme d'un discours dont on entend à peine les mots et à la signification desquels on fait encore moins d'attention, quand l'esprit s'applique au sens seul des choses que signifient les paroles de celui qui parle. La plus ancienne manière d'écrire était Représentative des choses au moyen de personnes et de mots qui donnaient à entendre toute autre chose que ce qui était dit. Les auteurs profanes arrangeaient alors ainsi leurs récits historiques, môme les choses qui concernaient la vie civile et la vie morale, et de telle sorte môme que rien n'était absolument tel qu'il était écrit quant à la lettre, mais il y avait autre chose d'entendu sous cet écrit; ils allaient jusqu'à présenter les affections, quelles qu'elles fussent, comme des dieux et des déesses, en l'honneur desquels dans la suite les Païens instituèrent un culte Divin. Tout homme instruit peut avoir connaissance de cela, car il nous rosle encore de ces Livres anciens. Ces auteurs avaient tiré cette manière d'écrire des Très-Anciens,
d'avant le déluge, lesquels se représentaient les choses Célestes et Divines par celles qu'ils voyaient sur terre et dans le monde, et remplissaient ainsi leur mental et leur âme de plaisirs et de délices, en considérant les objets de l'univers, surtout ceux dont la forme et l'ordre constituaient la beauté ; tous les livres de l'Église de ces temps ont donc ainsi été écrits ; tel est le Livre de Job ; tel est, à leur imitation, le Cantique des cantiques de Salomon ; tels furent les deux Livres dont Moïse a fait mention, — Nomb., XXI. 14 et 29. — outre plusieurs autres qui ont péri. Ce style fut révéré ensuite, à cause de son antiquité, tant parmi les nations que parmi les descendais de Jacob, au point que tout ce qui n'était pas écrit dans ce style n'était point vénéré comme Divin : c'est pourquoi lorsqu'ils étaient poussés par un Esprit prophétique comme Jacob, . — Cen. XLIX. 3 à 17; Moïse, — Exod. XV. 1 à 21. Douter. XXXIII. 2 à 29. — Biléam, qui était un des fils de la Syrie d'Orient où était encore l'Eglise Ancienne, — [Nomb. XXJII. 7 à 10, 19 à 24; XX1Y. 5 à 9, 17 à 24. - Débora et Barak, — Jug.V.2à3l. — Channah, — I.Sara. II. 2 à 10, — et plusieurs autres, ils parlaient alors de la même manière, et cela pour plusieurs causes cachées ; quoique à l'exception d'un très-petit nombre de personnes, on ne comprît ni ne sût que leurs paroles signifiaient les choses célestes du Royaume et de l'Eglise du Seigneur, cependant frappé et saisi d'étonnement et d'admiration, on sentait que le Divin et la Sainteté étaient en el!e6. Mais le Monde Savant ignore encoro que les Historiques de la Parole sont semblables, c'est-àdire, représentatifs et significatifs des célestes et des spirituels du Royaume du Seigneur, quant à chaque nom et quant a chaque mot ; on sait seulement que la Parole jusqu'au moindre iota a été inspirée, et qu'il y a des arcanes célestes dans son ensemble et dans chacune de ses parties.
CONTINUATION DU UANGAGB DES ESPBITS ET DB SES VABIÉTÉS.
1757. Le Langage des Esprits avec l'homme se fait, comme je l'ai déjà dit, au moyen des mots; mais le Langage des Esprits
entre eux se fait au moyen des idées, originaires des mots, telles que sont celles de la pensée, non aussi obscures que sont celles de l'homme quand il vit dans le corps, mais distinctes comme sont celles du langage. La pensée humaine , après la séparation du corps, devient plus distincte et plus claire, et les idées de la pensée deviennent discrètes, de sorte qu'elles servent de formes distinctes pour le langage; l'obscur, en effet, a été dissipé avec le corps, et ainsi la pensée, délivrée des espèces de liens dans lesquels elle était engagée et par conséquent des ombres dont elle était enveloppée, devient plus instantanée, d'où résulte qu'il y a plus promptement intuition, aperception et énonciation des choses les plus particulières.
1758. Le langage des Esprits est divers ; chaque société ou famille d'esprits peut être discernée par le langage, et môme chaque esprit, presque comme les hommes ; et non-seulement par les affections, qui constituent la vie du langage et qui allongent ou traînent les mots, et par les accens, mais encore par les sons ainsi que par d'autres indices qu'il n'est pas si facile d'énoncer.
1759. Le Langage des Esprits célestes ne peut pas facilement influer en sons articulés ou en mots chez l'homme, car il ne peut s'adapter à un mot dans lequel il y a quelque son perçant ou un redoublement trop dur de consonnes , et qui renferme une idée provenant du scientifique : c'est pourquoi ces esprits influent rarement dans le langage autrement que par les affections qui, à l'instar d'une eau coulante ou d'un air léger, adoucissent les mots. Le Langage des Esprits qui tiennent le milieu entre les célestes et les spirituels est doux; il coule comme une très-douce atmosphère,
il flatte les organes qui le reçoivent et adoucit. les mots eux- ' mêmes ; il est en même temps prompt et assuré : la fluidité et le charme du langage viennent de ce que le bien céleste est tel dans leurs idées, et de ce qu'il n'y a aucune opposition entre le langage et la pensée : toute la douceur de l'harmonie procède, dans l'autre vie, de la bonté et de la charité. Le Langage des Spirituels est de môme coulant, mais il n'est pas aussi moelleux ni aussi doux : ce sont ceux-là qui parlent principalement.
1760. Le Langage des mauvais génies est coulant aussi, mais seulement à l'ouïe extérieurement, tandis qu'à l'intérieur il est
GENÈSE. CIIAP. QUATORZIÈME. 141
perçant, parce qu'il vient de la feinte du bien, et non d'aucune affection du bien. Ils ont aussi un langage sans fluidité, dans lequel le dissentiment des pensées est perçu comme un reptile qui se tait.
1761. Il y a des esprits qui influent non à la manière d'une eau coulante, mais par vibration et rebroussements presque linéaires, plus ou moins aigus ; ces mêmes esprits influent non-seulement avec le langage, mais encore avec ce qu'on répond. Ce sont ceux qui, par des causes multipliées rejettent les intérieurs de la Parole, regardant l'homme comme leur instrument et comme peu de chose, ue considérant qu'eux seuls.
1762. Il y a des esprits qui ne parlent pas ; mais par des changements introduits sur mon visage, ils exprimaient les sentiments de leur cœur, et présentaient les idées d une manière si frapante, que par là leur pensée se manifestait comme dans une forme; cela s'opérait par des variations autour de la région des lèvres, et de là sur le visage, ainsi qu'autour des yeux, lorsqu'ils communiquaient les sentiments intérieurs de leur cœur; autour de l'œil gauche, s'ils communiquaient des vrais et des affections du vrai; autour de l'œil droit, s'ils communiquaient des biens et des affections du bien.
1763. J'ai aussi entendu le langage simultané de plusieurs esprits; il ondoyait comme un tourbillon et influait dans le cerveau par une détermination variée. Puis j'ai entendu le langage de quelques esprits, se terminant d'une manière quadruple, presque avec le ton et le son d'un broiement ; ces esprits ont été séparés des autres, ils causent à la tête une douleur comme celle d'une attraction syringique. J'en ai entendu qui parlaient d'une voix sonore, mais comme au dedans d'eux-mêmes, de manière cependant que leur langage parvenait à l'ouïe; d'autres qui parlaient par un vomissement de paroles comme s'ils les eussent tirées de leur ventre; tels sont ceux qui ne veulent faire aucune attention au sens de la chose, mais qui sont forcés par les autres à parler. J'en ai entendu qui parlaient d'un son rauque comme divisé en deux ; ils s'appliquent au côté gauche sous le bras et aussi à l'oreille gauche. Il y en avait aussi qui ne pouvaient pas parler d'une manière sonore, mais ils parlaient comme ceux qui ont un enrouement; du nombre de ces esprits sont ceux qui, dans le but
de nuire aux autres, tirent leurs secrets en s'insinuant dans leurs plaisirs.
II y a des esprits d une petite taille, qui, bien qu'ils soient peu nombreux, parlent néanmoins comme une multitude immense, et dont le son imite le tonnerre : je les ai entendus au-dessus de ma tète, et je les croyais en grand nombre ; mais alors un seul vint a moi vers le côté gauche au-dessous du bras, et il parlait pareillement avec une voix de tonnerre; il s'éloigna ensuite, et il faisait encore de même ; je dirai ailleurs, par la Divine Miséricorde du Seigneur, de quel endroit viennent de tels esprits. Toutefois ces espèces de Langages sont plus rares. Ce qui est surprenant, c'est que ces Langages sont entendus par celui dont les organes intérieurs de l'ouïe sont ouverts, ainsi que par les esprits, aussi haut et d'une manière aussi sonore qu'on entend les sons et les langages des hommes sur la terre ; mais celui dont les organes intérieurs ne sont pas ouverts n'entend rien.
1764. Une fois aussi des esprits ont parlé avec moi par de purs représentatifs visuels, en représentant des flammes de diverses couleurs, des lumières, des nuages qui montaient et descendaient, des maisonnettes et des tribunes de différens genres, des vases, des personnages diversement vêtus, et plusieurs autres choses qui toutes étaient significatives, par lesquelles seules je pus savoir ce qu'ils voulaient.