‹ Arcanes célestes de l'Écriture sainte ou parole du Seigneur, dévoilés ainsi que les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le ciel des anges ouvrage d'Emmanuel Swédenborg ... Genèse, chapitres 41.44., n. 5191 à 5866 (volume 4)Chapitre 2 sur 22 · A UC AN ES CÉLESTES · texte numérisé non relu

A UC AN ES CÉLESTES

voir |>ar les passages où elles sont nommées, par exemple, dans Ésaie, XI. 7. Ilosée, IV. 10. Amos, IV. 1; puis aussi,par l'eau de séparation qui servait a la purification, et qui était préparée avec de la cendre d'une vache rousse brûlée hors du camp, eu même temps que du bois de cèdre, de l'iiysope, et de l'écarlaie double-teint, — Nomb. XIX. 2 à 11 ; — ce procédé, quand il est mis a découvert par le sens interne, indique que la vache rousse signifie le vrai impur du naturel, qui devient pur par la combustion, et aussi par les choses que signifient le bois de cèdre, l'hysope et l'écarlate doubleleinl; l'eau par suite représentait le moyen de purification.

5199. Belles d'aspect, signifie qui appartiennent à la foi : on le voit par la signification de la beauté ci de l 'aspect ; la heautû spirituelle est l'affection du vrai intérieur, et l'aspect spirituel est la foi; de là belles d'aspect signifie l'affection du vrai de la foi, voir H- 553, 3080, 3821, 4085 : si la beauté spirituelle est l'affection du vrai intérieur, c'est parce que le vrai est la forme du bien ; c'est du bien même, qui procède du Divin dans le ciel, que les anges tirent la vie, mais la forme de leur vie ils la tiennent des vrais qui procèdent de ce bien ; cependant, ce n'est pas le vrai de*la foi qui fait la beauté, mais c'est l'affection même qui- est dans les vrais de la foi, affection qui provient du bien ; la beauté pi'Oduitc par le vrai seul de la Toi est comme la beauté d'un visage peint ou sculpté, tandis- que la beauté produite par l'affection du vrai qui procède du bien est comme la beauté d'un visage vivant, animé par l'amour céleste ; car tel est l'amour, ou telle est l'affection qui brille par la forme du visage, telle est la beauté : de la vient que les uiigua îippai'aisS'.-lit il'ine beaulé metl'able ; sur IiXïa visais brille le bien de l'amour par le vrai de la foi, et non-seulement ce bien et ce vrai apparaissent a la vue, mais ils sont mémo perçus d'après les sphères qui émanent des anges; si la beauté provient de la, c'est parce que tout le ciel est le Très-Grand Homme, cl correspond a toutes les choses, en général et en particulier, chez l'homme; celui donc qui est dans le bien de l'amour et par suite dans le vrai de la foi, est dans la forme du ciel, conséquemment dans la beauté dans laquelle est le ciel, où le Divin qui procède du Seigneur est tout dans tous ; de la vient aussi que ceux qui sont dans l'enfer, élant contre le bien et ic vrai, sont d'une difformité

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horrible, et que dans la lumière du ciel ils apparaissent non comme des hommes, mais comme des monstres. Si l'aspect spirituel est la Toi, c'est parce que regarder et voir, c'est dans le sens interne comprendre, et dans un sens encore plus intérieur avoir la foi, voir N" 807, -2150, 2325, 2807, 8863, 3860, âa03 à MSI.

5200. El grasses de chair, signifie qui appartiennent à ta charité : on le voit par la signification de gras on de la graisse, en ce qu'elle est le céleste, et se dit du bien qui appartient à l'amour et li la charité, N° 353 ; cl par la signification de la chair, en ce qu'elle est le volontaire vivifié par le bien qui procède du Seipeur, N" là8, 149, 780, 090, 3812, 3813, et par conséquent aussi le bien qui appartient a 4'amour et a la charité; il suit de ià que grasses de chair signifie qui appartiennent à ia charité, quand belles d'aspect signifie qui appartiennent â la foi; ainsi les vrais du naturel, signifiés par les vaches, sont décrits par leur formel el par leur essentiel, les choses qui appartiennent à la foi constituent !e formel, et celles qui appartiennent à la charité l'essentiel ; qu'il eu soit ainsi, cela n'apparaît pas d'après le sens de la lettre.

5201. Et elles paissaient dans le jonc, signifie l'instruction : on le voit par la signification de pattre, en ce que c'est être instruit, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification io jonc ou des grandes herbes qui poussent près des fleuves, en ce que ce sont les scientifiques qui appartiennent a l'homme naturel; que l'herbe désigne les scientifiques, cela est évident d'après la Parole ; paître dans le jonc, c'est donc être instruit dans les scientifiques, et par les scientifiques être instruit au sujet des vrais el des biens ; en effet, les scientifiques sont des moyens, et ils sont comme des miroirs dans lesquels se présente l'image des intérieurs, et dans cette image comme de nouveau dans un miroir se présentent et se montrent les vrais et les biens de la foi, par conséquent les choses qui appartiennent au ciel, cl qu'on nomme les spirituels; mais cette image, étant intérieure, n'apparaît pas a d'autres qu'à ceux qui sont dans la foi d'après la charité; cela, dans le sens réel, est signifié par paître dans le jonc. Que paître, ce soil être instruit, on le voit clairement par ces passages de la Parole oii se trouve celte expression, comme dans Ésaïe : « Alors il donnera la pluie de ta semence, u dont lu ensemences la terre, cl le pain du produit de la terre, et

i> il y aura graisse cl opulence, les troupeaux pâliront en ce jour- » là dans une prairie large. » — XXX. 23;— les troupeaux, ce sont ceux qui sont dans le bien et dans le vrai; paître dans une prairie large, c'est être instruit abondamment. Dans le Même : a Je » T'ai donne pour alliance du peuple, pour rétablir la terre, pour h luriii^r; les héritages dévastes; pour dire aux prisonniers ; Sor- >. Ici, et à ceux qui sont dans les ténèbres : Montrez-vous; sur les » chemins Us pâliront, et dans tous les coteaux leur pâturage, » — XLIX. 8, 1); —la, il s'agit do l'avÈnement du Seigneur; paître sur les chemins, c'est Être instruit dans les vrais; que les chemins soient les vrais, on le voit, N" 627, 2333; le pâturage, c'est l'instruetiou elle-même. Dans Jérémie : a Malheur aux pasteurs qui » perdent et dispersent le troupeau de mon pâturage, c'est pour- » quoi ainsi a dit JChovah, te Dieu d'Israël, contre tes pasteurs qui a paissent «ion peuple. «— XXIII. 1, 2;— les pasteurs sont ceux qui enseignent, et le troupeau ceux qui sont enseignes, N" 3â3, 3705; ainsi paître, c'est instruire; comme il est devenu d'usage solennel d'appeler |«slcui , s ceux qui enseignent, et troupeau ceux qui apprennent, c'est pour cela que parmi les formules du langage il a aussi été reçu de dire paître, quand on parle de prédication, ou d'une instruction sur la doetrineousur la Parole ; mais cela a lieu par comparaison, et non d'une manière significative comme dans la Parole; si paître dans la Parole se dit d'une manière significative, c'est parce que, quand il y a dans le ciel une conversation sur l'instruction et sur la doctrine d'après la Parole, alors dans le monde des esprits, où les spirituels apparaissent d'une manière naturelle, il est représenté a la vue des prairies verdoyantes de gazons, d'herbes et de Heurs, et sur lesquelles sont aussi des troupeaux ; et cela, eu toute varielfi selon le sujet de la conversation dans le ciel sur l'instruction et sur la doctrine. Dans le Même : « Je ramènerai Israël » li sa demeure, pour qu'il paisse eu Carmcl et en Baschan, cl » qu'en la montagne d'Éphralm, et en Giléad son amc soit rassan siée. » — L. 19; — paître en Carmel et en Baschan, c'est èlre instruit dans les biens de la foi et de la charité. Dans le Mémo ; « Il « est sorti de la fille de Sion tout son honneur, ils sont devenus, ses » princes, comme des mmTn ils nVrii inihii tremé île pâturage. » — Lamenl. I. Il, — Dans Ézéchicl : « Dans un pâturage bon je les

GENÈSE. CHAP. QUARANTE-UNIÈME. 13 » pâtirai, el dans les montagnes de la hauteur d'IsraEl sera leur « bercail, et ils coucheront dans un bercail bon, cl un pâturage ii gras Us poliront sur les montagnes d'Israël. » —XXXIV. 14. —Dans llosée : « Maintenant les paîtra Jéhovah comme une brebis » dans la largeur, u — IV. 16; — paitre dans la largeur, c'est instruire dans les vrais; que la largeur soille vrai, on le voit, N" 1013, 3Û33, 3434, 4482. Dar.s Michée ; « Toi, Belhlechem d'Èphralah, o de loi Me sortira celui qui sera Dominateur en Israël ; il se mainii tiendra cl il fera paitre dans la force de Jéhovah. » — V, 1, 3. — Dans le Même : « Pais ton peuple avec la verge, le troupeau » de ion héritage qui habite seul; qu'ils paissent en Baschan et « en Giléad selon les jours du siècle. » — VII. 14. — Dans Sépbanie : « Les restes d'Israël paîtront et se reposeront, et peru sonne qui (tes) épouvante. » — III. 13. — Dans David : a Jéii hovah (est) mon Pasteur; dans des pâturages d'herbe tl me » fera coucher, vers des eaux de repos il me conduira. »— Ps. XXIII. 1, 2. — Dans le Même : u Lui nous a faits, et non pas ii nous, son peuplée! te troupeau de ton pâturage (nous sommes), » (ou selon le Kcri) c'est pourquoi nous sommes à Lui, son peuple « cl le troupeau de son pâturage, a— Ps. C. 3. — Dans l'Apocalypse : « L'Agneau qui (est) au milieu du trône les paîtra, cl il ii les conduira aux sources vive.-, des eaux. » — VII. 17. — Dans Jean : tt Moi, je suis la porte, par Moi si quelqu'un entre, il sera s sauvé, et il entrera cl sortira, el pâturage U trouvera. » — X. 9. Dans le Même : a Jésus dit a Pierre : Pais mes agneaux ; n et une seconde fois -.Pais mes brebis; el une troisième fois; Paît » mes brebis. » — XXI. 15, 18, 17.

5202. Et voici, sept autres vaches montaient après elles du fleuve, signifie les faux appartenant au naturel aussi dans le terme : on le voit par la signification des vaches, en ce qu'elles sont les vrais du naturel, N' 5108, d'où il résulte que les vaches dans le sens opposé sont les faux, car la plupart des expressions dans la Parole ont le sens opposé, qui est connu d'après le sens réel ; en conséquence, comme les vaches dans le sens réel sont les vrais du naturel, dans le sens opposé elles sont les faux du même genre, ainsi les fans dans le naturel ; el par la signification du fleuve, en ce qu'il est le lerme, comme il vient d'eire dit, fi" 5190,

ià ARCANES CÉLESTES.

611)7 ; que ce soit dans ]e terme, on le voit clairement en ce qu'il est dit qu'elles montaient du fleuve, car monter se dit d'une progression de l'extérieur vers les intérieurs, N" 308à, 4&3fl, àoso. Comme il est question de celle progression dans ce qui suit, il faut dire comment la chose se passe : Dans le Chapitre précèdent, il a été question de l'extérieur naturel, et des choses qui là appartenaient à la classe intellectuelle, et do celles qui appartenaient à la classe volontaire ; celles-là ont été reçues, et celles-ci ont été rejelées; celles qui appartenaient à la classe intellectuelle étaient représentées par réchanson, et telles de la classe volontaire par le boulanger ; et comme celles qui appartenaient à la classe intellectuelle ont été reçues, elles ont été subordonnées au naturel intérieur; c'est ce dont il a été question dans le Chapitre précédent, et c'était la le commencement de la renaissance du naturel : mais dans ce Chapitre - il s'agit de l'influx du Céleste du spirituel dans les choses du naturel qui ont été retenues, a savoir, dans celles qui y appartenaient ii la partie intellectuelle; ce sont celles que signifient les vaches telles d'aspect cl grasses de chair ; mais comme le Naturel quant aux intellectuels seuls ne peut renaître, il y avait aussi les volontaires, car dans tout il doit y avoir de l'intellectuel et en même temps du volontaire, pour que ce soit quelque chose; et comme le volontaire précédent a été rejeté, un nouveau doit en conséquence influer pour le remplacer ; ce nouveau vient du céleste du spirituel, dont il s'agit dans ce Chapitre, cl aussi de son influx dans le Naturel ; le sens interne contient la description de ce qui se passe dans le naturel dans cet étal, à savoir, que les vrais y ont été exterminés par les faux, et qu'ainsi le naturel a été abandonné au céleste du spirituel, ce qui esl signifié en ce que les vaches bonnes ont été mangées par les mauvaises, et en ce que les épis pleins onl été absorhes par les épis vides, et ensuite en ce que Joseph a pourvu aux lwsoins de toute l'Egypte ; mais dans la suite, par la Divine Miséricorde du Seigneur, il en sera dit davantage sur ce sujet ; en outre, il y a de ces choses qui tombent difficilement dans la lumiéro de l'enlendement humain, car ce sont des arcanes de la régénération, qui en eux-mêmes sont innombrables, l'homme en connaît a peine quelques-uns ; en effet, l'homme qui est dans le bien renaît à chaque moment, depuis la première enfance jusqu'au dernier insioni

GENÈSE, CHAP. QUAfi ANTE- D N I ÈHE. 15 de la vie dans le monde, cl ensuite dans l'éternité, non-seulement quant aux intérieurs mais aussi quant aux extérieurs, et cela par des progrès étonnants ; ce sont ces progrès qui, en grande partie, font ta sagesse angélique, et l'on sait que cette sagesse est ineffable, et qu'elle contient des choses que l'oreille n'a point entendues, que l'œil n'a point vues, et qui ne parviennent jamais dans la pensée de l'homme ; le sens interne de la Parole traite de ces choses, ainsi il est adéquat a la sagesse angélique, et quand il coule de là dans le sens de la lettre il devient adéquat â la sagesse humaine, et par suite il affecte d'une manière cachée ceux qui d'après le biensont dans le désir de connaître les vrais d'après la Parole.

6203. Laides d'aspect, signifie qui n'appartiennent point à la foi : on le voit par la signification de l>elles d'aspect, en ce que ce sont les vrais qui appartiennent a la foi, N' 5JS9 ; ici donc les /aides d'aspect sont les vrais qui n'appartiennent point a la ffli.

5204. Et minées de chair, signifie ni à la charité : on le voit par la signification de grasses do chair, en ce que ce sont les vrais qui appartiennent à ia charité, N' 5200 ; ici donc les minces de chair, sont les vrais qui n'appartiennent point à la charité; car elles sont dans l'opposé.

5205. Et elles se tinrent près des vaches sur ta rive du fictive, signifie dans les termes oit étaient les vrais : on le voit par la signification de se tenir prés sur la rive du fleure, en ce que c'est dans les ternies; car le fleuve est le terme, N" 6196, 5107 ; et par la signification des vaches, en ce qu'elles sont les vrais du naturel, N° 5108. Ce qu'on doit entendre par ià, à savoir, que les faux se tenaient dans les termes où étaient les vrais, on le verra clairement dans ce qui suit, et spécialement quand il s'agira d'expliquer ce qui est signifié dans le sens interne par la famine de sept années dans la terre d'Egypte, qui a été prédite et signifiée par les sept vaches laides d'aspect et minces de chair, et ensuite par les sept épis minces et brûlés par l'eurus.

6200. Et elles mangèrent, les packes laides d'aspect et minces de cltair, signifie que les fau.Tquin'appartiennentpoint à la foi ni il la charité exterminèrent : on le voit par la signification de manger, en ce que c'est consumer, N°" 51A9, 5157, mais ici exterminer, parce que les vrais qui sont dans le naturel, avant

d'avoir été vivifiés par lu célcslc du spirituel et par conséquent régénérés, onl pour ainsi dire élfi exterminés par les faux ; par la signification des vaches laides d'aspect, en ce qu'elles sont les faux qui n'appartiennent point à la foi, N" 5203 ; el par la significalion de minces de cliair, en ce que ce sont les faux qui n'appartiennent pointa la charité, N° 520â..

5207. Les sept vaches belles d'aspect et grasses, signifient les vrais du naturel qui appartiennent à la foi et à la charité : on le voit par la significalion des vaches, en ce qu'elles sont les vrais du naturel, N a 611)8 ; par la signification de belles d'aspect, en ce que c'est qui appartiennent & la foi, 510f> ; et par la signification de grasses, en ce que c'est qui appartiennent a la charilé, N' 6200. Quant a la chose elle-même, à savoir, que les vrais ont clé exterminés du naturel par les Taux dans les termes, il faut qu'on sache que cela a lieu au commencement dans toute régénération, car les vrais qui au commencement sont insinués chez l'homme, sont bien des vrais en eux-mêmes, mais ils ne sont point des vrais chez lui avant que le bien y ail été adjoint, le bien adjoint fait que les vrais snut îles vrais ; le bien est l'essentiel el les vrais en sont les formels, c'est pourquoi dans le commencement près des vrais sont les faux, ou, dans les termes où sont les vrais sont aussi les faux ; mais a mesure que le bien est conjoint aux vrais les faux s'enfuient : cela aussi a réellement lieu dans l'autre vie; là, la sphère du faux s'applique aux vrais selon l'influx du bien dans les vrais ; quand il influe peu de lien la sphère du faux est prés, quand il influe plus de bien la sphère du faux s'éloigne, cl quand le bien a été entièrement adjoint aux vrais la sphère du faux est aussi entièrement dissipée ; quand la sphère du faux est près, comme il arrive dans le commencement, ainsi qu'il a élé dit, les vrais sont pour ainsi dire exterminés, mais ils sont renfermés pendant ce temps dans l'intérieur et ;' sont remplis du bien, et ensuite ils sont successivement relâchés ; voila ce qui est signifié par les sept vaches et les sept épis, el dans la suite par les sept an-

.nées d'abondance de vivres et par les sept années de famine. Hais celui qui ne sait rien de la régénération, ni rien de l'élat inlerne de l'homme, no saisit point ces choses.

5208. Et se rfecitta Pharaon , signifie l'ilat d'illustra-

GENÈSE. CHAP. QUARANTE- UNIÈME. 17 lion: on le voit par la signification de se réveiller, on coque c'esl être illustré, N° 3715 ; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il esl le naturel, comme il a déjà éié dit ; de la il est évident que Pharaon réveillé signifie l'état d'illustration dans le nature!. Par l'illustration esl entendue ici l'illustration commune venant du céleste du spirituel, ainsi de l'intérieur; l'illustration qui vient ou influe de l'intérieur est commune dans l'inférieur, mais elle devient successivement moins commune, et enfin particulière, a mesure que les vrais provenant du bien y sont insinués, car chaque vrai brille par le bien et illustre aussi ; de là vient donc qu'il a été dit ci-dessus, N° 5206, que les vrais ont été exterminés du naturel, ce qui arrive afin que le naturel soil d'une manière commune illustré par l'intérieur, et qu'ensuilc dans l'illustration commune ou dans la lumière commune les vrais y soient replacés dans leur ordre, de la le naturel esl illustré d'une manière particulière : la correspondance entre le spirituel et le naturel chez l'homme, ou entre son interne et son citerne, se fait de cette manière ; car les vrais sont d'abord acquis ; ensuite ces vrais sont pour ainsi dire exterminés, toutefois ils ne sont pas exterminés, mais ils sont renfermes, et alors l'inférieur est illustré d'une manière commune par le supérieur, ou l'extérieur par l'intérieur, et dans celle lumière sont replacés les vrais dans leur ordre, de là tous les vrais y deviennent les images de leur commun et correspondent. Et même dans toutes et dans chacune des choses qui existent, non-seulement dans le monde spirituel, maisaussi dans le monde naturel, le Commun précède, et ensuite successivement dans ce commun sont insérés des moins communs, et enfin des particuliers; sans une telle insertion ou une telle adaptation il n'y a absolument rien d'inhérent, car tout ce qui n'est pas dans quelque commun, el ne dépend pas de quelque commun, esl dissipé, voir N" 917, 3057, 5269, 5325 f., 6329 m., 5355, 6383.

5209. Vers. 6, 6, 7, Et il se rendormit, et U songea une seconde fois, et voici, sept épis montaient d'un mfanc tuyau, gras et bons. Et voici, sept fpis minces et brûlh par t'eurus germèrent après eux. Et ils absorbèrent, les fpis minces, les sept épis gras et pleins; et se réveilla Pharaon; et voici, (c'était) un songe. — Et il se rendormit, signifie l'étal obscur : et il songea une seconde fois, signifie ce à quoi i! a été pourra : et voici.

sept /■pis montaient d'un même tuyau, signifie les scientifiques, qui appartiennent au naturel, conjoints : gras et bons, signifie auxquels pouvaient être appliquées les choses qui appartiennent à la fui et à la charité: et voici, sept épis minces, signifie des scientifiques de nul usage : et brûlés par t'eurus, signifie pleins de cupidités : germèrent après eux, signifie apparaissaient auprès : et ils absorbèrent, les épis minces, les sept épis gras et pleins, signifie que les scientifiques de nul usage exterminèrent les scientifiques bons : et se réveilla Pharaon, signifie l'état coinmun d'illustration : et voici, (c'était) un songe, signifie dans celte obscurité.

5210. Et il se rendormit, signifie l'état obscur : on le voit par la signification do dormir, en ce que c'est l'état obscur, et même le sommeil dans !e sens spirituel n'est pas autre chose, comme la veille n'est pas non plus autre chose que l'étal clair ; en effet, il y a sommeil spirituel, quand les vrais sont dans l'obscurité, et veille spirituelle quand les vrais sont dans la clarté ; autant aussi il y a de veille pour les csprils, et vice rend autant de sommeil pour eux ; de la il est évident que se rendormir est l'étal obscur.

6211, Et il songea une seconde fois, signifie ce à quoi il a été pourvu ; on le voit par la signification de songer, en ce que c'est ce a quoi il a été pourvu, N" 5105.

5212. Et voici, sept épis montaient d'un même tuyau, signifie les scientifiques, qui appartiennent au naturel, conjoints : on le voit par la signification des épis, en ce qu'ils sont les scientifiques du naturel, ainsi qu'il va être montré ; et par la signification d'un mime tuyau, en ce que c'est conjoints, car les choses qui sont d'un même tuyau ont élé conjointes quant à l'origine. Si les épis signifient les scientifiques, c'est parce que le blé signifie le bien du naturel, N* 3580 ; eu effet, les scientifiques sont les contenants du bien du naturel comme les épis sont les contenants du blé, car en général tous les vrais sont des vases du bien , de mémo aussi les scientifiques, puisqu'ils sont des vrais infimes ; fes vrais infimes ou les vrais du naturel extérieur sont appelés scienlifiques, parce qu'ils sont dans la mémoire naturelle ou esterne de l'homme, et parce que, quant à la plus grande partie, ils participent de la lumière du monde, cl par suite peuvent être présentés et repré-

GENÈSE. CHAP. QUARANTE-UNIÈME. 10 sentés devant les autres par des formes de mois ou par des idées formées en mots par les choses qui appartiennent au monde et à la lumière du monde : mais les vrais qui sont dans la mémoire intérieure sont appelés non pas des scientifiques, mais'des vrais, en lant qu'ils participent do la lumière du eiel, cl ne sont intelligibles que par celle lumière, et susceptibles d'être énonces que par des formes de mois ou par des idées formées en mois par les choses qui appartiennent au eiel et a la lumière du ciel. Les scientifiques qui sont signifiés ici par les épis sont les scientifiques de l'Église, voir à ce sujet, N"A7à9, S8ââ, 4965, 4965. S'il y a eu deux songes, l'un de sept Vaches, l'autre de sept Épis, ce fut parce que dans le sens interne il s'agit de l'un et de l'autre ■Nalurel, l'intérieur et l'extérieur, et que dans la suiie il est question de la renaissance de l'un et de l'autre ; par les sept Vaches ont été signifiés les vrais qui appartiennent au naturel intérieur et qui ont été appelés vrais du naturel, N a 5-108, et par les sept épis les vrais du nalurel extérieur et ils sonl appelés scientifiques. Les scientifiques intérieurs et extérieurs sont signifiés par les épis du fleuve de l'Euphratc jusqu'au fleuve de l'Égypte, dans Ésafe : « Il arrivera donc en ce jour la, que m Jéhovah renversera de l'épi du fleuve jusqu'au fleuve d'É- " H'jple, et vous, vous serez recueillis un à un, fils d'Israël : il « arrivera donc en ce jour-la qu'on fera retentir une grande iront- ■i pelle, et viendront ceux qui sont perdus dans !a terre d'Aschar, n el ceux qui ont élé expulsés dans la lerre d'Égypte, et ils se pros- » terneront devant Jéhovah dans la montagne de sainlcté, dans Jé- » rusalem. » — XXVII. 12, 13 ; — ceux qui sont perdus dans la lerre d'Aschur, ce sonl les vrais intérieurs ; et les expulsés dans la terre d'Égypte, ce sonl les vrais extérieurs ou les scientifiques. La comparaison avec l'herbe, l'épi, le froment, enveloppe aussi la renaissance rie l'homme par les scientifiques, par les vrais de la foi cl par les biens de la charité, dans Marc : a Jésus dit : Il en est dn ■i Royaume de Dieu comme si un homme jette de la semence sur la » terre, et qu'il dorme, et qu'il se lève, de nuit et de jour, la se- » menée cependant germe el croit, sans qu'il sache comment ; car » d'elle-même la terre porte du fruit, premièrement une herbe, » puis un épi, puis du blé dans l'épi; mais quand le fruit est mûr, » aussitôt il envoie la faucille, parce que la moisson est prfile. n —

IV. 26, 27, 28, 2B ; — le Royaume de Dieu, qui es! comparé à l'herbe, à l'Épi ei au blé, est le Ciel chez l'homme par la régénération, car celui qui a été régénéré a en soi le Royaume de Dieu, et devient en Image le Royaume de Dieu, l'herbe est le premier scientifique, l'épi est par suite le scientifique du vrai, le blé est par suile !e bien. Les lois portées sur le Glanage. — Lévit. XIX. 1). XXIII. 22 ; — sur la liberté « à'arrarher des épis de la moisson d'autrni. « — Dculér. XXIII. 26 ; — et sur la défense de manger du pain, des épis rôtis, et des /pis verds, avant d'avoir apporté le présent de Dieu. » — Lévit. XXIII. là, — représentaient aussi ces choses qui sont signifiées par les épis.

5213. Gras et bons, signifu' iiit-n/urlu powuU'Ht t-trr dupliquées tes choses qui appartiennent à la foi et à la charité : on le voit par la signification de gras quand il se dit des scientifiques qui sont signifiés par les épis, en ce que ce sont les scientifiques susceptibles de recevoir le bieu de la foi, par conséquent auxquels peuvent Être appliquées les choses qui appartiennent à la foi, car les scientifiques sont des vases, et quand a leur sujet il est dit la graisse, il est signifié l'aptitude a recevoir tes choses qui appartiennent à la foi d'après la charité ; et par la signifîcalion de bons, quand cela est dit des scientifiques qui sont signifiés par les épis, en ce que ce sont les scientifique .-;iiMv;iiil>li'- de recevoir le bien de la charité, par conséquent auxquels peuvent être appliquées les choses qui appartiennent à la charité : si gras concerne les choses qui appartiennent a la foi, et bons les choses qui appartiennent a la charité, c'est d'après l'usage observé partout dans la Parole, car lorsque deux adjectifs sont appliqués a une seule chose, l'un enveloppe les choses qui appartiennent à la foi, et l'outre celles qui appartiennent à la charité, et cela a cause du mariage du vrai cl du bien dans chacune des choses de la Parole, N" 683, 793, 801, 2173,2516, 2712, âl38f., 5138; que les épis gras signifient les choses qui appartiennent à la foi, et les épis bons celles qui appartiennent à la charité, cela est encore évident par les expressions semblables qui précédent concernant les vaches, N" 5180, 5200. Les scientifiques auxquels pemvri: Mit iippliqmi's Ins rlnws qui appartiennent à la foi et a la charité sont en très-grand nombre, ainsi tous les scienliliqws de l'Eglise signifiés par l'Égypte prise

dans un sens bon, N 0 ' 4749, 4844, S96S, 4965; conséquemmcnt lous les scientifiques qui sonl des vrais concernant les Coriv-pmubrHY'-S les Kqiréscnlalifs, les Significatifs, l'Jnflux, l'Ordre, l'Intelligence et lu Sagesse, les Affections ; et de plus tous les vrais de la nature intérieure et extérieure, tant visibles qu'invisibles, parce que ces vrais correspondent aux vrais spirituels.

5214. Et voici, sept épis minces, signifient des scientifiques de nul usage : on le voit par la sii-niilicaiiuii i!<s i-pu, ™ ci: qu'ils sout les scienlillques, N* 5212; et par la signification de minces, en ce que ce sont les choses de nul usage; en effet, le mince est opposé au plein, et le plein se dit de ce qui contient l'usage, ou, ce qui est la même chose, de ce qui contient le bien, car tout bien appartient à l'usage ; le mince est donc ce qui est de nul usage. Les scienlillques de nul usage sont ceux qui n'ont d'autre lin que la gloire et la volupté, ces fins sont de nul usage, parce qu'elles ne sont point utiles au prochain.

5215. Et brûlés par l'eurus, signifie pleins de cupidités : on le voit par la signification d'aire brillé par l'eurus, en ce que c'est ûlro consumé par le feu des cupidités ; en effet, i'eurus cl l'orient dans le sens réel, c'est l'amour envers le Seigneur et l'amour à l'égard du prochain, N" 101, 1250, S249, 3708, 3762; par conséquent, dans le sens opposé, c'est l'amour de soi et l'amour du monde, ce sont donc les convoitises et les cupidités, car elles appartiennent a ces amours ; le feu se dit de ces cupidités, \mr la raison expliquée, N' 5071, par conséquent aussi être brûlé. Il y a, en effet, deux origines de la chaleur, comme il y a aussi deux origines de la lumière ; une origine de la clialéur vient du soleil du monde, et l'autre origine de la chaleur vient du soleil du ciel, qui est le Seigneur ; il est connu que le soleil du monde répand la chaleur dans son monde et dans toutes tes choses qui y sont ; mais il n'est pas de même connu que le Soleil du ciel ré[iand la chaleur dans tout le ciel ; toutefois cependant cela peut être connu, si l'on réfléchit seulement sur la chaleur qui est intérieurement dans l'homme et n'a rien de commun avec la chaleur du monde, c'est-a-dire, sur la chaleur qui est appelée vitale; par lit on peut savoir que celle chaleur est d'une autre nature que la chaleor du monde, c'est-àdire, que celle-lii est vivo, lundis que celle-ci n'est nullement vive;

22 ABCANES CÉLESTES

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