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dans la Terre inférieure, ou précipités dans l'Enfer, ou élevés daos le Ciel, chacun selon sa vie ; dans te. monde sont terminés par leur partie supérieure les enfers, nui y sont fermés et ouverts selon le bon plaisir du Seigneur; el dans ce monde est terminé par sa partie inférieure le ciel : il forme donc un intervalle nui distingua le ciel d'avec l'enfer; d'après cela, ou peut savoir ce que c'est que le Monde des Esprits. Quand les mauvais Esprits qui sont chez l'homme sont dans ce monde, ils ne sont dans aucun tourment infernal, mais ils sont dans les plaisirs de l'amour de soi et du monde, et dans les plaisirs de toutes les voluptés, dans lesquels est l'homme lui-même, car ils sont dans chaque pensée ci dans chaque affection de l'homme; mais quand ils sont remis dans leur Enfer, ils retournent dans leur précédent étal.
5853. Les Esprils qui arrivent chez l'homme entrent dans toute sa mémoire, et dans toutes les sciences de mémoire que l'homme possède; ainsi ils s'emparent de loutes les choses qui sont à l'homme, au point qu'ils ne peuvent faire autrement, que de croire qu'elles sont a eux ; les Esprils ont de plus que l'homme cette prérogative ; de la vient que tout ce que l'homme pense ils le pensent, et tout ce que l'homme veut ils le veulent, et que réciproquement tout ce que ces Esprits pensent l'iiomme le pense, et tout ce que ces Esprits veulent l'homme le veut; car ils font un par conjonction : cependant ils s'imaginent de part et d'autre, tant les Esprits que les hommes, que de telles choses sont en eus et viennent d'eux, mais c'est une illusion.
585a. Il est pourvu par le Seigneur à ce que les Esprits influent dans les pensées (cogilata) et dans les volontaires de l'homme, mais que les Anges Muent dans les lins, et ainsi par les fins dans les choses qui résultent des fins ; les Anges influent aussi par les bons Esprits dans tus tinsses qui l-Iim l'homme sont des biens de la îic el des vrais de la Toi, par lesquels ils le détournent des maux et dcsfauxjaulant qu'il est possible;— col influx est tacite, non-perce ptihle pour l'homme, mais opérant et efTectuunllou jours en secret; — ils détournent principalement les fins mauvaises, et insinuent les bonnes ; mais quand ils ne peuvent pas, ils s'éloignent et influent de plus loin, el alors les mauvais Esprits approchent plus près ; car les Anges ne peuvent être présents dans les fins mauvaises, c'est-
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à-dire, dans les amours de soi et du monde, mais néanmoins ils assistent de loin. Le Seigneur pourrait au moyen des Anges, par une force toute-puissante, conduire l'homme dans les bonnes fins; mais ce serait lui enlever la vie, car sa vie appartient à des amours absolument contraires ; c'est pourquoi une lai Divine inviolable est, que l'homme doit être dans le libre, et que le bien et le vrai, ou !a charité et la foi, doivent impUHitéi* ihus son libre, cl nullement dans le contraint, car ce qui est reçu dans un étal contraint ne demeure point, mais est dissipé; eu effet, contraindre l'homme, ce n'est pas insinuer dans son vouloir, car e'esl d'après le vouloir d'un autre qu'il agira; c'est pourquoi lorsqu'il revient à son vouloir, c'est-à-dire, a son libre, ce qui a été reçu est extirpé ; c'est pour cela que le Seigneur gouverne l'homme par son libre, et le détourne, autant qu'il est possible, du libre de penser et de vouloir le mal ; car si l'homme n'était pas détourné par le Seigneur, il se précipiterait continuellement dans l'Enfer le plus profond. Il a été dit que le Seigneur pourrait au moyen des Anges, par une force toute-puissante, conduire l'homme dans les bonnes lins; en clfei, les mauvais Esprits peuvent en un moment être chasses, fussent-ils des myriades auîoiy de l'homme, et même être chassés par un seul Ange, mais alors l'homme viendrait dans un tel tourment et dans un tel enfer, qu'il ne pourrait le supporter en aucune manière, car il serait misérablement privé de sa vie; en effet, la vie de l'homme provient de cupidités et de phatrtaisies contre le bien et le vrai ; si celle vie n'était pas soutenue parles mauvais Ivsprils, et n'était ainsi corrigée, ou au moins guidée, il ne survivrait pas une minute ; car il n'y a en lui autre chose que l'amour de soi et du lucre, et l'amour de ia renommée en vue de soi-même et du lucre, ainsi tout en lui est contre l'ordre ; si donc il n'était pas ramené dans l'ordre modérément el par degrés sous la conduite de son libre, il expirerait aussitôt.
686&. Avant que l'ouverture m'ait ëié diuim'o pour parler avec les Esprits, j'étais dans l'opinion que jamais aucun Esprit ni aucun Ange ne pourrait savoir ni percci'nir mus pensées, parce qu'elles étaient au dedans de moi, et qu'il n'y avait que Dieu seul qui le put; depuis cette ouverture, il inVsl arrivé une luis, que je remarquai qu'on certain Esprit savait ce que je pensais, car il en parlait avec
moi, en peu Je mots, el il me donna une preuve île sa présence par
un certain signe : j'en fus très-su rn ris, surtouL de ce qu'il savait ce
rjiie j'avilis |n:']Mj : jt vis liai 1 la H'iubiuii il tsl riiflitiL' ]«aiy ['liiimmu
de croire qu'un Esprit sait ce qu'il pense ; et cependant il sait nonseulement ce que l'homme lui-même a pensé, mais encore les plus petites choses des pensées et des affections que l'homme ne distingue pas, et même des choses qu'il ne peut nullement savoir dans la vie du corps : je sais cela d'après une continuelle expérience de plusieurs années.
5S5G. Les communications des sociétés avec d'autres sociétés se font pas des Esprits qu'elles envoient, et par lesquels elles parlent ; ces Esprits sont appelés Sujets : quand quelque société était présente chez moi, je ne pouvais pas le savoir, avant que la société eût envoyé un Esprit; aussitôt qu'il avait été envoyé, la communication était ouverte : cela est trés-ordinairc dans l'autre vie, et arrive fréquemment. Par là on peut voir que les Esprits et les Anges, qui sont chez l'homme, y sont pour la communication avec des sociétés dans l'Enfer, et avec des sociétés dans le Ciel.
5857. Je me suis quelquefois entretenu avec les Esprits de l'éminente faculté qu'ils ont de plus que l'homme de s'emparer, au premier abord, de tout ce qui appartient à la mémoire de l'homme, el quoiqu'auparavant ils n'aient rien su des sciences, des langues, et des choses que l'homme a apprises et dont il s'est imnu depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, d'entrer aussitôt eu possession de toutes ces choses, el d'être ainsi érudils chez les érudits, ingénieux chez les ingénieux, prudents chez les prudents. En entendant cela, ces Esprits devinrent fiers, car ce n'élaieot pas de hons Esprits; c'est pourquoi il me fut aussi donné de leur dire qu'ils sont ignorants chez les ignorants, stupides chez les stupides, insensés et fous chez les insensés el les fous, puisqu'ils s'emparent de tous les intérieurs de l'homme chez lequel ils sont, et ainsi de tontes ses illusions, ses phanlaisles et ses faux, par conséquent de ses sottises ci de ses folies. Mais les mauvais Esprits ne peuvent approcher des petits enfants, parce qu'ils n'ont encore rien dans la mémoire dont les Es-
5353. Il m'a Ole donné di: savoir par un grand nombre d'expé-
GENÈSE, CHAP. QUARANTE-QUATRIÈME. ^89 ricncc, que tout ce que les Esprits pensent ei prononcent d'après la mémoire Oc l'homme, ils s'imaginent que cela leur appartient et est en eux ; si on leur dit qu'il n'en est pas ainsi, ils sont indignés à outrance : une telle illusion du sens règne chez eu*. Pour qu'ils fussent convaincus qu'il n'en est pas ainsi, je leur demandai par quel moyen ils savaient converser avec moi dans ma langue propre, sans cependant en avoir rien connu dans la vie du corps, et comment ils savaient parier les autres langues que je possède, sans en connaître une seule par eux-mêmes, et s'ils croyaient que ces connaissances leur appartinssent ; je lus aussi devant eux quelque chose en Langue Hébraïque ; ils le comprirent autant que moi, même les enfants, et rien de plus ; je leur montrai aussi que tous les scientifiques qui étaient chez moi étaient chez eux ; par là ils furent convaincus qu'ils entraient en possession de toutes les sciences de l'homme quand ils venaient vers l'homme, et qu'ils étaient dans le faux en croyant qu'elles leur appartenaient. Ils ont aussi des choses qui leur appartiennent, mais il ne leur est pas permis de les produire ; et cela, pour qu'ils servent l'homme par les choses qui appartiennent à l'homme, et pour plusieurs autres raisons, dont il a été parlé, N" 2â76, 2â77, 2a79; et parce qu'il y aurait mie très-grande confusion, si les Esprits influaient d'après leur mémoire, N°2â"8.
5850. Quelques Esprits vinrent auprès de moi, en montant; ils me dirent qu'ils avaient été chez moi dès le commencement, ne sachant pas autre chose ; mais comme je leur prouvais le contraire, ils avouèrent enfin qu'ils venaient d'arriver, et que, comme ils s'étaient aussitôt emparés do toutes les choses de ma mémoire, ils ne pouvaient pas savoir autre chose ; par la je vis encore clairement qu'aussitôt que des Esprits arrivent, ils s'emparent de tous les scientifiques de l'homme comme élant S eux ; même quand plusieurs Esprits sont présents chez l'homme, chacun d'eux s'ampare de ces scientifiques, et chacun d'eux s'imagine qu'ils sont a lui : l'homme vient dans cette faculté aussitôt après la mort. C'est encore de là que les bons Esprits, dans la société céleste où ils viennent, s'emparent cl sont en possession de toute la sagesse de tous ceux qui sont dans cette société, car telle est la mutuelle participation ; et cela, quoique dans la vie du corps ils n'aient absolument rien connu de ce qui est dit dans h soi'ii/té céleste ; cela arrive si dans le monde ils
ont vécu dans le bien de la charité, ce bien a cela de particulier que tout ce qui appartient à la sagesse lui est approprié, car c'est la un iusite caché ilans le bien même ; c'est de la qu'on sait comme de soi-même des choses qui, dans la vie du corps, étaient incompréhensibles, et même ineffables.
6800. Les Esprits qui sont chez l'homme s'emparent aussi de ses persuasions, quelles qu'elles soient; c'est ce dont j'ai eu la certitude par un grand nombre d'expériences ; ainsi ils s'emparent des persuasions de l'homme dans les choses non-seulement civiles et morales, mais aussi dans les choses spirituelles qui appar lien u eut à la foi : de la on peut voir que les Esprits, chez ceux qui sont dans les hérésies, dans les faussetés et les illusions quant aux vrais de la foi, et dans les faux, sont dans des choses semblables, et ne s'en écartent pas d'une ligne : la raison de cela, c'est alin que l'homme soil dans son libre, et ne soit troublé par aucun propre de l'Esprit.
5801. D'après ces explications, il est évident que lorsque l'homme vit dans le monde, il est, quant à ses intérieurs, ainsi quant à son esprit, en compagnie avec d'autres Esprits, et leur est tellement adjoint, qu'il ne peut rien penser ni rien vouloir que conjointement avec eux, et qu'ainsi il y a communication de ses intérieurs avec le monde spirituel, et que par conséquent il ne peut pas Être conduit d'une autre- manière par le Seigneur. Quand l'homme vient dans l'autre vie, il ne peut pas croire qu'il y ait eu chez lui aucun Esprit, ni a plus forte raison qu'il y en ait eu de l'Enfer; c'est pourquoi, s'il le désire, on lui montre la société d'Esprits avec laquelle il avait été en commerce, et dont les Esprits émissaires avaient été chez lui ; et même, après quelques étals qu'il doit d'abord parcourir, il revienicnthi vers cette même société, parce qu'elle avait fait un avec l'amour qui chez lui avait obtenu la domination : j'ai vu quelquefois que leurs sociétés ont été montrées à ceux qui avaient eu le désir de les voir,
5802. Les Esprits qui sont chez l'homme ne savent point qu'ils sonlche/un homme; seulement les Angesd'apresleScignflur.savcut cela, car ils sont adjoints à l'Ame ou a l'esprit de l'homme, et non à
cii acte avec ordre par L'influx commun, selon les correspondances
GENÈSE. CHAP. QUARANTE-QUATRIÈME. ' 301 avec le Très-Grand Homme; c'est pourquoi les Esprits qui sont cliez l'homme n'ont rien de commun avec ces choses ; ainsi ils ne piflent point par la langue de l'homme, ce serait une obsession ; ils ne voient pas non plus par ses yeux les choses qui sont dans le monde, et n'entendent pas par ses oreilles les choses qui y sont dites. Il eu a été autrement chez moi, car le Seigneur a ouvert mes intérieurs, afin que je pusse voir les choses qui sont dans l'autre vie ; par conséquent les Esprits ont su que j'étais un homme dans un corps, cl il Icwaété donné la faculté de voir par mes yeux les choses qui sont dans le monde, et d'entendre ceux qui conversent avec moi dans les compagnies oit je me trouve.
5863. Si les mauvais Esprits percevaient qu'ils fussent chez l'homme et néanmoins Esprits séparés d'avec lui, et s'ils pouvaient influer dans |.:s r. luises qui appartiennent à son corps, ils s'efforceraient par raille moyens de le perdre, car ils ont contre i'homme une haine mortelle : et comme ils ont su que j'étais un homme dans un corps, ils ont été par conséquent dans un continuel effort pour me perdre, non-seulement quant au corps, mais surtout quant à l'flme, car perdre un homme ou un Esprit, c'est le plaisir même rie la vie rie tous ceux qui sont rians l'Enfer ; mais j'ai été continuellement mis en sûreté par le Seigneur. Par là on peut voir combien il est dangereux pour l'homme d'être en une vivante communauté avec ries Esprits, à moins qu'il ne soit dans le bien de la foi.
586â. De mauvais Esprits, ayant appris qu'il y avait des Esprits chez l'homme, s'étaient imagines qu'ils rencontreraient ces Esprits, cl en même temps avec eux l'homme ; ils cherchèrent mémo longtemps, mais en vain ; leur .intention était de les perdre: car de même que le plaisir et la béatitude du Ciel est de faire du bien à l'homme, et rie contribuer à son salui éternel, rie même, vice vers/}, le plaisir rie l'Enfer est de faire du mal it l'homme, et de le pousser â sa perte éternelle ; le ciel et l'enfer sont ainsi dans l'opposé.
5865. Il y avait ira Esprit, non mauvais, à qui il fut permis de passer chez un homme, et rie converser de là avec moi ; quand il y fut venu, il nie dit qu'il lui ; > g > ] ■ r=. i hissait comme quelque chose de noir inanimé, ou comme une masse noire sans aucune vie ; c'élait la vie corporelle de cet homme, qu'il lui avait été permis de regarder : il fut dit que la vie corporelle de l'homme qui est dans le
bien de la foi, appu rail, quand il csl permis delà regarder, non comme une masse noire, mais comme du bois, cl d'une couleur de bois. Il m'a été donne do savoir la mémo chose par une autre expérience: Un mauvais Esprit fui mis dans l'ilal du corps, par cela qu'il pensait d'après les sensuels du corps, ainsi d'après la mémoire externe ; alors jo le vis aussi comme une masse noire sans aucune vie ; quand cet Esprit fut remis dans son état, il me dit qu'il lui semblait avoir été dans la vie du corps. Autrement, il n'est pas permis aux Esprits de regarder dans les corporels de l'Iiomme ; car les corporels de l'homme sont dans le monde cl dans la lumière du monde ; quand les Esprits regardent dans ce qui appartient ii la lumière du monde, les choses qui y sont apparaissent comme de pures ténèbres.
580fi. La Continuation sur les Anges et les Esprits chez l'homme, csl a la fin du Chapitre suivant.