Et le Chittéen, et le Périsien, et les Réphaïm
21. Et l'Emorréen, et le Canaauéen, et le Girgaschien, et le Jébusien.
CONTENU
1778. Il continue à être question ici du Seigneur, dans le sens interne, après qu'il eut soutenu, dans le second âge de son enfance, des combats très-graves de tentations ; et ces combats étaient dirigés contre l'amour qu'il avait continuellement pour tout le genre humain et spécialement pour l'Eglise : c'est pourquoi, comme il était dans l'anxiété sur l'état futur, une promesse lui fut faite ; mais en même temp6 il lui fut montré quel serait l'état de l'Eglise vers ga fin, lorsqu'elle commencerait À expirer, mais qu'une nouvelle Église renaîtrait cependant pour prendre la place de la précédente, et que le Royaume Céleste serait immensément augmenté.
1779. Consolation du Seigneur après les combats des tentations, dont il a été parlé dans le Chapitre précédent. — Vers 1.
1780. Plainte du Seigneur sur l'Église, de ce qu'elle est seulement Externe. — \ers. 2, 3. — Promesse au sujet d'une Êglisè Interne. — Vers. 4. — De sa Multiplication. — Vers. 5. — Le Seigneur est la Justice. — Vers. 0. — Et à Lui-Seul appartient le Royaume dans les cieux et sur les terres. — Vers. 7.
1781. Et parce qu'il voulait avoir la certitude que le Genre humain serait sauvé. — Vers. 8. — Il lui fut montré ce qui se passe au sujet de l'Église dans le commun, dans le spécial et dans le particulier. — Vers. 9 à 17.
1782. La génisse, la chèvre et le bélier sont les représentatifs des Célestes de l'Eglise; la tourterelle et le pigeon sont ceux de ses spirituels. — Vers. 9. — L'Église est placée d'un côté et le Seigneur est placé de l'autre. — Vers. 10. — Le Seigneur dissipait les maux et les faux ; — vers. 11. — Mais les faux infestaient toujours l'Église. — Vers. 12, 13. — Elle en sera délivrée. —
Vers. 14, — Par conséquent, consolation donnée au Seigneur. —
Vers. 15. — Mais les maux doivent s'emparer de l'Église; — vers. 16. — Et dans son dernier temps il n'y doit régner que des faussetés et des cupidités, — vers. 17. — Alors le Hègne du Seigneur et une nouvelle Eglise, dont l'extension est décrite, — vers. 18. — Les faux et les maux qui en doivent être chassés sont les nations nommées, — Vers. 19, 20, 21.
SENS INTERNE
1783. Les événemens contenus ici sont, ainsi que je l'ai déjà dit, des historiques vrais, c'est à-dire qu'il est vrai que Jéhovah a parlé ainsi avec Abram, et que la terre de Canaan lui a été promise en héritage; que l'ordre lui a été donné de placer ainsi la génisse, la chèvre, le bélier, la tourterelle et le pigeon ; que des oiseaux de proie s'abattirent sur les corps des victimes; qu'un assoupissement tomba sur Abram, et qu'il y eut dans cet assoupissement une terreur de ténèbres; qu' Abram, quand le soleil se fut couché, vit comme une fournaise de fumée avec un brandon de feu qui passa entre les parties des victimes, etc. Ce sont là des historiques vrais, mais néanmoins tous, en général et en particulier, jusqu'à la moindre circonstance de fait, sont des représentatifs, et les paroles mômes par lesquelles ils sont décrits , jusqu'au moindre iota, sont des si- . gnificatifs, c'est-à-dire que dans tout, en général et en particulier, il y a un sens interne; car toutes les choses qui sont dans la Parole, prises en général et en particulier, ont été inspirées; et puisqu'elles ont été inspirées, il est impossible qu'elles ne soient pas d'origine céleste; c'est-à-dire, qu'elles ne renferment pas dans leur sein les célestes et les spirituels; autrement ce ne serait nullement la Parole du Seigneur : ce sont donc des célestes et des spirituels qui sont contenus dans le sens interne; quand ce sens se manifeste, le sens de la lettre s'efface comme s'il était nul ; et réciproquement, quand on ne fait attention qu'au aeul sens historique ou au sens de la lettre, le sens interne s'efface comme s'il était nul. Il en est de cela comme de la Lumière céleste par rapport à la lumière du monde, et réciproquement comme de la lumière du monde par rapport à la Lumière céleste : quand la Lumière céleste paraît, la
lumière du monde est alors comme des ténèbres, c'est ce que l'expérience m'a fuit connaître; mais quand quelqu'un est dans la lumière du monde, la Lumière céleste, si elle apparaissait, serait alors comme des ténèbres. Il en est de même à l'égard des mentais bumains: pour celui qui place tout dans la sagesse humaine ou dans les sciences, la sagesse céleste paraît comme quelque chose d'obscur et de nul; mais pour celui qui est dans la sagesse céleste, la sagesse humaine est comme une sorte de commun obscur, qui serait comme des ténèbres, s'il ne renfermait des rayons célestes.
1784. Vers. I. Après ces paroles, la parole de Jéhovah fut (adressée) à Abram dans une vision, disant : Ne crains point, Abram, Je (suis) pour toi un bouclier, ta récompense (sera) trèsgrande. - — Après ces paroles, la parole de Jéhovah fui (adressée) à Abram dans une vision, signifie qu'il y eut une révélation après les combats qui eurent lieu dans le second âge de l'enfance ; la vision est l'intime révélation qui appartient à la perception : ne crains point, Abram, Je (suis) pour toi un bouclier, signifie la protection contre les maux et les faux, protection en laquelle il met sa confiance : ta récompense (sera) grande , signifie la fin des victoires.
1785. Après ces paroles, la parole de Jéhovah fut (adressée) à Abram dans une vision, signifie quily eut une révélation après les combats qui eurent lieu dans le second âge de V enfance : c'est ce qu'on voit par la signification des paroles, et par celle de la parole de Jéhovah à Abram, comme aussi par la signification de la vision. Les paroles, dans la langue hébraïque, signifient les choses , et ici les choses terminées, ce sont les combats des tentations du Seigneur, dont il a été question dans le Chapitre précédent. La parole de Jéhovah à Abram n'est autre chose que la parole du Seigneur avec lui-même ; mais dans le second âge de son enfance, et dans les combats des tentations, quand les Essences n'étaient pas encore unies comme un, elle ne put se manifester autrement que comme une révélation : ce qui est interne ne se manifeste pas d'une autre manière, quand il agit sur l'externe dans un état et dans des moments où celui-ci est trop éloigné; c'est cet état qui est appelé l'état d'humiliation du Seigneur.
1786. La vision est V intime révélation qui appartient à la perception : On peut en avoir la preuve par les visions qui ont lieu
selon l'étal de l'homme. La vision devant ceux dont les intérieurs ont été fermés est absolument différente de la vision devant ceux dont les intérieurs ont été ouverts : par exemple, quand le Seigneur apparut à toute l'assemblée sur le mont Sinaï, cette apparition était une vision qui pour le peuple fut autre que pour Aharon, et pour Aharon autre que pour Moïse ; plus tard la vision pour les Prophètes fut autre que pour Moïse : il y a plusieurs espèces de visions, dont je parlerai dans la suite par la Divine Miséricorde du Seigneur. Les visions sont d'autant plus parfaites qu'elles sont plus intérieures ; chez le Seigneur existait la plus parfaite de toutes les visions, parce qu'il avait alors la Perception de toutes les choses qui sont dans le monde des esprits et dans les cieux, et que sa communication avecJéhovah était immédiate; cette communication est représentée et signifiée dans le sens interne par la vision dans laquelle Jéhovah apparut à Abram.
1787. Ne crains point , Abram, Je suis pour toi un bouclier, signifie la protection contre les maux et les faux, protection en laquelle il met sa confiance: on le voit parla signification du bouclier, dont je vais bientôt parler. Ces paroles, savoir que Jéhovah est un bouclier, et que la récompense sera grande, sont des paroles de consolation après les tentations. Toute tentation a avec soi une sorte de désespoir, autrement ce n'est pas une tentation ; c'est pour cela aussi qu'elle est suivie d'une consolation : celui qui est tenté est placé dans des anxiétés qui l'induisent dans un état de désespoir au sujet de la fin ; le combat même de la tentation n'est pas autre chose. Celui qui est dans la certitude de la victoire n'est pas dans l'anxiété, ni par conséquent dans la tentation. Le Seigneur ayant soutenu les plus affreuses et les plus cruelles de toutes les tentations, n'a pu faire autrement que d'être poussé dans des désespoirs, qu'il chassait et domptait par sa propre puissance, comme on peut le voir assez clairement par sa Tentation dans Gethsémané; il en est ainsi parlé dans Luc : « Quand Jésus fut dans ce lieu, il dit à » ses disciples : Priez, afin que vous n'entriez point en tentation. » Mais Lui-Même se détourna d'eux environ d'un jet de pierre, et » se mettant à genoux, il pria, en disant : Père, si tu veux, que ce » calice passe loin de moi! Toutefois, que ce soit non ma vo- » lonté, mais la tienne qui se fasse. Alors il Lui apparut du ciel un
lit. 11
» ange qui Le fortifiait. Et comme il était en agonie, il pria plus » instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui » descendaient sur la terre. » XXII. 40 à 45. — Dans Matthieu ï » Il commença à être saisi de douleur et d'angoisse ; alors il dit à » ses disciples: Mon âme est toute triste jusqu'à la mort; et s'é- » tant avancé un peu, il tomba sur sa face, priant et disant : Mon » Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de Moil Tou- » tefois, non comme Je veux, mais comme Tu (veux). Il s'en alla » de nouveau une seconde fois, et il pria, en disant : Mon Père, » si ce calice ne peut passer loin de Moi, à moins que je ne le » boive, que ta volonté soit faite. Et il pria une troisième fois, di- *> saut la môme parole. » — XXVI. 36 à 44. — Dans Marc : « Il commença à être saisi de frayeur et fort tourmenté; et il dit » aux disciples: Mon âme est enveloppée de tristesse jusqu'à la » mort. S'étant avancé un peu, il tomba sur la terre, et il pria que, d s'il était possible, l'heure passât loin de Lui. Et il disait : Père, » Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de Moi ce calice I » Toutefois non comme Je veux, mais comme Tu (veux). Il dit la » même chose une seconde et une troisième fois. » XIV. 33 à 41. D'après ces passages, on peut juger quelles furent les Tentations du Seigneur, et voir qu'elles furent les plus cruelles de toutes, que son angoisse partait des intimes et allait jusqu'à lui faire répandre des sueurs de sang, qu'alors il était dans un état de désespoir au sujet de la fin et de l'événement, et qu'il reçut des consolations. Ces paroles, Moi Jéhocah je suis ton bouclier, et ta récompense sera très-grande, renferment pareillement la consolation après les combats des tentations, dont il a été parlé dans le Chapitre précédent.
1788. Que le bouclier soit la protection contre les maux et les faux, protection en laquelleon met toute sa confiance, c'est ce qu'on ▼oit sans explication ; eu effet, la locution, Jéhovah est un bouclier, est devenue familière par son fréquent usage ; mais on peut voir par la Parole ce que signifie spécialement le bouclier : de la part du Seigneur, c'est la protection ; de la part de l'homme, c'e>t la confiance dans la protection du Seigneur. Comme la guerre signifie les tentations, ainsi que je l'ai expliqué, N° 1664, de même toutes les armes de la guerre signifient quelque chose de spécial dans la tentation et la protection contre les maux et les faux ou contre
la tonrbe diabolique qui excite la tentation et qui tente. C'est pourquoi autre est la signification du bouclier, autre celle del'écu, autre celle du petit bouclier ovale, autre celle du casque, autre celle du javelot et de la lance, autre celle de Pépée, autre celle de l'arc et des traits, autre celle de la cuirasse : dans la suite, par la Divine Miséricorde du Seigneur, je parlerai de chacune de ces armes. Si le bouclier signifie de la part du Seigneur protection contre les maux et les faux, et de la part de l'homme confiance dans le Seigneur, c'est parce que le bouclier était le rempart de la poitrine, et que la poitrine signifie le bien et le vrai ; le bien , parce qu'elle contient le cœur, et le vrai, parce qu'elle contient les poumons. On voit, dans David, que le bouclier a cette signification : « Béni » (soil) Jéhovah, mon rocher ; il enseigne à mes mains le combat, *> à mes doigts la guerre; (il est) ma miséricorde et ma forteresse, » ma citadelle retranchée et celui qui m'arrache à moi-môme, mon » bouclier est celui en qui je me confie. « Ps. CXLIY. 1, 2 ; — là le combat et la guerre concernent les tentations, et il s'agit des tentations du Seigneur dans le sens interne ; le bouclier relativement à Jéhovah, c'est la protection; relativement à l'homme, c'est la confiance, comme on le voit clairement. Dans le Même : « 0 » Israël, confie-toi en Jéhovah : (c'est) Lui (qui est) leur aide et leur » Bouclier. Maison d'Aharon, confiez-vous en Jéhovah ; (cesl) Lui » { qui est) leur aide et leur Bouclier. Vous qui craignez Jéhovah, » confiez-vous en Jéhovah; (c'est) Lui (qui est) leur aide et (qui » ut) leur Bouclier. » — Ps. (XV. 9,10,11; — là pareillement. Dans le Môme : « Jéhovah (est) ma forteresse, mon Dieu en d qui je me confie ; il te couvrira de son aile, et tu te confieras sous » ses ailes; Sa vérité (est) un bouclier et un écu. » — Ps. XCI. 2,4 ; — là, le bouclier et l écu sont pour la protection contre les faux. Dans le Même : « Jéhovah (est ) ma roche, et ma forteresse, et » mon libérateur, mon Dieu, mon rocher, celui en qui je me con- » fie, mon Bouclier, et la corne démon salut. Jéhovah (est) un » Bouclier pour tous ceux qui se confient en Lui. — Ps. XVIII. 3, 31 ; — pareillement. Dans le Même : a (Toi) qui sondes les yt cœurs et les reins, Dieu juste ! mon Bouclier (est) sur Dieu qui » sauve ceux qui ont le cœur droit. » — Ps. VII. 10,11 ; — le bouclier est pour la confiance. Dans le Môme : « Tu m as donné
m le Bouclier de ton salut, et ta droite me soutiendra. » — Ps XVIII. 36 ; — encore pour la confiance. Dans le Môme : « Les » Boucliers delà terre (sont) à Dieu, il a été très-exalté. » — Ps. XLYII. 10; — toujours pour la confiance. Dans le Même: « Jé- » hovah Dieu (est) un Soleil et un Bouclier , Jéhovah donnera la » grâce et la gloire, le bien ne se détournera pas de ceux qui mar- » chentdans l'intégrité. » — Ps. LXXXIV. 12. — pour la protection. Dans Moïse: — [Voilà) tes béatitudes, toi Israël; qui » (est) , comme toi, un peuple sauvé en Jéhovah, le Bouclier de » ton secours, et qui (est) l'épée de ton excellence ? et tes ennemis » s'abuseront à ton égard. — Deutér., XXXIII. 29. — le bouclier est pour la protection. Comme les armes de guerre se disent de ceux qui sont dans les combats des tentations, elles se disent aussi de même des ennemis qui attaquent et qui tentent, et alors elles signifient le contraire; ainsi le bouclier signifie les maux et les faux avec lesquels ils combattent et se défendent, et dans lesquels ils mettent leur confiance ; comme dans Jérémie : « Disposez le » Bouclier et Vécu, , et approchez-vous pour le combat ; bridez » les chevaux, et montez, cavaliers; et présentez-vous avec des » casques, fourbissez les lances, revêtez les cuirasses. » — XL VI, 3 4. — Sans parler de bien d'autres passages.
1789. Ta récompense sera grande, signifie la fin des victoires : on en a la preuve dans la signification de la récompense, en ce qu'elle est le prix après les combats des tentations. Ici, c'est la fin des victoires, parce que le Seigneur n'a jamais attendu pour lui aucun prix de la victoire : le prix de ses victoires a été le salut de tout le genre humain ; il a combattu par amour pour tout le genre humain; celui qui combat par cet amour ne demande pour soi aucun prix, car tel est cet amour, qu'il veut donner et transférer aux autres tout ce qui est à lui, et ne rien avoir pour soi : c'est donc le Salut de tout le genre humain qui est signifié ici par la récompense.
1790. Vers. 2. Et Âbram dit : Seigneur Jéhovih, que me donneras-tu ? Et moi je marche sans enfants, et le fils intendant de ma maison, c'est ce Damascène Eliézer. — Abram dit : Seigneur Jehovih, signifie la perception du Seigneur; Abram est l'homme intérieur; le Seigneur Jchovih est l'Homme Interne respectivement à l'Homme Intérieur: Que me donneras-tu ? et moi je
marche sans enfants, signifie qu'il n'y avait aucune Eglise Interne : et le fils intendant de ma maison signiûe l'Eglise Externe ; ce Damascène Eliézer est l'Eglise Externe.
1791. Abram dit : Seigneur Jéhovih, signifie la perception du Seigneur : on peut le voir en ce que le Seigneur a eu une perception in'.ime et la plus parfaite de toutes les perceptions. Sa Perception était, comme je l'ai déjà dit, une sensation et une connaissance perceptive de toutes les choses qui se faisaient dans le Ciel ; et elle fut une continuelle communication et une conversation interne avec Jéhovah; cette perception appartientseulc au Seigneur ; c'est elle qu'il faut entendre, dans le sens interne, par ce que dit Abram à Jéhovah, parconséquent elle a été représentée par Abram quand il parla avec Jéhovah. Il en est de même, dans la suite, partout où se rencontre la locution, Abram dit à Jéhovah.
1792. Abram est l'Homme intérieur, ou bien Abram a représenté V Homme Intérieur, ou Y Homme Rationnel du Seigneur : c'est ce qui a déjà été dit. J'ai expliqué, dans le Chapitre précédent, ce que c'est que l'Homme Intérieur du Seigneur.
1793. Le Seigneur Jéhovih est V Homme Interne respectivement à V Homme Intérieur : on en trouve la preuve dans ce que j'ai dit sur l'Homme Interne du Seigneur, c'est-à-dire que cet Homme Interne était Jéhovah Lui-Môme, de Qui il avait été conçu et dont il était le Fils unique, auquel l'Humain du Seigneur est devenu uni, après qu'il eut purifié par les combats des tentations l'humain maternel, c'est-à-dire, celui qu'il avait tiré de la mère. Dans la Parole, on rencontre très-souvent l'expression Seigneur Jéhovih , et même toutes les fois que Jéhovah est dit Seigneur, il est appelé non Seigneur Jéhovah, mais Seigneur Jéhovih, et cela arrive principalement quand il s'agit des tentations, comme dans Esaïe : « Voici, le Seigneur Jéhovih vient dans sa force, et son brasdomi- » nera sur Lui-Même ; voici sa récompense avec Lui et son œuvre » devant Lui ; comme un pasteur, il paîtra son troupeau, il recueil- » lera les agneaux dans son bras et (les) portera dans son sein ; il » conduira celles qui allaitent. » — XL. 10,11. — Là, le Seigneur Jéhovih vient dans sa force, c'est la victoire dans les combats des tentations; son bras qui domiuera sur Lui-Même, c'est par sa propre puissance ; il est dit là ce que c'est que la récompense, dont
ila été parlé dans le Vers, précédent, c'est le Salut de tout le genre humain, ainsi que l'expriment ces mots : Le pasteur patt son trou* peau, recueille lès agneaux dans son bras, les porte dans son sein, conduit celles qui allaitent, toutes choses qui appartiennent à l'amour intime ou Divin. Dans le Môme : « Le Seigneur Jéhovih » m'a ouvert l'oreille, et moi je ne me suis point révolté, je ne me » suis point retiré en arrière ; j'ai livré mon corps à ceux qui frap- » pent, et mes mâchoires à ceux qui arrachent; je n'ai point dé- » robé ma face aux ignominies ni aux crachats ; et le Seigneur » Jéhovih me secourra. Voici, le Seigneur Jéhovih me secourra. » — L. 5,6,7,9. — Là, il s'agit évidemment des tentations. Il en est de môme dans d'autres passages qui renferment l'expression Seigneur Jéhovih.
1794. Que me donneras-tu? et moi je marche sans enfants, signifie qu'il n'y avait aucune Église Interne : c'est ce qu'on peut voir par la signification de marcher sans enfants. Dans le sens interne , marcher, c'est vivre, ainsi que je l'ai déjà dit, n° 519; et sans enfants signifie celui qui n'a pas la semence ou la postérité propre, dont il s'agit dans les vers, suivants, 3, 4, 5, où il est expliqué ce que c'est que Ihomme sans enfants ou sans semence*
1795. Et le fils intendant de ma maison, signifie l'Église Externe : on en trouve la preuve dans la signification de {'intendant de la maison dans le sens interne, c'est-à-dire, relativement à l'Église. L'Eglise Externe est appelée l'Intendant de la maison, parce que l'Église Interne est elle-même la Maison , et le Seigneur le père de famille. Il n'en est pas autrement à l'égard de l'Église Externe, car toute intendance appartient à l'Externe de l'Église, comme, par exemple, l'administration des rites et de plusieurs autres choses qui concernent le Temple et l'Église ellemême, c'est-à-dire, la Maison de Jéhovah ou du Seigneur. Les externes de l'Église ne sont rien sans les internes, mais par les internes ils ont ce qui fait qu'ils existent, et ils sont tels que sont les internes. 11 en est décela comme de l'homme .son externe ou le corporel est en soi quelque chose de nul, s'il n'y a pas un interne qui l'anime et qui le vivilie ; c'est pourquoi tel est l'interne, tel est l'externe, ou tels sont l'intention (animus) et le mental, telle est la valeur de tout ce qui existe par l'externe ou le corporel.
Ce qui fait l'homme, c'est ce qui appartient au cœur, et non ce qui appartient au langage et aux gestes; il en est aussi de même des Internes de l'Église; mais toujours est il que les Externes de l'Eglise sont comme les Externes de l'homme, en ce que ceut-ci procurent et administrent, ou, ce qui est la même chose, en ce que l'homme Externe ou Corporel peut pareillement èlre dit l'intendant ou l'administrateur de la maison, lorsque la maison est prise pour les intérieurs. D'après cela, on voit ce que c'est qu'être sans enfants, savoir, que c'est quand il y a seulement l'Externe de l'Église et non l'Interne, comme il arriva dans ce temps, dont se plaignait le Seigneur.
1796. Ce Damascène Eliézer est V Église externe : cela est maintenant évident d'après ce qui vient d'être dit, et par la signification de Damascène. Damas élait la principale ville de la Syrie , où existaient les restes du culte de l'Église Ancienne, et d'où était sorti Héber ou la nation des Hébreux, chez laquelle il n'y avait que l'Externe de l'Église, comme je l'ai déjà dit, n OJ 1238, 1241; ainsi il n'y avait là que ['intendance de la maison. Qu'il y ait ici quelque chose qui indique le désespoir, et par conséquent la tentation du Seigneur, c'est ce qu'on voit par les paroles mêmes, et par la consolation qui suit au sujet de l'Église Interne.
1797. Vers. 3. Et Abram dit : Vois, tu ne m 1 as pas donné dê semence, et voici, le pis de ma maison sera mon héritier. — Abram dit : Vois, tu ne m'as pas donné de semence, signifie qu'il n'y avait point d'interne de l'Eglise, c'est-à-dire, point d'amour ni de foi : Voici, le /ils de ma maison sera mon héritier, signifie que l'Externe seulement était dans le Royaume du Seigneur.
1790. Abram dit : Vois, tu ne m'as pas donné de -semence, signifie qu'il n'y avaitpoint <f Interne de l'Église : on en a la preuve dans la signification de la semence, en ce que c'est l'amour et la foi, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, n" 255,256, 1025, etdans la signification de V héritier, commeon le verra dans la suite. Que 1 amour et la foi qui en procède soient l'Interne de l'Église, c'est ce que j'ai déjà dit et expliqué plusieurs fois; par la foi qui est l'Interne de l'Église, on n'en entend pas d'autre que celle qui appartient à l'amour ou à la charité, c'est-à-dire, qui provient de l'amour ou de la charité. La Foi, dans un sens commun, est tout ce qui concerne
la Doctrine de l'Église; mais le Doctrinal séparé de l'amour ou de la charité ne fait nullement l'Interne de l'Église ; car le Doctrinal n'est simplement qu'une science qui appartient à la mémoire, et qui peut aussi se trouver chez les plus méchants, même chez les infernaux ; mais le doctrinal qui provient de la charité ou appartient à la charité, c'est ce qui fait l'Interne, car c'est ce qui appartient à la vie ; la vie môme est l'interne de tout culte, par conséquent tout doctrinal qui émane de la vie de la charité est l'Interne du culte ; ce doctrinal est ce qui appartient à la foi qu'on entend ici. Que ce soit cette foi qui est l'Interne de l'Église, c'est ce qu'on peut voir par cela seul que celui qui a la vie de la charité connaît tout ce qui appartient à la foi. Si on le veut, qu'on examine seulement les doctrinaux, ce qu'ils sont, et quels ils sont; tous n'appartiennentils pas à la charité, par conséquent à la foi qui provient de la charité? Soient seulement pour exemple les Préceptes du Décalogue : le Premier, Tu adoreras le Seigneur Dieu : celui qui a la vie de l'amour ou de la charité adore le Seigneur Dieu, parce que cela est sa vie : le Second , Tu observeras le Sabbalh : Celui qui est dans la vie de l'amour ou de la charité observe saintement le Sabbath, car pour lui rien n'est plus doux qué d'adorer le Seigneur et de le gloriGer tout le jour. Tu ne tueras point ; ce Précepte appartient entièrement à la charité : Celui qui aime le prochain comme soi-même a en horreur de faire quelque chose qui le blesse, à plus forte raison a-t-il en horreur de le tuer. Tu ne voleras point ; il eu est de même de ce Précepte ; car celui qui a la vie de la charité donne du sien à son prochain plutôt que de lui enlever la moindre chose. Tu ne commettras point adultère; il en est encore de même de ce Précepte : Celui qui est dans la vie de la charité défend plutôt l'épouse de son prochain afin qu'elle n'éprouve aucun dommage de ce genre, et il regarde l'adultère comme un crime contre la conscience, et tel, qu'il détruit l'amour conjugal et ses devoirs. Convoiter ce qui appartient au prochain répugne également à ceux qui sont dans la vie de la charité, car il est de la charité de vouloir que de soi et du sien il arrive du bien aux autres; ainsi ils ne convoitent nullement ce qui appartient à autrui. Tels sont les préceptes du Décalogue, qui sont des doctrinaux extérieurs de la foi, lesquels ne sont pas seulement sus de
mémoire par celui qui est dans la charité et dans la vie de la charité, mais sont dans son cœur ; et il les a inscrits dans son cœur, parce qu'ils sont dans la charité, et par conséquent dans la vie • même de la charité. Je ne parle pas des autres préceptes qui sont dogmatiques : il les connaît de même par la charité seule, car il vit . selon la conscience de ce qui est droit ; ce qui est droit et v ra i , et qu'il ne peut ni saisir ni examiner ainsi, il le croit avec simplicité ou d'un cœur simple, parce que le Seigneur l'a dit : et celui qui croit de cette manière, ne fait pas le mal, lors même que ce qu'il croit serait, non le vrai en soi, mais un vrai apparent ; par exemple, s'il croit que le Seigneur s'irrite punit, tente et fait d'autres choses semblables ; ou encore, s'il croit que dans la Sainte Cène le Pain et le Vin sont une sorte de significatif, ou bien que la chair et le sang sont présents d'une certaine manière qu'on explique. Cela ne fait rien, soit qu'on adopte l'un ou l'autre, quoiqu'il y en ait peu qui y pensent; et s'il y en a qui y pensent, pourvu que ce soit dans la simplicité du cœur, parce qu'ils ont été ainsi instruits, et que néanmoins ils vivent dans la charité ; ceux-ci, quand ils entendent dire que, dans le sens interne, le Pain et le Vin signifient l'amour du Seigneur envers tout le genre humain et ce qui appartient à cet amour, ainsi que l'amour réciproque de l'homme dans le Seigneur et envers le prochain, ils le croient aussitôt et sont ravis de joie de ce qu'il en est ainsi. Il n'en est pas de même de ceux qui sont dans les doctrinaux et non dans la charité, ceux-ci disputent sur tout, et damnent tous ceux qui ne disent pas comme eux au sujet de ce qu'ils appellent Croire. Chacun, d'après ce qui précède, peut voir que l'amour dans le Seigneur et la Charité envers le prochain sont l'Interne de l'Église.
1799. Voici, le fils de ma maison sera mon héritier, signifie que l'Externe seulement était dans le Royaume du Seigneur : cela est évident d'après la signification d'héritier et à'hériler, dans le sens interne; Devenir héritier ou hériter signifie la vie éternelle dans le Royaume du Seigneur. Tous ceux qui sont dans le Royaume du Seigneur sont héritiers, car ils vivent de la vie du Seigneur, qui est la vie de l'amour mutuel, et de là ils sont appelés fils; les fils ou les héritiers du Seigneur sont tous ceux qui sont dans sa vie, parce que leur vie procède de Lui, et qu'ils sont nés de Lui,
c est-à-dire, qu'ils ont été régénéré par Lui ; Ceux qui naissent de quelqu'un sont ses héritiers, ainsi en est-il de tous ceux qui sont régénérés par le Seigneur, car alors ils reçoivent la vie du Seigneur. Dans le Royaume du Seigneur, il y a des Externes, des Intérieurs et des Internes; les bons Esprits, qui sont dans le Premier Gel, sont les Externes ; les Esprits Angéliques, qui sont dans le Second Ciel, sont les Intérieurs; les Anges, qui sont dans le Troisième Ciel, sont les Internes : Ceux qui sont Externes ne sont pas aussi proches ou aussi près du Seigneur que ceux qui sont les Intérieurs, ni ceux-ci aussi proches ou aussi près que ceux qui sont Internes : Le Seigneur par son Amour Divin, ou sa Miséricorde, veut les avoir tous près de Lui ; il ne veut pas qu'ils se tiennent en dehors, c'est-à-dire dans le Premier Ciel, mais il veut qu'ils soient tous dans le Troisième, et s'il se pouvait, non seulement chez Lui, mais même en Lui ; tel est l'Amour Divin ou l'Amour du Seigneur. Or, comme l'Église alors était seulement dans les Externes, le Seigneur s'en plnignait ici, en disant : Voici, le fils de ma maison sera mon héritier, ce qui «ignifie qu'il n'y avait par conséquent que I Externe dans son Royaume; mais il reçoit aussitôt après une consolation et une promesse.au sujet des Internes, comme on le verra dans les Versets suivants. J'ai déjà expliqué ce que c'est que l'Externe de l'Eglise, n o, 1083, 1098, 1100, 1151, 1153 ; le Doctrinal lui-même ne fait pas l'Externe et fait encore moins l'Interne, comme je l ai dit ci-dessus; ce n'est pas lui qui distingue les Églises chez le Seigneur, mais ce qui les distingue, c'est la Vie selon les Doctrinaux, qui tous, quand ils sont vrais, regardent la Charité comme leur fondement ; à quoi sert le Doctrinal, sinon à enseigner comment l'homme doit être? Dans la Chrétienté, ce sont les Doctrinaux qui distinguent les Églises, et de là on se qualifie de Catholiques-Romains, de Luthériens, de Calvinistes ou de Réformés et d'Êvangéliques, sans parler des autres qualifications. Si on se qualifie ainsi, c'est d après le Doctrinal seul, ce qui n'arriverait certainement pas, si l'on prenait, pour le principal de la foi, l'Amour dans le Seigneur et la Charité envers le prochain; alors il y aurait seulement des variétés d'opinion sur les mystères de la foi , et les vrais Chrétiens les laisseraient à chacun selon sa conscience, et diraient dans leur cœur qu'on est vraiment Chrétien,
quand on vit comme un Chrétien, ou comme ie Seigneur l'enseigne. De toutes ces diverses Eglises il s'en formerait ainsi une seule, et tous les débats, qui n'existent que par le Doctrinal seul, s'évanouiraient; les haines môme des uns contre les autres se dissiperaient à l'instant, et le Royaume du Seigneur s'établirait sur la terre. L'Eglise Ancienne, qui exista immédiatement après le déluge, quoique répandue dans plusieurs Royaumes, fut cependant telle, c'est-à-dire que ses membres différaient beaucoup entre eux quant aux Doctrinaux, mais que néanmoins ils faisaient de la Charité le principal, et considéraient le culte, non d'après les Doctrinaux qui appartiennent à la foi, mais d'après la Charité qui appartient à la vie; c'est ce qu'on entend par ces mol9 : // y eut pour tous une seule lèvre et les mêmes paroles, — Gen. chap. XI. 1. Voir n* 1285.
1800. Vers. 4. Et voici, la parole de Jéhovah lui (fut adressée), en disant : Celui-ci n héritera pas de loi ; mais celui qui sortira de tes entrailles , celui là héritera de toi. — Voici , la parole de Jéhovah lui (fut adressée), signifie la réponse: en disant: Celui-ci n héritera pas de loi, signifie que l'externe ne sera pas l'héritier de Son Royaume : mais celui qui sortira de tes entrailles, signifie ceux qui sont dans l'amour dans le Seigneur et dans l'amour envers le prochain: celui-là héritera de toi, signifie que ceux là deviendront les héritiers.
1 801 . Voici , la parole de Jéhovah lui fut adressée, signifie la réponse : savoir, que ce sera, non l'Externe de l'Eglise, mais l'Interne, qui héritera : on en trouve la preuve dans ce qui suit. La parole de Jéhovah, ou la réponse, c'est la consolation.
1802. En disant: Celui-ci n'héritera pas de toi, signifie que r Externe ne sera pas i Héritier de son lloyaume. On le voit par la signification de devenir héritier ou d'hériter, dont il vient d'être parlé. L'héritier du Royaume du Seigneur n'est pas l'Externe, mais c'est 1 Interne; l'Externe est bien aussi l'héritier, mais par l'Interne; car alors ils sont un. Pour savoir comment cela s'opère, il faut se ressouvenir que tous ceux qui sont dans les Cieux, tant ceux qui sont dans le Premier Ciel que ceux qui sont dans le Second, de môme que ceux qui sont dans le Troisième, c'est-àdire, tant ceux qui sont Externes que ceux qui sont Intérieurs,
de même que ceux qui sont Internes, sont les héritiers du royaume du Seigneur, car tous font un seul Ciel. Dans les Cieux du Seigneur il en est des Internes et des Externes absolument comme chez Thomme : les Anges qui sont dans le Premier Ciel ont été subordonnés aux Anges qui sont dans le Second, et ceux-ci Tout été aux Anges qui sont dans le Troisième ; toutefois ce n'est pas une subordination de commandement, mais c'est, comme dans l'homme, un influx des internes dans les extérieurs, c'est-à-dire que la vie du Seigneur influe par le troisième Ciel dans le second, et par celui-ci dans le premier ; et cela par ordre successif, outre que celte vie influe immédiatement aussi dans tous les Cieux. Les Anges intérieurs ou les subordonnés ne savent pas qu'il en est ainsi, à moins que la réflexion ne leur en soit donnée par le Seigneur; ce n'est donc pas une subordination de commandement. Autant l'Interne est chez l'Ange du Troisième Ciel , autant il est héritier du Royaume du Seigneur, et autant l'Interne est chez l'Ange du second Ciel, autant il est héritier; de même, autant l'Interne est chez l'Ange du premier Ciel , autant il est aussi héritier; c'est l'Interne qui fait qu'on est héritier ; chez les Anges intérieurs il y a plus d'Internes que chez les Anges extérieurs, aussi sont-ils plus proches du Seigneur et davantage héritiers : l'Interne est l'amour dans le Seigneur et la charité envers le prochain ; autant donc ils ont d'amour et de charité, autant ils sont fils ou héritiers, car autant ils participent à la vie du Seigneur. Mais nul ne peut être élevé du Premier Ciel ou du Ciel Externe dans le Second Ciel Intérieur, avant d'avoir été instruit dans les biens de l'amour et dans les vrais delà foi; autant il en est instruit, autant il peut être élevé et venir parmi les Esprits Angéliques : il en est de même de ceux-ci avant qu'ils puissent être élevés ou venir dans le troisième Ciel, ou parmi les Anges; par l'instruction se forment les intérieurs et par conséquent les internes, et ils se disposent à recevoir les biens de l'amour et les vrais de la foi, et ainsi la perception du bien et du vrai ; personne ne peut percevoir ce qu'il ne sait et ne croit point, et ne peut par conséquent être doué de la faculté de percevoir le bien de l'amour et le vrai de la foi, que par les connaissances, afin qu'il sache ce que c'est et en connaisse la qualité : il en est de même pour tous , même pour les enfants qui sont tous instruits
dans le Royaume du Seigneur ; et ceux-ci le sont facilement, parce qu'ils ne sont imbus d'aucun principe du faux. Mais on est seulement instruit dans les vérités communes ; et quand on les reçoit, les choses que Ton perçoit sont en nombre indéfini ; il en est de cela, comme de celui qui est persuadé de quelque vérité dans le commun ; il saisit facilement, et comme de lui-môme ou spontanément, les particularités des choses communes et les singularités des particularités, qui sont des motifs de confirmation ; en effet, il est affecté par la vérité dans le commun, et de là aussi parles particularités et par les singularités de cette même vérité, qui confirment, car elles entrent avec plaisir et avec charmes dans l'affection commune et la perfectionnent ainsi continuellement. Ce sont là les Internes par lesquels on est dit héritier, ou par lesquels on peut hériter le Royaume du Seigneur; mais on est héritier, ou Ton hérite, alors seulement qu'on est dans l'affection du bien, c'est-à-dire dans l'amour mutuel, dans lequel on est introduit par les connaissances du bien et du vrai et par les affections de ce bien et de ce vrai ; et autant on est dans l'affection du bien ou dans l'amour mutuel, autant on est héritier, ou autant on hérite; car l'amour mutuel est le vital même qu'on reçoit de l'essence du Seigneur, comme de son Père. On peut aussi trouver la preuve de tout ceci dans ce qui va suivre, vers. 5.
1803. Mais celui qui sortira de tes entrailles, signifie ceux qui sont dans V amour dans le Seigneur et dans Vamour envers le prochain : on le voit par la signification des entrailles et de sortir des entrailles, en ce que c'est naître, et ici en ce que ce sont ceux qui naissent du Seigneur. Ceux qui naissent du Seigneur, c'est-àdire qui sont régénérés , reçoivent la vie du Seigneur ; la vie du Seigneur est, comme je l'ai dit, l'amour Divin, c'est-à-dire l'amour envers tout le genre humain, en ce qu'il veut le sauver tout entier, ou en ce qu'il veut sauver tous les hommes, s'il est possible, pour l'éternité. Ceux qui n'ont pas l'amour du Seigneur, c'est-àdire qui n'aiment pas le prochain comme eux-mêmes, n'ont nullement la vie du Seigneur, par conséquent ne sont nullement nés de Lui, ou ne sont pas sortis de ses entrailles; ainsi ils ne peuvent pas être les héritiers de son Royaume,; il est donc évident que, dans le sens interne, par sortir des entrailles sont signifiés ici ceux
qui sont dans l'amour dans le Seigneur et dans l'amour envers le prochain, comme dans Esaïe : a Ainsi a dit Jéliovah, ton Rédempu teur, le Saint d'Israël : Je [suis] Jéhovah ton Dieu, qui t'en- « seigne à profiter, qui te fais aller dans la voie où tu marches. « Oh ! si tu eusses écouté mes préceptes! Et ta paix serait comme « un fleuve, et ta justice comme les flots de la mer; et ta semence « serait comme le sable, et ceux qui sont sortis de tes entrailles x comme son gravier. » — XLVIU. 17, 18, 19. — La semence comme le sable, c'est le bien; ceux qui sont sortis des entrailles comme le gravier désignent le vrai , ainsi ils désignent ceux qui sont dans l'amour, car ceux-là seuls sont dans I amour du bien et du vrai. En outre, dans la I Virole, les Entrailles signifient aussi l'Amour ou la Miséricorde, parce que les viscères de la génération, et surtout l'utérus malernel , représentent et par conséquent signifient I amour conjugal chaste, et par suite l'amour envers les enfants, comme dans Esaïe: a L'émotion de tes entrailles et de tes » commisérations envers moi se sont maintenues. » - LXIII. 15. — Dans Jérémie : <t Ephraïm n'a-l-il pas (été) pour moi un fils « précieux? N'a-l-il pas (été) l'enfant des délices? c'est pourquoi » mes Entrailles se sont émues pour lui; en ayant compassion » j'aurai compassion de lui. » — XXXI. 20. — De là il est évident que l'amour môme, ou la miséricorde môme, et la commisération du Seigneur envers le genre humain, sont ce qui, dans le sens interne, est signifié par les entrailles et par soriir des entrailles : ceux qui sont sortis des entrailles signifient donc ceux qui sont dans l'amour. Que le Royaume du Seigneur soit l'amour mutuel, c'est ce qu'on a déjà vu, n°* 548, 549, 684, 693, 694.
1804. Celui-là héritera de toi , signifie que ceux-là deviendront les héritiers. C'est ce que prouve la signification d'héritier, de laquelle il a été question.
1805. Vers. 5. Et il le mena dehors, et il dit : Regarde, je te prie, vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter : et il lui dit : Ainsi sera ta semence. — Et il le mena dehors, signifie la vue de l'Homme Intérieur, qui par les externes voit les internes : et il dit : Regarde, je te prie, vers le ciel, signifie la représentation du Royaume du Seigneur dans l'intuition de Tunivers : et compte les étoiles, signifie la représentation des biens et des vrais
dans l'intuition des astres : si lu peux les compter, signifie la fructification de l'amour et la multiplication de la foi : et il lui dit : Ainsi sera la semence, signifie les héritiers du Royaume du Seigneur.
1806. // le mena dehors, signifie la vue de l'Homme Intérieur qui par les externes voit les internes : on en trouve la preuve dans la signification de mener dehors, et en même temps dans ce qui suit. Les Internes sont menés dehors, quand quelqu'un contemple avec les yeux du corps le ciel astral et pense alors au Royaume du Seigneur : toutes les fois que l'homme voit quelque chose par ses yeux, et que les choses qu'il voit sont comme s'il ne les voyait pas, mais que par elles il voit celles qui appartiennent à l'Église, ou celles qui appartiennent au ciel, ou qu'il y pense, alors la vue intérieure ou de son esprit ou de son àme est menée dehors : l'œil lui-môme n'est proprement autre chose que la vue de l'esprit môme menée dehors, dans le but surtout que par les externes il voie les internes, c'est-à-dire, afin que par les objets qui l'environnent dans le monde, il réfléchisse continuellement sur les choses qui sont dans l'autre vie ; car c'est pour cette vie là qu'il vit dans le monde; telle a été la Vue de la Très-Ancienne église; telle est la Vue des Anges chez l'homme; et telle a été la Vue du Seigneur.
1807. Et il dit: Regarde, je te prie, vers le ciel f signifie la représentation du Royaume du Seigneur dans l'intuition de l'univers : cela est évident par la signification du Ciel. Dans la Parole, le Ciel signifie, dans le sens interne, non le ciel qui se présente aux yeux, mais le Royaume du Seigneur dans l'universel et dans le singulier; celui qui regarde les internes par les externes, quand il voit le ciel, ne pense nullement au ciel astral , mais il pense au ciel angélique; et quand il voit le soleil, il pense, non au soleil, mais au Seigneur, en ce qu'il est le Soleil du ciel; de môme quand il voit la lune ; de môme quand il voit les étoiles ; bien plus, quand il voit l'immensité du ciel, il pense, non à cette immensité, mais à la puissance immense et infinie du Seigneur ; c'est ainsi qu'il agit aussi à l'égard du reste, car il n'y a rien qui ne soit représentatif. Il en est de môme quand il considère les choses qui sont sur les terres ; par exemple, regarde-t il l'aurore du jour, il ne pense pus à l'aurore, mais il pense à l'origine de toutes les choses qui procèdent